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Ecriture 8.5
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Créativité 8.3
Personnages 9.3
Humour 7.3

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Aïnako, Tome 3 : Les cités brisées

Date de sortie

Québec : 8 Octobre 2012

Editions

2012 français du Québec
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Description

Ajouté par Kawaii-Nyan le 03-09-2012
Bien qu’Aïnako ait été couronnée seconde reine de Shamguèn, elle peine à imposer son autorité et, alors même qu’on lui cache des informations, on ne manque aucune occasion de souligner son ignorance des us et coutumes.

Or, un des gouverneurs d’Élimbrel a été assassiné. Au même moment, Aïnako apprend que ce qu’elle craignait s’est produit : les elfes sauvages se sont rebellés, avec à leur tête sa grande amie Kaï. Même si tout les accuse, la jeune reine refuse de croire a priori en leur culpabilité.

Mais les charges s’accumulent contre eux. Les deux royaumes fraîchement réconciliés sont tour à tour la cible d’attentats meurtriers. Voilà maintenant que les ondins s’en mêlent, soumis au chantage d’extrémistes impitoyables.

À travers les urgences qu’impose la nécessité de sauver tout un chacun, comment Aïnako trouvera-t-elle le temps de réunir les éléments qui lui permettront de démasquer les coupables ?


Source: editionsmichelquintin.ca

Extraits

Ajouté par ewtre le 07-09-2012
Ariane Charland
Les cités brisées
À Damien, que j’aime plus que tout au monde
Le mort
Le sang avait fait fondre la neige qui s’était
changée en flaque de glace rouge. Le visage du
mort était à moitié recouvert de frimas et ses
yeux encore ouverts semblaient avoir perdu
leur couleur.
Une vingtaine de renards arrivèrent au petit
trot. Leur pelage était gonflé à cause du froid
et leurs narines exhalaient des nuages de buée.
Les elfes qui les montaient étaient tous
vêtus de blanc. Des cheveux colorés s’échappaient
de l’épais bonnet de laine de certains.
Pour conserver leur équilibre, quelques-uns
avaient ouvert les grandes ailes bigarrées qui
sortaient des fentes verticales pratiquées au
dos de leur manteau. Tous portaient une épée
à la ceinture. La lame était dissimulée dans un
fourreau métallique qui battait contre leur
cuisse, mais la garde était bien en évidence,
couverte de pierres précieuses dont la couleur
différait pour chacun.
Bien que la plupart des soldats avaient déjà
plus d’un siècle, rien dans leur apparence ne
laissait deviner leur âge. La peau verte de leur
visage était lisse et rayonnante.
Au centre du groupe se trouvait une elfe
coiffée d’une simple queue de cheval rouge
sombre qui jaillissait d’une ouverture au sommet
de son bonnet. Les pierres qui ornaient
son épée avaient la transparence du cristal.
Mélancolique, elle contemplait les arbres gris
qui s’élevaient autour d’eux, leurs branches
nues qui s’emmêlaient contre le ciel blême
et leurs racines brillantes de givre à moitié
camouflées sous la neige…
Ce fut elle qui vit le mort.
— Stop ! cria-t-elle.
Son renard s’arrêta et tous les autres l’imitèrent.
Aïnako descendit de sa monture avant
que Taïs puisse l’en empêcher. Elle frissonna en
sentant le froid de la neige traverser la semelle
de ses bottes. Un autre elfe la suivit aussitôt.
Sans un geste pour la retenir, il se contenta de
rester près d’elle et d’observer le mort.
— C’est un des gouverneurs d’Élimbrel,
dit-il sans la moindre émotion.
Elle se tourna vers lui. Les yeux d’Iriel
étaient presque invisibles sous le rebord de
son chapeau, mais on les devinait noirs et très
profonds. Elle voulut répondre qu’elle l’avait
elle aussi reconnu, mais elle avait trop mal au
coeur pour ouvrir la bouche. Il y avait tellement
de sang qu’elle n’arrivait pas à voir si le
mort avait été complètement décapité.
— Aïnako, remonte sur ton renard, lui ordonna
Taïs de sa voix à la fois fragile et autoritaire.
Ce n’est pas à nous de nous occuper de ça.
Juchée sur le grand renard blanc qu’elle prenait
tout le temps pour les longues distances,
elle se tenait le dos raide et l’air austère. Ses yeux
fauves semblaient la menacer. Cette fois, mal de
coeur ou pas, Aïnako ne put rester muette.
— On ne peut quand même pas le laisser là !
Les ailes de Taïs, d’un noir mat parcouru
d’arabesques vertes et dorées, se déployèrent
quand elle sauta à terre. Les macarons qui
retenaient ses cheveux argentés au-dessus de
ses oreilles formaient deux bosses sous son
bonnet de fourrure blanche. Seules quelques
mèches brillantes balayaient son front et sa
nuque.
— Remonte sur ton renard, répéta-t-elle
d’une voix moins forte, mais cent fois plus
menaçante. Nous avertirons Silmaëlle et elle
enverra une équipe pour faire le ménage.
Cette attitude n’aurait pas dû surprendre
Aïnako, Taïs pouvait se montrer d’une
insensibilité à toute épreuve. Mais cela la
choquait chaque fois qu’elle en était témoin.
— C’est encore ces maudits elfes sauvages !
cracha une voix derrière elle.
Elle fit volte-face. Tous les soldats étaient
assis bien droit sur leur renard et elle n’arriva
pas à identifier celui qui venait de parler. De
toute façon, elle ne comprenait pas pourquoi
l’un d’eux aurait accusé les elfes sauvages. À
sa connaissance, les habitants de Shamguèn
n’avaient aucune raison de leur en vouloir et, à
l’exception d’Iriel, d’Éléssan et de Naïké, aucun
des elfes qui les accompagnaient n’était natif
d’Élimbrel, où les tensions entre les résidants
et les elfes sauvages avaient décuplé depuis la
fin de la guerre.
La confusion de même qu’un début de colère
devaient se lire sur son visage, car Taïs soupira
et dit d’une voix ennuyée :
— Les elfes sauvages se sont rebellés.
Aïnako battit des paupières.
— Quoi ?
Sa grand-mère poussa un second soupir
et, avec l’expression exaspérée qu’elle prenait
quand elle jugeait sa petite-fille trop ignorante
à son goût, elle répéta :
— Les elfes sauvages se sont rebellés. Contre
Élimbrel.
Aïnako reporta son regard sur le mort. Un
nouveau haut-le-coeur la gagna. Les elfes
sauvages avaient donc fini par se rebeller.
« Tout est de ma faute », se dit-elle. Elle leur
avait promis qu’ils pourraient devenir des
citoyens d’Élimbrel à part entière et qu’ils
auraient le droit d’ériger des dômes de protection
autour de leurs campements. Elle leur
avait promis qu’ils pourraient modifier les
arbres sous ces dômes pour avoir des fruits à
l’année. Elle leur avait promis que l’armée les
défendrait en cas d’attaque, qu’ils auraient
leurs propres représentants au sein du conseil
royal, qu’ils pourraient se construire de vraies
maisons sans avoir peur qu’on ordonne un
jour leur destruction sous prétexte que les
humains risquaient de les découvrir. Elle leur
avait promis tout cela et, presque un an plus
tard, ils n’avaient toujours rien obtenu. Leur
rébellion était prévisible. Et justifiée.
Mais ce n’était pas une raison pour les accuser
de meurtre. Et pourquoi n’était-elle pas au
courant ? Pourquoi personne ne l’avait-il mise
au courant ?
— Quand ? demanda-t-elle en essayant de
mettre dans ce simple mot toute la fermeté
dont elle était capable.
Taïs ne parut pas se sentir mal de lui avoir
caché quelque chose d’aussi gros. Elle ne se
sentait jamais mal.
— Il y a un peu plus d’un mois. Kaï à leur
tête.
— Kaï ? Mais non, c’est impossible, je l’ai
vue il y a… il y a…
Elle n’arrivait pas à se rappeler la dernière
fois qu’elle avait vu son amie. Mais ça ne pouvait
pas faire si longtemps. Kaï le lui aurait dit
si les elfes sauvages avaient préparé une rébellion.
Kaï n’aurait jamais accepté de blesser et
encore moins de tuer qui que ce soit.
— Pourquoi personne ne m’a mise au
courant ?
— Ça ne te concernait nullement.
— Ça ne me…
Aïnako sentit la colère l’étouffer, mais elle se
força à se calmer. Elle se mettait trop souvent
en colère et ça ne la menait jamais nulle part.
Ça ne faisait que donner des munitions à ses
détracteurs, à tous les conseillers de Shamguèn
qui la regardaient de haut parce que, selon eux,
elle n’était pas une vraie elfe. Le pire, c’était
qu’ils avaient raison. Pas à cause de son sang
gnome, quoique ça ne devait pas aider, mais
à cause de son éducation humaine. Elle ne
connaissait pas grand-chose du monde des
elfes et ils ne se gênaient pas pour le lui rappeler.
Elle gouvernait peut-être Shamguèn avec
Taïs, mais elle n’était que la seconde reine.
Elle chercha instinctivement Éléssan des
yeux. En tant que commandant de l’armée de
Shamguèn, il devait forcément être au courant.
Il était descendu de son renard et s’était
accroupi à côté du mort. Il posa une main illuminée
d’un halo doré sur ses yeux et les ferma
lentement. Elle s’approcha.
— Il s’appelait comment ? murmura-t-elle
en faisant un effort pour maîtriser sa voix.
Éléssan leva la tête et eut un sourire attristé.
Elle se demanda s’il était triste parce que le gouverneur
était mort ou parce qu’il regrettait de
lui avoir caché la rébellion des elfes sauvages.
— Anlis, répondit-il. Gouverneur des
Boisés Bourgeonnants.
Aïnako se mordit la lèvre. Les choses s’annonçaient
mal pour Kaï. Anlis était l’un des
gouverneurs les plus farouchement opposés
à l’intégration des elfes sauvages au peuple
d’Élimbrel.
— On repart ! annonça Taïs d’un ton impérieux.
Remontez tous sur vos renards.
Éléssan se leva, mais ses yeux ne lâchèrent pas
Aïnako, comme s’il attendait qu’elle confirme
l’ordre. Aïnako regarda encore le mort. Anlis.
Sa gorge se serra.
— Pas sans lui, dit-elle en se tournant vers
la première reine de Shamguèn.
Elle s’obligea à ne pas ciller. Pendant une
seconde, Taïs parut surprise. C’était vrai
qu’Aïnako n’avait pas l’habitude de la contredire.
Ou plutôt elle n’en avait plus l’habitude.
Au début, elle avait essayé de s’imposer et de
faire valoir ses idées, mais, à force de se faire
dire qu’elle n’y connaissait rien, elle avait
appris à se taire et à acquiescer.
Un léger sourire étira les lèvres de Taïs.
— Ce n’est pas à nous de nous en occuper.
Silmaëlle n’aimerait pas que nous nous mêlions
des affaires de son royaume.
Aïnako avala sa salive.
— Mais on ne peut pas le laisser là, tout seul
dans… dans son sang.
Taïs examina le corps du gouverneur, son
visage plus gris que vert, le sang gelé qui
semblait continuer à lui sortir de la gorge.
— Très bien. C’est ta mère, après tout ; tu
t’arrangeras bien avec.
Elle lui adressa un autre sourire fugace. Il
n’y avait aucune complicité dans ce sourire,
mais il n’y avait pas non plus l’ironie à laquelle
Aïnako se serait attendue. C’était un avertissement
: « Tu as gagné pour cette fois, mais ne
t’avise plus de me contredire. »
Le soulagement qui l’envahit fit rapidement
place à une sensation désagréable, proche de
la nausée, mais sans rapport avec le mort. Elle
aurait dû se réjouir de cette petite victoire sur
Taïs, mais un étrange sentiment de honte l’en
empêchait. Cette petite victoire, justement,
lui rappelait qu’elle se laissait habituellement
piétiner par sa grand-mère et ses conseillers.
Elle leva les yeux vers Éléssan et, sans qu’elle
ait besoin de le lui demander, il somma deux de
ses soldats de charger le gouverneur sur un des
renards. Elle ouvrit les ailes et s’envola pour se
poser près du cou de sa monture et enfouir ses
doigts verts dans sa fourrure rousse. L’animal
émit quelques glapissements excités. Il avait
hâte de se remettre en mouvement.
— Tiens donc ! fit Naïké qui chevauchait
à ses côtés. Je croyais qu’elle avait disparu,
l’Aïnako qui voulait changer le monde.
Elle lui rendit machinalement son sourire.
Naïké avait toujours été douée pour lui redonner
sa bonne humeur, mais, depuis quelques
mois, le courant passait un peu moins bien.
Elles étaient toujours amies, elles ne s’étaient
pas disputées, aucun malentendu n’était venu
les séparer, mais quelque chose avait changé
imperceptiblement, sans qu’Aïnako s’en rende
compte. Maintenant, elle ne savait plus quoi
faire pour que tout redevienne comme avant.
— C’était aussi ce que je croyais,
marmonna-t-elle sans savoir si elle en était
ravie ou déçue.

Source: Éditions Michel Quintin

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Les commentaires les mieux notés

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Par Vero4 le 2013-12-04 00:01:40 Editer
Super bon livre !!! Je l'ai totalement adoré ! Iriel est de loin mon personnage préféré ! Comme on le voyait plus souvent que les tomes précédents, j'ai bien adoré cette suite !
Par marie-loup le 2013-06-07 23:22:37 Editer
moins d'action ces sûre mais ces tout de même dommage que je doive attendre pour la suite!
Par meliou le 2013-04-19 01:07:34 Editer
meliou Or
Il était moin actif un peu que les deux premiers, mais restes que même si l'histoire devient plus «politique» et qu'elle ce passe quelque mois après la fin du tome deux, Il est délicieux!
Par marie-lune le 2012-12-21 20:55:53 Editer
marie-lune Or
J'ai adorée les premiers tomes de cette série, mais malheureuse je n'est pas tellement aimer celui-ci... Je vais tout de même attendre la sortie du quatrième tome avec enthousiasme. Bonne lecture !
Par shirineb le 2012-10-03 00:34:26 Editer
je ne suis pas sur d'aimer autant que les 2 premiers. Ça devient un peu trop politique à mon goût.
Par dodie14 le 2012-09-14 12:39:46 Editer
j`ai trop hate de voir la suite de ce livre
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