Archive pour la catégorie ‘La beauté des choses’

Des gens formidables

Jeudi 8 avril 2010

-Un site sur les livres. Un site communautaire sur les livres.

-Bonne idée, pourquoi pas? Il y aura du monde?

-Evidemment! On va se donner à fond.

-Mais quel type de personne on aura?

-Un peu de tout.

-C’est à dire?

-Bah des adolescentes en quête de romantisme, des jeunes femmes en quête de romantisme,  des femmes de tout âge et toute origine en quête de romantisme.

-Et des hommes en quête de mondes imaginaires?

-Ah oui plein!

-Et puis plein d’amoureux de BD non?

-Oh que oui, tout le monde a au moins une BD qui l’a marqué. Et puis plein de lecteurs de polars aussi, ça, les gens, souvent ils adorent.

-Et les ados langage SMS?

-Quelques uns; ils sont très livres de vampires les ados en ce moment.

-Et tout le monde va s’entendre ?

-Ça va se chamailler de temps en temps, mais c’est une vraie famille venue de tous les coins du Globe.

-C’est comment déjà?

-Booknode

Prague et des livres

Lundi 29 mars 2010

Ce week-end-end je n’ai pas seulement été au Salon du Livre de Paris j’ai aussi passé 48 heures à Prague.

J’ai réussi à décrocher des livres grâce au bon Goulash, mais aussi grâce :

Au marathon de Prague

A L’opéra de Prague

Au festival de pâques/bière/saucisses/chants traditionnels

Marathon de Prague 2010Opéra de PragueFestival de pâques de Prague

Je n’ai pas réussi par vieux réflexe à ne pas rentrer dans les librairies.

J’ai ainsi franchi entre autres le seuil de la librairie Palác Knih :

Librairie Palác Knih à Prague

J’y ai découvert une belle librairie avec des rayons très agréables (vous remarquerez sur la photo qu’ils ont tendance à mettre deux exemplaires de chaque livre! Le rangement à la Tchèque en somme)  :

Rayon de librairie à Prague

Rayons de librairie à Prague

Je n’ai pas manqué aussi de prendre en photo certains des best-sellers en version Tchèque ( vous remarquerez la saga Twilight écrite par  Stephenie Meyerová) :

Livres en TchèqueLivres en TchèqueLivres en TchèqueLivres en TchèqueLivres en Tchèque

3 Auteurs inattendus

Samedi 13 mars 2010

Quand je passe dans une librairie il m’arrive souvent de voir des noms d’auteurs me sauter aux yeux. Non pas  parce que ce sont des auteurs connus, mais parce que justement je ne les connaissais pas dans ce rôle.

Livres étonnants, parfois coups commerciaux,  essais souvent ratés, je vous ai sélectionné ici les 3 trois auteurs qui me semblent les plus marquants de ces derniers mois :

Tout est sous contrôle de Hugh LaurieHugh laurie : Surtout connu pour son rôle de Dr. House l’acteur et comique anglais a déjà une longue carrière derrière lui et est celèbre au Royaume Uni depuis des longues années.

Son livre :  Tout est sous contrôle, thriller décapant avec des personnages à la personnalité à la hauteur de celle de notre Dr House. Pour l’anecdote ce livre a été publié pour la première fois en 1996 dans sa version originale (Titre :The Gun Seller) mais ce n’est qu’en 2009 que les lecteurs français ont pu découvrir cette autre face de l’artiste.

Métronome de Lorant DeutschLorànt Deutsch : Ce jeune francilien aux origines hongroises n’est plus à présenter tant on l’a vu dans des pubs, films ou autres pièces de théâtre depuis plus de 15 ans. Je peux entre autres citer son rôle dans le film Jean de La Fontaine, le défi de Daniel Vigne ou encore celui au théâtre dans L’Importance d’être constant d’Oscar Wilde, rôles ou il a pu nous montrer toute l’ampleur de son talent.

Son Livre : Métronome,  est pour ce passionné d’histoire,  l’aboutissement de son envie de partager les connaissances cumulées tout au long des années. Il nous parle de l’histoire de France aux fil des nombreuses stations du métro parisien dans un genre d’exercice tout à fait original.

Mes étoiles noires de Lilian ThuramLilian Thuram : Grand footballeur,  il est un des principaux artisans de notre titre de Champion du monde gagné en 1998 (les plus nostalgiques se souviendront du panache de cet homme lors de la demi-finale contre la Croatie). Tout au long de sa carrière et même après il a toujours été un homme d’engagement.

Son livre :  Mes étoiles noires : De Lucy à Barack Obama, il y parle de grands personnages historiques noirs plus ou moins connus, il nous y parle surtout de réconciliation avec nous-même et d’estime de soi.

Lettre d’Henry Miller à Louis Pauwels 1968

Mercredi 3 mars 2010

Henry Miller auteur de cette lettre à Louis PauwelsEn surfant sur le web j’ai eu la chance  de tomber sur un document incroyable datant de 1968.

Une lettre d’Henry Miller à Louis Pauwels en réaction à ses écrits et ses réflexions.

C’est un document dense et profond échangé entre deux grandes consciences de leur temps et on y voit les réflexions d’Henry Miller après toute une vie d’écriture.

Je vous met le texte en intégralité trouvé sur :  www.christianvancautotems.org

Une lecture intense qui demande du temps et de la passion.

Intro de Louis Pauwels parue dans la revue « Le nouveau Planète » :

Début mars 68, je décidai de préparer une Anthologie de la liberté. Je mis au courant de ce projet Henry Miller, dans une lettre où je lui parlai de la nécessité de réagir contre les menaces grandissantes contre la liberté de l’esprit. Cette nécessité est de tous les temps, bien sûr. Elle m’apparaissait plus brûlante encore au début de cette année, par une sorte d’angoisse que je dirais proprement médiumnique, si le mot n’était douteux. Je me mis à réunir des textes. Cette anthologie paraîtra bientôt. Je reçus alors, en réponse à mon appel amical, cette lettre admirable. Je la publie dans ce numéro 1 du Nouveau Planète, comme on glisse la fève dans le gâteau. J’espère que Miller ne m’en voudra pas de l’associer ainsi au renouveau de notre entreprise.

La lettre :

28 mars 1968

Cher Louis Pauwels

Quoique je sois d’accord avec vous sur l’effrayante condition du monde, je ne suis pas aussi certain que vous semblez l’être sur la façon de redresser les choses.
Comme vous le savez je n’ai jamais appartenu à aucun groupe politique, religieux ou social: je me suis contenté d’écrire et de peindre. En vieillissant, je m’interroge sur la force du mot écrit. Lorsque j’étais plus jeune, je lisais tous les révolutionnaires enflammés, les libertaires, les sages, les saints, et dans mon oeuvre je me suis efforcé de faire jaillir chez le lecteur, l’étincelle qui l’encouragerait à changer sa façon de vivre. Mais quand je vois ce qui se passe ici, là, partout, je me demande si mes mots ont eu le plus léger effet. Aucun doute le monde présent est bien pire que celui où je suis né.
Ce que j’essaie de dire, mon cher Pauwels, est que, si les mots des plus grands esprits tout au long de la civilisation n’ont eu aucun effet sur la masse du public, ne serait-ce pas qu’il y a quelquechose de vicié dans cette méthode de régénération? Les grandes vérités sur la vie ont été rabachées des milliers de fois, mais une poignée d’individus seulement ont su en profiter. De grands exemplaires ont apparu, mais leurs disciples n’en sont que les caricatures. Hors les chefs spiriruels connus, il y a et il y a toujours eu de grands maîtres qui restent cachés du monde et qui ne font aucun effort pour atteindre les foules.
Quand je pense à ces grandes figures, connues ou inconnues, le mot liberté ne me semble pas convenir tout à fait. Je dirais plutôt émancipation, réalisation de soi, accomplissement, service. ou pour être plus précis, liberté de servir l’humanité. Pour ce but, il faut se libérer non seulement des liens de la société, aussi de sa propre ignorance
Une réalité d’un ordre différent
Une autre idée me vient à l’esprit. Quelle est la vraie nature des problèmes qui nous assaillent? Peut-on les résoudre par une pensée juste, un comportement juste, un front uni, ou font-ils partie de l’esprit du temps, de la destinée humaine? Les problèmes doivent-ils être résolus, ou ne sont-ils là que pour nous mettre à l’épreuve? Les sages, nous l’observons, ne semblent pas du tout s’en préoccuper- pour eux, ils sont illusoires. L’être vraiment intégré les accepte comme faisant partie de l’ordre de la vie et ce faisant, s’immunise.
La question que je me pose est: les choses peuvent-elles être réellement changées en un paradis sur terre, ou une utopie, en supposant qu’un tel état soit définissable, ou ce que nous nommons nos problèmes disparaîtraient-ils automatiquement dans une vision exaltée de la vie? Bref avançons-nous aux pas lents et pénibles de ce que nous appelons « progrès » ou par des bonds inattendus, produits par des évènements imprévisibles et quasi miraculeux? Nous savons que des découvertes et de grandes inventions ont introduit de profondes innovations dans la société. Nous savons que l’apparition d’individus extraordinaires, bons et mauvais, ont amené de grands changements. Il nous reste à savoir quels changements incalculables entraînerait l’exploration de l’espace. La possibilité d’entrer en contact avec des êtres supérieurs d’autres planètes porte en elle des révolutions imprévisibles dans la vie de cette terre. Toute notre conception de paradis sur terre peut sembler naïve ou puérile si nous entrons un jour en contact avec de tels êtres.
La symphonie de l’Homme
Je ne prétends pas que la voie du sage ou du Maître soit celle qui convienne à chacun de nous; son rôle comme le nôtre est sans doure provisoire. Il n’est pas plus à même de choisir un autre genre de vie que nous, qui sommes assassins, menteurs, voleurs, tricheurs et le reste. Tous ensemble, saints et pêcheurs, nous composons la symphonie  de l’homme au stade présent de l’évolution. Le problème pourtant est qu’il y a symphonie et symphonie. La nôtre n’est pas la première, ne sera pas la dernière. Mais, et voici le point crucial, selon moi – sommes-nous capables d’orchestrer les notes de la prochaine symphonie, ou nous contenterons nous de jouer notre partie lorsqu’elle viendra ?
J’allais dire quand elle éclatera car les « éclatements » font partie de cette chose obscure, nommée création. Si nous ne pouvons régir la conduite de notre propre vie, nous ne pouvons certainement pas diriger l’ensemble. Malgré nos plans et nos prévisions, des choses arrivent qui échappent totalement à notre contrôle. Nous n’avons aucune part à notre naissance, nous n’en avons pas non plus, ou très peu, à notre mort. Nous pouvons au plus accepter ce qui nous arrive. la manière dont chaque individu agit ou réagit est inscrite dans son destin intime. Le héros ne mérite pas plus de louanges que le lâche d’ignominies. Le grand péché est l’igorance. Mais comment rendre un fou, sage, en un tournemain ?
J’ai été évidemment influencé par les grands libertaires, les grands sages, les grands maîtres spirituels d’hier et d’aujourd’hui; mais peut-être ai-je eu de la chance, d’avoir été ouvert à de telles influences. Je dois admettre que les idiots, les crétins, les crédules, les charlatans m’ont aussi influencé. Tous ont joué leur rôle. je ne connais aucun précepte qui nous permette de bien choisir.
A chacun sa voie
Je ne sais pas mon cher Pauwels si ceci répond à vos questions. Probablement pas ! Mais parfois une question en fait surgir une autre. Je ne suis même pas sûr de partager votre intense souci pour l’état présent du monde. Il me semble qu’il y a deux manières de considérer les maux qui nous affligent. La première est de se ruer pour faire quelquechose, intelligemment ou non. Mai j’ai toujours pensé qu’il fallait d’abord découvrir ce qui n’allait pas en nous et si c’est possible ce qui allait. C’est une tâche qui peut prendre toute une vie. Avec la compréhension, viennent le pardon et l’acceptation, non seulement des autres mais de nous-mêmes
Il y a des gens qui ont trouvé leur salut derrière des barreaux de prison. Il y a des hommes, de grands hommes qui ont choisi de mendier. II y a des hommes qui ont choisi de mourir plutôt que de prendre les armes pour leur foi. Il y en a qui ont choisi de rejeter le Nirvana et de reprendre la ronde de la vie jusqu’à ce que le dernier homme ait trouvé sa voie vers l’accomplissement. A chacun sa voie; à chacun son dû.
Je veux bien que les mots aient un  pouvoir, mais leur puissance demeure pour moi, une grave question. Ecoutons-les tous, car parfois même le fou dit des paroles de sagesse
Sincèrement vôtre