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Humour 7.9

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Twilight, Tome 1.5

Titres alternatifs

Anglais : Midnight Sun
Anglais : Twilight, Book 1.5 : Midnight Sun

Date de sortie

Editions

2009 français traduit de l'anglais U.S.
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Description

Ajouté par feeclochettte le 22-12-2011
Il s’agit tout simplement du livre Fascination du point de vue d’Edward!!

C’est l’histoire d’un lycéen pas banal. Edward est d’une beauté qui frole l’absurde, mais ce n’est pas ça qui fait sa non-banalité, quoique ça y participe En vérité, c’est un vampire… Il vit avec sa famille, composée de ses frères et sœurs Jasper, Alice, Rosalie et Emmet, d’Esme sa mère et de Carlisle son père qui est médecin. La particularité de cette famille de vampires ? Il sont « végétariens », et oui, ils ont appris à résister à l’appel de la chasse des humains et se nourrissent d’animaux sauvages comme les ours et les cerfs.
Mais la vie d’Edward va être chamboulée par l’arrivée de Bella Swan qui emmenage chez son père, Charlie le chef policier de la ville. Premièrement, elle attire son attention car il n’arrive pas à lire ses pensées. Certains vampires ont des dons particuliers, Edward, lui, peut lire dans les pensées de n’importe qui. Seulement, pas elle, pour une raison inconnue. Deuxièmement, le parfum du sang de la jeune fille est inexplicablement irrésistible…

Extraits

Ajouté par eara007k le 29-01-2012
Je m'agenouillai près d'elle et Mike hésita près de moi, furieux de mon intervention.

- Bella, tu m'entends ?

- Non, gémit-elle. Fiche le camp.

Le soulagement était si exquis que je ris. Elle allait bien.

- Je l'emmenais à l'infirmerie, dit Mike, mais elle n'a pas réussi à aller plus loin.

- Je m'en occupe. Toi, retourne en classe, lui dis-je d'un ton dédaigneux.

Mike serra les dents.

- Non, on me l'a confiée.

Je n'allais pas rester planté là à débattre avec ce malheureux. Excité et terrifié, à moitié reconnaissant et à moitié contrarié par cette situation difficile qui faisait de la toucher une nécessité, je redressai doucement Bella et la pris dans mes bras, ne touchant que ses vêtements, gardant autant de distance que possible entre nos deux corps. Je marchai à grands pas, pressé de la mettre en sécurité – en d'autres termes aussi loin de moi que possible.

Elle ouvrit des yeux grands comme des soucoupes, éberluée.

- Lâche-moi ! ordonna-t-elle d'une voix faible – embarrassée, à ce que je pouvais deviner d'après son expression.

Elle n'aimait pas montrer sa faiblesse. J'entendis à peine les cris de protestation de Mike derrière nous.

- Tu as une mine affreuse, lui dis-je, affichant un sourire radieux, tant j'étais soulagé qu'elle n'ait qu'un étourdissement et un estomac vide.

- Repose-moi par terre, dit-elle, les lèvres blanches.

- Alors, comme ça, tu t'évanouis à la vue du sang ?

Y avait-il quoi que ce soit au monde de plus ironique ?

Elle ferma les yeux et serra les lèvres.

- Et il ne s'agit même pas du tien, ajoutai-je, toujours souriant.

Nous étions arrivés à l'accueil. La porte était entrouverte, et je l'écartai d'un coup de pied.

Mme Cope bondit de sa chaise, surprise.

- Oh, mon Dieu ! s'exclama-t-elle.

- Elle est tombée dans les pommes pendant le cours de biologie, lui expliquai-je avant que son imagination ne l'emporte trop loin.

Mme Cope se dépêcha de nous ouvrir la porte de l'infirmerie. Bella avait rouvert les yeux et la regardait. J'entendis la stupéfaction interne de la vieille infirmière tandis que je déposais précautionneusement Bella sur le lit miteux. Dès qu'elle fut hors de mes bras, je mis toute la distance de la salle entre nous. Mon corps était trop excité, mes muscles tendus et mon venin affluait. Elle était si tiède et sentait si bon.

- Rien qu'une petite perte de connaissance, rassurai-je Mme Hammond. On pratiquait un test sanguin en sciences nat.

Elle acquiesça, comprenant ce qui s'était passé.

- Ça ne rate jamais.

J'étouffai un rire. Comptez sur Bella pour être celle à qui ça arriverait.

- Reste allongée un moment, petite, lui dit Mme Hammond. Ça va passer.

- Je sais, lui répondit Bella.

- Ça t'arrive souvent ? demanda l'infirmière.

- Parfois, admit-elle.

Je tentai de dissimuler mon rire par un toussotement. Cela reporta l'attention de l'infirmière sur moi.

- Tu peux retourner en cours.

Je la regardai droit dans les yeux et mentis avec assurance.

- Je suis censé rester avec elle.

Hmm. Je me demande… Bon, très bien. Elle céda.

Cela marchait parfaitement sur elle. Pourquoi fallait-il que Bella me pose tant de difficultés ?

- Je vais te chercher un peu de glace pour ton front, petite, dit l'infirmière, mise mal à l'aise par sa confrontation avec mon regard – comme un humain était censé l'être – ; puis elle sortit.

- Tu avais raison, dit Bella d'une voix faible.

Que voulait-elle dire ? Je sautai directement à la pire conclusion : elle avait accepté mes avertissements.

- C'est souvent le cas, répondis-je, essayant de garder une trace d'amusement dans ma voix ; elle me semblait acerbe. À propos de quoi, cette fois ?

- Sécher est bon pour la santé.

Ah, encore ce soulagement.

Elle resta silencieuse. Elle ne faisait plus que respirer profondément. Ses lèvres retrouvaient peu à peu leur couleur rose, sa lèvre inférieure un peu trop pleine par rapport à l'autre. Regarder sa bouche me fit une impression étrange. Me donna envie de me rapprocher d'elle, ce qui n'était pas une bonne idée.

- Tu m'as flanqué une sacrée frousse, lui dis-je, pour relancer la conversation afin d'entendre le son de sa voix. J'ai cru que Mike Newton s'apprêtait à aller enterrer ta dépouille dans la forêt.

- Ha, ha.

- Franchement, j'ai vu des cadavres qui avaient meilleure mine. (C'était vrai.) J'ai craint un instant de devoir venger ton assassinat.

Et je l'aurais fait, sans aucune hésitation.

- Pauvre Mike, soupira-t-elle. Je parie qu'il est furax.

Une pulsion de fureur me traversa, mais je la contins rapidement. Sa préoccupation pour lui n'était que de la pitié. Elle était gentille. C'était tout.

- Il me déteste, lui confiai-je, égayé par cette idée.

- Tu n'en sais rien.

- J'en suis sûr, je l'ai lu sur son visage.

Il était probablement vrai que lire sur son visage m'aurait donné assez d'informations pour parvenir à cette conclusion. Tout cet entraînement avec Bella avait aiguisé ma compétence à déchiffrer les expressions humaines.

- Comment se fait-il que tu nous aies aperçus ? Je croyais que tu avais quitté le lycée.

Elle avait l'air d'aller mieux ; la couleur verdâtre avait déserté sa peau translucide.

- J'écoutais un CD dans ma voiture.

Elle tiqua, comme si une réponse aussi ordinaire l'avait surprise.

Elle garda les yeux ouverts lorsque Mme Hammond revint avec un sac de glace.

- Tiens, dit-elle en le posant sur le front de Bella. Tu as repris des couleurs.

- Je crois que ça va, assura Bella avant de s'asseoir en enlevant la compresse.

Évidemment. Elle n'aimait pas qu'on s'occupe d'elle.

Mme Hammond tendit un instant ses mains ridées vers Bella, comme si elle allait la forcer à se rallonger, mais à ce moment-là Mme Cope ouvrit la porte de l'infirmerie et se pencha à l'intérieur. Avec elle entra une bouffée d'air chargé d'odeur de sang.

Invisible dans le bureau derrière elle, Mike Newton était toujours fâché, souhaitant que le garçon qu'il traînait à présent fût la fille qui était ici avec moi.

- Nous en avons un autre, lança Mme Cope.

Bella sauta rapidement à bas du lit de camp, pressée de ne plus être sous les projecteurs.

- Tenez, dit-elle à Mme Hammond en lui rendant la compresse, je n'en ai pas besoin.

Mike grogna en poussant Lee Stevens à l'intérieur de l'infirmerie. Le sang coulait toujours de la main qu'il portait à son visage, formant un filet mince qui courait vers son poignet.

- Flûte.

Il était temps que je parte, et à voir la mine de Bella, c'était vrai aussi pour elle.

- Va dans le bureau, Bella.

Elle me regarda de ses grands yeux étonnés.

- Fais-moi confiance et file.

Elle fit volte-face et passa par la porte avant qu'elle ne se fût refermée, se précipitant à l'accueil. Je la suivis, quelques centimètres derrière. Ses cheveux volaient et caressèrent ma main…

Elle se retourna pour me regarder, les yeux toujours grands ouverts.

- Tu m'as obéi, pour une fois, remarquai-je.

C'était une première. Son petit nez se fronça.

- J'ai détecté l'odeur du sang.

Je la fixai, aussi surpris que déconcerté.

- Pour la plupart des gens, le sang n'a pas d'odeur.

- Pour moi si. Un mélange de rouille et… de sel. Qui me rend malade.

Mon visage se gela, tandis que je continuais à l'observer. Était-elle vraiment humaine ? Elle en avait l'apparence. Elle était douce comme une humaine. Elle sentait l'humain – enfin, bien meilleur. Elle agissait comme une humaine… ou presque. Mais elle ne pensait pas comme une humaine, et ne répondait pas normalement non plus.

Mais quelle autre possibilité y avait-il ?

- Quoi ? me demanda-t-elle.

- Rien.

Mike Newton nous interrompit en faisant irruption dans la pièce, les pensées toujours pleines d'amertume et de violence.

- Tu as l'air d'aller beaucoup mieux, lui dit-il d'un ton qui frisait l'impolitesse.

Mes mains me démangèrent, brûlant de lui apprendre les bonnes manières. Il fallait que je me surveille, ou je risquais de finir par tuer cet insupportable garçon.

- Contente-toi de garder tes mains dans tes poches, lui répondit-elle.

L'espace d'une folle seconde, je crus qu'elle s'adressait à moi.

- Le test est fini, l'informa-t-il, maussade. Tu reviens en cours ?

- Tu plaisantes ? Je me retrouverais ici aussi sec.

C'était parfait. Moi qui avais cru que j'allais perdre cette heure, obligé de la passer loin d'elle, je me retrouvais avec du temps supplémentaire. Je me sentis avide, d'une avidité qui grandissait de minute en minute.

- Mouais, grommela Mike. Au fait, tu es partante, pour ce week-end ? La balade à la mer ?

Ah, ils avaient des projets ensemble. La colère me gela sur place. Ce n'était pourtant qu'une sortie de groupe. J'en avais entendu parler dans les têtes d'autres élèves. Ils ne seraient pas que tous les deux. Mais j'étais tout de même furieux. Je m'appuyai, immobile, contre le comptoir, essayant de me contrôler.

- Bien sûr, lui promit-elle. C'était entendu, non ?

Alors, elle lui avait dit oui, à lui aussi. La jalousie me brûla, encore plus douloureuse que la soif. Non, ce n'était qu'une sortie de groupe, tentai-je de me convaincre. Elle ne faisait que passer la journée avec des amis. Rien de plus.

- Rendez-vous au magasin de mon père, alors. À dix heures. Et Cullen n'est PAS invité.

- J'y serai, dit-elle.

- On se voit en gym.

- C'est ça.

Il se dirigea en traînant des pieds vers son cours suivant, les pensées pleines de rancœur. Mais qu'est-ce qu'elle lui trouve, à ce monstre ? C'est sûr, il est riche. Les nanas le trouvent craquant, mais franchement je ne vois pas pourquoi. Trop… trop parfait. Je parie que son père s'entraîne à la chirurgie plastique sur eux. C'est pour ça qu'ils sont tous si pâles et beaux. Ce n'est pas naturel. Et il est presque… effrayant. Parfois, quand il me regarde, je jurerais qu'il pense à me m'assassiner… Monstre…

Mike ne manquait pas complètement de discernement, finalement.

- Ah, la gym, grogna discrètement Bella.

Je la regardai, et vis qu'elle avait encore l'air triste. Je n'étais pas sûr d'en savoir la raison, mais il semblait clair qu'elle n'avait pas la moindre envie de retrouver Mike au cours suivant. Et j'étais complètement d'accord avec cette idée.

Je m'approchai et me penchai vers elle, sentant la chaleur émaner de sa peau jusqu'à toucher mes lèvres. Je n'osai pas respirer.

- Je peux arranger ça, lui glissai-je. Va t'asseoir et tâche d'avoir l'air malade.

Elle fit ce que je lui demandais, s'assit sur l'une des chaises pliantes et appuya son dos contre le mur tandis que, derrière moi, Mme Cope sortait du cagibi derrière la pièce et s'installait à son bureau. Avec ses yeux clos, Bella avait l'air de s'être à nouveau évanouie. Elle n'avait pas encore retrouvé toutes ses couleurs.

Je me tournai vers la secrétaire. Bella nous écoutait avec espoir, pensai-je sardoniquement. Elle verrait comment les humains étaient censés réagir.

- Mme Cope ? appelai-je, utilisant à nouveau ma voix la plus persuasive.

Elle se mit à battre des paupières, et son cœur s'emballa. Trop jeune, essaye un peu de te maîtriser !

- Oui ?

Voilà qui était intéressant. Quand le pouls de Shelly Cope accélérait, c'était parce qu'elle me trouvait séduisant, pas effrayant. J'en avais l'habitude près des humaines… mais je n'avais pas envisagé cette interprétation pour Bella.

Cette idée me plaisait. Trop, en fait. Je souris, et la respiration de Mme Cope se fit plus bruyante.

- Bella a cours de gym, après, et je ne pense pas qu'elle soit assez bien. En fait, je me demande si je ne devrais pas la ramener chez elle. Vous croyez que vous pourriez lui épargner cette épreuve ?

Je la regardai, feignant l'admiration pour ses yeux ternes, prenant plaisir à constater les dégâts que j'arrivais à produire sur ses facultés de réflexion. Était-il possible que Bella…?

Mme Cope dut déglutir bruyamment avant de répondre.

- Et toi, Edward, tu as aussi besoin d'un mot d'excuse ?

- Non, j'ai Mme Goff, elle comprendra.

Je ne lui accordais plus beaucoup d'attention. J'explorais cette nouvelle hypothèse.

Hmm. J'aurais aimé croire que Bella me trouvait séduisant, comme les autres humaines, mais depuis quand Bella avait-elle les mêmes réactions que les autres ? Je ne devais pas me bercer d'illusions.

- Bon, c'est d'accord. Tu te sens mieux, Bella ?

L'intéressée hocha faiblement la tête – sur-jouant un peu.

- Tu es en état de marcher ou il faut que je te porte ? demandai-je, amusé par son mauvais jeu.

Je savais qu'elle voudrait marcher. Elle ne voulait pas se montrer faible.

- Je me débrouillerai.

Encore bon. Je devenais de plus en plus fort à ce petit jeu.

Elle se leva, hésitant un moment, comme pour vérifier son équilibre. Je lui tins la porte, et nous sortîmes sous la pluie.

Je la regardai lever la tête vers la bruine qui tombait, un léger sourire aux lèvres. À quoi pensait-elle ? Quelque chose dans son attitude me semblait étrange, et je réalisai rapidement pourquoi sa posture ne m'était pas familière. Les humaines normales ne levaient pas la tête vers la pluie comme ça ; elles portaient toutes du maquillage, même ici, dans cet endroit humide.

Bella ne se maquillait pas, et elle avait bien raison. L'industrie cosmétique gagnait des milliards de dollars chaque année grâce aux femmes qui rêvaient d'avoir une peau comme la sienne.

- Ça vaudrait presque le coup d'être malade, ne serait-ce que pour manquer la gym, me dit-elle en souriant. Merci.

Je regardai autour de nous, me demandant comment prolonger ce moment avec elle.

- De rien.

- Tu viendras ? Samedi ?

Elle avait l'air pleine d'espoir. Cet espoir était si apaisant. Elle voulait que je sois là, à la place de Mike Newton. Et je voulus lui répondre oui. Mais beaucoup d'autres paramètres entraient en compte. Tout d'abord, le soleil brillerait ce samedi…

- Où allez-vous, exactement ?

Je tentai de garder une voix tranquille, comme si cela m'importait peu. Mike avait dit « plage », cependant. Il y avait peu de chances que j'échappe au soleil.

- À La Push. First Beach, pour être exacte.

Zut. Eh bien, au moins je n'aurais pas à peser le pour et le contre. Il était impossible que j'y aille. Et de toute façon, Emmett serait furieux si j'annulais notre excursion.

Je lui jetai un rapide coup d'œil, souriant d'un air désabusé.

- Je ne crois pas avoir été invité.

Elle soupira, déjà résignée.

- Qu'est-ce que je suis en train de faire ?

- Soyons sympa avec le pauvre Mike, toi et moi. Ne le provoquons pas plus que nécessaire. Nous ne voudrions pas qu'il morde.

Je pensai à mordre le pauvre Mike moi-même, et appréciai énormément cette image.

- Maudit Mike, ronchonna-t-elle, à nouveau dédaigneuse.

J'eus un grand sourire.

Mais elle commença à s'éloigner de moi. Sans penser à ce que je faisais, je la rattrapai et la retins par le dos de son coupe-vent. Elle fut secouée par cet arrêt soudain.

- Où crois-tu aller, comme ça ?

J'étais presque en colère contre elle, du fait qu'elle veuille me quitter. Je n'avais pas eu assez de temps avec elle. Elle ne pouvait pas partir, pas maintenant.

- Ben… à la maison, répondit-elle, déroutée par ma contrariété.

- J'ai promis de te ramener saine et sauve chez toi. Tu t'imagines que je vais te laisser conduire dans cet état ?

Je savais qu'elle n'aimerait pas cela. Je sous-entendais qu'elle était faible. Mais il fallait que je m'entraîne pour notre voyage de samedi, de toute façon. Que je voie si je pouvais surmonter cette proximité dans un espace clos. C'était un trajet beaucoup plus court.

- Quel état ? s'insurgea-t-elle. Et ma voiture ?

- Alice te la déposera après les cours.

Je la poussai le plus doucement possible vers ma voiture, puisque je savais dorénavant que la laisser marcher devant moi était risqué.

- Lâche-moi ! cria-t-elle en butant sur le trottoir et manquant de tomber.

Je tendis une main pour la soutenir, mais elle se redressa avent que j'aie eu le temps de le faire. Je ne devais pas chercher des excuses pour la toucher ainsi. Cela me fit penser à la réaction que Mme Cope avait eue en ma présence, mais je repoussai cet examen à plus tard. Il y avait beaucoup à tirer de cette réflexion.

Je la lâchai près de la voiture, et elle s'effondra sur la portière. Il me faudrait être plus précautionneux à l'avenir, prendre en compte son équilibre déficient…

- Quelle délicatesse !

- C'est ouvert.

Je rentrai et démarrai la voiture. Elle se tenait toujours dehors, rigide, bien que la pluie se fût intensifiée, et je savais qu'elle n'aimait ni le froid ni l'humidité. L'eau trempait ses cheveux épais, les fonçant jusqu'à les rendre presque noirs.

- Je suis parfaitement capable de rentrer chez moi toute seule !

Évidemment. C'était moi n'étais pas capable de la laisser partir. Je baissai la fenêtre et me penchai vers elle.

- Monte, Bella.

Elle plissa les yeux, et je devinai qu'elle se demandait si elle avait le temps de courir jusqu'à sa voiture.

- Je te jure que je te traînerai là-bas par la tignasse s'il le faut, lui assurai-je, amusé par la déception sur son visage lorsqu'elle réalisa que je le pensais vraiment.

Le menton haut, elle ouvrit la portière et monta dans la voiture. Ses cheveux gouttèrent sur le cuir et ses bottes couinèrent l'une contre l'autre.

- Tout ceci est inutile, déclara-t-elle froidement.

Sous son air digne, je lui trouvai l'air un peu embarrassée. J'augmentai le chauffage pour qu'elle soit plus à l'aise, et baissai la musique pour qu'elle ne forme plus qu'un fond sonore. Je me dirigeai vers la sortie, l'observant du coin de l'œil. Sa lèvre inférieure saillait en une moue boudeuse. Je la regardai, examinant ce que cela me faisait ressentir… repensant à la réaction de la secrétaire…

Soudain, elle regarda la radio et sourit, les yeux écarquillés.

- Clair de lune ? s'exclama-t-elle.

Une mordue de classique ?

- Tu connais Debussy ?

- Pas bien, dit-elle. Ma mère est une fan de classique. Je ne reconnais que mes morceaux préférés.

- C'est également l'un de mes favoris.

Je regardai la pluie tomber, méditant sur cette découverte. Nous avions au moins une chose en commun à présent. J'avais fini par penser que nous étions le contraire l'un de l'autre.

Elle avait l'air plus détendue, regardant la pluie comme moi, les yeux dans le vague. Je profitai de sa distraction momentanée pour essayer de respirer.

J'inhalai précautionneusement par le nez.

Puissant.

Je serrai le volant plus fort. La pluie la faisait sentir encore meilleur. Je n'aurais pas cru cela possible. Stupidement, je me demandai soudain quel goût elle aurait.

Je tentai d'avaler ma salive pour combattre la brûlure dans ma gorge, et penser à quelque chose d'autre.

- De quoi ta mère a l'air ? demandai-je, en quête d'une distraction.

Bella sourit.

- Elle me ressemble beaucoup, en plus jolie.

J'en doutais.

- Je tiens pas mal de Charlie, poursuivit-elle. Elle est plus extravertie que moi, plus courageuse.

J'en doutais aussi.

- Irresponsable, un peu excentrique. Sa cuisine est imprévisible. Je l'adore.

Sa voix se teinta de mélancolie, et son front se rida. À nouveau, on aurait dit un parent plutôt qu'un enfant.

Je m'arrêtai en face de chez elle, me demandant trop tard si j'étais censé savoir où elle habitait. Non, cela ne lui semblerait pas étrange, dans une si petite ville, avec un père connu de tous…

- Quel âge as-tu, Bella ?

Elle devait être plus âgée que ses condisciples. Peut-être avait-elle commencé l'école plus tard, ou avait-elle redoublé… cela me semblait peu probable, cependant.

- Dix-sept ans.

- Tu fais plus.

Elle rit.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

- Ma mère passe son temps à raconter que j'avais trente-cinq ans à la naissance et que je suis un peu plus dans la force de l'âge chaque année, rit-elle avant de soupirer. Il faut bien que quelqu'un soit adulte.

Cela rendait les choses plus claires. Je voyais maintenant… comment sa mère irresponsable aidait à expliquer la maturité de Bella. Elle avait dû mûrir tôt, pour devenir celle qui prenait tout en charge. C'était pour cela qu'elle n'aimait pas qu'on s'occupe d'elle – elle estimait que c'était son travail.

- Toi non plus, tu n'as pas beaucoup l'allure d'un lycéen, me fit-elle remarquer, me sortant de ma rêverie.

Je grimaçai. À chaque fois que je découvrais un aspect de sa personnalité, il fallait qu'elle remarque elle aussi quelque chose chez moi. Je changeai de sujet.

- Pourquoi ta mère a-t-elle épousé Phil ?

Elle hésita une minute avant de répondre.

- Elle… elle n'est pas très mûre, pour son âge. Je crois que Phil lui donne l'impression d'être plus jeune. Et puis, elle est folle de lui.

Elle secoua la tête, indulgente.

- Tu approuves ?

- Quelle importance ? Je veux qu'elle soit heureuse… Et il est ce dont elle a envie.

Le désintéressement de ce commentaire m'aurait choqué, n'eut été le fait que cela cadrait parfaitement avec ce que j'avais appris de son caractère.

- C'est très généreux… Je me demande…

- Oui ?

- Pousserait-elle la courtoisie à te rendre la pareille ? Quel que soit le garçon que tu choisisses ?

C'était une question idiote, et je ne parvins pas à garder une voix détachée en la posant. Il était si stupide de penser que quelqu'un pourrait accepter que sa fille me choisisse.

- Je… je crois, bégaya-t-elle, régissant à mon regard intense.

Peur… ou attirance ?

- Mais c'est elle la mère, après tout, acheva-t-elle. C'est un peu différent.

Je souris, amer.

- Alors, pas un type trop effrayant, j'imagine.

Elle m'adressa un grand sourire.

- Qu'entends-tu par là ? Des piercings sur toute la figure et une collection de tatouages ?

- C'est une des définitions possibles du mot.

Une définition assez peu inquiétante, comparée à la mienne.

- Quelle est la tienne ?

Elle posait toujours les mauvaises questions. Ou peut-être justement les bonnes. Celles auxquelles je ne voulais pas répondre, en tout cas.

- Penses-tu que je pourrais passer pour effrayant ? lui demandai-je, essayant de sourire un peu.

Elle y réfléchit avant de me répondre d'une voix sérieuse.

- Euh… oui. Si tu le voulais.

J'étais également sérieux.

- As-tu peur de moi, là, maintenant ?

Elle répondit immédiatement, sans réfléchir cette fois.

- Non.

Je souris, plus décontracté. Je ne pensais pas qu'elle disait vraiment la vérité, mais elle ne mentait pas complètement non plus. Elle n'était pas assez effrayée pour s'en aller, au moins. Je me demandai ce qu'elle ressentirait si elle savait qu'elle était en train de discuter avec un vampire. J'eus un mouvement de recul interne à sa réaction imaginaire.

- Et toi ? Vas-tu me parler de ta famille ? Elle doit être bien plus intéressante que la mienne.

Plus effrayante, c'était sûr.

- Que veux-tu savoir ? demandai-je prudemment.

- Les Cullen t'ont adopté ?

- Oui.

Elle hésita, puis reprit d'une petite voix.

- Qu'est-il arrivé à tes parents ?

Ce n'était pas si difficile ; je n'avais même pas besoin de lui mentir.

- Ils sont morts il y a des années.

- Désolée, marmonna-t-elle, craignant visiblement de m'avoir blessé.

Elle s'inquiétait pour moi.

- Je ne m'en souviens pas bien, lui assurai-je. Carlisle et Esmée les ont remplacés depuis si longtemps.

- Et tu les aimes, déduisit-elle.

Je souris.

- Oui. Je doute qu'il y ait de meilleures personnes au monde.

- Tu as beaucoup de chance.

- J'en suis conscient.

Dans ce domaine, celui des parents, je ne pouvais pas nier ma chance.

- Et ton frère et ta sœur ?

Si je la laissais demander trop de détails, j'aurais à lui mentir. Je jetai un coup d'œil à l'horloge du tableau de bord, découragé de voir que mon moment avec elle touchait à sa fin.

- Mon frère et ma sœur, sans parler de Jasper et Rosalie, vont être furieux si je les fais languir sous l'averse.

- Désolée. Il faut que tu y ailles.

Elle ne bougea pas. Elle ne voulait pas que ce moment se termine, elle non plus. J'aimais beaucoup, beaucoup ça.

- De ton côté, tu préfères sûrement récupérer ta camionnette avant que le Chef Swan rentre, histoire de ne pas avoir à lui mentionner le petit incident de tout à l'heure.

Je souris au souvenir de son embarras, quand je l'avais prise dans mes bras.

- Je suis sûre qu'il est déjà au courant. Il n'y a pas de place pour les secrets, à Forks.

Elle prononça le nom de la ville avec un dégoût clairement audible. Je ris à ses paroles. Pas de secrets, en effet.

- Amuse-toi bien à la mer.

Je jetai un œil à la pluie torrentielle, sachant qu'elle n'allait pas durer, et souhaitant pourtant plus fort que d'habitude qu'elle persistât.

- Joli temps pour bronzer.

Enfin, ce serait le cas samedi. Elle apprécierait ça.

- Je te vois, demain ?

L'inquiétude dans sa voix me ravit.

- Non. Emmett et moi avons décidé de nous octroyer un week-end précoce.

Je me serais donné des gifles pour avoir eu cette idée. Je pouvais toujours annuler… Mais il était mieux que j'aille chasser, et ma famille s'inquiétait déjà assez de mon comportement pour que je ne leur révèle pas à quel point je devenais obnubilé par cette fille.

- Qu'est-ce que vous avez prévu ? demanda-t-elle, semblant déçue par ma réponse.

Bien.

- Une randonnée du côté de Goat Rocks, au sud du mont Rainier.

Emmett était impatient de voir arriver la saison des ours.

- Ah bon. Profites-en bien, me souhaita-t-elle à contrecœur.

Son manque d'enthousiasme me plut à nouveau.

Tandis que je la regardais, je me sentis presque déchiré à l'idée de lui faire ne seraient-ce que des adieux provisoires. Elle était si douce et vulnérable. Il me semblait imprudent de la perdre de vue, alors que n'importe quoi pouvait lui arriver. Et pourtant, les choses les plus horribles qui risquaient de lui arriver se passeraient si elle restait avec moi.

- Accepterais-tu de me rendre un service, ce week-end ? lui demandai-je d'un ton grave.

Elle acquiesça, les yeux grand ouverts et interrogatifs devant ma soudaine intensité.

Je devais rester léger.

- Ne le prends pas mal, mais j'ai l'impression que tu es de ces gens qui attirent les accidents comme un aimant. Alors... tâche de ne pas tomber à l'eau ni de te faire écraser par quoi que ce soit, d'accord ?

Je lui souris d'un air contrit, espérant qu'elle ne détecte pas la tristesse dans mes yeux. Je souhaitais tellement qu'elle ne soit pas trop heureuse en mon absence, quoi qu'il puisse lui arriver ici.

Cours, Bella, cours. Je t'aime trop, pour ton bien ou le mien.

Elle se fâcha, vexée, et me jeta un regard furieux.

- On verra ! aboya-t-elle, sortant affronter la pluie en claquant la portière le plus fort possible derrière elle.

Comme un chaton furieux persuadé d'être un tigre.

Je refermai le poing sur la clef que je venais de prendre dans la poche de sa veste, et fis demi-tour en souriant.

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Les commentaires les mieux notés

Par Puce880 le 2010-05-06 00:49:36 Editer
j'ai lu ces 12 chapitres et c'est absolument fantastique, on redécouvre completement l'histoire, comme si on ne la connaissait pas! J'espère que Stephenie Meyer nous fera l'honneur de terminer pcq c'est vraiment horrible de devoir s'arrêter alors qu'on est impregné par l'histoire!
Par myra44 le 2010-10-11 18:59:24 Editer
myra44 Or
Sur internet, je ne me lasse jamais de relire les douzes chapitres. C'est génial, tu as raison Puce880, on redécouvre l'histoire sous un tout nouveau point de vu et c'est super. Je prie pour que Stéphenie continue son livre, mais je crois que pour le moment elle n'est pas motivée et se satisfait amplement de ses revenus (ce qui est compréhensible lol). L'attente est vraiment frustrante.

Les derniers commentaires ajoutés

Par Kuina le 2015-04-14 15:08:59 Editer
J'ai redécouvert twilight sous un autre angle. Et un angle que je préfére en tout point. Il est tellement plus vivant vu par Edward.
Par akoro le 2015-04-13 18:32:39 Editer
J'adore, j'adore, j'adore, j'adoooooore lire cette histoire du point de vue d'edward ! On redécouvre le début du tome 1, vraiment c'est captivant !
Par Karah le 2015-04-06 23:22:27 Editer
J'ai beaucoup aimé ces premiers chapitres, j'espère juste qu'un jour Stephenie Mayer terminera le livre...
Par mimimaxcrea le 2015-03-31 22:29:08 Editer
mimimaxcrea Or
Même si l'on connait l'histoire le point de vue d'Edward est superbe!!! on apprend pleins de choses et il vient compléter le 1er tome avec brio
il est bien dommage que stephenie Meyer n'est pas été u bout de ce livre...
Par Suzette02 le 2015-03-30 15:05:23 Editer
Suzette02 Or
On découvre l'histoire du point de vue d'Edward mais aussi de tout les autres personnages vu qu'Edward lit dans leurs pensés. Exceptionnelle, on redécouvre l'histoire. A lire absolument si vous avez aimé la saga twilight :)
Par tempicka le 2015-03-20 00:50:06 Editer
J'ai adoré découvrir cette histoire du point de vue d'Edward :D
Par france2705 le 2015-03-07 18:10:45 Editer
J'avais commencé à lire ce livre car il trainait dans ma PAL , mais je n'étais pas emballée plus que ça . Et bien , j'avais tort car ce livre c'est avéré vraiment extra . On redécouvre complétement l'histoire , comme si elle était totalement différente de la première . J'espère que Stephenie Meyer terminera son histoire , meme si j'ai des doutes à ce sujet ...
Par sayonarara le 2015-02-24 17:46:01 Editer
ca fait du bien de connaitre le point de vue d'edward surtout qu'il est plus clair que celui de bella,mais contrairement a elle,j'ai eu l'impression qu'il l'idealisé beaucoup quand même.mais bon,il s'aime.
Par tivindy le 2015-02-13 15:53:58 Editer
J'adore le point de vue d'Edward. Quel dommage qu'il n'y ait pas de suite à ces douze chapitres!
Par ilovelire le 2015-02-08 14:06:00 Editer
J'ai lu les 12 chapitres disponibles. Comme tout le monde je regrette qu'elle n'est pas continuée ce livre. On a un éclairage nouveau sur le premier livre.
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