Livres
371 254
Comms
1 288 110
Membres
250 973

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

14 Juillet

6 notes | 9 commentaires | 1 extrait


Description ajoutée par Lily-Berthe 2016-06-15T17:36:12+02:00

Résumé

La prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

Afficher en entier

Classement en biblio - 16 lecteurs

Or
2 lecteurs
PAL
2 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par hcdahlem 2016-10-10T19:56:24+02:00

Jean-Armand Pannetier, c’est son nom, laissera une petite relation de sa journée, et retombera aussitôt dans le néant. Mais à ce moment, le mardi 14, il est l’étincelle qui met le feu aux poudres.

Comme il est de grande taille, il se plante contre la muraille et fait la courte échelle. Le charron Tournay monte le premier. Il porte un gilet bleu. Il a vingt ans. Huit à dix autres le suivent. Ils enjambent une échoppe qui sert de remise à un débitant de tabac. La foule les apostrophe, on rigole, on les encourage. Il y a un raffut inouï. Tournay grimpe sur le toit du corps de garde. Des copains le hèlent, le vent fait bouffer son gilet. Je désire, j’imagine, qu’à cet instant, le charron Louis Tournay ait été lui-même, seulement lui-même, vraiment, dans son intimité la plus parfaite, profonde, là, aux yeux de tous. Ce fut pour un court instant. Quelques pas de danse sur un toit de tuiles. Une série de déboulés, la tête libre, haute, puis un chapelet de battements, de piqués, de pirouettes même. Ou plutôt, non, ce furent des pas très lents, de petites glissades, des pas de chat. Soudain, Tournay, sous le grand ciel, dans le jour gris et bleu, oublie tout. Le temps meurt un instant en lui. Il vacille près d’une cheminée. Les gens craignent qu’il tombe. Oh ! Il s’accroupit sur la pente intérieure du toit, les tuiles lui brûlent les mains ; on ne le voit plus. Il est seul. La Cour du Gouvernement est vide, face à lui. Il est alors juste une ombre, une silhouette. Les soldats sur les tours le regardent. Il saute dans la cour.

Là, il est encore plus seul. (p. 67-68)

Afficher en entier

Commentaires récents

Ajouter votre commentaire

Commentaire ajouté par Laurien 2017-01-11T07:07:51+01:00
Bronze

Le récit de la journée fondatrice de l'histoire de France à hauteur d'homme. On est plongé dans la foule, à l'image de ce chapitre qui nous énumère des noms de vainqueurs de la Bastille, en montrant le pouvoir évocateur des noms pour forger une ambiance, imaginer. On n'est pas dans l'épique romantique version Michelet, mais dans une histoire incarnée, qui a du souffle.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par percabeth76 2016-12-22T16:23:54+01:00
Bronze

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre.

On découvre les raisons pour lesquelles le peuple c'est décidé à attaquer la Bastille, ainsi que la manière dont cela c'est déroulé. Eric Vuillard met des noms sur ces gens, tout en nous expliquant à la fin pourquoi nous ignorons leurs noms dans notre propre Histoire. Certains passages restent difficiles à lire, surtout ceux où il énumère chaque nom et chaque métier des acteurs de la prise de la Bastille. Cela dit, cela reste une lecture très agréable et enrichissante.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par lila11 2016-11-16T08:34:14+01:00
Or

J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Eric Vuillard : elle est vivante, alerte.

On assiste à la prise de la Bastille avec le peuple, il n'y a pas de héros, Eric Vuillard redonne un nom à tous ces anonymes qui ont pris leur destin en main pour essayer de sortir de la misère.

Un livre original que je vous conseille.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Amita 2016-10-31T16:27:43+01:00
Argent

« Le 14 juillet 1789, la Bastille est assiégée par Paris. »

Résumé : Ils sont les oubliés de l'Histoire, les cadavres jetés dans le caniveau, la populace, la masse, la crasse. Il sont l'Histoire, ils sont personne, ils sont tout le monde.

Le 14 juillet, fête nationale française vue d'une autre manière, moins académique, plus vraie, plus vivante.

« Le chômage est une école exigeante. On y apprend que l'on n'est rien. Cela peut servir. »

Ma note : 16/20

En voyant le titre, on se dit que c'est un énième récit de la prise de la Bastille, mais c'est mieux que ça, c'est un reprise de la Bastille, Vuillard rend ce qui revient de droit au peuple, il leur rend ce pourquoi ils se sont battus.

Et il le fait avec un talent incroyable ! On s'y croirait, tout au long du récit, en plus de nous raconter la prise de la Bastille par le peuple français, il nous inclut pratiquement dedans avec des « on » des « nous » et des « je » On se sent tout d'un coup plus proche du peuple que nous étions, plus proche de ce pour quoi nous nous sommes battus.

En terme de personnages, on ne s'attache à personne, on se souvient, on commémore, on pense fort, mais surtout on n’oublie pas, on n'oublie plus.

« Il ne reste que la folie, celle des grandeurs, avec son crâne percé de trous. »

Finalement, ce n'est pas qu'un livre historique, c'est aussi de la poésie, Vuillard a un style particulier mais que j'ai tout de suite adoré : il mélange le vulgaire à l’intellectuel, il mélange le vocabulaire de la populace à celui des historiens, et ça donne un style incroyablement beau, historien et en même temps proche du peuple.

« Ne pas dormir, c'est vivre dans la mort.La nuit nous entraîne, immobile, là où l'on renonce. Le jour est confusion et la nuit sans pitié. »

En somme, j'ai adoré, j'adore l'histoire ça m'intéresse beaucoup, alors là, d'avoir une version plus vivante, plus humaine de ce jour si important, si particulier, j'ai vraiment adoré, et tout ceci raconté avec une prose merveilleuse et tout à fait singulière !

Cet auteur restera dans ma mémoire.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Amelie116 2016-10-30T16:00:37+01:00
Lu aussi

Bof.

Je n'ai pas été convaincue par ce livre. Déjà le thème à la base ne m'inspirait pas vraiment ( j'ai été invitée à lire ce livre et ne l'ai pas choisi moi même). L'auteur essaye de nous replacer un contexte historique du point de vue du peuple en remettant le peuple au centre, résultat on en perd nos propres références historiques par les grandes descriptions à droite à gauche, on s'y perd entre les personnages par leur multitude, on en oublie même ce que l'on est en train de lire quand il écrit avec on le sent presque des trémolos dans la voix pour nous évoquer ces sans culottes à l'assaut des méchants riches. Ce qui le classe en liste " j'ai lu aussi " et non pas en liste " pas apprécié" c'est que je ne classe dans cette dernière que les livres que je n'ai jamais si finir ou ai fini par obligation mais avec l'envie intense de les lâcher. Bref, pour moi un livre sans grand intérêt aussi bien historique que littéraire.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Corentin17 2016-10-29T23:18:11+02:00
Lu aussi

Le livre repose sur une excellente idée : nous montrer la prise de la Bastille d'un point de vue humain. On est plongé dans la foule, chaque personne a un nom et une histoire. Je verrai cette date différemment maintenant.

Mais personnellement, je trouve que le concept s'use rapidement malgré le faible nombre de page. Une fois que j'ai compris où l'auteur ovulait en venir, les approfondissements sur la vie de chaque personnages m'ennuyaient.

De plus je n'ai pas du tout été réceptifs à l'écriture de l'auteur. Il utilise souvent plusieurs synonymes d'un mot les uns à la suite des autres pour appuyer son propos. Ce procédé a alourdi ma lecture tout comme les longues énumérations des noms des révolutionnaires.

En fin de compte, je pense que c'est un très bon livre, je le recommanderais même. Je n'ai tout simplement pas été touché par l'écriture ni par le développement des personnages.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par hcdahlem 2016-10-10T19:56:22+02:00
Or

Comment se fait-il qu’il ne soit jamais venu à l’idée de personne de s’emparer d’un tel sujet ? Avant Éric Vuillard, il semble en effet qu’aucun romancier ne se soit avancé sur le chemin de l’un des actes fondateurs de notre histoire puisqu’il est devenu notre fête nationale : la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

Rendons un triple hommage à l’auteur de Tristesse de la terre. D’abord celui d’avoir creusé les archives et, faisant œuvre d’historien, de nous détailler ce qui s’est vraiment passé ce jour historique ainsi que sa genèse.

Ensuite pour le ton avec lequel il nous restitue cet épisode aussi dramatique que glorieux. En accumulant les verbes et les adjectifs, il donne un mouvement incroyable à l’événement, si bien que l’on se sent littéralement entraîné par cette foule immense aux pieds de cet impressionnant monument.

Enfin, chapeau bas pour avoir redonné vie au peuple de France, à ces pauvres gens qui se sont improvisés en armée et qui ont fini par renverser la montagne qui se dressait face à eux. Pendant que les Robespierre et autre Mirabeau théorisaient la République une et indivisible, les sans-grade allaient au charbon. On serait presque tenté d’écrire allaient se faire tuer joyeusement tant ils mettaient d’entrain – ou d’inconscience – dans leur combat.

Tout a donc commencé par une grande famine. Comme les récoltes avaient été mauvaises, la population ne parvenait plus à se nourrir et attaquaient les greniers à grain et pillaient les magasins. De partout la colère grondait. À Paris, les gardes-françaises répriment les manifestations dans le sang avant de se rallier aux émeutiers.

Le peuple s’accapare la capitale aux cris de «Mort aux riches!». Les bourgeois, inquiets se réunissent à l’Hôtel de Ville. « Ils montent un comité et décident la création d’une milice armée. À la même heure, le roi part à la chasse. Son cheval galope dans les bois, ses gens rameutent les chiens, ça jappe, le cerf coure entre les fourrés. Seul le temps change les hommes, mais certaines distances semblent chargées de siècles; à vingt kilomètres de Paris, on vit dans un autre monde. La reine est au Trianon, elle cueille des capucines. »

Nous sommes le 14 juillet, au moment où près de la moitié de la population de Paris converge vers la forteresse de la Bastille. Il y a là les ouvriers, les petits commerçants, les artisans, les pauvres, les déserteurs, les brigands et même quelques bourgeois. Ils sont rassemblé tout ce qui de près ou de loin pouvaient servir comme armes, allant chercher des canons dans des musées, des épées dans des théâtres. « Il faut imaginer ça. Il faut imaginer un instant le gouverneur et les soldats de la citadelle jetant un œil par-dessus les créneaux. Il faut se figurer une foule qui est une ville, une ville qui est un peuple. Il faut imaginer leur stupeur. »

Humble, l’auteur reconnaît qu’au fond, on ignore ce qui se produisit vraiment. Mais cela lui donne la liberté d’imaginer et son récit n’en est que plus «authentique». Il énumère les noms de cette foule bigarrée, voit les jeunes hommes intrépides – ou inconscients – nous retrace des morceaux de leur biographie, le pays ou la région d’où ils viennent. Nous parle de Sassard le couillon, Scribot le cul-terreux, Servant, l’employé, Serusier, le marchand de légumes et puis Vattier, dit Picard, Cholet, dit le Bien-aimé et tous les autres, les pères et les fils. «C’est dingue ce qu’un faubourg contient de vies». Bien entendu, il n’oublie pas les femmes dont la détermination est tout aussi grande.

Les premiers coups de feu sur les assaillants donnent soudain à leur avancée une dimension plus dramatique. « Assassins ! Assassins ! » hurle la foule qui reprend sa marche en avant. Et voilà que la fronde et la colère se transforme en un opéra, une « grande guerre de gestes et de mots », que la fiction se transforme en réalité, que le 14 juillet est incarné. Place à la Fête Nationale !

goo.gl/Vm3XE9

Afficher en entier
Commentaire ajouté par heleniah 2016-09-08T21:52:17+02:00
Argent

On a beaucoup parlé du 14 juillet cette année, bien malheureusement. Ce livre sort à peine quelques mois après les événements de Nice, mais revient, lui, sur le 14 Juillet 1789.

Pas vraiment un roman ni un essai historique, il retrace la prise de la Bastille et les quelques jours et événements qui l’ont précédé. Il n’y a donc pas réellement un héro ou une intrigue dans ce livre, mais plutôt un panorama, un hommage à tous ces gens presqu’anonymes (on sait au mieux leur nom, leur âge et ou leur profession; mais ils ont été depuis longtemps oublié par l’Histoire) qui ont commencé la Révolution. Les quelques uns qui ont eu un destin après cette journée, la plupart qui sont morts, qui ont été blessé.

Ce livre est très court, assez prenant malgré les énumérations des gens, il est « foule » et veut se souvenir de tous, redonner la vraie dimension à la prise de la Bastille, ardente et sanglante, bien loin de nos gentillets feux d’artifice de commémoration !

Est-ce que vous allez le lire ?

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Joyeux-Drille 2016-08-17T22:23:47+02:00
Lu aussi

C'est l'une des dates les plus célèbres de l'Histoire de France. Eric Vuillard, avec son écriture très visuelle et imagée, nous y plonge, mais en changeant de point de vue : délaissant l'histoire officielle, il raconte la prise de la Bastille à travers le destin du peuple de Paris, des anonymes. Et, dans le fracas de l'Histoire en train de s'écrire, le lecteur actuel entend un écho avec son temps.

http://appuyezsurlatouchelecture.blogspot.fr/2016/08/ainsi-la-sedition-elle-surgit-dans-le.html

Afficher en entier

Date de sortie

  • France : 2016-08-17 (Français)

Activité récente

lila11 le place en liste or
2016-11-15T17:46:09+01:00

Les chiffres

Lecteurs 16
Commentaires 9
Extraits 1
Evaluations 6
Note globale 6.67 / 10

Évaluations