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Extrait de À la croisée des chemins ajouté par SandrianaGrey 2017-07-26T21:51:01+02:00

" ... Elle gare sa voiture à l'extérieur du village. En parcourant les rues pavées et en longeant les maisons médiévales Nina a l'impression d'être transportée dans une autre époque.

La femme quarantenaire grimpe jusqu'au vieux château. Elle n'a aucune intention de visiter son donjon, ses tours, une de ses chapelles ou encore de découvrir en dix langues différentes le passé tumultueux des seigneurs qui y vécurent. Tout ce qui l'intéresse est de venir imbiber ses yeux du panorama exceptionnel sur la région environnante qu'il offre avec tant générosité.

Au sommet de ce château en ruine, seule une poignée de touristes a investi les lieux. Là, au plus près des pierres de cet édifice qui transpirent les siècles écoulés, Nina contemple cette partie de la Provence qui s'étend face à elle. Les crêtes blanches des falaises calcaires des Alpilles caressent le ciel bleu qui fait écho à la Méditerranée qui s'étend au loin. La mer lui semble si petite de là où elle se trouve ! Celle qui a toujours su l'apaiser lui paraît si éloignée et si proche à la fois. Nina a pourtant l'impression qu'en tendant ses bras elle pourrait la toucher du bout de ses doigts fins. Elle se tourne en direction des Saintes-Marie-de-la-Mer, là où tout a commencé ..."

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Extrait de À la croisée des chemins ajouté par SandrianaGrey 2017-07-26T21:39:40+02:00

"... Nina s'approche de la porte d'entrée pour ne pas le perdre de vue. De là où elle se trouve, Nina entrevoit le jeune homme qui se dirige vers le bord de mer. Le galop du cheval perce le silence. Sa crinière couleur de sel flotte au vent. En observant ce beau Gitan plein de feu sur cette magnifique monture qui fend l'air avec la vivacité d'un éclair, Nina se demande lequel des deux est le plus libre de toute entrave.

Une belle légende raconte que le premier cheval de Camargue est un cadeau de Poséidon fait aux habitants du delta du Rhône pour les aider à se mesurer au grand taureau noir. Alors que Poséidon traversait son royaume sur un immense char tiré par neuf chevaux aussi immaculés que puissants, un humain nageât à sa rencontre, gémissant d’effroi. Le roi des mers, dont la patience n’était pas la plus grande vertu, abattît son trident d’or et d’argent et questionna ce visiteur qui troublait sa quiétude usuelle. L'homme révéla à Poséïdon qu'il était né entre les bras du Rhône, région qu’il affectionnait pour sa beauté et où le ciel, la terre et la mer se mêlent à parts égales. La faible créature confiât ensuite au Dieu des Mers la raison de sa venue dans le jardin divin. Il était la victime d’un infernal animal : un énorme taureau paré de longues cornes en forme de lyre et dont la robe noire semblait inspirer même les ténèbres. Le Grand roi des Océans, qui partageait avec Zeus, son aîné, l’amour des hommes, décidât alors d’accorder son aide au Camarguais afin qu’il puisse lutter contre son adversaire cornu. Il défît les liens du cheval de tête de son attelage. Puis, il considéra l’animal quelques instants et confiât à l’humain que c'était là son meilleur cheval et qu'il saurait devenir un allié irremplaçable pour lutter contre le taureau d’ébène à condition de le traiter comme un ami et de le chérir comme un frère depuis longtemps disparu. Il le prévînt également que cet animal était l’enfant des immensités de la mer et qu’il avait été mené par Dieu lui-même pendant de longues années. Ainsi, jamais il ne devrait le brider, afin qu’en le laissant libre de toute entrave il puisse venir humer à pleins naseaux ses origines marines et divines.

Après trois jours et trois nuits à amadouer le puissant animal, qui n’avait jusqu’alors jamais approché d’humains, l’homme monta sur son dos. Le corps meurtri par ces longues heures d’efforts, il se laissa guider par le cheval qui, plein d’intelligence, le menât jusqu’au taureau démoniaque. Inspiré par le trident du Dieu des Mers, il saisît un bâton à trois branches qu’il utilisât pour mâter le terrible animal. C’est depuis ce jour que l’on peut voir en Camargue des hommes armés de tridents monter de puissants chevaux aussi libres que la brise marine, fils de ce grand dieu de la mer et des océans.

Nina aperçoit au loin le jeune Gitan qui rejoint un groupe de personnes assis devant un feu de camp. Attirée par lui comme un aimant, Nina sort à son tour de la cabane pour se rapprocher de la mer quand sa jupe s'accroche à une branche d'un des tamaris dont les bosquets aux fleurs blanches et roses entourent la cabane..."

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Extrait de À la croisée des chemins ajouté par SandrianaGrey 2017-07-26T21:28:40+02:00

" ... Aujourd'hui, la Méditerranée est calme. Son eau ondule à peine, juste assez pour que les yeux qui la contemplent se souviennent qu'ils ne se trouvent pas face à une toile de maître mais bel et bien face à une des merveilles de la nature, une de ces merveilles qui n'appartient à aucun classement car l'homme ne l'a pas édifié alors que, pour notre plus grand malheur, il lui est si facile de la détruire. Nina est fascinée par l'immensité de ce tapis aux franges blanchâtres qui commence à se dérouler à ses pieds pour s'étendre à perte de vue. Elle se demande ce qui peut se passer en dessous des flots, dans les profondeurs de cette « mer au milieu des terres ».

Avant que la foule n'envahisse la plage, Nina ressent le besoin de plonger son esprit dans la tranquillité afin de se trouver en osmose avec ce paysage fédérateur de plénitude et d'évasion. La jeune femme décide donc de longer la plage de sable fin sans se retourner, laissant ses pas la guider loin du village, dans l'arrière pays, là où le touriste se laisse éprendre par la beauté sauvage de la Camargue, là où la nature est reine. Les effluves salines se répandent dans l'air. Le sable blond et fin est presque brûlant ; bien trop chaud pour la peau délicate de la jeune femme. Nina ôte ses tongs blanches et s'approche de l'eau. Sa fraîcheur est revigorante. Sa longue jupe blanche et évasée trempe dans l'écume blanche de l'eau qui lèche ses pieds nus. Elle laisse son regard naviguer et se perdre au loin sur cette ligne bleue interminable. Ses pensées se noient dans cette immensité. Le temps semble être suspendu et les lois universelles de l'univers abolies. Nina se sent complètement apaisée, hors d'atteinte des aléas de la vie quotidienne. Telle une plume qui virevolte avec légèreté, la silhouette gracile de la jeune femme traverse ce doux paysage sans le bousculer. Ses cheveux raides châtains foncés dont les pointes caressent la cambrure de son dos suggèrent la sensualité d'une jeune femme alors que sa frange,qui balaie effrontément le front de son visage aux traits fins, laisse la signature d'une enfant qui n'a pas encore totalement disparue ..."

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