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Commentaire ajouté par wilkymay 2018-02-09T23:14:22+01:00
Or

4/5

Lire ma review : https://www.wilkymay.com/article/livres/468/chronique/a-river-in-darkness-one-man-s-escape-from-north-korea-de-masaji-ishikawa

"I was going to escape, or die trying."

Je suis largement sortie de mes habitudes avec ce livre, mais ça en valait la peine. Je pense que c’est bien d’innover de temps en temps, ça change des livres YA fantasy/science-fiction que j’aime tant, héhé.

En effet, A River in Darkness est vraiment tout le contraire de cela. Il s’agit d’un mémoire. L’auteur y parle de sa vie en Corée du Nord et de son évasion au Japon. Un témoignage déchirant sur les conditions de vie impossibles dans un pays connu pour son régime totalitaire et son territoire ultra militarisé.

J’étais curieuse à propos de ce livre parce que je ne connaissais rien de la Corée du Nord à part ces deux faits. Je n’en connaissais que la surface, rien de concret, et je voulais donc en savoir plus sur la vie réelle des gens qui habitent dans ce pays. Je dois dire que j’ai été horrifiée du début jusqu’à la fin. Sachant que les choses empiraient de pages en pages jusqu’à ce que le suicide ne soit la seule solution…

"And then she just laughed.

I hadn’t heard her laugh for ages. It was contagious. We all began to laugh together—until tears sprang to our eyes."

Un livre déprimant. Ça m’a juste rendu malade de lire à propos de toutes les atrocités que l’auteur a dû endurer. Je n’appelle pas ça vivre, j’appelle survivre. Et encore, c’était vraiment tout juste.

Mais je ne regrette pas, parce que ce livre m’a vraiment éclairée. Ça m’a permis de comprendre comment le gouvernement parvenait à réduire la population de basse classe en esclaves, les idéologies qui sont mis en œuvre, etc.

"I you suffer long enough, it almost becomes funny, and you can find yourself laughing at the most miserable situations. I guess it’s a kind of hysteria."

Aussi terrible que fut cette expérience, je suis contente d’avoir lu ce témoignage. L’histoire de l’auteur mérite tout simplement d’être reconnue. C’est un vrai battant, je ne peux que l’admirer.

"It took me thirty-six years to get home, but I finally did it."

Il a vécu pendant trente-six ans en Corée du Nord.

TRENTE. SIX. ANS.

Et dire que d’autres ont vécu toute leur vie dans cet affreux pays et qui n’ont rien connu d’autre que la misère et le lavage de cerveau. Je suis d’ailleurs certaine que c’est également encore le cas pour des tas d’autres personnes dans le monde entier, pas seulement en Corée du Nord.

"If you were dirty, you got told off for poor hygiene. But if you admitted you bathed frequently, you were equally told off, in this case for “Japanse decadence”. A usual, you couldn’t win."

Voici quelque random facts sur la réalité de la Corée du Nord : (à savoir que l’auteur faisait partie de la classe la plus basse, donc il a vécu dans les conditions les plus extrêmes)

• Les gens meurent littéralement de faim. Il n’est pas rare de retrouver des corps dans les rues.

• On entend des rumeurs de cannibalisme à un certain point.

• Ils vivent dans des conditions insalubres. L’auteur a notamment perdu sa maison et a dû la reconstruire lui-même. Seul.

"Ever since coming to North Korea, I had experienced only cruelty, starvation, and despair. I was done with people."

• Ils travaillent d’arrache-pied. Parfois jusqu’à la tombée de la nuit, sans repos. Mais ils ne gagnent jamais plus que ce qui leur est imposé.

• Zéro liberté de penser. S’ils se mettent à penser ne serait-ce que la moindre petite chose de travers, ils sont exécutés ou envoyés dans des camps de concentration.

"We’d brought some dangerous items with us from Japan when me moved—things like bycicles and electrical appliances and half-decent clothes. What if the local villagers came to realize that their standard of living was pitiful? Worse still, what would happen if they got wind of the concept of free thought from us?"

• Ils n’ont aucune opportunité dans la vie. Ils ne peuvent espérer s’élever dans la société. L’auteur était très bon à l’école et voulait aller à l’université pour sauver sa famille, mais ce n’était pas autorisé.

• On ne peut que compter sur soi-même et sa famille. Les voisins ne peuvent pas aider leurs prochains car ils ont à peine de quoi vivre eux-mêmes. Chacun pour soi.

• Les gens sont déshumanisés.

• Ils possèdent tellement MOINS que rien, qu’ils doivent se vendre de la pire des façons :

"Apparently, when she said she was going to her grandmother’s house, she was really going to a blood-transfusion station in Hamhung City. She sold her blood to buy the rice."

• La propagande est PARTOUT.

• L’un des seuls vrais plaisir dans la vie de l’auteur, c’était conduire un putain de tracteur.

"They didn’t understand that driving that tractor was the only freedom I had, my only respite from the orders and insults that assaulted us day in and day out."

Mais l’auteur est tellement fort et optimiste. Ça m’a juste brisé le cœur. Même lorsque tout semble perdu, il continue à avancer. On le voit tout de même tomber dans une grande dépression jusqu’à sa tentative de suicide. Il met toute sa volonté au service de sa famille qu’il veut à tout prix aider. C’est trop beau.

Ce livre était difficile à lire en termes de contenu, mais la plume de l’auteur était en réalité hyper belle et fluide. J’ai été agréablement surprise par cet aspect car je ne m’attendais pas à ce qu’un mémoire se lise aussi facilement, comme une vraie histoire. Je n’ai pas vraiment de référence, mais je m’attendais à quelque chose de peut-être plus formel, ou je ne sais pas, mais pas à ça, ahah. Et c’était la meilleure chose qui soit. Ça rendait ce livre encore plus prenant et touchant.

"Some people lead a painful life full of nothing but sorrow. I should know."

Une seule chose m’a un peu agacée : c’est le fait que l’auteur fasse autant d’enfants ! Bon, je ne vais pas non plus critiquer sa vie, je pense qu’il a déjà assez souffert comme ça, mais tout de même. Il répétait sans cesse qu’il détestait penser que ses enfants allaient vivre dans une telle vie de misère, qu’il n’avait rien pour les nourrir ou pour s’en occuper. Il devait carrément aller demander à ses voisins pour les allaiter. BREF. Je vais dire ça au hasard, mais ne serait-il pas plus simple de… hummm… je ne sais pas, ARRÊTER DE FAIRE ENFANTS??? À quel point cela peut-il être difficile de rester loin de sa femme ??? Ahlala, il y a des choses que je ne comprendrai jamais.

À part ça, c’était vraiment une lecture qui me restera encore longtemps. J’ai vu de nombreuses controverses à propos de ce livre, comme quoi peut-être que ce livre était une œuvre de fiction ? Je peux comprendre que l’on puisse penser cela mais honnêtement, je ne suis sûre de rien. Je n’ai ni envie que ce soit la vérité, ni que ce soit un mensonge parce qu’aucun de ces cas ne valent mieux que l’autre.

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