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Commentaire ajouté par Jean-Daniel21 2022-08-05T23:36:25+02:00
Argent

Prix Goncourt 2012 avec « le Sermon sur la chute de Rome », Jérôme Ferrari propose un roman sur la violence et les rapports entre la réalité et la photographie.

« A son image » est construit autour des étapes de la messe des funérailles d'Antonia, une jeune femme corse dont la voiture est tombée dans un ravin en août 2003. C'est son oncle, parrain et prêtre, qui se charge de célébrer ses obsèques, entre peine et souvenirs. Il lui a offert son premier appareil photo lors de ses quatorze ans. Alors que sa foi vacille sous le chagrin, c'est l'occasion de revenir sur la vie d'Antonia, celle d'une reporter-photographe de presse locale, compagne d'un militant nationaliste corse, partie couvrir la guerre de l'ex-Yougoslavie et ses massacres car usée et frustrée d'être cantonnée à sa couverture des fêtes locales, d'immortaliser les incendies de forêts ou accablée par l'envers du décor du FNLC, son terrorisme et ses batailles d'ego sanglantes, et de voir ses amis militants se déchirer. Toutefois elle ne divulguera jamais ses reportages construits à partir d'images de guerre.

Jérôme Ferrari documente son roman d'une iconographie sans images, confiant leur reproduction au pouvoir des mots. Il interroge sur la pertinence et le message de la photographie de guerre. Alors même qu'une photographie est la trace sensible d'un instant éphémère, celui qui la regarde ajoute toujours son interprétation et tente de donner un sens, fréquemment en se trompant. Antonia cherche à lever ses incertitudes sur son propre talent et se retrouve toujours un peu décalée face à l'évènement car elle s'interroge sur la fonction et l'utilité du photoreportage de guerre et le risque de voyeurisme qu'il peut entrainer. Il est difficile de déterminer la limite entre une image « honnête et une image « obscène », entre ce qui reste futile et ce qui est insupportable.

La thématique religieuse est très forte, alors que Jérôme Ferrari affirme ne pas être croyant, il adopte une « écriture croyante », comme l'appelait le prêtre philosophe Michel de Certeau, et accorde une grande importance au thème de la représentation du réel. Son personnage principal est une photographe et le titre du livre renvoie à ce Dieu qui, pour les chrétiens, a créé l'homme à son image.

Ce roman puissant, et à la construction originale, nous donne l'occasion de nous poser des questions sur le pouvoir de l'image, alors que celle-ci s'affiche partout, régulièrement détournée. Peut-on tout montrer, tout représenter, au prétexte que c'est notre liberté qui est en jeu ?

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Commentaire ajouté par rabanne73 2021-11-14T15:27:22+01:00
Or

Lu en 2019. Un roman exigeant, à l'image de la plume de l'auteur, exigeante. Une écriture imposante dans sa force, comme un bien nécessaire. Comme pour le "Le sermon sur la chute de Rome", j'étais sortie de ma lecture subjuguée, envahie par tant de sentiments mêlés.

C'est un récit qui parle d'identité, de tradition, de combat, d'abandon, de culpabilité, de liberté et de mort. L'image, comme un "reflet de soi", est au coeur de ce roman, au centre de nos questionnements humains, intimes et universels : foi, doutes, justice, impunité, résignation, impuissance...

Spoiler(cliquez pour révéler) Les chapitres se déclinent autour d'un enterrement, celui d'Antonia, une femme d'origine corse, fauchée brutalement à l'âge de 38 ans. L'on assiste à son interminable oraison funèbre, que son oncle de prêtre n'est pas prêt d'expédier facilement. Antonia est dans l'esprit de toute l'assistance, mais pas forcément dans le coeur de chacun... Par son poids et son impact, l'image est au centre de ce récit, à travers la passion de l'héroïne pour la photographie dès son adolescence. De la photo familiale au reportage de guerre, de l'individuel au collectif, de l'esthétisme à la séduction, du trucage au détournement, c'est toute une interrogation sur notre monde qui se pose : son humanisme et sa loyauté n'ayant d'égal que sa violence et son obscénité (son "péché", dit le parrain-prêtre).

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Commentaire ajouté par Steph_P 2021-11-10T12:51:50+01:00
Bronze

Ce roman prend pour prétexte l'histoire d'Antonia, jeune femme corse qui grandit au coeur d'un village, en pleine expansion du FLNC, afin de dérouler une histoire de la photographie.

C'est son parrain qui lui offre son premier appareil photo, et elle se prend de passion pour cet art, au point d'en faire son métier.

Je n'ai pas accroché au style, les phrases sans fin, et les digressions historiques ne m'ont pas enthousiasmée, et pourtant, ce roman avait tout pour me plaire sur le papier.

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Commentaire ajouté par Berna139 2021-10-15T10:09:31+02:00
Or

L'héroïne possède un regard sur la futilité de la vie, sur le désastre de la vie et la fragilité de l'homme qui s'exprime à travers ses photos, qui font écho à d'autres prises à d'autres époques et dans d'autres lieux. Elle interrogent sur le rapport entre l'œuvre et la mort ou à travers son décès accidentel, entre la vie et la mort. C'est une réflexion quasi philosophique sur le sens de la vie auquel nous invite l'auteur qui n'épargne pas au passage le FLNC de son île natale.

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Commentaire ajouté par TIBERE48 2020-05-29T18:44:53+02:00
Lu aussi

Le mélange des époques me perturbent toujours un peu.

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Commentaire ajouté par Plassans 2020-03-24T00:18:08+01:00
Argent

Texte ciselé, rythme magnifique. Jerome Ferrari fait preuve d’un immense talent et fait vivre les images.au cours d’une messe de funérailles qu’il a accepté de présider, un prêtre évoque le souvenir de la défunte, sa nièce, décédée accidentellement. Où il est question de photographie, de journalisme, de guerre, de deuil, du temps et de mélancolie. Le style est lumineux. L’idée de faire progresser le récit avec l’office des morts est remarquable et permet une réflexion croisée qui mélange art de la photographie, conceptions religieuses, et réalité, parfois violente et cruelle, de la mort. C'est beau mais un peu ennuyeux ,il faut s'accrocher pour aller jusqu'au bout. Vraiment belle écriture plutôt pour spécialiste !!!

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Commentaire ajouté par TralilouLit 2020-03-03T19:37:40+01:00
Argent

C'est un roman qui parle d'image, de photographie, de réalité, de mort. Avec une réflexion sur le rôle du photographe face à l'horreur et l'absurdité du monde. ​​​​​​

Ça n'a pas été facile à lire, l'écriture de Jérôme Ferrari était assez exigeante, faite de longues phrases, mais je me suis accrochée.

Le personnage d'Antonia a fait écho en moi et son parrain m'a touchée.

Ce n'est pas un coup de cœur mais je vous conseille ce très beau roman !

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Commentaire ajouté par pujols 2019-04-22T21:10:52+02:00
Or

Ils sont plusieurs hommes à répondre présents pour honorer la mémoire de cette fille pas comme les autres. A commencer par le prêtre chargé de célébrer les obsèques de celle qu’il portait dans ses bras lors de son baptême, choisi pour être son parrain alors qu’il ne croyait pas encore en Dieu. C’est lui qui avait offert à sa filleule son premier appareil photo, l’année de ses 14 ans, déclenchant sa vocation de capteuse d’images, experte pour immortaliser les incendies de forêt, les règlements de compte corses ou la guerre en ex-Yougoslavie. Le roman suit la messe des funérailles de cette photographe incapable de s’accorder du temps, donc de se poser pour se regarder au fond des yeux.

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Commentaire ajouté par passiondulivre88 2019-04-19T10:41:06+02:00
Bronze

Adepte de la photographie, j'ai été attiré par la quatrième de couverture évoquant le destin tragique d'Antonia, photographe corse. Le livre est finement construit, avec une succession de pans de la courte vie de l'héroïne et de faits historiques immortalisés par un cliché. Autant d'images accrochées au fil rouge que constitue la cérémonie des obsèques menée par le parrain prêtre. Sont évoqués notamment la finalité de la photographie, les conflits, les relations amoureuses (difficiles), les querelles intestines dans les rangs nationalistes corses. Lecture plaisante.

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Commentaire ajouté par dacotine 2018-11-26T19:43:46+01:00
Pas apprécié

Le début du roman m' emballé ...la fin de la vie d'Antonia , son accident et son enterrement...mais je me suis ennuyée sur les considérations sur les images, les photos des uns et des autres, les souvenirs …

L'idée initiale : un roman qui rend hommage au personnage principal qui vient de mourir, et qui part de cet évènement pour raconter la vie de la disparue m'a plutôt plu.

Je pense que ce sont les descriptions de ces photos qui m'ont lassée et ces considérations sur les images lors de la vie. Bref cela m'arrive peu, mais j'ai abandonné...Ce n'était peut être pas le bon moment pour moi.

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