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- Il mâchonnait la peau de son poignet, indiqua SIRS sur le ton de la conversation, comme s'il discutait de la neige qui tombait à l'extérieur. J'ai envisagé de l'arrêter, mais je me suis dit qu'il valait mieux observer ce qu'il faisait. Il semblerait qu'il ait voulu répondre à ta question. Quelle créature étrange. Oh comme ces petites bizarreries humaines m'ont manqué ! Les fous ! Les malades mentaux ! Les déséquilibrés ! Comme ils m'avaient manqué.

Le robot éclata de rire.

Des mots avaient été tracés sur le mur de béton, en lettres de sang encore frais. Les traits étaient hésitants et enfantins. Cavalo les lut à mi-voix, et au plus pronfond des abeilles, là où gisaient ses dernières bribes de raison, il sentit un autre élastique se briser, aussi nettement que possible. Il le sentit à peine partir. Cela lui semblait plus simple, à présent.

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Lucas ! grondaient les abeilles. Je suis Lucas !

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Combien de fois au cours de ces dernières années avait-il rêvé de son fils ? Combien de fois avait-il été assez près de lui pour tendre la main et le toucher ? Cette fois-là était différente, aucun doute là-dessus. Cette fois-là semblait plus réelle. Le côté rationnel de Cavalo (car il en avait toujours un, en dépit de sa petitesse, en dépit de sa ressemblance avec les abeilles) tenta de lui dire que ce n'était pas réel, que c'était juste un rêve, que ce n'étaient que les élastiques qui se brisaient, et n'était-ce pas tout bonnement alarmant ? N'était-ce pas tout bonnement fou qu'ils soient si faciles à briser ?

Mais ce côté de Cavalo était petit, en effet, et perdu dans la tempête qui faisait rage au-dessus et à l'intérieur de sa tête.

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Et au-dessus de lui, au-dessus de cet homme qui avait succombé à une mort innommable, se tenait le Dead Rabbit. Le garçon.

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Je suis Lucas.
Il se tenait au-dessus de Donovan, les pieds plantés de chaque côté de son corps. Il tenait dans l’une de ses mains un long morceau de bois pointu, recouvert de chair. Son autre main était ensanglantée. Des marques de griffures parsemaient son visage et ses mains là où Donovan avait tenté de se défendre. Sa poitrine se soulevait. Il avait la tête penchée.

Ce fut alors que Cavalo croisa ses yeux noirs. Ils se rivèrent aux siens. Il put y voir de la fureur. Il put y voir de la démence. Il put y voir des monstres. Et l’horreur. Et la mort. Seulement la mort.

Pour la première fois depuis bien longtemps, la fascination surpassa la peur. Il ne put la réprimer, qu’importe combien il essaya.

Personne ne bougea.

Personne ne parla.

Puis :

Le Dead Rabbit

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(Lucas, songea Cavalo, Lucas) leva la main, sans jamais détourner les yeux de Cavalo. Il pointa le bout de bois ensanglanté en direction de Bad Dog. Puis vers SIRS. Puis vers Cavalo, sur lequel il s’attarda. Il tendit les lèvres et imita le son des abeilles. Il désigna sa propre tête.

Vous avez tous des abeilles dans votre tête, l’entendit-il dire Cavalo.

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Lucas tourna le morceau de bois vers lui-même et imita à nouveau le son des abeilles. Il tapota sa tête. J’ai des abeilles dans la tête, moi aussi, dit-il. Il grimaça. Elles font mal.

Il désigna Cavalo. Puis lui-même. Puis Bad Dog. Lui-même. SIRS. Lui-même.

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