Shigeru Mizuki s’est éteint, une page de l’histoire du manga se tourne

Shigeru Mizuki s’est éteint ce lundi à l’âge de 93 ans. Cette figure vénérée du manga japonais est pourtant encore méconnue en occident, du fait des traductions tardives de ses œuvres. Retour sur l’œuvre de ce grand homme.

 
Shigeru MizukiNé en 1922, Shigeru Mizuki (de son vrai nom Shigeru Mura) perd son bras gauche pendant la seconde guerre mondiale dans laquelle il est enrôlé. Il réapprend à dessiner du bras droit à la fin de la guerre et ses premières séries sortent à la fin des années 1950, dont la plus célèbre reste encore à ce jour Kitaro le repoussant qui popularisera la figure des yōkai, créatures du folklore japonais. Pendant les années 1960, dedié au fantastique et au folklorique, Shigeru Mizuki participe au magazine Garo, magazine avant-gardiste et underground ayant marqué la naissance du manga d’auteur (et s’illustrant dans des genres très singuliers comme l’abstrait, le surréalisme, ou l’ero-guro proche des mouvements punks).

 
Sa carrière prendra une teinte plus personnelle et les thématiques de l’horreur de la guerre qu’il a vécu traverseront sa bibliographie : notons, entre autres, une biographie d’Adolf Hitler, à laquelle succèdera une œuvre profondément antimilitariste parue sous le titre français Opération Mort et qui, traduit littéralement, donne le pessimiste « Tout le monde doit combattre jusqu’à la mort ».

 
NonNonBâLe festival d’Angoulême récompensera en 2007 l’un des mangakas les plus distingués du japon : le prix du meilleur album lui est remis pour NonNonBâ, parut au japon en 1977, qui est un recueil d’histoires de yōkai largement inspiré de son enfance.

 
Son autobiographie complète (intitulée Vie de Mizuki) est par ailleurs, selon Le Monde, l’objet des éloges de Riad Sattouf, l’auteur de L’Arabe du futur, grand amateur d’autobiographies en bande dessinée, qu’il qualifie de « chef d’œuvre ».

 
Bien que n’étant plus actif ces dernières années, Shigeru Mizuki restait un auteur majeur pour le manga japonais. Avec sa mort, c’est une page du manga qui se tourne, celle directement héritière de la seconde guerre mondiale et qui a participé à la reconstruction et au renouveau artistique du pays.

 
Si on ne vous conseille que trop La vie de Mizuki, Opération Mort et NonNonBâ, nous vous conseillons également de surveiller les traductions françaises : depuis 2006 au moins une de ses œuvres est traduite et publiée tous les ans, et d’autres sont certainement à venir !

 

 

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