Le Prix Femina 2015 : La cache de Boltanski, un livre hors du commun

 

Cette année, le jury du Prix Femina a décidé d’accorder son prix à un livre assez particulier : La cache de Christophe Boltanski.

 

La cache de Boltanski femina 2015Premier roman, histoire familiale, scènes de vie, on peut dire beaucoup de choses de ce livre.

 

Segmenté en de minis chapitres qui comportent chacun des tranches de vie de la famille de l’auteur : c’est un livre gruyère. Une succession de nouvelles plutôt qu’un roman. Construit avec une logique assez chronologique tout de même c’est un livre que l’on peut lire comme une histoire continue.

 

La forme originale est quelque peu gâchée par un aspect autobiographique parfois banal, avec trop de quotidien.

 

 

Extrait (début du livre) :

 

Je ne les ai jamais vus sortir à pied seuls ou même de conserve. Accomplir cet acte tout simple qui consiste à déambuler le long d’un trottoir. Ils ne s’aventuraient hors de la maison que motorisés. Assis, l’un contre l’autre, à l’abri d’une carrosserie, derrière un blindage, même léger. Dans Paris, ils circulaient à bord d’une Fiat 500 Lusso, de couleur blanche. Une voiture simple, maniable, rassurante, à leur échelle, avec sa rotondité, sa taille naine, son compteur de vitesse gradué jusqu’à 120 km/h, son moteur bicylindre à l’arrière qui produisait un râle, un toug-toug de vieux canot crachotant. Ils la garaient dans la cour pavée, face au portail, prête à partir, le long de l’aile principale, presque agglutinée au mur, comme la capsule de sauvetage d’une fusée. Sa portière avant droite tournée invariablement vers l’entrée de la cuisine. Pour l’atteindre, ils n’avaient qu’un petit escalier en pierre à franchir. Afin de faciliter la descente, un degré supplémentaire avait été taillé dans une portion de marche, à mi-hauteur. Une fois en bas, il ne leur restait qu’à plonger à l’intérieur de l’habitacle, en s’agrippant à la poignée. Ils n’abandonnaient personne derrière eux. Nous partions tous ensemble. Elle, au volant. Lui, à côté d’elle. Jean-Élie, Anne et moi, entassés sur la banquette arrière.

 

C’est cependant le parti pris de l’auteur, et c’est au fil des pages que l’on saisit l’intérêt narratif du roman. En effet, l’histoire de la famille, qui est juive, va peu à peu s’enchevêtrer avec l’histoire du pays au fur et à mesure que les années 30 avancent, que la guerre apparaît et que la persécution des juifs s’intensifie.

 
L’auteur manie habillement le personnel en corrélation avec le temporel et arrive parfois à nous toucher avec la dimension dramatique de l’histoire qui s’emballe.

 

Le roman a été un peu compliqué à lire et je vous conseille fortement de le feuilleter un peu chez votre libraire pour voir le potentiel de séduction que cette famille a sur vous.

 

Ce que nous avons préféré :

– L’univers et l’intrigue : 6/10

– Les personnages : 5/10

– Le style : 5.5/10

 

Où lire (ou ne pas lire) ce livre : Dans vos transports en commun ou en salle d’attente, idéal à lire par petits bouts.

 

 

Quand lire (ou ne pas lire) ce livre : A éviter pour une longue journée de lecture, votre cerveau risque la surchauffe. Pas non plus au milieu d’une matinée en famille, un risque d’agoraphobie risque de poindre. A lire en toute circonstance ou vous avez peu de temps pour lire, parfait entre 2 activités.

 

Pour accompagner votre lecture : De la bonne musique rétro pour vous mettre dans le climat, pourquoi pas du Charles Trenet.

 

 

A qui prêter / offrir (ou pas) ce livre : A vos grands parents pour les replonger dans une France d’avant, dans ses aspects sombres comme lègers.

 

 

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