Evénement : Oscar Wilde joue les impertinents au Petit Palais

Oscar Wilde

Il aura fallu attendre plus d’un siècle après la mort d’Oscar Wilde en 1900 pour que la France lui consacre une rétrospective. Après les deux grandes expositions organisées à Londres en 2000 pour célébrer le centenaire de la mort de l’écrivain, c’est désormais au tour du Petit Palais de proposer au public de revisiter la vie de ce génie de la littérature.

Pour ce portrait de celui qu’on se plaît à qualifier d’original, d’impertinent voire d’excentrique, les commissaires de l’exposition ont pensé un espace chronologique, chaque salle retraçant dans l’ordre les périodes marquantes de la vie d’Oscar Wilde. De sa naissance en 1854 à Dublin à sa mort à Paris en 1900 en passant par ses débuts dans la critique d’art, son expérience américaine, ses années en France et son exil, c’est à travers des effets personnels, des portraits, des tableaux, des livres, des photographies et même de nombreuses caricatures que Oscar Wilde, l’impertinent absolu – c’est le titre de l’exposition – explore la vie de l’auteur du Portrait de Dorian Gray.

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La Nuit et le Sommeil de Evelyn Pickering De Morgan

Une première salle sur les années de formation de l’écrivain permet de poser le décor et de souligner l’intérêt déjà prononcé d’Oscar Wilde pour l’histoire ancienne et tout particulièrement pour la Grèce antique. Pendant qu’il exerce comme critique d’art, il ne cache d’ailleurs pas ce goût de l’Antiquité et des peintres préraphaélites, qu’il couvre souvent d’éloges. Certaines toiles de George Frederic Watts, William Blake Richmond, John roddam Spencer Stanhope ou encore Evelyn Pickering De Morgan sont exposées, témoignant ainsi des préférences de l’écrivain en matière de peinture. Mais si l’on se plaît à contempler les œuvres qu’il admire, on découvre aussi ce qu’il aime moins, comme le repas champêtre de James Tissot, qu’il juge trop « photographique ».

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Portrait d’Oscar Wilde par Napoleon Sarony

Ses débuts dans le milieu de l’art marquent le préambule d’une vie mondaine intense. En plus de côtoyer certains peintres courus, on apprend l’admiration de l’écrivain pour certaines femmes de son époque comme la reine Victoria, la célèbre actrice Sarah Bernhardt, ou encore Lillie Langtry, une actrice britannique connue entre autres pour sa grande beauté. Mais la réputation de dandy-star de l’écrivain croîtra surtout avec son voyage aux Etats-Unis en 1882. Il s’y distingue par son originalité et son raffinement, portant bas de soie, culottes courtes, vestes en velours et lavallières. Dans le même temps, Oscar Wilde parfait sa notoriété grâce à ses conférences, qui sont un succès et contribuent même à faire de lui une caution publicitaire pour des produits divers : gants, cigares ou même chapeaux. De nombreuses caricatures viennent également attester de cette période où l’écrivain est finalement autant raillé qu’adulé.

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La Récompense de la danseuse par Aubrey Beardsley

Viendront ensuite les années passées entre Paris et Londres, illustrées par des correspondances, des extraits de journaux intimes, des portraits familiaux et mondains. C’est l’époque où Oscar Wilde rencontre Victor Hugo, Paul Bourget, Paul Verlaine et Stéphane Mallarmé qu’il admire par dessus tout. Avec la multiplication de ses succès et l’accroissement de son cercle d’influence, il est considéré, entre 1883 et 1889, comme l’un des conférenciers, écrivains et journalistes les plus en vue. Une notoriété renforcée par la publication de la première version du Portrait de Dorian Gray en 1890, la création à Londres de la comédie L’Importance d’être constant, et l’écriture de la pièce de théâtre Saloméqui ne sera jouée qu’après la mort d’Oscar Wilde, mais dont on retrouve les illustrations signées Aubrey Beardsley.

En 1895, le père d’Alfred Douglas, amant d’Oscar Wilde poursuit l’écrivain en justice en raison de ses penchants homosexuels. Au terme du procès qui lui est infligé, Oscar Wilde est arrêté pour outrage à la pudeur et condamné à deux ans de travaux forcés. Là, il écrit à Alfred Douglas une longue lettre qui sera publiée sous le titre De Profundis. A sa sortie de prison, il revoit brièvement son ancien amant avant de retourner à Paris en 1898, où il mourra deux ans plus tard des suites d’une méningite.

Vous l’aurez compris, on traverse finalement la vie d’Oscar Wilde comme un roman, passionnant, que vous pourrez découvrir jusqu’au 15 janvier 2017 au Petit Palais. Pour plus de renseignements et d’infos pratiques, vous pouvez cliquer juste ici. Bonne visite à tous !

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