Découverte : Bienvenue dans la bibliothèque la plus chère du monde

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Tapisseries, boiseries précieuses, fauteuils en cuir, maquettes, sculptures, ambiance feutrée et livres rares, voilà un écrin qui ferait pâlir de bonheur n’importe quel lecteur ou collectionneur. Mais pour accéder au décor et aux ouvrages de la Book Capella de Saint-Pétersbourg, les places sont chères. Il faut en effet compter pas moins de 7000 roubles par visiteur pour quatre heures de visite, ce qui correspond à 115 euros. Un tarif exorbitant qui fait de l’enseigne, ouverte en décembre dernier, la bibliothèque la plus chère au monde.

Des livres prestigieux plus abordables qu’un ballet

Les livres de cette bibliothèque valent-ils au moins le coup (ou peut-être devrions-nous plutôt dire le « coût ») ? Ce qui est certain, c’est que leur description donne plutôt envie. L’article du Guardian consacré à la Book Capella mentionne une collection de 5000 ouvrages rares, tous publiés par la prestigieuse maison d’édition russe Alfaret, d’ailleurs propriétaire de la bibliothèque. Le coût moyen de chaque livre présenté se situe entre 470 et 825 euros. Les plus anciens d’entre eux datent du XVIe siècle ; les plus récents du XIXe. La collection de la bibliothèque présente entre autres des fac-similés et manuscrits d’atlas du XVIIIe siècle, ainsi que l’édition complète des numéros du Niva, le magazine le plus populaire de la Russie du XIXe siècle.

Si Irina Khoteshova, la coordinatrice du projet, admet volontiers que le prix d’entrée par visiteur n’est pas un prix bas, elle ajoute cependant que les tarifs pratiqués restent inférieurs à la somme dont doit s’acquitter un spectateur pour admirer un opéra ou un ballet. « Ce qui surprend les gens, ajoute-t-elle, ce n’est pas tant le prix d’accès en lui-même, mais plutôt le fait que ce prix corresponde à la visite d’une bibliothèque. »

Book Capella 1

Anti-modèle absolu de la culture pour tous

Ce positionnement exclusif et assumé semble finalement à la mesure de la clientèle que souhaite attirer l’établissement. Et les universitaires ne sont pas prioritaires sur la liste des membres potentiels de la bibliothèque, leur niveau de vie étant trop bas pour les tarifs pratiqués. La fréquentation de la bibliothèque se limite alors à certains collectionneurs et historiens plus chanceux, mais aussi à des hommes d’affaires. En outre, les membres de l’apparatchik font partie de la cible qu’aimeraient attirer à l’avenir les propriétaires des lieux.

Au pays des tsars et du Bolchoï, peu importe le prix pourvu que l’on ait l’exclusivité et l’apparat. La bibliothèque est finalement à l’image de la maison d’édition Alfaret, davantage réservée à une clientèle de pouvoir et d’argent qu’à un public féru de culture et de savoir. Les livres édités sont tirés à une centaine d’exemplaires seulement et certains ne sont vendables que sur demande. Si l’écrin fait rêver, il se peut donc que le concept laisse amers bien des lecteurs. « J’ai toujours imaginé le paradis comme une sorte de bibliothèque » écrivait Jorge Luis Borges. Espérons qu’il ne ressemble pas à celle-ci.

Source principale : The Guardian

Source images : capellabook.ru

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