Hommage : Victor Hugo à l’honneur pour les Misérables

Aujourd’hui, comme souvent, Google a décidé de mettre à l’honneur une personne, et un moment de l’histoire.

Cette fois-ci ce n’est pas juste quelqu’un d’illustre, mais un des plus grands auteurs de tous les temps : Victor Hugo.

Victor mis à l'honneur pour l'anniversaire des Misérables

La date du 30 Juin n’est pas anodine, puisque c’est le 30 Juin 1862 que les derniers tomes des Misérables sont parus.

Pour Hugo cette oeuvre n’est pas juste de la littérature, mais l’expression de sa lutte en faveur des plus déshérités. Celle lutte l’a guidé de longues années, et beaucoup de ses écrits et discours ont été largement relayés.  Dans la presse de l’époque bien entendu, mais souvent depuis, ce qui n’a fait que faire grandir son aura.

Hommage aux Misérables de Victor Hugo

Dans cet hommage, Google a décidé de ne pas s’arrêter au simple anniversaire du jour. Il a aussi mis à l’honneur 2 des œuvres les plus emblématiques de l’auteur.

Il s’agit de Notre-Dame de Paris avec Esmeralda en fond et Les contemplations avec un dessin à l’esprit bucolique.

Hommage au Notre Dame de Victor Hugo

 

Hommage aux contemplations de Victor Hugo

 

Pour rendre hommage à Victor Hugo et ses mots à notre manière on a trouvé pour vous un de ses textes.

Il s’agit d’un extrait du Discours sur les caves de Lille de 1851. Sa grande plume et son indignation se mêlent dans ce texte :

Figurez-vous ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut donner l’idée ; figurez-vous ces cours qu’ils appellent des courettes, resserrées entre de hautes masures, sombres, humides, glaciales, méphitiques, pleines de miasmes stagnants, encombrées d’immondices, les fosses d’aisance à côté des puits !

Hé mon Dieu ! ce n’est pas le moment de chercher des délicatesses de langage !
Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines. Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, jusqu’à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné

Je demandais à une femme de la rue du Bois-Saint-Sauveur : pourquoi n’ouvrez-vous pas les fenêtres ? – elle m’a répondu : – parce que les châssis sont pourris et qu’ils nous resteraient dans les mains. J’ai insisté : – vous ne les ouvrez-donc jamais ? – Jamais, monsieur !

Figurez-vous la population maladive et étiolée, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu’on prend pour des enfants, de jeunes mères qu’on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme, une indigence inouïe, des haillons partout, on m’a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d’oreilles d’argent !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d’heures de sommeil, le travail de l’homme, le travail de la femme, le travail de l’âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l’enfance, le travail de l’infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants dont l’un est mort et l’autre va mourir, et ce filetier phtisique agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour ! Figurez-vous tout cela et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez…

Ah ! Vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules, et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains, les plaies, les plaies saignantes de ce Christ qu’on appelle le peuple !

Hommage appuyé à Victor Hugo

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