Paroles de lecteur #4 : Curiosité et hétéroclisme avec Jukebox_fr !

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Après être parties en vacances durant le mois d’août, les Paroles de lecteur reviennent en cette fin de septembre pour nous faire voyager dans un nouvel univers livresque ! Inscrite sur le site depuis le 3 novembre 2014, Jukebox_fr fêtera bientôt ses quatre ans parmi nous. Du haut de ses 36 ans, elle est actuellement en reconversion professionnelle après avoir été responsable marketing et communication dans la grande distribution. Curieuse, elle prend soin de s’ouvrir à tout type de livres, ce qui fait de sa bibliothèque un univers littéraires très varié ! Sans plus attendre, découvrez ses paroles de lectrice.

 

Quel est ton genre de prédilection ?
Mangas Diamant Jukebox

Pendant très longtemps j’ai lu majoritairement des mangas car le format de lecture court correspondait tout à fait au maigre temps que ma scolarité et mes projets d’études me permettaient d’y consacrer, tout en stimulant ma créativité puisque j’ai appris à dessiner en observant les réalisations de mes mangaka favoris.
C’est en rentrant dans le monde du travail que j’ai recommencé à lire des romans de façon régulière. J’ai rapidement constaté que j’avais besoin de lectures qui me permettent d’ouvrir les soupapes pour relâcher le stress et la pression, mais qui favorisent aussi l’évasion en apportant le piment dont le quotidien pouvait parfois manquer. Naturellement, je me suis tournée vers la chick-lit (Helen Fielding, Sophie Kinsella, Elizabeth Young) dont les sujets me parlaient à ce moment de ma vie et dont la légèreté garantie répondait totalement à mes premières attentes, tandis que parallèlement j’entrais sans le savoir dans l’univers de la fantasy par la porte de la fantasy urbaineHarry Potter m’avait déjà entraînée une première fois et où tout le phénomène Bit-lit m’y a gardé (Mercy Thompson, Kate Daniels, La Communauté du sud).
Que ce soit les quelques romans lus durant mon adolescence (Le seigneur des anneaux, Fahrenheit 451, Hannibal Lecter) ou tous les mangas que j’ai pu lire jusque là, je ne me suis jamais vraiment souciée de savoir à quel genre ils appartenaient. C’est peut-être pour ça que ma bibliothèque est aussi hétéroclite, elle reflète mon désir de rester curieuse et garder l’esprit ouvert. Mais je constate tout de même une nette inclinaison vers les genres de l’imaginaire.

 

Fais-nous découvrir ta bibliothèque ! Que s’y cache-t-il ?

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Elle est très variée. On y trouve aussi bien des livres graphiques comme des mangas, BD, comics, livres d’art, livres d’illustration… que des romans en format poche, broché ou relié. Mais le plus gros de mes romans (95%) est sous forme numérique. Je m’y suis mise il y a 7 ans et ça a radicalement changé ma façon de lire.
Depuis que je suis enfant les questions de budget loisir et de place de stockage ont été une préoccupation première, c’est pourquoi j’empruntais beaucoup à la bibliothèque ou à mon entourage lecteur (on faisait circuler les livres dans la famille et ma grand-mère était la plaque tournante de ce joyeux trafic. Depuis, trop âgée, elle m’a passé le flambeau). A l’adolescence je me suis mise à privilégier les formats poche pour les mêmes raisons et à l’âge adulte, j’ai commencé à acheter un peu d’occasion pour soulager un budget déjà très accaparé par la surmultiplication des titres manga. Le numérique est arrivé à point nommé dans mon équation problématique de pouvoir acheter plus avec toujours le même budget. Dorénavant je n’achète en papier que les livres que je ne peux me procurer autrement où ceux que je sais vouloir conserver, généralement dans une belle édition.
Le pire c’est que j’ai commencé à étendre cette façon de voir à mes lectures manga, un peu lassée de ne conserver durablement qu’un titre sur deux et beaucoup écœurée par la politique de réédition abusive en versions doubles, intégrales, deluxe, ultime,… de certains éditeurs qui prennent les lecteurs pour des vaches à lait.

 

les-malheurs-de-sophie-184344.jpgY-a-t’il un livre qui t’a amené à la lecture ?

C’est difficile à dire… Il y en a eu plusieurs qui ont contribué de façon équivalente à me faire aimer la lecture et toutes les possibilités qu’elle représente. Je sais que vraiment très jeune j’ai lu et relu Les malheurs de Sophie de La Comtesse de Ségur. J’en possédais une édition reliée et illustrée que je chérissais comme un trésor mais qui a été perdue au divorce de mes parents. Et Les quatre filles du Dr March a aussi eu un fort impact sur moi, j’y adorais le personnage de Jo (passionnée, cultivée, créative et de fort caractère) auquel je m’identifiais beaucoup. A l’adolescence, la lecture du Seigneur des anneaux de Tolkien et de Fahrenheit 451 de Ray Bradburry a été une vraie claque. C’est à ce moment que j’ai pris conscience du vrai pouvoir des livres, avec un imaginaire extraordinaire d’un côté et une réflexion sérieuse de l’autre.

 

Y-a-t-il une librairie ou une bibliothèque dont tu voudrais parler ?

Malheureusement, dans mon secteur toutes les librairies ont fermé tour à tour depuis très longtemps, mises à mal par l’ouverture d’une Fnac et le développement de l’e-commerce. Je dois me contenter de faire mes achats entre le rayon culturel du supermarché, les rayonnages de la Fnac et les boutiques en ligne. C’est très impersonnel, mais c’est toujours mieux que la vente par correspondance par laquelle je devais passer pour acheter mes manga quand j’étais adolescente !

 

Un livre ou un auteur à conseiller en particulier ?

le-golem-et-le-djinn-tome-1-834697.jpgMangas à découvrir JukeboxJe suis toujours étonnée du peu de lecteurs qu’affichent certains livres quand moi-même je les ai trouvés remarquables au point de vouloir les partager avec tout le monde.
Dernièrement, j’ai croisé le chemin de Le Golem et le Djinn de Helen Wecker (La femme d’argile et l’homme de feu dans sa récente version poche) un roman d’urban fantasy historique très bien fait se déroulant dans le New York du début XXème siècle, en plein boom migratoire.
De tels sorts arrivent très souvent à d’excellents mangas qui s’éloignent du marché mainstream et de fait ne bénéficient pas de la même couverture médiatique que les blockbuster à la mode. Des auteurs comme Yuki Urushibara (Mushishi, Underwater), Aki Irie (Le monde de Ran), Fumi Yoshinaga (Le pavillon des hommes), Kenji Tsuruta (Souvernirs d’Emanon, L’île errante), Takehiko Inoue (Vagabond, Real) peinent à trouver un public alors que paradoxalement ils proposent des œuvres on ne peut plus abouties qui n’ont pas à rougir face à celles des meilleurs romanciers de leur genre.

 

 

Le mot de la fin :

« Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. »

Jules Renard

 

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