L’écrivain chilien Luis Sepúlveda décède du Covid-19

Ce jeudi 16 avril 2020, la maison d’édition espagnole Tusquets Editores a annoncé dans un communiqué le décès de l’écrivain chilien Luis Sepúlveda des suites du Covid-19. L’auteur était hospitalisé en Espagne depuis fin février.

 
Oeuvre jeunesse Luis Sepulveda
 

De prisonnier à exilé

Né le 4 octobre 1948 à Ovalle, au Chili, Luis Sepúlveda affiche très tôt son militantisme, d’abord dans les jeunesses communistes, puis finalement dans le Parti socialiste. Cet engagement, lui vaut d’être arrêté en 1973 par la dictature de Pinochet, puis condamné en 1975 à une peine de vingt-huit ans de prison. Il reste enfermé deux ans et demi avant que l’intervention d’Amnesty International en 1977 permette la commutation de sa peine : de prisonnier, il devient exilé. Il décide cependant de profiter de sa nouvelle liberté pour voyager à travers l’Amérique du Sud. Des années qu’il mettra a profit pour travailler avec des organisations (Alliance française, UNESCO) et pour militer lors de la Révolution nicaraguayenne.

En 1982, l’écrivain s’installe en Europe. En Allemagne, il travaille comme journaliste, puis devient coordinateur au sein de Greenpeace et sillonne les mers jusqu’en 1988. Il s’installe finalement dans le nord de Espagne en 1997, dans les Asturies.

 

Un engagement extrêmement présent dans son oeuvre littéraire

Couverture Le vieux qui lisait des romans d'amourTout au long de sa vie, l’écrivain a affiché son engagement, que l’on retrouve, extrêmement présent, dans son oeuvre littéraire. En 1989, il publie Le Vieux qui lisait des romans d’amour, devenu aujourd’hui un best-seller traduit dans soixante langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. En France, le roman est publié par les éditions Métailié en 1992 et rencontre énorme succès qui participe à sa découverte à l’international. Le livre raconte l’histoire d’un vieil homme, vivant dans une ville isolée d’Amazonie, au contact du peuple indigène des Shuars. Il y apprend le respect des hommes, des animaux et de la nature. Des thèmes et une dimension écologique forte que l’on retrouve dans beaucoup de romans de l’auteur (Le Neveu d’Amérique, Hot line, Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler ou encore Le Monde du bout du monde).

Luis Sepúlveda était également l’auteur de plusieurs romans de littérature jeunesse parmi lesquels on retrouve ces deux derniers romans, Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur (2018) et Histoire d’une baleine blanche (2019), ou encore Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis, ainsi que le fameux Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, récompensé de nombreux prix en 1997 et 1998.

En 2016, Luis Sepúlveda publie son ultime thriller politique La Fin de l’histoire. Foisonnant de détails autobiographiques, le roman traverse les années de conflits russes et chiliens du XXe siècle. Un livre révélateur, une fois de plus, de l’engagement qui a animé l’auteur tout au long de sa vie.

L’auteur est décédé à l’âge de 70 ans.

 
 
 

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