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Extrait ajouté par AMETHYST 2017-03-16T10:26:06+01:00

Quand j’ouvre les yeux, blottie contre Dayton, j’ai l’impression d’être une héroïne de contes de fées endormie dans une clairière et se réveillant, couverte de rosée. Les bruits de la forêt voisine plongée dans le noir sont à la fois apaisants… et terrifiants.

Ça doit être plein de grosses bêtes affamées, non ? Tout nus sur la terrasse, on doit juste ressembler à des gros snacks à consommer sur place !

Je remue gentiment l’épaule de Dayton. Je viens d’entendre des mouvements tout près, un bruissement de feuilles. J’ai tellement la trouille que je n’arrive pas à prononcer un mot.

Je secoue à nouveau mon amoureux qui dort profondément, en espérant qu’il se réveille à temps pour nous sauver de la bestiole hostile qui s’apprête sûrement à bondir sur nous.

Il ouvre les paupières et me sourit.

Ah, c’est pas le moment. On va crever dans 5 minutes !

– Dayton, parviens-je à articuler d’une voix étouffée. Il y a un truc qui bouge.

– Comment ça ? répond-il. J’avais pourtant l’impression de dormir profondément et d’avoir été tout à fait contenté.

Je fais des yeux ronds. Il s’écarte de moi pour jeter un coup d’œil vers son bas-ventre.

– Non, ce n’est pas moi qui bouge, ajoute-t-il pour me taquiner.

– Rhoo, ce n’est pas le moment de rigoler, dis-je en appréciant malgré tout son trait d’humour. Y’a un truc qui bouge, je te dis. Il y a des pumas ou des ours dans le coin ?

Dayton s’assied avant de se lever et de me tendre la main pour m’aider à me redresser. Nu dans la nuit étoilée, il est un peu comme le premier homme sur Terre.

Bon sang, si tous étaient à son image, quel bordel il y aurait !

– Les gens du cru racontent avoir vu une créature légendaire, du genre monstre, un loup-garou, je crois, poursuit-il en prenant l’air grave, mais ce ne sont que des rumeurs. À moins que, attends… où est la lune ? dit-il en tournant les yeux et en portant soudain les mains à son cou. Je sens qu’il se passe de drôles de trucs en moi.

Je soupire. Malgré tout, je suis soulagée. Apparemment, rien ne l’impressionne. Nous ramassons nos affaires restées sur la terrasse et pénétrons dans la maison illuminée en tenue d’Adam et Eve.

– Oui, c’est vrai, je sens une bête sauvage se réveiller en moi, me murmure-t-il en me prenant par la taille et en m’attirant à lui.

Déjà ? Encore ?

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:12:03+02:00

– Tu aimes faire l’amour, Anna, dit-il en haletant.

– Non, réponds-je, le souffle court, j’aime comme tu me fais l’amour, Dayton.

Il s’allonge près de moi et me serre contre lui, dos contre son torse, en déposant de tendres baisers sur ma nuque. Nous restons ainsi quelques minutes sans parler, à attendre que les battements de nos cœurs s’apaisent

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-09-10T19:23:25+02:00

Mais le lendemain, Dayton n’appelle pas. Jeff ne donne pas non plus de nouvelles à Saskia. Ma copine a choisi de réagir de manière froide face à la situation – et à sa colocataire, en l’occurrence, moi… Et je me sens un rien merdeuse de mentir par omission ou d’avoir donné à ma meilleure amie l’impression que je l’avais trahie. En gros, journée pourrie ! Plongée dans le travail d’investigation pour mon article sur les accros au jeu – tu ne trompes personne, cocotte, c’est une manière de te racheter ! –, je suis incapable de poster quoi que ce soit d’amusant sur mon blog. L’unique rayon de soleil de la journée, c’est ce SMS que je reçois de ma mère :

[Je pense fort à toi aussi, ma chérie. Mum]

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-09-10T19:23:20+02:00

Je suis à deux doigts de dire au vieux musicien de passer la seconde, mais, en jetant un coup d’œil à Dayton, je me rends compte qu’il est attentif.

Je sors mon bloc à dessin et ma trousse et commence à griffonner des portraits de Rob Pieters pour capturer ce moment unique, tout en l’écoutant parler.

– Ça n’a pas mis longtemps avant que je commence à crever la dalle, continue Rob Pieters. Et j’étais pas allé très loin ! J’étais dans le Missouri quand je suis tombé sur une bande de marginaux. En fait, pas si marginaux que ça, étant donné qu’ils vivaient en groupe avec des règles et tout ça. Moi, j’étais tout seul. Ils m’ont filé à bouffer et m’ont vraiment accueilli parmi eux sans me poser de questions.

– C’était une sorte de communauté ? interviens-je, voyant que Dayton a décidé de rester muet le temps de l’histoire de Rob.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:15:02+02:00

J’ai comme un vide en moi que je ne sais comment remplir. Tout d’un coup, je découvre que je ne connais pas vraiment mes parents, et ça me blesse malgré moi. Je sais qu’ils m’aiment, je n’en doute pas une seule seconde, et je devine aussi qu’ils ont dû souffrir de la mort de leur enfant, qu’ils ont tu et caché cette souffrance.

Je me reprends pour ne pas choquer Dayton.

– Excuse-moi Dayton, dis-je. Je me sens trahie, oui, trahie. L’ombre de mon frère a dû planer sur moi toutes ces années, et je la sens vraiment aujourd’hui. Je n’arrive pas à compatir. J’avais tellement confiance en mes parents. Et là, ça me tombe dessus. Ils m’ont caché quelque chose d’important concernant notre vie. Pas un mot, rien, pour me préparer à ce qui me tombe dessus. J’aimerais qu’ils comprennent que ça me fait du mal, à moi aussi.

Il a une expression gênée. Je vois qu’il hésite à parler.

– C’est terrible, Anna, mais ça n’est certainement pas insurmontable, dit-il. Il y a sûrement une explication à tout ça. Saskia a appelé tes parents, et ils sautent dans le premier avion pour New York.

Je secoue la tête en plissant les yeux pour retenir les larmes qui se forment sous mes paupières.

– Je ne crois pas que j’ai envie de les voir, parviens-je à murmurer.

Dayton me serre plus fort contre lui.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:14:06+02:00

Nous nous serrons tous les trois dans la Lightning et reprenons la route dans un silence que Dayton ne parvient pas à alléger en plaisantant. Chaque fois que Dayton pose discrètement sa main sur ma cuisse, je reçois comme une douce chaleur dans mon corps, que toutes ces dernières heures ont eu tendance à glacer. Son contact me rassure et m’apaise. Malgré tout, je suis écœurée. Cette soirée n’a pas de fin. Elle a commencé sur un malentendu, s’est poursuivie en accumulant crise sur crise… J’aimerais qu’on soit tous les deux et qu’on répare à notre manière toutes les tensions. Voilà, c’est de ça dont j’ai envie : de la peau de Dayton contre la mienne, de la tendresse, que nos corps s’emballent et effacent tout. J’ai envie de ça et de rien d’autre. Malheureusement, ça ne va pas être possible, ne serait-ce que parce qu’il y a une ado boudeuse à l’arrière de la voiture et que je sens que le remontage de bretelles va continuer de retour au Nouveau monde.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:13:08+02:00

Alors toutes mes pensées se libèrent comme si on faisait éclater une grosse baudruche remplie de confettis : la suite dans l’hôtel luxueux, que dis-je, les hôtels luxueux, y compris celui d’Amsterdam ; la voiture prestige ; la nonchalance de son élégance qui va certainement de pair avec une certaine aisance financière ; ce pouvoir qu’il a de provoquer les événements ; cette société qui lui appartient ; ses affaires secrètes avec des gouvernements étrangers ; son passé de cyberdélinquant ! Ça fait beaucoup !

Et moi, dans tout ça, où est ma place dans sa double vie ? Même s’il est là aujourd’hui, qu’il a tout fait pour me retrouver, pour me faire venir ici, m’expliquer toute sa vie, qu’en sera-t-il demain ? Parce que j’ai plutôt l’impression que sa vie est outrageusement remplie.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:12:21+02:00

Je me remets au travail, accuse réception des réponses de mes interlocuteurs de la veille, rédige mon article, peaufine mes illustrations et envoie mon texte à ma rédactrice en chef. Ensuite, je poste un nouvel épisode de "Twinkle" sur mon blog.

Cette fois, l'article parle des symptômes d'une nouvelle maladie mentale intitulée "Docteur, je consulte mes mails toutes les 30 secondes", dans lequel je me moque gentiment des femmes incapables de ne pas vérifier 15 fois par heure que leur portable capte bien.

Ce pourrait être moi, si j'avais eu l'intelligence de filer mon numéro de téléphone à Dayton...

Je dessine "Twinkle" avec une banane collée à l'oreille, un entonnoir sur la tête et les yeux cernés, englués à un écran d'ordinateur.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:11:44+02:00

– Bonjour, mademoiselle, dit-il en français avec un accent à tomber raide, en s’asseyant près de moi.

Je suis stupéfaite. Mon cœur explose dans ma poitrine. Dayton est là, ses yeux pâles, ses lèvres effilées, ses cheveux clairs avec quelques reflets cuivrés. Un ange passe et nous décoche une flèche en plein cœur. Dayton marque un temps, sûrement sensible au même trouble que moi, puis il pose nonchalamment son bras sur le dossier de ma chaise, croise ses jambes et me dévisage en haussant un sourcil étonné.

– C’est bien avec moi que tu as rendez-vous ou bien tu attends quelqu’un d’autre ? demande-t-il.

– Non, enfin, je veux dire, oui, en fait, non, je n’étais même pas sûre qu’il s’agisse de toi. Pour être honnête, je m’attendais à avoir rencard avec un pervers ! dis-je avant de m’esclaffer nerveusement.

– Tu prends souvent le risque d’accepter des rendez-vous avec des inconnus ? plaisante-t-il. Tu es une véritable aventurière.

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Extrait ajouté par AMETHYST 2015-07-09T23:11:15+02:00

J’enfreins la règle que je me suis fixée de ne pas contacter directement mes lecteurs, justement pour éviter les débordements, et je clique sur son pseudo pour accéder à son adresse mail et lui envoie un message :

« Pourtant, c’était bien mon chat que j’ai trouvé dans mon lit à mon réveil. »

Pour éviter les impairs, je m’arrête là et j’attends sa réponse. Son commentaire date apparemment de quelques minutes.

Je patiente, mais rien… L’étincelle d’espoir qui s’est enflammée quelques minutes plus tôt s’éteint déjà, quand un nouveau commentaire de PontDesArts apparaît sur mon blog :

« C’étaient les roses qui devaient passer la nuit avec toi. »

Cela ne peut être que lui ! Non ? Oui ? Merde, c’est l’heure de partir à mon rendez-vous ! J’attrape ma besace et manque de piétiner Churchill en train de faire la sieste sur le dos, devant la porte.

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