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« Aidan repensa aux semaines écoulées. A la façon dont les yeux de son coéquipier s’étaient assombris ce soir quand Aidan l’avait ouvertement maté. Aux gestes et aux détournements abrupts de Walker quand Aidan lui lançait un sourire, à sa manière d’inspirer vivement quand ils passaient un peu trop près l’un de l’autre, au rose qui lui montait aux joues quand Aidan le gratifiait d’un compliment et à son regard blessé quand il l’appelait « gamin ». A la façon dont Walker avait baissé la voix et décrit ses yeux le premier jour, dans la caverne.

Il avait flirté avec lui. Walker était gay. Et intéressé par Aidan.

Et boum, c’est le KO ! entendit-il Chloé clamer sous son crâne.

Merde. Et même putain de merde ! pendant qu’il y était. »

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« — Si tu considères que c’est amusant de rester plus de cinq heures dans une voiture en compagnie de Macaron le glouton…

— Dixit le mec qui s’est enfilé la moitié d’un paquet d’Oreo, intervint Jamie. »

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« — Whiskey…

Aidan attendit que le jeune homme tourne la tête vers lui avant de lui présenter les excuses qu’il méritait. Et la vérité.

— Désolé d’être un connard jaloux.

— Tu l’as dit, c’était un subterfuge. Tu faisais semblant.

Puis Walker referma la porte derrière lui.

Aidan avala le reste de son bourbon avant de chuchoter la vérité à l’oreille de la nuit :

— J’ai bien dit « être », Jamie… »

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— Tout va bien, papa ?

John Talley opina du chef sous son épaisse chevelure grise.

— La réunion du conseil d'administration est terminée. Ton frère et ta sœur ont très bien géré. Ça fait moins d'un mois que tu as repris. Tu es sûr que je ne peux pas te convaincre d'entamer une nouvelle carrière ?

Cela faisait quinze ans que son père essayait de lui faire changer de métier.

— Désolé, j'ai choisi la vie d'employé du gouvernement.

— Bon, répondit John Talley en se levant de son fauteuil, tu n'en voudras pas à une vieille tête de mule d'avoir essayé. Pour chacun de mes enfants présents au sein de l'entreprise, c'est une réunion de moins à laquelle je dois participer.

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Écartant les airbags dégonflés, Aidan tendit le bras pour redresser Walker contre le dossier de son siège.

- Reste avec moi, Whiskey.

Celui-ci tourna la tête avec un grognement. Ses cils semblaient très sombres par contraste avec son teint livide. Du sang rouge vif s’écoulait d’une coupure au sommet de son front.

Sans plus prêter attention à son flanc endolori et à l’enclume sous son crâne, Aidan défit sa ceinture et se pencha par-dessus la console centrale pour prendre le visage de Walker entre ses mains et donner sur sa joue mal rasée une tape ferme mais prudente.

- Allez, Jamie. Ouvre ces beaux yeux bleus pour moi.

Walker fronça les sourcils et ses paupières papillonnèrent pour s’ouvrir sur un regard trouble et dans le vague.

- Irish ?

Un mélange de pur soulagement et de désir aveuglant propulsa Aidan par-dessus la console. Ses doigts refermés sur la nuque de Walker, il plaqua sa bouche sur la sienne jusqu’à sentir le précieux souffle de vie qui s’échappait des lèvres de son équipier. Aidan en rêvait depuis trois semaines mais il avait résisté à l’attirance entre eux. Parce qu’ils faisaient équipe. Parce qu’il était encore en deuil.

Mais à la suite de ce nouvel accident, si semblable à celui ayant coûté la vie au dernier homme qu’il avait aimé, Aidan avait besoin de s’assurer que l’homme à ses côtés, l’homme qu’il pouvait et ne pouvait pas aimer, était vivant.

Walker esquissa un geste de recul surpris puis, en prenant conscience de ce qui lui arrivait, pencha la tête et entrouvrit ses lèvres, son souffle chaud s’engouffrant dans la bouche d’Aidan. Cette ouverture faite, le lent baiser de Walker ne put rivaliser avec la fébrilité d’Aidan.

Avec la peur qui imprégnait chaque mouvement de sa langue.

Avec le désir qui lui faisait trembler les mains et lui arracha un grondement involontaire.

Avec l’obscurité qui se rapprochait à chaque inspiration volée.

- Tu vas t’en sortir, Whiskey, murmura-t-il contre ses lèvres.

Le soulagement de savoir Walker en vie et en sécurité permit à Aidan de se laisser paisiblement aller aux ténèbres, loin de l’agitation de ses souvenirs cauchemardesques.

- Tiens bon, Irish, fut la dernière chose qu’il entendit avant de s’affaisser contre le corps massif de Walker et de laisser le néant l’emporter

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- Vieux! Ne te glisse pas comme ça derrière moi quand j'ai les brûleurs allumés.

Aidan haussa les sourcils en se dirigeant vers la cafetière.

-"Vieux"?

- Quoi, tu m'appelais bien "gamin' non?

- Plus maintenant.

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Le lendemain matin, les délicieux crépitements du bacon en train de cuire et l'arôme riche d'un café fraîchement préparé tirèrent Aidan hors de sa chambre. A peine avait-il fait deux pas dans le séjour que quelque chose se froissa sous son pied. Il ne put que contempler la dévastation qui avait frappé son salon. Deux ordinateurs portables étaient ouverts sur la table basse en bois vernis. Posé devant, un coussin de canapé beige accueillait un énorme casque audio au creux de l'empreinte laissée par les fesses de Walker. Plusieurs mugs et un champ de mines à base de restes d'en-cas jonchaient la table et le sol. Au milieu du désordre s'empilaient une multitude de dossiers colorés et de feuilles de carnet jaunes couvertes de l'écriture en pattes de mouches du jeune agent.

Celui-ci était dans la cuisine, en train de se dandiner devant la cuisinière. Les cheveux en bataille, toujours vêtu des vêtements froissés de la veille, Walker fredonnait Fortunate Son de Creedance Clearwater Revival, en marquant le rythme avec une spatule sur le plan de travail. Aidan était sûr à quatre vingt dix neuf virgule neuf pour cent qu'il n'avait pas fermé l’œil de la nuit.

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Il était temps de couper court aux folles idées de ses sœurs, pour les mêmes raisons qu'il avait renoncé aux siennes et classé Walker dans la zone purement amicale. Un bon ami et un bon coéquipier, il commençait à le comprendre, mais ça n'irait pas plus loin.

- Et d'un, il est hétéro. Et de deux, il est jeune, il vient d'avoir trente ans. Et de trois, on travaille ensemble et ça ne se fait pas. Et de quatre...

La boule qui s'était soudain matérialisée dans sa gorge le prit par surprise mais il alla jusqu'au bout:

- ça ne fait même pas un an.

- Il faut que tu te remettes à vivre, Ai, dis Chloe sur un ton à la fois sincère et sévère digne de la parfaite conseillère d’éducation de lycée. Gabe ne voudrait pas que tu...

Il l'interrompit avant que la boule dans sa gorge bloque ses paroles et sa capacité à respirer.

- Je t'en prie, Clo, pas aujourd'hui.

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- Ne t'interromps pas pour moi, lança-t-il avec un grand sourire.

Jamie repartit vers l'autre côté du terrain.

- Ajoutons le football à la liste des indices qui trahissent ton côté irlandais.

- De nombreux américains jouent au foot de nos jours.

Malgré les efforts pour la jouer cool, Jamie laissa échapper un petit rire.

- Tu te trahis déjà rien qu'en disant "le foot".

Double-pas, ficelle, rattraper le ballon.

En se retournant, il eut la surprise de voir son équipier qui, débarrassé de sa veste et de son gilet, retirait par le haut sa cravate dénouée.

- Comment s'est passé la sortie avec les jeunes? demanda Aidan.

Il défit ses boutons de manchette et les déposa par-dessus la veste et le gilet pliés sur un siège des gradins, à côté des cafés. Puis il retroussa ses manches.

- très bien. Ils se sont bien amusés et les joueurs ont été généreux de leur temps.

- Tu jouais aussi au base-ball dans ta jeunesse, non?

Jamie se contenta de hocher la tête, rendu muet par la vision d'Aidan entrant sur le terrain avec ses mocassins à plus de mille dollars, les mains écartées dans un geste universel pour réclamer le ballon.

Récupérant habilement une passe avec rebond, Aidan fit passer le ballon entre ses jambes, tournoya sur lui-même et fila le long de la ligne pour marquer un panier parfait.

- Deux points, dit-il. Faut penser à marquer ton adversaire!

Jamie se remit de sa surprise à temps pour saisir la passe à hauteur de poitrine que lui fit Aidan en s'éloignant au pas de course vers l'autre extrémité du terrain.

- Tu a déjà croisé la route de MadBum?

Ils allaient vraiment faire ça? Improviser un match à deux, lui dans son uniforme universitaire trempé de sueur et Aidan en tenu de ville? A en juger par l'attitude de son équipier, posté à l'avant de la zone adverse, bras tendu et bondissant d'un pied sur l'autre, c'était bien le cas.

"A nous deux"

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- Tu as un nouvel équipier, annonça-t-il.

Walker retira précipitamment ses pieds et se releva d'un bond, si vite qu'Aidan eut à peine le temps de s'écarter.

- Qui ça? demanda-t-il. On me transfère en dehors de la Cyber?

- Non.

Les autres agents les dévisageaient, intrigués. Aidan leur fit signe que tout allait bien et invita Walker à se rasseoir.

- Nous ferons un peu des deux. Mel veut évaluer tes capacités sur le terrain.

-"Nous"?

La stupéfaction de Walker avait quelque chose de charmant.

- Tu travailles à la Cyber maintenant? s'étonna-t-il. Mais l'agent Crane et toi étiez les meilleurs agents de terrain du Bureau.

Aidan ne prêta pas attention à la douleur violente qui s'était réveillée dans son ventre à la mention de son ancien équipier et dissimula sa vulnérabilité derrière une façade d'arrogance:

- Dans ce cas, tu apprendras auprès du meilleur.

- Mais mon truc, c'est l'informatique.

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