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Bibliothèque de Alexia-48 : Liste de diamant

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La Passe-miroir, Livre 1 : Les Fiancés de l'hiver La Passe-miroir, Livre 1 : Les Fiancés de l'hiver
Christelle Dabos   
Une lecture enthousiasmante !!

J'ai mis du temps pour lire ce livre, pour différentes raisons, et je ne regrette pas de ne l'avoir découvert que maintenant, alors que je profite enfin de vacances, après de longs mois de travail : j'ai pu le lire à mon aise, presque d'une traite, et en profiter sans être dérangée.

Christelle Dabos a l'âme d'une romancière, une vraie, de celles (et de ceux) qui sont si rares. Elle maîtrise absolument tout : l'écriture (même les ornements de son style - dérives que je ne goûte guère d'habitude, subissant ce genre d'excès en grinçant des dents - sont en totale harmonie avec la magie du monde et les paradoxes de son héroïne, enfin... anti-héroïne, quel défi si brillamment relevé !) l'intrigue, ses personnages, le monde décalé.

J'adore l'écharpe !!!
(désolée, il fallait que ça sorte, alors j'ai cédé ^_^)

Je suis admirative de la manière dont l'auteur a réussi à créer une ambiance si personnelle, si envoûtante qu'il est impossible d'y retrouver des références. De nombreux auteurs (parfois très distrayants et maîtrisant parfaitement leur exercice) ne font que surfer à l'envi sur les thèmes porteurs. Les résultats sont bons, parfois même excellents, mais il n'y a jamais cette magie, cette possible immersion, où le sens critique part au placard (avec l'écharpe, par exemple <3). Mais par bonheur, quelque fois, la magie de l'écriture est là : l'auteur semble s'être si bien approprié les thèmes qu'il a choisi d'exploiter que l'on oublie qu'ils aient jamais été traités avant...

J'ai donc lu ce livre d'une traite ou presque, captivée par cette facilité de lecture - celle qui cache toujours un travail colossal. Aucun effort n'est demandé au lecteur, il peut se laisser bercer, sachant que tout viendra à point : les surprises, les justifications, les révélations.

Le style est incroyablement évocateur. Je suis en générale très hermétique aux descriptions : mon esprit décroche, je ne suis plus, mon regard décolle, il peut m'arriver de mollir, de reposer le livre / mon kindle...
Les descriptions de ce livre, nombreuses et courtes, sont remarquables de poésie et d'efficacité : en quelques mots choisis l'auteur fait jaillir une scène, des images, de la lumière, beaucoup de jeux d'ombres et de lumière, des visages... On s'y croirait ! C'est un grand talent de pouvoir ainsi permettre au lecteur de s'évader sans peine dans un monde imaginaire, comme s'il passait la tête à travers sa page ou son écran, un peu comme à travers un miroir...
(n'oubliez pas votre écharpe, on peut s'enrhumer facilement en plongeant le nez comme ça n'importe où)

Une des faiblesses récurrentes du roman "fantastique" (je mets tout l'imaginaire décalé dans cette rubrique : fantasy, urban-fantasy, steam punk, dystopie, uchronie, conte, SF, fantastique, surnaturel) est d'apporter avec une certaine lourdeur, ou du moins un manque d'élégance, les aspects décalés du monde - ces éléments qui vont permettre au lecteur d'apprécier le décalage entre le monde de l'auteur et le nôtre, et de profiter ainsi pleinement du récit. Parfois il y en a trop d'un coup (le fameux "info-dump" !) ou pas assez (on n'y comprend rien) ou trop tard (on n'est déjà plus là ou alors franchement énervé :( ). Ou alors, le roman s'appuie sur d'autre récits du même genre, alors c'est très clair ; si clair d'ailleurs que ça a de fortes chances d'être assez ennuyeux, parce que déjà vu mille fois (pas toujours cependant, grâce au miracle de la grâce de l'écriture... :) ).

Bon, tout ça pour dire que Christelle Dabos est une championne !! Je suis épatée par sa maîtrise, sa manière d’amener sur la pointe des pieds et avec une discrétion impalpable (l'écharpe peut aller se rhabiller, on parle d'un voile impalpable, là !) les informations nous permettant de nous immerger peu à peu dans son monde : c'est tout simplement du grand art !
Oui, parce que c'est difficile. Très difficile. Difficile du genre presque impossible.
Et que le résultat permet une lecture exquise, avec juste ce qu'il faut de questionnements ("c'est qui celle-là ? " "ça sert à quoi ça ?" "et comment ça se fait que ?") pour apprécier l'explication qui vient sans heurts, juste à temps, ni trop tôt ni trop tard.

De même les capacités "magiques" des personnes dotées de magie ne sont-elles pas exhibées comme des trophées, mais seulement vaguement exposées avant d'être mises en scène aux moment opportuns, jusqu'à l'apothéose finale...

Les personnages (mon grand point de sévérité) sont à l'image du reste : excellents.
Presque stéréotypés au départ pour beaucoup (ce n'est pas une critique, ce procédé me semble au contraire à privilégier dès lors que l'on sait faire évoluer ses personnages) certains nous étonnent alors que le roman se poursuit : Ophélie bien sûr, qui ne révèle bien plus héroïque que son départ chancelant, enrhumé, nauséeux, récalcitrant, ne l'aurait laisser croire. Et l'incroyable tante de Thorn ! Et le petit chevalier que l'on ne cerne toujours pas, mais qui fait froid dans le dos, les personnages secondaires, tout droit sortis de contes de fées pour certains (les vrais, ceux qui font peur)...

Il est rare de voir réunies tant de qualités littéraires chez un même écrivain : l'art d'écrire (je ne parle pas seulement du style, qui semble tant signifier pour un certain type de lecteurs français, mais de l'amenée des choses), l'imagination, la clarté, la faculté à évoquer des images terriblement vivantes et des personnages vrais, plausibles, complexes, humains tout simplement.
Et quand on a la chance de trouver cette harmonie, on le lâche pas !
Je suis sur les starting-blocks pour le tome 2, Christelle, c'est quand vous voulez ! XD


par milabette
Hyperion Hyperion
Dan Simmons   
Présenté comme un incontournable de la SF, j'ai profité de la version intégrale publiée par Pocket pour me plonger dans l'univers d'Hypérion.
Il faut dire que j'avais été bluffé par un autre roman de Dan Simmons, l’Échiquier du Mal, j'avais donc hâte de voir ce qu'il avait écrit d'autre.

La structure du récit est assez déroutante puisque l'on suit le pèlerinage vers et sur la planète Hypérion de 7 personnages.
Au fil de leur progression, le récit sera entrecoupé par l'histoire des 7, racontée par chacun d'entre eux. La trame principale n'avance donc pas beaucoup dans ce premier tome.

Cependant, les récits des 7 sont très variés et nous en apprennent plus sur l'univers que développe Simmons.
Et c'est bien sûr là tout leur intérêt: découvrir en tant de que néophyte Hypérion et le Gritche, l'Hégémonie, l'Ancienne Terre et j'en passe. Au fil des récits, en assemblant les pièces, on commence à comprendre le monde dans lequel on vient de plonger... et c'est déjà la fin!
Il faudra donc s'atteler sans attendre au second tome de cette intégrale pour savoir de quoi il en retourne exactement.

par tolomas
Rien ne s'oppose à la nuit Rien ne s'oppose à la nuit
Delphine De Vigan   
Eblouissant ! Alors qu'il traite de sujets graves, ce livre n'est jamais pesant. Une écriture maîtrisée, pas un mot de trop, on y entre immédiatement de plein pied. On vit les émotions dont parle la narratrice. Et comme pour nous bousculer encore davantage, l'auteur utilise une sorte de métaécriture qui ajoute une dimension à l'ouvrage. Un vrai bonheur, un des très grands livres de cette année 2011.

par Angèle
Le Cimetière des livres oubliés, tome 1 : L'Ombre du vent Le Cimetière des livres oubliés, tome 1 : L'Ombre du vent
Carlos Ruiz Zafón   
N'ayant plus vraiment une nature très sensible depuis quelques années, je ne pleure plus, et j'ai rarement les larmes aux yeux. La première et seule fois où je me souviens avoir pleuré pour un livre, c'était quand j'avais 13 ans, en lisant Harry Potter 2, et en apprenant la réalité du monde.
Mais pour ce livre-ci, ce fut très différent de tous ceux que j'ai lu entretemps. Dans les cent premières pages, j'ai eu les larmes aux yeux - ou du moins la gorge serrée - deux fois. Une fois de tristesse, et une fois de joie. Et de nombreuses fois par la suite de ma lecture, je me suis surpris à sourire naturellement - pas un rire du à l'humour, ou à une blague, mais un sourire qui me faisait un instant me sentir bien. Vraiment bien.
Ce n'est probablement donc pas un mensonge que j'ai lu, plusieurs fois, avant de commencer la lecture de l'Ombre du Vent, qui parlait de magie et de beauté. Car j'ai vraiment eu l'impression de lire un livre nouveau, de découvrir à quel point l'emprise de certains autres romans, ou l'abandon qui pouvait s'en suivre, était léger comparé aux sentiments que m'ont procurés celui-ci.

L'histoire se présente comme le récit d'un jeune garçon qui va, à partir d'un coup de foudre pour un livre, chercher à percer les mystères et secrets de l'auteur qui semblent se dresser sur sa route, comme des portes fermées, ou des poupées russes, ainsi qu'il est dit dans le quatrième de couverture. Je ne me souviens pas avoir déjà lu d'adaptation de l'espagnol, donc je ne saurais dire si le style est du au talent de l'auteur, ou s'il est inérent à la langue traduite, mais c'est un vrai régal, sans que ce soit simple pour autant. C'est toujours plein de poésie, de beauté, tout en gardant sa part de noirceur et de ténèbres lorsque l'histoire s'y prête. Seule chose que j'ai pu lui reprocher, c'est évidemment l'histoire, si nette, précise et parfaite, tellement bien huilée et dont l'éclat de la magie dissimule les accrocs de la réalité et lisse le tout. ça lui enlève de la crédibilité. Mais d'un autre côté, son caractère magique et envoutant surpasse ce détail, et on la prend pour ce qu'elle est : un conte, une aventure palpitante où on n'est toujours surpris, ou on rit, on pleure, et on a peur. Vraiment une réussite, donc. A lire.
L'Amie prodigieuse, tome 1 L'Amie prodigieuse, tome 1
Elena Ferrante   
"L'amie prodigieuse" est la plus belle histoire d'amitié que je n'ai jamais lue.
Avec pour toile un quartier pauvre de Naples à la fin des années 50, nous suivons deux filles, deux enfants, deux adolescentes: Elena et Lila. L'une intelligente, l'autre surdouée. Elena fascinée par son amie, Lila qui cherche une échappatoire à sa vie de misère. Elles mènent une vie difficile, violente, dans une Italie en pleine mutation. Mais pourtant, un lien puissant les unit et malgré tout, parvient à subsister dans les temps les plus sombres.
C'est une histoire d'amitié, mais aussi une histoire de vie. Elena et Lila poursuivent leur vie, traversent leur adolescence, non sans souffrance. Elles s'éloignent, se quittent, se retrouvent, mais jamais pour longtemps. Peu à peu, un gouffre social se creuse: Elena continue ses études et s'affranchit de son amie, Lila perd tous espoirs de quitter sa vie napolitaine.
Menée par une plume juste et discrète, cette fantastique histoire nous fait rêver d'une amitié aussi vraie que celle d'Elena et Lila. Et quand à la fin du livre, ce rêve prend brutalement fin, on reste figé sur la dernière page, la dernière phrase. On a du mal à le quitter, à abandonner ce roman...
Le meilleur cadeau que vous puissiez offrir à votre plus proche ami.

par Pompon
D'après une histoire vraie D'après une histoire vraie
Delphine De Vigan   
Un roman vraiment bouleversant. J'ai été happer par cette histoire dont on ne sait pas si elle est autobiographique ou pas. Tout le long de l'histoire, on est sur le fil, suspendus entre le vrai et la fiction. J'ai terminer ma lecture essoufflé, ébahit, incrédule et pleines de questions qui resteront sans réponses. Bref, un tour de maître pour ce roman qui fait réfléchir.

par aciantar
L'Amie prodigieuse, Tome 2 : Le Nouveau Nom L'Amie prodigieuse, Tome 2 : Le Nouveau Nom
Elena Ferrante   
J'ai été très heureuse d'apprendre la sortie de ce roman en livre de poche. Enfin j'allais pouvoir me le procurer et dévorer les histoires émouvantes de Lila et Elena, protagonistes que j'avais adoré dans le tome 1, l'amie prodigieuse.

J'ai beaucoup aimé. Plus qu'aimer, il m'a permis de me questionner sur un grand nombre de chose. Sur la connaissance, les études, la culture. Dans ce nouveau roman, j'ai appris à connaître d'avantage Elena. J'ai trouvé que ce nouvel ouvrage permettait de découvrir en profondeur cette protagoniste, qui, dans le tome précédent laissait toute sa place à Lila. Je me suis attachée à elle, je l'ai comprise, parfois avec agacement, parfois avec le sourire aux lèvres. J'ai aimé sa franchise, sa gentillesse touchante et sa jalousie envers son amie Lila, qui lui prend l'homme qu'elle aime et bien d'autres choses. Est-ce cruel ? Je ne sais pas. L'auteure a réussi à traiter cette trahison sans tomber dans le pathétique ou le dramatique, et c'est très rafraichissant. La réaction d'Elena face à l'amour de Nino pour Lila est réaliste, intrigante et sa résignation, qui est certes douloureuse l'a rend encore plus attachante. Je vous parle de ce passage car c'est un des passages qui m'a le plus plu. Cela reflète de la toute puissance de Lila et de son charme unique. Mais c'est cette Lila joyeuse et épanouie qui m'a beaucoup touchée. Parlons maintenant de Lila, jeune et douée mais si pleine de haine et de rancoeur. Je me suis souvent identifiée à elle, même si cette identification était parfois douloureuse. J'ai été profondément touchée par le mal presque diabolique qui flotte autour de ce personnage. Meurtri, agacé, énervé aussi. J'avais envie de la secouer, de lui dire de fuir, elle si douée, si prodigieuse. Or, on assiste à une lente destruction de Lila, qui d'une façon ou d'une autre ne peut que vous trouer le coeur. J'ai compris son explosion intérieure et ses sautes d'humeur incessantes en remarquant la solitude à laquelle elle était vouée. J'ai associé cette solitude à ma propre solitude qui me prend à la gorge parfois. Les gens sont des inconnus, ne comprennent pas, jugent et critiquent. En plus de Lila et Elena, j'ai appris, au travers de ces pages, à comprendre le fonctionnement d'un quartier comme celui de nos deux protagonistes et j'ai été dépitée d'admettre qu'une communauté réduite, insensible aux changements extérieurs, lessivée et pressée comme un citron, amenait à fin certaine des gens souhaitant s'instruire et s'élever (comme Elena). Je me suis alors questionnée sur les banlieues actuelles, les regroupements d'ethnies, les classes sociales. C'est un sujet des plus intéréssant, qui je pense est la base d'une tonne de problème. J'ai applaudi à la réussite d'Elena mais j'ai été agacé par la mesure qu'elle s'appliquait à mettre dans ces propos. Cette mesure qui, au contraire, est totalement bannie chez Lila, qui alors éveille la passion, le feu, l'envie et le désir. Les allusions historiques, politiques et littéraires m'ont beaucoup plus, car plus qu'un roman qui raconte une histoire, Le nouveau nom permet d'apprendre des détails sur la vie en Italie à cette époque et permet de se questionner. C'est important.

Bref, ce livre est à la hauteur de mes espérances et je vous le conseille si vous avez apprécié le premier tome.

par VirguleX
La Horde du Contrevent La Horde du Contrevent
Alain Damasio   
Une belle découverte que ce bijou, j'en suis encore tout retourné.
Malgré une fin (presque) prévisible, l'ensemble est selon moi tout simplement parfait.
On sent l'influence de Perec tout du long, ce qui n'est pas pour me déplaire: l'écriture a du style, et ajoute une dimension littéraire sensationnelle à ce qui aurait été un excellent bouquin sans cela.
Rien que la première page m'a laissé pantois...

Finalement, comment ne pas s'attacher sincèrement à un personnage aussi fin et délicat que Golgoth?

par codis