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Allegra



Description ajoutée par Gambit 2010-03-13T00:12:25+01:00

Résumé

Aux yeux de ses parents, de ses sueurs, Allegra passe pour - jolie, parfaite, un peu indifférente .

Elle vient de se marier; on lui prédit un avenir à son image calme et souriant.

En vérité, qui est Allegra derrière cette douceur limpide ? II suffira d'un gosse de quatre ans, un petit garçon arabe, muet, abandonné des jours entiers dans la cour de son immeuble, pour changer bientôt son existence.

Entre cet enfant qui se tait et cette jeune femme qui se cherche, il naît une passion merveilleuse.

Leurs après-midi silencieux sont des aveux, leurs promenades des chansons et des aventures.

Ils sont hors du monde.

Autour d'eux, pourtant, tout s'écroule et change.

La famille d'Allegra, que troublent d'étranges révolutions intérieures, organise une véritable conspiration à son propos ; on en découvre peu à peu les rebondissements qui rendent passionnant ce livre au dénouement soudain, et imprévisible. Car à quoi rêvaient donc le petit Rachid et Allegra, toujours souriante, « si jolie, un peu indifférente » ?...

Jamais Françoise Mallet-Joris n'avait cerné à ce point un personnage tout en lui laissant le flou de son énigmatique vérité.

Le tour de force et la maîtrise d'une romancière exceptionnelle s'imposent à l'évidence une fois encore.

On dirait que cette œuvre dense a fixé quelque chose de plus qu'une histoire : le désarroi d'une société à la dérive dont Allegra et les siens seraient les saisissants reflets.

Source : Le Livre de Poche, LGF résumé du livre: Allegra de Françoise Mallet-Joris

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Classement en biblio - 7 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par bellajessica 2013-10-08T03:42:14+02:00

On pourrait dire, dans un sens, que c'est une famille de femmes. Une famille où les figures de femmes prédominent, ont plus de densité, de personnalité, que les maris, les oncles, les pères. Et pourtant c'est une famille très traditionaliste, très conservatrice. C'est peut-être ça, justement. Une certaine forme de matriarcat règne parmi ces femmes, toutes dévouées à l'homme pourtant. La preuve, c'est qu'elles disent couramment : « Nous qui sommes corses d'origine » alors que la mère, Mme Svenson (née Santoni) a épousé un médecin suédois. Des trois filles, seule Josée, la seconde, a épousé un Corse, Antoine Sant'Orso. Paule, l'aînée, n'est pas mariée et dirige un institut de beauté. Allegra, la plus jeune, vient d'épouser un jeune interne en médecine, un Parisien — mais il est orphelin, ça compense un peu, au dire des femmes de la famille qui le considèrent ainsi comme plus facile à intégrer.

Paule est belle et intelligente ; elle manque un peu d'humour. Josée a trente-deux ans et trois enfants. Nettement moins belle que sa sœur, mais menant de main de maître la carrière de son mari, la tenue de sa maison, l'éducation de ses enfants, et diverses bonnes œuvres, Josée rachète ses perfections par une causticité remarquable et se moque de ses propres vertus avec une sorte de grâce qui les lui fait pardonner. On peut s'attacher à elle, malgré ses frisettes conventionnelles et sa raideur morale et physique. Conventionnelle, mais pas insignifiante. Leur mère ne l'est pas non plus. Mme Svenson, mère de Paule, de Josée et d'Allegra (pas de garçon ! quelle catastrophe ! et pourtant elle adore ses filles et les trouve supérieures à n'importe quel homme, son mari excepté) est une brune un peu sèche, anguleuse, élégante avec austérité, et douée de cette fausse ardeur méridionale qui cache souvent une absence totale d'imagination. Si jamais elle a disposé d'un petit capital de romanesque, elle l'a dilapidé tout d'un coup en épousant un Suédois. Après quoi elle est restée à sec, malgré le beau prénom de Vanina qu'elle porte avec plus d'humour que de poésie. C'est une femme qui ne manque ni de bonté, ni d'esprit. Elle a la vertu un peu acerbe, la tendresse passablement agressive, et par-dessus tout un admirable désintéressement qui agace bien des gens. On peut l'aimer, mais à distance, à cause des coups de bec. Josée tient beaucoup de sa mère, le désintéressement mis à part.

Il v a aussi la grand-mère, robuste octogénaire, prénommée également Allegra (et non Laetitia : concession à une marraine italienne) et puis des cousines, des tantes, des marraines, des amies d'enfance qui sont « comme de la famille », divers clans familiaux qui ont chacun leur tradition et leur histoire, toute une structure divisée en groupes et en sous-groupes, une zoologie, une botanique, une véritable science que chacune de ces femmes possède sur le bout du doigt et interprète à sa façon.

C'est un joli nom, Allegra. C'est ce qu'on dit le plus souvent en parlant de la plus jeune, d'Allegra Svenson, vingt-trois ans, en voyage de noces en Italie. C'est qu'il semble qu'il n'y ait pas grand-chose d'autre à en dire. Il y a aussi des amis de la famille qui disent qu'elle est jolie, mais ça dépend des jours.

Les deux Allegra, la grand-mère et la petite-fille, sont pour l'instant absentes du grand appartement inconfortable des Batignolles. Pendant que le jeune ménage revient d'Italie en passant par la Corse, avec étapes familiales obligatoires, l'aïeule est allée inspecter des propriétés sans valeur dont elle dispose un peu partout, louées à perte à des cousins par alliance. Les réunions de famille n'en continuent pas moins. Ce soir, on attend Allegra la jeune qui doit arriver de Marseille, avec son mari, par le train de 20 h 17. Il est évidemment exclu que les jeunes gens ne viennent pas immédiatement se retremper dans l'atmosphère familiale.

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