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" - M. Argan, vingt-huit ans. A 3 heures, il a décidé d'aller aux Urgences. Ça lui a pris comme une envie de pisser :

- Ça fait trois mois que j'ai le teint terne. Cette semaine, il est tout gris. Alors je me suis dit "Jojo, fais quelque chose !" Faites-moi un scanner avec de l'IRM, histoire d'éliminer un cancer, des métastases ou quelque chose de plus grave.

(Sachez-le : il n'y a pas grand-chose de plus grave que les métastases et on ne fait pas de "scanner avec de l'IRM" à 3 heures du matin...)

Moi, très second degré :

- Un cancer ? De quoi ? Du teint de la peau ?

M. Argan, très inquiet, sort cette phrase mémorable qui vexera tous les trentenaires (à qui je déconseille d'avancer plus loin) :

- Regardez-moi ! Quelque chose cloche ! J'ai vingt-huit ans, mais on m'en donnerait trente et un !

Pensant qu'il plaisante, car entre vingt-huit et trente et un il n'y a pas vraiment de quoi caser la Russie, je surenchéris :

- Et pourquoi pas trente-deux pendant qu'on y est ?

Et M. Argan, touchant son visage, de paniquer :

- QUOI ! J'AI L'AIR D'AVOIR TRENTE-DEUX ANS ?!?!?

La patiente s'esclaffe.

- Vous voulez savoir pourquoi vous attendez si longtemps aux Urgences ? Les salles d'attente sont pleines de M. Argan. Mais savez-vous le deuxième secret des médecins des Urgences ? Nous sommes là AUSSI pour rassurer les M. Argan. "

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Un jour, j'aurai un gros pépin.

Noyade dans un verre d'eau, entorse grave de la cheville, brûlure au troisième degré au cours d'une Chandeleur ayant mal tourné (c'est dangereux, les crêpes flambées au rhum).

J'aimerais qu'on m'emmène dans un endroit comme celui où j'ai rencontré ces hommes et ces femmes. Ils me garderont au monde.

Ils ont aidé ma mère à me mettre au monde.

Toute l'année, toutes les nuits. Ils sont là. Ils veillent, ils soignent.

Ils sont ceux qui gardent le monde.

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11 heures, déjeuner sur le pouce avec Léa alias Frottis.

Aux Urgences, on mange quand on le peut : on ne sait jamais quand les patients débouleront. Comme d'habitude, ma co-interne ajoute trois carrés de sucre dans son café :

— Je bois en imaginant mon pancréas. Un jour, j'arriverai à contrôler mon taux d'insuline par la pensée.

Ça fait quand même beaucoup de sucre !

— Pas si tu bois très vite.

Frottis a des considérations alimentaires bien à elle : je l'ai déjà vu empiler des parts de pizza les unes sur les autres et engloutir le tout en quelques secondes.

— Que fais-tu ?

— Un régime : si tu entasses les parts comme ça, en pyramide, l'estomac ne s'en rend pas compte.

Elle pense rentrer dans son maillot l'été prochain, mais je ne suis pas convaincu de sa réussite.

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Si tu peux mettre la musique à fond, mets la musique à fond. D'ailleurs, cette leçon marche pour d'autres choses que la musique... Quand tu peux faire des claquettes, tu fais des claquettes. Même dans un couloir d'hôpital, même si cela signifie perdre définitivement toute dignité aux yeux de la femme de ménage.

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Jamais entendu quelqu'un dire BAM avec aussi peu de conviction. Elle prononce BAM comme un confesseur articulerait tout honteux : " Cornegidouille mes aïeux".

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Palpez-vous les seins. On déteste quand les femmes meurent à quarante-cinq ans.

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Avant que sa maladie ne la tue, je la ferai mourir de rire.

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Vous vous inquiétez tous pour rien: mon état ne signifie pas que je vais mourir, mais que je suis arrivée à la fin de ma vie.

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Il y a urgence de vivre, il est plus tard qu'on ne le pense

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Souviens-toi, tu étais dans ton lit tu avais 6 ans. Je te racontais comment le sang d'Ajax se change en jacinthe. On croit qu'il meurt. Il devient fleur. Tout est pareil. Prends un grain de blé. Plante-le. Il semblera pourri. Reviens en été, tu auras un champ. Rien de ce qui a existé ne serait disparaître. Je ne meurs pas, tu me continues.

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