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L’ascenseur s’arrête brutalement.

Oh non. Ça y est. Mon cœur tambourine contre mes côtes ; mes poumons tentent d’inspirer de l’air, en vain.

Arrête, dis-je à ma panique. Ce n’est rien. L’ascenseur va redémarrer dans une seconde. Tu n’es pas coincée ici.

Mon corps ne me croit pas. Mon estomac se noue, mes mains deviennent moites. Tout s’assombrit. Soit ma vue a baissé, soit le type vient de mettre son téléphone contre son oreille. Je flageole sur mes jambes.

Le mec baraqué pousse un juron. « Ça ne capte pas ici. »

Je ne tiens plus sur mes pieds et dois m’accrocher à la barre. Mon souffle sort en petits halètements rapides.

« Hé. » L’homme a une voix bien assortie à sa stature, grave et puissante. En d’autres circonstances, je la trouverais sexy. « Vous êtes en train de paniquer ? » demande-t-il avec un léger dédain.

C’est pas ma faute, mon gars. « Ouais. » Le mot sort à peine, dans un souffle. Je m’agrippe à la rampe de plus belle.

Reste debout. Ne t’évanouis pas. Pas maintenant. Pas ici.

« Je n’aime pas les endroits exigus. » Un bel euphémisme.

L’ascenseur a-t-il bougé, ou est-ce mon corps qui est en train de perdre le contrôle ? Une vieille panique familière s’empare de moi. Je vais mourir ici. Je ne sortirai jamais de là.

Deux grandes mains me poussent contre le mur de l’ascenseur et appuient contre mon sternum. « Qu-qu’est-ce que vous faites ? je m’écrie.

— C’est un point qui apaise. » Sa voix est calme, comme s’il poussait régulièrement des filles en train d’hyperventiler contre les murs. « Ça fonctionne ?

— Ouais. Quand un type bizarre me tripote, ça me calme toujours. »

Je m’étais promis de ne pas laisser ma nature sarcastique se montrer avant d’avoir décroché cet emploi, mais la voilà qui revient au galop. Être à deux doigts de s’évanouir fait cet effet à une fille.

« Je ne vous tripote pas.

— C’est ce qu’ils disent tous », je marmonne.

Son petit gloussement cesse avant même de commencer, presque comme s’il n’avait pas voulu le laisser échapper.

Qui est ce type ?

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Sacrée ironie, Batman.

Quand j’étais encore adolescente, j’ai piraté le site d’une entreprise et agité un drapeau de la victoire virtuel sous le nez de son fondateur et PDG. Neuf ans plus tard, je passe un entretien pour une place dans cette boîte. Et pas n’importe quelle place : dans l’infosec, c’est-à-dire la sécurité de l’information. Si je décroche le poste, je défendrai l’entreprise contre les hackeurs. Des hackeurs comme Catgirl, mon ancien alias de pirate informatique.

Et me voici, assise dans le luxueux hall d’entrée du siège international de SeCure, en train de me demander s’ils pourraient savoir qui je suis et si je vais sortir d’ici menottes aux poignets.

Un groupe d’employés en train de rire et de discuter passe à ma hauteur. Ils semblent détendus et heureux, comme s’ils se rendaient dans un club de vacances et non à leur bureau dans l’open space.

Bon sang, je veux ce travail.

Je me suis changée environ quatre-vingt-dix-sept fois ce matin, alors que je me fiche pas mal de ce que je porte d’habitude. Mais c’est l’entretien de ma vie, et j’ai tenu à ce que tout soit parfait dans le moindre détail, jusqu’à l’obsession. Finalement, j’ai opté pour un costume élégant composé d’une veste cintrée et d’une jupe courte et moulante. J’ai décidé de ne pas mettre de collants et de rester les jambes nues, mais j’ai une paire de talons sexy aux pieds. Sous la veste de costume, je porte ma chemise Batgirl préférée. Elle moule bien ma poitrine, et la petite chauve-souris rose à paillettes se love parfaitement entre les pans de ma veste.

La tenue crie « petit génie de l’informatique jeune et branchée », et la veste de costume est un clin d’œil au monde conservateur de l’entreprise. J’ai hésité entre des chaussures à talons et mes Converse, mais finalement, les talons ont gagné. Et c’est bien dommage, parce que lorsque Stu, mon contact, viendra me chercher, je devrai réussir à me lever et à marcher avec.

Si la hackeuse que j’étais plus jeune me voyait, elle me rirait au nez et me traiterait de vendue. Mais même elle partageait mon obsession pour Jackson King, le fondateur et PDG milliardaire de SeCure. Une obsession qui s’est muée en admiration, à laquelle s’ajoute une bonne dose d’attirance sexuelle.

Bon, d’accord, j’ai le béguin. Mais Jackson a tout pour plaire. Milliardaire philanthrope, la liste de ses accomplissements est longue et impressionnante. Sans oublier qu’il est super canon. Surtout pour un geek.

Et le seul moment que nous avons partagé, lorsque j’ai réussi à déjouer toutes ses mesures de sécurité et que nous nous sommes retrouvés face-à-face – enfin, curseur-à-curseur – est gravé dans ma mémoire comme la rencontre la plus torride de ma jeunesse. Je ne lui ai rien volé. Je voulais simplement savoir si je pouvais le faire, si j’arriverais à cracker le code du génie. Je suis partie dès qu’il m’a trouvée, et n’ai jamais pris le risque d’y retourner.

Maintenant, je pourrais bien avoir une nouvelle occasion de me mesurer informatiquement à King, et cette idée m’emballe carrément.

D’autant plus que cette fois, mes actions ne seraient pas illégales.

« Mlle McDaniel ? »

Je me lève brusquement, la main déjà tendue pour serrer celle de mon interlocuteur. Je ne chancelle que très légèrement sur mes talons. « Bonjour. » Merde, on dirait que je suis essoufflée. Je me force à décrisper mes épaules et lui serre la main en souriant.

« Bonjour, je suis Stu Daniels, le directeur de l’infosec à SeCure. » Il a tout d’un intello : paire de lunettes, chemise boutonnée jusqu’au col et pantalon de costume. Il doit avoir la trentaine. Ses yeux se posent sur la chauve-souris rose placée entre mes seins, puis il détourne le regard. Ce choix de chemise était peut-être une erreur.

Je continue de secouer sa main, certainement un peu trop longtemps. J’ai lu cinq livres sur les entretiens d’embauche pour me préparer pour aujourd’hui, mais pas moyen de me souvenir de ce que Les Entretiens professionnels pour les nuls préconise en termes de durée de poignée de main. « Heureuse de faire votre connaissance. »

Heureusement, Stu n’est pas plus à l’aise que moi. Il baisse régulièrement les yeux. Pas comme s’il voulait se rincer l’œil, plutôt parce qu’il est trop timide pour me regarder trop longtemps dans les yeux. « Si vous voulez bien me suivre, l’entretien se déroulera au sixième étage. »

En plus d’une cybersécurité impénétrable, la forteresse matérielle de SeCure est également bien protégée. Lorsque je me suis présentée à la réception, dans le hall au sol en marbre étincelant, on m’a dit d’attendre la personne qui « m’escorterait » jusqu’à mon entretien.

J’emboîte donc le pas à mon escorte. « Vous avez un beau bâtiment. »

D’accord, c’était nul. Je ne suis pas douée pour meubler les conversations. Genre, vraiment pas douée. Je n’aurais peut-être pas dû passer les huit dernières années à fuir toute interaction sociale. On ne devrait pas demander aux geeks qui travaillent dans l’informatique de passer des entretiens comme les gens normaux. Ils devraient juste avoir un test à passer en ligne, ou un site à hacker. Mais SeCure est vraisemblablement déjà au courant de mon talent pour cracker des codes. Du moins, c’est ce que la recruteuse m’a fait comprendre. J’ai failli m’étouffer avec mon café lorsqu’elle m’a appelée à l’improviste. J’ai même cru qu’un de mes anciens compatriotes en ligne me faisait une farce. Mais non, c’était bien réel.

Et puis, la probabilité pour qu’une personne de mon ancienne vie me retrouve est quasiment nulle. Du moins, je l’espère.

Stu me guide jusqu’aux ascenseurs et presse le bouton d’appel. Les portes d’un des ascenseurs s’ouvrent et révèlent un homme vêtu d’un costume élégant, la tête baissée sur son téléphone. Grand, avec de larges épaules, il occupe une bonne partie de la cabine. Il se décale sur le côté pour nous faire de la place sans lever les yeux.

Stu me laisse passer en premier, et je refoule mon sentiment de panique. C’est un ascenseur étroit, mais pas trop non plus. Je peux y arriver. Si j’obtiens le poste, je veillerai à trouver les escaliers.

Je me concentre sur les boutons lumineux en priant pour que la montée ne dure pas trop longtemps.

Avant que mon escorte ne monte à bord, quelqu’un l’interpelle.

« Un instant », me dit Stu. Une jeune femme s’approche, suivie de près par deux autres personnes. « Stu, le réseau Galileo a planté ce matin... »

Super. Exactement ce qu’il me fallait – passer plus de temps dans un ascenseur. Je déglutis et essaie d’ignorer les fourmillements sur ma peau. Une crise d’angoisse ne ferait pas bonne impression.

Stu retire son pied posé dans l’ascenseur tandis que la jeune femme ouvre son ordinateur portable pour lui montrer quelque chose.

Les portes se referment en cliquetant, et l’ascenseur commence à monter. Et voilà, j’ai perdu mon escorte. Sécurité renforcée, tu parles.

J’appuie sur le bouton du sixième étage. Je sais où je vais. Plus vite je serai sortie de cette boîte infernale, mieux ce sera.

Nous sommes à la moitié du chemin lorsque les lumières vacillent. Une, deux fois, puis s’éteignent.

« Qu’est-ce que... » Je ne termine pas ma phrase pour me concentrer sur ma respiration. J’ai une fenêtre d’environ dix secondes avant de péter complètement les plombs.

Le type en costume à côté de moi grommelle quelque chose. La lumière de son téléphone projette une lueur bleue inquiétante sur les murs.

L’ascenseur s’arrête brutalement.

Oh non. Ça y est. Mon cœur tambourine contre mes côtes ; mes poumons tentent d’inspirer de l’air, en vain.

Arrête, dis-je à ma panique. Ce n’est rien. L’ascenseur va redémarrer dans une seconde. Tu n’es pas coincée ici.

Mon corps ne me croit pas. Mon estomac se noue, mes mains deviennent moites. Tout s’assombrit. Soit ma vue a baissé, soit le type vient de mettre son téléphone contre son oreille. Je flageole sur mes jambes.

Le mec baraqué pousse un juron. « Ça ne capte pas ici. »

Je ne tiens plus sur mes pieds et dois m’accrocher à la barre. Mon souffle sort en petits halètements rapides.

« Hé. » L’homme a une voix bien assortie à sa stature, grave et puissante. En d’autres circonstances, je la trouverais sexy. « Vous êtes en train de paniquer ? » demande-t-il avec un léger dédain.

C’est pas ma faute, mon gars. « Ouais. » Le mot sort à peine, dans un souffle. Je m’agrippe à la rampe de plus belle.

Reste debout. Ne t’évanouis pas. Pas maintenant. Pas ici.

« Je n’aime pas les endroits exigus. » Un bel euphémisme.

L’ascenseur a-t-il bougé, ou est-ce mon corps qui est en train de perdre le contrôle ? Une vieille panique familière s’empare de moi. Je vais mourir ici. Je ne sortirai jamais de là.

Deux grandes mains me poussent contre le mur de l’ascenseur et appuient contre mon sternum. « Qu-qu’est-ce que vous faites ? je m’écrie.

— C’est un point qui apaise. » Sa voix est calme, comme s’il poussait régulièrement des filles en train d’hyperventiler contre les murs. « Ça fonctionne ?

— Ouais. Quand un type bizarre me tripote, ça me calme toujours. »

Je m’étais promis de ne pas laisser ma nature sarcastique se montrer avant d’avoir décroché cet emploi, mais la voilà qui revient au galop. Être à deux doigts de s’évanouir fait cet effet à une fille.

« Je ne vous tripote pas.

— C’est ce qu’ils disent tous », je marmonne.

Son petit gloussement cesse avant même de commencer, presque comme s’il n’avait pas voulu le laisser échapper.

Qui est ce type ?

Mon rythme cardiaque se calme, mais j’ai toujours la tête qui tourne. Aucun homme ne s’est encore jamais tenu aussi près de moi. Et encore moins touchée de la sorte. À quelques centimètres près, il serait en train de toucher mes seins.

En voilà, une idée. Des sensations que je n’avais jamais ressenties hors de l’intimité de ma chambre me traversent.

« Non pas que ça me dérange que vous me tripotiez, je bredouille, mais vous pourriez commencer par m’inviter à dîner... »

Ses mains se détachent de mon sternum si vite que je bascule en avant. Avant que je ne tombe par terre, il me rattrape par les épaules et me retourne, puis il m’entoure de ses bras par derrière et recommence à appuyer sur mon plexus solaire.

« Et comme ça ? demande-t-il d’une voix amusée. C’est mieux ? Je ne voudrais pas que ma bonne action me vaille un procès pour harcèlement sexuel. »

Mon Dieu, sa voix. Ses lèvres sont tout contre mon oreille. Il n’est pas en train d’essayer de me séduire, mais, oh là là, rien que les mots « harcèlement sexuel » enflamment mon corps.

« Désolé, je murmure d’une voix étranglée. Je ne voulais pas vous accuser. En fait... je vous remercie. »

Il ne bouge pas pendant un moment, et je respire, entourée de ses mains fermes qui me maintiennent, me protègent. Et tout ce que j’arrive à penser, c’est... Ouah. Je pensais que faire une crise de panique serait terrible. Et maintenant, je suis coincée dans un ascenseur, dans les bras d’un parfait inconnu. Complètement excitée. C’est comme si ma chatte était déconnectée de mon corps. Les autres parties sont toujours paniquées, je me tords les mains d’angoisse, mais ma foune pense que se faire manipuler par un inconnu dans un ascenseur sombre est une bonne raison pour devenir toute chose.

« Vous devriez vous asseoir. »

Apparemment, je n’ai pas le choix, parce qu’il me pousse vers le sol avec une pression stable et inexorable. Une fois par terre, il m’appuie contre le mur, ses mains fermes mais pourtant douces me déplaçant comme si j’étais une poupée. J’ai une réplique cinglante sur le bout de la langue – Je suis une grande fille, pas une Barbie –, mais être assise me fait du bien. Malgré son comportement digne d’un homme des cavernes, il prend soin de moi. Ses mains contre mon sternum me manquent presque.

« Où est-ce que vous avez appris à faire ça ? » je demande, surtout pour me distraire du fait que je suis coincée dans un espace minuscule avec un type qui n’a pas hésité à poser ses mains sur moi. Et ça ne me dérange pas du tout, même si j’aimerais arriver à me souvenir à quoi il ressemble. Tout ce dont je me rappelle, c’est de ses joues mal rasées et de son air impatient. J’étais trop occupée à m’encourager à prendre l’ascenseur pour faire attention.

« En passant des années à terrifier des femmes dans des coins sombres. »

Ah. Un autre amateur de l’humour pince-sans-rire. Il me plaît encore plus. « Merci », je dis après un moment.

Il s’assied près de moi, sa veste de costume frôle la mienne. « Tu flippes toujours.

— Oui, mais ça va mieux. Je pense que ça m’aiderait de parler. On peut parler ?

— D’accord. Debuis guand affez-ffous ce broblème ? » demande-t-il en prenant un accent allemand pour imiter Freud.

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