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—Dites-moi si je me trompe, dis-je lentement, mais je crois avoir eu le plaisir d’être sauvée par deux vampires de Denver en chair et en crocs. Ils n’esquissèrent pas le moindre sourire. Peut-être que le pistolet avait tué leur sens de l’humour. Ou peut-être que sourire dévoilait leurs crocs et avait une tout autre signification.

—Tu vas venir avec nous, dit Croc 2.

—Toute résistance serait futile, comme dirait l’autre ? soupirai-je. Messieurs, merci pour votre aide ce soir. Mais c’est moi qui tiens le pistolet et je ne compte pas vous suivre.

—Tu te trompes, dit Croc 1 d’une voix trop forte. Croc 2 gâcha tout en tressaillant. Je parle peut-être beaucoup, mais je suis observatrice. Je réagis au quart de tour, et bondis sur le mur en brique. Juste assez pour me donner de la hauteur et prendre par surprise Croc 3 qui s’était faufilé derrière moi, sans faire le moindre bruit. Je fis un salto arrière par-dessus sa tête et je tentai de le frapper de ma botte. Hollywood Style. Ça n’avait aucune chance de marcher, mais, de toute façon, Croc 3 avait déjà bougé. Il était sacrément rapide. Mais pas tout à fait assez pour éviter Croc 1 et 2 qui avaient chargé comme une paire de dobermans. Je perdis l’équilibre en retombant par terre, ce qui leur laissa le temps de me sauter dessus. Le premier recula avec un grognement surpris lorsque je le cognai en pleine mâchoire. De la main gauche, car la droite tenait toujours le HK, mais ce n’était pas un problème. Le deuxième attaqua à son tour et m’assena un bon coup dans les côtes, m’arrachant un petit cri. Je le frappai au visage avec mon arme, mais un troisième coup me percuta la mâchoire et je vis trente-six chandelles. « Si ça ne marche pas, change de tactique », m’aurait dit Top. Je fis marche arrière pour me dégager et levai mon pistolet.

—Je n’hésiterai pas à m’en servir si nécessaire, dis-je en visant le visage de Croc 1, et ils ralentirent. On est quittes, les gars. Du balai et fichez-moi la paix. Malheureusement, ça ne marcha pas non plus. Soit ils ne me croyaient pas, soit ils s’en moquaient, ce qui m’inquiétait vraiment. Croc 3 commença à s’écarter doucement ; dans quelques instants, ils seraient déployés et je ne pourrais pas en venir à bout. Il fallait que je les oblige à m’attaquer tous en même temps. Je fis volte-face et je descendis l’allée en courant dans l’obscurité. Vu la rapidité avec laquelle Croc 3 avait réussi à se glisser derrière moi, il devait y avoir un autre accès. J’étais prête à parier qu’une des quelques portes donnant sur l’allée débouchait sur un bâtiment en cours de rénovation. Je les entendais courir juste derrière moi. J’avais l’horrible impression qu’ils auraient pu aller beaucoup plus vite et qu’ils se contentaient de me mener où ils voulaient. Ce qui voulait dire qu’un autre costard noir m’attendait quelque part. À peine avais-je eu cette pensée que je le vis tourner au coin de l’allée droit devant, son ombre se découpant sous les réverbères. Il se mit à foncer vers moi. Une option en moins. L’une des portes donnant sur l’allée semblait être entrouverte ; je l’enfonçai d’un coup d’épaule et la franchis. J’avais raison, ce vieil entrepôt allait être transformé en appartements. Des cloisons étaient empilées contre les murs, des boîtes de carrelage et des paquets de ciment jonchaient le sol. Croc 3 avait dû passer par là pour se glisser derrière moi. La journée de travail était finie depuis longtemps et il avait dû débrancher l’alarme, si bien que je ne pouvais pas m’attendre que quelqu’un me vienne en aide. Je refermai la porte et glissai le verrou pile au moment où le premier costard la percuta. Le battant était en contreplaqué et ne les retiendrait pas longtemps, mais je n’avais pour le renforcer qu’un banc que je poussai devant. Je traversai l’intérieur du bâtiment en courant et je m’élançais dans l’escalier quand un pied traversa la porte. Une main suivit et commença à tripoter le verrou. Ne pas oublier : éviter d’être percutée de plein fouet par ces cocos-là. J’entendis la porte s’ouvrir, repoussant le banc sur le sol. J’atteignis le deuxième étage avant de trouver ce qu’il me fallait : de solides mâts en bois. J’en attrapai un d’environ un mètre et demi de long, plus un autre plus court, et je grimpai à l’étage suivant. En contrebas, j’aperçus les quatre vampires dans l’escalier, des ombres mouvantes contre les rayons de lumière zébrée qui entraient par les fenêtres côté rue. Ils étaient horriblement silencieux, hormis les halètements et le claquement de leurs chaussures contre les marches en bois nu. Au moins, ils haletaient. Ce qui suggérait qu’ils se fatiguaient. Le HK avait retrouvé sa place dans mon sac quand ils empruntèrent la dernière volée de marches. Je me tenais sur le palier, brandissant le long mât à deux mains comme un étendard militaire et prenant appui sur ma jambe arrière. J’essayais d’avoir l’air confiante, mais mon cœur battait la chamade et ma bouche était sèche. Je n’avais pas la moindre idée de comment assommer un vampire ou le convaincre de s’arrêter. Je savais les tuer, mais c’était une solution de dernier recours. Lorsqu’ils me virent, ils ralentirent : première erreur. Puis ils se dirigèrent droit vers moi : deuxième erreur. Et en ligne, l’un après l’autre : troisième erreur, et la pire. Étant plus nombreux, ils auraient dû en profiter pour m’assaillir de toutes parts. Le premier se retrouva avec le plus petit morceau de bois, en appui sur mon pied avant, en pleine figure. Ce n’était pas dangereux, mais il leva les mains devant son visage pour se protéger et baissa sa garde. Je le frappai dans l’estomac avec l’extrémité du mât, assez fort pour le propulser en arrière sur les autres. Mais pas suffisamment pour rompre ses organes internes, espérai-je. Je ne voulais vraiment pas donner aux vampires d’autres raisons de s’en prendre à moi. Lorsqu’il tomba en arrière, je vis clairement des crocs dans sa bouche ouverte. Le deuxième se prit le côté du mât sur le menton et s’écroula avec une mâchoire fracturée. Le troisième réussit à me frapper au visage lorsque je le projetai dans l’escalier et à m’arracher mon mât. Croc 3 fut le quatrième à m’attaquer. Il était adepte de kung-fu et très doué. Sa succession de coups rapides et vrillés commença rapidement à percer mes défenses. J’encaissai quelques attaques en les bloquant partiellement afin de riposter de plus belle. Il semblait capable d’ignorer chaque coup au corps que je réussissais à porter et il continuait à protéger sa tête. J’étais en difficulté, je souffrais et je me fatiguais plus vite que lui. Il n’avait qu’à continuer jusqu’à ce que je déclare forfait. Puis il tenta un coup de grâce, comme dans les films. Son élégant coup de pied passa au-dessus de ma tête lorsque je me baissai. D’un poing tout sauf élégant, je le frappai fort dans l’entrejambe, tout en balayant sa jambe sous lui. Il s’écroula par terre, plié en deux, en gémissant comme un petit chien malade. Bonne nouvelle ! L’un au moins des inconvénients majeurs du genre masculin s’appliquait aux vampires. Le premier essaya de se relever. Dix sur dix pour l’effort, mec, mais pas quand tu peux à peine respirer. Je le cognai péniblement et il s’effondra de nouveau. Le deuxième était encore dans les choux. Il semblait souffrir d’une fracture de la mâchoire et d’une commotion cérébrale. Je descendis l’escalier en courant. Le troisième avait une jambe cassée et il devait avoir lui aussi une commotion cérébrale après avoir dévalé toute une volée de marches. Il ne bougeait pas du tout. C’était Croc 1. Par habitude, je vérifiai son pouls, ce qui, réflexion faite, semblait une drôle d’idée pour un vampire. Mais il avait bien un pouls et ses yeux s’entrouvrirent. Je reculai d’un pas.

—La prochaine fois, une invitation écrite serait peut-être une meilleure idée, annonçai-je. Comme ça, mon refus sera moins douloureux. Je n’étais pas certaine qu’il soit assez alerte pour me comprendre. En tout cas, ça ne le fit pas rire. Je finis de descendre l’escalier en courant, puis je sortis du bâtiment.

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En deux ans, je n’étais ni morte, ni morte-vivante, ce que je considérais comme un exploit. Pourtant, ce n’était pas les occasions qui avaient manqué. Même quand je n’en cherchais pas vraiment.

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