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Extrait ajouté par Marlene2303 2017-07-28T17:46:32+02:00

-Quel est ton secret ? susurre-til à mon oreille.

-Je n’en ai pas !

-On est incompatibles, toi et moi ! Pas faits l’un pour l’autre ! Alors comment tu fais ça ? insiste-t-il, d’une voix de plus en plus basse, de plus en plus menaçante.

-Je ne fais rien, haleté-je. Je… Ça nous dépasse. Ce sont nos âmes… Indociles !

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T22:16:07+02:00

– Je t’ai entendue ce matin ! me balance sa petite voix. Je sais que tu m’as abandonnée !

– Non ! sangloté-je alors en m’approchant d’elle.

Dans son regard noir, plein de chagrin et de rage, je vois tous mes espoirs s’envoler. Je vois mon futur avec ma fille se briser.

– T’es pas ma maman ! s’écrie-t-elle soudain en courant vers sa nounou. Si j’ai une maman, c’est Tempérance !

Je pleure de plus belle, tends la main vers l’enfant dans une ultime tentative pour la retenir, mais ma remplaçante l’emporte déjà loin de moi.

Exactement comme la sage-femme, il y a presque six ans.

– Willow, attends !

– Non, me retient Lennon. Callie, non !

Ses bras s’enroulent autour de moi et m’emprisonnent. Je me débats, il refuse de lâcher prise.

– Laisse-moi lui expliquer ! couiné-je, secouée par mes sanglots. Je dois lui expliquer. Elle doit comprendre… Je la voulais ! Je l’aimais ! Je l’ai toujours aimée !

Mon cœur se déchire, à l’intérieur. Je ne tiens plus sur mes jambes. Lennon me soutient, m’enveloppe, puis m’installe dans un fauteuil, me murmure d’inspirer, d’expirer, s’assure que je vais bien, presque bien, puis retourne à l’intérieur de la maison. Pour aller consoler sa fille.

Ma fille.

Perdue. Envolée. Détruite. Comme ce pompon rouge sang qui gît au sol.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T22:15:43+02:00

– Qu’est-ce qui ne va pas, Willow ? Explique-moi…

– Je sais que c’est ma mère ! lâche-t-elle soudain en me pointant du doigt.

Elle vient d’exploser. Et c’est comme si mon corps se vidait de tout son sang. Je blêmis. Je tremble. Le sol semble mouvant, sous mes pieds.

– Willow, tout va bien…

Lennon a beau essayer de la calmer en lui caressant les cheveux, la petite est de plus en plus incontrôlable. Inconsolable. Son père lui chuchote posément qu’elle n’a pas le droit d’épier les gens, d’écouter les conversations des adultes. Qu’elle n’est pas censée monter au deuxième étage, qu’il le lui a dit un million de fois. Mais plus les règles et les interdits affluent dans la bouche du père, plus les larmes de colère et de tristesse inondent le visage de sa fille. Et je ne vois plus bien clair, moi non plus.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T21:42:04+02:00

– Si tu veux revenir, ce soir… hésite-t-il. On n’est pas obligés de tout arrêter.

– Tout ? demandé-je pendant que mon cœur rate des battements.

– Willow pourrait faire d’autres essayages. Si tu es d’accord. Je ne sais pas pourquoi mais elle aime vraiment ça. Et je sais qu’elle a envie de passer du temps avec toi. Peut-être qu’on pourrait reprendre les photoshoots ?

– Tout ça pour avoir une heure de tranquillité ! plaisanté-je. Je vais me coltiner la nounou pendant que tu vas surfer, c’est ça ?

– Coupable, admet-il sans pouvoir retenir un sourire. Et Tempérance n’est pas ton ennemie, tu sais…

– Ça, ça reste à voir. Père indigne !

– Ne va pas trop loin quand même, me rembarre-t-il d’une voix grave en m’ouvrant la porte de la villa.

– Je n’ai plus peur de toi, Lennon Hathaway… même quand tu fais ta grosse voix, lui glissé-je à l’oreille.

Un frisson nous traverse, je le sens. Nos regards s’aimantent, puis se séparent. De force.

– Non, c’est ma casquette ! entends-je Willow crier au loin.

– Bon courage pour l’envoyer à l’école sans ! provoqué-je son père avant de filer.

– Je sais, je ne te remercie pas.

Un soupir, un sourire de sale gosse et la porte se referme sur lui.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T21:40:42+02:00

J’ignore si c’est le vent ou l’émotion qui rendent ses beaux yeux brillants. Il les plisse. Se racle la gorge et reprend :

– Si tu dois faire partie de la vie de Willow, tu ne peux pas être dans la mienne… Pas de cette façon-là. Ma porte te sera toujours ouverte, Callie. Mais pas mon lit. Devenir parent, c’est un job à plein temps. Quand elle saura qu’elle est ta fille, quand tu voudras apprendre à être sa mère… Je crois qu’il n’y aura de place pour rien d’autre dans ton cœur. Et le sien.

Sans le savoir, il vient de briser le mien. Il a sans doute raison. Mais je n’arrive pas à dissocier Lennon de Willow. Mes sentiments naturels pour elle, évidents. Ceux que j’éprouve pour lui, naissants. Et je trouve ça injuste, cruel, d’avoir à renoncer à l’un pour pouvoir aimer l’autre. Alors que je me sens si bien, auprès d’eux. À ma place, peut-être pour la première fois de ma vie.

– D’accord, m’entends-je prononcer quand même.

J’étais censée arrêter de lui mentir… Je crois que pour cette fois, il me pardonnera.

– Je suis venue ici pour retrouver ma fille, continué-je. Pas pour chercher… une aventure… ou l’amour, ou je ne sais quoi.

– Parfait, grommelle-t-il comme s’il disait le contraire.

– Mais je veux tout savoir. Toute l’histoire de Willow.

– Je vais te dire tout ce que je sais.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T21:39:34+02:00

– Willow ne va pas se réveiller ? demandé-je, un peu nerveuse.

– Pas encore, dit-il en consultant sa montre acier.

– Elle ne devrait peut-être pas me voir ici…

– Je sais.

Lennon avale la moitié de son verre de jus d’orange, mord dans un toast comme pour se donner des forces. Peut-être du courage. Je ne peux rien faire d’autre que siroter mon mug de café. Et attendre qu’il m’explique ce qu’il a décidé.

– Écoute…

– Est-ce que… ?

On s’est mis à parler en même temps et on s’arrête aussi vite.

– Vas-y, dis-je dans un petit sourire.

– Non, je t’en prie, insiste-t-il doucement.

– Je préférerais que ça vienne de toi.

L’air préoccupé, le visage fermé, il s’essuie la bouche de sa serviette, s’enfonce contre le dossier de sa chaise, croise les bras et pose le regard loin devant, vers l’océan. C’est apparemment là qu’il trouve toutes les solutions.

– Je crois qu’on devrait arrêter, Callie. Ce qu’on est en train de faire. Je ne sais pas ce que c’est mais… Tu l’as dit, ça nous dépasse.

– Et tu n’aimes pas beaucoup être dépassé, ajouté-je à voix basse.

– Je sais que je peux avoir l’air dur, parfois. Obsédé par l’idée de tout contrôler. Mais c’est pour Willow que je le fais. Tout ce que je fais, tout ce que tu vois, c’est pour elle. Elle n’a que moi.

– Je sais, murmuré-je.

Lennon devine que ses mots sont durs à entendre, il me jette un regard empreint de douceur, de compassion. Puis, le père célibataire reprend en fixant à nouveau l’horizon :

– Jusque-là, ça ne nous réussit pas trop mal à tous les deux. Mais on revient de loin. Ça n’a pas été facile de trouver un équilibre. Et je ne veux pas le perdre.

– Je comprends

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T17:53:57+02:00

– Callie… m’interrompt Lennon.

Sa grande silhouette quitte le bras du fauteuil pour s’avancer vers moi.

– Oui ?

– Elle n’est pas normale non plus, tu sais ? me glisse-t-il tout bas.

– Je sais, fais-je d’une voix triste et fière à la fois. Et elle a besoin qu’on lui dise que ce n’est pas grave. Au contraire ! Qu’elle est unique et qu’elle est parfaite comme elle est…

– Je suis d’accord, me répond la voix grave et profonde.

Une main sur mon épaule, l’autre au creux de mon cou. Je me retrouve plaquée contre la baie vitrée, à la merci de son corps massif et brûlant. Lennon est contre moi. Tout contre moi. Et j’adore ça.

– Je fais tout ce que je peux pour lutter. Pour te détester. Je n’y arrive pas… grommelle-t-il.

Je gémis, m’emplis de son odeur délicieuse, entêtante, contrastée comme un sucré-salé.

– Quel est ton secret ? susurre-t-il à mon oreille.

– Je n’en ai pas !

– On est incompatibles, toi et moi ! Pas faits l’un pour l’autre ! Alors comment tu fais ça ? insiste-t-il, d’une voix de plus en plus basse, de plus en plus menaçante.

– Je ne fais rien, haleté-je. Je… Ça nous dépasse. Ce sont nos âmes… Indociles !

Ses lèvres fondent sur les miennes, ses mains remontent mes poignets de chaque côté de mon visage et déjà, sa langue me tourmente. J’écarte légèrement les jambes pour lui laisser la place de venir se nicher au plus près. Entre mes cuisses.

Là où mon corps le réclame de manière incontrôlable. Là où il glisse sa paume, sans jamais cesser de m’arracher des soupirs.

Insondables, indociles… et insatiables !

Face à ce soleil couchant, à cet océan, je m’abandonne.

Lennon me veut. Malgré tout ce qui nous sépare, tout ce qui nous oppose, il me veut vraiment. Je le sens. Ses lèvres ont un goût d’interdit, de bière, de désir et d’absolu. Plaquée contre la vitre de cette véranda, je me remplis de lui. De son odeur, de sa force, de son animalité. De ses baisers puissants et langoureux, qui me réveillent à l’intérieur.

Avec lui, j’ai envie de prendre tous les risques. De sortir de ma solitude. De m’offrir pour me sentir femme. Vivante. Vibrante.

– Tu me fais perdre la tête, Callie… lâche le businessman en empoignant mes fesses

Son corps surplombe le mien, l’entoure, le recouvre, sans jamais l’emprisonner. Je sais que je suis libre de partir, de dire stop, de tout arrêter. Mais je n’en ai pas l’intention. Jamais de la vie. Si Lennon Hathaway devait me quitter, arrêter de m’embrasser, de me toucher, à cet instant, je crois que j’en mourrais.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T17:17:07+02:00

– Premièrement, Willow a besoin d’autre chose que son parfait papa, sa parfaite nounou et sa parfaite villa. Elle a besoin de voir du moche, du fou, du désordonné, des choses qui lui ressemblent un peu plus.

– Tu viens de dire que ma fille était moche ? me provoque Lennon d’un regard amusé.

Dieu qu’il est sexy…

– Deuxièmement, continué-je quand même, je peux aussi agir en adulte responsable puisque j’ai appelé illico le père de cette petite fugueuse alors qu’elle m’a supplié de ne pas le faire.

– Tu veux une médaille du courage ? ironise-t-il en plissant ses beaux yeux.

Dieu qu’il est insolent…

– Troisièmement, ta fille n’a plus rien à se mettre sur le dos et il serait peut-être temps de faire quelque chose pour sa passion des ciseaux…

– Tu es en train de me traiter de mauvais père ? s’indigne-t-il pour de faux.

Dieu qu’il est arrogant…

– Quatrièmement, je ne crois pas que tu sois aussi parfait que toutes les femmes de cette foutue ville ont l’air de le croire.

– Il me semble que tu es une femme… et que tu vis dans cette ville, non ?

Dieu qu’il est sûr de lui…

– Cinquièmement, poursuis-je en l’ignorant, je crois bien que tu vas avoir besoin de moi si tu veux que ta fille accepte de porter à nouveau des fringues et n’aille pas à l’école en petite culotte.

– Il y en a bien qui font du vélo en culotte par ici… me nargue-t-il en laissant son regard glisser vers ma jupe crayon.

Dieu que j’aime le voir me regarder comme ça…

– Et sixièmement, tenté-je avec mes dernières forces, rien ne me vient là tout de suite mais je suis certaine qu’il y a bien un sixième argument à ajouter, comme cette sixième boule de glace que j’ai avalée juste pour te prouver que je vais toujours au bout des choses et que je n’abandonne jamais !

Lennon sourit, apparemment attendri par cet exemple de ma ténacité. Je décide de ne rien lâcher. De me livrer. Pour une fois que j’ai l’ascendant, perchée tout en haut de cet escalier.

– Je n’abandonne jamais sauf… Sauf ce bébé, que j’ai abandonné, il y a cinq ans et demi, contre mon gré. Et c’est la plus gigantesque, la plus terrible erreur de ma vie. Crois-moi, j’en paye le prix.

– Je sais, Calliopé… admet-il en observant les larmes qui dansent dans mes yeux.

– Je crois que je mérite cette deuxième seconde chance, même si ça n’existe pas.

– Ça doit exister… dans un monde un peu fou et désordonné.

Il m’adresse un petit sourire triste que je trouve d’une tendresse infinie. C’est si rare de voir cet homme solide et inébranlable faire preuve de douceur, de compassion. En fait, je ne l’ai vu fondre qu’au contact de sa fille. Et au mien.

Lennon Hathaway doit avoir un truc pour les indociles…

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T17:12:54+02:00

– Tais-toi et écoute-moi, pour une fois ! m’enflammé-je. Si tu arrêtais de m’engueuler comme une gamine, on pourrait peut-être jouer d’égal à égal.

– Il me semble bien t’avoir traitée comme une femme, pourtant, lâche sa voix grave.

Je tente d’ignorer tout ce que cette phrase implique et continue sur ma lancée.

– Si tu arrêtais d’être contre tout, par principe, on pourrait peut-être faire équipe. Je sais que Willow représente tout pour toi. Mais tu ne peux pas être son seul pilier. Son seul horizon. À force de la protéger contre le monde entier, tu l’isoles, tu l’emprisonnes. Je sais trop bien ce que ça fait, crois-moi. Et ce n’est pas seulement moi qu’elle est venue chercher, Lennon : c’est aussi toi qu’elle a fui !

– Tu as fini ? me demande-t-il, passablement agacé.

– Non, j’ai des tas de choses à dire, si tu acceptais enfin d’écouter.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-08-28T17:10:01+02:00

– J’ai menti pour les gros mots, annoncé-je avant qu’il ne me le reproche.

– Bordel, je m’en fous de ça !

– Je ne savais pas que tu en disais aussi…

– C’est sérieux, Calliopé.

– Je sais.

– Tu réalises ce qui aurait pu arriver ?

– Oui.

– Elle a cinq ans et demi. Elle ne peut pas fuguer et errer dans les rues pour venir te trouver.

– Elle a réussi… tenté-je d’une petite voix.

– Elle s’est mise en danger ! réplique-t-il brusquement. Elle aurait pu tomber, se faire écraser, kidnapper et des choses pires encore ! C’est une petite fille, une parfaite victime…

– Non, c’est Willow, le coupé-je à mon tour.

– Arrête de l’admirer ! De la trouver tellement maline et tellement dégourdie. Si tu veux être sa mère, Callie, arrête d’être fière d’elle à chaque connerie !

L’émotion me saisit. Entendre « mère » et « Callie » dans la même phrase, c’est déjà beaucoup. Mais dans sa bouche à lui, je le supporte à peine. Lennon semble se rendre compte de mon trouble et me quitte des yeux. Il pose les siens ailleurs, au loin. Peut-être pour me laisser respirer. Ou juste pour réfléchir à ce que son royaume est en train de devenir. S’il me laisse y entrer.

– Les conneries, c’est ce que je sais faire de mieux, lui avoué-je tout à coup, comme s’il venait de me mettre au pied du mur

– Ce n’est pas ce que j’ai dit, souffle-t-il en saisissant la rampe à pleine main.

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