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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:35:07+02:00

Je n’ai pas revu Seraphina depuis cette scène gênante sur la plage du phare. Et le malaise m’étreint à nouveau. Je ne sais pas vraiment laquelle de nous deux s’est éloignée de l’autre. Peut-être aucune. C’est le moment d’en avoir le cœur net. Pour que la surprise soit totale, je pousse la porte de Miss Button en retenant la clochette qui annonce l’arrivée d’un client. Je laisse Willow errer dans les rayons en touchant à tous les tissus, comme elle le fait souvent, et marche jusqu’au comptoir. Personne. Je m’aventure un peu plus loin, vers l’arrière-salle qui sert de bureau, de pièce de stockage et de coin détente. Je n’y ai jamais mis les pieds jusque-là. Juste entraperçu le bazar de loin.

Mais à cette seconde, c’est Lennon qui m’apparaît dans l’embrasure de la porte. Je m’arrête net. Je pourrais m’annoncer, les saluer simplement. Ou m’en aller, décider de ne pas interrompre leur… réunion. Mais je n’aime pas la façon qu’a Seraphina de le regarder. Je n’aime pas qu’ils aient tant de choses à se raconter et qu’ils aient l’air de se les chuchoter. J’aime encore moins le sourire en coin de mon businessman, celui qui me fait tant craquer. Et je déteste que mon amie pose ses deux mains sur ses bras croisés à lui, y prenne appui pour se hisser sur la pointe des pieds.

Et embrasse l’homme que j’aime, comme si c’était le sien.

Mon cœur chute. Mon corps cède. Mon sac à main échoue par terre. Et son contenu se déverse à mes pieds comme la vague trop violente d’une grande marée. Yeux embués, mains tremblantes, je me penche pour tout ramasser. En silence, je récupère mon petit miroir, mon carnet de croquis, mon rouge à lèvres, mes crayons de couleur, mes clés, ma dignité.

Et le test de grossesse que j’ai acheté hier. Pas encore osé faire.

Parce que j’ai cru que cette fois, tout ce bonheur, ce n’était pas trop beau pour moi.

Grave erreur.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:23:09+02:00

Pris dans le tourbillon de la ville colorée, nous passons la soirée et la journée suivante à manger, boire, rire, danser et faire l’amour. Lennon m’emmène à la Scala, dans les plus belles boutiques et les meilleurs restaurants de Milan.

Et dans mon esprit, l’Italie porte désormais un nouveau visage. Une nouvelle histoire. Un nouvel espoir.

Mon nouveau départ.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:20:52+02:00

Nous franchissons la porte de la clinique privée un peu avant 18 heures. L’odeur familière me frappe en plein cœur, malgré les presque six années écoulées. J’en ai le tournis. Lennon me récupère de justesse et m’empêche de m’effondrer. Il me laisse quelques secondes pour me remettre, puis me murmure :

– Ça va te faire un mal de chien et je déteste te voir souffrir, mais c’est nécessaire…

– Je ne sais pas si je peux y arriver…

– Je suis là, Callie. Si tu ne peux pas avancer, je le ferai pour toi…

Ses bras me soulèvent du sol et m’emmènent jusqu’à la salle d’attente. Pendant de longues minutes, j’inspire et expire avec application, me plongeant dans ses yeux lumineux pour ne pas sombrer.

– C’est ici qu’on me l’a volée… gémis-je en tentant de repousser les images qui m’assaillent.

– Je sais…

– J’ai eu tellement mal quand ils me l’ont arrachée, sangloté-je. Je voulais mourir, Lennon. Je voulais que tout s’arrête. Et parfois, le passé m’engloutit encore. Je ne peux pas oublier…

– Ils vont payer, gronde-t-il en me serrant un peu plus fort.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:19:07+02:00

En début d’après-midi, nous dévorons un panini, sur une petite place déserte, deux adossés à une fontaine.

– Ciao Bambina ! me sourit Lennon, derrière son appareil photo.

Il veut garder un souvenir de ce jour important, pour le montrer à notre fille. Quand on lui racontera son histoire. Toute son histoire.

– J’ai la bouche pleine ! ris-je en me cachant derrière ma main.

– Tu es belle comme le jour.

Il ne plaisante pas. Je frissonne.

– Tu le penses ? murmuré-je.

– Oui.

– Vraiment ?

– Oui.

– Alors tu es fou…

Lennon rit de sa voix grave et envoûtante, puis m’emprisonne dans ses bras.

– Je veux bien être fou, si ça veut dire l’être avec toi…

Je savoure ses mots et réalise que je touche presque le bonheur du doigt.

– « Avec moi ». Oui, mais en secret, lâché-je dans un souffle.

– Pour Willow, précise-t-il en m’embrassant dans le cou. Juste pour Willow…

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:18:20+02:00

– Je pourrais faire ajouter à la longue liste des accusations qui pèsent sur lui « trafic d’enfant et adoption illégale ».

– Et s’ils nous la prennent ? couiné-je soudain, au bord des larmes.

– Impossible, chuchote-t-il. J’ai mis une horde d’avocats sur le dossier… Et contrairement à celles de mon frère aîné, mes démarches d’adoption ont été faites en toute légalité.

– Willow ne changera pas de famille, confirme mon ténébreux de frère. Elle l’a enfin trouvée, elle va y rester.

Trois paires d’yeux me fixent, tout à coup. Je me sens à la fois heureuse et… au bord d’un gouffre sans fond. La peur me tétanise.

– Callie, je ne ferai rien sans ta permission…

Les yeux multicolores plongent dans mon noir et tentent d’en extirper mon âme aux abois. Il est si beau. Si solaire, alors que j’ai grandi dans l’obscurité. Et que je retourne si souvent y plonger.

– Dis oui, petite sœur… murmure Dante.

J’inspire profondément, puis m’entends m’écrier :

– Faisons-le payer, cet enfoiré de putain de chiotte ! Et libérons ma fille de son passé noir corbeau, mettons de la couleur dans sa vie !

Leurs rires, voilà ce qui me frappe. Sincères, émus, tonitruants, qui montent dans les airs et s’éparpillent au-dessus de l’océan.

– Il est temps qu’elle entre dans la lumière… ajouté-je tout bas.

– Comme tu es en train de le faire, me susurre Solveig tandis que nos deux hommes se serrent la main.

Entre eux, c’est évident, le courant passe. Malgré le secret, Dante sait pertinemment que j’aime l’homme qui lui fait face. Et j’ai la certitude que mon frère, si méfiant et protecteur d’ordinaire, approuve. Lennon Hathaway est un homme bien, c’est ce que signifie cette poignée de mains.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:10:36+02:00

Intouchée avant lui. Devenue insatiable. Plus que jamais indocile.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T12:10:13+02:00

Alors Lennon plaque ses mains fraîches sur mes joues brûlantes, m’attire doucement à lui et embrasse la peau fine juste sous mes yeux.

– Tu n’as plus de larmes mais je sais qu’elles ont coulé. Ta peau a un goût salé. Ton regard est encore plus noir. Je suis nul pour trouver les noms des couleurs, mais je sais quand la femme que j’aime a besoin de me parler.

Je me love un instant contre sa combinaison humide, m’abandonne à son étreinte tendre et rassurante, hésite quelques secondes à me laisser aller au fond du gouffre. Il suffirait que je m’accroupisse sur le sable, que je me roule en boule et verrouille ma bouche, que je m’isole dans ma bulle et refuse les mains tendues. Je fais ça mieux que personne.

– Parle-moi, insiste la voix chaude tout près de mes lèvres.

Et ses yeux irisés, verts, bleus, dorés, lumineux, son regard fascinant me happent et me relèvent.

Sans entendre ce que je dis, je lui raconte Gus, Vito, les roses noires, les cartes rouges, les couteaux dans le dos. Et le coup de fil, les menaces, les silences, les terribles mots.

Des larmes chaudes glissent sur mes joues.

– Tu ne l’as peut-être pas tué, Callie. Mais tu l’as vaincu. Dans ton âme, il n’existe plus. S’il ne te contrôle pas, qu’est-ce qu’il lui reste à faire ? Rien. Tu t’es libérée de ton père, enfin. Et regarde ce que tu as gagné !

Lennon me montre l’océan, le ciel, la plage à perte de vue. Il me sourit à me faire fondre. Puis il revient me serrer à me faire mal.

– Tu as gagné tout ça ! L’infini. Le monde qui s’ouvre à toi. L’océan des possibles, le ciel à aller toucher ! La liberté, ça fait peur, ça fout le vertige. Mais maintenant, tu as toute la vie pour l’apprivoiser. Ce n’est pas une sauvage comme toi qui va se laisser dompter, hein ?

– Tu sauteras avec moi ? lui demandé-je dans un sourire rempli d’amour.

– Un milliard de fois s’il le faut…

Sa voix grave me couvre de frissons. Et mon roi du monde me soulève, me fait tournoyer dans ses bras, me repose et m’embrasse passionnément. À la folie.

Une folie douce, grisante, qui met tout mon corps en émoi.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T11:49:04+02:00

Je lui adresse mon sourire le plus faux, le plus déçu, le plus trahi. Le plus triste au monde. Le plus noir qui soit. Et qui déteint sur lui.

– Je te demande pardon, Callie. J’étais terrorisé. Il faut que tu me croies, j’ai essayé de résister. Mais Vito est tellement puissant, tellement flippant, il m’a manipulé, tyrannisé, il faisait de moi ce qu’il voulait, je ne pouvais plus rien lui refuser. Je sais que c’est inexplicable, incompréhensible, impardonnable… mais il n’y a que toi qui sais ce qu’il m’a fait.

– Non, Gus. J’ai vécu sous sa coupe pendant plus de vingt ans. J’ai tenu bon jusque-là. Toi, tu n’as pas tenu deux mois. Tout ce que tu avais à faire, c’est rester de mon côté. Tu as choisi de basculer, personne ne t’a poussé. Alors non, je n’ai aucune pitié. Les menteurs, les traîtres, les manipulateurs… Je n’en veux plus dans ma vie.

– Calliopé, m’implore-t-il dans un soupir.

– Tu as une heure pour partir.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T11:48:02+02:00

– Avec ces fleurs immondes , il voulait juste te faire peur. T’envoyer un message. Pour que tu ne croies pas que tout était acquis, simple, fini. Pour que tu ne sois pas tentée de lui nuire en révélant toute la vérité.

– C’est réussi, commenté-je, amère. Lennon tient plus que tout à ce secret. Je n’ai pas le droit d’être la femme qu’il aime. Pas le droit d’être officiellement la mère de ma fille. Pas le droit au bonheur ni à l’amour au grand jour. Même de loin, Vito gâche tout, Vito contrôle tout, toujours. Mission accomplie, August Perry.

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Extrait ajouté par MimiSouris14092013 2019-09-04T10:59:05+02:00

– Si tu veux mon avis, les secrets, ce n’est bon pour personne… Et Dante et ta mère se doutent déjà de quelque chose.

– Ils te l’ont dit ?

Elle confirme et ajoute :

– J’ai tenu ma langue parce que j’ai conscience de la difficulté que ça représente pour vous, pour Willow, pour tout… Mais la vérité finit toujours par éclater. Et elle fait des dégâts…

– Je sais…

– Dante et moi, ça a failli nous déchirer à l’époque, murmure-t-elle d’une voix un peu éteinte.

– Je me souviens…

Nous contemplons un instant le décor paradisiaque qui nous entoure, les passants, les bateaux et l’air qui défilent.

– Au final, l’amour l’a emporté, murmure la blonde. Et tu l’auras aussi, ton happy end.

– Je n’y ai jamais cru, jusque-là… Avant lui. Et ça me terrifie d’espérer quelque chose qui n’arrivera peut-être pas, soufflé-je à voix très basse.

Elle attrape ma main et la serre fort, très fort.

– Callie, sois patiente. Lennon finira par s’ouvrir. Il criera bientôt sur tous les toits qu’il se tape la brune la plus sexy de toute la Côte !

– Tu crois qu’elle sait ? Willow ? Et qu’elle nous en veut de lui mentir ?

– Je pense qu’elle comprend certaines choses et d’autres pas. Et qu’elle attend juste que vous soyez prêts à lui dire que « Papa Riche et Maman Folle s’aiment pour toute la vie ».

Je souris, elle se tape une nouvelle crevette.

– On n’est jamais sûr, si ?

– Sûr d’aimer pour toujours ?

– Toujours… répété-je. Rien que ce mot veut tout dire et rien dire à la fois.

– Je le suis, moi, me sourit-elle. Je suis sûre d’aimer ton frère jusqu’à mon dernier souffle.

Elle en a presque les larmes aux yeux.

– Foutues hormones ! rit-elle en pleurant. Mais mon petit doigt me dit que tu aimeras aussi ton surfeur jusqu’au bout… Et même dans ta prochaine vie.

Tutu doit être devin dans un monde parallèle. Enfin, son double. Son clone. Une sorte de madame Irma montée sur ressorts, en tutu et chaussons de satin. Parce qu’elle a raison, comme toujours. Lennon est l’homme de ma vie.

Et je n’ai même plus peur de me l’avouer.

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