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Extrait ajouté par lalisa78 2018-03-03T01:01:52+01:00

– Le chien !

– Quoi le chien ? demande Réha.

– Si leur chienne m’avait mordue, ça pourrait expliquer que je perde du temps…

– Mais c’est stupide, si elle t’avait mordue, ça se verrait...

– Mors-moi !

– Mais t’es complètement folle ! je préfère encore laisser à Mat le soin de te corriger ! Je ne t’ai jamais frappée, même quand t’étais toute petite, c’est pas maintenant que je vais commencer !

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Extrait ajouté par lalisa78 2018-03-03T00:55:27+01:00

Soudain, Jippy, désobéissant à sa maîtresse qui l’appelle, est en train de foncer sur moi. Sans réfléchir je franchis les trois mètres qui me séparent de la porte et j’entre comme un bolide. Je referme sur le nez du chien qui n’apprécie vraiment pas mon intrusion chez sa maîtresse. Et bien tant pis, je suis là, et je compte bien rester de ce côté de l’entrée ! Ce chien stupide ne se contente pas d’aboyer et de gratter, il sait aussi sauter pour actionner le loquet. Je m’appuie tellement fort contre la porte que même aidé de tous les chevaux du ranch, il ne pourrait pas ouvrir.

– Habituellement, quand les gens viennent nous rendre visite, ils commencent par frapper à la porte ! C’est la voix de Jules ! Je le reconnais ! Je suis toujours face à l’entrée et je ne le vois pas. Je ne sais pas s’il est seul ou avec d’autres personnes, je ne sais même pas comment est la pièce dans laquelle je me trouve. Jippy a renoncé à entrer et ne saute plus sur le loquet. Il s’est tu et je l’entends fureter dehors, certainement en quête d’une proie plusfacile à attraper. Un silence de plomb est tombé autour de moi. Alors je fais la chose la plus stupide possible, toujours dos à la salle, je me redresse et je frappe à la porte !

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Extrait ajouté par lalisa78 2018-03-03T00:53:10+01:00

​Je m’extirpe à mon tour et m’approche de lui. J’avoue que je suis assez fière de moi. Mon adversaire semble hors d’état de nuire, je n’ai même pas besoin de le frapper encore, mais je veux une explication !

– T’es qu’un sale voleur ! je connais la personne à qui appartient cette moto ! Ah, ah ! tu es trop bête ! Voler une machine aussi reconnaissable !

L’homme continue de tousser. J’espère qu’il ne s’est pas perforé le poumon en tombant, car ça a l’air sérieux. Il retire bruyamment son casque noir et me jette un regard fou. Il a des yeux tellement clairs ! C’est flippant ! Il a l’air de vraiment souffrir.

– Ma mère… Grâce est ma mère… Et toi… Tu dois être Amy…

Cette révélation, qu’il a réussi à me communiquer au-milieu de quintes de toux, me glace de la tête aux pieds. Je viens de massacrer le fils de celle qui remplit mon esprit depuis deux semaines ! Comment ai-je pu ne pas remarquer que ce voleur avait les mêmes yeux que Grâce ? Il ne s’intéresse plus à moi mais reporte toute son attention sur son mollet. Je m’approche un peu, et découvre une grande marque boursouflée, d’un beau rouge brun. J’avoue que le mot barbecue est celui qui me vient le premier en tête quand je vois sa blessure.

– Je ne comprends pas. Tu roules en moto avec cette brûlure ou tuviens de te la faire en tombant ?

Il est tellement stupéfait qu’il en oublie de tousser. Et de respirer aussi. Je décide de lui taper dans le dos pour l’aider à ne pas s’asphyxier, pensant à juste titre qu’il n’est plus à une douleur près. Mon aide énergique est assez efficace car il me supplie d’arrêter mes gestes de secours avant de lui casser une côte.

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Extrait ajouté par Kindcookie 2017-01-30T15:47:30+01:00

CHAPITRE 1

Le bruit de leurs pas se rapproche. Mais comment peuvent-ils avoir une telle endurance ? Moi, je sais que la peur décuple mes forces, mais eux ? Quelle est leur motivation ? Moi !

Leur but, c’est de m’attraper. C’est moi qu’ils veulent ! Malgré la pugnacité qui me caractérise, je sais bien que mon corps va bientôt me lâcher.

Dans des moments comme ça, je regrette tous les loukoums, les tartines de caillette et autres petits plaisirs quotidiens auxquels j’ai tellement de mal à résister. Oui je sais, je viens de parler de pugnacité et j’avoue craquer pour la moindre friandise. Disons que la détermination dont je fais preuve est à la fois une qualité et un défaut chez moi, mais j’ai un vice encore plus grand, c’est la gourmandise. Et à cet instant, mon cœur et mes jambes me rappellent douloureusement que j’aurais dû être attentive à nourrir correctement les muscles qui maintenant me font défaut.

J’ai de plus en plus de mal à respirer, je souffle comme un phoque. En fait je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier par moi-même si ces gros mammifères font réellement beaucoup de bruit quand ils inhalent l’air iodé de l’Arctique. La meute lancée à mes trousses semble tellement déterminée à me nuire que je pense ne jamais avoir l’occasion de voir un phoque un jour.

Une douleur vive traverse ma poitrine et m’oblige à ralentir. Ah, ah ! Ça c’est l’humour du créateur ! Mes poursuivants n’auront pas le plaisir de me torturer à mort, car je vais quitter ce monde, victime d’une crise cardiaque. Désolée les voyous, vous n’aurez que mon cadavre pour vous amuser, ce sera ma petite surcharge pondérale qui aura eu raison de mes 17 ans…

Je ne sais plus du tout où je suis. Ça fait déjà un petit moment que je cours sans savoir où je vais. Je ne suis jamais venue par ici. Je ne sais pas depuis combien de temps le soleil d’avril a disparu derrière les immeubles. Le crépuscule est là ; la ruelle que je remonte à grand peine s’attriste d’ombres de plus en plus longues. Je devrais être rentrée à la maison, comment vais-je pouvoir expliquer mon retard ?

Je ne me retourne pas, je ne veux pas leur offrir l’image de ma mine terrifiée, mais je les sens tout près. Eux aussi halètent. J’ai l’impression d’être poursuivie par une colonie de phoques. Cette idée me donne du courage. Je ne suis pas la seule à souffrir, eux aussi sont fatigués. Peut-être aiment-ils autant les loukoums que moi. Si j’en avais dans les poches, je pourrais envisager de les amadouer avec quelques douceurs.

Balayant cette idée, je redouble d’efforts. Finalement je pourrais peut-être les semer. Sur ma droite s’ouvre une autre ruelle dont la pente m’attire. Sans réfléchir, je change de direction. Effectivement, l’étroite rue descend, et je me sens immédiatement soulagée au niveau de la respiration. J’en profite pour redoubler de vitesse. Si seulement je pouvais déboucher sur un quartier que je connais, je pourrais tenter de semer mes poursuivants en prenant des raccourcis. Malheureusement je ne suis pas dans la cité des oiseaux, ma cité, celle que je pourrais traverser en courant avec un bandeau sur les yeux.

Soudain je réalise que je n’entends plus les phoques ! Le soulagement me coupe la respiration, ou alors, c’est que je suis arrivée au bout de ce que je peux donner. Je profite de ce répit pour ralentir. J’adopte une allure de marche rapide, tout en essayant de reprendre mon souffle, mais mon cœur s’est complètement emballé. Il cogne tellement fort ! On dirait qu’il veut offrir un ultime récital à chaque cellule de mon corps. La douleur dans la poitrine est toujours là. Elle joue en duo avec un point de côté qui monte en crescendo et essaye de dominer les lancées thoraciques.

Quand j’entends le rire d’un de mes poursuivants, j’arrête d’écouter le concerto de mon corps. Je réalise qu’ils sont toujours derrière moi. Mais pourquoi ne m’ont-ils pas rattrapée ? Pourquoi ont-ils arrêté de courir ? Suis-je arrivée à la limite de leur territoire ? Je sais que les bandes se partagent les quartiers et n’empiètent pas chez les autres. Je dois avoir franchi une frontière…

Soudain je le vois, là, devant moi, et je comprends la raison de leur rire. Il se dresse au milieu de ma route. Sombre, sale, imposant : un mur. Ce n’est pas une ruelle mais une impasse, et les autres le savaient. Je suis piégée. Le sentiment de terreur qui me submerge a l’avantage de balayer toutes les douleurs. J’écarte tout de suite la première idée stupide qui me vient à l’esprit. Non, je ne vais pas me fracasser la tête contre ce mur. Si je n’arrive pas à franchir cet obstacle, je me battrais, comme la petite chèvre de Monsieur Seguin. Je doute fort que je tiendrai jusqu’au matin comme Blanchette, mais à ma décharge, c’est une meute qui me poursuit et non un vieux loup solitaire. Et puis moi, si j’avais été sur une montagne, je suis sûre que je les aurais semés, tandis que l’obstacle devant moi est vraiment infranchissable.

Alors que je palpe avec frénésie chaque aspérité de chaque parpaing, à la recherche de je ne sais quelle porte dérobée, je les entends juste derrière moi. Je me retourne. Ils sont cinq. Plus grands que je les imaginais. Plus imposants aussi. Ce ne sont pas des phoques. Pas même des loups. Cinq gaillards, cinq rictus mauvais, dix yeux avides et cruels, dix bras musclés et au moins cent cinquante dents prêtes à me déchiqueter. C’est bien ceux que j’ai croisé en sortant de la casse.

– Tu vas regretter de nous avoir fait tant courir la morveuse.

– Quand on en aura fini avec toi, même ta mère ne te reconnaîtra pas.

Je n’ai pas de mère pauvre imbécile ! Je fonce dans le tas. C’est la seule chose à faire dans ces cas-là, non ? Peut-être pas finalement. Je me retrouve à plat ventre par terre. Ma joue est venue s’imprégner dans une pierre sans que je puisse amortir la chute avec mes mains. J’essaye de me relever mais un violent coup de pied me projette à nouveau à côté de la pierre que je saisis. Il est hors de question de me faire tabasser sans me défendre.

– Qu’est-ce que vous voulez à la fin ? Laissez-moi tranquille, je n’ai pas d’argent….

Celui qui vient de me donner le coup de pied éclate de rire. La vision de sa bouche édentée me fait frémir. Il ressemble à un des pirates, que j’avais aperçu dans un très vieux film que regardaient mes grands cousins sur le cyberviseur du salon. Le pirate s’appelait « Ragetti » je crois. A l’époque, j’avais été fascinée par ce visage édenté. Il va falloir que je revoie à la baisse mon estimation de cent cinquante dents.

« Ragetti » me saisit sans ménagement par le bras et me propulse contre le mur. Avant même que je réalise, il me retourne et me plaque, dos contre les parpaings, en me maintenant par les poignets. Je tiens toujours la pierre mais elle ne m’est d’aucune utilité, car j’ai les deux bras complètement immobilisés. Je ne peux même pas me servir de mes jambes car le gars s’appuie contre moi de tout son poids.

Comment ai-je pu croire que ces voyous aimaient les loukoums ? En découvrant leurs muscles puissants je comprends que la poursuite n’était qu’un amusement de plus. Comme un chat avec une souris. Le type rapproche dangereusement sa figure de la mienne. Je m’attendais à une haleine fétide de vagabond, mais c’est une fraîche odeur mentholée qui se dégage de sa bouche édentée. Je soutiens son regard en essayant de cacher ma terreur. Je ne veux pas lui donner cette satisfaction-là. Pourtant quand je vois une bulle de chewing-gum grossir sur sa bouche, je ne peux retenir un hoquet de surprise. La bulle se développe et se rapproche dangereusement de mes lèvres, je ne veux pas bouger malgré la répugnance que m’inspire mon agresseur.

Au dernier moment je tourne la tête. La bulle s’éclate contre ma joue blessée. « Ragetti » a craché son chewing-gum sur moi. Mais ce n’est pas ça qui me préoccupe.

Un des autres loubards qui admirent le tableau éclate de rire. Il a dû remarquer, malgré le coin sombre dans lequel nous sommes, que je me suis fait pipi dessus. Moi qui étais exceptionnellement propre à l’âge de quinze mois, d’après Réha, ma cousine, je viens d’avoir mon tout premier accident, à dix-sept ans.

Finalement, mon idée première, celle de m’assommer contre le mur avant leur arrivée, n’était pas si mauvaise, mais il est trop tard pour regretter quoi que ce soit.

– Fais attention Jearod, elle a mouillé son pantalon !

Leurs ricanements me sortent de cette humiliation paralysante et un sursaut de rage me pousse à agir. Le gars s’est écarté vivement de moi, comme si j’avais la peste (ou comme si je m’étais fait pipi dessus), mais il n’a pas lâché mes poignets. Sans réfléchir, en m’adossant de toutes mes forces contre ce mur maudit, je lance mes jambes et projette le Jearod, alias Ragetti à plus d’un mètre de moi. Je n’ai pas le temps de me féliciter en le voyant atterrir sur les fesses, l’air hébété, car un autre larron s’est précipité vers moi, m’empêchant de perdre l’équilibre. Je tiens toujours la pierre qui m’a blessée la joue. Avec une force dont je ne me croyais pas capable, je frappe mon agresseur à la tête. L’homme s’écroule sans un cri. Je reste stupéfaite, la pierre toujours dans la main. Une douleur fulgurante à l’arrière du crâne m’empêche de m’attendrir sur ce type que je viens peut-être de tuer. J’avais oublié qu’ils étaient cinq. Quelqu’un m’a empoigné par les cheveux et me force à me mettre à genoux. Les coups surgissent de partout, j’attrape les mains de celui qui tire mes cheveux pour me libérer, mais en faisant cela j’expose mon visage à leurs coups de bottes. C’est impossible qu’ils ne soient que trois ou quatre à me frapper, d’autres copains ont dû les rejoindre. Je sens que je ne vais pas tenir longtemps.

J’entends la mort qui vient me chercher. Elle fait un boucan épouvantable qui résonne douloureusement dans ma tête. Une lumière vive vient m’accueillir. Elle est tellement éblouissante que je la vois à travers le rideau de mes paupières tuméfiées.

Toute cette mise en scène pour moi ? Ai-je donc une quelconque importance là-haut pour qu’on m’envoie chercher en fanfare ? Le gars qui me maintenait par les cheveux s’écroule à côté de moi et je manque de m’effondrer aussi. Je me risque à ouvrir les yeux car les coups ont cessé, mais le bruit de tonnerre est toujours là.

Un ange blanc se dresse devant moi. Il est monté sur une machine rutilante. Il porte un casque, mais je vois ses yeux qui ressemblent à ceux des chérubins qu’on peut admirer dans les tableaux. Il tend sa main et m’empoigne.

– Monte, dépêche-toi !

Maintenant que je suis morte, on n’est pas si pressés… Du coin de l’œil, je vois des formes à terre qui bougent et se relèvent péniblement. Jearod revient à la charge. L’imbécile ! Il compte se battre contre un ange ? L’envoyé du ciel lance son bras, et Jearod se retrouve projeté à terre, les jambes en l’air, alors qu’il se tenait à deux mètres de nous. Si je n’étais pas morte je trouverai la situation très drôle, mais l’ange n’a pas envie de s’attarder. Il m’attire vers lui et m’aide à enfourcher la bruyante machine. J’ai tout juste le temps de m’accrocher à lui, et nous nous envolons.

Le vent et la vitesse me font retrouver peu à peu mes esprits. Je ne suis pas morte, car j’ai mal partout. Nous ne volons pas mais nous roulons à vive allure. Chaque tour de roue nous éloigne de ce quartier minable pour nous rapprocher du centre-ville. Je reconnais enfin la route.

Ce que je ne comprends pas, c’est la présence de cette moto et de mon sauveur qui conduit naturellement sans faire attention aux regards étonnés de tous les gens qui nous entendent passer. Les motos, j’en ai vu quelques épaves dans les casses, mais jamais en état de marche, et pour cause : l’essence est un produit rare. Je sais que quelques voitures à essence fonctionnent encore chez les gens très riches, mais ce sont des collections et dans notre ville, on peut les compter sur les doigts d’une main. J’ai du mal à imaginer ce que devaient être les rues avec tous ces engins bruyants, aujourd’hui remplacés par des A-mobiles électriques ou solaires, des transporteurs à pédales ou même des chevaux.

Nous avons dépassé le centre-ville et à nouveau je me retrouve dans un quartier qui m’est étranger. Il me semble que nous filons plein nord ; je ne viens jamais par ici. La moto ralentie son allure, et s’arrête devant un petit bistrot. Nous devons être à la limite de la ville car les habitations sont plus espacées. Je ne connais pas cet endroit, et je me sens très mal à l’aise. En dix-sept ans, je ne me suis jamais autant éloignée de la maison. Je réalise que je suis sale, mes vêtements sont tachés de sang, et je ne parle même pas de mon pantalon ! Sur la route j’ai bien essayé de ne pas trop me coller contre mon sauveur, mais la vitesse m’en empêchait.

L’ange descend de la moto et m’aide à en faire autant. Je remarque qu’il maintenait un fouet contre son blouson. Voilà qui explique le vol plané de Jearod ; mon ange est un expert dans le maniement du fouet ! Je me sens un peu déçue de constater que rien de surnaturel n’est survenu dans cette impasse sordide.

Pourtant, tout dans le comportement de l’ange donne à penser qu’il n’est pas humain. Sa silhouette fine, sa force, sa grâce… Je vais enfin voir son visage car il est en train d’ôter son casque. Il secoue sa chevelure brune et se tourne vers moi en souriant. Dans l’ombre du crépuscule, ses yeux me font penser à deux étoiles.

– Bonsoir, je m’appelle Grâce. Qui ai-je l’honneur d’avoir sauvé de ces gros lourdauds ?

Je n’ai jamais vu une femme aussi belle. Elle est tellement resplendissante que l’espace d’un moment je me demande si elle n’est pas réellement un archange. Grâce ! Elle porte tellement bien son nom ! Intimidée, je bafouille.

– Je… je m’appelle Amy…

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