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Ange contre Démon



Description ajoutée par theo-kosma 2016-06-04T11:19:58+02:00

Résumé

États-Unis. Sandrine se trouve à l'étage d'un condamné à mort. Que fait-elle ici et qu'est-elle venue chercher ?

Lucas Downest est un monstre. Au fond de sa cellule, il ne lui reste plus qu’une nuit à vivre : demain matin, il sera exécuté.

Tueur en série, brute sexuelle, il laisse derrière lui un flot de haine à son égard.

Une nuée de fantasmes également.

De premier abord, Sandrine, jeune infirmière aussi sexy que mystérieuse, pourrait ressembler à l'une de ces groupies un peu allumées, fascinées par les hommes commettant d'abominables crimes. Il n'en est rien. Néanmoins, ses intentions physiques à l'égard de Lucas sont très claires. La nuit sera chaude…

Même la pire des crapules peut connaître la rédemption.

Pour qui veut y croire, tout est possible jusqu’au dernier instant de vie. Et notre héroïne d'un soir va proposer à Lucas de connaître les instants les plus incroyables de son existence.

Pour le sauver des flammes de l’enfer, la jeune fille semble prête à tout. Vraiment tout.

Pourquoi ? C’est la question que l’inspectrice Lou Billberg se posera plus d’une fois.

La réponse pourrait être encore plus inattendue que tout ce que Lou a vu au cours de sa longue carrière.

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Site de l'auteur : plume-interdite.com

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Extrait

Extrait ajouté par theo-kosma 2016-06-04T11:22:01+02:00

Un cliquetis se fit entendre. Puis un second, et un troisième. Des sons caverneux en résonnaient à travers cette pièce décidément trop grande et trop vide. Il faut dire que les loquets étaient conçus pour résister à des attaques de béliers, et qu'un simple déverrouillage demandait de la force. On sentait d'ailleurs que la personne s'y exerçait avec difficulté : chaque verrou était ôté lentement, à grand-peine. Ce ne pouvait donc être un flic de garde. Quant à l'inspectrice elle devait avoir déserté les lieux depuis longtemps, et puis elle était plus forte que cela.

Après tout, peut-être était-ce le diable lui-même qui venait le féliciter. Ou le punir ? À supposer que le personnage existe, Lucas aurait plutôt supposé le voir une fois la corde au cou, pas avant. Encore que pour ces êtres, vivants d'éternité, quelques heures ne font pas grande différence.

Ce ne fut pas une entité de lumière qui lui apparut. Ni un bipède rouge doté de sabots et d'une queue fourchue. Cela aurait été étonnant d'ailleurs, le diable revêtant toujours une apparence différente. Même l'apparence d'une petite jeune fille fluette, comme celle qui venait d'entrer ? Non. Downest fut persuadé que l'apparition n'avait aucun lien avec Satan. Il le sentit dans le regard de cette drôle de fillette. Dans l'atmosphère également, qui n'avait pas dégagé d'odeur ou d'électricité.

— Merde alors. Qu'est-ce qu'on me veut encore ?

— Rien de particulier. Je voulais vous voir.

— Quoi !? Et qui t'as laissé passer ?

— Le policier de garde.

— Et qu'est-ce que t'as bien pu lui faire pour qu'il accepte ?

— Rien du tout : c'est un chrétien convaincu.

— Un chrétien... et alors.

— Un chrétien baptisé, qui a fait sa confirmation et qui va à l'église presque chaque semaine.

— Tu m'en diras tant.

— Je lui ai expliqué qu'avec moi, si je vous parlais, peut-être qu'il y aurait une chance pour vous. Une chance de vous déposséder. De vous faire éviter l'enfer.

La situation était si incongrue que Downest lui avait parlé presque naturellement. Surtout afin de se montrer fort et adroit en toute circonstance. Mais là malgré tout, il resta bouche bée. Il en ressentit une sorte de complexe. Complexe de se voir comme mené en bateau par cette fille, lui attaché et elle libre. Dans cette posture, n'importe qui pouvait avoir n’importe quel avantage physique sur lui. Cela l'insupportait. Passe encore pour les gardiens. Mais elle! Elle qu'un coup de vent aurait emporté, c'en était vraiment trop. Et voilà qu'à présent elle le laissait comme interdit. Finalement, la situation était si absurde, si inversée, qu'il éclata de rire.

— Il n'y a rien de drôle, reprit-elle. L'enfer est un endroit horrible. On y brûle pour l'éternité. On peut y échapper avant le tout dernier moment, mais après si on n’a pas su retrouver la paix, c'est trop tard.

Elle le fit rire de nouveau. Cela eut pour effet de lui redonner des forces, comme s'il avait repris le dessus par la voix. Celle-ci emplissait tout l'espace, plus encore que le bruit précédent des cliquetis. C'était bien entendu symbolique... attaché tel qu'il l'était, Downest restait aussi inoffensif qu'un nouveau-né.

— Et ce maton pense que tu peux me faire éviter l'enfer !

— Je lui ai dit qu'il fallait essayer une dernière fois. Souvent, c'est dans les derniers instants qu'on retrouve la paix. Il suffit de retrouver la paix pour être sauvé de tout.

— À d'autres, ma petite. Je sais exactement qui tu es.

Et il la fixa de ce regard de glace qui avait effrayé tant de victimes avant de passer de vie à trépas. L'effet fut différent : elle parut comme inquiète, interloquée. Nullement terrorisée. C'était bien la première fois.

— Vous savez... et... que savez-vous ? Se risqua-t-elle, prudente et maladroite.

— Que tu me racontes n'importe quoi. T'as rien d'une rédemptrice. T'es une minette qu'ose pas s'avouer qu'elle est fascinée par le sang et le meurtre, et qui me voit comme une espèce d'archange du mal. T'as suivi tout mon parcours, et à chaque descriptif d'une de mes tueries ça fait frétiller tes ovaires et durcir tes tétons. Je suis sûr que chez toi tu collectionnes les journaux qui parlent de meurtres. Tu crois être une exception ?

— Ce n'est pas ce que vous croyez. Pas du tout.

— Non, t'es pas une exception. T'imagines même pas le nombre de lettres que j'ai reçu de nanas dans ton genre. Et encore, sur mille excitées dois y'en avoir pas plus de deux ou trois qui osent m'écrire.

Il n'essayait ni de mentir, ni de l'épater. Et s'il ne recevait plus de courriers enflammés ces derniers mois, c'est parce que la direction du pénitencier ne les lui faisait plus suivre. Des années durant, pas une semaine ne s'était passée sans qu'il en reçoive au moins trois ou quatre. En période de pointe, à savoir les jours d'été où la télé repassait en boucle les rétrospectives sur sa vie, les courriers étaient même quotidiens. Des jeunes, des vieilles, des célibataires, des mères de famille... parfois des mineures. Certaines n'étaient sans doute pas celles qu'elles prétendaient, d'autres prouvaient leurs dires en joignant des photos. Quand ce n'était pas le cas, il arrivait à Downest de répondre en exigeant une photo particulière, ordonnant par exemple à l'admiratrice de poser en petite tenue à coté d'un article de presse le concernant. Plus d'une fois la demande avait été satisfaite. Depuis le temps il aurait eu de quoi en tapisser les murs de sa cellule.

La plus jeune de toutes devait avoir dans les treize ans, pas plus. L’homme avait dû à peu près tout avoir : demandes en mariage, poèmes, cadeaux, vidéos sur clé USB... Même avec celles qui étaient à ses pieds, Lucas se lassait vite. Tout ça était trop abstrait pour lui. Malgré ces lettres, il n'en était pas devenu misogyne : c'est au moins un défaut qu'il ne possédait pas. Il savait que tout le monde était excité par le sang et la mort, quel que soit le sexe, peut-être davantage encore chez les hommes. Ces lettres n’étaient que la partie émergée de l'iceberg. Au fond Downest s'estimait, sans plaisanter, presque comme tout le monde. L'origine de son vice, il lui était arrivé d'y réfléchir. Le petit laps de temps entre deux méfaits lui en avait parfois donné l'opportunité. Connaissant bien les humains, il en était rapidement arrivé à la conclusion que ses pulsions et son goût pour la mort étaient juste un peu plus élevés que la moyenne. Ceux qui n'osaient pas aller jusque-là trouvaient d'autres moyens pour assouvir cette passion. Dans la vie réelle ils se manipulaient, s'escroquaient ou se mentaient. Ils incarnaient des héros de jeux vidéo armés jusqu'aux dents ou regardaient des tueries à la télé. Bien des hommes s'imaginaient à sa place, Downest le savait. Et par certains côtés, sa place était enviable. Certains seulement.

— Ah j'ai compris. Vous faites référence à cette Mélissa ?

Il faillit lui demander de qui elle parlait et se souvint juste à temps. Mélissa était une de ses admiratrices. Cette étudiante avait défrayé la chronique : elle était allée jusqu'à lui demander qui elle pourrait tuer pour lui. C'est depuis lors que les courriers ne lui étaient plus donnés, sur ordre du sénateur. Quant à la fautive, elle avait tout de même écopé de quatre ans de prison. À ses yeux il n'y avait pas de quoi en faire un drame, d'ailleurs son courrier, il n'y avait même pas répondu : que l'on tue pour lui ne l'intéressait pas.

— Je pensais pas à elle spécialement. Je pensais aux filles de ce type. Ma question à moi c'est surtout... jusqu'où tu es prête à aller pour ta passion morbide ?

— Je vous répète que vous faites erreur, assura-t-elle. Vos méfaits me font horreur. Je ne suis pas ici par plaisir. Par contre, je comprends votre question et je vais y répondre à ma manière : pour vous donner une chance de rédemption, je suis prête à tout ce que vous voudrez.

— Dis-moi alors : qu'est-ce qu'une fille comme toi peut bien avoir à faire de ma rédemption ?

— C'est difficile à expliquer. Un homme détesté qui a commis le mal pour le mal a encore plus besoin de Salut que n'importe qui d'autre. Or, c'est toujours ceux dont on s'occupe le moins. Je ne trouve pas ça juste.

— Des cinglées j'en ai connues. Des comme toi, jamais. Après tout, cinglé je le suis aussi. Qui se ressemble s'assemble j'imagine. J'ai toujours été un aimant à cinglés, depuis tout petit. Peut-être que c'est pas si étonnant que ça de te trouver ici. Tu serais prête à te faire égorger par moi ?

— Si j'étais certaine que cela vous le ferait regretter juste après, et que vous regretteriez ensuite tout le reste... oui, sans hésiter.

— Et toi, il t'avancerait à quoi mon Salut.

— Un homme sauvé de l'enfer, c'est une place au paradis pour le sauveur ou la sauveuse. En plus un monstre tel que vous, l'exploit n'en serait que plus grandiose.

Une nouvelle fois, il ne sut quoi répondre. Elle avait beau être menue, fragile et à la voix fluette, cette petite avait un aplomb sidérant. Il y avait en elle, malgré son jeune âge, une étonnante maturité. Sa douceur l'agaçait au plus haut point.

— Vous savez, reprit-elle, les gens qui croient vraiment au paradis et à l'enfer ne sont pas attachés à la vie terrestre. Ce que l'on veut, surtout, c'est préparer son passage pour l'éternité. Le reste n'a pas tellement d'importance.

— Tu m'enlèveras pas de l'idée que t'es déjà toute humide. Maintenant, si y'en a un qu'est pas excité dans cette cellule, c'est bien moi. Tuer une victime consentante, tu parles d'un plan à chier. Y’a quelques semaines, je l'aurais fait pour en lire les retombées dans la presse. J'adore lire les retranscriptions de mes crimes ! Seulement là, exécuté demain... je vois vraiment pas ce que tu pourrais m'apporter.

— Vous avez toujours été cynique comme ça ?

— Non ! D'habitude y'a pas des masses de place pour la discussion entre moi et mes victimes. Des fois je fais durer pour entendre les supplications, mais je sais pas si on peut appeler ça un dialogue.

Oui, il était bien cynique en toute circonstance. C'était d'ailleurs à cela qu'il devait une partie de sa popularité morbide. L'infirmière s'était rapprochée de lui et continuait à le fixer. L'air de rien, il cherchait, imperceptiblement, à éviter son regard. Être ainsi à la merci d'une si petite jeune fille lui était difficilement acceptable.

— Et si je te dis d'enlever mes liens ?

— Je le ferai.

— D'accord. Alors vas-y, fais-le.

— Par quoi je commence ? Mains, pieds ?

On aurait dit qu'elle aussi, à présent, cherchait le mot pour mettre l'accent sur cette situation singulière.

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