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Angelheart tome 1: Lionheart



Description ajoutée par nahis26 2017-06-27T17:02:28+02:00

Résumé

« Je n’entendais plus rien. Était-ce à cause du tambourinement à mes tempes qui me fracassait les oreilles? J’avançais à tâtons, n’osant me retourner. J’étais aveugle, faible humaine qui se tailladait les mains en avançant à quatre pattes. Je grimaçai alors que les bouts de verres s’incrustaient sous ma peau. Ma vision revint peu à peu, toujours floue. L’ouïe refit surface dans un fracas assourdissant, me brisant les tympans, qui m’obligea à plaquer mes mains sur mon crâne, mes pleurs affluant de nouveau. Je priais pour que ces cris de douleur soient ceux de son adversaire, et au moment où je rassemblais mon courage pour vérifier ; l’écran noir reprit possession de mes yeux. »

Angel Coeur de Lion a toujours vécu à l’écart des créatures surnaturelles. Pourtant, ils peuplent son monde ! Un jour, elle se retrouve propulsée dans un établissement où elle ne peut leur échapper. Elle devra faire face aux sirènes, elfes, métamorphes et autres succubes. C’est ainsi qu’elle apprendra que sa tâche de naissance en forme de fleur de lys cache peut être plus que d’étranges rêves…mais bel et bien un lourd secret de famille !

Lionheart est le premier tome de la trilogie Angelheart.

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Classement en biblio

Extrait

Extrait ajouté par nahis26 2017-06-27T17:04:30+02:00

Prologue

Angel Cœur de Lion

Je n’entendais plus rien. Etait-ce à cause du tambourinement à mes tempes qui me fracassait les oreilles ou un de ses choix ? J’avançais à tâtons, n’osant me retourner. A quoi aurait-ce servi de toute manière ? J’étais aveugle, faible humaine, qui se tailladait les mains en avançant à quatre pattes. Je grimaçais alors que les bouts de verres s’incrustaient sous ma peau. Quitte à me voler mes sens, n’aurait-il pas pu m’ôter également la douleur ? Ma vision revint peu à peu, toujours floue. Je décidais de ne pas prêter attention à la couleur rouge qui bordait mes mains et essuyai d’un revers de manche ensanglantée, mes yeux. Voilà, les larmes ne me brouillaient plus la vue. J’aurais voulu perdre aussi l’odorat pour ne plus sentir cette fragrance douceâtre et écœurante qui caractérise le sang, celle âpre de la sueur et de la peur. L’ouïe refit surface dans un fracas assourdissant, me brisant les tympans, qui m’obligea à plaquer mes mains sur mon crâne, mes pleurs affluant de nouveau. Je priais pour que ces cris de douleur soit ceux de son adversaire, et au moment où je rassemblais mon courage pour vérifier ; l’écran noir reprit possession de mes yeux.

Arrête ! Avais-je envie de crier ! Je t’en supplie arrête !

Mais il n’entendait pas plus que je ne voyais, j’aurais voulu crier, pour alerter quelqu'un mais ma voix s’était éteinte.

Il ne privait pas de mes sens délibérément, il subissait, ses pouvoirs s’échappant peu à peu pour réduire mes minces capacités.

J’entendis un craquement écœurant suivi d’un cri monstrueux qui me porta le cœur aux lèvres.

Ce n’est rien, Il a simplement atterri sur une table. Me persuadai-je. Continue jusqu'à la sortie. Fais le pour lui.

Je repris ma marche parmi les bouts de verre, mes larmes diluant le sang sur mon visage, traçant des sillons vierges sur mes joues humides et poisseuses.

***

Nael Luckin

Qu’il me tue, pourvu qu’il l’épargne.

1

Je fais la rencontre d’un odieux-mais beau- personnage…

Angel Cœur de lion

Deux ans. Deux ans que je n’avais pas mis les pieds ici, avant cet été. Buckland ville plus ou moins grande du sud-est de l’Angleterre. Deux ans passés à Londres, la capitale du Royaume Uni. En août, j’avais enfin retrouvé la tranquillité et le calme, trop calme à mon avis, de cette ville le long de la manche entre Douvres et Hastings. Fini les balades mouvementées en bus londonien pour le travail de mon père, enfin retrouvés les trajets à pieds pour aller en cours…que de joie si vous voulez mon avis ! Je refermai la boite encore remplie à ras-bord de lettres, à croire que ni papa ni maman n’avait eu l’idée de faire suivre le courrier à notre nouvelle adresse de Londres. Enfin qu’importe puisque que nous revoilà ici, bien installés dans notre maison à moitié déjà tombée, et bientôt rachetée pour être détruite et devenir un charmant parking pour la nouvelle superette du quartier. Que du bonheur. Bref, je tenais entre mes mains les ultimes missives qui nous avaient été envoyées pendants ces deux années d’absence. Toutes adressées à Ava et Dan Cœur de Lion, mes parents. C’est vrai, notre nom de famille est particulier et détient plus des sonorités françaises qu’anglophones mais je me rappelle avoir nargué plus d’une fois des pestes à couettes au primaire, avec mon nom sonnant presque noble. Je souris premièrement par mes souvenirs remontés à la surface puis par le fait que papa allait s’arracher les cheveux. Il n’en pouvait plus des comptes rendus de la consommation de chauffage (pourtant éteint jusqu'à notre arrivée), des appels qu’il devait passer aux compagnies pour se justifier des factures impayées etc.… Je doutais que ce paquet de lettres soit des faire-part ou des invitations de mariage…

-Tiens papa, lançai-je gaiment avec la hâte de voir sa réaction, c’est le dernier reste du courrier.

Il posa son journal et son café sur la table et ses yeux émeraude, dont j’avais hérité, lorgnèrent sur les lettres fraichement posées sur la table.

-Encore ! S’exclama-t-il. Je croyais que ta mère les avait toutes ramenées hier soir !

-Visiblement non, pouffai-je, à moins que tout le voisinage (en réalité futur-ex voisinage) se soit cotisé pour nous refiler tous leurs relevés d’impôts !

Ses mains passèrent d’un geste vif dans ses cheveux bruns puis glissèrent sous son menton après avoir effleuré les rides qu’un homme d’une quarantaine d’années peut avoir.

-je vois que tu tiens de moi, pour ton sens de l’humour ! Se décontracta mon père.

-Oui c’est vrai, mais pour l’intelligence c’est maman qui a donné…

-Dis-donc jeune fille qu’est-ce que tu insinues par là ? Se vexa-t-il presque.

Il aperçut mon sourire vainqueur et changea immédiatement de disque.

-Va t’habiller si tu ne veux pas être en retard !

Je montai les escaliers quatre à quatre et tombai sur la porte de la salle de bain, close.

-Liam ! Sors de la salle de bain ! M’exclamai-je

-Mais je m’amuse ! Insista mon démon de frère.

Liam est un vrai petit monstre. Bien sûr il est mignon avec ses joues toute rondes d’un enfant de cinq ans mais….enfin tout les personnes qui sont l’ainé dans leur famille me comprennent largement.

-Liam, sors maintenant ! Prévins-je.

-Non ! Tu vas le dire à maman ! Cria mon frérot adoré… (Seulement par mes parents)

-Dire quoi trésor ? Fis-je d’une voix qui me semblait douce.

-Que j’ai cassé ta poupée ! Pleurnicha-t-il.

Une poupée, il pleurait pour une poupée ? De toute façon je n’en avais pas touché depuis…Herm, longtemps. Et puis … elles finiront bientôt dans le béton coulé du futur-parking. Mais en réfléchissant bien j’avais légué toutes mes « précieuses » barbies à la petite voisine il y a de cela deux ans. Il n’y en avait qu’une qu’il avait pu…

-Ou tu as pris la poupée, Liam ? M’enquis-je, en parlant un peu plus fort pour aller chercher mes affaires dans ma chambre : ce mioche allait bientôt sortir si je savais de quelle poupée il parlait.

-Celle sur la commode de maman ! Brailla-t-il avec des sanglots.

Je ne sus pas pourquoi mais j’étais entrain de l’imaginer entrain de pleurer à grosses gouttes tout en noyant la salle de bains. De toute façon se n’était pas une de mes poupées : juste le superbe poupon hors de pris qu’avait offert la défunte tante Lalie à maman quelques mois avant sa mort. Rien de grave en somme…Enfin pour moi.

-C’est pas grave chéri, elle ne sera pas en colère, il suffit juste que tu lui dises la vérité.

La porte s’entre-ouvrit : victoire !

-Elle est où ? Sanglota mon frérot.

-Dans l’atelier.

-Dans celui où elle fait pleins de dessins ?! S’extasia-t-il.

Ah par ce qu’il y en a d’autres, petit morveux ?!

Il partit au fond du couloir et entra sans toquer. Je me jetai dans la salle de bain au cas où il reviendrait à la charge.

Pendant que je démêlais mes cheveux, je repensais au lycée : voilà un an que je devais y entrer mais comme je fus propulsée loin, à Londres grâce à la mutation de mon père, je ne débutais que cette année. Enfaite depuis le début de mon récit je me balade avec mes histoires de famille sans parler ce qui est proche de nous sans l’être vraiment : les êtres aux pouvoirs magiques. Voilà plusieurs dizaines d’années qu’ils se sont dévoilés aux yeux du monde. Etrangement, du point de vue de mon père, ils se sont intégrés à la société.

C’est vrai qu’avec mon nom, Angel, on n’aurait pu se douter que j’allais être confrontée à des vampires et leurs amis. Surtout si on tient en compte la série qui porte mon prénom si particulier et qui traite du même thème que ma vie : les créatures magiques. Mais attention moi je suis une fille, mortelle, une simple fille.

Il faut dire qu’avant cette année là je n’avais jamais rencontré de « créatures » magiques. Mon père, qui éprouve une certaine répulsion pour certains d’eux, m’en a d’ailleurs beaucoup protégé. Au moins maman a insisté pour m’inscrire dans un lycée mixte. Pas mixte du point de vue garçons et filles, non. Mixte genre mortels et « spéciaux ». Ma mère avait obtenu cela de mon père (qui angoissait à l’idée de me voir approcher un vampire et autres tueurs magiques) sous prétexte que la société leur fournissait le sang qu’il leur fallait tant qu’aucune mort ou disparition due aux vampires n’était déclarée. Ce qui par ailleurs entrainerait une lutte voir une guerre sans merci dont la fin aurait lieu seulement quand les créatures régneraient en maitre sur le monde (là je me suis dit que tous les films de sciences fictions qu’elle regardait, adolescente, étaient ressortis d’un coup !), sans compter que j’en verrais d’autre dans ma vie... Quand elle nous a annoncé « tout le sang qu’il leur fallait » j’avoue que je n’en menais pas large. Elle nous a expliqué que le sang en question venait des morgues où travaillaient certains vampires « infiltrés » et des dons de sang…pour les vampires. C’est marrant comme le nombre de dons a largement augmenté avec la révélation au monde entier des buveurs de sang. Quand je lui ai demandé pourquoi elle en savait autant sur le sujet, elle a secoué la tête avec ses cheveux brun presque auburn voir roux qu’elle m’a transmit et ma répondu que cela inspirait son travail d’illustratrice. Allez la comprendre !

J’inspectais ma queue de cheval en estimant que cette coupe ne me vieillissait pas trop, déjà qu’on me donnait légèrement plus que mon âge : je n’ai que seize ans et je ne compte plus combien de fois les voisins, depuis notre retour, me demande comment c’est d’être diplômée du lycée! En raisonnant à ceci j’enfilais mon uniforme reçu deux ans plus tôt, car ma mère voulait vraiment que j’aille dans lycée si bien qu’elle avait commandé la tenue réglementaire à l’avance. Je constatais avec horreur que : premièrement, j’avais du énormément grandir puisque ma jupe, au lieu de m’arriver au genou parvenait un peu plus haut que mi-cuisse (si mon père me voyait il ferait sûrement une syncope). Et deuxièmement : l’uniforme semblait vraiment simple et …fade. Cet ensemble tristounet ne se composait que d’une chemise blanche à boutons de manchette avec l’insigne de l’établissement, une jupe noire comme je l’avais déjà dit, trop courte, et d’une paire de chaussettes blanches, plus très blanches en réalité…heureusement que le port de chaussures demeurait libre car je ne me voyais pas me pavaner avec de petits souliers vernis. Je chaussais mes converses bleues nuit avant d’enfouir dans mon sac de quoi me changer « au cas où » (vous savez une tache et si vite arrivée, un trou par ici, une déchirure par là…) Un tregging et un gilet « de barman » sans manche noir feraient l’affaire. Je sortis de la salle de bain en trombe pour aller chercher dans ma chambre-qui par miracle tenait encore debout-mes quelques affaires qui me restaient à prendre avant de lancer sur mon dos, pauvre dos, mon sac de cours ,qui dans les films américains pour adolescents ont l’air tellement léger…en faite ils ne le sont pas du tout ! Je déboulai dans les escaliers laissant derrière moi mon petit frère en pleures. Bon c’est vrai, je savais parfaitement que ma mère allait être en colère. Mais j’avais poussé Liam à dire la vérité, non ? Ce n’était pas ça le plus important ? Hum….ouais. Je ne suis qu’une sœur indigne.

J’allais refermer la porte quand…

-Où tu vas jeune fille ? Me sermonna mon père.

Coincée. J’allais avoir un long discours sur ma jupe, et être en retard. Maman qui semblait toujours prête à m’aider devait encore être dans l’atelier à essayer de calmer mon frère après l’avoir bien disputé. Je ne pouvais donc obtenir aucune aide d’elle.

-En cours, Lâchai-je surprise qu’il n’ait pas encore relevé le nez de son journal.

- A propos de ton école, j’ai reçu une lettre et…

- Papa, je n’ai pas le temps ! L’interrompis-je.

- Oui c’est bon j’y viens, mais tu as oublié de….

-Ranger ma chambre je sais ! Fis-je en claquant la porte.

Mon père parlait de mes livres trainant un peu partout. C’est vrai j’aime lire, des mangas aux romans tout passe entre mes mains. Les mondes dans les livres ont quelques choses de rassurants, qui permet de s’évader du quotidien. (J’ai fait impasse sur les livres fantastiques depuis que j’ai appris que j’allais dans un lycée…mixte)Pourquoi se contenter de garçons réels quand on peut s’évader avec des garçons parfaits en tournants simplement des pages, hein ? Euh, ouais. Ça sonnait mieux avant, avec mon esprit de petite fille en quête de bonne lecture.

Je courais comme à mon habitude, avec les manières d’une dératée tandis que quelques gouttes de pluie commençaient à tomber. Je suis certaine que deux ou trois chanceux se rinçaient l’œil au niveau de ma jupe pendant que je continuais ma course… J’attrapai à la vas-vite dans mon sac la première chose qui me passait sous la main, c'est-à-dire mon cahier de maths (quel heureux hasard !) avant de reprendre mes enjambés. J’arrivais cinq bonnes minutes plus tard, soulagée en pensant que bientôt, quand nous aurons déménagé, se serait en voiture ou en bus que je me rendrais en cours : un vrai répit pour moi. Ce soulagement ne dura qu’une seconde, certes depuis mon déboulement sur le parking je sentais derrière moi les regards pesants, mais je réalisai que personne ne portait d’uniforme maintenant que j’étais là, bien affichée devant tout le beau monde... Voilà ce que mon père voulait me dire. Pendant que certains chuchotaient sur mon passage je me ruais vers la porte des toilettes et avec un soupir, me précipitai vers une cabine libre. Je me félicitais d’avoir pensé à apporter des vêtements en plus. Pendant que j’empoignais mon tregging, je faisais attention à ne pas effleurer la cuvette d’une propreté douteuse. Je pris bien vite mon gilet sans manche avant de relever celles de mon chemisier dont j’avais pris soin d’enlever les deux premiers boutons qui me serraient la gorge. Je sortis enfin des toilettes pour me retrouver dans le couloir et détacher ma queue de cheval, mes mèches, seules sources de couleur dans ma tenue, retombant sur mes épaules. J’aperçu une vieille connaissance.

Meryl Neber et ses cheveux aux teintes corbeaux n’avaient pas changés. Son entourage oui. Des filles aux allures de poupées froufroutantes jacassaient avec elle comme des pies. Je me rapprochais néanmoins d’elle, espérant me faire des « amies » le premier jour.

-Euh…Meryl ?

-Angel ! S’exclama-t-elle avec une voix haute perchée que je ne lui connaissais pas.

La vrai Meryl aimait le foot, la boue et le cinéma. Ce clone semblait préférer le rouge à lèvres et le phare à paupière.

-Tu n’as pas changé ! S’écria la clone.

-Toi, oui. Souris-je.

- C’est vrai, j’avoue. Mais bon les gens changent, non ? Pouffa-t-elle.

- On va dire ça. Bon c’était juste pour te dire Bonjour… M’esquivai-je.

- OK, on se voit plus tard, hein ? Proposa-t-elle sans le penser réellement.

-Oui, si tu…

-Salut, lança une voix masculine au timbre envoutant.

Toute la bande se tourna sur son passage. Je pouvais lire dans les yeux de ces filles toutes les envies qui naissaient dès qu’une d’elle croisait le regard du jeune homme. Je suivis la direction de leur désir et ma vision atterrit sur les pas d’un garçon, accompagné par deux de ses amis. Trop tard, j’avais tourné la tête trop tard pour apercevoir le visage du vampire. Ça ne pouvait qu’être un vampire pour déclencher l’extase de toute ces barbies à mes côtés. Je me mordis la lèvre en m’éloignant à pas furtifs.

***

La 1ère heure me sembla passer bien vite au début, je songeais à mon père entrain d’enseigner ses cours d’arts, ma mère peignant ses toiles et mon frère peinant à faire une œuvre avec ses doigts entre deux tentatives pour réviser l’alphabet. Mais quelqu'un vint interrompre mes rêvasseries : Mr. Cooper notre professeur principal qui nous enseignerait l’Espagnol. Je ne compris pas de suite qu’il m’invitait à me présenter devant la classe. Voilà qui allait être amusant… pour les autres. Meryl et une de ses copines me lancèrent de faux encouragements, pas le moins du monde crédibles: visiblement le fait que je les ai laissées en plan après le passage du vampire inconnu n’était pas bien passé. J’attendais le feu vert du professeur pour commencer. Il semblait vouloir procéder étapes par étapes…

-Ton nom, ton prénom et ton âge s’il te plait.

J’attendis que les rires et les chuchotements dus au sérieux de Mr. Cooper s’affaiblissent.

-Euh…Bonjour (quelques rires retentirent). Je m’appelle Angel Cœur de Lion et j’ai seize ans comme la plupart d’entre vous. Dis-je toute souriante en pensant aux vampires, aux elfes, aux sirènes et autres personnes non mortelles qui avaient déjà plus d’une centaines d’années.

-Très bien, poursuivit l’enseignant, tes occupations maintenant.

- Et bien j’aime lire et…le reste serait trop long à décrire, je sais que la plupart de la classe à autant de temps qu’elle veut devant elle, mais je risque des les assommer avec ma vie. Fis-je avant que de nouveaux rires résonnèrent.

-Parfait, dit-il en se détournant un peu.

J’aperçu ses oreilles légèrement pointues et en conclus que mon professeur était un elfe. D’après mes recherches, ces personnes, possédaient une apparence jeune, humaine, svelte, d’une grande beauté. Visiblement je n’étais pas tombé sur des racontars. Dans mes trouvailles je lus aussi qu’ils semblaient d’un naturel espiègle, mais plus intelligent et plus fins que les humains : si bien que chaque livre écrit par l’un d’eux demeurait presque incompréhensible pour nous, simple mortel, sans l’aide de l’un des leurs. En approfondissant le sujet je découvris qu’ils persistaient à être d’excellents chasseurs, comme dans les anciennes légendes, malgré le fait qu’ils aiment la faune, la forêt, la nature, ainsi que les étoiles. Ils détenaient aussi le secret de s’exprimer avec le langage des arbres. Très intéressant. A ce moment même je désirais au plus haut point rencontrer un elfe, non enseignant, pour parler de ses cultures, traditions et autres sujet touchants à ses origines.

-Des questions ? Sollicita-t-il la classe.

Des mains se levèrent, ce qui suscita ma surprise.

-Bien, Jesse ? Demanda notre elfe d’enseignant.

Un jeune homme, à la peau légèrement halé et aux yeux clairs, baissa lentement sa main avant d’ouvrir la bouche :

-Tu viens vraiment des cieux, mon ange ? Sourit le garçon aux cheveux châtains clairs.

Je ne me crispai pas malgré l’allusion, très lourde, à mon prénom.

-Désolé de te décevoir mais je suis une simple fille, tout ce qu’il y a de plus normal. Répondis-je au garçon aux prunelles menthe à l’eau.

-Dommage, mes parents refusent que je sorte avec des filles qui ne possèdent aucun pouvoir ! Fit-il avec une éclatante blancheur fendant son visage.

Pendant que les autres riaient, le jeune homme content de sa boutade, frappait les mains de ses amis, successivement, avec la sienne.

-Je vois. Mr. Male je vous pris de nous épargner vos conditions amoureuses, la prochaine fois. Melle Cœur de Lion reprenez votre place s’il vous plait.

Pendant que je regagnais ma chaise, des signes de contrariété se firent entendre.

-D’accord, alors est-ce qu’au moins une des questions ne concerne pas l’éventuel célibat de mademoiselle ?

Toutes, oui toutes les mains des garçons -car ils n’étaient que des garçons à souhaiter me poser des questions visiblement-se reposèrent sur les bureaux, d’un même geste. Je contenais ma honte pendant que les barbies à ma droite me fusillaient du regard.

Vinrent les quelques minutes de pause où je pus me reposer sur un banc. Trop heureuse que Jesse, (Etais-ce bien Jesse son nom ?) ce garçon aux magnifiques yeux verts m’épargne de sa compagnie je mis mes écouteurs sur mes oreilles, me coupant du monde extérieur. Je baissais le son limitant la mélodie à combler un fond musical. Le monde semblait si différent, ainsi vu. Les gens aussi, j’imagine. J’observais toutes ces personnes dans cette grande cour, me donnant presque l’impression qu’on m’offrait un spectacle. Certains se retrouvaient après deux mois d’absence se serrant mutuellement dans leurs bras. D’autres, les retrouvailles passées entamaient un match de basket. Certains vampires agiles et rapides, ne me laissaient même pas le temps de contempler leurs mouvements, que plusieurs points étaient gagnés pour leur équipe. Fascinant. Tout simplement fascinant pour une jeune fille habituée à regarder les gamins patauds et sans grâce s’amuser dans la cour du collège. Voilà qui allait changer. Je tournai la tête pour contempler des loups se chamailler. La 1ère fois que j’apercevais des lycanthropes. Les souvenirs des films d’actions fantastiques mettant en scène des loups-garous me revinrent tout de suite. Les images de loups, sur deux pattes, affublés de fourrures tels des sapins sans épines ne leur rendaient vraiment pas justice. Les crocs scintillants et les pupilles brillantes s’accordaient parfaitement avec leurs pelages soyeux. La puissance émanait de leurs muscles. Les quatre pattes puissantes posées sur le sol, me firent réfléchir : Je ne voulais vraiment pas être celle qui recevrait une des paluches de ces charmants animaux dans la tête. J’étais certaine que je ne m’en relèverais pas. Je voulus continuer ma contemplation mais trois ombres me cachèrent les fruits de ma curiosité. Je maudissais Meryl et ses barbies. Je voulus sérieusement à cet instant, qu’un des lycanthropes surgisse et balaye les mannequins de plastiques devant moi. Je stoppai mon arrière son, digne d’une musique d’ascenseur, à regret.

-Meryl ! M’extasiai-je faussement.

-Tu sais ce n’est pas très sympa de nous avoir planté après les salutations de Nael. C’est sûr ce n’est pas tout les jours qu’un vampire dit bonjour à des humaines, mais en nous regardant…

Je n’entendis pas la suite. Trop obnubilée par le nom prononcé. Nael ? Le vampire inconnu se nommait donc Nael ? Je ne me félicitais pas d’apporter autant d’importance à un garçon que je n’avais même pas encore vu. Un vampire parmi tant d’autres, dans cette école. Un vampire, à la silhouette s’éloignant, vraiment captivante. Je remis le son à mes écouteurs, me permettant de ne plus entendre les éloges faites à elle-même de Meryl. Cette fille avait beaucoup changé depuis mes souvenirs. Au diable, les barbies ! Je regrettais d’être aller les chercher ce matin. La sonnerie retentit et je laissai, pour la deuxième fois en deux heures, mes « amies » seules, débitants encore leurs belles paroles.

***

Les couloirs étaient blindés. Je me baissai pour éviter les fées en furie, plus sympathiques dans mes livres de contes. Je me faufilai entre les armoires à glaces, les lutins et autres personnes d’à peu près ma taille. Je n’avais pas encore mémorisé mon emploi du temps et je me perdais en ce moment là. J’heurtai quelque chose de dur et tendre à la fois qui refroidit en un instant la température de mon corps. Je vacillai par terre en même temps que mes bouquins, s’étalant sur le sol. Je me relevai ramassant presque tout mes bouquins m’apprêtant à recueillir le dernier quand une pointe de chaussure se posa sur celui-ci. Je redressai la tête prête à toiser celui qui osait salir mes livres dès le premier jour. Ma colère s’envola quand j’aperçus son visage d’apollon. La raison me vint. Dur. Son torse. Tendre. Sa peau fraiche.

J’aurais pu couper ses traits au couteau, tellement ils étaient fins et masculins. Son teint tranchait avec ses yeux gris-bleu rivière. Quand mon regard croisa le sien, je me revis quelques instants plus tôt par terre. Un seul détail changea dans ma « vision ». C’est lui qui me releva, en me prenant par la main au lieu de me laisser me remettre debout en sautant d’un coup. Mon hallucination cessa, me transportant dans la dure réalité. Je savais parfaitement à présent ce que ressentaient les barbies. Il restait à la même place, ses yeux de glaces me fixant toujours. Ses mèches blondes retombaient en cascade sur ses yeux. Je me fis violence pour détacher mon regard de son visage et observer ses compagnons.

Sur sa droite se tenait un elfe, impassible. Lui aussi visiblement, n’échappait pas à la beauté de ses origines. Je me souviens avoir regardé plusieurs fois le seigneur des anneaux pour admirer Legolas joué par Orlando Bloom, seulement l’être magnifique aux cotés de l’apollon n’avait rien à lui envier. Ses traits fins semblaient animés par ses yeux émeraude, tandis que ses oreilles en pointes étaient mises en valeur par sa coupe courte avec ses boucles noires. Sa silhouette svelte et élancé ferait envie à n’importe qui.

La gauche du vampire restait la place d’une jeune fille, son apparence ne me renseignant en aucun cas sur ses pouvoirs ou ses capacités. Un carré blond pâle, soutenu d’une frange avec un bandeau mauve où retombaient quelques mèches, encadrait son visage d’ange à la peau de pèche. La couleur de ses yeux hésitait entre le parme et le violet pur.

J’avais beau les détailler de la tête aux pieds, cela ne dura qu’une seconde comme si mon esprit était incapable de se détacher du visage de mon interlocuteur. Sitôt mon regard reposé sur lui, il ôta son pied de mon bouquin avant de lui donner un coup, qui semblait infime, avec la pointe de sa chaussure. Mon cahier parut rejoindre le plafond avant d’arriver plat entre ses doigts. Il me le tendit, un sourire en coin.

Mon cœur fit un raté quand j’entendis la voix du matin même :

- Tu ne peux pas regarder où tu marches ?!

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