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Extrait de Animae, Tome 4 : Le Rire de la Hyène ajouté par SherCam 2017-10-23T09:53:49+02:00

Spoiler(cliquez pour révéler)- Bonjour mon bébé,murmura-t-il. Tu m'entends? C'est Papa!

Eh bé! Il n'était pas en retard!

D'ailleurs il releva les yeux vers moi, plein de joie.

-Ne te moque pas de moi, mon cœur déclara-t-il.Je sais qu'il ne peut pas encor m'entendre, mais je sais aussi que mon enfant sera précoce, alors je ne veux pas rater le coche.

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Il rit et me serra dans ses bras. Je blottis mon nez tout froid dans son cou bien chaud.

— Eh ! s’exclama-t-il en se dégageant, hilare. Pas de ça !

— La truffe froide et humide, c’est signe de bonne santé, protestai-je en essayant de remettre mon nez contre sa peau.

— Ben voyons. Je vais te réchauffer, moi…

Je ne demandais que ça !

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sérieusement, d'où sortait ce fantasme dément sur les infirmière? flottant dans une blouse blanche brodée aux couleurs bleue de l'AP-HP, dans laquelle on aurait pu ranger trois Lou côte à côte, les cheveux tirée en arrière, les pied enfoncés dans des sabots rose fluo qui m'interdisait toute souplesse dans la démarche, je ressemblais juste à un sac de pomme de terre souriant néanmoins.

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à vaincre sans péril, on évite les ennuis!

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le maître Lynx s’accroupit pour prendre Pic dans ses bras. Celui-ci se réveilla en sursaut et regarda partout, l’air perdu.

— Papa ? gémit-il.

— Je suis là, Pic, confirma Félix d’un ton rassurant. Tout va bien.

Il le souleva du sol. Pic s’agrippa à sa chemise, y enfouit son visage et se rendormit aussi sec. Pour un peu, j’en serais devenue gaga. Et à en juger par l’expression de Joshua, il n’en était pas très loin non plus. Redoutable, cette graine de Hérisson…

[...]

— Ils sont tous aussi adorables ? demanda-t-il soudain.

Pas la peine de lui demander de qui il parlait, l’image de Pic flottait encore dans nos esprits.

— Qui sait ? répondis-je d’un air mutin.

Son regard éloquent brilla sous la lumière des lampadaires.

— Ça donne envie, non ?

Je lui adressai un immense sourire.

— Bien sûr, mon amour. Mais je te préviens. Moi, quand j’avais quatre ans, je grimpais aux rideaux en utilisant mes griffes et Cam’ creusait des trous dans le jardin pour trouver des insectes.

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Rex sembla un peu désappointé en voyant arriver un bol de croquettes.

— Ce sont mes préférées ! déclara Terry en levant un doigt vers le plafond. Je les ai prises exprès pour toi.

— Voyons, Terry ! s’exclama sa mère. Tu ne manges pas de croquettes !

Félix focalisa soudain toute son attention sur le découpage de la viande de Pic, qui se léchait les babines, un couvert dans chaque main, et Terry fit les gros yeux.

— Bien sûr que si ! J’ai goûté toutes les marques pour savoir lesquelles étaient les meilleures, pour que Rex soit content.

Élisabeth soupira, avec la mine de quelqu’un qui n’en croyait pas un mot. Nom d’un chat ! Ce garçon avait déjà du talent pour dire la vérité sans en avoir l’air !

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- Mais qu'est-ce que vous avez inventé, cette fois ? s'exclama-t-il. C'est énorme !

- Ha ha ! Surprise ! s'écria Arthur, ravi.

Je sentis une hésitation chez mon mâle. Eh bien ?

- Mais... Où est Mlle Duncan ? demanda-t-il, un soupçon d'inquiétude dans la voix.

- Ah bah non ! protesta Arthur. Si on vous le dit, ça ne sera plus une surprise.

Argh !

Seconde de silence interloqué dans la pièce, suivi par un éclat de rire général.

- Arthur ! gémit Isabelle.

- Euh...

- Oh mon Dieu ! cria Agathe. Regardez ! Le capitaine sourit !

Quoi ? Pour de vrai ? Nom d'un chat !

Il s'accroupit devant le carton, sans voir la fente par laquelle je l'observais. Eh oui, il souriait. Alors ça ! Il devait être drôlement heureux ! Si je n'avais pas été si déçue que ma surprise soit gâchée, j'en aurais ronronné de plaisir.

- Lou, murmura-t-il pour ne pas être entendu de ses hommes, c'est toi là-dedans ?

- Pas sûr, bougonnai-je. Je devais sortir en faisant un strip-tease, mais maintenant que tu sais, ça ne vaut plus le coup.

- Oh...

Il se redressa précipitamment.

- Je me demande bien ce qui se trouve dans cette boîte ! s'exclama-t-il assez fort pour qu'on l'entende jusque dans le couloir. Ça pour une surprise, ça va être une surprise !

- J'aimerais bien savoir ce qu'elle lui a raconté pour qu'il dise un truc pareil, glissa Agathe à mi-voix à Benjamin.

- C'est clair, soupira celui-ci. On rate toujours les meilleurs moments...

Joshua ouvrit le paquet avec mille précautions et me trouva assise au fond, les bras croisés, en train de bouder.

- Surprise, marmonnai-je en agitant le bout de ma guirlande.

Il se produisit alors un événement rarissime. Joshua éclata de rire, devant son équipe et la mienne réunies. Tout le monde en resta ahuri.

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- Attends ! Ton cadeau !

J'allongeai le bras pour ouvrir le tiroir de ma table de nuit et en tirer un long paquet enveloppé de papier noir brillant. Je le tendis à l'homme de ma vie, le cœur battant. J'espérais que ça lui plairait.

- C'est un train en plastique ? tenta-t-il de deviner, rieur. Une collection de petites voitures ?

- Tu chauffes, ironisai-je. Vise encore un peu plus jeune et on sera bon.

- Une dînette ?

- Presque !

Joshua déballa le cadeau et laissa échapper un sifflement admiratif. Un long poignard en argent étincela dans la pénombre de la chambre et son étui en cuir à attacher au bras tomba sur l'oreiller.

L'argent n'avait aucun effet particulier sur les Chalcrocs, mais mon mâle ne pourrait pas manquer la symbolique de l'arme anti-loup-garou. Sans compter qu'une lame de trente centimètres tranchante comme un rasoir, ça ne pardonnait pas. Joshua me lança un regard brûlant. Il appréciait.

- L'an prochain, tu auras la fourchette assortie, badinai-je.

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- Mon pauvre Rex, soupira Camille dans le couloir, nous voilà bien.

- Ouah ! approuva le chien avec gravité.

- Comme tu dis. Et tant qu'ils seront trop bêtes pour arrêter de se surprotéger l'un l'autre, ça ne risque pas de s'arranger.

Ah.

Je battis des paupières pour sortir de ma torpeur. Joshua avait haussé un sourcil.

- Tu me trouves trop bête ? bredouillai-je.

- Par moments, oui, répondit-il entre ses dents. Mais je n'aime pas entendre Cam' le dire à ma place.

- Mais...

Je déglutis péniblement.

- Mais tu ne vas pas me quitter pour ça, hein ?

Il me regarda avec le plus grand sérieux.

- Non. Ça serait trop compliqué pour veiller sur toi.

Mon cœur battit plus vite.

- Et voilà, qu'est-ce que je disais... bougonna Camille au loin.

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- J'ai peur que tu meures à cause de moi, laissai-je échapper, sans autre défense.

Le masque de la colère se fissura sur son visage et je vis la tristesse qu'il ressentait. Mon cœur se mit à saigner encore plus abondamment que mes mains.

- Ne refais jamais un truc pareil, ordonna-t-il pourtant froidement. Qu'est-ce que tu crois que je ressentirais, si Cam' venait m'annoncer que tu es morte alors que je ne t'ai même pas vue sortir ?

L'angoisse m'étreignit à nouveau. Je me jetai sur lui et entourai sa poitrine de mes bras. Joshua passa la main dans mon dos.

- Je suis toujours en colère, m'avertit-il.

Je me serrai plus fort contre lui, le nez enfoui dans son blouson.

- Je sais, murmurai-je. Mais je t'aime. Je t'aime trop pour mourir loin de toi.

Ses bras se refermèrent brutalement sur moi.

- Ne dis pas de bêtises, siffla-t-il, furieux.

Il m'obligea à redresser la tête et ses lèvres emprisonnèrent les miennes avec violence.

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