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En pleine discussion avec mon père à propos d'un nouveau modèle de voiture, Joshua n'avait pas encore terminé son assiette. Je fis un effort pour écouter là conversation, mais le morceau de tarte abandonné de mon mâle m'hypnotisait plus sûrement qu'un pendule et, manque de chance, les voitures ne m'intéressaient pas. Pourtant, si j'en croyais ma mère, l'automobile représentait l'invention Daïerwolf par excellence : cent-dix chevaux sous le capot, un âne au volant.

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T18:05:54+02:00

J’attendis donc patiemment et ne tardai guère à trouver une opportunité en or. Joshua mimait avec ses mains la forme de je ne savais quelle carrosserie, pour montrer à mon père la façon dont elle pouvait se déformer en cas d’accident. Je faufilai ma main armée de ma fourchette par-dessous son coude, piquai dans la part de tarte et la ramenai jusqu’à mon assiette en une fraction de seconde. Très contente de moi, je m’empressai de lui faire un sort.

— … et c’est pour ça que je ne pense pas que nous achèterons ce modèle, pour la gendarmerie, conclut Joshua.

— Je comprends, acquiesça mon père. La sécurité, dans votre métier aussi, c’est le plus important.

— D’ailleurs, je… Mais ?

Mon mâle venait de remarquer son assiette vide. La stupéfaction peignit son visage l’espace d’un instant, puis il se tourna vers moi, l’air soupçonneux. La bouche encore pleine, je lui offris mon regard le plus innocent.

— Il ne me semblait pas avoir fini ma tarte, observa-t-il d’une voix posée.

— Ah bon ? F’ûrement que f’i, tentai-je de répondre avec mes joues gonflées de mirabelles. F’inon, il en re’f’terait dans ton a’ff’iette…

Il leva les yeux au ciel. Le colonel éclata d’un rire tonitruant.

— Cette petite est brillante ! s’exclama-t-il avec enthousiasme en frappant la table du plat de la main. On devrait en faire un pickpocket ! Même moi, je n’avais rien remarqué !

— Ne l’encouragez pas, Henri, le réprimanda gentiment ma mère. Sylvain finira par mourir de faim si Lou continue à piocher dans ses plats.

— Je ne suis pas sûr qu’on puisse mourir de faim à votre table, Églantine, rétorqua le colonel avec humour, et j’avoue que voir une si jolie femme voler sa nourriture au nez et à la barbe de mon fils m’amuse beaucoup !

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Extrait ajouté par SherCam 2017-10-21T13:56:25+02:00

Spoiler(cliquez pour révéler)-Mademoiselle Aoysia Martin, formula-t-il solennellement, voulez-vous m'épouser?

-Quoi? bredouillai-je. Mais...Oui! Je...J'ai déjà répondu...

-Tu es d'accord pour devenir ma femme et passer le reste de ta vie à mes côtés?

-Bien sûr! Mais pourquoi tu...

-Alors dans ce cas, crois moi, Lou, même une armée de rochers ne viendra pas à bout de moi. Je me battrai toujours de toutes mes forces pour revenir vers toi, quel que soit l'endroit ou l'état dans lequel je me trouve.

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T22:53:02+02:00

— Vous avez quoi ? s’étrangla le colonel derrière son bureau.

— Nous avons localisé la base des terroristes dans les catacombes, répéta Joshua d’un ton paisible en lui tendant le plan de Paris annoté par mes soins. Comme vous le voyez, la pièce où ils se trouvent possède quatre sorties et…

— Capitaine ! Vous n’étiez pas censé retourner dans un lieu aussi dangereux tout seul ! Vous êtes vraiment inconscient ?

— Je n’étais pas seul, se défendit mon mâle. Mademoiselle Duncan m’accompagnait.

— Pas du tout ! protestai-je vivement. Colonel, je peux vous assurer que je ne connais pas cet homme !

Le colonel leva les yeux au ciel, l’air désespéré.

— Et dire que je vous l’avais confié… gémit-il.

— Oui, bon… bougonnai-je. Je l’ai retenu pendant presque vingt-quatre heures, non ?

Il hocha la tête, l’air peu convaincu.

— J’espérais que vous le retiendriez un peu plus longtemps…

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T18:04:26+02:00

Pourtant, une heure plus tard, je révisai mon jugement au sujet de ce plat sournois. D’abord, Joshua manqua de se casser une dent en croquant la noix de muscade. Ensuite, il faillit s’étouffer de rire quand il comprit que je l’avais mise tout entière dans la sauce béchamel.

— Il fallait la râper ! m’expliqua-t-il, encore allègre, quand il eut retrouvé son souffle.

— La râper ? répétai-je, déconcertée. Mais ce n’était écrit nulle part !

Mon mâle repartit dans son fou rire incontrôlable. J’hésitai entre m’insurger et bouder. Après tout, je m’étais donné du mal ! J’optai pour la seconde option.

— Ma mère, au moins, elle a de la chance, bougonnai-je.

— Ah bon ? Pourquoi ?

— Le plat préféré de mon père, c’est l’omelette aux champignons.

L’hilarité de Joshua atteignit des sommets. Je soupirai. Là, je l’avais perdu pour la soirée. Et je ne savais toujours pas pourquoi il fallait découper le beurre en forme de noisettes.

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— Lieutenant, l’avertit-il avec sérénité, si vous tentez d’arracher la jarretière de ma femme avec vos dents, je ferai en sorte que vous ne puissiez même plus mâcher une feuille de laitue.

Miaou ! Il n’avait donc rien perdu de cette histoire ? Malgré la bagarre ?

— Bien, mon capitaine, répondit le jeune officier en baissant son pistolet. Faut-il que je prépare un discours pour raconter comment mam’zelle Lou a failli succomber à mes charmes, avant de vous rencontrer ?

— Contentez-vous de jeter du riz, ce sera parfait.

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T22:59:41+02:00

— Très bien. Je vous suis, capitaine. Cette nouvelle affaire s’annoncerait-elle cocasse ?

— Oh, je ne crois pas. D’autant que le colonel m’a passé un sacré savon, il y a dix minutes.

— Ah bon ? m’étonnai-je tandis que les muscles de son cou se tendaient pour retenir un éclat de rire. Pourquoi ?

— Eh bien il s’attendait à ce que je lui rende le rapport de notre expédition d’il y a deux jours, à propos de la mort des terroristes. Sauf que je n’ai pas eu le temps de le rédiger.

En effet, il avait filé droit chez ma mère au lieu de travailler, ce démon !

— Quelle excuse avez-vous donnée ? m’enquis-je poliment.

— J’ai dit que j’avais chassé le coyote avec ma fiancée toute la nuit.

Ah oui ? Une bonne vérité assénée avec sérénité passait toujours pour une excuse abracadabrante. Joshua semblait tellement content que mon coeur s’allégea.

— Et qu’en a-t-il pensé ? m’inquiétai-je tout de même.

— Il a répondu que ma vie sexuelle ne regardait que moi.

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T22:57:48+02:00

— Alors Lou ! s’enthousiasma-t-il en se levant d’un bond. Faut que je t’appelle patron, maintenant ?

Alors je n’avais pas rêvé. Je prenais bien la relève, même s’il était hors de question de le dire officiellement, car je n’avais ni les diplômes ni l’ancienneté pour le faire. Sans compter les événements de la nuit.

— Euh… Non… répondis-je un peu au hasard.

— Cool ! On se voit tout à l’heure, patron !

Il sortit à son tour et je l’entendis courir dans le couloir. Je fronçai le nez. Qu’est-ce qui lui avait échappé dans le mot « non » ?

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T22:55:58+02:00

À nouveau, nous acquiesçâmes sans discuter. Ma mère lança un regard vif au chien que Joshua caressait toujours.

— Et bien entendu, Terry, tu ne bouges pas d’ici. Il est hors de question qu’un enfant prenne le moindre risque ce soir. Tu restes avec Camille.

La queue du chien cessa de remuer et retomba de dépit. Mon mâle s’immobilisa et ses yeux s’écarquillèrent. Ah ! Tout de même !

— Terry ? répéta-t-il d’une voix blanche.

— Allez, viens là, mon garçon, lança le maître Lynx de sa bonne voix grave. Arrête d’embêter notre ami.

Le chien effectua un roulé-boulé et se redressa sous sa forme humaine. Ah oui, il avait bien grandi, comme cela aussi. Il devait avoir dix ans maintenant.

Ses cheveux noirs en bataille lui tombaient sur les yeux de façon amusante et il enfila en deux mouvements les vêtements que son père lui tendait.

— Oh ! Papa ! protesta-t-il. Je ne l’embêtais pas !

À vrai dire, le regard ahuri de Joshua à cette seconde valait tout l’or du monde. Peut-être qu’un jour, nos petits lui feraient le même genre de plaisanterie…

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Extrait ajouté par Rayathea 2018-08-17T22:37:41+02:00

— Je t’aime, ma poupée, murmura-t-il soudainement. Plus que tout au monde. Je suis désolé de te causer autant de soucis…

— Ne te fatigue pas, déclarai-je avec dédain. Aucune excuse ne me fera oublier que je suis obligée de passer la nuit dans un endroit où je ne peux ni ronronner, ni dormir dans des positions invraisemblables.

Un sourire doux éclaira son visage.

— Je comprends ton désarroi, me taquina-t-il.

— Non, je ne crois pas. Encore une nuit comme ça et je détricote mon pull avec mes griffes. Et après, je courrai partout dans la chambre pour attraper les bouts de fils.

— J’ai hâte de voir ça.

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