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Anita Blake, Tome 7 et 8, Offrande Brûlée et Lune Bleue

6 notes | 5 commentaires | 1 extrait


Description ajoutée par lamiss59283 2012-02-17T23:22:07+01:00

Résumé

Résumé

En partant au secours de Richard, son “ex”, accusé de tentative de viol, Anita va en apprendre plus sur le lien qui l’unit à ses deux amours et sur son pouvoir de nécromancienne.

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Classement en biblio - 110 lecteurs

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Extrait

Extrait ajouté par lamiss59283 2012-02-17T23:22:38+01:00

CHAPITRE PREMIER

La plupart des gens ne regardent pas mes cicatrices. Ils regardent, évidemment, mais ils ne s'attardent pas. Vous savez : ils jettent un coup d'œil rapide, puis ils baissent les yeux avant de les relever presque aussitôt, parce qu'ils ne peuvent pas s'en empêcher. Mais ils font vite. Mes cicatrices ne sont pas hideuses à ce point, juste... intéressantes.

Le capitaine Pete McKinnon, pompier et enquêteur en incendies criminels, était assis en face de moi, ses grosses paluches entourant le verre de thé glacé que notre secrétaire Mary lui avait apporté. Et il observait mes bras. D'habitude, ce n'est pas ce que les hommes matent avec le plus d'insistance. Mais ce coup-là, ça n'avait rien de sexuel. Il détaillait mes cicatrices et ne manifestait pas la moindre gêne.

Mon bras droit a été ouvert jusqu'à l'os par un couteau - deux fois. Une des cicatrices est assez vieille pour avoir blanchi. La seconde, en revanche, est encore récente et rose. Mon bras gauche est pire. Un monticule de tissu cicatriciel blanc occupe le creux de mon coude. Je vais devoir soulever des poids pendant le reste de ma vie si je ne veux pas que l'articulation se raidisse et que la motricité de mon bras en soit affectée. Du moins, d'après mon médecin. J'ai aussi une brûlure en forme de croix, un peu déformée depuis que je me suis fait griffer au même endroit par une sorcière métamorphe. Et une ou deux autres cicatrices sous mon chemisier. Mais rien de comparable avec celles de mes bras.

Bert, mon patron, m'a demandé de porter une veste de tailleur ou un haut à manches longues quand je suis au bureau. À ce qu'il paraît, certains clients auraient émis des réserves au sujet des... blessures que j'ai encaissées dans l'exercice de mes fonctions. Depuis, je fais exprès d'être toujours en manches courtes. Et chaque jour, Bert règle l'air conditionné un peu plus bas. Ce jour-là, on se pelait tellement que j'en avais la chair de poule. Tous mes collègues apportaient des pulls au bureau. Moi, j'achetais des brassières pour exhiber les cicatrices de mon dos.

J'avais été recommandée à McKinnon par le divisionnaire Rudolph Storr, un putain de bon flic qui est aussi mon ami. Apparemment, McKinnon et lui jouaient au foot américain ensemble du temps où ils étaient à la fac, et ils sont restés amis depuis. Dolph n'utilise pas le mot « ami » à la légère, donc, je savais qu'ils étaient vraiment proches.

— Qu'est-il arrivé à vos bras ? interrogea enfin McKinnon.

— Je suis une exécutrice officielle de vampires. Certains d'entre eux sont chahuteurs.

Je sirotai une gorgée de café.

— Chahuteurs, hein ? répéta McKinnon en souriant.

Il posa son verre sur le bureau et ôta sa veste de costard. Ses épaules étaient presque aussi larges que je suis haute. Il n'atteignait pas tout à fait les deux mètres de Dolph, mais il ne devait pas en être loin. Quarante-cinq ans a vue de nez, et déjà les cheveux complètement gris, avec une touche de blanc sur les tempes. Ça ne lui donnait pas l'air distingué - seulement fatigué.

Côté cicatrices, il me damait le pion. Des traces de brûlures remontaient tout le long de ses bras et disparaissaient sous les manches courtes de sa chemise blanche. Sa peau était un camaïeu de rose, de blanc et d'une étrange teinte marronnasse, comme celle d'un animal qui muerait régulièrement.

— Ça a dû faire mal, commentai-je.

— Plutôt, oui. (Il soutint mon regard sans ciller.) Certaines des vôtres ont dû vous envoyer direct à l'hosto.

— Ouais.

Je remontai ma manche gauche pour exposer la trace luisante qu'avait laissée une balle en m'effleurant. Les yeux de McKinnon s'écarquillèrent légèrement.

— Maintenant que nous avons établi que nous sommes tous deux costauds et virils, voudriez-vous en venir au fait ? Que faites-vous ici, capitaine McKinnon ?

Mon interlocuteur sourit et drapa sa veste sur le dossier de sa chaise, puis reprit son verre et but une gorgée de thé.

— Dolph m'avait prévenu que vous n'aimeriez pas être jaugée.

— Je déteste réussir une inspection.

— Comment savez-vous que vous avez réussi ?

Ce fut mon tour de sourire.

— Mettez ça sur le compte de l'intuition féminine. Alors, que voulez-vous ?

— Connaissez-vous la signification du terme ver luisant en jargon policier ?

— Oui. C'est un pyromane.

McKinnon me scruta comme s'il attendait des précisions.

— Un pyrokinétique, quelqu'un qui peut conjurer du feu psychiquement.

Il acquiesça.

— Vous en avez déjà vu un ?

— Seulement dans les films d'Ophelia Ryan.

— Les vieux en noir et blanc ?

— Ouais.

— Elle est morte, vous savez.

— Non, je ne savais pas.

— Elle a flambé dans son lit - combustion spontanée. Beaucoup de vers luisants finissent comme ça, comme s'ils perdaient le contrôle de leur pouvoir en vieillissant. Vous en avez déjà rencontré un en personne ?

— Non.

— Où avez-vous vu ces films ?

— J'ai étudié la métapsychique pendant deux semestres à la fac, expliquai-je. Des tas d'intervenants extérieurs sont venus nous faire une démonstration de leurs capacités, mais la pyrokinésie est un don si rare qu'à mon avis, le prof n'a pas réussi à trouver quelqu'un qui le possède.

McKinnon hocha la tête et vida son verre en une longue gorgée.

— J'ai rencontré Ophelia Ryan une fois avant sa mort. C'était une femme charmante. (Il fit tourner le verre rempli de glaçons à moitié fondus dans ses mains, et le regarda au lieu de me regarder pendant qu'il poursuivait :) J'ai aussi rencontré un autre ver luisant. Un type encore jeune - une vingtaine d'années. Comme beaucoup de pyromanes, il avait commencé par incendier des maisons vides. Ensuite, il s'est attaqué à des bâtiments occupés, mais tout le monde a pu en sortir à temps. Et puis un jour, il s'est fait une résidence. Une vraie souricière. Il a foutu le feu à toutes les issues. Et tué plus de soixante personnes, essentiellement des femmes et des enfants.

McKinnon leva vers moi un regard hanté :

— C'est le plus grand nombre de victimes que j'aie jamais vu sur un site d'incendie. Il s'était payé un immeuble de bureaux de la même façon, mais il avait oublié deux issues. Il y a quand même eu vingt-trois morts.

— Comment l'avez-vous attrapé ?

— Il s'est mis à écrire aux journaux et à la télé. Il voulait qu'on sache que c'était lui. Il a fait flamber deux flics avant que nous réussissions à le capturer. Nous portions ces grosses combinaisons argentées qu'ils utilisent sur les plates-formes pétrolières. Il n'a pas pu les faire brûler. Nous l'avons emmené au commissariat. Ce fut une erreur. Il y a mis le feu.

— Où d'autre auriez-vous pu l'emmener ? interrogeai-je.

McKinnon haussa ses épaules massives.

— Je ne sais pas. Ailleurs. Je n'avais pas enlevé ma combinaison. Je me suis accroché à lui en lui disant que s'il n'arrêtait pas, on cramerait ensemble. Il a éclaté de rire et il s'est foutu le feu.

Il posa très prudemment son verre au bord du bureau.

— Les flammes avaient cette couleur bleue - claire comme celle du gaz, mais en plus pâle. Elles ne lui ont pas fait le moindre mal, mais ma combinaison a commencé à brûler. Elle était censée supporter quelque chose comme six mille degrés, et elle s'est mise à fondre. La peau humaine brûle à partir de cent vingt degrés. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me suis pas changé en flaque à l'intérieur. J'ai dû l'enlever précipitamment pendant que le type se marrait. Il s'est dirigé vers la porte. Sans doute pensait-il que personne ne serait assez stupide pour le retenir.

Au lieu d'énoncer une évidence, je le laissai poursuivre.

— Je me suis jeté sur lui dans le couloir et je l'ai projeté contre le mur. Deux fois. Le plus bizarre, c'est que ma peau n'a pas brûlé aux endroits où elle le touchait. C'était comme si le feu sautait une étape avant de s'attaquer à mes bras. Du coup, mes mains sont indemnes.

J'acquiesçai.

— Il existe une théorie selon laquelle l'aura d'un pyrokinétique le protège contre son propre feu. Quand vous avez touché sa peau, vous étiez à l'intérieur de cette aura.

McKinnon me regarda.

— C'est peut-être ce qui s'est passé, parce que je l'ai jeté contre le mur de toutes mes forces, encore et encore. Il a hurlé : « Je vais te faire cramer ! Tu vas brûler vif ! » Puis les flammes qui l'entouraient sont devenues jaunes - la couleur normale - et il s'est mis à flamber. Je l'ai lâché pour empoigner l'extincteur, mais nous n'avons pas réussi à l'éteindre. La mousse fonctionnait sur les murs et sur tout le reste, mais pas sur lui. Comme si le feu le dévorait de l'intérieur. Nous avons pu en étouffer une partie, mais les flammes ont continué à jaillir de lui jusqu'à l'envelopper complètement.

Son regard était lointain et rempli d'horreur, comme s'il revoyait toute la scène.

— Il n'est pas mort, mademoiselle Blake, pas comme il l'aurait dû. Il a hurlé pendant une éternité, et nous n'avons rien pu faire pour l'aider. Nous n'avons rien pu faire.

Sa voix se brisa et il se tut, regardant le vide.

J'attendis quelques instants avant de demander doucement :

— Pourquoi êtes-vous ici, capitaine ?

Il cligna des yeux et se ressaisit.

— Je pense que nous avons un autre ver luisant sur les bras, mademoiselle Blake. Dolph a dit que si quelqu'un pouvait nous aider à limiter les pertes humaines, c'était bien vous.

— Les capacités métapsychiques n'ont rien de surnaturel, contrai-je. C'est juste un don inné, comme celui qui fait les grands athlètes.

McKinnon secoua la tête.

— Ce que j'ai vu mourir sur le plancher du commissariat ce jour-là n'était pas humain. Ça ne pouvait pas être humain. Dolph dit que vous êtes experte en monstres. Aidez-moi à capturer celui-là avant qu'il tue.

— Il ou elle n'a pas encore tué ? Pour l'instant, il n'a causé que des dégâts matériels ? M'enquis-je.

McKinnon acquiesça.

— Si on apprend que je suis venu vous voir, je pourrais me faire virer. J'aurais dû demander à ma hiérarchie la permission de solliciter votre aide, mais jusqu'à maintenant, nous n'avons perdu que deux bâtiments, et j'entends bien que ça en reste là.

Je pris une profonde inspiration et la relâchai.

— Je serais ravie de vous donner un coup de main, capitaine, mais honnêtement, je ne vois pas ce que je peux faire pour vous.

Il me tendit une épaisse chemise cartonnée.

— Voici tous les éléments dont nous disposons. Jetez-y un coup d'œil et appelez-moi ce soir.

Je pris le dossier et le déposai sur mon sous-main.

— Mon numéro est dedans. Appelez-moi. Peut-être que ce n'est pas un ver luisant. Peut-être que c'est autre chose. Mais de quoi qu'il s'agisse, mademoiselle Blake, ça peut se baigner dans des flammes sans brûler. Ça peut entrer dans un bâtiment et y répandre le feu comme un jet d'arrosage. Nous n'avons retrouvé aucune trace de comburant, et pourtant, ces baraques ont flambé comme si leurs murs étaient imbibés d'essence. Quand notre labo a examiné le bois, il était intact. Comme si la chose responsable des deux incendies pouvait forcer le feu à faire des choses qu'il ne devrait pas faire.

McKinnon jeta un coup d'œil à sa montre.

— Je suis à la bourre. Je m'efforce de vous faire mettre officiellement sur cette affaire, mais j'ai peur que mes supérieurs ne réagissent pas avant qu'il y ait eu des victimes. Je ne veux pas attendre.

— Je vous appellerai ce soir, mais ce sera peut-être tard. Jusqu'à quelle heure êtes-vous joignable ?

— Quand vous voudrez, mademoiselle Blake. Quand vous voudrez.

Je hochai la tête, me levai et lui tendis la main. Il la serra. Sa poignée de main était ferme, robuste mais pas trop appuyée. Beaucoup de mes clients mâles qui m'ont interrogée sur mes cicatrices me serrent la main comme s'ils voulaient m'arracher un cri. McKinnon n'avait pas besoin de jouer à ça. N'avait pas besoin de se rassurer sur sa force. Il avait ses propres cicatrices.

Je venais à peine de me rasseoir quand le téléphone sonna.

— Qu'y a-t-il, Mary ?

— C'est moi, répondit Larry. Mary pensait que ça ne t'ennuierait pas qu'elle me bascule directement sur ton poste.

Larry Kirkland, apprenti exécuteur de vampires, était censé se trouver à la morgue, en train d'empaler des buveurs de sang.

— Pas de problème. Que t'arrive-t-il ?

— J'aurais besoin que tu me ramènes à la maison.

Je perçus une légère hésitation dans sa voix.

— Qu'est-ce qui ne va pas ?

Il éclata de rire.

— Depuis le temps, je devrais savoir qu'il est inutile d'essayer de jouer au plus malin avec toi. Je suis tout recousu. Les docteurs disent que ça va aller.

— Que s'est-il passé ?

— Viens me chercher, et je te raconterai tout.

Et le petit enfoiré me raccrocha au nez.

Il ne pouvait avoir qu'une seule raison de ne pas vouloir me parler. Il avait fait un truc stupide, et il avait été blessé. Deux corps à empaler. Deux corps qui n'étaient pas censés se relever avant la nuit prochaine, au plus tôt. Qu'est-ce qui pouvait bien avoir mal tourné ? Comme on dit, il n'y avait qu'un seul moyen de le découvrir.

Mary reporta mes rendez-vous. Je sortis du tiroir de mon bureau le holster d'épaule qui contenait mon Browning Hi-Power et l'enfilais. Depuis que j'ai cessé de porter ma veste de tailleur au bureau, je le range toujours là, mais je ne sors jamais sans après la tombée de la nuit. La plupart des créatures qui m'ont infligé ces cicatrices sont mortes - généralement de ma main. Les balles plaquées argent sont une merveilleuse invention.

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Commentaires récents

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Commentaire ajouté par princesseplume35 2014-08-12T05:33:09+02:00
Diamant

Deux tomes encore très bon on s ennui pas un instant, à lire.

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Commentaire ajouté par booba 2013-12-06T12:30:20+01:00
Diamant

Le fait de combiner les 2 tome en 1 et super ! nous ne sommes pas obliger d'attendre la suite et c'est d'autant plus satisfait que de continuer notre lecture et les aventures d'Anita blake !

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Commentaire ajouté par vivie974 2013-04-22T16:25:08+02:00
Lu aussi

Bon je l'ai lu car j'ai acheté plusieurs tomes sans avoir commencé. Mais ce n'est pas mon truc. Je ne le déconseillerai pas car il est très bien dans le genre Bit-lit.

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Commentaire ajouté par jujuequidu04 2012-04-23T13:38:49+02:00
Diamant

Pas mal mais moins bien que les autres à mon gout, d'abbord le rapprochement Anita-J-C puis celui Richard-Anita un peu perturbant hein ? :P J'ai comme l'impresssion dans la 2eme partie que J-C se fout de la geule d'Anita à vrai dire !! :/ enfin bref en tous les cas la monté en puissance du trio m'a impressioné ^^ et celle d'Anita aussi par la même occasion

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Commentaire ajouté par genialou 2012-04-16T19:30:25+02:00

Série toujours passionnantes et intrigue très réussi !

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Activité récente

lilique l'ajoute dans sa biblio or
2017-02-17T15:15:51+01:00

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Commentaires 5
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Evaluations 6
Note globale 8.17 / 10

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