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Jason et moi étions par terre. Adossé au chambranle de la salle de bains, Jason me plaquait contre lui le plus étroitement possible ; il avait même crocheté ses jambes autour de ma taille. Je sentais son cœur cogner à tout rompre contre mes omoplates, et j'éprouvais le goût métallique de sa peur sur ma langue. Je n'avais pas besoin de regarder par-dessus mon épaule pour savoir qu'il avait les yeux écarquillés, les lèvres entrouvertes et le visage blême.

A genoux, Richard nous toisait. Ses yeux étaient redevenus normaux.

- Je sens combien vous avez peur de moi, tous les deux.

- Tu as essayé de rouler mon esprit, Richard. Tu as voulus me priver de mon libre arbitre.

- Je veux que tu ne désire que moi, Anita. Je le veux si fort que parfois, ça me rend fou. Je déteste te savoir avec d'autres hommes.

Je m'abstins sagement de répondre, parce que j'avais conscience que Richard aimait me regarder coucher avec Jean-Claude - parfois. Il aimait me partager avec notre maître - parfois. Mais, comme beaucoup de chose en lui, il refusait de l'accepter. Si je lui posais la question, il dirait qu'il me partageait avec Jean-Claude parce qu'il n'avait pas le choix, et qu'il le faisait rarement parce que ça ne lui plaisait pas. Mais je pense que c'est faux. Je pense qu'il le fait rarement parce qu'il aime ça, et que ça le dégoûte d'aimer ça.

- Tu me serres trop fort, Richard.

Il regarda l'endroit où ses doigts avaient laissé des empreintes dans ma chair comme s'il ne se souvenait plus qu'il me tenait. Puis il me lâcha et s'assit sur ses talons, l'air perplexe.

- Je ne voulais pas te faire de mal.

- Je sais.

Jason continuait à me serrer contre li, et son pouls ralentissait peu à peu.

- Si Jason n'était pas intervenu, tu aurais fait tout ce que je voulais. Mais j'y croyais aussi, Anita. Je croyais de nouveau à une fin heureuse, "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Je croyais...

- J'ai senti que tu y croyais, acquiesçai-je.

- Mais tu y croyais aussi, dit-il en me dévisageant - si sincère, si convaincu de sa propre vérité !

- Tu m'as forcée à le croire. Mais c'était ton idée, pas la mienne. Je n'ai plus envie de m'excuser pour ça, Richard. Tu viens à peine d'hériter de l'ardeur, et d'entrée de jeu, tu étais prêt à l'utiliser de manière aussi impitoyable que tous les vampires que tu as pris à partie à ce sujet.

- Tu es injuste, protesta-t-il.

- J'ai senti ce que tu lui faisais, Richard, intervint Jason. Tu l'as privée de son libre arbitre, et à la place, tu l'as remplie de ce faux bonheur.

- Ce n'est pas un faux bonheur.

- Ce n'est pas sa vision du bonheur, Richard : c'est la tienne.

- Tu n'as pas à t'interposer entre ton Ulfric et sa lupa.

- Peut-être pas, mais je ne pouvais pas rester les bras croisés alors que je sentais ce que tu lui faisais. Anita m'a demandé de l'aider, et j'ai été obligé d'obéir.

Je touchai ses bras qui m'enveloppaient toujours.

- Comment ça, tu as été obligé d'obéir ?

- Tu es mon amie, et la copine de mon meilleur ami. Je ne pouvais pas le laisser tr violer comme ça.

- Ce n'est pas ce que je faisais, protesta Richard.

- Selon la loi, utiliser la magie ou une capacité psychique qui prive quelqu'un de son libre arbitre pour coucher avec lui, c'est du viol, dit Jason.

Ce qui était, à la virgule près, ce que j'étais en train de penser.

Je sentis Jason se figer contre moi, et j'en fis sans doute autant dans son étreinte.

- Tu viens de dire à voix haute ce que j'étais en train de penser ? demandai-je.

- Je ne sais pas. Tu crois ?

- Je suis presque certain que oui, déclara Richard.

Il se pencha vers nous en reniflant. Même si je fréquente des métamorphes depuis un bail, je continue à trouver ça bizarre quand ils ont des attitudes typiquement animales sous leur forme humaine.

Jason eut un mouvement de recul, comme s'il pouvait passer à travers le mur et m'entraîner avec lui pour nous soustraire à l'attention de Richard.

- Qu'est-ce que tu essaie de sentir ? interrogea-t-il/

A quatre pattes devant nous, Richard nous surplombait, ses cheveux tombant en ondulations épaisses autour de son visage, de sorte que je ne pouvais pas déchiffrer son expression. Mais à mon avis, Jason y arrivait.

- Jean-Claude aurait pu m'arracher Anita. Et peut-être Micah ou Nathaniel, parce qu'ils ont un lien métaphysique avec elle. Damian aurait pu lui communiquer sa froideur, sa maîtrise de lui, et l'aider à me bloquer. Mais il est son serviteur vampire. (Richard se pencha davantage, m'écrasant presque le visage contre sa poitrine pour pouvoir renifler celui de Jason par-dessus mon épaule.) Toi, en revanche... tu n'es que sa nourriture. Tu es la pomme de sang de Jean-Claude, mais tu n'es rien de spécial pour Anita.

C'était un peu difficile de m'exprimer fermement dans la position où je me trouvais, prisonnière des bras et des jambes d'un homme et à demi écrasée sous le torse d'un autre, mais je fis de mon mieux.

- C'est mon ami.

J'entendis Richard prendre une grande inspiration. Puis il se rejeta en arrière comme s'il avait reçu un coup.

- Il est plus que ça à présent, chuchota-t-il.

- De quoi parles-tu ? demandai-je, les sourcils froncés.

- Ne le sens-tu pas ? Jason est ton animal à appeler.

Jason se raidit contre moi.

- Quoi ? m'exclamai-je.

- Avant, il avait l'odeur de la meute. Maintenant il porte aussi la tienne, comme Nathaniel ou Micah.

- Je vis avec eux. C'est normal que nous ayons développé une odeur commune.

Richard secoua la tête.

- Non, Anita. Ne mets jamais en doute l'odorat d'un loup. C'est comme s'ils portaient un petit morceau de toi incrusté sous la peau. Micah sent comme ça depuis que je le connais, mais Nathaniel... son odeur a changé ces derniers temps. Celle de Damian aussi. Et maintenant, c'est le tour de Jason.

- Je la tiens contre moi, Richard. C'est pour ça que je sens son odeur.

Richard fit un nouveau signe de dénégation.

- Non, Jason. Je sais faire la différence entre une odeur empruntée et une odeur qui émane directement de quelqu'un.

- Je n'ai pas pu faire de lui mon loup à appeler, Richard, argumentai-je. Je ne me souviens pas l'avoir fait.

- Tu as oublié le plus gros des deux derniers jours, me rappela-t-il.

Je réfléchis. Je voulais lui prouver qu'il avait tort, mais un nœud dur et froid commençait à se former dans mon ventre. Dès l'instant où je le sentis, je connus la vérité.

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Quelques minutes plus tôt, cette étreinte m'aurait poussé a faire tout ce qu'il voulait.

A présent, il était trop tard. Richard serrait mon corps contre lui, mais mon coeur restait froid.

C'était ainsi que je vivait depuis des années.

Le froid et le chaud ; le chagrin et la rage.

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1er Chapitre

En rentrant chez moi ce jour-là, je trouvai deux hommes assis à la table de ma cuisine. L'un d'eux était mon amoureux, avec lequel j'habitais ; l'autre était l'un de nos meilleurs amis communs. Le premier est un léopard-garou et le second, un loup-garou. Tous les deux exercent le métier de stripteaseurs. Au moins une fois par mois, ils ôtent sur scène bien davantage que leurs vêtements : ils changent de peau et de forme devant un public ébahi. Ces soirs-là, il n'y a que des places debout dans la salle. C'est vrai, il existe des tas d'endroits ou vous pouvez voir des mecs se déshabiller, mais des humains qui se transforment en animaux... C'est un spectacle unique.

Nathaniel se leva pour venir m'embrasser et me serrer dans ses bras. Je glissai mes mains dans l'épaisse chevelure auburn qui cascadait le long de ses larges épaules, du creux de ses reins, de la rondeur de ses fesses et de ses jambes musclées. Nathaniel mesure désormais un mètre soixante-huit, soit trois centimètres de plus de lorsque je l'ai rencontré. Avec mes talons de 7 centimètres, j'étais légérement plus petite que lui. A vingt et un ans, le reste du corps de Nathaniel rattrape enfin sa carrure. Son visage devient moins doux, plus viril. Il sera toujours plus mignon que viril, mais sa structure osseuse s'est modifiée de manière infime, si bien que maintenant, il fait son âge au lieu d'avoir l'air d'un ado.

Il me dévisagea de ses yeux couleur lilas? Sur son permis il est marqué que ses yeux sont bleus, parce que les fonctionnaires n'ont pas voulu qu'il écrive "lavande" ou "mauve". Et il est vrai que ses iris changent de teinte en fonction de son humeur et de ce qu'il porte,mais je peux vous garantir qu'ils ne sont jamais bleus.

Nathaniel glissa les mains sous ma veste de tailleur et effleura le haut de ma jupe. Il hésita un peu en butant contre le Browning BDM que je portais dans un holster d'épaule. les flingues, c'est gênant pour faire des câlins.

J'enlaçai son torse ni et humai profondément l'odeur de sa peau. Comme toujours à cette période de l'année, Nathaniel ne portait qu'un minuscule short de jogging. La plupart des métamorphes se baladeraient à poil s'ils le pouvaient. Sur le principe, ça me gêne un peu ; aussi Nathaniel fait-il cette concession à ma pudeur. certains pensent que je n'en ai plus depuis belle lurette, mais ils se trompent, sans doute parce qu'ils sont jaloux.

Et quand je tiens Nathaniel dans mes bras, quand je respire l'odeur vanillée de sa peau, je peux comprendre leur jalousie. Je sais que même s'ils m'en veulent un peu de coucher avec des tas de beaux mâles, et encore plus d'avoir trouvé un amour véritable auprès d'eux, ces gens envient surtout mon pouvoir. Parce que je suis la servante humaine de Jean-Claude, le Maître de la Ville de St.Louis. Parce que de tous les exécuteurs de vampires qui sévissent aux Etats-Unis, c'est moi qui ai le plus beau tableau de chasse.

_Je donnerais volontier un des organes auxquels je suis le moins attaché pour qu'une femme m'accueille ainsi à la fin de la journée, lança Jason.

Je dus me tordre le cou pour le regarder derrière Nathaniel. Il était toujours assis à la table de la cuisine, un mug de café entre les mains. Du moins, l'odeur me disait que c'était du café, mais Jason tenait sa tasse comme s'il s'agissait de quelque chose de beaucoup plus précieux et de beaucoup plus addictif.

Jason a deux ans de plus que Nathaniel, soit vingt-trois ans. Curieusement, je les ai rencontrés tous les deux quand ils en avaient dix-neuf. Jason fait ma taille, à un centimètre près. Il a cette blondeur qu'affectionnent les stars de cinéma, sauf que la sienne n'est due à aucun coiffeur ni aucun produit décolorant. Ses cheveux sont coupée très court et d'une façon très classique, comme ceux d'un homme d'affaires. J'adore les cheveux longs, mais je dois reconnaître que le beau visage de Jason est mieux mis en valeur ainsi.

Ce jour-là, il portait un tee-shirt bleu qui faisait paraître ses yeux encore plus bleus - la couleur d'un ciel, non pas printanier mais estival, avant que frappe la canicule mais alors que mai est déja loin derrière. Ses fringues dissimulaient le fait qu'il était encore plus appétissant nu, comme je suis bien placée pour le savoir. Si je ne sors pas avec Jason, ce n'est pas parce que je ne le trouve pas mignon ou désirable. C'est parce qu'il est mon ami, et réciproquement.

_ Et Perdy ? demandai-je. Vous sortez officiellement ensemble, pas vrai?

Jason eut un large sourire.

_ <Sortir ensemble> ? Tu es mignonne.

Je fronçai les sourcils.

_ Tu appelles ça comment, toi ?

Nathaniel m'embrassa sur le front.

_ C'est vrai que tu es mignonne?

Je m'écartai de lui et foudroyai les deux hommes du regard.

_ Non, mais sérieusement, vous appelez ça comment, vous ? Perdy n'est pas un coup d'un soir, ni une copine avec qui on couches juste pour le fun. C'est ta petite amie officielle.

_ A t'entendre, on dirait que je lui ai donné la chevalière de la fac, Anita. Perdy et moi étions amants, et elle tenait à ce que nous soyons monogames.

_ Je croyais que c'étais le cas.

_ Mis à part le fait que je couchais toujours avec toi, ça l'était.

_ Attends. Pourquoi tu parles au passé ? Tu as rompu avec Perdy?

_ Elle lui a posé un ultimatum révéla Nathaniel. ( Il laissa glisser sa main le long de mon bras tout en s'éloignant.) Je vais te servir un café.

Je m'approchai de la table et m'assus sur la chaise qu'il venait de libérer.

_ Quel genre d'ultimatum ? demandai-je.

Jason perdit son regard dans son mug de café.

_ Elle voulait que je cesse de coucher avec Jean-Claude, avec Asher et avec toi, répondit-il.

_ Mais... tu be couches ni avec Jean-Claude ni avec Asher ! protestai-je? A moins, évidemment, que tu aies négligé de m'en parler.

Jason sourit.

_ Si tu voyait ta tête! ( Il leva deux doigts, reproduisant le salut des boy-scouts.) Je ne couche pas et n'ai jamais couché ni avec Jean-Claude, ni avec Asher.

Nathaniel posa un mug de café fumant devant moi et s'assit de l'autre côté de la table. Ainsi,nous pourrions regarder notre ami tous les deux. Et nous ne pourrions guère faire plus que nous tenir la main, ce qui était sans doute une bonne idée. Nathaniel et moi avons tendance à nous distraire mutuellement.

_ Mais Perdy ne t'a pas cru, devinai-je.

_ Non, en effet.

Jason sirota une gorgée de café.

_ Pourquoi donc ?

_ Je ne sais pas trop.

_ Si le fait que je t'utilise pour nourrir d'ardeur perturbait ta petite amie, tu aurais dû me le dire.

(...)

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( Entre Anita & Alex Pinn, inconnu avec qui elle vient de couché à ce moment là )

- J'ai l'impression que je ne devrais pas t'appeler par ton prénom et te tutoyer avant qu'on ait été présentés. Ce qui peut paraître idiot, étant donné que tu es peut être...

Il s'arrêta au milieu de sa phrase et parut tout à coup gêné.

- Etant donné que je suis peut être enceinte de toi, finis-je à sa place.

Et le seul fait de le dire à voix haute me fit frissoner.

Alex aquiesça, l'air contrarié.

- Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé dans cette chambre, mais je suis désolé pour le rôle que j'y ai joué. Quand j'ai entendu l'appel, j'ai cru que mon clan m'avait retrouvé, et qu'il avait trouvé aussi une reine assez puissante pour que je sois obligé de lui répondre, d'aller à elle. J'ai cru qu'on voulait m'obliger à la mettre enceinte pour que je sois forcé de réintégrer le clan. Mais cette histoire semble te perturbé encore plus que moi. Tu n'as pas voulu ce qui arrive.

- Non, répondis-je, presque trop bas pour être entendu.

Le tigre-garou me tendis la main.

- Je suis Alex Pinn, et je ne sais absolument pas quoi dire d'autre.

Je faillis sourire ce qui était sans doute une bonne chose.

- Je suis Anita Blake.

Et nous nous serrâmes la main comme des gens civilisés. La sienne assez grande pour engloutir la mienne. Il ne me broya pas les doigts, mais il hésita pas non plus à les serrer fermement et cela me plut.

- Je n'y arriverai pas.

C'était Richard qui venait de parler. Evidemment.

Lâchant la main d'Alex je me tournais vers lui. Il s'était adossé au mur du fond. Quelques minutes plus tôt, j'avais évité de le regarder pendant que Jason et moi mentions. Premièrement, parce que je ne voulais pas me trahir; deuxièmement, parce que je n'avais pas envie de voir la tête que ferait Richard si j'arrivais à le convaincre. Maintenant, je la voyais, et je n'étais pas déçue.

[...]

- Je n'y arriverai pas, répéta Richard.

- Tu n'arriveras pas à quoi, Ulfric ? interrogea Jamil.

- Je n'arriverai pas à la regarder prendre un nouvel amant. Je n'y arriverai pas.

Il s'exprimai d'une voix très calme, sans la moindre trace de colère ni le plus petit débordement d'énergie surnaturelle. Seule la tension de son buste révélait son tourment intérieur.

- Je n'ai pas l'intention de coucher de nouveau avec Crispin ou Alex, dis-je, enfin, une pointe d'émotion dans la voix.

- Tu n'as jamais l'intention de coucher avec personne, Anita. Je le sais. Bizarrement, ce n'est jamais ta faute. Si tu étais juste incapable de le rester fidèle, je pourrais m'habituer à cette idée ou te quitter définitivement. Mais je sais que tu ne fais pas exprès, que tu n'es pas tout à fait responsable de tes actes.

Il s'écarta du mur, Shang Da se mit en position derrière lui.

- Que veux tu que je te dise, Richard ?

L'émotion enflait en moi, je la connaissais bien : c'était de la colère. J'aurai dû la réprimer. S'emporter n'est jamais une bonne idée quand on est habitée par plusieurs bêtes, ou même par une seule.

Pourtant je ne réprimai rien du tout. J’accueillis ma colère à bras ouverts; je lui murmurai des paroles affectueuses et l'attisai tendrement. Elle était tellement préférable à toutes les autres émotions qui se bousculaient en moi -des émotions si affreuses que je ne voulais pas les regarder en face, et encore moins les ressentir.

- J'ai voulu que son contact te dégoûte, que tu répugnes à lui serrer la main. Mais ça n'a pas été le cas.

- Il était roulé lui aussi quand nous avons couché ensemble, Richard. Tu le sais.

Il acquiesça. A présent je voyais ses mains.Je le voyais serrer et desserrer les poings le long de ses flancs. Je voyais ses muscles se contractaient depuis les doigts jusqu'aux pectoraux.

- Oui, je sais.Et je n'arrive pas à le detester. Je voudrai bien, mais tu as raison: il n'avait pas l'intention de s'envoyer en l'air avec toi pendant 2 jours. Il n'avait pas l'intention de te faire oublier de prendre ta pilule. Il a l'air aussi horrifié que nous tous.

Richard fit un pas en avant, et un premier filet d'énergie tiède se répandit dans la pièce.

- Ne le comprends tu pas, Anita ? Tu me voles ma supériorité morale. Tu m'obliges à avaler des dizaines de couleuvres si je ne veux pas passer pour un parfait salopard. Mais je ne suis pas un saint. Je ne le supportes plus. Je suis désolé, je ne le supporte plus.

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Les gens parlent du chagrin comme si c'était quelque chose de doux, un sentiment liquide fait de larmes. Mais le véritable chagrin n'est pas doux. Il vous brûle le coeur et écrase votre âme sous le poids d'une montagne. Il vous détruit et vous tue, même si vous continuez à respirer, à marcher et à vivre. La personne que vous étiez avant meurt dans le hurlement du métal et l'impact d'une voiture conduite par un chauffard. Envolé, tout ce qui était solide et réel jusque là - disparu en un clin d'oeil. Et ça ne reviendra jamais.

Le monde restera pour toujours fracturé. Désormais, vous marcherez sur une croute de terre, mais vous sentirez la lame en dessous, la pression du magma capable de consumer votre chair, de faire fondre vos os et d'empoisonner l'air que vous respirez. Et pour survivre vous avalerez cette chaleur. Pour ne pas passez au travers de la croute de terre et mourir vraiment, vous avalerez toute cette haine. Vous en remplirez la tombe toute fraîche où repose la dépouille du monde tel que vous le conceviez jusque-là.

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—Je ne veux pas passer chez moi. Je ne veux pas passer à l'hôpital. Je ne veux rien faire de tout ça.

J'agrippai sa main plus fort, non parce que j'avais peur, mais à cause de la douleur que j'entendais dans sa voix. Curieusement, m'inquiéter pour lui apaisait quelque peu ma trouille. Qui eût cru que prêter une oreille compatissante aux problèmes d'autrui était le meilleur moyen d'oublier les miens ?

—Je doute que coucher avec moi te rende ce séjour plus facile, commentai-je doucement.

Jason me sourit, et quelque chose passa dans ses yeux, si vite que je faillis le louper. Mais j'avais déjà vu ce regard chez Nathaniel, et je ne le connaissais que trop bien. C'était un regard qui me disait « Tu es drôlement naïve ». Jason est beaucoup plus jeune que moi, et il n'a pas eu une vie aussi difficile que celle de Nathaniel, mais il a eu son compte de mauvaises expériences.

—Je ne suis pas naïve, protestai-je.

— Comment as-tu fait pour lire dans mes pensées ?

—Nathaniel me regarde souvent de la même façon que toi à l'instant.

—Évidemment. Ça ne pouvait pas être parce que tu me connais trop bien, dit Jason sur un ton amer.

Le service que j'avais voulu lui rendre m'entraînait sur un terrain bien différent de ce que j'avais imaginé, et ça commençait à m'inquiéter.

— Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?

—Je voudrais que quelqu'un m'aime comme tu aimes Nathaniel et tous les autres hommes de ta vie.

—Perdy t'aimait comme ça, fis-je remarquer.

Ce qui était peut-être cruel, mais n'en restait pas moins vrai. Jason me jeta un coup d'oeil hostile.

—Pourquoi es-tu si méchante ?

Je pris une grande inspiration, la relâchai et tentai d'être franche mais pas trop brutale.

—Je ne suis jamais à mon avantage dans un avion. Je vais tâcher de reformuler. Une fois, tu m'as dit que tu voulais être consumé par l'amour - que tu voulais que ça te brûle de l'intérieur. Comme j'ai passé toute ma vie d'adulte à repousser les gens qui voulaient m'aimer de la sorte, j'ai du mal à comprendre que tu désires une chose pareille, mais je te crois quand même.

— Que veux-tu que je te dise ? Que j'ai fui la première personne qui m'offrait ce genre d'amour incendiaire? Je suppose que oui.

Je secouai la tête et essayai encore.

—Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Ta conception de l'amour et celle de Perdy ne sont pas les mêmes. Tu veux être consumé, pas étouffé. Un feu a besoin d'air pour brûler haut et fort. Perdy t'a pris ton oxygène, et les flammes entre vous se sont éteintes.

Jason me dévisagea.

—Tu sais que c'est une remarque intelligente ?

—Merci d'avoir l'air aussi surpris, raillai-je, vexée. Il sourit.

—Ne le prends pas mal. Ça m'aide à ne pas trop culpabiliser d'avoir rompu avec Perdy. C'est vrai, je passe mon temps à chercher une fille qui serait obsédée par moi, et quand je la trouve, je m'en débarrasse. Du coup, je pensais que je ne savais pas ce que je voulais.

—L'obsession, ce n'est pas de l'amour, Jason. Aucun être humain n'est la propriété d'un autre.

—Mais je veux appartenir à quelqu'un.

—Ce que tu veux, ce n'est pas un mariage traditionnel. Ça se rapprocherait plutôt de ce que Nathaniel a trouvé avec moi, non ?

—Appartenir à quelqu'un sans être monogame, c'est ça ?

Je haussai les épaules.

—Techniquement, Nathaniel est monogame. Il ne couche qu'avec moi.

Jason eut un sourire qui fit pétiller ses yeux bleus.

— Il a des contacts sexuels avec un tas d'autres gens.

—Il est stripteaseur. Ça fait partie de son boulot.

—Le côté sexuel, oui. Pas les contacts. Faire l'amour avec les clients, c'est illégal.

Je fermai les yeux, mais du coup, le grondement des réacteurs me parut encore plus fort. Alors, je les écarquillai et tentai de réfléchir à ce que Jason venait de dire.

— Où veux-tu en venir ?

Il me jeta un autre de ces regards qui signifiaient que j'étais naïve ou extrêmement obtuse. Mais je ne faisais pas exprès.

—Ne me regarde pas comme ça. Je ne comprends réellement pas où tu veux en venir.

Ce fut son tour de froncer les sourcils.

—Tu es sincère, pas vrai ?

— Puisque je te le dis, maugréai-je.

— Qu'est-ce que tu considères comme un contact sexuel, Anita ?

—Je ne sais pas... La pénétration ?

—Anita, j'ai vu Asher se nourrir de

Nathaniel. Et je l'ai nourri moi aussi. Il faudrait être drôlement plus homophobe que Nathaniel ou moi pour ne pas comprendre que lorsque Asher boit le sang de quelqu'un, c'est sexuel.

Un des pouvoirs d'Asher, c'est qu'il peut rendre sa morsure orgasmique. Et ce n'est pas une illusion ni un tour de passe-passe mental, mais un don qui n'appartient qu'à lui. Du temps où il était un méchant petit vampire, Asher l'utilisait pour obtenir de l'argent, des terres ou une protection de ses victimes. Et même en sachant qu'une autre nuit avec lui les tuerait, celles-ci en redemandaient.

—Je sais mieux que toi de quoi Asher est capable, Jason.

—Ah oui, merde. Quel con ! Comment ai-je pu oublier un truc pareil ? (Il me serra dans ses bras.) Je suis désolé. Excuse-moi, Anita.

Une fois et une seule, j'ai couché avec Asher sans qu'aucun des autres hommes de ma vie se trouve dans la pièce. Je lui ai demandé de boire mon sang - non, je l'ai supplié de le faire, et j'ai failli en mourir de plaisir. Pourtant, je pense encore avec regret à cette nuit. Depuis que je l'ai dit à Jean-Claude, Asher et moi ne sommes plus autorisés à rester seuls ensemble. De tous les vampires de Jean-Claude, c'est lui que je crains le plus, parce que j'ai envie qu'il me fasse des choses dangereuses... mortelles, même.

Jason m'étreignit avec force.

—J'ai peur, et ça me fait dire n'importe quoi. Je suis désolé.

La voix du pilote s'éleva des hauts parleurs. Je sursautai en poussant un glapissement aigu. Jason m'embrassa sur le front.

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le pouvoir de la liguée de belle morte consiste en la capacité de rouler les gens à travers les désir du corps ou du cœur. donc, je peut posséder qui je veut, ou presque. le problème, c'est que je n'ai pas l'instinct de propriété. si j'avais besoin qu'on me manifeste une loyauté indéfectible, j'achèterai un chien.

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Qui diable se marie en ayant déjà calculé sa future pension alimentaire ? Ce n'est pas un mariage, ça : c'est une transaction commerciale assortie d'un échange d'anneaux.

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Bonne idée : la robe de la jeune femme était si courte que je ne pouvais pas à la fois la porter dans mes bras et protéger sa pudeur. C'est à ça que servent les culottes, les filles : à vous empêcher de montrer votre minou partout en cas d'urgence.

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—C'est Chuck, avec les divertissements, rapporta Sanchez.

Il avait prononcé les mots « Chuck » et « divertissements » comme si c'étaient des insultes.

Je regardai les amies de Lisa. La plupart d'entre elles étaient déjà un peu soûles et avaient les nerfs à vif.

Je n'avais aucune envie de voir ce qu'elles seraient capables de faire en présence de stripteaseurs. Aussi, je m'approchai de Jason et murmurai :

— On peut y aller maintenant ? Ashley - celle qui avait la coiffure la plus sophistiquée du lot, comme si elle avait fait appel à un professionnel pour l'aider - supplia :

—Ne partez pas, Anita. Je vous en prie, il faut que vous restiez. Nous voulons devenir vos amies. Si vous partez maintenant, vous allez garder une mauvaise impression de nous. Kris leva vers moi un visage strié

de larmes.

—Restez, Anita. Restez et faites la fête avec nous, s'il vous plaît.

Les dents serrées, je chuchotai à Jason :

— Il est hors de question que je reste ici seule.

Jason passa un bras autour de ma taille et m'embrassa.

— Ça ne me serait même pas venu à l'idée de t'abandonner, dit’il avec un regard entendu.

Et je compris que si je lui avais demandé de s'en aller avec moi, il l'aurait fait aussi. Etait-il trop tard pour revenir en arrière ?

Chapitre 37

Chuck entra, l'air plus renfrogné que jamais. Je me demandai pourquoi il faisait la gueule, cette fois.

Puis j'aperçus l'homme qui le suivait. Il était grand, avec un teint uniformément bronzé et des cheveux châtains coupés si court sur les côtés qu'on devinait son crâne pâle au travers. Ses yeux gris clair paraissaient presque blancs dans son visage à la peau sombre. Il devait mesurer environ un mètre quatre-vingts, avec une ossature fine et le genre de muscles qu'on développe en poussant de la fonte pour compenser une stature plus élancée que baraquée à la base. Il portait un smoking blanc qui faisait ressortir son teint mat, et à côté duquel tout paraissait à la fois plus clair et plus foncé par contraste. L'inconnu était suivi par deux gardes en uniforme qui portaient une grosse malle. Jason se raidit près de moi. La seconde d'après, je sentis moi aussi un filet d'énergie s'introduire dans la pièce. Puis la source de l'énergie en question apparut sur le seuil. Le second stripteaseur était aussi grand que le premier, mais des boucles blanches tombaient autour de ses oreilles. Il avait des yeux bleus, avec un soupçon d'une autre couleur. Mais pour voir laquelle, il aurait fallu que je m'approche de lui, et je n'avais aucune intention de le faire - pas à moins d'y être obligée. Puis je perçus une autre sorte d'énergie, beaucoup plus froide que la précédente. Une seconde paire de gardes entra avec un second coffre. Le dernier danseur arriva telle la cerise couronnant le gâteau d'une très mauvaise idée. Il faisait la même taille que les deux autres, comme s'ils avaient été appariés pour cette raison, à la manière de chevaux d'attelage. Ses cheveux m'auraient paru presque noirs si je n'avais pas eu les miens ou ceux de Sanchez auxquels les comparer ; en fait, ils n'étaient que brun foncé. Ils tombaient sur ses épaules en douces ondulations, encadrant un visage assez beau dans le genre carré. Une fossette ornait son menton, et une autre se creusa dans sa joue quand il sourit aux occupants de la pièce - ce qu'il fit délicatement, pour ne pas révéler ses crocs.

—Pas de stripteaseurs vampires, hein ? grognai-je.

Jason me prit par la taille et m'attira contre lui.

— Désolé, je me suis trompé.

Pour ne pas être entendu par les autres créatures surnaturelles qui venaient d'arriver, il souffla à mon oreille :

—Je l'ai déjà vu en photo. C'est celui qui joue Jean-Claude à Las Vegas.

Ce que Jason voulait dire, c'est que le nouveau venu était le meneur d'une revue de striptease vampirique qui se produisait actuellement à Las Vegas. Le Maître de la Ville local, Maximilian - Max pour ses amis -, avait demandé à Jean-Claude de lui laisser monter un spectacle basé sur certains numéros du Plaisirs Coupables.

De brèves négociations plus tard, nous avions notre premier spin-off.

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