Livres
534 614
Membres
560 187

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Nous avons vu comment la philosophie ancienne, pour l'essentiel, fondait la doctrine du salut sur la considération du cosmos. Aux yeux d'un élève des écoles stoïciennes, il devait aller de soi que pour être sauvé, pour vaincre la peur de la mort, il fallait, premièrement, s'efforcer de comprendre l'ordre cosmique, deuxièmement, tout faire pour l'imiter, troisièmement, se fondre en lui, y trouver sa place et parvenir ainsi à une forme d'éternité.

Nous avons également analysé ensemble la façon dont la doctrine chrétienne avait pris le dessus sur la philosophie grecque et comment, pour gagner son salut, un chrétien devait, d'abord, entrer en contact avec le Verbe incarné dans l'humilité de la foi, ensuite observer ses commandements sur le plan éthique et enfin, pratiquer l'amour en Dieu en même temps que l'amour de Dieu afin que lui et ses proches puissent entrer dans le royaume de la vie éternelle.

Afficher en entier

En m’arrachant à moi-même pour comprendre autrui, en élargissant le champ de mes expériences, je me singularise puisque je dépasse le particulier de ma condition d’origine pour accéder, sinon à l’universalité, du moins à une prise en compte chaque fois plus large et plus riche des possibilités qui sont celles de l’humanité toute entière.

Afficher en entier

Nul ne peut aujourd’hui sérieusement garantir la survie de l’espèce, beaucoup s’en inquiètent, et nul ne sait pour autant comment « reprendre la main » : de protocoles de Kyoto en sommets sur l’écologie, les chefs d’Etat assistent, pratiquement impuissants, aux évolutions du monde, tenant un discours moralisateur, bourré de vœux pieux, mais sans effet réel sur les situations même les mieux identifiées comme potentiellement catastrophiques. Le pire n’est pas toujours certain et rien n’interdit, bien entendu, de conserver l’optimisme. Mais cela relève, il faut bien l’avouer, davantage de la foi que d’une conviction fondée en raison. Aussi l’idéal des Lumières fait-il place aujourd’hui à une inquiétude diffuse et multiforme, toujours prête à se cristalliser sur telle ou telle menace particulière de sorte que la peur tend à devenir la passion démocratique par excellence.

Afficher en entier

La mondialisation libérale est en train de trahir une des promesses les plus fondamentales de la démocratie : celle selon laquelle nous allions pouvoir collectivement, faire notre histoire, du moins y participer, avoir notre mot à dire sur notre destin, pour tenter de l’infléchir vers le mieux. Or l’univers dans lequel nous entrons, non seulement nous échappe de toute part, mais s’avère être en plus dénué de sens, dans la double acceptation du terme : privé tout à la fois de signification et de direction.

Afficher en entier

Mais sur le plan moral, ces inégalités (dues à la naissance) n’ont aucune importance. Car seul importe l’usage que l’on fait des qualités qu’on a reçues au départ, pas les qualités elles-mêmes. Ce qui est moral ou immoral, c’est la liberté de choix, ce que les philosophes vont nommer « le libre arbitre », et nullement les talents de nature en tant que tels.

Afficher en entier

Les philosophes grecs pensaient que le passé et le futur sont les deux maux qui pèsent sur la vie humaine, les deux foyers de toutes les angoisses qui viennent gâter la seule et unique dimension de l’existence qui vaille d’être vécue – tout simplement parce qu’elle est la seule réelle : celle de l’instant présent. Le passé n’est plus et le futur n’est pas encore se plaisent-ils à souligner et pourtant nous vivons presque toute notre vie entre souvenirs et projets, entre nostalgie et espérance. Nous nous imaginons que nous serions beaucoup plus heureux si nous avions enfin ceci ou cela, de nouvelles chaussures ou un ordinateur plus performant, une autre maison, d’autres vacances, d’autres amis… Mais à force de regretter le passé ou d’espérer en l’avenir, nous en finissons par manquer la seule vie qui vaille d’être vécue, celle qui relève de l’ici et du maintenant.

Afficher en entier

Face à la menace suprême qu’elles prétendent nous permettre de surmonter, comment opèrent, en effet, les religions ? Pour l’essentiel, par la foi. C’est elle, et elle seule en vérité, qui peut faire retomber sur nous la grâce de Dieu : si tu as foi en Lui, Dieu te sauvera, disent-elles, en quoi elles requièrent avant toute autre vertu l’humilité qui s’oppose à leurs yeux – c’est ce que ne cessent de répéter les plus grands penseurs chrétiens, de saint Augustin à Pascal – à l’arrogance et à la vanité de la philosophie. Pourquoi cette accusation lancée contre la libre pensée ? Tout simplement parce que cette dernière prétend bien, elle aussi, nous sauver sinon de la mort elle-même, du moins des angoisses qu’elle inspire, mais par nos propres forces et en vertu de notre seule raison. Voilà, du moins d’un point de vue religieux, l’orgueil philosophique par excellence, l’audace insupportable.

Afficher en entier

La mort désigne en général tout ce qui appartient à l’ordre du « jamais plus ». Elle est au sein même de la vie, ce qui ne reviendra pas, ce qui relève irréversiblement du passé et que l’on n’a aucune chance de retrouver un jour. Il peut s’agir des vacances de l’enfance en des lieux et avec des amis qu’on quitte sans retour, du divorce de ses parents, des maisons ou des écoles qu’un déménagement nous oblige à abandonner, et de mille autres choses encore : même s’il ne s’agit pas toujours de la disparition d’un être cher, tout ce qui est de l’ordre du « plus jamais » appartient au registre de la mort.

Afficher en entier

L’être humain, à la différence de Dieu – s’il existe -, est mortel ou, pour parler comme les philosophes, c’est un « être fini », limité dans l’espace et dans le temps. Mais à la différence des animaux, il est le seul être qui ait conscience de ses limites. Il sait qu’il va mourir et que ses proches, ceux qu’il aime, aussi. Il ne peu donc pas s’empêcher de s’interroger sur cette situation qui, a priori, est inquiétante, voire absurde ou insupportable.

Afficher en entier

[Suite à la généalogie et la mise à terre des idoles par la pensée nietzschéenne] Le problème n'est plus, hélas, de briser encore les pauvres "pieds d'argiles" de malheureux idéaux que nul ne parvient plus à percevoir tant ils sont devenus fragiles et incertains.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode