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Bibliothèque de apriltheseven : Liste d'Or

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Hex Hall, Tome 2 : Le Maléfice Hex Hall, Tome 2 : Le Maléfice
Rachel Hawkins   
Comment ne pas craquer sur cette suite après avoir dévoré goulument le tome 1 ? Si à première vue Hex Hall semble être une saga tout ce qu’il y a de plus banale, elle dégage quelque chose de rafraîchissant. Avec Le Maléfice, le second opus, je n’ai pas été déçue. J’ai retrouvé ce que j’avais adoré précédemment, en bien plus intense et fouillé. Et je vais vous le dire : oui, le tome 1 est très bon, mais le 2 est encore meilleur !

Nous sommes de retour avec Sophie qui repart vers de nouvelles aventures. Les faits prennent place quelques mois après la fin du tome 1, où notre héroïne d’Hécate est très secouée par ce qu’elle a vécu. Harcelée par une aïeule un peu trop sanguinaire, hantée par une ex-meilleure ennemie et heurtée par un amoureux aussi traître que dangereux, on peut dire que ces derniers mois ont été particulièrement intenses pour la jeune fille. En plus, elle en sait désormais plus sur sa condition et ces révélations la travaillent beaucoup. Pire, elle envisage même de se débarrasser de sa magie pour de bon en suivant le Rituel. Mais avant de prendre une décision irréversible, le moment est venu de profiter des vacances.

Et quoi de mieux que passer l’été avec son père, l’inconnu qui s’est toujours tenu très loin d’elle ? C’est l’occasion de faire sa connaissance et surtout d’en apprendre un peu plus sur la puissance de sa propre magie. Sophie accepte de l’accompagner en Angleterre, mais pas sans Jenna ni Cal ! Bien entendu, ce serait trop beau si tout se passait comme sur des roulettes. Non, non. Au programme : machinations, rendez-vous clandestins et nouveaux amis démons. La pauvre Sophie n’est pas du tout au bout de ses peines !

Le Maléfice, il faut dire ce qui est, ça dépote ! C’est un livre qui se lit d’une traite, sans interruption. Le rythme est tellement soutenu qu’on a du mal à s’en détacher. L’auteur manie à la perfection son histoire et alterne entre action et révélations. Car loin d’être un simple tome transitoire, ce deuxième opus nous apporte beaucoup de réponses, même s’il rajoute une grosse couche bien crémeuse d’interrogations supplémentaires. Lorsque je voyais les heures qui s’étiraient pendant la nuit (1h du matin, 2h du matin…), je me disais “allez, Letty. Plus qu’un chapitre et tu vas te coucher pour de bon”. Hum. Impossible de m’y tenir. Sans savoir comment, je me suis retrouvée à la dernière page à hurler intérieurement face à cette fin.

Parce que oui, parlons-en de la fin ! Déjà, la dernière phrase de chaque chapitre est affreusement frustrante, car elle donne lieu à un événement insoupçonnable qui nous pousse à continuer jusqu’à ce que notre curiosité soit assouvie. Mais dans les dernières pages… tout s’accélère, l’héroïne perd littéralement le contrôle et on se demande jusqu’où ça va aller. Car ça n’a plus rien de drôle. En effet, l’heure est grave. Rien que pour ça, je suis impatiente de connaître le fin mot de l’histoire, parce que j’ai des questions plein la tête.

Ce que j’aime ici, c’est que l’auteur reprend des notions et des créatures qui sont déjà très exploitées dans les romans fantastiques de manière générale. Mais elle arrive à les rendre singulières, sans pour autant en faire des caisses. Le roman reste badin et propre à la détente. Si d’habitude j’aime aller en profondeur dans un roman, ici ça ne me dérange pas de rester plus en surface, car l’histoire est très légère.

Les personnages sont comme je les aime. Dans Le Maléfice, Sophie revient en force. Sarcastique, très cynique, drôle et surtout surprenante, je me suis régalée avec ses répliques tout droit sorties d’on ne sait où. Elle a du mordant. Et pourtant, c’est réaliste, car elle se comporte comme toutes les adolescentes face au garçon pour qui elle en pince. À côté de ça, elle est toujours aussi courageuse et bienveillante avec les gens qu’elle aime. Bon, par moment, j’avoue l’avoir trouvée beaucoup trop naïve. Après tout ce qui lui est tombé sur le coin du nez dans le tome 1, on dirait qu’elle ne réfléchit pas toujours avant de prendre une décision qui mettrait sa vie – ainsi que celles de tous les Prodigiums – en danger. J’espère qu’elle sera un peu plus méfiante par la suite.

Je ne parlerai pas des autres personnages par souci de discrétion (tout le monde ne l’a pas lu, je ne tiens pas à spoiler), mais j’aimerais quand même dire un mot sur la relation que Sophie entretient avec son père. Alors au début j’étais un peu sceptique. Froid et un peu trop austère à mon goût, ce dernier me semblait assez inaccessible. Le plus drôle dans cette histoire, c’est que je me suis aperçu que j’aimais ce personnage à la toute fin. J’ignore quand la magie a opéré avec lui, mais je me suis attachée à lui comme je me suis attachée à Jenna, Archer ou Cal.

En résumé, ce tome 2 ne manque pas d’actions ni de suspens. Même si l’auteur semble prendre un macabre plaisir à nous laisser sur notre faim, elle n’est pas avare en révélations et nous transporte toujours plus loin dans l’univers des Prodigiums. J’étais à des lieues de penser que cette saga était aussi bonne, et sincèrement, c’est de la bombe !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/bit-lit/hex-hall-tome-2-le-malefice-rachel-hawkins
Zodiaque, Tome 2 : L'Étoile Vagabonde Zodiaque, Tome 2 : L'Étoile Vagabonde
Romina Russell   

Comme je l’ai attendu, ce tome-ci. J’ai rongé mon frein loooongtemps, et en le recevant, j’étais joie ! C’est pourquoi je remercie Camille et les Éditions Michel Lafon pour leur confiance. Zodiaque est une série qui a gagné mon cœur l’an dernier. Son intrigue sort de l’ordinaire et les surprises que l’auteur garde en permanence dans sa manche laisse le lecteur sur les fesses. J’attendais beaucoup de cette suite, et Romina Russell a parfaitement réussi son coup. L’étoile vagabonde est meilleur, traité en fond, avec une histoire qui est en perpétuelle évolution. Je suis conquise.

Si vous souhaitez éviter les quelques spoilers du premier tome, je vous recommande de passer au paragraphe suivant.
À la fin du tome 1, nous laissions Rhoma en mauvaise posture. Déchue de son rôle de Gardienne, la jeune fille a vu le Cancer sombrer et tous ses repères disparaître. L’armada a échoué, Mathias a disparu pour de bon. En bref, il n’y a pas matière à faire la fête. Dans ce deuxième opus, notre héroïne a trouvé refuge chez les Capricorne auprès de son frère, de ses amis et d’Hysan. Elle qui pense trouver le temps de se reconstruire et se défaire de sa culpabilité, voilà que les problèmes ressurgissent. Et cette fois-ci, il semble qu’Ophiuchus ne soit pas la pire des menaces. Rhoma va devoir rassembler ses dernières forces pour tenir tête aux nouveaux ennemis qui attendent leur heure.

J’étais vraiment aux anges de m’immerger à nouveau dans les constellations du Zodiaque. Même si, honte à moi, mes souvenirs du tome précédent étaient confus. Heureusement – et c'est là que j'étais bien contente que cette lecture soit commune –, Adeline, du blog Aliybooks, m'a fait un rapide topo. Ça m’a gentiment remis sur les rails. Pour ma défense, l’univers créé par Romina Russell a ses complexités. C’est truffé de petits détails qui ont leur importance et qui permettent de comprendre le fonctionnement du monde. Après une petite centaine de pages passée à tâtonner, j’étais de nouveau opérationnelle.

C'est une Rhoma heurtée que l'on retrouve. Blessée par tout ce qui s'est passé, persuadée d'en être la cause directe, elle se montre excessivement prudente et marche sur des œufs en permanence. Elle est tiraillée par son désir de ne plus faire de vague et son sens moral qui la pousse à agir pour que ce qui s'est passé en Cancer ne se reproduise plus jamais. Hélas, avec tout ce qu'elle a déjà traversé, elle reste peu sûre d'elle, incertaine. Rhoma est une héroïne qui se cherche encore. Le rôle de Gardienne était trop grand pour elle, mais le costume qu’on lui demande d’enfiler dans L’étoile vagabonde, lui, la dépasse complètement. Malgré tout, c'est une adolescente dévouée qui a tendance à se flageller quand les malheurs surviennent et qu'elle n'a pas su s'imposer.

Là où je suis un peu fâchée, c’est concernant la romance. Rappelez-vous, dans le tome 1, je fulminais à cause de cet énième scénario de triangle amoureux. Dans cette suite, le souvenir de Mathias flotte en permanence entre Rhoma et Hysan. Je vais être sincère, cette redondance a fini par m'exaspérer. La jeune fille culpabilise tout le temps. Elle ne parvient toujours pas à faire son choix et louche sur les deux garçons comme s’il s’agissait de parts de cake. J'avais juste envie de la secouer en lui disant : « Fais ton choix, qu'on en parle plus ! ». Elle est déjà hésitante quant à la démarche à suivre pour sauver le Zodiaque, mais si en plus sa vie sentimentale se retrouve soumise à un dilemme... Non, vraiment, ce n'est pas ma tasse de thé. Rhoma est pleine de qualités, c’est indéniable, mais elle est nulle en amour. Vraiment, vraiment nulle. Ce qui est assez frustrant pour le lecteur, car on a la sensation de patiner, ou mieux : de faire du surplace. Et dans tout ça, c’est Hysan qui en bave.

Dans le premier opus, Hysan ne m’avait pas tellement plu – contrairement à une bonne partie de la blogo féminine –. Eh bien ici, je révise sérieusement mon jugement. Vers la fin, le jeune homme m’a vraiment bluffée par sa justesse et sa maturité. C’est un garçon touchant dans son genre, même si aux premiers abords, il semble inaccessible. Il dégage une impression de… de classe internationale, en fait ; donnant l’impression que lorsqu’il entre en scène, Rhoma et les autres ne risquent plus rien. Je l’admire également pour sa patience légendaire, mais aussi pour son caractère droit et toujours sincère. Je ne suis pas sûre que Rhoma réalise la chance qu’elle a…

Dans cette suite, les enjeux sont plus vastes et plus nuancés. Ce n'est pas seulement les Maisons qui sont en danger, mais tout le système galactique. À l'instar de Rhoma, on se demande sous quel angle il est judicieux de prendre le problème à bras le corps. Parce que l'air de rien, c'est assez mal parti, et leurs chances de s'en sortir sont maigres.

​Le grand méchant du premier tome nous offre un sacré retournement de situation ! Notre cher Ophiuchus n’est plus la vedette, et laisse sa place à une organisation qui fait froid dans le dos : le Marad. Difficile de savoir où le danger frappera en premier, mais heureusement, Rhoma ne sera pas seule pour mener sa quête à bien.

C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur le Zodiaque et sur les caractéristiques de chacune des Maisons. Le livre est truffé de légendes folkloriques, de découvertes historiques, mais aussi de secrets bien gardés. Celui des Ascendants est fascinant. L’idée est intelligente et offre un nouveau souffle à l’intrigue, sans parler des nombreuses perspectives.

Romina Russell semble être une fervente amatrice du bouquet final qui rase tout sur son passage, et nos certitudes avec. Le roman est intense à chaque instant, mais la fin consume le lecteur d'une insatiable frustration. Attendre la suite va être une véritable épreuve !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/zodiaque-tome-2-letoiles-vagabonde-romina-russell
Quand la nuit devient jour Quand la nuit devient jour
Sophie Jomain   
Je remercie les éditions Pygmalion – ainsi que Sarah – pour cette magnifique réception ! Dès que j’ai vu la couverture et lu l’accroche, j’ai su qu’il me fallait ce roman. Ça n’a pas l’air comme ça, mais j’ai des périodes où j’aime me plonger dans des drames contemporains ; ça me ramène un peu les pieds sur terre, après toutes les histoires de fantasy et fantastique que je lis. En plus, c’était l’occasion rêvée pour découvrir l’auteur dans un contexte moins imaginaire, sachant que j’étais ressortie mitigée des Étoiles de Noss Head. En fait, après avoir refermé cette petite perle, j’ai eu un mal fou à passer à autre chose. Quand la nuit devient jour m’a littéralement transportée !

Camille, presque trentenaire, raconte son parcours, une succession de cauchemars toujours plus envahissants. Bien entourée, choyée, désirée, elle n’en demeure pas moins détachée de son existence et combat ce corps qui la révulse avec la plus grande énergie. Car Camille ne s’aime pas. Littéralement. Et cette souffrance remonte à son enfance, où déjà, elle ressentait un mal-être dévorant. La jeune femme somatise (c'est-à-dire que sa souffrance psychologique a des répercussions cliniques : elle souffre de douleurs abominables). Entre les crises de boulimie, d’anorexie, d’automutilations, de dépression profonde et de tentatives de suicide… C’est devenu trop pour elle.

Plus les années passent, et plus Camille s’aperçoit que la seule issue qui s’offre à elle est la mort. Elle prend alors une décision irréversible et lourde de conséquences : passer par le suicide médicalement assisté. Elle intègre donc un centre spécialisé, dans lequel elle sera suivie par un psychiatre jusqu’au jour J, le 6 avril 2016.

J’écris cette chronique avec les réminiscences de mes émotions de cette nuit. J’ai ouvert ce livre et me suis retrouvée dans une spirale infernale, incapable de m’en détacher jusqu’à la fin. J’ai eu peur de retrouver la substance de Avant toi par Jojo Moyes, ou encore Je vous demande le droit de mourir, l’histoire véridique de Vincent Humbert. Heureusement, Sophie Jomain a très bien su sortir son épingle du jeu.

L'histoire commence avec un long prologue qui nous explique les grandes lignes du parcours de l'héroïne, du début de son combat jusqu'à sa décision de mourir. Ce prologue m'a fascinée, même s’il était carrément déprimant. Il est puissant et extrêmement effrayant, d'une certaine manière. L'héroïne est prisonnière de son propre corps. Ses démons intérieurs ne lui laissent jamais de répit. Dans ce prologue, on assiste à sa descente aux Enfers, avec des habitudes alimentaires qui font le yoyo et des instants d’accalmie pour mieux replonger par la suite. J’ai été soufflée par cette entrée en matière peu.

Dans ce roman, Sophie Jomain a misé sur un réalisme incisif, qui m’a beaucoup impressionnée. J'ai moi-même travaillé dans des services psychiatriques accueillant des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire et de dépression ; j'ai trouvé qu’elle avait très justement dépeint ce milieu. Le récit est tout en justesse. Il y a beaucoup de recherche, c'est creusé, bien manié et je n'ai décelé aucune fausse note.

La plus grande problématique reste ce désir de se donner la mort. La décision de Camille est prise, et elle ne compte pas dévier d’un iota. La mort est, à ses yeux, sa porte de sortie. Elle la vit comme une délivrance, une conjuration. Sa maladie la tourmente, l’engloutit et la dévore, alors quelle option lui reste-t-il ?

Mes émotions se sont entrechoquées, créant dans mon esprit un triste méli-mélo. J'ai moi-même un proche qui s'est donné la mort, et je dois admettre que ça a éveillé en moi des sentiments très puissants et difficiles à réfréner. D'abord, de la colère. On se dit que l'héroïne est égoïste. Ses parents lui ont donné la vie. Ils l'adorent, la soutiennent contre vents et marées depuis de longues années, sans jamais faillir. Et elle, cette vie, elle la piétine. Elle a la stabilité, l'amour, les proches, le confort... Mais son désir de disparaître l'emporte sur le reste.

Oui, je lui en voulais, je la trouvais ingrate et inconsciente de la chance qu’elle avait. Qu'elle abandonne alors que d'autres se battent pour vivre, n'est-ce pas un triste paradoxe ? En même temps, je culpabilisais de penser ainsi, moi qui ai toujours assumé ma position au sujet de l’euthanasie. Pour ça, Sophie Jomain est une magicienne, elle a su éveiller en moi des contradictions que je ne soupçonnais même pas.

C'est là que ça devient intéressant, parce que quelque part, je ne pouvais pas m'empêcher de compatir au mal-être qui ronge Camille comme une gangrène. Sa vie n'est plus qu'un trou béant dans lequel elle chute sans jamais en voir le fond. On se dit qu'effectivement, il n'y a pas 36 solutions pour la sortir de cet enfer. Et si la mort pouvait être cette solution ?

Camille est comme un petit animal craintif et inapprivoisable. Elle a le sentiment de ne pas appartenir à ce monde, de ne pas y avoir sa place. Une phrase en particulier m'a bouleversée. Je l'ai trouvée magnifique dans sa vérité, parfaitement en adéquation avec les pathologies psychiatriques que certains ont du mal à supposer, même à notre époque et dans notre société :

« Les maladies incurables sont généralement visibles à la longue, mais la mienne est sournoise. Elle se cache et donne l'illusion de ne pas exister. Elle est pourtant bien là, chaque jour, chaque nuit. Elle court dans mes veines comme un poison et insuffle à mes poumons un air irrespirable. »

Finalement, c'est délicat de porter un jugement sur la décision de Camille. Puis ce roman a le don d’écorcher les émotions à vif. Il n'est pas là pour nous conter une petite histoire mignonnette, mais pour nous amener à comprendre la complexité de la situation de Camille.

Cette décision de se faire euthanasier, c’est aussi le combat qu’elle mène, avec beaucoup de courage. Car il faut être capable d’affronter sa famille, sa colère et ses larmes. Les gens autour d’elle sont animés de bonnes intentions, mais ne réagissent pas toujours de la manière qu’elle espérait. Sa mère passe par la case évitement, puis acharnement thérapeutique. Elle est prête à en arriver à toutes les extrémités pour l’empêcher de commettre l’irréparable. Son père est en plein dans le déni et se persuade intérieurement que l'espoir est toujours permis. Mais peut-on retirer le droit de mourir à une personne qui souffre?

La romance, quant à elle, m’a totalement transportée. Je n’en dirai pas beaucoup plus à ce sujet pour ne pas gâcher le plaisir des potentiels futurs lecteurs, mais ces instants m’ont mis beaucoup de baume au cœur. Ils étaient comme suspendus dans le temps. Même si en arrière-plan, le compte à rebours continue de s’égrener.

En résumé, Quand la nuit devient jour est une claque, un charivari d’émotion qui nous explose au visage. L’histoire est intense et puissante, les sentiments grimpent crescendo, pour nous laisser sans force – presque apathiques – dans les dernières pages. Avec une sensibilité peu commune, Sophie Jomain nous confronte à nous même. Quand la nuit devient jour ne fait que 238 pages, une parenthèse dans une vie, mais il a l’impact d’un coup de massue.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/quand-la-nuit-devient-jour-sophie-jomain
Drôle de karma ! Drôle de karma !
Sophie Henrionnet   
Voilà un paquet de temps que je n’avais pas lu de la chick-lit pure et dure, et ça me manquait ! J’ai passé le mois à enchaîner du fantastique, des drames et de la fantasy, alors plonger dans un univers plus léger, plus girly… quel dépaysement ! Et Drôle de Karma ! a rempli l’objectif haut la main.

Le quotidien de Joséphine se délite progressivement. Un petit copain qui la quitte lâchement pour une autre, une patronne qui la vire, son appartement cambriolé... Et une multitude de petits tracas à faire rager et grincer des dents. Marcher dans les déjections de chien, se coincer le talon dans une bouche d'égout, ÇA, Joséphine-la-gaffeuse connaît bien ! Pour couronner le tout, il n'arrive que des choses géniales à ses proches et ses voisins. La vie se fait farceuse, puisqu’elle ne fait qu'accumuler les gaffes et a le sentiment de patauger dans la boue. Cela dit, un jour, son existence banale se transforme en véritable thriller policier. Et pour y échapper, Joséphine décide de mettre les voiles vers le Royaume-Uni, sous une fausse identité, un faux métier, une fausse vie. Et ce qui promettait d’être un séjour d’évasion va devenir une aventure inédite !

L’un des principaux atouts de ce livre, c’est qu’il commence de manière diaboliquement simple, mais qu’il prend une ampleur qu’on n’aurait jamais pu suspecter aux premiers abords. Et les enchaînements se font de manière logique, je n’ai pas eu la sensation que c’était surfait ou tiré par les cheveux. Ça se traduit sans doute par les personnalités variées et amusantes qui nous sont présentées.

Je ne pensais pas qu'il était humainement possible d'accumuler autant de déboires dans un laps de temps aussi court. Quand on pense que c'est fini, eh bien il y en a encore. Il pleut des ennuis pour Joséphine. C’est même la saison des moussons ! La jeune femme n’est pas parfaite, elle fait pas mal d’erreur et foire même parfois en beauté, mais qu’est-ce qu’on l’aime !

Je ne sais pas si j'aurais eu autant de self-control, personnellement. Elle encaisse, fait bonne figure, vois toujours le verre à moitié plein et se plait souvent à faire l’autruche. Bon, c’est vrai, il lui arrive aussi de causer le barouf dans son sillage ; et elle ment si mal qu’on finit par se poiler en lisant les excuses abracadabrantes qui sortent de sa bouche dans les moments de panique. Au lieu de lui éviter les ennuis, ces comportements la mettent de plus en plus sur la corde raide.

En fait, il lui arrive tellement de bricoles qu'on finit par en rire, même si c'est assez navrant par moments. C'est comme si le Karma se marrait en se frottant machiavéliquement les mains.

Concernant les personnages, il y en a pour tous les goûts. J’ai particulièrement aimé la façon dont était brossé le portrait d’Astrid, la voisine diva, nombriliste, insupportable et forceuse, et celui de Lady Mona, la grand-mère malicieuse qui a toujours plus d’un tour dans son cabas. Sans parler de Charly que j’ai trouvé adorable ! Le seul petit bémol que je soulèverai, c’est que même si les personnalités sont toutes nuancées, les rapports entre les protagonistes ne varient jamais d’un iota. Soit ils ne s’aiment pas, soit ils s’aiment comme au pays des bisounours. C’est un peu trop lisse. En dehors de ce détail, il est particulièrement facile de se prendre d'affection pour ces protagonistes simples et touchants.

Concernant l’intrigue, je l’ai trouvée assez prévisible à certains moments, mais je n’ai pas boudé mon plaisir pour autant ! En plus, certains retournements de situation étaient délicieusement bienvenus et ont réveillé la peste qui sommeillait en moi. Sérieusement, thriller policier + roman de midinette : le résultat vaut le coup d’œil !

Lorsque la romance à l’anglaise s’est dessinée en arrière-plan, là, j'admets que reposer le livre est devenu impossible. Les enchaînements et les dénouements sont, certes, simples, mais ils font leur petit effet. J'ai trouvé certaines scènes – bien qu'un peu caricaturales – extrêmement jubilatoires.

En résumé, Drôle de Karma ! est une très bonne découverte, un petit roman simple et frais qui permet de s’évader en quelques heures. Entre une intrigue délirante, des personnages pétillants, sincères et une plume renversante, il n’y a pas à tortiller, ce livre est bon ! Sophie Henrionnet joue sur les facettes cocasses de son intrigue, fait sourire ses lecteurs, et entraîne son héroïne dans une aventure que l’on n’aurait pas cru possible !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/chick-lit---humour/may-22nd-2016
Lockwood & Co, Tome 1 : L'escalier hurleur Lockwood & Co, Tome 1 : L'escalier hurleur
Jonathan Stroud   
Très grand merci à la maison d’édition ainsi qu’à Aurélie pour cet envoi. Il y a des livres comme ça, sur lesquels vous tombez et qui vous font vaguement de l’oeil. Vous le prenez, il végète quelques semaines/mois/années dans votre bibliothèque, et puis un jour, votre choix se porte sur lui. Vous commencez votre lecture, et là, vous vous traitez d’imbécile parce que l’histoire est une tuerie et qu’il aurait fallu le dévorer bien avant. C’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi. J’ai un peu traîné avant de m’y mettre, mais une fois commencé, pas moyen de vaquer à d’autres occupations en parallèle. Lockwood & Co m’a complètement subjuguée.

Nous plongeons dans un monde alternatif, en plein cœur de Londres. C’est là que vit Lucy, une adolescente au caractère bien trempée. Elle fait partie d’une petite agence, Lockwood & Co, et travaille main dans la main avec Anthony Lockwood, le grand boss, ainsi que Georges. Cette agence offre des services bien particuliers, puisqu’une nouvelle forme de danger rôde dans les rues de Londres au coucher du soleil. Les morts, aussi appelés Visiteurs, reviennent sous forme spectrale et se mettent à hanter les maisons et les objets. Le seul moyen de s’en débarrasser est de faire appel à des agents extralucides. Plus ceux-ci sont jeunes, plus ils sont sensibles aux esprits, et c’est pourquoi les recrues sont souvent des enfants, comme Lucy. De découvertes en déconvenues, l’héroïne et ses collègues vont vivre des aventures à faire froid dans le dos.

Au vu de la couverture – plutôt dans la veine de beaucoup de romans fantastique-jeunesse – je m’étais fait une idée complètement erronée de l’histoire. Je m’attendais à croiser les bons vieux fantômes qui font craquer le parquet et tomber des objets. Je n’étais pas tout à fait dans le tort, mais je n’imaginais pas une seule seconde que j’allais plonger dans un univers aussi riche et recherché. Il y a une vraie réflexion au niveau de l’intrigue et Jonathan Stroud a su placer ses pions habilement, de manière à nous tenir sous son emprise jusqu’à la fin.

Parlons déjà personnages ! Nous suivons Lucy, une super médium au caractère bien trempé, et qu’il ne vaut mieux pas trop chatouiller. Après une expérience malheureuse avec son ancien employeur, elle a réussi à trouver chez Lockwood & Co ce qu’elle cherchait par-dessus tout : la considération. Et même si elle ne peut pas piffrer Georges (en vrai, en peinture ou à cent bornes de là), cette agence est devenue son foyer. Lucy est dotée d’une grande sensibilité auditive. Elle entend les Visiteurs mieux que quiconque, ce qui fait d’elle un élément pivot, chez Lockwood & Co.

Anthony Lockwood, c’est le contraire, il discerne particulièrement bien les Visiteurs. Complètement fantasque, je n’ai pas tardé à tomber sous son charme. Il émane de sa personne un grand sentiment de confiance et de sécurité (parfois trompeur). Lockwood n'est pas le héros parfait à qui tout réussit, il lui arrive de faire de grosses bourdes ; mais il ne se départit jamais de son panache et d’optimisme.

Entre le caractère sanguin de Lucie et la bonhomie affichée de Lockwood, on partait bien. Très, très bien, même. C’était sans compter Georges. Il n’a pas l’étoffe d’un agent de terrain (il n’en a même pas l’allure…), mais qu’est-ce que je l’ai adoré ! Georges – à défaut de ne pas être doux et frais – est l’extraterrestre du groupe. Son caractère, vous n’en aurez jamais croisé de pareil.

Notre trio casse la baraque, et en même temps, il lui arrive deux trois bricoles tout le long de l’histoire. Il est parfois tellement branlant et imprévisible qu'on ne sait jamais à quelle catastrophe s'attendre. Chaque nouvelle aventure onirique est un challenge qu'on n'est pas sûr qu'ils relèvent haut la main. Et c'est ça qui est drôle. L'auteur les met face à de grands périples, qui feraient trembler des genoux n’importe qui. Pour se sortir de cette mélasse, il va leur falloir de l'ingéniosité et de la bravoure. Moi à leur place, je serais tombée dans les pommes une bonne douzaine de fois !

Concernant l’histoire en elle-même, je ne tiens pas à vous gâcher la surprise. Sachez simplement que dès les premières pages, Jonathan Stroud plante le décor, dans une maison épouvantable, qui abrite un esprit tourmenté. Puis peu à peu, d’autres intrigues apparaissent, s’emmêlent pour fusionner ensemble. Ça donne un effet boule de neige, ce que j’adore dans les romans. On sent que tout est déjà prémédité à l’avance, que quelque chose se prépare. On a beau en chercher la source, l’enquête se révèle compliquée. L’auteur a un coup d’avance sur nous à chaque fois, c’est délicieusement frustrant !

Sur le fond, comme je le disais plus haut, Jonathan Stroud nous offre plus qu’une banale histoire de fantômes. L’univers est bien élaboré, les limites sont très vite posées. J’aime ces mondes pensés dans les moindres détails. Par exemple, chaque fantôme est de type différent et a ses caractéristiques propres. Un glossaire est d’ailleurs disponible à la fin de l’ouvrage, pour ceux qui auraient du mal à se familiariser avec le vocabulaire fourni proposé par l’auteur.

La plume est juste comme il faut. Ni trop ni pas assez, que l’on soit petit ou grand, garçon ou fille, le style résonne en nous et alimente notre imagination. Pour couronner le tout, il y a de l’humour, et il est irrésistible. J’ai ri et souri à plusieurs reprises, et mon intérêt ne s’est jamais émoussé. Ce qui m'a agréablement surprise, c'est le réalisme de l'histoire, construit sur des bases invraisemblables. Même s'il s'agit d'un roman de fantasy urbaine, chaque détail, description ou attitude est réaliste. Il est facile de s'imaginer les lieux et de palper l'ambiance en quelques lignes. Si bien que je n'ai eu aucun mal à me projeter dans cet univers à glacer le sang.

Le premier tome se termine avec une nouvelle série de questions qui restent sans réponse. Je sens que cette histoire peut prendre des dizaines de directions possibles, et je me languis déjà d’en savoir plus, et surtout de retrouver ces personnages chouchous que j’aie déjà adoptés.

En résumé, je viens de découvrir cette saga et je suis plus qu’impatiente d’en lire plus, toujours plus ! Ce premier tome commence sur les chapeaux de roue, avec une intrigue merveilleusement bien ficelée, des personnages aussi cafouilleurs qu’attachants, et un univers alternatif mystérieux, effrayant et attirant. Plongez dans ce nouveau monde tourmenté, à la noirceur tintée d’un humour mordant.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/lockwood-co-tome-1-lescalier-hurleur-jonathan-stroud
Luna Viva Luna Viva
Aurélie Benattar   
Grand merci aux éditions Sarbacane et à Morgane pour ce partenariat. Le résumé m’a harponné dès le début, et même si je partais sans trop savoir dans quoi je mettais les pieds, j’ai apprécié ce que j’ai découvert. Luna Viva est, certes, une lecture tournée vers la jeunesse, mais c’est aussi un livre profondément humain, avec une héroïne percutante.

Luna va mal. À dix-sept, cette fille de forains a connu bien des coups durs. Un père absent et alcoolique, une mère aimante, mais décédée… Il ne lui reste plus que son frère, Gidy, violent avec elle, presque incestueux, parfois. Sa vie n’a rien d’enviable, puisqu’elle est contrainte de jouer les voyantes dans une roulotte, en s’affublant d’un maquillage ombrageux et d’une perruque pour donner le change. Ce n’est pas l’existence dont elle a toujours rêvé, ça non.

Son unique échappatoire, Luna la voit dans la mort. Mais le destin en décide autrement puisqu’elle finit par être hospitalisée. À son retour, elle commence à voir le fantôme d’un garçon qui, contrairement à elle, a succombé à ses blessures. Elle qui croyait que tout redeviendrait comme avant, la voilà finalement confiée à l’enseignement de la soeur du Falcone, une voyante renommée du nom d’Izabella. Le but ? La faire participer au tournoi des voyantes, avec une somme rondelette à la clé. Luna a un nouveau but, mais sera-t-il suffisant pour échapper aux ennemis tapis dans l’ombre ?

C’est une première, pour moi. Je n’étais encore jamais tombée sur un livre traitant de la voyance. Je suis fascinée par ce milieu et par le tirage de cartes depuis que je suis petite fille, alors retrouver cette discipline dans un livre, vous n’imaginez pas à quel point ça m’a plu !

Avec beaucoup de simplicité, l’auteur nous embarque, non sans bousculer les amalgames et les stéréotypes. On découvre le milieu des forains, au-delà de toutes idées préconçues véhiculées par notre société. J'avais l'impression de tomber dans un univers parallèle, autarcique, où les gens parlent une langue connue d'eux seuls et vivent des vies qui m'échappent. Le monde des itinérants a quelque chose d’énigmatique, d’insondable.

Le récit charrie une aura mystique qui nous prend en tenaille. L’aspect fantastique de l’histoire a quelque chose de captivant et hautement réaliste. On peut voir Luna tirer les cartes et interagir avec ses clients. L’auteur nous laisse le loisir de nous positionner en fonction de nos propres croyances, il n’y a aucun parti pris, il faut simplement se laisser porter.

C’est à travers le tournoi et son don pour la voyance que Luna va grandir et apprendre la vie. Ce qui l’attend n’est pas facile, un véritable parcours d’obstacles, et la jeune fille a autant d’alliés que d’ennemis. La question est de savoir à qui elle peut faire confiance. Elle a su me toucher en plein cœur. Elle est vivante, d’une sensibilité à fleur de peau, et on a presque l’impression de pouvoir la toucher. Ce qu’elle subit auprès de Gidy donne envie de la préserver de tout malheur, de la protéger envers et contre tout.

La plume d’Aurélie Benattar est un vrai plaisir pour les yeux ! Elle nous fait basculer d’un extrême à l’autre avec une facilité déconcertante. Le roman en lui-même est scindé en deux. D'un côté un début obscur, dans lequel le mystère se mêle à l'empathie que l'on ressent vis-à-vis de Luna. De l'autre, une grande révélation qui nous pousse à reconsidérer tout ce que l'on croyait possible, une porte ouverte sur un milieu dangereux, où l’héroïne risque de laisser des plumes.

Je ne sais pas s’il y aura une suite, parce qu’en 250 pages, on ne fait qu’entrevoir un univers riche, ce qui m’a laissé avec un arrière-goût d’inachevé.

En résumé, Luna Viva nous plonge à la lisière d’un roman occulte, avec une héroïne bien ancrée dans la réalité. Entre voyance et monde des forains, le lecteur suit les aventures d’une Luna sensible et attachante, qui ne demande qu’à vivre la vie qu’elle mérite. Suspens, action, sentiments, espoirs… c’est un méli-mélo d’émotions qui vous attend !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/luna-viva-le-tournoi-des-voyantes-aurelie-benattar
Songe à la douceur Songe à la douceur
Clémentine Beauvais   
Je remercie Morgane ainsi que les éditions Sarbacane pour leur confiance. J’entends souvent parler de Clémentine Beauvais et de son roman Les petites reines. Le roman en question végète dans ma pile à lire depuis quelques mois, et lorsque l’occasion de lire Songe à la douceur s’est présentée, je n’ai hésité qu’une demi-seconde. Je suis très heureuse d’avoir découvert la merveilleuse plume de cette auteur, surtout dans un récit comme celui-ci !

Tatiana a 14 ans lorsqu’elle rencontre Eugène, de trois ans son aîné. Lui est renfermé, désabusé et pessimiste ; elle, elle a l’âme romanesque, elle rêve d’un prince charmant aussi énigmatique que Darcy… Malgré des caractères diamétralement opposés, ces deux là, contraints de passer quelques après-midi en tête à tête, finissent par s’apprécier. Mais le destin s’en mêle et nous les retrouvons dix ans plus tard. Chacun a fait sa vie de son côté. Que s’est-il passé en l’espace d’une décennie ? Actes manqués, secrets, drames et confidences, nos héros se télescopent et se retrouvent.

Il faut d’abord noter que l’histoire nous est relatée en vers libres, avec un point de vue omniscient où le narrateur fait office de conscience et/ou de conteur attitré. Passé la surprise et la bizarrerie, l’histoire m’a totalement transportée. Ce choix est plutôt fantaisiste, il ne plaira peut-être pas à tout le monde, et même s’il installe une certaine distance avec les personnages, il nous met aussi dans la confidence. J’étais comme une petite souris qui vivait les scènes au travers de héros bougrement attachants, qui ne cessaient d’évoluer au fil des pages.

La plume de Clémentine Beauvais est enchanteresse et laisse dans son sillage une impression étrange, entre maitrise et abandon total. Les vers, au lieu de ralentir le récit, lui donnent un rythme. Il y a un gros travail, Clémentine Beauvais a dû littéralement en suer ; mais le résultat est là et il est à la hauteur de toutes mes attentes de lectrice.

C’est une musique sans aucune fausse note qui nous poursuit de son intensité jusqu’à la toute dernière page. Je pense que cette manière d’écrire plaira à n’importe qui, du moment que la personne se sent suffisamment à l’aise pour se laisser transporter. Il suffit de prendre la main de Clémentine Beauvais et de la suivre les yeux fermés. C’est aussi simple que ça.

Les personnages sont réalistes, ils nous poussent à nous interroger et en même temps, on repère très vite les fêlures et les doutes sous leur carapace respective. Je me suis sentie très en phase avec Tatiana qui m’a fait penser à moi au même âge. Cette manière d’emmagasiner tous les détails pour ensuite les contempler rêveusement au moment du coucher, cette sincérité dans les actes, cette fraicheur toute innocente… Tatiana est une héroïne émouvante.

Eugène est plus en nuances, avec une attitude un peu rebutante au début. Il se détache de tout, jette les problèmes mineurs aux orties. À 17 ans, il a tendance à regarder tout et tout le monde de haut d’un air peu amène, condescendant, voire méprisant. Cela dit, même avec un tel comportement… il a touché la corde sensible chez moi. C’est un personnage qui m’a paru très seul. Alors que Tatiana vit dans ses rêves, Eugène, lui, s’empêche de rêver pour ne pas tomber de trop haut en cas de déception. Ils sont comme le jour et la nuit, ils vont s’attirer comme des aimants.

Et puis il y a Eugène et Tatiana adultes. C’est l’occasion de mesurer le chemin qu’ils ont parcouru, et on ne peut s’empêcher d’espérer. D’espérer que ce béguin d’il y a dix ans finisse par se concrétiser en véritable histoire d’amour. Au début, je m’attendais à une romance comme on en lit beaucoup, mais en fait, ce n’était absolument pas le cas ! Leur histoire m’a ébranlée, je ne pensais pas y trouver autant d’émotions, d’authenticité et de candeur. C’est une nouvelle histoire d’amour, une rédemption, une deuxième chance que leur offre le destin. Sauront-ils la saisir à temps ?

En résumé, Songe à la douceur fait partie de ces livres qui sentent bon l’été et les fleurs. C’est une lecture qui nous rappelle nos premiers émois, et qui nous donne envie de serrer les gens dans nos bras, de ne pas les laisser partir et de les aimer pour toujours. Clémentine Beauvais joue avec nos sentiments, elle donne pour mieux reprendre et nous ôte tout espoir pour nous en redonner la ligne suivante. Des montagnes russes placées sous le signe de la musicalité et de la poésie, sans parler de l’amour tangible avec un grand A. J’ai vécu cette histoire comme si j’y étais, et je sens que les péripéties de Tatiana et Eugène se sont encrées en moi pour ne laisser que le plus beau.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/songe-a-la-douceur-clementine-beauvais
Tu ne manqueras à personne Tu ne manqueras à personne
Alexis Aubenque   
Je remercie infiniment l’auteur, Alexis Aubenque, pour sa confiance. J’ai découvert sa plume en janvier dernier avec le thriller Tout le monde te haïra (dont j’attends la suite avec impatience !), et sa manière de construire son intrigue m’avait laissée la mâchoire par terre. J’étais donc très curieuse de me plonger dans cette nouvelle histoire.

Avant de commencer, il faut savoir que Tu ne manqueras à personne est le deuxième tome de la saga Pacific View, mais il peut se lire indépendamment, car les circonstances ne sont pas les mêmes. Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : je n’ai jamais lu un roman policier aussi rapidement. Ce livre est si addictif que je l’ai terminé en moins d’une journée !

L’histoire commence avec le meurtre d’une adolescente, Lucy Torper. Son corps, mutilé et savamment mis en scène, est retrouvé dans les toilettes de son lycée. Le lieutenant Davis et sa collègue Vanessa Bloom sont dépêchés sur les lieux et doivent mener l’enquête. Qui aurait pu tuer Lucy, cette lycéenne mal dans sa peau et sujet aux moqueries et au harcèlement scolaire ? Le récit oscille entre l’avancement de la police et celui de Faye Sheridan, une journaliste bien décidée à faire la lumière sur cet acte macabre.

Alexis Aubenque a frappé fort, et ce dès le début. Impossible de rester indifférente face à ce qu’il nous relate. Chaque page est un nouveau trésor, une porte ouverte vers des vérités et des révélations. Le récit ne souffre d’aucune longueur et j’ai été totalement absorbée par l’intrigue.

Que ce soit au niveau du fond ou de la forme, tout tient la route. D’un côté, nous avons ce policier à la vie privée houleuse, et de l’autre la journaliste, affamée d’amour, mais dont le coeur se délite peu à peu. Tous les deux sont investis dans cette affaire et nous content à leur manière leur version des faits. L’auteur ne nous les présente pas que dans leur contexte professionnel, il travaille sur leurs failles, leurs erreurs, leurs doutes… ce qui les rend humains et très attachants.

Le fil conducteur est terriblement accrocheur. Il m’était chaque fois difficile de reposer le livre. Alexis Aubenque joue avec nos nerfs en malmenant ses personnages. Parfois, j’ai eu le sentiment qu’on ne verrait jamais l’issue de cette affaire. Ça devenait trop complexe, trop intense, et j’avais peur qu’une fois la lumière faite, je sois déçue ou désabusée. Heureusement, c’était sans compter son adresse et son imagination foisonnante ! Je suis tout simplement restée sur le popotin, et ça m’a rappelé Tout le monde te haïra et mon impression de ne rien maîtriser. J’avais beau avoir une idée très précise des secrets qui nous étaient cachés, j’étais loin – très, très loin – de la vérité. L’auteur est un as en la matière, et c’est avec une précision presque chirurgicale qu’il fait tourner les rouages de son intrigue, tout en nous embrouillant l’esprit !

Non seulement le mystère est au rendez-vous, mais les émotions aussi ! On ne se cantonne pas à suivre une enquête policière froide et sans accroc. Derrière tout cela, le lecteur est confronté à la détresse humaine, ne serait-ce que vis à vis du parcours de la victime. Le harcèlement sous toutes ses formes, l’impact des mots, les insultes et les moqueries qui se fichent dans le coeur et qui provoquent un mal-être abominable… J’en ai eu les larmes aux yeux, par moment. Toutes les émotions sont débridées dans ce roman, même les plus destructrices.

En résumé, Tu ne manqueras à personne est un roman policier difficile à démêler, tortueux et délicieusement noir. Alexis Aubenque a su me toucher en plein coeur grâce à ses personnages authentiques et un sujet qui touche trop de jeunes en ce bas monde : le harcèlement scolaire. Une enquête dans l’air du temps, qui fait écho à notre société et qui me confirme que cet auteur est un véritable magicien des mots.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/pacific-view-alexis-aubenque
Sunshine, Tome 2 : Le réveil de Sunshine Sunshine, Tome 2 : Le réveil de Sunshine
Paige McKenzie   
Je remercie les éditions Hachette pour cette très belle réception. Après le quasi-coup de cœur du premier tome, j’attendais impatiemment de retrouver notre héroïne. Je suis partie dans un certain état d’esprit, car je me souviens des frayeurs du tome 1, et j’avais bien conscience que le suivant serait placé sous le signe de la découverte, et non plus de l’horreur pure. Grand bien me fasse, parce que j’avais raison. Le réveil de Sunshine est une suite différente, mais pas moins intéressante.

Je vous déconseille de lire cette chronique si vous n’avez pas encore commencé la saga.

C’est bon, Sunshine a découvert sa véritable nature. Elle sait désormais qu’elle fait partie des rares aël-mats encore vivants sur Terre, et son rôle est de mener les âmes trépassées vers la lumière. Et tout aussi important, son père vient de réapparaître dans sa vie, pouf, comme ça, et l’enjoint à le suivre pour débuter sa formation, loin de sa mère et loin de Nolan. Mais ce qui l’attend auprès de lui ne sera pas de tout repos. Il reste encore bien des secrets à découvrir, bien des mystères à élucider. D’autant plus que le don de Sunshine s’apparente plus à une faiblesse qu’à une force, contrairement aux autres aël-mats.

Ce deuxième épisode est moins versé dans l'occulte et l'horreur que le premier. Il est là pour faire la lumière sur Sunshine, ses origines et la nature de ses dons. C'est aussi une suite dans laquelle les ennemis sont aussi invisibles que dangereux. On sait pertinemment qu'ils sont là, qu'ils s'organisent, mais on ignore quand ils vont frapper.

Je me souviens encore du premier tome et de l’effroi qu’il instillait. Évidemment, j’avais eu la brillante idée de le lire après minuit, quand chaque bruit inhabituel tintait à mes oreilles comme le signe qu’un esprit flottait au-dessus de ma tête. Du coup, j’étais un peu dans mes petits souliers. Mais dans Le réveil de Sunshine, ce sentiment angoissant disparaît, au profit d’autre chose. Il faut bien garder à l’esprit que la saga va plus loin qu’un simple film d’horreur. Le but étant d’apprendre et de comprendre. Si vous partez déjà avec cette idée, vous ne serez pas déstabilisé(e) .

J’ai été soufflée par le dynamisme de l’histoire. Les événements s’enchaînent à toute vitesse, et avec un naturel désarmant. J’ai apprécié que ça bouge autant. L'auteur a fait un choix intéressant dans sa façon de relater les évènements. Le récit n’en est que plus vivant. Par exemple, entre certains chapitres, on a droit à de courts apartés avec les yeux d'un personnage dont on ne connaît pas l'identité (comme dans le tome 1, en somme). Ça donne lieu à bon nombre d'hypothèses et ça m'a poussée à m’interroger, à mener ma propre enquête.

Venons-en à Sunshine, maintenant. Elle bat tous les records ! Je ne me souvenais plus de son tempérament, mais ce deuxième épisode m’a permis de me remémorer pourquoi je l’appréciais autant. Vive, un peu fantasque et attachante, c’est un réel plaisir de la suivre dans ses aventures. Sa caboche bouillonne sans discontinuer et elle a toujours des réflexions drôles, même dans les moments les plus tendus. Encore une fois, Paige MacKenzie a eu l’excellente idée de nous dépeindre une banale adolescente en apparence. Derrière cette crinière frisottée et son goût prononcé pour les vieilles fringues se cache une jeune fille extraordinaire. Ce deuxième opus nous permet d’en savoir plus sur ses dons. Ceux-ci oscillent entre force et faiblesse, et j’en suis même venue à douter de son efficacité. Si les aël-mats sont sensibles aux esprits, Sunshine elle, l'est encore plus. Ce qu'elle partage avec les morts est exceptionnel, puissant, mais également à double tranchant. La plume est assez familière, ce qui favorise la proximité avec l'héroïne. J'avais l'impression d'être une amie de longue date, assez privilégiée pour la suivre dans tous ses déplacements.

Aidan, le père biologique de Sunshine, est également mis en avant. J'admets que je ne sais pas quoi penser de lui. Il se montre froid, clinique, détaché, voire complètement insensible ; mais à côté, il peut faire montre d'une sollicitude surprenante. Sa relation avec Sunshine se construit pierre après pierre. Une réflexion de la jeune fille m’a beaucoup plue :

La plupart des pères veut que leur enfant ait de bonnes notes, arrive à l'heure en cours, soit poli avec les profs, ce genre de trucs quoi. Le mien veut que je change le monde.

Car oui, les enjeux sont importants, et Aidan le lui fait très bien comprendre.

L’ambiance oppressante est toujours là, mais différente. Plus on avance dans l’histoire, et plus on s’aperçoit que le Bien et le Mal sont des notions très abstraites. Mais je ne vous en dit pas plus à ce sujet, ce serait vous gâcher le plaisir.

En résumé, Le réveil de Sunshine est une excellente suite qui oscille entre tourments et mystères. La simplicité de l’histoire, mêlée à la profondeur de l’intrigue, fait de cette saga quelque chose d’assez unique en son genre. L’immersion est totale dans cette vie de fantômes et d’au-delà, je vous conseille de ne pas manquer ça. Vite la suite !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/sunshine-episode-1-paige-mckenzie
Journal d'une princesse, Tome 1 : La Grande Nouvelle Journal d'une princesse, Tome 1 : La Grande Nouvelle
Meg Cabot   
Un grand merci aux éditions Hachette pour cette très jolie réception et pour leur confiance ! Je ne connaissais pas cette saga, et je n’avais encore jamais eu l’occasion de découvrir la plume de Meg Cabot. En lisant ce roman, j’ai fait d’une pierre deux coups et je n’en suis pas mécontente du tout ! D’abord, il y a eu cette couverture pleine de peps et très girly. J’avais besoin d’une lecture légère, et j’ai été servie. Et en même temps, j’ai été soufflée par une multitude de petits détails. Plus qu’un livre destiné aux adolescentes, Journal de Mia nous renvoie à beaucoup de valeurs fondamentales.

Mia est une adolescente pleine d'idéaux, amoureuse de la nature, fervente défenseuse des causes écologiques, et féministe dans l'âme. Sa vie est assez normale puisqu’elle complexe sur sa taille et son absence de poitrine , elle a une meilleure amie, et le garçon de ses rêves ne semble même pas remarquer qu’elle existe. Bon, entre ses résultats catastrophiques en maths, la liaison entre sa mère et ce même prof de maths... Mia a des problèmes, comme tout le monde. Alors quand elle apprend que son père gouverne une petite principauté, ce qui fait d’elle sa descendante directe, Mia voit rouge ! Princesse ? Il n’en est pas question !

Sans détour, je vous le dis, j’ai adoré ! J’ai dévoré cette histoire, alors que je m’attendais à un livre jeunesse standard dans lequel je ne me serais pas forcément retrouvée. En vérité, j’ai replongé avec délice dans mes années lycée, où je flashais sur un garçon et je ne pensais plus qu’à lui le reste du temps, où les rumeurs pouvaient briser toute une vie, où les copines étaient plus importantes que le reste. Je n’ai rien retrouvé de « gamin », bien au contraire. Meg Cabot nous brosse un tableau particulièrement original, avec une héroïne dans l’air du temps, et pas éparpillée, comme je le craignais au départ.

Cette héroïne, parlons-en ! C’est une fille tout à fait actuelle, et loin – très loin ! – d’être naïve. Mia a des principes, des valeurs qu'elle porte en elle avec fierté. Si aux premiers abords elle apparaît insignifiante aux yeux des autres, elle cache une véritable fougue et un caractère déterminé. J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir sa liste des 10 femmes qu'elle admire le plus au monde, sa manière de penser, libérée, effrontée. Elle est encore jeune, mais on devine que derrière toutes ces incertitudes émergera plus tard une personne très forte, au tempérament affirmé.

Vous vous dites sans doute que n'importe quelle ado rêverait d'apprendre qu'elle est une princesse, assise sur une jolie petite fortune. Les hôtels de luxe, les vêtements de marque, toutes les portes qui s'ouvrent à son entrée, tous ses rêves les plus fous comblés en un claquement de doigts... C'est le rêve. M’ouais, sauf que vous n’avez pas encore très bien cerné Mia ! Elle, n'aspire qu'à une vie simple et sans histoire. Et quand sa grand-mère s'applique à lui ravaler la façade et à lui apprendre les bonnes manières, la jeune fille rue dans les brancards. Elle refuse d'entrer dans le moule ! Être princesse, ça va à l’encontre de ses propres convictions, elle n’a pas de patience pour les protocoles et les fadaises !

Comment ne pas être fier d’une héroïne aussi forte et déterminée ? Et le plus sympathique, c’est que tous les personnages apportent quelque chose d’un peu fou au récit. Chacun à une personnalité délurée à sa manière : la mère un peu bohème, le père trop rigide, la meilleure-amie psy et engagée, et enfin la grand-mère aussi chaleureuse qu'un glaçon. Pas le temps de s'ennuyer, en somme !

En résumé, Le Journal de Mia, princesse malgré elle est un excellent roman. Le récit est frais, plein d'humour, et bourré de références modernes. C'est l'un des meilleurs livres jeunesse que j'ai lu jusqu'à présent, car je me suis régalée et je l’ai dévoré en l’espace d’une seule petite journée. L'intrigue est prévisible et en même temps pas tant que cela, les personnages nous en font voir de toutes les couleurs, et l’héroïne répand de magnifiques valeurs que certains adultes seraient bien avisés d’appliquer.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/journal-de-mia-princesse-malgre-elle-meg-cabot