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Bibliothèque de apriltheseven : Liste d'argent

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L'Après-Charlie L'Après-Charlie
Samuel Grzybowski    Lylia Bouzar    Jean Louis Bianco   
J'ai eu la chance d'être sélectionnée lors de la Masse Critique de Babelio il y a quelques semaines. Quelques livres parmi les propositions ont retenu mon attention, et tout particulièrement celui-ci, que j'ai eu la chance de gagner. Je remercie Babelio et les éditions de l'Atelier pour cet envoi.

Il est vrai que je lis rarement de témoignages ou de débats sociétaux. Il est de plus en plus difficile d'aborder de tels sujets sans se tirer dans les pattes. L'attentat contre Charlie-Hebdo et l'hyper Cacher m'a beaucoup secouée, comme de nombreuses personnes, et j'avais envie de me confronter à d'autres points de vue, afin d'élargir un peu ma façon de considérer les conflits qui drainent notre monde. Nous sommes beaucoup de français à avoir suivi la vague du "Je suis Charlie", tout en ayant une perception différente et parfois erronée de ce slogan. Les auteurs abordent des questions de tous les jours, dans un vocabulaire susceptible de parler à tout le monde, afin de promouvoir la tolérance.

J'ai tout d'abord été agréablement surprise de constater que les débats sont menés de façon parfaitement civilisée, sans prise de position agressive. Les auteurs n'ont pas toujours la même façon de voir les choses et expriment leur point de vue en se basant sur une multitude d'éléments, ce qui, sans forcément nous faire adhérer à tout, nous permet d'aiguiser notre sens critique. J'en suis venue à me poser des questions qui ne m'étaient encore jamais venues à l'esprit, j'ai redéfini certains paramètres, et j'ai également été confortée sur mon opinion concernant d'autres sujets.

C'est vraiment un livre intéressant qui s'adresse à tout le monde, qu'importe la religion ou la nationalité. Il qui nous enjoint à faire front pour lutter contre le terrorisme et la terreur que ce mouvement inspire. Les auteurs abordent également la problématique des médias et ce qu'ils choisissent de montrer au grand public, les polémiques engendrées par Dieudonné, la laïcité à l'école, les théoriciens du complot, les persécutions dans le monde et le port du voile... Toutes ces choses que l'on ne comprend pas toujours ou sur lesquelles on ne parvient pas à se positionner.

L'après-Charlie ne s'arrête pas là, cependant. Dans ce "guide" divisé en plusieurs parties, les auteurs posent 20 questions à des adolescents. Ceux-ci sont âgés de 15 à 18 ans et s'expriment sans détour. J'ai trouvé leurs réponses très pertinentes et même surprenantes à plusieurs reprises. On donne trop peu la parole aux jeunes, on ne s'attarde pas suffisamment sur ce qu'ils pensent. Souvent, les adultes s'imaginent qu'ils sont trop jeunes pour prendre suffisamment de recul sur les problèmes politiques, en réalité, quand on lit leurs réponses, c'est assez bluffant. Ils ne partagent pas tous les mêmes idées, mais c'est enrichissant, car eux aussi, ont des choses à dire.

En résumé, l'après-Charlie ​nous apprend à débattre dans le plus grand des respects, des phénomènes de notre société. C'est un livre qui soulève de nombreux débats et qui donne sérieusement à réfléchir. Ici, pas de tabou, on dit les choses sans fioritures, tout en prônant le respect et la tolérance. Chapeau bas aux auteurs, car j'ai beaucoup appris en 111 pages !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/reacutealiste---teacutemoignages/lapres-charlie-jean-louis-bianco-lylia-bouzar-samuel-grzybowski
Lou ! Tome 1 : Journal Infime Lou ! Tome 1 : Journal Infime
Julien Neel   
On m’a offert cette bande dessinée il y a longtemps, et je ne sais pas trop ce que j’ai traficoté dans mon coin, car j’ai attendu des années avant de le sortir de la poussière. Quel dommage, car j’ai passé un moment délicieux avec Lou.

Cette BD tout en couleurs se déguste avec bonne humeur. Chaque page recèle d’un humour tendre, on s’attache très rapidement à Lou et à sa mère dans leur petit quotidien bien rodé. Et le parcours de nos personnages dégage des valeurs fondamentales et des leçons de vie qui peuvent s’appliquer à ce que certains traversent réellement.

Je suis sincèrement ravie d’avoir commencé cette saga, car je m’attendais à quelque chose de trop enfantin, trop gamin. Mais même si ces dessins plairont aux enfants, les adultes ressentiront également des émotions face à ce que nos héroïnes vivent chaque jour. De nombreuses situations burlesques sont à venir, ainsi que des personnages toujours plus attachants : une meilleure amie caractérielle, une mamie grognon, un voisin timide, un amoureux secret… Des profils qui laissent entrevoir une histoire riche et prometteuse, parfois axée sur des instants désopilants, et d’autres fois sur des scènes plus mélancoliques qui permettent d’approfondir la trame.

Journal infime est décidément un bon premier tome introductif, gai, amusant et très coloré. Chaque page est le cliché d’une vie, d’un quotidien. Je suis impatiente d’en apprendre plus et de voir Lou grandir.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/bandes-dessineacutees/lou-tome-1-journal-infime-julien-neel
Le livre dont vous êtes le zéro Le livre dont vous êtes le zéro
Kemar   
Je remercie Camille ainsi que les éditions Michel Lafon pour cet envoi. Jusqu’à maintenant, je suivais Kemar de loin, via les vidéos de Natoo avec qui il est en couple. En voyant cette couverture démente, aussi bizarroïde que marrante, j’étais vraiment piquée par la curiosité.

Le livre dont vous êtes le zéro est une parodie de Le livre dont vous êtes le héros, ni plus ni moins. Le principe est tout simple : vous incarnez le personnage de votre choix et vous commencez l’histoire avec quelques sous en poche, ainsi que la menace de vous retrouver à la rue à la fin du mois. Que faites-vous ? On vous offre plusieurs possibilités. En fonction de celle que vous choisissez, on vous envoie à une page ou à une autre, et vous vous promenez dans le livre en créant votre propre histoire, votre scénario à vous.

J’ai tout de suite bien accroché. Je sentais bien que j’allais tomber sur quelque chose de complètement décalé, loufoque et absurde. Avec Kemar, on s’en paye une tranche et on ne fait que s’amuser. Pas de prise de tête, juste un moment de détente.

C’était la première fois que je lisais un livre de ce genre, je ne connaissais même pas le concept ! J’ai trouvé ça bien fichu et bien construit. Dans cette parodie, il n’y a aucune limite, seulement celle de notre imagination. Kemar nous concocte des péripéties aussi drôles que désolantes. Je l’ai recommencé à plusieurs reprises – en faisant des choix différents – et c’était chaque fois original, plein de rebondissements. Jusqu’à la fin. Une fin toujours… sinistre. Mais je ne vous en dirai pas plus !

La plume de Kemar est plutôt chouette, avec un humour désopilant. L’imagination est là, on ne s’embarrasse pas de fioritures ou de détails inutiles. Le livre dont vous êtes le héros est uniquement là pour nous faire mourir de rire.

En résumé, c’est une drôle de surprise, en ce qui me concerne. Kemar a su me conquérir avec son humour noir et un poil corrosif. Je referai l’expérience de temps en temps, histoire de voir quel genre d’aventures mon personnage peut encore vivre. C’est le genre de bouquin idéal quand on broie du noir ou quand on a simplement envie de se marrer un bon coup.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/chick-lit---humour/le-livre-dont-vous-etes-le-zero-kemar
Sorcières Associées Sorcières Associées
Alex Evans   
Je remercie Alex Evans pour cette lecture et pour sa confiance. Les livres de steampunk se font rares dans ma bibliothèque, mais chaque fois que l’occasion s’est présentée pour moi d’en lire, j’ai toujours bien accroché. Sorcières associées ne fait pas exception à la règle et m’a offert un véritable moment d’évasion. En plus, la couverture est somptueuse, vous ne trouvez pas ?

Jarta : un monde fantastique, un cadre exotique, où de multiples créatures se côtoient dans la plus grande normalité. C’est dans ce décor inhabituel que deux jeunes femmes ont décidé de monter leur affaire. Tanit et Padmé sont sorcières et leur cabinet marche très bien puisqu’elles sont régulièrement recrutées dans des affaires paranormales. Un jour, elles se retrouvent confrontées à deux cas, celui d’un charismatique vampire qui souhaite retrouver celui qui la fait venir dans leur monde pour en faire sa marionnette, et celui d’un entrepreneur fortuné, qui emploie des zombies comme main d’oeuvre et qui est intimement persuadé d’être saboté. Ces enquêtes vont les entrainer très loin, plus loin qu’elles l’auraient imaginé aux premiers abords.

Parlons déjà de l’univers et de l’ambiance installés par Alex Evans. C’est une très bonne surprise en ce qui me concerne. Je ne m’attendais pas à une société aussi complexe, avec des croyances anciennes et profondes. Dès les premiers instants, le ton est donné, et ce monde, semblable à une Indonésie du XXe siècle, nous prend dans ses filets. L’auteur est minutieuse dans sa conception, de façon à rendre l’univers cohérent et aisément concevable. Le seul petit reproche que j’aurai à faire à ce sujet, c’est la lenteur avec laquelle tout cela est introduit. Je suis conscience que le sens du détail à son importance, mais du coup, j’ai eu un peu de mal à m’immerger dans les premières pages.

Sorcières associées nous dévoile également une ville dans laquelle tous les folklores se retrouvent. À Jarta, tous se côtoient, les créatures les plus improbables ont leur place dans cette société hétéroclite, formant ainsi un remarquable melting pot. J’ai vraiment senti une maturité et une imagination bouillonnante. Attendez-vous à croiser la route de vampires, de gremlins, de succubes et autres joyeusetés !

On s’attache bien vite aux héroïnes. Elles sont aux antipodes l'une de l'autre. D'un côté il y a Tanit, la croqueuse d'hommes toujours à l'affût d'une enquête lucrative et bourrée d’action, de l'autre, la douce Padmé, maman, sobre de nature et toujours encline à venir en aide à son prochain. Chacune a sa façon d’appréhender la vie. Elles ne se ressemblent peut-être pas du tout, mais le duo fonctionne !

Le lecteur se retrouve plongé dans les pensées de nos deux protagonistes, et le contraste entre les points de vue est rafraichissant. Cette narration à deux voix nous permet de voir l’intrigue sous différents angles, comme si l’auteur nous mettait dans la confidence.

Le côté « magie » est prédominant, et franchement chapeau, car Alex Evans a su établir son histoire sur des bases neuves. Tout ce qui tourne autour du Pouvoir a un sens propre, une explication cohérente. L’auteur s’est approprié les mythes et les croyances pour les faire siens et leur donner un second souffle. Puis il y a aussi ces petits clins d’œil à notre propre société ; par exemple, dans notre monde à nous, les ouvriers sont de plus en plus remplacés par des machines. Dans Sorcières associées, certains patrons préfèrent ne pas trop s’embarrasser de complications et choisissent d’employer des zombies !

Alex Evans a un style assuré et beaucoup d’humour. Une fois les bases posées, on plonge sans mal dans l’intrigue, les rebondissements arrivent toujours quand on ne les attend pas et les enquêtes paranormales nous prennent rapidement en étau.

Je ne me rappelle pas m’être ennuyée une seule fois aux côtés de Tanit et Padmé. L’auteur a toujours le chic pour alimenter la curiosité, maintenant le lecteur dans une attente presque insupportable, jusqu’au dénouement final. Le côté « enquête » est rondement bien mené, les indices sont dévoilés au compte-goutte, et chaque héroïne a ses propres méthodes pour pousser ses investigations. N’oublions pas l’ambiance steampunk habilement distillée du début à la fin.

En résumé, Sorcières associées se distingue à merveille de tous les romans imaginaires que l'on trouve dans le commerce grâce à son ambiance particulière. La société est bien pensée, les idées sont uniques et originales, et les héroïnes, bougrement indépendantes, démontrent une personnalité affirmée. Malgré un début un peu difficile, j’ai savouré cette lecture jusqu’à la dernière page.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/sorcieres-associees-alex-evans
La Ligue des Enfants Ordinaires, Tome 1 La Ligue des Enfants Ordinaires, Tome 1
Gitty Daneshvari   
Je remercie Camille et les éditions Michel Lafon pour ce service presse. Je ne dis jamais non à un petit roman jeunesse tout mignon, encore plus lorsqu’il est criblé d’illustrations. Il faut dire que le résumé m’a bien amusée, et j’avais envie d’un peu de légèreté.

Jonathan et Shelley sont deux enfants banals. Leur vie est peu trépidante, voire mortellement ennuyeuse. Ils èrent dans leur collège comme des fantômes, personne ne s’attarde sur eux ou ne fait attention à ce qu’ils ont à dire. Chacun vit cet état de fait à sa manière. Jonathan se fait tout petit et accepte son sort, tandis que Shelley redouble de loufoqueries pour attirer l’attention. Mais un jour, ils vont s’apercevoir que leur capacité à passer inaperçus peut devenir une véritable force, et que ce don est susceptible de servir le pays tout entier. C’est ainsi que Jonathan et Shelley vont intégrer la ligue des enfants ordinaires, une organisation top secrète où les enfants les plus insignifiants sont utilisés à des fins d’espionnage.

J’ai passé un moment agréable avec ce petit livre. L’histoire est mignonne comme tout et drôle à plusieurs reprises. On plonge dans une ambiance bon enfant, sans grande prétention, mais efficace quand même. C’est tout de même un livre axé sur la jeunesse, alors ne cherchez pas une quelconque complexité, vous n’en trouverez pas. Les personnages sont bien souvent caricaturaux, mais dénoncent d’une manière détournée la rigueur que l’on attend des enfants dès leur plus jeune âge. Ce besoin d’exister et de s’accomplir en attirant l’attention, en faisant parler de soi.

Les illustrations égayent encore plus le récit, rendant le tout très entraînant et dynamique. Sans oublier l’humour un peu aigre et caustique, auquel je suis toujours très sensible. J’ai particulièrement aimé les petites déclarations des enfants ordinaires à chaque début de chapitre ; ils prêtent à sourire et même à rire. C’est simple, frais, mais bourré de sarcasmes. Tout ce que j’aime ! Pour vous donner un petit exemple :
Je mange trois bols de myrtilles - qui sont censées stimuler le cerveau - par jour depuis six mois, mais je suis toujours aussi nulle en algèbre. Simone T. Baxter, 15 ans. Chubbuck, Idaho

Quand aux personnages, j’avoue avoir été attendrie par Shelley, la plus fantasque des fantasques, l’extraterrestre du duo ! Contrairement à Jonathan – qui se montre bien souvent désabusé et rabat joie –, elle dit tout ce qui lui passe par la tête sans jamais se mordre la langue. Ça donne bien souvent un résultat cocasse. Tous les deux paraissent sans intérêt aux yeux des autres, et très franchement, je me suis bien demandé pourquoi. C’est sympathique de les découvrir. Comme ça a été très justement dit dans l’histoire, ils évoluent dans l'angle mort du monde, ce qui leur confère un avantage non négligeable.

En résumé, même si ce livre ne laisse pas de place à la surprise, j’ai passé un joli moment avec Jonathan et Shelley. Gitty Daneshvari nous prouve que les personnes ordinaires peuvent accomplir des actes extraordinaires. Et c’est une très belle moralité. La ligue des enfants (extra) ordinaires est une petite histoire simple, à prendre avec humour.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/la-ligue-des-enfants-extra-ordinaires-gitty-daneshvari
Baad Baad
Cédric Bannel   
Je remercie infiniment La Bête noire – et tout particulièrement Glenn Tavennec et Cécile Ruelle – pour leur confiance. Lorsque je commence un roman de cette collection, j’oublie que les thrillers ne sont pas ma tasse de thé, je laisse de côté mes préjugés, mes réticences, et je m’attends chaque fois à recevoir une énorme claque. Ce roman n’a pas fait exception à la règle. Il est dérangeant, intense, et m’a plongé sans ménagement dans une société en plein conflit. J’ai tourné la dernière page soufflée et épuisée.

Cette histoire à deux voix nous parle d’une société en perdition, un monde rongé par la corruption et le mensonge : l’Afghanistan. D’un côté, nous suivons Oussama Kandar, le qomaandaan afghan chargé d’enquêter sur des meurtres de fillettes. De l’autre, Nicole Laguna, française et ancienne flic réputée, dont la famille a été kidnappée par la mafia italienne.

Quel livre, les amis ! Je m’attendais à du très bon, évidemment, mais je ne pensais absolument pas tomber sur une histoire aussi éprouvante à tous les niveaux. Cédric Bannel a su construire ses deux intrigues de manière très adroite et sans attendre, j’étais prise entre ses griffes. Impossible de lâcher le roman avant d’en connaître le dénouement. Le rythme est soutenu et c’est tout juste si je pouvais reprendre mon souffle.

Les personnages – bien que trop nombreux à mon goût – sont une des plus grandes forces du roman. Oussama, chef de la police criminelle, est un peu la colombe blanche au milieu du chaos. Droit dans ses bottes au milieu de la corruption, c’est une personne qui a des principes et des valeurs qu’il porte en lui avec fierté.

La place de la femme est importante : elles sont fortes, prêtes à tout, quitte à faire justice elles-mêmes. Dans ce pays en souffrance où les femmes ne sont rien, elles ne restent pas tributaires, elles ne pleurent pas en silence… bien au contraire, elles peuvent sortir les griffes pour protéger ceux qu’elles aiment. Alors bien entendu, ça m’a fait mal de voir à quel point certains les asservissent, mais il y a un espoir, une petite flamme qui brille dans les ténèbres.

Le plus fort à mon sens, c’est que Baad s’ancre dans la réalité. Le dépaysement est total ! En l’espace de 400 pages, j’ai fait un bond de plus de 5000 kilomètres, je me suis retrouvée immergée dans un pays qui n’est pas le mien, dépeint avec une justesse effroyable. L’Afghanistan tel qu’il est réellement, un pays perverti, dévoré par le mensonge, la drogue, et gangréné par la montée de l’extrémisme. Un pays qui tente péniblement de s’en sortir.

Au-delà du contexte purement fictionnel, Cédric Bannel nous offre la possibilité de regarder ce pays d’une autre manière, et plus au travers d’images et d’informations véhiculées par les médias.

En résumé, je ne peux que saluer le travail fabuleux réalisé par Cédric Bannel. La plume est tout simplement bluffante, et le réalisme de l’histoire côtoie la puissance d’un récit dur et implacable. J’ai cru à cette histoire de toutes mes forces, je me suis passionnée pour ce pays fragile et en même temps si fort. Les intrigues fouillées m’ont happée jusqu’au dénouement final que j’ai trouvé fabuleux.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/baad-cedric-bannel
Chroniques des dragons de Ter : Tome 1, La horde Chroniques des dragons de Ter : Tome 1, La horde
Chris D'Lacey   
Grand merci aux éditions Hachette qui m’ont permis de découvrir ce très beau livre. Visuellement, c’est un petit bijou et je n’ai pas cessé d’admirer cette magnifique couverture. Si j’étais déjà séduite à l’idée de retrouver les dragons, des créatures que j’apprécie énormément, j’avais tout de même une petite appréhension, car mon dernier coup de cœur sur les dragons datait de L’Héritage (une de mes sagas préférées). Je craignais d’y trouver des similitudes ou de me sentir obligée de comparer. Heureusement, je me suis plantée en beauté ! Chroniques des dragons de Ter, c’est de la fantasy originale qui ne tombe pas dans les vieux clichés et le réchauffé. J’ai émergé de ma lecture sous le charme !

C’est l’histoire d’un monde, créé par Godith, la dragonne originelle. Celle-ci est à l’origine des autres dragons (aussi appelés écailleux) et ces derniers ont tous un nom commençant par la lettre « G » pour lui faire honneur. Un jour, les dragons décident de chercher un nouvel endroit où s’établir. Ils envoient la Horde, une première vague dont le but est d’estimer la viabilité de Ter. Hélas, la Horde disparaît dans la nature, sans que l’on sache ce qui a pu se passer. Un nouvel arrivage de dragons est organisé. Ceux-ci délimitent leur territoire et le défendent des Homs, avec qui ils ne sont pas en bons termes.

Du côté des Homs, il y a Ren. Jeune garçon passionné par les écailleux et désireux de mieux les connaître. Dans sa tribu, il est formellement défendu de s’en approcher ou d’essayer d’interagir avec eux. Seulement Ren n’en fait qu’à sa tête et décide d’user de stratagèmes pour infiltrer leur territoire. Un malheureux concours de circonstances va l’obliger à faire des choix très compliqués. Des choix qui impliqueront les dragons et les Homs, des choix qui pourraient tout remettre en question.

Le livre n’est pas bien long, mais suffisamment recherché pour nous laisser entrevoir un monde élaboré et bien pensé. On assiste à un mélange entre classique et originalité ; l’auteur a toujours le petit détail en réserve pour tirer son épingle du jeu, et en temps que lectrice, j’ai été complètement happée par son univers. Ce n’est pas un coup de coeur pour une bonne raison : les personnages sont très attachants, mais pas suffisamment développés dans leurs parcours respectifs pour que je me retrouve en eux. Cela dit, je ne considère pas cela comme un point négatif puisque le but premier de l’intrigue ne concerne pas leurs vécus.

Ce n’est pas Ter en elle-même qui attise la curiosité. C’est plus le folklore et les légendes qui entourent l’histoire des écailleux… Ces derniers ont un code d’honneur, des croyances, une manière de vivre et de penser tout simplement ahurissants. Pour une fois qu’ils ne sont pas que des créatures sanguinaires ! Non, Chris D’Lacey en a fait des êtres doués d’une réelle intelligence, aussi puissants que des dieux, mais aussi vulnérables par bien des aspects. Ils tirent leur force de leur unité, et parfois, leur unité est mise à mal. Ils évoluent dans une société bien établie, ont des rituels et une religion à laquelle ils tiennent fièrement.

Le seul petit bémol que je soulignerai, c’est qu’ils sont très nombreux, et sachant que leurs noms commencent par « G », il est assez facile de s’emmêler les saucisses. Il m’arrivait de reposer le livre, de le reprendre quelques heures plus tard, et pouf ! j’avais déjà oublié qui était qui. C’est assez perturbant, surtout quand on prend en compte que de nouveaux dragons apparaissent régulièrement, et que, de fait, il est important d’avoir intégré qui était qui dans les chapitres précédents.

Chroniques des dragons de Ter, c’est aussi un livre qui s’apprivoise. C’est au lecteur de s’adapter au récit, et non l’inverse. Au début, il se peut que certains soient un peu perdus. L’auteur emploie des termes spécifiques, avec des mots tels que « Ki : Meria », mais pas de panique, il faut vraiment pousser plus loin sa lecture pour vraiment saisir la magie qui flotte autour des écailleux.

L'auteur nous offre plusieurs points de vue, aussi bien chez les dragons que chez les humains, et les différents angles permettent de ne pas louper une miette de ce qui se joue. On finit par se prendre pour un explorateur – ou mieux, un enquêteur – à la recherche de réponses aux questions que nos héros se posent.

Au niveau de la trame, on nous en met plein la vue ! Je ne me souviens pas m’être ennuyée une seule fois. C’est riche, bien travaillé, et on sent très vite que Chris D’Lacey a de la suite dans les idées. La fin s’imbrique à merveille, mais laisse entrevoir des enjeux encore plus grands pour la suite.

En résumé, Chroniques des dragons de Ter est un roman qui sort du lot, avec des dragons mis à l’honneur et une intrigue riche. Adieu les clichés et bonjour l’originalité, Chris D’Lacey signe le premier tome d’une saga qui promet d’être remarquable !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/chroniques-des-dragons-de-ter-chris-dlacey
Le Pays des Contes, Tome 3 : L'éveil du dragon Le Pays des Contes, Tome 3 : L'éveil du dragon
Chris Colfer   
Troisième tome, et il faut dire qu’à ce stade, j’appréhendais un peu. Le tome 1 avait été une lecture agréable (mais sans plus), le tome 2 un cran au-dessus du premier. Je pensais connaître le plus important, et même si la fin du tome 2 était une torture frustrante à souhait, j’émettais quelques réserves concernant la suite. Je doutais que Chris Colfer puisse faire mieux. Eh bien je me suis montrée bien naïve. Ce troisième volet m’a bluffée, tout simplement. Je ne vais pas tergiverser ou essayer de maintenir un suspens… Y a du bon. Du très, très bon !

Pour ceux qui n’auraient pas lu les tomes précédents, passez vite au paragraphe suivant pour éviter les spoilers. À la fin du Retour de l’Enchanteresse, nos jumeaux s’étaient retrouvés séparés. Alex était restée au pays des contes, tandis que Conner avait dû reprendre le chemin du monde moderne avec sa famille. Nous retrouvons donc Alex, qui entreprend sa formation pour devenir une Bonne Fée, tandis que son frère poursuit ses études sur Terre. Arrive un jour où ce dernier se rend en Allemagne dans le cadre d’un voyage scolaire. Il y découvre trois contes des frères Grimm, dont l’un attire son attention. Persuadé que le pays des contes va devoir faire face à un terrible danger, Conner décide de s’y rendre afin de mettre ses amis en garde. Une armée est en marche, le pays des contes survivra-t-il a cette menace ?

Nouveau tome, nouvelle ambiance. On passe aux quêtes sérieuses et plus sombres que jamais, et je vous avoue que j’ai découvert tout cela avec une joie non dissimulée. Les personnages gagnent encore plus en maturité et prennent des décisions toujours plus lourdes en conséquence ; de nouveaux protagonistes font leur entrée, toujours dans le respect des grands contes classiques. Bref, tout cela contribue à la qualité du roman, au point que je suis restée plus d’une fois la bouche grande ouverte.

L’esprit de Chris Colfer carbure à plein régime. Des idées, il n’en manque pas. Du talent, sa plume en possède, indéniablement. Il s’approprie les univers de chaque conte pour les mêler les uns aux autres et en faire une aventure qui reste dans les mémoires. Cet auteur sait raconter les histoires et il le fait d’une manière merveilleuse.

Puis il y a ses personnages. Les jumeaux évoluent, évidemment, mais ils ne se départissent pas de cette étincelle, ce grain de folie, qui font qu’on les aime tant. D’un tome à l’autre, on les a vu grandir. Ici, ils ne sont plus tout à fait des enfants, mais pas encore des grandes personnes. Si bien qu’ils se retrouvent confrontés à des problèmes autant émotionnels que plus terre à terre. Je n’ai eu aucun mal à me sentir proche d’eux. Alex pour sa douceur, Conner pour son côté versatile… Puis les autres et surtout Rouge qui me tire parfois des éclats de rire, qui m’exaspère autant qu’elle m’attendrit. Car Le pays des contes c’est aussi ça : des personnages attachants, en constante évolution. Certains sont plus vulnérables que d’autres, et chacun tire ses propres leçons des événements.

Enfin, je dirais que le final mérite qu’on en parle. Il est tout bonnement insoutenable, à 7 sur l’échelle de Richter ! Attendez-vous à du très lourd. Au point que vous aurez envie de vous jeter sur la suite sans tarder !

En résumé, L’éveil du dragon est une suite qui a dépassé toutes mes attentes ! Le pays des contes, c’est le genre de saga qui se lit sans faim, qui s’apprivoise sans mal, et qui se dévore sans attendre. Chris Colfer m’a bluffée et m’a laissée sans voix. Et puis en plus d’être divertissante, c’est une série qui donne à réfléchir et qui laisse un arrière-goût de merveilles et de rêveries dans son sillage.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/le-pays-des-contes-tome-1-le-sortilege-perdu-chris-colfer
Le Pays des Contes, Tome 4 : Au-Delà des Royaumes Le Pays des Contes, Tome 4 : Au-Delà des Royaumes
Chris Colfer   

Ô joie, ô bonheur que de reprendre cette saga où je l’avais laissée ! La fin du tome 3 m’a fait l’effet d’un couperet, et c’est pourquoi je remercie sincèrement les éditions Michel Lafon ainsi que Camille pour cette magnifique réception et pour leur confiance. Je n’avais qu’une hâte, celle de retrouver les jumeaux. Mais je ne m’attendais pas à un tel renouveau dans la saga, à cette impression grisante de retrouver des sensations familières, mais en même temps totalement nouvelles. Je pense que pour l’instant, cet opus est le meilleur de toute la série. Et pour cause, Chris Colfer n’a rien fait à moitié !

Attention, ce paragraphe contient quelques spoilers. Ce tome 4 marque un véritable tournant dans l’histoire. Alex est obsédée par l’Homme masqué et est intimement persuadée que ses desseins sont noirs et machiavéliques. Malheureusement, tout le monde ne la soutient pas dans son idée, et une grave erreur provoque la déchéance de la jeune fille. Mais elle est décidée à protéger le pays des contes coûte que coûte, et c’est aidée par son jumeau et par ses amis qu’elle va tenter de mettre un terme aux plans de grandes envergures de l’Homme masqué. Pourra-t-elle agir à temps ?

Rien à redire, cette saga est, selon moi, un incontournable de la littérature jeunesse. Une suite de qualité, dans laquelle il est impossible de s’ennuyer, et qui finalement nous prend véritablement aux tripes tout le long. Après la très bonne surprise du troisième volet, je m’attendais à de l’excellence, et l’auteur a relevé le défi haut la main. Ce que je reprochais dans les opus précédents n’a plus lieu d’être. L’univers est encore plus approfondi, confectionné avec soin. Plus on progresse dans la lecture, et plus Chris Colfer nous en fait voir de toutes les couleurs.

Concernant l’histoire, je n’ai décelé aucun temps mort, je ne me suis jamais ennuyée. On traverse l’intrigue de rebondissement en rebondissement sans se lasser. L’auteur parvient chaque fois à innover et à redonner un second souffle à ses péripéties. Et puis pas de réchauffé ! Après 4 tomes, il parvient encore à surprendre et à fasciner. À croire que son imagination n’est pas prête à se tarir. Il introduit également de nouvelles thématiques qui rendent l’intrigue plus fournie et plus riche en possibilités.

Il y aussi ce plaisir sans cesse redoublé de retrouver les personnages de contes, ces héros et héroïnes qui ont accompagné toute notre enfance et qui exhalent un étrange sentiment de familiarité. À chaque nouvelle histoire, j’esquissais un petit sourire amusé, car sans piétiner les contes populaires, Chris Colfer a ce don naturel de se les approprier et d’en faire quelque chose d’élaboré, de profond, de recherché. J’aime sa façon de manipuler les histoires comme des bibelots fragiles, et de nous inviter à voir les choses sous des perspectives différentes, en amorçant de nouvelles pistes, des personnalités affirmées que l’on finit par imaginer sans mal.

En résumé, je ne suis pas le moins du monde déçue par cette suite. En fait, je suis même restée complètement scotchée ! Des étoiles plein les mirettes, de l’espoir dans le cœur, Chris Colfer a trouvé la recette pour nous tenir accrochés jusqu’à la toute dernière ligne. Il y a énormément de travail derrière tout cela, et avec cette plume enthousiaste et pleine de peps qui se bonifie de tome en tome, je ne me fais aucun souci quant à la suite. Aventures, émotion et frayeurs en perspective !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/le-pays-des-contes-tome-1-le-sortilege-perdu-chris-colfer
Les Adeptes Les Adeptes
Ingar Johnsrud   
Je remercie Cécile ainsi que toute l’équipe de La Bête Noire pour leur confiance ! Vous connaissez mon intérêt pour cette collection, maintenant. Leurs titres m’en mettent chaque fois plein la vue et c’est un bonheur sans cesse renouvelé que de découvrir un nouvel ouvrage ainsi qu’un nouvel auteur. Avec Les adeptes, je m’essayais à un genre que je n’avais encore jamais eu le loisir d’expérimenter : celui du polar nordique. Quoi de mieux que de sortir un peu de sa zone de confort de temps à autre ?

En acceptant de travailler sur une affaire de disparition, Fredrik Beier était loin de s’attendre à pareil remue-ménage. La fille et le petit fils d’une politicienne norvégienne ont disparu, et le commissaire est chargé d’enquêter dessus. L’affaire s’annonçait facile et vite pliée, mais personne n’aurait pu prévoir que les disparus soient membres d’une organisation occulte, un rassemblement de fanatiques nazis déguisé derrière une apparence religieuse nommée « La Lumière de Dieu ». Secte, dérapages politiques et religieux, expérimentations douteuses, sauvagerie à l’état pur… Fredrik Beier a mis les pieds dans un engrenage duquel il n’est pas certain de ressortir indemne.

Je ne savais pas trop à quoi je m’attendais en commençant cette lecture. J’ai été très vite troublée par la complexité de l’intrigue. J’avais peur de me perdre parmi tous ces personnages aux noms à consonance nordique, je craignais de ne pas comprendre toutes les subtilités introduites par l’auteur. Et puis je ne sais trop comment, après une petite centaine de pages, j’ai totalement lâché prise et je me suis laissée gagner par la curiosité et surtout par l’horreur de cette histoire.

Ingar Johnsrud nous embarque dans ce récit complexe, oscillant entre l’implication de la Norvège durant la Seconde Guerre mondiale et l’enquête menée par Freidrik Beier. D’un côté, nous faisons des bonds dans le passé, où on y parle de pureté de la race et de controverse religieuse ; de l’autre, nous suivons Freidrik dans sa recherche de la vérité. Une vérité sombre, bestiale, qu’on préférerait presque ne pas connaître, tant elle est perturbante.

Je ne vous raconte pas mon état d’esprit tout au long de ma lecture. Mon âme sensible a été mise à mal avec ce scénario gore et sans pitié. Les adeptes, c’est de la violence, les dessous de terribles secrets et des chocs à répétition. Cet étalage d’horreurs en tout genre m’a beaucoup perturbée, et j’aurais aimé que l’auteur soit moins suggestif et ménage plus mon pauvre petit cœur. C’est pourquoi je ne destine pas ce roman à n’importe qui. En commençant cet ouvrage, préparez-vous aux scènes de tortures et de sauvagerie, c’est un conseil.

Côté personnages, ils sont bien travaillés, bien brossés, mais comme dans beaucoup de polars ou de thrillers, je n’ai pas ressenti de réel attachement à leur égard. Cependant, ils n’en demeurent pas moins intéressants à suivre.

Je suis ravie d’avoir pu découvrir la plume d’Ingar Johnsrud. Il manipule son intrigue tel un matador, attendant la situation propice pour nous asséner le coup final. En plus de faire appel à des thématiques très fortes, qui résonnent encore dans notre société actuelle, il nous entraîne au cœur d’une enquête qui laisse à bout de souffle.

En résumé, Les adeptes est l’un des titres les plus dérangeants que j’ai pu lire chez La Bête Noire. Un polar brutal qui donne des frissons et instaure le malaise. Ingar Johnsrud a décidé qu’il n’épargnerait pas ses lecteurs, en choisissant des thématiques brûlantes telles que le racisme, le nazisme, la politique et la guerre. Âmes sensibles, s’abstenir ! Ayez les nerfs fermement accrochés avant de vous lancer dans pareil roman…