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Bibliothèque de apriltheseven : Liste de bronze

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Phitanie Phitanie
Tiphaine Croville   
Je remercie Tiphaine d’avoir pensé à April, the seven pour chroniquer son premier roman. J’avais déjà repéré le titre grâce aux avis de deux amies qui l’avaient beaucoup aimé. C’est pourquoi je partais assez confiante. D’autant plus que la couverture est splendide. Je suis fan des effets aquarelles et aux explosions de couleurs. Avec Phitanie, j’ai pu voyager dans un monde souterrain déchiré par une guerre implacable.

Héloïne est une adolescente qui vit dans un petit village. Qui dit petit village, dit commérages et catégorisations. Pour tous, la jeune fille est une orpheline et tout le monde la traite en paria. Entre l'école et le babysitting, sa vie est ce que l'on pourrait qualifier de parfaitement banale. Un soir, alors qu'elle rentre de son travail, elle croise une voiture de police, gyrophares hurlants, qui l'oblige à faire un pas sur le côté. Ni une ni deux, Héloïne se retrouve alors propulsée dans un monde inconnu, que tous ses habitants appellent Phitanie. Passée la surprise de découvrir qu’un univers gorgé de magie subsiste sous Terre, Heloïne apprend que ce monde est en guerre. Afin de le protéger, elle va s’engager dans un groupe de rebelles, épaulées par ses amis et alliés.

Le monde de Phitanie dégage quelque chose de merveilleux. Tout à l'attrait de la découverte : Des paysages à couper le souffle, une culture inconnue, des croyances singulières... mais aussi une guerre sans merci dans laquelle Héloïne va se retrouver mêlée. On ne peut qu’apprécier le soin avec lequel Tiphaine Croville élabore son univers, propulsant son héroïne dans une nouvelle vie aux antipodes de ce qu’elle avait pu connaître auparavant.

Phitanie, c’est de la low fantasy très classique en définitive. On n’échappe pas à certains clichés du genre, contrebalancés par des paysages à couper le souffle et un généreux bestiaire. Il est vrai que l’héroïne est un peu Mary-Sue sur les bords, que les enjeux ont déjà été largement exploités dans d’autres romans du même genre, mais Tiphaine Croville ne lésine pas dans un désir de renouveau et ajoute sa petite touche personnelle de temps à autre. J’ai bien aimé que l’on s’attarde autant sur les Pégases, ces créatures de légende, ainsi que sur les entraînements d’Heloïne dans la deuxième partie. Tout n’est pas rose pour elle, mais ce qui l’attend ne l’est pas non plus, et elle doit s’y préparer.

Heloïne… Voilà une héroïne pleine de candeur qui touchera certainement le jeune public. Curieuse de tout et sensible, elle se révèle pleine de ressource, sous des dehors un peu passe-partout au début. J’ai eu quelques difficultés pour me retrouver en elle. J’ai cherché tout au long de ma lecture ce qui pouvait coincer comme ça, puis j’ai finalement réussi à mettre le doigt dessus.

À la rigueur, le côté Mary-Sue ne me dérangeait pas outre mesure, mais sa manière de tirer un trait sur sa vie passée sur Terre m’a déstabilisée. J’ai bien compris que la seule chose qui était susceptible de lui manquer était la famille qui l’employait. Mais au-delà de ça, c’est le néant. Un peu comme si avant d’arriver à Phitanie, elle était une page blanche. N’a-t-elle jamais eu un seul ami en 18 ans ? N’a-t-elle jamais eu ne serait-ce qu’un embryon de relation affectueuse avec qui que ce soit ? Et si ce n’est pas le cas, comment cela doit se traduire sur son comportement ou sa manière de penser ?

C'est un choix de la part de l'auteur que d'avoir fait en sorte qu'Heloïne n'est rien à perdre en allant à Phitanie, mais je trouve ça un peu tiré par les cheveux dans le sens on ne sait absolument rien de son passé (si ce n'est que ses parents sont décédés). Difficile de la cerner et de comprendre comment elle a réussi à se construire en l’état actuel des choses.

Du reste, j’ai tout de même été séduite et emportée par les mots de Tiphaine Croville. La plume est jolie, bien rythmée et surtout entraînante. J’ai repéré quelques répétitions et problèmes de rythme, mais rien de trop handicapant. Certaines pistes sont également très bien exploitées (l'entraînement d'Heloïne, le travail avec son Pégase que j’ai adoré...), d'autres à peine effleurées (le carnet, dont on ne reparle plus par la suite). Un peu dommage, mais j’ai bon espoir que ces maladresses disparaissent dans le prochain opus.

En résumé, Phitanie a été une lecture agréable, proposant une histoire fournie dans laquelle j’ai pris plaisir à pérégriner. Malgré une héroïne trop lisse et un rythme inégal par moment, je suis d’avis que cette série a beaucoup de potentiel. Sa trame est classique, mais Tiphaine Croville n’hésite pas à l’agrémenter d’éléments qui n’appartiennent qu’à elle. Si vous aimez plonger dans l’inconnu pour y découvrir de nouvelles cultures et un mode de vie jusque là inconnu, alors foncez.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/phitanie-tiphaine-croville
Re/member #1 Re/member #1
Welzard   
Très grand merci à Emily et aux éditions Lumen pour cet envoi et pour leur confiance. En lisant Re/member, j’étais bien conscience que j’allais trembler des genoux et sentir mon cœur faire des saltos arrière dans ma poitrine. Je savais qu’il ne fallait pas le lire en pleine nuit, et je savais aussi que si je le faisais, j’aurais un mal fou à trouver le sommeil par la suite. Re/member, c’est un charivari d’émotions, un concentré de tension et une bonne poignée de mystères.

L’histoire se passe essentiellement dans un lycée japonais. Six adolescents se retrouvent piégés dans une boucle temporelle, revivant inlassablement la journée du 9 novembre. Tous les soirs à minuit, ils sont téléportés devant les portes de leur lycée et doivent fouiller l’établissement de fond en comble pour retrouver les 8 morceaux d’un corps, qu’ils doivent ensuite placer dans un cercueil. Le jeu est déjà assez morbide comme ça, mais il repose sur un autre principe, plus sanglant encore. Les 6 étudiants doivent à tout prix éviter la Rouge-Sang, une petite fille de 11 ans qui a trouvé la mort bien des années auparavant dans l’enceinte du lycée. La Rouge-Sang peut arriver de n’importe où, attaquer n’importe qui, et lorsqu’elle a éliminé les 6 adolescents, la journée recommence, sans discontinuer, jusqu’à ce qu’ils parviennent à remembrer la victime.

Par bien des aspects, cette histoire m’a fait penser à King’s Game, également publié aux éditions Lumen. La mentalité japonaise est très ancrée, ce qui peut surprendre un lecteur européen peu habitué. Ça se ressent beaucoup dans la manière de réagir des personnages. Ils ont parfois des réflexions curieuses. Et puis il y a ce mélange entre le gore absolu et la pudeur des rapports humains. Personnellement, je m’y attendais, je n’ai donc pas été plus étonnée que cela. Mais je pense qu’un lecteur lambda doit être préparé avant de commencer, pour pleinement savourer le roman par la suite.

Ce que j’ai le plus apprécié dans Re/member, c’est la facilité avec laquelle l’auteur nous embarque dans son intrigue. L’atmosphère malveillante et angoissante ne tarde pas à se ressentir, faisant de ce livre un bon page-turner. J’ai à peine vu les chapitres défiler, j’étais totalement prise dans cette spirale infernale. Quand il fallait poser le livre pour vaquer à d’autres occupations, je n’arrêtais pas d’échafauder des hypothèses ou imaginer le dénouement.

Concernant les personnages, j’ai trouvé ça intéressant d’observer ce cauchemar à travers les yeux d’Asuka. C’est une héroïne profondément gentille et attentionnée, pour qui j’ai eu de l’affection. Ce qu’elle vit n’a rien d’agréable et elle réagit avec un self-control qui force le respect. Asuka est un peu la colle qui maintient le groupe soudé. Elle n’est pas celle que l’on remarque tout de suite, mais elle fait de son mieux pour aplanir le terrain et arrondir les angles.

La chasse au corps demande un investissement collectif, et on se rend vite compte que le groupe ne part pas gagnant. Il y a Shôta, l’intello condescendant et maladroit, la douce Rie, Kenji, étrange et imprévisible, Takahiro, très surprenant, et la volcanique Rumiko. Cette dernière m’a insupportée. Elle a le don de se prendre le nez avec les autres pour des futilités, et je l’imaginais sous les traits d’une peste. Une vraie de vraie.

Plus j’approchais de la fin, et plus l’histoire me paraissait bizarre… Je ne sais pas trop à quel moment mon attention s’est émoussée, mais j’ai senti que les personnages commençaient à avoir de drôles de réactions (par exemple : Takahiro incapable de retranscrire correctement une conversation, sous prétexte qu’il n’est pas suffisamment intelligent pour la comprendre). J’ai moi-même un peu de mal à mettre le doigt sur ce qui m’a dérangé, mais je pense qu’à un moment, l’auteur a choisi d’orienter sa trame de manière à rendre la fin plus facile à introduire. Hélas, je l’ai senti comme une maladresse, et l’histoire a perdu de sa crédibilité.

Les derniers chapitres en revanche remontent considérablement le niveau, avec un retournement de situation pour le moins inattendu. Tous les fils qui s’articulaient autour de l’histoire de la Rouge-Sang sont apparus au grand jour. Au-delà de l’aspect fantastique, il y a aussi une histoire de meurtres, de secrets et de vieille malédiction, et ça met les nerfs à vif !

En résumé, Re/member m’a fait froid dans le dos. À cheval entre thriller et horreur pure, cette intrigue sur fond paranormal est une boucherie qui se répète en boucle et laisse son lecteur sans le souffle. On plaint ces 6 adolescents emprisonnés par une cruelle malédiction. Attendez-vous à la chair de poule, et prenez garde à la Rouge-Sang ; dès qu’elle aura commencé à chanter sa comptine macabre, vous ne serez plus à l’abri…

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/remember-welzard

The Young World The Young World
Chris Weitz   
Je remercie les éditions Le Livre de Poche de m’avoir permis de découvrir cette lecture ! Il est vrai que des romans post-apocalyptiques reposent sur une base similaire, mais celui-ci m’attirait plus que les autres et j’ai émergé de ma lecture agréablement surprise.

La vie telle que nous la connaissons n’existe plus. Un virus s’est propagé dans le monde entier, éradiquant une partie de la population. Il ne reste plus que les adolescents qui, une fois qu’ils ont atteint l’âge adulte, décèdent des suites de cette mystérieuse maladie. Pour survivre durant le peu de temps qu’il leur reste, ils se sont regroupés en groupuscules. Entre ces microsociétés, c’est la loi du plus fort qui prévaut. L’anarchie, le désordre et la confusion se sont emparés de la ville, plongeant les survivants dans une lutte sans merci.

À la mort de son grand-frère, Jefferson est amené à lui succéder comme chef de son clan. Accompagné de Donna, Brainbox, Peter et Opaline, il va tenter l’opération de la dernière chance : trouver une explication à ce virus et – si possible – l’endiguer le plus vite possible, avant que l’humanité tout entière disparaisse.

C’est à travers les yeux de Donna et Jefferson que le lecteur s’enfonce dans la noirceur de cette nouvelle société. Il faut s’attendre à un rythme saccadé, une ambiance à couper au couteau et un décor étouffant, gris et déprimant. L’auteur ne mise pas beaucoup sur l’action et privilégie d’autres aspects de son intrigue, tels que les descriptions et la psychologie de ses personnages. Personnellement, j’aurais aimé plus d’action, de péripéties, et moins de longueurs.

Chris Weitz pose les bases dès le départ, avec un background saisissant. Précisons aussi que l’auteur est également scénariste et réalisateur de films à succès (type Twiligh, À la croisée des mondes…). Cette influence se retrouve dans tous les petits détails. L’histoire est construite comme un scénario, le décor est planté avec minutie, mais également un sens du réalisme peu commun. Personnellement, j’ai beaucoup aimé le soin apporté aux détails, même si, de fait, il laisse moins de place à l’imagination.

Chris Weitz nous offre une double narration originale. Jefferson et Donna… deux adolescents qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans parents, sans cadre, avec tout ce qu’une catastrophe telle que celle-ci peut entraîner : dites au revoir à votre petit confort douillet, aux smartphones, à internet… Une vie futile, aux antipodes de ce à quoi ils doivent faire face désormais. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas d’autre choix que de survivre en attendant que la maladie les prenne, eux aussi.

Il y a un travail très intéressant qui a été fait autour de la psychologie de ces deux personnages. Je les ai trouvés attachants – autant que faire se peut. Cyniques, désabusés, ils ont dû grandir plus vite que prévu, et on les prend rapidement en pitié.

Concernant la plume de l’auteur, je pense que ça passe ou ça casse. On sent encore une fois l’influence du scénariste. Il ne va pas s’arrêter sur des impressions ou des idées conceptuelles, mais plutôt sur les faits, l’action immédiate. Tout est concret, palpable. Ça peut donner l’impression au lecteur qu’il est détaché de l’histoire, peu impliqué. En tant que lectrice, ce n’est pas quelque chose qui m’a dérangé, car je lisais comme si je visionnais un film. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que The Young World ferait un film très sympathique.

En résumé, au moyen d’une plume incisive et efficace, Chris Weitz nous propose le premier opus d’une saga post-apocalyptique noire et inquiétante. Les personnages, l’intrigue, l’ambiance et le décor... tous ces éléments sont suffisamment singuliers pour rendre l’histoire marquante et digne d’intérêt.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/the-young-world-chris-weitz
L'invocateur, livre 1 : Le Novice L'invocateur, livre 1 : Le Novice
Taran Matharu   
Un grand merci aux éditions Hachette pour cette réception. Je crois bien que c’est la première fois que je lis de la fantasy pure publiée dans cette maison d’édition, et j’étais curieuse de découvrir cette histoire. Rien que la couverture est un plaisir pour les yeux ; elle nous offre beaucoup de pistes, et est totalement raccord avec l’ambiance distillée tout le long. Je suis ressortie de ce roman relativement satisfaite. Le novice est une lecture entraînante, avec un fil conducteur bien imaginé, mais elle n’en reste pas moins très classique et un peu clichée par moments.

Dans un monde où la guerre sévit entre les hommes et les orques vit Fletcher, un apprenti forgeron de 15 ans, orphelin de surcroit. Il mène une existence très tranquille dans son patelin, jusqu’au jour où, par erreur, il invoque un démon – qu’il appellera par la suite Ignatius. Un malheureux concours de circonstances l’oblige à quitter son foyer, et par la même occasion son père adoptif qui l’a élevé comme son fils. Accompagné de son démon lové autour de son cou, le jeune garçon croisera la route du capitaine Arcturus. Ce dernier l’enverra à l’Académie Vocans, une école au sein de laquelle les futurs mages-guerriers s’entraînent avant de partir sur le front avec leurs démons. L’apprentissage de Fletcher pourra commencer, mais ce qui l’attend n’est pas sans danger. Rivalités, manigances et coups bas sont au programme. Le jeune novice devra se montrer attentif et se fier aux bonnes personnes.

Prenez une pincée d’Eragon et jetez-la dans une décoction du Seigneur des Anneaux. Faites mijoter et ajoutez de temps à autre une cuillerée de Pokémon ainsi qu’un soupçon de Harry Potter. Au final, ça vous donne L’invocateur. N’allez pas croire qu’il s’agit d’un reproche, bien au contraire. Ces petits clins d’oeil – volontaires ou non – à ces univers très singuliers contribuent à rendre l’histoire de Taran Matharu efficace. Je n’ai eu aucun mal à me sentir à l’aise et j’ai apprécié l’intrigue et tous les rouages qui la composent.

D’abord, il y a cette histoire de démons. Pour pouvoir combattre, Fletcher en apprendra plus sur eux et sur la façon d’en invoquer. Ça m’a beaucoup fait penser à Pokémon, du coup. Attraper quelques “monstres” pour les faire combattre, ça a réveillé mon petit côté dresseuse Pokémon, et j’ai adoré ça, ah ah. En revanche, même si j’ai senti que l’auteur amorçait bien l’idée qu’il existait un lien particulier entre le démon et son invocateur, j’ai trouvé ça beaucoup trop fragile concernant Fletcher. Ignatius et lui partagent à peu près tout ensemble, mais je n’ai pas senti d’affinité particulière. À croire que le démon n’est qu’une chose dont on peut se servir. J’en aurais voulu plus. Beaucoup plus.

Ensuite, la magie. Elle est originale et bien imaginée. Les passages où les personnages apprennent à s’en servir sont particulièrement réussis. Il y a, certes, beaucoup d’imagination, mais aussi de la recherche pour que tout s’imbrique correctement. Et si globalement j’avais la sensation d’être face à un univers dense, il restait très accessible et passionnant. L’élaboration est adroite, il n’y a aucune longueur concernant les descriptions. Bref, tout se goupille correctement.

Cela dit, ce n’est pas une histoire qui m’a retournée comme je m’y attendais. L’intrigue reste assez prévisible et sans surprise. Le novice, c’est de la fantasy traditionnelle, avec un héros on ne peut plus classique. Fletcher parvient rapidement à faire des choses hors du commun, il est plutôt doué dans tout ce qu’il entreprend et déjoue les pièges avec une relative facilité. Il a toujours un jugement juste et mesuré, ce qui ne lui dessert pas, bien au contraire.

Même s’il est un peu cliché, j’ai tout de même admiré son sens de l’intégrité. Car l’Académie Vocans n’est pas un endroit merveilleux où les fées côtoient les licornes au milieu des arcs-en-ciel. Les nobles méprisent et assoient leur supériorité dès le début, les uniques représentants des nains et des elfes sont traités comme des rebuts, et la rivalité tient une énorme place. Le but des novices ? Être celui qui obtiendra le poste le plus gradé sur le front, pour s’assurer un train de vie confortable. Certains sont prêts à tout, même au pire. Et dans tout ce fatras, le brave Fletcher doit trouver sa place. Droit dans ses bottes, le garçon défend ses amis et se révèle très dévoué. On ne peut pas lui reprocher cela…

En résumé, ce premier opus pose les bases d’une saga de fantasy classique, où les démons coudoient les humains, les orques, les nains et bien d’autres espèces. Taran Matharu nous offre un début plutôt sympathique, avec un bel univers et une intrigue solide. Je lirai la suite avec plaisir, et j’espère que l’auteur prendra plus de risques pour s’écarter des trames de fantasy habituelles.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/linvocateur-taran-matharu
Fille des Cauchemars, Tome 1 : Anna Fille des Cauchemars, Tome 1 : Anna
Kendare Blake   
Je remercie les éditions du Livre de Poche pour cette très belle réception et pour leur confiance. Comme beaucoup, j’avais entendu parler de ce livre, sorti d’abord en grand format chez Hachette. La magnifique couverture, le titre à faire froid dans le dos (même si je préfère le titre VO, indubitablement)… je savais d’office que ce roman m’était destiné. Pour ceux qui l’ignorent encore, les histoires de spectres et d’esprits sont mes préférés dans la branche fantastique.

Thésée Cassio – aussi appelé Cas – est un jeune homme à l’héritage particulier. À 17 ans, il est exterminateur de fantômes, comme feu son père avant lui. Son mode de vie est tout aussi singulier : il passe de ville en ville avec sa mère sorcière pour éradiquer les spectres. Un jour, tous deux s’installent au Canada, car Cas a entendu parler d’Anna à la robe de sang, un fantôme à la réputation épouvantable qui a plusieurs meurtres à son actif, selon les rumeurs. Ce que le garçon ignore, c’est qu’Anna n’a rien des fantômes qu’il a l’habitude d’éliminer.

Quelle histoire, les amis ! Kendare Blake nous a concocté une très bonne intrigue, surprenante et terrifiante au possible. La première partie est, à mes yeux, la plus réussie. Elle se révèle beaucoup plus accrocheuse, dans la mesure où elle introduit bien l’histoire et distille une atmosphère qui devient rapidement irrespirable.

J’ai aimé en apprendre plus sur le « travail » de Cas, sa manière de traquer les fantômes et de les envoyer dans l’au-delà. La particularité de cette histoire, c’est que les esprits ne sont pas des êtres vaporeux et éthérés, ils sont palpables comme de véritables êtres humains, et certains ont même un goût prononcé pour le spectacle et les grandes démonstrations. La première mission du jeune homme avec l’auto-stoppeur était une excellente entrée en matière, qui jetait déjà les bases sur quelque chose d’accrocheur.

Avant de traquer Anna Karlov, Cas doit d’abord en apprendre plus sur son histoire et les origines de sa mort. Pour cela, il va intégrer un lycée et y rencontrer des personnages plutôt stéréotypés au premier regard. Cela dit, ce qui est plutôt chouette, c’est que Kendare Blake surfe sur notre première impression, puisque les personnages en questions se révèlent bien plus intéressants que ce que leur rôle initial laisse entendre. Carmel en est l’exemple flagrant. Belle et populaire, je la voyais déjà comme la potiche creuse et sans cervelle, alors qu’en réalité, elle est beaucoup plus que ça.

Cas se définit lui-même comme un anti-héros en puissance. Mordant et même prétentieux sur les bords, ça a tout de suite collé entre nous. Il a une manière d’être – entre assurance affichée et sarcasme – qui donne envie de mieux comprendre son passé et sa vie de chasseur. Son arrogance peut très vite doucher le lecteur, mais habitué à se débrouiller avec sa mère depuis qu’il a sept ans, changeant une bonne douzaine de fois de lycée en l'espace de trois ans, il a pris l'habitude de ne pas nouer d'amitié, mais de se servir des autres pour obtenir les informations qu'il recherche. Il mène ses missions seul et traverse les villes et les lycées comme un fantôme, sans laisser de trace et sans jamais se faire d’amis. Mais cette nouvelle mission d’infiltration va changer la donne, car il va d’abord rencontrer Thomas, puis Carmel.

Comme je l’ai dit plus haut, la première partie m’a totalement subjuguée. La première scène avec Anna est particulièrement glauque et je n’ai pas réussi à réprimer un long frisson d’appréhension. Comme il était 2h du matin, j’ai précipitamment tout fermé avant de commencer à cauchemarder. Il faut admettre qu’Anna est un fantôme qui met mal à l’aise. Sa force et son aspect la rendent particulièrement redoutable, et j’ai admiré Cas pour son entêtement.

La deuxième partie apporte la lumière sur une bonne partie de l’intrigue, si bien que l’aura mystérieuse cesse de faire effet. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’histoire perd subitement de son intérêt, mais j’étais prise dans les filets d’Anna dès le début. L’autre moitié du livre met l’accent sur l’évolution des personnages. Sentiments, incertitudes… c’est tous les principes de Cas qui se retrouvent bouleversés.

La plume est un petit régal. Kendare Blake ne nous épargne rien, et ne lésine pas sur les moyens pour nous glacer d’effroi. Elle n’hésite pas non plus à jouer sur le gore et l’insoutenable, tout en malmenant ses personnages. Il y a vraiment de tout dans ce livre, de manière à nous faire passer par toutes les émotions.

En résumé, Fille de cauchemars est un très bon roman d’épouvante, qui nous immerge dans une ambiance glaçante, où les fantômes sont bien loin des formes immatérielles que l’on connaît bien. Une intrigue obscure, des personnages qui déjouent les stéréotypes, des histoires passées dures et brutales… Ce premier tome est une réussite !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/fille-de-cauchemars-kendare-blake
Alice - De L'autre côté du miroir - Le roman du film Alice - De L'autre côté du miroir - Le roman du film
Collectif Disney Natacha Godeau (Traduction)   
Grand merci aux éditions Hachette pour cette lecture. Grande amatrice des films de Tim Burton, et ayant appris que le deuxième opus d’Alice au pays des merveilles allait sortir dans les salles, je me suis dit qu’il serait sympathique de découvrir cette histoire en livre avant d’aller me faire une toile. J’ai toujours un gros faible pour les contes revisités, et le caractère déjanté de cette version m’a plu.

Nous retrouvons Alice, plusieurs années après ses dernières péripéties. La jeune fille s’aventure désormais en haute mer et se nourrit de danger, dans un monde qui, habituellement, est réservé aux hommes. À son retour auprès de sa mère, elle tombe sur un miroir qui va la propulser à nouveau au pays des merveilles. Cette fois-ci, c’est contre le Temps lui-même que la jeune femme va courir. Au pays des merveilles, rien ne va plus. Le Chapelier Fou n’est plus si fou que cela, et pour que tout rentre dans l’ordre, Alice va devoir user du Temps, et ainsi se propulser dans le passé, où elle découvrira la véritable histoire de ceux qui peuplent ce merveilleux endroit.

Je précise que j’ai regardé le premier film juste avant de lire le livre. Grand bien m’en fasse, puisqu’évoluer dans ce roman peut paraître un peu laborieux pour quelqu’un dont la mémoire flanche. Il n’y a pas d’explications de ce qui a pu se passer avant ; dès les premiers instants, le lecteur se retrouve en plein coeur de l’histoire, sans autre point de repère que ses souvenirs du film précédent. Cette version réinventée commence presque immédiatement sur les chapeaux de roue, c’est pourquoi je vous conseille d’avoir bien en tête les péripéties du premier opus avant de vous embarquer, au risque de patauger un peu d’un chapitre à l’autre.

Pour commencer, parlons de l’objet livre, qui est tout bonnement magnifique. La couverture est un plaisir pour les yeux et nous offre un joyeux méli-mélo de détails et de dorures, ce que j’imagine bien pour le pays des merveilles. L’intérieur est truffé d’illustrations qui ornent chaque début et fin de chapitres. J’ai vraiment apprécié le sens du détail, pour le coup.

Concernant l’histoire en elle-même, je ne peux que saluer les trésors d’originalité qui ont été déployés. Cette histoire de course contre le Temps et retour en arrière m’ont beaucoup plu, car ils permettent d’approfondir le vécu des personnages, comprendre leur histoire et les choix qui les ont entraînés par la suite à devenir ce qu’ils sont. Ces personnages sont pleins de peps, tous très différents les uns des autres. Ma grosse préférence va au Chapelier Fou, évidemment. Même différent ici, je ne peux pas m’empêcher de fondre devant sa détresse et ses airs de chiot perdu.

On retrouve bien entendu un peu de l’ambiance distillée dans les films de Tim Burton. Un petit côté décalé pas désagréable, ainsi qu’une magie omniprésente et bien imaginée. Il est facile de s’immerger dans pareille atmosphère et de savourer le voyage.

La plume qui nous relate l’histoire est très fluide, il y a parfois une certaine poésie et le roman en lui-même se lit terriblement vite ! Le seul reproche que je formulerai est que, globalement, ça reste très succinct au niveau des détails. On nous relate des faits, des aventures, mais il n’y a pas d’implication personnelle venant de l’auteur. C’est souvent le cas avec les livres tirés de films, puisqu’ils racontent ce que la version cinématographique montre en image. Je m’y attendais, donc j’ai tout de même apprécié cette lecture à sa juste valeur.

En résumé, j’ai passé un moment plaisant avec ce joli petit livre. Alice, de l’autre côté du miroir n’est pas un ouvrage indispensable à la compréhension du film qui porte le même nom, mais reste un voyage fort sympathique, avec une ambiance assez unique en son genre et une trame intrigante, originale et plutôt innovante.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/alice-de-lautre-cote-du-miroir-natasha-godeau
Paradise, Tome 1 : Paradise Paradise, Tome 1 : Paradise
Simone Elkeles   
Je remercie les éditions Le Livre de Poche ainsi qu’Aurélie pour cette réception. Ce livre a fait beaucoup parler de lui sur la blogosphère, et figurait dans ma wish-list depuis mes débuts avec le blog. Alors quand l’occasion s’est présentée pour moi de le découvrir, je n’ai pas hésité très longtemps. Une romance de temps en temps, ça fait toujours du bien à mon petit coeur de midinette, et celui-ci a comblé toutes mes attentes. Paradise est une lecture fraîche, simple, que j’ai dévorée en une seule journée !

Maggie est une adolescente standard qui mène une existence standard. Sa vie bascule complètement le jour où elle se fait renverser par Caleb en voiture, qui, sévèrement aviné, décide de prendre la fuite en la laissant en très mauvaise posture. Lorsque l’histoire commence, nous suivons les personnages un an après ce terrible accident. Maggie essaie tant bien que mal de se reconstruire et sa mésaventure lui a laissé comme souvenir une jambe brisée et une claudication qu’elle gardera sans doute à vie. Caleb, lui, a payé sa dette durant cette année. Il a intégré une prison pour mineur. Le jour où ce dernier est relâché, la rumeur de son retour court à Paradise, et Maggie appréhende déjà de le croiser au détour d’une ruelle. Mais celui qui a été son bourreau peut-il devenir son héros ?

J’ai bien aimé cette lecture. C’est le genre de livre qui s’ouvre et se ferme en quelques heures. L’intrigue est prenante, le style agréable, et il est facile de se laisser porter par les événements sans réfléchir. Une lecture d’été comme on en fait beaucoup, mais pas départie d’une certaine émotion qui prend le lecteur à la gorge tout le long.

Les personnages principaux de ce livre sont terriblement désarmants. Maggie et Caleb ont vraiment su me toucher, chacun à leur façon. Ils ont fait des erreurs, mais n'en demeurent pas moins humains. Ce tragique accident les a obligés à grandir, à laisser dans un coin les frivolités des ados de leur âge. Si bien qu’ils vivent leur vie en marge de celle des autres, comme s’ils étaient des extraterrestres dans une mer de lycéens. Il y a un an, leur existence a totalement changée, et si au lieu de créer une distance, cet événement les rapprochait ?

La première moitié du livre, chacun vit son expérience à sa manière. Maggie fait la connaissance de Mme Reynolds, une vieille dame qui ne s'embarrasse pas de bavardages inutiles et qui lui donne un sentiment d'appartenance. Elle est la seule à ne pas la considérer comme une infirme, et constitue un vrai bol d’air frais. Quant à Caleb, il essaie de composer entre son passé d'ex-taulard qui rend ses rapports avec ses amis un peu compliqués et sa relation avec Kendra, son ancienne petite amie.

Que ce soit Maggie, Caleb ou Mme Reynolds, ces trois personnages m’ont vraiment plu. C’est très rafraichissant de les suivre et de les voir réunis. Entre eux se crée une espèce d’accord tacite où il n’est pas question de mélodrame ou de problèmes. C’est simple, léger, ténu.

L'auteur nous montre à quel point l'humain est capable d'encaisser les coups durs. Ce que nous croyons insurmontable est juste le signe qu’il est temps d’emprunter un nouveau chemin. Un chemin qui mène vers d'autres rêves et d'autres perspectives. C’est la leçon que nos héros vont progressivement intégrer.

Ce qui est sympathique, c’est que l’on ne tombe pas dans le vieux piège des adonis qui tombent amoureux. Caleb et Maggie sont deux rescapés en pleine mer, qui s’agrippent à la seule bouée à leur portée. Ils pourraient être n’importe qui, venir de n’importe où, et c’est sans problème qu’on s’identifie à eux. Maggie s’emmure dans une carapace aussi dure que de la pierre, et Caleb essaie tant bien que mal de retrouver ce qu’il a été contraint de laisser derrière lui. Il n'est pas très doué pour gérer la pression, je dirais même qu'il se débrouille comme un manche ! En cherchant à réparer les erreurs ou éviter les ennuis, il aggrave la situation, s’embourbe jusqu’aux yeux. C'en est presque triste tellement c'est évident qu'il s'y prend mal…

Les seuls petits reproches que je formulerai, c’est que l’histoire – plutôt tournée vers la jeunesse – est peu approfondie tout autour de nos protagonistes. Les personnages secondaires sont bourrés de stéréotypes et tirent même sur le caricatural à certains moments (oui, Kendra, c’est de toi que je parle…). De plus, les transitions entre les scènes sont quasi inexistantes, ce qui m’a un peu destalibilisé. Certaines se terminent de façon abrupte, laissant l’impression qu’il manque des pages.

Enfin, j'ai apprécié la petite révélation au trois quarts du roman. C'était inattendu et ça remettait les pendules à l’heure. Je dois même avouer que j'ai senti les larmes me monter aux yeux sur la fin. À l’origine, j’ignorais qu’il s’agissait d’une duologie, et j’ai très envie de connaître la suite, car Simone Elkeles nous abandonne avec un horrible cliffhanger.

En résumé, Paradise est une parenthèse douce amère qui m'a plu du début jusqu'à la fin. Cette histoire d'amour part de rien, les premiers tâtonnements sont attendrissants, et les héros nous embarquent dans une spirale de sentiments contradictoires. Avec ce premier volet, Simone Elkeles tire sur la corde du supportable, jusqu'à rendre cette situation insupportable. Je n’ai qu’une chose à ajouter : vite la suite !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/paradise-tome-1-paradise-simone-elkeles
Spice & Wolf, Tome 1 (Roman) Spice & Wolf, Tome 1 (Roman)
Isuna Hasekura   
Je remercie Guillaume et les éditions Ofelbe pour ce partenariat. Spice & Wolf est une saga que j’ai voulu lire dès sa sortie, et lorsque l’occasion s’est présentée, je n’ai même pas hésité ! Vous le savez sans doute, moi et les loups, c’est une histoire d’amour qui remonte à loin, et cette histoire de Déesse-Louve, m’intriguait plus que jamais. J’ai aimé cette lecture pour tout un tas de raisons, malgré un début rébarbatif.

Lawrence Kraft est un marchand itinérant qui mène une vie solitaire, passée à sillonner les routes pour vendre ses produits, dans l’espoir de faire fortune. Intérieurement, il rêve de s’établir de manière fixe et d’ouvrir sa propre boutique. Un jour, il fait halte dans un patelin où les habitants s’apprêtent à festoyer en l’honneur de la Déesse de la Moisson. Un peu plus tard, il découvre à l’arrière de son chariot une magnifique jeune fille. Il s’agit d’Holo, cette même déesse. Elle décide de suivre Lawrence dans ses pérégrinations, afin de rejoindre une terre plus clémente.

Avant toute chose, j’aimerais parler de l’objet-livre. J’apprécie toujours autant le soin apporté aux ouvrages dans cette maison d’édition. L’intérieur est truffé d’images qui illustrent à merveille l’épopée de Lawrence et Holo.

Concernant l’histoire, je suis un peu partagée. Ce premier tome est divisé en deux parties. La première met vraiment l’accent sur l’économie, le marché et d’autres sujets ô combien rebutants pour une rêveuse telle que moi. Nous suivons notre duo dans cet univers de négociations, et c’est comme si on assistait à une partie de poker sans en connaître les règles.

On m’avait bien prévenu que cette première partie pourrait me sembler lourde ; de ce fait, j’étais déjà préparée. Je m’attendais à trouver cela assommant (l’économie moyenâgeuse n’est pas une de mes grandes passions, voyez-vous), mais c’était instructif et plutôt intéressant, dans le fond. Même si la profusion de détails m’a semblé inutile à certains moments, car je ne voyais pas en quoi elle faisait avancer l’intrigue.

Cela dit, l’auteur nous plonge dans un monde de fantasy hautement réaliste, dans une société fermement établie. Il n’y a rien de cliché ou de réchauffé, vous ne croiserez pas de bestiaire improbable ou d’étalage de magie. C’est beaucoup plus subtil que ça. Le cadre est tout ce qu’il y a de plus probable, et Holo est l’élément onirique qui nous pousse à la rêverie, à croire que c’est possible.

La deuxième partie est beaucoup plus dynamique et nous offre son lot d’aventures. De nouveaux personnages entrent en scène, l’intrigue prend de l’ampleur, et là je me suis vraiment prise au jeu.

La grande force de cette histoire réside dans la relation entre Lawrence et Holo. Lawrence n’a que 25 ans, mais il travaille depuis 7 ans et évolue dans le milieu de commerce comme un poisson dans l’eau. Sa profession l’a rendu pragmatique et dur en affaires. Il n’en est pas moins humble et droit dans ses bottes. Cette intégrité fait de lui quelqu’un d’appréciable. Il est d’autant plus attachant au contact d’Holo, car la jolie déesse le déstabilise. Lawrence est peut-être à l’aise avec les tractations commerciales et les spéculations, mais il est inexpérimenté et délicieusement touchant en présence d’une fille.

Holo est… spéciale. Je ne vais pas vous le cacher, j’ai nettement préféré Lawrence, parce que Holo est difficile à appréhender. Elle est mignonne, malicieuse et naïve, mais à certains moments elle me laissait franchement perplexe. Elle peut faire preuve de beaucoup de clairvoyance, et à d’autres moments, agir comme une enfant capricieuse. Le contraste est… perturbant. Entre pureté et ruse, on ne sait plus trop sur quel pied danser.

Avec ce duo improbable, il n’y a pas le temps de s’ennuyer. Ils constituent la force de ce roman. Une véritable complicité s’installe entre eux, ils en deviennent encore plus charmants. Le lecteur est aux premières loges pour voir cette relation évoluer, de ses balbutiements à cette affection mutuelle.

Concernant le style, l’histoire se lit de manière fluide, sans à-coups. L’auteur a une plume agréable, malgré une certaine complexité dès qu’il s’agit du commerce pur. Je pense qu’elle aurait gagné à écrémer son récit, afin de mettre cet aspect de l’intrigue à la portée de tous. Les chapitres m’ont paru beaucoup trop longs, mais là il s’agit juste d’une préférence personnelle.

En résumé, Spice & Wolf est une jolie découverte qui n’a pas fini de me surprendre. Dans un cadre médiéval hautement réaliste, où les croyances païennes sont rejetées en bloc par l’Église, on fait la rencontre de personnages bigarrés et attachants, qui se chamaillent joyeusement tout le long du périple. La première partie est, certes, un peu laborieuse, mais la suite vaut la peine de s’accrocher.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/spice-wolf-tome-1-isuna-hasekura
Le Pays des Contes, Tome 1 : Le Sortilège Perdu Le Pays des Contes, Tome 1 : Le Sortilège Perdu
Chris Colfer   
Ceux qui me connaissent un petit peu savent à quel point j’adore les contes revisités depuis que la saga Chroniques Lunaires a atterri dans ma bibliothèque (ah, et aussi depuis que j’ai vu Shrek !). Il n’était donc pas question que je passe à côté de Le Pays des Contes, qui offre un melting pot de toutes les histoires qui ont bercé mon enfance. Après (re)lecture, je suis en mesure de dire que ce premier tome est divertissant et idéal pour le public visé !

Alex et Conner sont jumeaux, et vivent aux côtés de leur mère. Leur père, féru de contes pour enfants, est décédé l’année précédente, et il n’est pas facile de se relever après une telle perte. Alex est une petite fille un peu incomprise. Elle n’a pas d’amis et passe pour la mademoiselle je-sais-tout auprès de tout le monde, ce qui agace prodigieusement les élèves de sa classe. Conner, populaire et rigolo, est également incompris à sa manière, puisqu’il se considère bien en dessous des capacités intellectuelles de sa soeur. Tous deux sont comme le jour et la nuit.

Un jour, la grand-mère des jumeaux va leur confier un livre intitulé “Le Pays des Contes”. Un livre qui, contre toute attente, semble être le portail qui mène vers un endroit merveilleux, où tous les contes de fées ont pris vie. Ces contes, qui berçaient Alex et Conner du temps où leur père était vivant, sont tout ce qu’il y a de plus réels !

L’histoire repose sur des bases très simples, mais l’immersion est totale. Certes, des enfants qui atterrissent dans un monde parallèle et merveilleux, ça s’est déjà vu. La particularité, c’est que tous les contes prennent vie, que les personnages se croisent, se connaissent et cohabitent dans le même univers. Alex et Conner auront l’occasion de voir la sorcière d’Hansel et Gretel, Cendrillon, le petit Chaperon Rouge, Raiponce, Boucle d’Or et bien d’autres figures emblématiques…

C’est l’occasion de découvrir ce qu’il se passe après le “Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”. Le Pays des Contes est divisé en plusieurs contrées, elles-mêmes dirigées par les différentes princesses et/ou héroïnes popularisées. Celles que toutes les générations connaissent bien. De chapitre en chapitre, le lecteur suit les péripéties des héros d’un royaume à l’autre.

Dans cet univers, les jumeaux vont mener une quête afin de retourner dans leur monde. Guidés par un journal intime, ils doivent mettre la main sur des objets très précis qui, une fois rassemblés, leur permettront de formuler le voeu de leur choix, et donc de rentrer chez eux. Alex et Conner ratissent alors le Pays des Contes en long, en large, et en travers, dans une quête identitaire merveilleuse, mais pas dénuée de dangers.

Chris Colfer nous plonge sans préambule dans un monde féérique et facile à imaginer. Si on est un peu rêveur, on finit par s’imaginer soi-même sur ces territoires mystérieux, marchant bras dessus bras dessous avec les jumeaux. Je suis un peu déçue tout de même, car je m’attendais à plus d’approfondissement et de précision au niveau de l’univers. Certains détails ne sont qu’effleurés, alors que j’aurais adoré m’y attarder. L’auteur met l’accent sur l’avancement de la quête et rien d’autre. Pour ça, c’est dommage.

Les situations qui nous sont relatées peuvent sembler très enfantines, d’où le fait que la lecture convienne parfaitement à un public juvénile. Nos héros n’ont qu’une dizaine d’années, ils ont donc des réactions d’enfants, peut-être un peu exagérées par moment, mais ça se lit vraiment bien. Alex a une soif de découverte insatiable, et Conner trouve toujours le mot pour faire rire et détendre l’atmosphère. J’ai gloussé à plusieurs reprises en lisant ses répliques. Les autres personnages sont des clichés du genre, mais le charme opère, c’est indéniable. Certains nous réservent même quelques surprises en rab auxquelles on ne s’attend pas toujours !

L’auteur met ses héros dans des situations parfois cocasses et amusantes, et tout est relaté avec légèreté, à la manière d’un conte pour enfants. L’intrigue en elle-même est manichéenne : les gentils sont très gentils, les méchants, très méchants. Pour un adulte, le côté psychologique semblera sans doute assez survolé, voire carrément stéréotypé, mais n’est-ce pas le propre des contes de fées ? Il faut lire ce roman avec son âme d’enfant, et c’est là que l’on commence à s’émerveiller.

Concernant l’intrigue, j’avais à peu près tout élucidé dès le début. Pour l’effet de surprise, c’était raté… Il n’est pas compliqué de deviner à l’avance comment les choses vont s’imbriquer. Alors c’est vrai, l’effet de surprise ne m’a pas saisi à la gorge, mais j’ai trouvé tout ça plutôt bien amené et bien imaginé, même si ça m’a rappelé Once Upon a time à certains moments. Chris Colfer a bien ficelé son histoire, ce qui enchantera les plus jeunes, sans nul doute.

En résumé, Le Pays des Contes est une lecture qui a du charme et qui conviendra parfaitement aux enfants et aux grands rêveurs. L’intrigue est fort sympathique – pas transcendante non plus –, mais divertissante. C’est le genre de romans qui fait ressortir en nous des émotions enfouies depuis longtemps, presque oubliées. J’aurais néanmoins aimé voir un monde un peu plus fouillé, et j’espère trouver cela dans les tomes suivants.

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Library Jumpers, Tome 2 : La Gardienne des Mensonges Library Jumpers, Tome 2 : La Gardienne des Mensonges
Brenda Drake   
Je remercie Emily et Lumen Editions pour leur confiance. Le tome 1 de Library Jumpers m’avait laissé une impression positive. J’avais tout particulièrement apprécié l’univers bien fouillé, les intrigues qui s’entremêlaient, ainsi que cette histoire de Sentinelles capables de voyager dans toutes les bibliothèques du monde en sautant dans un livre. Un merveilleux cocktail pour un amoureux de littérature.

Dans La gardienne des mensonges, nous retrouvons Gia et ses proches qui emménagent dans une ville sous couvert d’anonymat, afin d’échapper à Conemar. Tout pourrait bien se passer si les ennuis n’avaient pas choisi de s’enchaîner aussi rapidement. D’abord, il y a sa quête destinée à mettre la main sur les Chiavi pour sauver le monde. Ensuite, son ami Nick de plus en plus sombre et colérique, qui peine à maintenir ses pouvoirs en place. Sans parler de Deidre, avec qui le feeling ne passe toujours pas, et Arik, qui se rapproche dangereusement d’une autre fille alors qu’il est censé être en couple avec Gia. Pour cette dernière, il devient de plus en plus difficile d’être efficace sur tous les fronts. Et son ennemi, lui, n’attend qu’un faux pas pour attaquer…

Replonger dans l’univers de Brenda Drake n’a pas été sans mal. Fort heureusement, le roman ne commence pas sur les chapeaux de roue, ce qui m’a permis de renouer un peu avec la quantité de personnages dont je gardais peu de souvenirs. Heureusement, l’auteur accompagne son lecteur en reprenant patiemment les points importants, même si, je dois l’avouer, certains personnages secondaires sont encore un mystère pour moi. Je pense que s’il y avait eu moins d’intervalles entre les deux tomes, ça aurait été parfait !

Le gros point de fort de ce deuxième opus, c’est qu’il table sur deux intrigues qui marchent à merveille : d’un côté, la course aux Chiavis et les tribulations de Gia face à ses ennemis. De l’autre, un triangle (que dis-je, un carré !) amoureux plus instable que jamais, des sentiments et des émotions qui s’entrechoquent violemment et malmènent notre héroïne.

Le tome 1 était là pour poser les bases sur un monde très élaboré. Dans cette suite, nous n’en sommes plus là, et Brenda Drake met un coup de collier. Pas le temps de tergiverser, elle nous plonge tête la première dans une trame pleine de rebondissements, ou les machinations et les secrets font loi. Et ce n’est pas parce que Gia et ses amis doivent donner le change en intégrant un banal lycée public que leurs ennemis ne sont pas dans le coin, et parfois plus proches qu’ils ne le pensent. Attendez-vous à des batailles, quelques surprises dont Gia se serait volontiers passé, et des retournements de situation inattendus.

La gardienne des mensonges m’a également permis de me réconcilier avec Gia. Rappelez-vous, je l’ai eu dans le nez tout le long du premier tome, la trouvant trop Mary-Sue sur les bords. Heureusement, les choses ont quelque peu changé, puisque je me suis sentie complètement en phase avec ce personnage (à deux-trois détails près). Il faut dire qu’elle va en voir de toutes les couleurs et que son petit cœur va en prendre pour son grade.

En effet, sa relation avec Arik va être mise à mal. Ce dernier se rapproche de plus en plus d’Emily, leur voisine, et Gia ne parvient plus à endiguer ce qui est susceptible d’arriver. Je ne vous raconte pas comment je me sentais triste pour elle. C’était dur d’assister à certaines choses, et comme elle, j’étais partagée entre l’énervement et un espoir indicible. En revanche, le triangle amoureux m’a laissée perplexe. Je commençais à adopter Gia, à la comprendre enfin, mais son choix final m’a paru totalement invraisemblable.

Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler de la fin, qui m’a complètement chamboulée. Une fin bien triste, qui risque de changer les personnages à jamais. J’ai presque peur de lire la suite, maintenant que je sais que l’auteur ne compte ménager personne…

En résumé, La gardienne des mensonges est un deuxième tome encore meilleur, qui m’a entraînée dans une histoire pleine d’action, d’émotions et de bouleversements. Brenda Drake passe un cran au-dessus avec une intrigue plus noire et une héroïne qui s’endurcit à mesure qu’elle franchit les obstacles posés devant elle. Les sentiments sont au cœur de tout dans ce nouvel opus, et il semble que je ne sois pas encore au bout de mes surprises.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/library-jumpers-tome-1-la-voleuse-de-secrets-brendra-drake