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Bibliothèque de apriltheseven : J'ai lu aussi

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Les Descendants, Tome 3 : Ascension de l'Île de l'Oubli Les Descendants, Tome 3 : Ascension de l'Île de l'Oubli
Melissa De La Cruz   
Les descendants est une saga que j’affectionne parce qu’elle me permet chaque fois de m’attarder plus longtemps dans les contes de mon enfance. J’aime beaucoup ce concept de l’après « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », qui nous offre une suite pleine de peps. Ce troisième tome reste dans la lignée des deux autres, tout en apportant des nouveautés bienvenues.

Uma, fille d’Ursula, n’a jamais digéré que Mal et sa bande d’amis soient sélectionnés pour intégrer Auradon. Elle se retrouve à travailler dans le restaurant miteux de sa mère en ruminant sa colère et son ressentiment, alors que sa meilleure amie – devenue pire ennemie – se prélasse chez les gentils. Mais le jour où le trident du roi Triton traverse la barrière qui sépare Auradon de l’île de l’Oubli, Uma n’a plus qu’une idée en tête : s’en emparer avant tout le monde et ainsi s’offrir un aller simple pour le royaume des gentils.

Ce troisième tome est donc une course contre la montre où tout le monde cherche à mettre la main sur le fameux trident. D’un côté, Uma et sa bande de méchants descendants (dont le fils du Capitaine Crochet, Harry) et de l’autre, Mal, accompagnée de ses amis Jay, Evie et Carlos. Le Bien et le Mal entrent dans un nouveau duel acharné qui risque de laisser derrière lui bien des remous.

Comme je m’y attendais, la lecture de L’île de l’Oubli se rebelle a été agréable et rafraichissante. Melissa de la Cruz nous emporte dans son univers avec facilité et nous montre qu’elle n’en a pas terminé avec ses personnages. Son monde est vaste, plein de magie et de secrets bien gardés. L’introduction d’Uma et Harry apporte une nouvelle envergure qui vient approfondir l’histoire.

Seulement, il est important de garder à l’esprit que Les descendants reste un roman orienté vers la jeunesse. C’est enfantin et bon enfant avant tout. Ne vous attendez pas à quelque chose d’extrêmement fouillé, avec une psychologie poussée à son maximum. L’histoire est résolument simple dans sa conception et se laisse lire sans la moindre prise de tête.

En résumé, L’île de l’Oubli se rebelle est une suite plutôt chouette qui apporte avec elle de nouvelles aventures et de nouveaux défis à nos héros. Un troisième tome dans la même veine que ses prédécesseurs, qui nous permet d’appréhender un décor un peu plus marin, aux côtés d’Uma et de Harry. Dans cette course contre la montre haletante, Melissa de la Cruz nous montre une fois encore qu’elle n’a pas fini de nous surprendre et que son univers n’est pas près de tirer sa révérence.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/les-descendants-tome-1-lile-de-loubli-melissa-de-la-cruz
Super Connard Pas Pour Moi Super Connard Pas Pour Moi
Clémence Lucas   
Je remercie encore les éditions Black Moon pour leur confiance ! Si le premier tome m’avait laissée mitigée, j’étais néanmoins très curieuse de découvre la suite des mésaventures d’Izzy – la pauvre a l’art de s’emmêler les pieds dans tout et n’importe quoi. Je partais donc avec quelques appréhensions, mais prête à donner une nouvelle chance à cette histoire qui, l’air de rien, pouvait se montrer accrocheuse. Finalement, c’est une agréable surprise.

Si vous n’avez pas lu le tome précédent, passez tout de suite au paragraphe suivant pour éviter d’être spoilé(e). À la fin de Super connard et moi, Izzy avait définitivement craqué pour Rick. Grâce à un stratagème vieux comme le monde, le jeune homme était parvenu à la ramener dans ses filets, malgré la promesse qu’il avait faite à Shawn de ne pas coucher avec la fille dont il était éperdument amoureux. Conquise et séduite, Izzy n’a pas mis longtemps avant de se laisser convaincre, d’autant plus que Rick semble beaucoup s’attacher à elle. Mais Shawn, qui brille par son absence, commence à beaucoup manquer à Izzy, qui ne sait plus pour qui son coeur balance. Rick ? Shawn ? Il est temps de choisir entre le Super Connard et le Chevalier Servant Éperdu…

J’ai beaucoup plus accroché à ce tome 2. Déjà, l’auteur a eu la bonne idée d’introduire le point de vue de Rick. Moi qui m’interrogeais sur ce qui pouvait bien se manigancer dans sa caboche, j’ai été servie. De fait, les trois membres du triangle amoureux partagent avec nous leurs pensées les plus intimes, avec tous les bagages émotionnels qui s’accompagnent, ce qui donne une impression de proximité que j’ai appréciée. On les découvre plus en nuances.

Concernant la décision finale d’Izzy, Clémence Lucas brouille complètement les pistes. Jusqu’à la fin, on a tendance à s’interroger. Il est évident que Rick, malgré la brèche qu’Izzy semble avoir ouvert en lui, n’est pas le genre d’hommes à rester longtemps en place. Au contraire de Shawn qui s’investit corps et âme dans tout ce qu’il entreprend. Izzy a le choix entre deux tempéraments opposés, celui de la séduction et de l’inconstance, et celui de la stabilité et de la prévenance.

Personnellement, mon coeur a penché d’un côté, puis de l’autre. J’ai apprécié Shawn pour son caractère authentique. Il est droit en toute circonstance, et il va jusqu’à se montrer très entreprenant pour gagner le coeur de sa belle. Rick, lui, se découvre des sentiments qu’il n’aurait jamais cru ressentir pour une femme. Même si la sensation est nouvelle et grisante, il a quelques appréhensions et craint de se retrouver enfermé dans une relation trop pépère et linéaire.

Izzy dans tout ça est égale à elle même : elle met les pieds dans le plat, enchaîne gaffe sur gaffe, se voile complètement la face, mais heureusement, elle est entourée d’un frère-garde-du-corps toujours prêt à la protéger. Personnellement, j’ai trouvé que sa naïveté conférait parfois à la bêtise. Il n’empêche qu’elle est attachante dans son genre.

L’histoire en elle-même part dans tous les sens. À peine pense-t-on qu’elle a fait son choix qu’un nouvel élément vient inverser la tendance. J’avoue avoir bien accroché, même si le triangle amoureux reste un concept qui me met souvent sur la défensive. Mon seul reproche concerne les actes manqués qui donnent l’impression qu’on ne va pas au bout des choses. Des rebondissements sont amorcés, mais finissent invariablement par être balayés sans avoir pu nous en mettre plein les yeux. C’est un peu effet de pétard mouillé et j’ai trouvé ça assez dommage.

Selon moi, l’auteur aurait gagné à décliner sa saga en plus de tomes, car la fin m’a paru rapide et précipitée. Les choses se goupillent de manière trop facile suite à la décision d’un des membres du trio.

En résumé, même si cette série n’est pas parfaite, elle m’a donné envie d’en savoir toujours plus, et je n’aurais pas dit non à rester un peu plus longtemps aux côtés d’Izzy, Rick et Shawn. Super Connard pas pour moi est une petite romance sympathique, fraîche et moderne, qui plaira sans doute aux grandes fans de triangles amoureux un peu tordus.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/super-connard-clemence-lucas
Grand Lake Stories, Tome 1 : Super Connard et Moi Grand Lake Stories, Tome 1 : Super Connard et Moi
Clémence Lucas   
Merci aux éditions Black Moon pour leur confiance. Ce mois-ci, j’ai recherché des lectures légères et addictives et jusqu’à présent, je n’ai pas été déçue. Super connard et moi me semblait tout indiqué. J’avais envie de fraîcheur et surtout d’une lecture éclair, sans prise de tête, qui me laisserait un arrière-goût agréable. Malheureusement, je suis ressortie de ma lecture pas très emballée...

Izzy est une jeune femme actuelle qui vit sa vie en joignant péniblement les deux bouts. Entre ses cours, son job et ses révisions, on ne peut pas dire qu’elle a le temps de penser à autre chose. Et pourtant si ! Dans son petit patelin natal, où tout le monde connaît tout le monde, il y a un homme pour qui elle en a toujours pincé : Rick. Beau à en tomber à la renverse, grand séducteur, il n’en reste pas moins le super connard de base, celui qu’il vaut mieux éviter pour garder son petit coeur à l’abri. Mais Izzy n’y peut rien, Rick l’attire comme un aimant. Son attirance l’aveugle tellement qu’elle voit à peine qu’à deux pas de chez elle, son voisin, Shawn, est irrémédiablement amoureux d’elle.

Ça partait bien. Alors certes, je n’aime pas beaucoup les triangles amoureux, mais j’étais tout de même prête à sauter pieds joints dans cet imbroglio de sentiments. Hélas, dès le début, plusieurs choses m’ont chagrinée.

Mais commençons déjà par les points positifs. Super connard et moi, c’est une lecture pleine de fraîcheur qui exhale l’interdit. D’un côté, on a envie qu’Izzy craque pour les beaux yeux de Rick, car même s’il a tous les signes du connard en puissance, il est très attirant et on aimerait bien entrer dans sa tête pour comprendre ce qui s’y passe. De l’autre, on se prend d’affection pour ce pauvre Shawn, tellement constant et désespéré qu’il finit par faire saigner notre petit coeur de lectrice.

La plume de Clémence Lucas nous embarque, elle titille un peu nos nerfs et joue avec les sentiments de son héroïne. On redoute qu’Izzy craque, mais en même temps on aimerait bien qu’elle franchisse le cap. C’est totalement contradictoire, mais c’est ça qui est bon. Je peux vous assurer que ces 96 pages ne font pas long feu, car l’air de rien, on a très envie de connaître la suite, on se languit de savoir sur qui Izzy va arrêter son choix, même si ça semble un peu couru d’avance.

Là où je suis tout de même mitigée, c’est que je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus creusé. Le récit en lui-même est bourré de clichés qui ne varient pas d’un iota, à commencer par les hommes classés en deux catégories : les gentils garçons et les connards insensibles. L’héroïne est intimement persuadée qu’ils sont tous comme ça, elle répète en long en large et en travers qu’elle aimerait trouver un garçon gentil, elle n’a que ça sous les yeux, mais elle jette néanmoins son dévolu sur le plus toxique de tous. Le pire dans tout ça, c’est qu’elle en est parfaitement consciente.

L’auteur a tendance à rester en surface et brosse les personnalités de ses héros de manière assez superficielle. J’ai bien compris qu’elle cherchait à entretenir le mystère sur Rick. Est-ce qu’il est réellement intéressé par Izzy où s’agit-il simplement d’un plan foireux pour l’amener dans son lit ? Pourquoi met-il sans sourciller son amitié avec Shawn en péril, dans le seul but de flirter avec la jeune fille ? Il est évident qu’il reste encore quelques mystères à mettre en lumière sur ce personnage, et je n’ai pas pu m’empêcher d’en désirer plus.

Izzy souffle un peu le chaud et le froid. À certains moments, elle peut se montrer très caractérielle, mais à d’autres, la simple présence de Rick la transforme en un légume cramoisi. On sent que l’auteur ne fait qu’effleurer l’image renvoyée par Izzy, et quelque part, j’en aimerais plus, et ça vaut également pour Shawn (le pauvre semble définitivement relégué dans la friend-zone…).

En résumé, je pense que j’en attendais plus. Super connard et moi est une lecture agréable dans son ensemble, mais beaucoup trop clichée et réductrice dans le fond. Je pense qu’il faut prendre ce roman pour ce qu’il est, un moyen de passer un moment et rien d’autre. Je suis donc un peu mitigée, mais j’ai néanmoins envie de lire la suite et ainsi donner une chance à cette saga de me surprendre.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/super-connard-clemence-lucas
Sign of Love, tome 1,5 : Leo's chance Sign of Love, tome 1,5 : Leo's chance
Mia Sheridan   
Je remercie Déborah ainsi que les éditions Hugo Roman pour leur confiance. La chronique qui va suivre contient des spoils, alors je vous conseille de passer votre chemin si vous n’avez pas encore lu le premier opus.

Ayant apprécié le premier tome de Mia Sheridan, j’étais impatiente d’approfondir cette histoire pour mieux en saisir les rouages. Je suis toujours un peu frileuse lorsqu’il s’agit de lire des réécritures, et la seule que j’ai beaucoup aimée était celle de Beautiful Disaster. Verdict ? Je suis malheureusement ressortie de ma lecture mitigée. Dans un sens, il y a des choses que j’ai bien aimées, de l’autre, je ne suis pas sûre que ce deuxième opus soit indispensable pour mieux comprendre l’histoire d’amour d’Evie et Leo.

Lorsque je lis une réécriture de romance sous un autre point de vue, j’attends de recevoir de nouvelles informations, de découvrir des petits clins d’œil à la première version qui m’auraient aidée à mieux comprendre une relation naissante entre deux protagonistes.

C’est aussi l’occasion de me remémorer une histoire que j’ai aimée. L’ennui, c’est que j’ai lu Leo il y a deux mois et demi à peine, et je m’en souviens encore très bien. Relire les mêmes scènes mots pour mots ne présentait pas un grand intérêt à mes yeux. Il n’y avait pas ce sentiment de redécouvrir une intrigue lue il y a longtemps, et je pense que j’aurais beaucoup plus apprécié Leo’s Chance s’il était sorti un an plus tard (au moins).

Malgré tout, je n’ai fait qu’une bouchée de cette suite. Leo/Jake, pour qui je n’avais pas ressenti grand-chose dans le premier opus, m’est apparu plus limpide et cohérent. J’avais enfin accès à ses pensées les plus profondes, à ses meurtrissures et à son terrible passé. Le Leo un peu froid et lointain vu de l’extérieur se révèle très réactif et plein de bonnes volontés et de désirs cachés.

En résumé, si Leo’s Chance ne me paraît pas indispensable à la bonne compréhension de la saga, je trouve qu’il apporte une dimension nouvelle à la romance. Il ne répond pas à des questions, mais approfondit le vécu du héros, le rendant ainsi plus ouvert et accessible. Je reste tout de même un peu mitigée, car même si j’ai passé un bon moment de lecture, j’en attendais beaucoup plus.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/leo-mia-sheridan
Au pays de l'Ailleurs Au pays de l'Ailleurs
Tahereh Mafi   
Je remercie Camille et les éditions Michel pour cette lecture qui confère à l’étrange. Au pays de l’Ailleurs est une bizarrerie de la littérature fantasy. Je connaissais la plume de Tahereh Mafi par le biais de sa saga Insaisissable. Je pensais savoir ce qui m’attendait en commençant cette lecture, eh bien j’étais vraiment à côté de la plaque. Ce one-shot est indescriptible et m’en a fait voir de toutes les couleurs.

Nous suivons les aventures d’Alice, une fillette de douze ans qui vit Ferenwood. Là-bas, tout n’est que couleur et dons prodigieux. Mais Alice, qui est pâle de la tête aux pieds, presque translucide, détonne complètement. Tout le monde, à commencer par sa propre mère, la traite en paria. Le seul qui l’a toujours aimée sans condition, c’est son père, mais il a disparu voilà trois ans. Un jour, l’occasion se présente pour Alice de le retrouver. Pour cela, elle va devoir s’aventurer dans le terrible et mystérieux Pays de l’Ailleurs.

Ce n’est pas bien compliqué, Au pays de l’Ailleurs est un roman atypique, clin d’oeil au célèbre conte de Lewis Carroll. Un roman qui met l’accent sur l’absurde, le non-sens et le dépaysement le plus total. Dès le début, la singularité de ce monde nous explose au visage, mélange de saveurs et de couleurs totalement nouvelles et merveilleuses. La plume de Tahereh Mafi m’a emportée loin, très loin de mon univers à moi qui me paraissait bien gris et fade en comparaison.

Alice vit à Ferenwood depuis toujours et n’a jamais réussi à y trouver sa place. Cette petite fille de douze ans est déjà un petit morceau bien coriace, avec du caractère et de l’originalité à revendre. Alice ne ressemble à personne et cultive sa différence avec des lubies étranges (comme celles de vouloir toujours se mettre toute nue, par exemple) et une apparence aux antipodes de celle des autres. Alors que Ferenwood n’est que couleur et aptitudes fabuleuses, Alice ne manifeste aucune capacité qui sorte de l’ordinaire.

C’est une héroïne qui ne peut pas laisser indifférent. Autant ses tendances à rester autocentrée et sa condescendance m’ont prodigieusement agacée, autant je l’ai trouvée particulièrement touchante et originale. L’absence de son père est une souffrance presque tangible, chez elle. Mais on ne peut pas lui reprocher d’être extrêmement forte et déterminée. C’est un petit bout de fille bien décidée à suivre son chemin, et ses aventures vont un peu plus forger son caractère impétueux, et l’amener à grandir.

Concernant l’univers en lui-même, je vous préviens tout de suite, c’est assez spécial. À certains moments, j’avais l’impression d’évoluer dans un rêve totalement perché. Pour le coup, on se croirait vraiment au pays des merveilles. Pour pleinement apprécier un tel cadre, à la fois merveilleux et insaisissable, il faut enlever ses oeillères et se laisser porter par la magie de la plume. Parce qu’une fois qu’on se laisse aller, le récit coule de source, notre imagination s’emballe et on y prend beaucoup de plaisir. Tahereh Mafi fouille dans le coeur de son lecteur pour faire ressortir son âme d’enfant. C’est aussi simple que ça.

Le gros point négatif que je soulèverai dans ma chronique concerne les longueurs du récit. Il y a beaucoup de narration et peu de dialogue, ce qui peut rendre certains moments assez lourds. Parfois, j’avais l’impression que le rythme s’emballait, hélas tout retombait comme un soufflet la page suivante. Ce sont ces transitions inégales, cette dynamique atypique, qui me faisaient perdre le rythme et me coupaient dans ma lecture.

Tahereh Mafi nous démontre encore une fois qu’elle peut écrire de tout en jouant de sa plume comme une virtuose. Je suis assez soufflée par son style plein d’audace. L’écriture peut se faire très enfantine, et l’instant suivant receler d’une poésie enchanteresse. Je n’ai rien retrouvé d’Insaisissable, mais j’ai tout de même été transportée par ce que j’ai lu.

En résumé, Au pays de l’Ailleurs est un pari risqué, mais un pari que je trouve plutôt réussi. Tahereh Mafi nous démontre encore une fois que sa plume peut faire des prouesses. Elle a su imaginer un univers qui piétine sans ménagement les codes de la fantasy. Je déplore quelques longueurs dans le récit, mais cela n’a pas entaché le plaisir de découvrir le Pays de l’Ailleurs à travers les yeux d’une jeune héroïne bravache et de son compère pétillant.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/au-pays-de-lailleurs-tahereh-mafi
King's game, Tome 5 : Apocalypse King's game, Tome 5 : Apocalypse
Nobuaki Kanazawa   
Merci aux éditions Lumen et à Emily pour leur confiance ! Retour au Japon, avec le fameux jeu du roi. Comme vous le savez maintenant, cette saga est pour moi une véritable prise de risque et me sort chaque fois de ma zone de confort. J’aime de plus en plus les Light Novels, et celle-ci, en plus d’être originale, ne manque pas d’action.

Dans ce tome 4, tout s’accélère. Le jeu du roi ne se cantonne plus à une seule classe de lycéen. Désormais, c’est tous les lycéens du Japon que cela concerne, et les autorités sont sur le qui-vive. Cette fois-ci, nous suivons tout particulièrement Tomohisa et ses amis, qui se retrouvent plongés malgré eux dans cette situation cauchemardesque. L’issue du jeu est incertaine, mais ils sont prêts à tout pour sauver leur peau…

Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour sentir l'excitation et le stress monter. Le Japon est en situation d'urgence et c’est la panique… Il y a deux écoles : ceux qui y croient dur comme fer et qui obéissent aveuglement aux ordres du roi, puis il y a ceux qui sont plus suspicieux, qui s’imaginent que c’est une blague de mauvais goût, et donc qui s'exposent sans le savoir au châtiment. Mais c’est confirmé, le jeu du roi est revenu, plus tordu et malsain que jamais !

C’est une aventure bien plus effrayante – mais pas moins sanglante – que nous relate l’auteur, car le cadre en lui-même est différent. En arrière-plan, les fantômes de Nobuaki et de Natsuko sont évoqués et ajoutent un poids supplémentaire à la catastrophe sur le point de survenir.

Rappelez-vous, je reprochais aux tomes précédents de ne pas suffisamment s’inscrire dans la réalité. La police et les parents ne s’inquiétaient pas ou trop peu, la mort était banalisée. Heureusement, dans cet opus, l’auteur rend tout cela beaucoup plus concret, car tout le Japon est touché, et les autorités ne peuvent plus fermer les yeux sur ce qui se prépare. Quand on voit que les grandes instances sont impliquées et complètement dépassées, qu’elles aident les jeunes à survivre du mieux qu’elles peuvent, on se dit que le jeu a vraiment commencé, et que ça va être un carnage… Le tout est beaucoup plus crédible, et qui dit plus crédible dit plus horrifiant ! Que feriez-vous dans pareille situation ? Prisonnier d’un jeu cruel, obligé de participer, au risque de mourir sans sommation. C’est cauchemardesque !

Alors c’est vrai, on a encore le droit à des réactions surréalistes de la part des personnages, mais ça reste une trame intéressante et surtout très accrocheuse. L’horreur est partout, on se sent sur la corde raide en permanence. J’ai ressenti les événements comme si j’y étais, je n’ai pas pu m’empêcher de me projeter.

Plus on s’enfonce dans la noirceur du jeu, et plus les ordres sont implacables. Terminés les petits gages sous forme de bisous ou d’enfantillages, place à l’aventure grandeur nature. Et les ordres à grande échelle sont encore plus impressionnants et bien trouvés. La seule chose que je regrette, c’est qu’il y en a trop peu. Contrairement aux tomes précédents, chaque jour est décortiqué presque heure par heure, et je me suis surprise à attendre impatiemment d’arriver au soir suivant, pour entendre le nouvel ordre.

Concernant les personnages, je crois que c’est une chose à laquelle je ne me ferai jamais. Le schéma est souvent redondant d’un tome à l’autre. Il y a ceux qui tournent carrément la carte et sont prêts à tuer pour ne pas être tués, puis il y a les héroïques, les gentils, ceux qui s’exécutent, mais qui se brisent en petits morceaux à chaque fois. Ça donne un scénario que l’on finit par pressentir longtemps à l’avance. Les personnages sont alambiqués et souvent prévisibles.

En résumé, Apocalypse porte remarquablement bien son nom. Dans une ambiance à glacer le sang, on suit le jeune Tomohisa et ses amis dans une aventure sans cesse renouvelée, qui ne semble pas décidée à s’essouffler. Bien que la surenchère typiquement japonaise constitue un frein pour moi, King’s Game demeure un thriller horrifique affreusement addictif et impossible à lâcher. Croyez-moi lorsque je vous dis que le jeu du roi est loin d’avoir tiré sa révérence…

À tous ceux qui ont lu et aimé la saga sous sa forme manga, aux amateurs de littérature japonaise.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/kings-game-tome-1-kings-game-nobuaki-kanazawa
The Graces The Graces
Laure Eve   
Je remercie Marie ainsi que les éditions Hachette pour leur confiance. Je tiens à souligner qu’il est rare que je lise les résumés des livres, mais ici, la couverture ne laissait rien deviner et j’étais très curieuse de savoir ce qui m’attendait. J’ai tout de suite pensé à Twilight (si vous me connaissez un peu vous savez à quel point j’aime cette saga), et je me suis dit que j’allais a-do-rer. En définitive, The Graces n’a strictement rien en commun avec la célèbre série vampirique, contrairement à ce que le début laisse imaginer…

Nous suivons une jeune fille de seize ans – appelons-la River – qui vient d’emménager dans une nouvelle ville après la disparition de son père. River porte en elle le poids des secrets et sa relation avec sa mère est pour le moins conflictuelle. En intégrant son nouveau lycée, elle découvre vite que les élèves n’ont qu’un seul nom à la bouche : les Grace. Trois étudiants de la même fratrie qui attisent tous les regards et les convoitises. Il y a Fenrin, charmeur irrésistible et coureur de jupons, sa jumelle Thalia qui fait tourner les têtes, et Summer, plus sombre et mystique que les autres. River est captivée par cette famille et ce qu’elle lui inspire. D’autant plus que des rumeurs circulent… on dit que les Grace sont des sorciers. River est fermement décidée à découvrir si c’est la vérité !

Quel livre… étrange ! Bizarre, curieux, spécial… choisissez l’adjectif que vous préférez. Une chose est certaine, c’est que Laure Eve a fait preuve de beaucoup d’audace en proposant cette histoire. Elle fait croire au lecteur qu’il a toutes les cartes en main pour déceler le vrai du faux, mais plus on progresse dans l’histoire, et plus l’intrigue devient floue. À la moitié du livre, j’étais complètement perdue et indécise, je ne savais plus sur quel pied danser. Allez savoir, Laure Eve est peut-être un peu magicienne elle aussi, car elle sème le doute, tout en nous laissant penser que l’intrigue part à tout-va.

Mais commençons déjà par nos personnages ! L'héroïne est assez intéressante dans son genre. Pour commencer, l’auteur met un point d’honneur à taire son prénom. Le plus drôle, c’est que je ne m’en suis pas aperçue tout de suite ! Elle installe une impression d’intimité avec l’héroïne, elle donne l’illusion qu’on a tout compris d’elle, qu’on imagine aisément ce qu’elle vit… Alors qu’en réalité on tombe dans le piège ! Je sais, ça paraît un peu nébuleux, dit comme ça, mais je vous ai prévenu, ce roman est une bizarrerie !

Donc l’héroïne ne se dévoile pas vraiment. Elle est obsédée par les Grace, par ce qu’ils lui inspirent, mais elle en dit très peu sur sa propre vie, jusqu'à son prénom. En dehors de ça, elle a des fantasmes d'ado (être remarquée par les Grace, entrer dans leur cercle, attirer l'attention de Fenrin), mais étonnamment, elle se distingue de la mêlée avec son regard très pragmatique sur les codes du lycée, la solitude dans laquelle elle s'enferme et son manque de loquacité. Ça peut paraître contradictoire au premier coup d'œil, mais ça entretient le mystère et ça renforce d’autant plus le magnétisme des Grace.

Les Grace, eux, sont des êtres fascinants. On ne sait pas grand-chose les concernant, mais à travers les yeux de l’héroïne, ils dégagent une aura étrange. Complètement décalés, ils respirent le mystère et donnent l'impression d'évoluer en marge des autres, tout en étant les plus entourés. Une citation en particulier leur correspond totalement :

Nous n'en aimons qu'un, mais nous les aimons tous. Les Grace. Nous voulons être eux, les aimer, et être aimé d'eux. C'est une malédiction.

Plus on avance dans l’histoire, et plus Laure Eve démolit nos certitudes, allant même jusqu’à s’attaquer aux fondamentaux. Est-ce que les Grace sont réellement des sorciers ou jouent-ils la comédie pour se donner un genre ? J’ai vraiment douté, sans rire. Les mythes autour de la sorcellerie sont géniaux… mais on ignore si le mythe peut prendre place dans la réalité. L’auteur démonte brique par brique le mysticisme des Grace ; parfois elle laisse entendre qu’ils sont réellement des sorciers, et à d’autres moments, on a juste l’impression d’avoir affaire à des imposteurs. C’est très perturbant, j’ai eu l’impression d’évoluer sur des sables mouvants.

La deuxième partie du livre est un virage à 360°, et je ne suis pas certaine de l'avoir appréciée. Les choses sont encore plus étranges, tout est remis en cause, à commencer par les Grace qui deviennent méconnaissables. Je n’en dirais pas plus, mais Laure Eve a tapé très fort (peut-être un peu trop à mon goût). Cela dit, c’est une prise de risque admirable, qui pourrait laisser n’importe quel lecteur bouche bée. Pour moi, la fin rattrape largement cette petite déception, car je ne l’attendais absolument pas et je suis restée sur le popotin !

En résumé, The Graces est un roman pétri d’incertitudes et d’hésitations, qui pousse le lecteur à voir au-delà des apparences. Si je peux vous donner un conseil : ne vous fiez à personne, en commençant par la narratrice. Chacun a ses secrets et les garde jalousement. Ce premier tome sombre et atypique m’a inspiré beaucoup de sentiments contradictoires, et je suis certaine qu’il saura vous faire douter, vous aussi !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/the-graces-laure-eve
After, Saison 1 After, Saison 1
Anna Todd   
Il m’est arrivé de veiller très tard pour terminer un livre. En revanche, veiller tellement tard, au point de terminer un roman à 10h du matin, c’est une grande première ! Mon amie Aliybooks me l’a tellement bien vendu, me parlant de la fin avec emphase, que je n’ai pas hésité bien longtemps. Résultat, je ressors sous le choc, comme un boxeur qui aurait reçu un uppercut en plein nez.

C’est l’histoire de Tessa, une jeune fille qui s’apprête à faire son entrée à l’université. Tessa est entourée par une mère stricte mais aimante, et un petit ami adorable qu’elle a toujours connu. Elle s’est fait une idée bien précise de l’université, et est impatiente de commencer les cours, en élève modèle qui se respecte. Hélas, elle déchante en découvrant sa camarade de chambrée, bardée de tatouages et flanquée de deux garçons à l’air passablement mauvais. Sans parler qu’avec l’un d’entre eux, la tension s’installe immédiatement. Hardin semble bien décidé à lui faire comprendre qu’il ne l’apprécie pas, mais une irrésistible attraction ne tarde pas à s’installer entre eux. Partagée entre son amour pour son petit ami et la passion qui la lie à Hardin, Tessa ne sait plus où donner de la tête. Sans compter que le bad boy a beaucoup de secrets qu’il n’est pas très bon de vouloir déterrer.

En terminant le livre, complètement bouleversée et avec mes yeux pour pleurer, j'ai pressenti que commencer cette chronique allait être délicat. Je me suis fait la réflexion : « Ma fille, tu vas galérer à retranscrire l'ouragan dans ta tête ». Car oui, j'étais tout simplement dans l'incapacité morale de définir l'étendue de mon choc et de mes sentiments. J’écris donc cette chronique avec plus de recul, puisque plus d’une semaine est déjà passée, et mon avis sur le roman en lui-même n’a cessé d’évoluer entre temps. Quelques minutes/heures après ma lecture, tout est sens dessus dessous, mais aujourd’hui, j’ai un regard beaucoup plus sévère, ce qui se ressentira dans cette chronique.

Commençons déjà par les points négatifs… J'ai trouvé le livre assez long et redondant dans son ensemble. Les héros se déchirent, puis se rabibochent sans discontinuer. C’est un schéma que l’on retrouve systématiquement, l’impression du calme avant la tempête, ce qui finit par rendre l’histoire prévisible. Et cette surenchère perpétuelle, comme si chaque dispute était toujours moins violente que la prochaine…

Étonnamment, j'ai été facilement prise au piège dans cette spirale infernale, je me suis passionnée en assistant à ces prises de bec. C'est assez contradictoire, je sais. Le roman est loin d'être parfait, mais il a su faire vibrer quelque chose au fond de moi. Quelque chose d'indéfinissable.

Pourtant, ça ne partait pas très bien. Au début, je trouvais le duo antipathique, imbuvable et insupportable ! Il m’a bien fallu 150 pages pour commencer à les apprécier. Tessa, c'est la fille modèle, sage, avec un balai dans le derch (pardonnez-moi l'expression, mais je ne trouve pas de terme plus élégant). Jamais un pli de travers, niaise, prude et toujours tirée à quatre épingles. Inutile de préciser qu'au début je l'avais vraiment dans le nez. Et puis tout doucement, on apprend à la connaître. Son passé permet de vraiment comprendre ses réactions et ses attitudes. Ce qui peut s'apparenter à de l'arrogance ou de la raideur, c'est uniquement sa manière de se protéger et de s'assurer un avenir à l'abri du besoin. La présence de Harden la sort de sa zone de confort. Concernant son petit ami Noah, il est très vite limpide que Tessa se voile la face et essaie de noyer sa culpabilité derrière des mensonges et une joie forcée. Je n’est pas été surprise quant à la tournure des événements.

Vous l’aurez compris, avec Tessa, ça a été compliqué. Elle est un peu gamine. Si sur certains points elle est définitivement trop sérieuse, sur d'autres, elle se comporte comme une petite fille. Certaines de ses réactions vis-à-vis de Noah ou Hardin sont trop immatures, trop irréfléchies. Comme si toute sa vie, elle n'avait jamais eu l'occasion de se comporter en ado et qu'elle rattrapait le temps perdu.

Hardin, maintenant. Même maintenant, avec du recul et une vue d’ensemble, je serais bien en peine de vous le dépeindre correctement. J’ai mis du temps avant de m’attacher à ce personnage. Parce que dès le départ, je l’ai trouvé… foncièrement méchant. Mais quand je dis méchant, c’est de la pure méchanceté, gratuite et injustifiée. C’est le genre de personnages qui a tellement souffert par le passé, qu’il compense en faisant mal en retour. Je n’arrive pas à me positionner le concernant, car sa part de noirceur n’est pas feinte, il est évident dès le départ qu’il est toxique. La fin nous confirme très bien qu’il abîme tout ce qu’il touche. Hardin, est autodestructeur par nature. Voilà.

Leur couple est assez malsain, il faut le dire. Il y a quelque chose qui cloche, même s’il est difficile de mettre le doigt dessus avant les dernières pages. Cela dit j’ai apprécié l’immaturité des personnages, à la lisière de l’âge adulte. Ça me plaît. Parce que l'amour n'est pas une notion mature. On perd tout discernement par amour, on peut faire n'importe quoi par amour. Tessa et Hardin commencent mal parce qu’ils ne la jouent pas réglo l’un avec l’autre, mais on ne peut pas s’empêcher d’espérer et de croiser les doigts.

Maintenant, la fin. La fin qui, d’après Aliybooks, était tout juste soutenable. La fin qui m’a fait complètement partir en vrille. J’ai eu envie de fondre en larmes. Je vous assure, ça ne s’est joué à rien. J’étais bouleversée, sous le choc et tellement en colère ! Toutes nos émotions se retrouvent débridées, au point qu’on ne sait même plus comment réagir, tellement on est hébété. Je ne m’attendais pas à un tel revirement de situation.

Concernant la plume, je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas de la très grande littérature. C’est très simple, efficace, et l’effet addictif est là, c’est indéniable. Par contre 600 pages, outch, pardon, mais c’est beaucoup trop ! Sachant que le rythme est redondant, je pense que l’auteur aurait gagné à supprimer certaines scènes inutiles, qui n’apportent rien de plus à l’intrigue initiale. Je comprends pourquoi cette histoire a fait le buzz sur Wattpad. Chaque chapitre est comme un nouvel épisode de feuilleton. Lire un chapitre par semaine, ça passe sans problème. Mais tout d’une traite, attention à l’indigestion…

En résumé, à ce stade, je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Ce livre m’a complètement bouleversée, il m’a tenue en haleine pendant de longues heures toute une nuit et toute une matinée, mais j’y ai retrouvé trop de longueurs et de maladresses. J’ai aimé et détesté le couple Tessa-Hardin, j’ai vibré, j’ai tremblé, je me suis rongé les sangs. Ce premier volet ne m’a pas laissée de marbre, loin de là. Je lirai la suite pour la curiosité, car la fin est la pire que j’ai pu lire à ce jour.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/after-anna-todd
Nil, Tome 1 : Nil Nil, Tome 1 : Nil
Lynne Matson   
Quoi de mieux pendant l’été que de plonger dans une histoire prenant place sur une île paradisiaque, déserte et loin de toute civilisation ? Sous un cagnard brûlant, les pieds léchés par une eau turquoise et le cri des oiseaux pour seule compagnie… Hummm, le rêve. Voilà, Nil, c’est ça : un roman qui sent bon l’été et les cocotiers ! Et il faut dire que j’étais vraiment impatiente de le commencer depuis que je l’avais en ma possession. Sans avoir lu le résumé, je m’étais référée à la phrase d’accroche qui m’a littéralement harponnée. J’étais prête à me lancer dans l’aventure. Bon, j’ai un peu déchanté, car même si c’est un livre agréable, j’ai été dérangée par bon nombre de petites choses.

Un jour où Charley, 17 ans, se rend dans un magasin, elle se retrouve catapultée dans un endroit inconnu, complètement nue et désorientée. La jeune fille va vite comprendre qu’elle vient de mettre les pieds sur une île en apparence paradisiaque, mais où la survie est le maître mot. Heureusement, elle n’est pas seule : d’autres adolescents sont également captifs dans cet endroit de rêve, et ont construit une petite société à eux seuls pour survivre. La seule façon de s’échapper est d’attraper une porte, une espèce de portail chatoyant qui apparaît de manière aléatoire sur l’île chaque midi. Ses portes sont très difficiles à trouver, et ils ne peuvent pas l’emprunter à plusieurs. Pire encore : ils ne disposent que de 365 jours à compter de leur jour d’arrivée pour en trouver une, sinon, c’est la mort. Et comme si ce n’était pas assez compliqué, Charley se sent attirée d’une irrépressible manière par Thad, un garçon du groupe. Hélas, tomber amoureux dans cet enfer constitue un risque non négligeable…

Commençons par les points positifs… Je l’admets, j’ai été soufflée par l’intrigue que j’ai trouvée foutrement originale ! Je partais pleine d’entrain et paf, j’étais dedans ! Ça m’a laissé une impression familière, comme ce que j’ai pu ressentir en lisant Hunger Games ou encore L’épreuve. Puis j’y ai retrouvé le côté survie des télé-réalités telles que The Island et Koh Lanta. C’est l’un des gros points forts de ce roman : il pique suffisamment la curiosité pour qu’on ne voie pas les pages se tourner. Je suis arrivée à la fin beaucoup trop vite à mon goût.

L’auteur sait particulièrement bien ménager son suspens et m’a poussé à m’inquiéter pour de nombreux personnages, à espérer que chacun trouve sa porte et rentre chez lui – bon, peut-être pas pour tout le monde, c’est vrai.

Nil offre un terrifiant paradoxe : cette plage de sable fin, ce décor de rêve pour n’importe quel vacancier… Mais une fois dessus, les fantasmes s’effritent, pour laisser la place au danger, aux bêtes sauvages et aux manigances. L’île est vicieuse et constitue un véritable traquenard. Y survivre est un combat permanent.

J’ai beaucoup aimé l’enquête et les stratégies qui tournaient autour de l’évasion. L’arrivée de Charley semble accélérer le temps sur Nil. La jeune fille va apporter une nouvelle base de réflexion au groupe, et lui donner une petite source d’espoir. Bon, il est vrai que ses réflexions sont un peu basiques, et je me suis étonnée que durant toutes ces années, personne n’y ait pensé ! Mais bon, je vous laisse découvrir cela par vous-même.

Passons à ce qui fâche ! Dans sa globalité, j’ai bien aimé ce livre, mais certains éléments sont soit pas assez creusés, soit incongrus, soit invraisemblables.

Pour commencer, on trouve bons nombre de clichés relatifs à la littérature Young-Adult. Notamment concernant l’histoire d’amour presque surréaliste. Prenez Charley et Thad : deux gravures de mode, beaux comme des dieux, minces comme des ficelles (voire maigres, ça nous est bien souvent répété), intelligents, réfléchis et tout et tout. Ils se rencontrent et là… c’est le coup de foudre. Lorsque Thad tombe sur Charley, la première réflexion que cette dernière se fait est que le jeune homme est canon comme Apollon. Hum.

Après 48 heures, ces deux-là ne peuvent déjà plus envisager la vie l’un sans l’autre. Pour être tout à fait honnête, si je me retrouve sur une île déserte, livrée à moi-même et sans espoir de m’en sortir à moins de trouver une porte sortie de nulle part, je pense à tout sauf à reluquer les mecs, si sexy puissent-ils être. Ils ont faim, sont coincés, voient leurs amis mourir, mais ils trouvent tout de même le temps de se dévorer du regard et nourrir leurs fantasmes. Tout va trop vite pour réellement croire à l’éclosion de leurs sentiments. Puis leur amour est linéaire, il n’y a ni haut ni bas, juste une grande ligne droite et aucune évolution dans leur attachement mutuel. L’auteur ne fait pas de mystères : dès le début elle nous fait comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre, ce qui peut vite tourner à la mièvrerie. Un roman de cette qualité aurait très bien pu se passer d'une histoire d'amour. Il n’en aurait été que meilleur !

Ensuite, il y a Charley qui réagit avec une étonnante sérénité, face à ce qu’elle vit. Quand on la voit à travers les yeux de Thad elle est juste… trop parfaite. C’en est agaçant. Elle réagit chaque fois de manière adéquate, mesurée, fait toujours ce qu’il faut, jamais un pet de travers. Moi qui aime les personnages un peu cabossés et maladroits, fichtre, grosse déception !

Oh, et parlons des petits désagréments de la vie quotidienne et des joies de la nature : les poils ! À quel moment on en parle, des poils ? Pour une adolescente soucieuse de ce qu’elle porte, les poils devraient être un gros problème, non ? À moins que toutes les filles de l’île soient passées par la case « chirurgie laser » avant d’arriver sur Nil… Ou alors c’est moi qui fais une fixette ? Honnêtement ça m’a trotté, mais évidemment, ce n’est qu’un petit détail humoristique de ma part !

Autre chose : je n'ai pas compris le fait que chaque adolescent se voit attribué une tâche en fonction du métier de ses parents. Charley et son oncle ingénieur des ponts et chaussées, Jillian et sa mère kinésithérapeute, Nathalie et son père urgentiste... C'est peut-être un détail, mais je n'ai pas trouvé ça logique. La compétence d'un métier ne s'acquiert pas par le sang, mais par la formation, l'apprentissage... Si mon père à moi est chirurgien, cela signifie-t-il que je sois en mesure d'opérer quelqu'un ?

Ces tout petits détails mis bout à bout finissent par occulter l’impression première que j’ai pu me faire avec l’intrigue. Pour beaucoup, il s’agira sans doute de petites incohérences ou maladresses qui n’entachent pas vraiment le reste, mais pour moi, ça peut vraiment m’empêcher d’apprécier une histoire, au demeurant excellente et prenante.

En résumé, Nil est un huis clos original qui prend place dans une ambiance oppressante. Même si j’ai trouvé que l’intrigue était bien construite, l’idée qu’elle ne soit là uniquement pour servir la romance m’a titillée. Romance qui ne m’a pas convaincue, malheureusement. Lynne Matson, s’est, selon moi, perdue dans les clichés de la littérature Young-Adult. Même si je n'ai pas adhéré à tout, je lirai la suite avec plaisir, car ils restent beaucoup de mystères à éclaircir.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/nil-lynne-matson
Les Descendants, Tome 2 : Retour sur l'Île de l'Oubli Les Descendants, Tome 2 : Retour sur l'Île de l'Oubli
Melissa De La Cruz   
Je remercie les éditions Hachette ainsi que Marie pour leur confiance. L’île de l’Oubli, premier opus de la saga, a été une agréable surprise. Une intrigue sympathique et originale, des personnages solaires, un univers assez manichéen en apparence, mais qui se révèle plein de nuances… J’avais passé un bon moment de lecture, grâce à la plume aérienne de Melissa de la Cruz.

Ne faites pas comme moi. J’ai ouvert ce livre en pensant que j’allais y trouver la suite directe du premier tome. Je l’ai rapidement refermé, car j’avais la sensation d’avoir loupé le train en marche. Une amie m’a expliqué que pour suivre la chronologie, il fallait regarder le téléfilm de Disney Channel, qui complétait l’histoire. Je me suis donc lancée avec une petite appréhension, mais étonnamment, j’ai vraiment aimé ce film ! J’ai beaucoup ri et je me suis encore plus attachée aux personnages principaux. J’ai donc commencé ma lecture avec la sensation que j’appréciais encore plus l’univers de Melissa de la Cruz. Donc voilà mon conseil : regardez le téléfilm après le tome 1 et avant le tome 2 pour une meilleure compréhension !

Mais trêve de bavardages. Dans Retour sur l’île de l’Oubli, nous retrouvons Mal, Evie, Carlos et Jay qui, contre toute attente, sont parvenus à se faire une place sur Auradon. Mieux encore, ils s’y plaisent réellement ! Mais une ombre plane sur leur petite existence heureuse et tranquille. Les quatre amis reçoivent des directives très précises : ils doivent retourner sur l’île de l’Oubli, car un danger les menace. Un danger qui pourrait ébranler le monde.

C’est un plaisir de retrouver tout ce petit monde ! Étant encore une vraie gamine dans l’âme, ces plongées dans les contes de mon enfance me procurent chaque fois un ravissement sans égal. Il faut savoir que cette saga est sciemment orientée vers la jeunesse.

Si les personnages peuvent sembler niais par moment, les situations simplifiées, il n’empêche que l’idée originelle est très intéressante et renferme un sacré potentiel. Des enfants de méchants qui cherchent la rédemption. Catalogués aux yeux de tous comme des parias et des personnes à ne pas fréquenter, ils sont persuadés que la seule forme d’amour qu’ils méritent, c’est celle de leurs parents méchants, ambitieux et rongés par la rancoeur. Derrière cette jolie fable, Melissa de la Cruz transmet un message à ses lecteurs : ce n’est pas nos origines qui déterminent ce que nous sommes amenés à devenir. On a donc affaire à de jeunes héros qui cherchent à s’améliorer constamment et qui travaillent sur leurs incertitudes.

Plus précisément, j’avoue avoir un faible pour Evie, naïve et pétillante, depuis que je l’ai vue dans le téléfilm. Je la trouve délicieusement touchante. Cela ne m’empêche pas de m’attacher aux autres qui ont tous des tempéraments et des manières de penser différentes. Chacun apporte sa petite touche personnelle au récit, le rendant ainsi très vivant. Le fait qu’il y ait beaucoup de dialogues contribue à rendre les rapports dynamiques.

Par ailleurs, Melissa de la Cruz a fait le choix – très risqué à mes yeux – de se maintenir dans un registre superficiel. Peut-être dans le but de laisser une grande marge à Disney Channel pour une potentielle suite ? Je ne sais pas vraiment. Mais cela donne un rythme parfois surprenant. Certaines scènes m’ont paru trop courtes, pas suffisamment approfondies, et c’est ce que je reprochais au premier opus. On reste sur quelque chose de très accessible, sans prise de tête, et parfois prévisible.

Mais ce n’est pas parce que je déplore un manque de développement que l’intrigue laisse à désirer ! Melissa de la Cruz s’amuse à nous offrir de nouvelles perspectives avec des lieux inédits, tels que le Mont-Camelot (en grande fan des légendes arthuriennes, vous n’avez pas idée à quel point ce fait m’a réjouie !). Sans parler du mélange de l’ancien et du moderne en terme de technologie ; un concept qui rend le récit très attractif pour la jeunesse et les jeunes adolescents.

En résumé, ce deuxième opus réunit tous les ingrédients pour plaire à un jeune public. Même si l’intrigue n’est pas des plus transcendantes, Retour sur l’île de l’Oubli est un casse-croûte très chouette, avec des personnages pleins d’entrain et de jolies valeurs sous-jacentes. J’ai passé un moment agréable au milieu de tous ces contes et ces légendes revisités.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/les-descendants-tome-1-lile-de-loubli-melissa-de-la-cruz