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Bibliothèque de apriltheseven : J'ai lu aussi

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Replica Replica
Lauren Oliver   
C’est le concept initial de Replica qui m’a donné envie de le lire en premier lieu. Deux sens pour un seul ouvrage, deux voix différentes qui peuvent se lire indépendamment ou alternativement. La possibilité de découvrir cette histoire au travers de schémas différents m’a bien plu, et l’idée était suffisamment originale pour que je me lance.

Replica nous conte l’histoire de Gemma et Lyra. Gemma, jeune fille solitaire à la santé fragile, n’est pas une adolescente très épanouie. Elle trouve néanmoins un peu de réconfort auprès d’April, sa meilleure amie. Un jour, elle découvre que son père est associé à un institut de recherche qui s’adonne à de mystérieuses expériences sur l’île d’Haven, là où résident tous les secrets scientifiques. Lyra, quant à elle, n’est pas une adolescente comme les autres. Toute sa vie, elle n’a connu que confinement et examens divers. À ses yeux, c’est la vie à laquelle elle est destinée, et elle n’en imagine pas d’autres. Pourtant, son petit univers bien huilé vole en éclats le jour où un incident survient. Lyra va alors croiser la route de Gemma, ce qui risque de changer le cours de leur vie à jamais…

La particularité de ce livre, c’est que chacune de ses faces nous permet de découvrir l’histoire d’un point de vue différent. Gemma a la parole au recto, Lyra au verso. Le roman peut donc se lire suivant les goûts personnels du lecteur, lui offrant ainsi quelques perspectives intéressantes. Une amie m’a conseillé d’alterner les chapitres en commençant par Gemma. Il faut savoir que l’histoire est sensiblement la même, mais que la différence de point de vue apporte une saveur toute particulière à l’intrigue, puisque chaque héroïne possède sa façon de voir les choses et de vivre la situation. Du coup, il n’y a aucune impression de redondance, et même si les événements se ressemblent (puisqu’ils sont identiques), ils ne sont pas abordés sous le même angle.

Lauren Oliver nous brosse deux tableaux bien différents au travers de Gemma et Lyra. Gemma est une adolescente mal dans sa peau, qui souffre de surpoids et d’une santé fragile. Elle n’a rien d’une héroïne sans peur et irréprochable, mais elle est touchante à sa façon. Lyra est celle que j’ai préférée. Toute sa vie n’a été qu’une succession d’expériences. Elle n’a jamais vraiment vécu et ne connaît rien du monde extérieur. Sa candeur et sa naïveté font d’elle un de ces personnages que l’on a envie de protéger envers et contre tout.

Certaines choses m’ont tout de même chiffonnée. Pour commencer, j’ai trouvé la romance inutile et prévisible. Elle n’apporte rien de particulier à l’intrigue. À croire que dans tous les romans jeunesse/young-adult, il est primordial d’intégrer une histoire d’amour, même lorsque celle-ci est superflue. À mes yeux, c’est tomber dans la facilité et le cliché. J’ai également été déroutée par le rythme de l’histoire. Ça se lit relativement vite, mais Lauren Oliver mise sur l’aspect psychologique plutôt que l’action pure et dure. De fait, certaines longueurs sont à déplorer.

En résumé, Replica est une histoire plutôt chouette, qui se distingue des autres par la construction du livre en lui-même. Lauren Oliver nous confronte à deux voix, deux histoires, deux vécus, qui peuvent se lire indépendamment ou étroitement entremêlés, au choix. C’est ce format qui m’a beaucoup séduite. L’histoire n’est pas vraiment inédite, mais elle se lit bien et permet de passer un agréable moment.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/replica-lauren-oliver
Leo's Chance Leo's Chance
Mia Sheridan   
Je remercie Déborah ainsi que les éditions Hugo Roman pour leur confiance. La chronique qui va suivre contient des spoils, alors je vous conseille de passer votre chemin si vous n’avez pas encore lu le premier opus.

Ayant apprécié le premier tome de Mia Sheridan, j’étais impatiente d’approfondir cette histoire pour mieux en saisir les rouages. Je suis toujours un peu frileuse lorsqu’il s’agit de lire des réécritures, et la seule que j’ai beaucoup aimée était celle de Beautiful Disaster. Verdict ? Je suis malheureusement ressortie de ma lecture mitigée. Dans un sens, il y a des choses que j’ai bien aimées, de l’autre, je ne suis pas sûre que ce deuxième opus soit indispensable pour mieux comprendre l’histoire d’amour d’Evie et Leo.

Lorsque je lis une réécriture de romance sous un autre point de vue, j’attends de recevoir de nouvelles informations, de découvrir des petits clins d’œil à la première version qui m’auraient aidée à mieux comprendre une relation naissante entre deux protagonistes.

C’est aussi l’occasion de me remémorer une histoire que j’ai aimée. L’ennui, c’est que j’ai lu Leo il y a deux mois et demi à peine, et je m’en souviens encore très bien. Relire les mêmes scènes mots pour mots ne présentait pas un grand intérêt à mes yeux. Il n’y avait pas ce sentiment de redécouvrir une intrigue lue il y a longtemps, et je pense que j’aurais beaucoup plus apprécié Leo’s Chance s’il était sorti un an plus tard (au moins).

Malgré tout, je n’ai fait qu’une bouchée de cette suite. Leo/Jake, pour qui je n’avais pas ressenti grand-chose dans le premier opus, m’est apparu plus limpide et cohérent. J’avais enfin accès à ses pensées les plus profondes, à ses meurtrissures et à son terrible passé. Le Leo un peu froid et lointain vu de l’extérieur se révèle très réactif et plein de bonnes volontés et de désirs cachés.

En résumé, si Leo’s Chance ne me paraît pas indispensable à la bonne compréhension de la saga, je trouve qu’il apporte une dimension nouvelle à la romance. Il ne répond pas à des questions, mais approfondit le vécu du héros, le rendant ainsi plus ouvert et accessible. Je reste tout de même un peu mitigée, car même si j’ai passé un bon moment de lecture, j’en attendais beaucoup plus.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/leo-mia-sheridan
Au pays de l'Ailleurs Au pays de l'Ailleurs
Tahereh Mafi   
Je remercie Camille et les éditions Michel pour cette lecture qui confère à l’étrange. Au pays de l’Ailleurs est une bizarrerie de la littérature fantasy. Je connaissais la plume de Tahereh Mafi par le biais de sa saga Insaisissable. Je pensais savoir ce qui m’attendait en commençant cette lecture, eh bien j’étais vraiment à côté de la plaque. Ce one-shot est indescriptible et m’en a fait voir de toutes les couleurs.

Nous suivons les aventures d’Alice, une fillette de douze ans qui vit Ferenwood. Là-bas, tout n’est que couleur et dons prodigieux. Mais Alice, qui est pâle de la tête aux pieds, presque translucide, détonne complètement. Tout le monde, à commencer par sa propre mère, la traite en paria. Le seul qui l’a toujours aimée sans condition, c’est son père, mais il a disparu voilà trois ans. Un jour, l’occasion se présente pour Alice de le retrouver. Pour cela, elle va devoir s’aventurer dans le terrible et mystérieux Pays de l’Ailleurs.

Ce n’est pas bien compliqué, Au pays de l’Ailleurs est un roman atypique, clin d’oeil au célèbre conte de Lewis Carroll. Un roman qui met l’accent sur l’absurde, le non-sens et le dépaysement le plus total. Dès le début, la singularité de ce monde nous explose au visage, mélange de saveurs et de couleurs totalement nouvelles et merveilleuses. La plume de Tahereh Mafi m’a emportée loin, très loin de mon univers à moi qui me paraissait bien gris et fade en comparaison.

Alice vit à Ferenwood depuis toujours et n’a jamais réussi à y trouver sa place. Cette petite fille de douze ans est déjà un petit morceau bien coriace, avec du caractère et de l’originalité à revendre. Alice ne ressemble à personne et cultive sa différence avec des lubies étranges (comme celles de vouloir toujours se mettre toute nue, par exemple) et une apparence aux antipodes de celle des autres. Alors que Ferenwood n’est que couleur et aptitudes fabuleuses, Alice ne manifeste aucune capacité qui sorte de l’ordinaire.

C’est une héroïne qui ne peut pas laisser indifférent. Autant ses tendances à rester autocentrée et sa condescendance m’ont prodigieusement agacée, autant je l’ai trouvée particulièrement touchante et originale. L’absence de son père est une souffrance presque tangible, chez elle. Mais on ne peut pas lui reprocher d’être extrêmement forte et déterminée. C’est un petit bout de fille bien décidée à suivre son chemin, et ses aventures vont un peu plus forger son caractère impétueux, et l’amener à grandir.

Concernant l’univers en lui-même, je vous préviens tout de suite, c’est assez spécial. À certains moments, j’avais l’impression d’évoluer dans un rêve totalement perché. Pour le coup, on se croirait vraiment au pays des merveilles. Pour pleinement apprécier un tel cadre, à la fois merveilleux et insaisissable, il faut enlever ses oeillères et se laisser porter par la magie de la plume. Parce qu’une fois qu’on se laisse aller, le récit coule de source, notre imagination s’emballe et on y prend beaucoup de plaisir. Tahereh Mafi fouille dans le coeur de son lecteur pour faire ressortir son âme d’enfant. C’est aussi simple que ça.

Le gros point négatif que je soulèverai dans ma chronique concerne les longueurs du récit. Il y a beaucoup de narration et peu de dialogue, ce qui peut rendre certains moments assez lourds. Parfois, j’avais l’impression que le rythme s’emballait, hélas tout retombait comme un soufflet la page suivante. Ce sont ces transitions inégales, cette dynamique atypique, qui me faisaient perdre le rythme et me coupaient dans ma lecture.

Tahereh Mafi nous démontre encore une fois qu’elle peut écrire de tout en jouant de sa plume comme une virtuose. Je suis assez soufflée par son style plein d’audace. L’écriture peut se faire très enfantine, et l’instant suivant receler d’une poésie enchanteresse. Je n’ai rien retrouvé d’Insaisissable, mais j’ai tout de même été transportée par ce que j’ai lu.

En résumé, Au pays de l’Ailleurs est un pari risqué, mais un pari que je trouve plutôt réussi. Tahereh Mafi nous démontre encore une fois que sa plume peut faire des prouesses. Elle a su imaginer un univers qui piétine sans ménagement les codes de la fantasy. Je déplore quelques longueurs dans le récit, mais cela n’a pas entaché le plaisir de découvrir le Pays de l’Ailleurs à travers les yeux d’une jeune héroïne bravache et de son compère pétillant.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/au-pays-de-lailleurs-tahereh-mafi
King's game, Tome 5 : Apocalypse King's game, Tome 5 : Apocalypse
Nobuaki Kanazawa   
Merci aux éditions Lumen et à Emily pour leur confiance ! Retour au Japon, avec le fameux jeu du roi. Comme vous le savez maintenant, cette saga est pour moi une véritable prise de risque et me sort chaque fois de ma zone de confort. J’aime de plus en plus les Light Novels, et celle-ci, en plus d’être originale, ne manque pas d’action.

Dans ce tome 4, tout s’accélère. Le jeu du roi ne se cantonne plus à une seule classe de lycéen. Désormais, c’est tous les lycéens du Japon que cela concerne, et les autorités sont sur le qui-vive. Cette fois-ci, nous suivons tout particulièrement Tomohisa et ses amis, qui se retrouvent plongés malgré eux dans cette situation cauchemardesque. L’issue du jeu est incertaine, mais ils sont prêts à tout pour sauver leur peau…

Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour sentir l'excitation et le stress monter. Le Japon est en situation d'urgence et c’est la panique… Il y a deux écoles : ceux qui y croient dur comme fer et qui obéissent aveuglement aux ordres du roi, puis il y a ceux qui sont plus suspicieux, qui s’imaginent que c’est une blague de mauvais goût, et donc qui s'exposent sans le savoir au châtiment. Mais c’est confirmé, le jeu du roi est revenu, plus tordu et malsain que jamais !

C’est une aventure bien plus effrayante – mais pas moins sanglante – que nous relate l’auteur, car le cadre en lui-même est différent. En arrière-plan, les fantômes de Nobuaki et de Natsuko sont évoqués et ajoutent un poids supplémentaire à la catastrophe sur le point de survenir.

Rappelez-vous, je reprochais aux tomes précédents de ne pas suffisamment s’inscrire dans la réalité. La police et les parents ne s’inquiétaient pas ou trop peu, la mort était banalisée. Heureusement, dans cet opus, l’auteur rend tout cela beaucoup plus concret, car tout le Japon est touché, et les autorités ne peuvent plus fermer les yeux sur ce qui se prépare. Quand on voit que les grandes instances sont impliquées et complètement dépassées, qu’elles aident les jeunes à survivre du mieux qu’elles peuvent, on se dit que le jeu a vraiment commencé, et que ça va être un carnage… Le tout est beaucoup plus crédible, et qui dit plus crédible dit plus horrifiant ! Que feriez-vous dans pareille situation ? Prisonnier d’un jeu cruel, obligé de participer, au risque de mourir sans sommation. C’est cauchemardesque !

Alors c’est vrai, on a encore le droit à des réactions surréalistes de la part des personnages, mais ça reste une trame intéressante et surtout très accrocheuse. L’horreur est partout, on se sent sur la corde raide en permanence. J’ai ressenti les événements comme si j’y étais, je n’ai pas pu m’empêcher de me projeter.

Plus on s’enfonce dans la noirceur du jeu, et plus les ordres sont implacables. Terminés les petits gages sous forme de bisous ou d’enfantillages, place à l’aventure grandeur nature. Et les ordres à grande échelle sont encore plus impressionnants et bien trouvés. La seule chose que je regrette, c’est qu’il y en a trop peu. Contrairement aux tomes précédents, chaque jour est décortiqué presque heure par heure, et je me suis surprise à attendre impatiemment d’arriver au soir suivant, pour entendre le nouvel ordre.

Concernant les personnages, je crois que c’est une chose à laquelle je ne me ferai jamais. Le schéma est souvent redondant d’un tome à l’autre. Il y a ceux qui tournent carrément la carte et sont prêts à tuer pour ne pas être tués, puis il y a les héroïques, les gentils, ceux qui s’exécutent, mais qui se brisent en petits morceaux à chaque fois. Ça donne un scénario que l’on finit par pressentir longtemps à l’avance. Les personnages sont alambiqués et souvent prévisibles.

En résumé, Apocalypse porte remarquablement bien son nom. Dans une ambiance à glacer le sang, on suit le jeune Tomohisa et ses amis dans une aventure sans cesse renouvelée, qui ne semble pas décidée à s’essouffler. Bien que la surenchère typiquement japonaise constitue un frein pour moi, King’s Game demeure un thriller horrifique affreusement addictif et impossible à lâcher. Croyez-moi lorsque je vous dis que le jeu du roi est loin d’avoir tiré sa révérence…

À tous ceux qui ont lu et aimé la saga sous sa forme manga, aux amateurs de littérature japonaise.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/kings-game-tome-1-kings-game-nobuaki-kanazawa
The Graces The Graces
Laure Eve   
Je remercie Marie ainsi que les éditions Hachette pour leur confiance. Je tiens à souligner qu’il est rare que je lise les résumés des livres, mais ici, la couverture ne laissait rien deviner et j’étais très curieuse de savoir ce qui m’attendait. J’ai tout de suite pensé à Twilight (si vous me connaissez un peu vous savez à quel point j’aime cette saga), et je me suis dit que j’allais a-do-rer. En définitive, The Graces n’a strictement rien en commun avec la célèbre série vampirique, contrairement à ce que le début laisse imaginer…

Nous suivons une jeune fille de seize ans – appelons-la River – qui vient d’emménager dans une nouvelle ville après la disparition de son père. River porte en elle le poids des secrets et sa relation avec sa mère est pour le moins conflictuelle. En intégrant son nouveau lycée, elle découvre vite que les élèves n’ont qu’un seul nom à la bouche : les Grace. Trois étudiants de la même fratrie qui attisent tous les regards et les convoitises. Il y a Fenrin, charmeur irrésistible et coureur de jupons, sa jumelle Thalia qui fait tourner les têtes, et Summer, plus sombre et mystique que les autres. River est captivée par cette famille et ce qu’elle lui inspire. D’autant plus que des rumeurs circulent… on dit que les Grace sont des sorciers. River est fermement décidée à découvrir si c’est la vérité !

Quel livre… étrange ! Bizarre, curieux, spécial… choisissez l’adjectif que vous préférez. Une chose est certaine, c’est que Laure Eve a fait preuve de beaucoup d’audace en proposant cette histoire. Elle fait croire au lecteur qu’il a toutes les cartes en main pour déceler le vrai du faux, mais plus on progresse dans l’histoire, et plus l’intrigue devient floue. À la moitié du livre, j’étais complètement perdue et indécise, je ne savais plus sur quel pied danser. Allez savoir, Laure Eve est peut-être un peu magicienne elle aussi, car elle sème le doute, tout en nous laissant penser que l’intrigue part à tout-va.

Mais commençons déjà par nos personnages ! L'héroïne est assez intéressante dans son genre. Pour commencer, l’auteur met un point d’honneur à taire son prénom. Le plus drôle, c’est que je ne m’en suis pas aperçue tout de suite ! Elle installe une impression d’intimité avec l’héroïne, elle donne l’illusion qu’on a tout compris d’elle, qu’on imagine aisément ce qu’elle vit… Alors qu’en réalité on tombe dans le piège ! Je sais, ça paraît un peu nébuleux, dit comme ça, mais je vous ai prévenu, ce roman est une bizarrerie !

Donc l’héroïne ne se dévoile pas vraiment. Elle est obsédée par les Grace, par ce qu’ils lui inspirent, mais elle en dit très peu sur sa propre vie, jusqu'à son prénom. En dehors de ça, elle a des fantasmes d'ado (être remarquée par les Grace, entrer dans leur cercle, attirer l'attention de Fenrin), mais étonnamment, elle se distingue de la mêlée avec son regard très pragmatique sur les codes du lycée, la solitude dans laquelle elle s'enferme et son manque de loquacité. Ça peut paraître contradictoire au premier coup d'œil, mais ça entretient le mystère et ça renforce d’autant plus le magnétisme des Grace.

Les Grace, eux, sont des êtres fascinants. On ne sait pas grand-chose les concernant, mais à travers les yeux de l’héroïne, ils dégagent une aura étrange. Complètement décalés, ils respirent le mystère et donnent l'impression d'évoluer en marge des autres, tout en étant les plus entourés. Une citation en particulier leur correspond totalement :

Nous n'en aimons qu'un, mais nous les aimons tous. Les Grace. Nous voulons être eux, les aimer, et être aimé d'eux. C'est une malédiction.

Plus on avance dans l’histoire, et plus Laure Eve démolit nos certitudes, allant même jusqu’à s’attaquer aux fondamentaux. Est-ce que les Grace sont réellement des sorciers ou jouent-ils la comédie pour se donner un genre ? J’ai vraiment douté, sans rire. Les mythes autour de la sorcellerie sont géniaux… mais on ignore si le mythe peut prendre place dans la réalité. L’auteur démonte brique par brique le mysticisme des Grace ; parfois elle laisse entendre qu’ils sont réellement des sorciers, et à d’autres moments, on a juste l’impression d’avoir affaire à des imposteurs. C’est très perturbant, j’ai eu l’impression d’évoluer sur des sables mouvants.

La deuxième partie du livre est un virage à 360°, et je ne suis pas certaine de l'avoir appréciée. Les choses sont encore plus étranges, tout est remis en cause, à commencer par les Grace qui deviennent méconnaissables. Je n’en dirais pas plus, mais Laure Eve a tapé très fort (peut-être un peu trop à mon goût). Cela dit, c’est une prise de risque admirable, qui pourrait laisser n’importe quel lecteur bouche bée. Pour moi, la fin rattrape largement cette petite déception, car je ne l’attendais absolument pas et je suis restée sur le popotin !

En résumé, The Graces est un roman pétri d’incertitudes et d’hésitations, qui pousse le lecteur à voir au-delà des apparences. Si je peux vous donner un conseil : ne vous fiez à personne, en commençant par la narratrice. Chacun a ses secrets et les garde jalousement. Ce premier tome sombre et atypique m’a inspiré beaucoup de sentiments contradictoires, et je suis certaine qu’il saura vous faire douter, vous aussi !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/the-graces-laure-eve
After, Saison 1 After, Saison 1
Anna Todd   
Il m’est arrivé de veiller très tard pour terminer un livre. En revanche, veiller tellement tard, au point de terminer un roman à 10h du matin, c’est une grande première ! Mon amie Aliybooks me l’a tellement bien vendu, me parlant de la fin avec emphase, que je n’ai pas hésité bien longtemps. Résultat, je ressors sous le choc, comme un boxeur qui aurait reçu un uppercut en plein nez.

C’est l’histoire de Tessa, une jeune fille qui s’apprête à faire son entrée à l’université. Tessa est entourée par une mère stricte mais aimante, et un petit ami adorable qu’elle a toujours connu. Elle s’est fait une idée bien précise de l’université, et est impatiente de commencer les cours, en élève modèle qui se respecte. Hélas, elle déchante en découvrant sa camarade de chambrée, bardée de tatouages et flanquée de deux garçons à l’air passablement mauvais. Sans parler qu’avec l’un d’entre eux, la tension s’installe immédiatement. Hardin semble bien décidé à lui faire comprendre qu’il ne l’apprécie pas, mais une irrésistible attraction ne tarde pas à s’installer entre eux. Partagée entre son amour pour son petit ami et la passion qui la lie à Hardin, Tessa ne sait plus où donner de la tête. Sans compter que le bad boy a beaucoup de secrets qu’il n’est pas très bon de vouloir déterrer.

En terminant le livre, complètement bouleversée et avec mes yeux pour pleurer, j'ai pressenti que commencer cette chronique allait être délicat. Je me suis fait la réflexion : « Ma fille, tu vas galérer à retranscrire l'ouragan dans ta tête ». Car oui, j'étais tout simplement dans l'incapacité morale de définir l'étendue de mon choc et de mes sentiments. J’écris donc cette chronique avec plus de recul, puisque plus d’une semaine est déjà passée, et mon avis sur le roman en lui-même n’a cessé d’évoluer entre temps. Quelques minutes/heures après ma lecture, tout est sens dessus dessous, mais aujourd’hui, j’ai un regard beaucoup plus sévère, ce qui se ressentira dans cette chronique.

Commençons déjà par les points négatifs… J'ai trouvé le livre assez long et redondant dans son ensemble. Les héros se déchirent, puis se rabibochent sans discontinuer. C’est un schéma que l’on retrouve systématiquement, l’impression du calme avant la tempête, ce qui finit par rendre l’histoire prévisible. Et cette surenchère perpétuelle, comme si chaque dispute était toujours moins violente que la prochaine…

Étonnamment, j'ai été facilement prise au piège dans cette spirale infernale, je me suis passionnée en assistant à ces prises de bec. C'est assez contradictoire, je sais. Le roman est loin d'être parfait, mais il a su faire vibrer quelque chose au fond de moi. Quelque chose d'indéfinissable.

Pourtant, ça ne partait pas très bien. Au début, je trouvais le duo antipathique, imbuvable et insupportable ! Il m’a bien fallu 150 pages pour commencer à les apprécier. Tessa, c'est la fille modèle, sage, avec un balai dans le derch (pardonnez-moi l'expression, mais je ne trouve pas de terme plus élégant). Jamais un pli de travers, niaise, prude et toujours tirée à quatre épingles. Inutile de préciser qu'au début je l'avais vraiment dans le nez. Et puis tout doucement, on apprend à la connaître. Son passé permet de vraiment comprendre ses réactions et ses attitudes. Ce qui peut s'apparenter à de l'arrogance ou de la raideur, c'est uniquement sa manière de se protéger et de s'assurer un avenir à l'abri du besoin. La présence de Harden la sort de sa zone de confort. Concernant son petit ami Noah, il est très vite limpide que Tessa se voile la face et essaie de noyer sa culpabilité derrière des mensonges et une joie forcée. Je n’est pas été surprise quant à la tournure des événements.

Vous l’aurez compris, avec Tessa, ça a été compliqué. Elle est un peu gamine. Si sur certains points elle est définitivement trop sérieuse, sur d'autres, elle se comporte comme une petite fille. Certaines de ses réactions vis-à-vis de Noah ou Hardin sont trop immatures, trop irréfléchies. Comme si toute sa vie, elle n'avait jamais eu l'occasion de se comporter en ado et qu'elle rattrapait le temps perdu.

Hardin, maintenant. Même maintenant, avec du recul et une vue d’ensemble, je serais bien en peine de vous le dépeindre correctement. J’ai mis du temps avant de m’attacher à ce personnage. Parce que dès le départ, je l’ai trouvé… foncièrement méchant. Mais quand je dis méchant, c’est de la pure méchanceté, gratuite et injustifiée. C’est le genre de personnages qui a tellement souffert par le passé, qu’il compense en faisant mal en retour. Je n’arrive pas à me positionner le concernant, car sa part de noirceur n’est pas feinte, il est évident dès le départ qu’il est toxique. La fin nous confirme très bien qu’il abîme tout ce qu’il touche. Hardin, est autodestructeur par nature. Voilà.

Leur couple est assez malsain, il faut le dire. Il y a quelque chose qui cloche, même s’il est difficile de mettre le doigt dessus avant les dernières pages. Cela dit j’ai apprécié l’immaturité des personnages, à la lisière de l’âge adulte. Ça me plaît. Parce que l'amour n'est pas une notion mature. On perd tout discernement par amour, on peut faire n'importe quoi par amour. Tessa et Hardin commencent mal parce qu’ils ne la jouent pas réglo l’un avec l’autre, mais on ne peut pas s’empêcher d’espérer et de croiser les doigts.

Maintenant, la fin. La fin qui, d’après Aliybooks, était tout juste soutenable. La fin qui m’a fait complètement partir en vrille. J’ai eu envie de fondre en larmes. Je vous assure, ça ne s’est joué à rien. J’étais bouleversée, sous le choc et tellement en colère ! Toutes nos émotions se retrouvent débridées, au point qu’on ne sait même plus comment réagir, tellement on est hébété. Je ne m’attendais pas à un tel revirement de situation.

Concernant la plume, je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas de la très grande littérature. C’est très simple, efficace, et l’effet addictif est là, c’est indéniable. Par contre 600 pages, outch, pardon, mais c’est beaucoup trop ! Sachant que le rythme est redondant, je pense que l’auteur aurait gagné à supprimer certaines scènes inutiles, qui n’apportent rien de plus à l’intrigue initiale. Je comprends pourquoi cette histoire a fait le buzz sur Wattpad. Chaque chapitre est comme un nouvel épisode de feuilleton. Lire un chapitre par semaine, ça passe sans problème. Mais tout d’une traite, attention à l’indigestion…

En résumé, à ce stade, je suis incapable de dire si j’ai aimé ou non. Ce livre m’a complètement bouleversée, il m’a tenue en haleine pendant de longues heures toute une nuit et toute une matinée, mais j’y ai retrouvé trop de longueurs et de maladresses. J’ai aimé et détesté le couple Tessa-Hardin, j’ai vibré, j’ai tremblé, je me suis rongé les sangs. Ce premier volet ne m’a pas laissée de marbre, loin de là. Je lirai la suite pour la curiosité, car la fin est la pire que j’ai pu lire à ce jour.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/after-anna-todd
Nil, Tome 1 : Nil Nil, Tome 1 : Nil
Lynne Matson   
Quoi de mieux pendant l’été que de plonger dans une histoire prenant place sur une île paradisiaque, déserte et loin de toute civilisation ? Sous un cagnard brûlant, les pieds léchés par une eau turquoise et le cri des oiseaux pour seule compagnie… Hummm, le rêve. Voilà, Nil, c’est ça : un roman qui sent bon l’été et les cocotiers ! Et il faut dire que j’étais vraiment impatiente de le commencer depuis que je l’avais en ma possession. Sans avoir lu le résumé, je m’étais référée à la phrase d’accroche qui m’a littéralement harponnée. J’étais prête à me lancer dans l’aventure. Bon, j’ai un peu déchanté, car même si c’est un livre agréable, j’ai été dérangée par bon nombre de petites choses.

Un jour où Charley, 17 ans, se rend dans un magasin, elle se retrouve catapultée dans un endroit inconnu, complètement nue et désorientée. La jeune fille va vite comprendre qu’elle vient de mettre les pieds sur une île en apparence paradisiaque, mais où la survie est le maître mot. Heureusement, elle n’est pas seule : d’autres adolescents sont également captifs dans cet endroit de rêve, et ont construit une petite société à eux seuls pour survivre. La seule façon de s’échapper est d’attraper une porte, une espèce de portail chatoyant qui apparaît de manière aléatoire sur l’île chaque midi. Ses portes sont très difficiles à trouver, et ils ne peuvent pas l’emprunter à plusieurs. Pire encore : ils ne disposent que de 365 jours à compter de leur jour d’arrivée pour en trouver une, sinon, c’est la mort. Et comme si ce n’était pas assez compliqué, Charley se sent attirée d’une irrépressible manière par Thad, un garçon du groupe. Hélas, tomber amoureux dans cet enfer constitue un risque non négligeable…

Commençons par les points positifs… Je l’admets, j’ai été soufflée par l’intrigue que j’ai trouvée foutrement originale ! Je partais pleine d’entrain et paf, j’étais dedans ! Ça m’a laissé une impression familière, comme ce que j’ai pu ressentir en lisant Hunger Games ou encore L’épreuve. Puis j’y ai retrouvé le côté survie des télé-réalités telles que The Island et Koh Lanta. C’est l’un des gros points forts de ce roman : il pique suffisamment la curiosité pour qu’on ne voie pas les pages se tourner. Je suis arrivée à la fin beaucoup trop vite à mon goût.

L’auteur sait particulièrement bien ménager son suspens et m’a poussé à m’inquiéter pour de nombreux personnages, à espérer que chacun trouve sa porte et rentre chez lui – bon, peut-être pas pour tout le monde, c’est vrai.

Nil offre un terrifiant paradoxe : cette plage de sable fin, ce décor de rêve pour n’importe quel vacancier… Mais une fois dessus, les fantasmes s’effritent, pour laisser la place au danger, aux bêtes sauvages et aux manigances. L’île est vicieuse et constitue un véritable traquenard. Y survivre est un combat permanent.

J’ai beaucoup aimé l’enquête et les stratégies qui tournaient autour de l’évasion. L’arrivée de Charley semble accélérer le temps sur Nil. La jeune fille va apporter une nouvelle base de réflexion au groupe, et lui donner une petite source d’espoir. Bon, il est vrai que ses réflexions sont un peu basiques, et je me suis étonnée que durant toutes ces années, personne n’y ait pensé ! Mais bon, je vous laisse découvrir cela par vous-même.

Passons à ce qui fâche ! Dans sa globalité, j’ai bien aimé ce livre, mais certains éléments sont soit pas assez creusés, soit incongrus, soit invraisemblables.

Pour commencer, on trouve bons nombre de clichés relatifs à la littérature Young-Adult. Notamment concernant l’histoire d’amour presque surréaliste. Prenez Charley et Thad : deux gravures de mode, beaux comme des dieux, minces comme des ficelles (voire maigres, ça nous est bien souvent répété), intelligents, réfléchis et tout et tout. Ils se rencontrent et là… c’est le coup de foudre. Lorsque Thad tombe sur Charley, la première réflexion que cette dernière se fait est que le jeune homme est canon comme Apollon. Hum.

Après 48 heures, ces deux-là ne peuvent déjà plus envisager la vie l’un sans l’autre. Pour être tout à fait honnête, si je me retrouve sur une île déserte, livrée à moi-même et sans espoir de m’en sortir à moins de trouver une porte sortie de nulle part, je pense à tout sauf à reluquer les mecs, si sexy puissent-ils être. Ils ont faim, sont coincés, voient leurs amis mourir, mais ils trouvent tout de même le temps de se dévorer du regard et nourrir leurs fantasmes. Tout va trop vite pour réellement croire à l’éclosion de leurs sentiments. Puis leur amour est linéaire, il n’y a ni haut ni bas, juste une grande ligne droite et aucune évolution dans leur attachement mutuel. L’auteur ne fait pas de mystères : dès le début elle nous fait comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre, ce qui peut vite tourner à la mièvrerie. Un roman de cette qualité aurait très bien pu se passer d'une histoire d'amour. Il n’en aurait été que meilleur !

Ensuite, il y a Charley qui réagit avec une étonnante sérénité, face à ce qu’elle vit. Quand on la voit à travers les yeux de Thad elle est juste… trop parfaite. C’en est agaçant. Elle réagit chaque fois de manière adéquate, mesurée, fait toujours ce qu’il faut, jamais un pet de travers. Moi qui aime les personnages un peu cabossés et maladroits, fichtre, grosse déception !

Oh, et parlons des petits désagréments de la vie quotidienne et des joies de la nature : les poils ! À quel moment on en parle, des poils ? Pour une adolescente soucieuse de ce qu’elle porte, les poils devraient être un gros problème, non ? À moins que toutes les filles de l’île soient passées par la case « chirurgie laser » avant d’arriver sur Nil… Ou alors c’est moi qui fais une fixette ? Honnêtement ça m’a trotté, mais évidemment, ce n’est qu’un petit détail humoristique de ma part !

Autre chose : je n'ai pas compris le fait que chaque adolescent se voit attribué une tâche en fonction du métier de ses parents. Charley et son oncle ingénieur des ponts et chaussées, Jillian et sa mère kinésithérapeute, Nathalie et son père urgentiste... C'est peut-être un détail, mais je n'ai pas trouvé ça logique. La compétence d'un métier ne s'acquiert pas par le sang, mais par la formation, l'apprentissage... Si mon père à moi est chirurgien, cela signifie-t-il que je sois en mesure d'opérer quelqu'un ?

Ces tout petits détails mis bout à bout finissent par occulter l’impression première que j’ai pu me faire avec l’intrigue. Pour beaucoup, il s’agira sans doute de petites incohérences ou maladresses qui n’entachent pas vraiment le reste, mais pour moi, ça peut vraiment m’empêcher d’apprécier une histoire, au demeurant excellente et prenante.

En résumé, Nil est un huis clos original qui prend place dans une ambiance oppressante. Même si j’ai trouvé que l’intrigue était bien construite, l’idée qu’elle ne soit là uniquement pour servir la romance m’a titillée. Romance qui ne m’a pas convaincue, malheureusement. Lynne Matson, s’est, selon moi, perdue dans les clichés de la littérature Young-Adult. Même si je n'ai pas adhéré à tout, je lirai la suite avec plaisir, car ils restent beaucoup de mystères à éclaircir.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/nil-lynne-matson
Les Descendants, Tome 2 : Retour sur l'Île de l'Oubli Les Descendants, Tome 2 : Retour sur l'Île de l'Oubli
Melissa De La Cruz   
Je remercie les éditions Hachette ainsi que Marie pour leur confiance. L’île de l’Oubli, premier opus de la saga, a été une agréable surprise. Une intrigue sympathique et originale, des personnages solaires, un univers assez manichéen en apparence, mais qui se révèle plein de nuances… J’avais passé un bon moment de lecture, grâce à la plume aérienne de Melissa de la Cruz.

Ne faites pas comme moi. J’ai ouvert ce livre en pensant que j’allais y trouver la suite directe du premier tome. Je l’ai rapidement refermé, car j’avais la sensation d’avoir loupé le train en marche. Une amie m’a expliqué que pour suivre la chronologie, il fallait regarder le téléfilm de Disney Channel, qui complétait l’histoire. Je me suis donc lancée avec une petite appréhension, mais étonnamment, j’ai vraiment aimé ce film ! J’ai beaucoup ri et je me suis encore plus attachée aux personnages principaux. J’ai donc commencé ma lecture avec la sensation que j’appréciais encore plus l’univers de Melissa de la Cruz. Donc voilà mon conseil : regardez le téléfilm après le tome 1 et avant le tome 2 pour une meilleure compréhension !

Mais trêve de bavardages. Dans Retour sur l’île de l’Oubli, nous retrouvons Mal, Evie, Carlos et Jay qui, contre toute attente, sont parvenus à se faire une place sur Auradon. Mieux encore, ils s’y plaisent réellement ! Mais une ombre plane sur leur petite existence heureuse et tranquille. Les quatre amis reçoivent des directives très précises : ils doivent retourner sur l’île de l’Oubli, car un danger les menace. Un danger qui pourrait ébranler le monde.

C’est un plaisir de retrouver tout ce petit monde ! Étant encore une vraie gamine dans l’âme, ces plongées dans les contes de mon enfance me procurent chaque fois un ravissement sans égal. Il faut savoir que cette saga est sciemment orientée vers la jeunesse.

Si les personnages peuvent sembler niais par moment, les situations simplifiées, il n’empêche que l’idée originelle est très intéressante et renferme un sacré potentiel. Des enfants de méchants qui cherchent la rédemption. Catalogués aux yeux de tous comme des parias et des personnes à ne pas fréquenter, ils sont persuadés que la seule forme d’amour qu’ils méritent, c’est celle de leurs parents méchants, ambitieux et rongés par la rancoeur. Derrière cette jolie fable, Melissa de la Cruz transmet un message à ses lecteurs : ce n’est pas nos origines qui déterminent ce que nous sommes amenés à devenir. On a donc affaire à de jeunes héros qui cherchent à s’améliorer constamment et qui travaillent sur leurs incertitudes.

Plus précisément, j’avoue avoir un faible pour Evie, naïve et pétillante, depuis que je l’ai vue dans le téléfilm. Je la trouve délicieusement touchante. Cela ne m’empêche pas de m’attacher aux autres qui ont tous des tempéraments et des manières de penser différentes. Chacun apporte sa petite touche personnelle au récit, le rendant ainsi très vivant. Le fait qu’il y ait beaucoup de dialogues contribue à rendre les rapports dynamiques.

Par ailleurs, Melissa de la Cruz a fait le choix – très risqué à mes yeux – de se maintenir dans un registre superficiel. Peut-être dans le but de laisser une grande marge à Disney Channel pour une potentielle suite ? Je ne sais pas vraiment. Mais cela donne un rythme parfois surprenant. Certaines scènes m’ont paru trop courtes, pas suffisamment approfondies, et c’est ce que je reprochais au premier opus. On reste sur quelque chose de très accessible, sans prise de tête, et parfois prévisible.

Mais ce n’est pas parce que je déplore un manque de développement que l’intrigue laisse à désirer ! Melissa de la Cruz s’amuse à nous offrir de nouvelles perspectives avec des lieux inédits, tels que le Mont-Camelot (en grande fan des légendes arthuriennes, vous n’avez pas idée à quel point ce fait m’a réjouie !). Sans parler du mélange de l’ancien et du moderne en terme de technologie ; un concept qui rend le récit très attractif pour la jeunesse et les jeunes adolescents.

En résumé, ce deuxième opus réunit tous les ingrédients pour plaire à un jeune public. Même si l’intrigue n’est pas des plus transcendantes, Retour sur l’île de l’Oubli est un casse-croûte très chouette, avec des personnages pleins d’entrain et de jolies valeurs sous-jacentes. J’ai passé un moment agréable au milieu de tous ces contes et ces légendes revisités.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/les-descendants-tome-1-lile-de-loubli-melissa-de-la-cruz
Un peu, jamais, à la folie Un peu, jamais, à la folie
Adi Alsaid   
Une couverture très chouette, une thématique originale au premier coup d’œil et un roman qui se lit plutôt vite. J’ai passé un agréable moment avec Un peu, jamais, à la folie.

C’est l’histoire de Dave et Julia, les meilleurs amis du monde. Ils ont passé toutes leurs années lycée ensemble, et voilà que la fin des cours approche à grands pas. Durant tout ce temps, les deux amis se sont promis de ne jamais tomber dans les clichés de l’adolescence, afin de tracer leur propre route, contrairement aux autres. Mais voilà qu’ils se demandent s’ils ne sont pas passés à côté de quelque chose ; il serait peut-être temps de sortir la liste des « jamais » qu’ils avaient élaborée, et d’accomplir chaque item avant la fin des classes : draguer un prof, participer à l’élection du roi et de la reine de l’école, picoler, se teindre les cheveux dans une couleur incongrue, et pourquoi pas… sortir avec son/sa meilleur(e) ami(e) ?

Un peu, jamais, à la folie, c’est le genre de roman frais et sans prise de tête qui fait passer un bon moment. Le récit est comme une bonne bouffée d’air frais, empreinte de légèreté et d’amusement. Les thématiques sont simples : l’adolescence et tout ce que ça implique, des jeunes qui se cherchent encore, des préoccupations et des aspirations toutes neuves. Une transition vers l’âge adulte pas toujours facile, mais durant laquelle l’amitié est au cœur de tout.

Dave et Julia sont comme les doigts de la main. Une amitié belle et forte qui a traversé les années sans jamais dévier. Néanmoins, Dave est amoureux de Léa, mais ne lui a jamais avoué son transport, choisissant de préserver leur amitié sans tache. Peu à peu, il va se rapprocher de Gretchen, une de ses camarades de classe. Lui qui a toujours été aux petits soins pour Julia commence à penser à lui. Sentant le rapport de force s’inverser, Julia s’aperçoit que ce que ses sentiments pour Dave ont sensiblement évolués. S’ensuit évidemment un triangle amoureux qui met en péril une amitié qui avait toujours été indéfectible.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que le récit peut s’appliquer à n’importe quel ado de n’importe quel lycée. C’est une intrigue actuelle, dans laquelle les sentiments et les émotions sont crédibles et m’ont poussé à me souvenir de ma propre adolescence.

À mesure que les items de la liste des « jamais » se cochent, la relation de Julia et Dave prend de nouveaux tournants. J’y ai surtout vu un moyen pour Dave de s’émanciper de son amitié avec Julia. Dans la première partie, c’est lui qui prend la parole. Je me suis très vite identifiée à ce personnage, sensible et fidèle à ses principes. Si Julia me laissait complètement de marbre au début, elle se dévoile beaucoup plus dans la deuxième partie. Je pense que si je ne l’ai pas plus apprécié que cela, c’est parce que j’avais vraiment un faible pour Gretchen et son humour, sa joie de vivre.

La plume d’Adi Alsaid est dosée juste comme il faut. Le style est agréable, accessible et très doux. On se laisse porter sans mal, sans jamais tomber dans le cliché ou le drame. C’est une histoire sur l’adolescence, certes ; une histoire sur les premiers émois ; une histoire sur l’amitié… mais c’est avant tout un livre humain qui m’a entraînée dans une époque révolue.

Je tiens aussi à noter le fait que la fin était particulièrement inattendue, et c’est ce qui m’a le plus plu. On nous parle de clichés durant plusieurs centaines de pages, mais la conclusion, elle, n’a rien de cliché. J’approuve, donc !

En résumé, Un peu, jamais, à la folie, ce n’est pas le roman de l’année, mais c’est tout de même une histoire pleine de charme et plaisante à découvrir. Dave et Julia pourraient être comme vous et moi, ce sont deux personnes simples, qui mènent une vie simple et font leur possible pour être des outsiders. Pourtant, le temps de 300 pages, ils vont se pencher sur les clichés et créer leur propre histoire. Ce livre est une porte vers de nouveaux horizons, qui conduit nos héros sur des sentiers déjà piétinés, mais non moins intrigants.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/un-peu-jamais-a-la-folie-adi-alsaid
Pari entre amis, tome 1 : Pari entre amis Pari entre amis, tome 1 : Pari entre amis
Pauline Libersart   
Je remercie les éditions Marabout et Camille pour cette réception. J’avais regardé de loin ce livre, d’abord paru chez Black Moon Romance, mais je n’avais jamais franchi le pas. Malheureusement, et je n’aime pas trop écrire ce genre de chroniques, mon avis sera en demi-teinte pour ce premier tome. Pari entre amis est une histoire plutôt chouette, avec un héros muy caliente, mais souffrant de défauts qui m’ont empêché de totalement y croire.

Trahie par Russel, son fiancé, Ashley décide de retourner chez ses parents le temps de se ressourcer, loin de tout. Elle retrouve ses amis de lycée, et notamment Joshua, ce garçon au physique un peu malingre avec qui elle avait lié une amitié improbable. Sauf que Joshua a bien changé depuis toutes ces années. Il a fait du chemin et arbore maintenant une carrure des plus avantageuses. Sur un coup de tête, ces deux-là font un pari qui va les entraîner loin, et ce qui ne devait être qu’une relation charnelle va se transformer en quelque chose de plus inattendu. Vont-ils se laisser une chance ?

Le gros point fort de cette histoire réside dans le personnage de Josh. C’est quelqu’un qui m’a touchée quasi instantanément, car il est très fiable et droit dans ses bottes. En plus de ça, il y a ce côté « artiste torturé » qui ne gâche rien. On ne peut pas vraiment dire qu’il soit très communicatif. Il est même complètement fermé, hermétique et secret. C’est aussi pour ça qu’il est devenu le personnage que j’ai préféré dans le roman. Je suis une femme faible, que voulez-vous. Les hommes pétris de douleur me font systématiquement fondre !

Josh apporte un côté brûlant et intense à la romance. Plus on avance, et plus on découvre ce qu’il cache sous cette couche d’indifférence affichée. Je me suis aperçue que j'ai surtout aimé les passages de son point de vue, qui nous apportent leur lot de révélations et de secrets bien cachés. Ils sont plus rythmés, plus intrigants. Oui, je crois que j’ai un bon gros faible pour ce personnage…

Ashley, c’est une autre histoire. Elle est un peu la biche effarouchée prise entre les phares d'une voiture. Pudique, discrète, peu sûre d'elle, elle a tendance à se déprécier à tout bout de champ. Mary-Sue dans l’âme, elle se serine à longueur de temps que Josh est son ami ; mais en fin de compte, il n'y a aucune amitié entre eux. Ils ne se parlent pas, n'ont aucun élan amical l'un vers l'autre. Bref, leur amitié est assez pauvre et distante. J'ai été surprise par l'absence de communication dans ce couple, au début. Joshua et Ashley sont censés être des amis de longue date, mais à aucun moment ils n'ont une discussion à coeur ouvert. Heureusement, l’auteur nous montre peu à peu ce qui rend leurs rapports si compliqués, ce qui fait que Josh a autant de difficultés à s’ouvrir à Ashley. Et c’est beau. Simplement beau.

Et puis il y a Russell, l’ex d’Ashley. Chaque scène est ramenée à Russell, dans le seul but de nous prouver à quel point ce dernier était infect avec elle. J'ai conscience qu’Ashley soit déçue, désabusée et en colère. Après une rupture, il est normal que tout nous fasse penser à la personne perdue. Mais là c'était sans discontinuer, et ça en devenait très répétitif. À tel point que dès que je voyais le mot « Russell », j'avais envie de sauter le paragraphe. Mon regard finissait invariablement par survoler ces passages redondants.


Concernant l’histoire en elle-même, j’ai trouvé que tout se passait dans un laps de temps trop court. Quelques heures après s'être retrouvés, Ashley et Josh font déjà plus que flirter. D'autant plus qu'Ashley sort tout juste d'une rupture douloureuse. Pour une personne persuadée d’être un glaçon, tout s'enchaîne trop rapidement, au point que ça finisse par manquer de naturel.

La romance est assez prévisible, elle suit un cheminement logique que l’on devine bien avant les héros. Mais ce manque de surprise n’est pas dérangeant, on se laisse porter par l’histoire sans mal.

Quant à la plume, je l’ai trouvée simple – très sensuelle par moments – et efficace. Elle véhicule de belles émotions et rend la lecture facile. J’ai retrouvé ce peps découvert dans la novella Pour un instant d’incompréhension, de la même auteur. Le seul reproche que je ferai, c’est dans le choix de la narration externe. J’ai eu le sentiment qu’elle installait une distance avec les protagonistes. À certains moments, je me sentais extérieure, peu impliquée, même si les passages de Josh restaient mes préférés. C’était un choix risqué de la part de Pauline Libersart.

En résumé, Pari entre amis est une romance agréable et caliente, qui se lit vite et bien. Hélas, certains points m’ont empêché de totalement m’impliquer dans l’histoire. Une héroïne trop effarouchée, le fantôme de l’ex-petit ami trop envahissant et une narration externe qui n’a pas su m’atteindre. Je suis ressortie de ma lecture quelque peu mitigée.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/pari-entre-amis-pauline-libersart