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Commentaires de livres faits par apriltheseven

Extraits de livres par apriltheseven

Commentaires de livres appréciés par apriltheseven

Extraits de livres appréciés par apriltheseven

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
En résumé, Les sept principes de ceux qui n’en ont pas est un livre excellent, doté d’un humour aussi fin que sarcastique, à prendre au trente-sixième degré. Grâce à Samir Bouadi et Sébastien Dourver, vous apprendrez que les bons sentiments sont surfaits, et que le bonheur réside un peu (et surtout !) dans l’égoïsme. Après avoir terminé votre lecture et appliqué tous ces généreux conseils, nul doute que vous finirez en Enfer !

Ma chronique entière : https://april-the-seven.weebly.com/inclassable--autres/les-sept-principes-de-ceux-qui-nen-ont-pas-samir-bouadi-et-sebastien-dourver
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Attirée par la couverture et le résumé, je n’ai pas résisté bien longtemps avant de me plonger dans The vanishing girl. Seulement – et je ne vais pas tourner autour du pot – la lecture de ce roman s’est révélée être une source d’agacement à plus d’un égard, malgré une intrigue principale plus que prometteuse.

Nous faisons la connaissance d’Ember, une jeune fille sans problème, qui vit une existence des plus simples, comme toute jeune adulte de son âge. Mais Ember a un secret : toutes les nuits, elle se téléporte durant les 10 premières minutes de son sommeil n’importe où dans le monde. Un jour, tout bascule et elle découvre qu’elle est le résultat d’une expérience génétique gouvernementale et que ce même gouvernement la recherche pour en faire une arme vivante. Ember intègre donc à contrecœur le programme qu’on lui impose, mais si elle ne brûle que de rentrer chez elle et retrouver ses parents, elle se heurte néanmoins à l’attraction féroce qu’elle ressent pour le partenaire qui lui a été attribué : Caden.

Un pouvoir singulier, des manipulations génétiques, un programme américain top secret qui transforme de jeunes adultes en espions… l’idée était géniale et m’emballait énormément. Hélas, ce n’est pas tout à fait ce que j’ai trouvé en commençant ce roman, et je suis allée de désillusion en désillusion.

Commençons par les points positifs qui, à mon sens, rendent le livre riche en potentiel. Le concept de base, qui consiste à voyager durant les 10 premières minutes de son sommeil, m'a vraiment plu. Je l’ai trouvé original, car il ouvre le champ des possibles et peut amener à des situations assez tordues. Couplé aux diverses missions d’espionnage et à un entraînement intensif, ça donne envie de se plonger dedans et de découvrir tout ce que cela implique. Pour être parfaitement honnête, ce sont les scènes qui m’ont le plus séduite.

Toutefois, le fait d'avoir une excellente idée ne suffit pas. Tout ce qui s'articule autour de l'intrigue initiale doit également tenir la route ; ici, ce n'était pas le cas. Et ça m’ennuie de le dire, mais si certains aspects de l’histoire m’ont paru trop communs, d’autres m’ont proprement choquée.

Sur le site de Michel Lafon, le roman vise les 12 ans et +. Seulement, on peut trouver à plusieurs reprises des scènes très suggestives, des allusions sexuelles avec un vocabulaire cru, ce que l’on rencontre le plus souvent dans les romans classés érotiques. J’ai du mal à imaginer un enfant de 12 ans lire pareille histoire alors que les scènes de sexe sont décrites sans ambages et que l’héroïne a une fâcheuse tendance à se retrouver nue comme un ver la majeure partie du temps. Rien sur la couverture ou le résumé ne laisse entendre que ce roman n’est pas destiné à un jeune public. L'érotisme est-il entré dans une telle normalité qu'on n'en fait plus mention pour protéger la jeunesse ? Ou bien suis-je un peu trop vieux jeu ?

D’un point de vue plus subjectif, je n’ai pas adhéré dès les premières lignes. La vie d’Ember bascule trop vite à mon goût, certains détails sont traités par-dessus la jambe. On ne sait rien d’elle ni de sa famille, car les premières scènes sont trop courtes pour se faire une idée générale. Les réactions de ses parents ne sont pas crédibles, pas plus que les siennes.

J’ai également été gênée par le mélange des styles qui, à mon sens, ne s'accordent pas très bien ensemble. L’intrigue est plutôt Young-Adult, mais saupoudrée d'une touche vulgaire qui se veut désopilante. Hélas, je ne suis pas sensible à ce type d’humour.

Il y a des clichés que je n’apprécie plus de voir dans les romans jeunesse-YA. De petites choses qui ont une fâcheuse tendance à me faire lever les yeux au ciel. Le fait par exemple que Caden ne se définisse que par son physique. Et c’est directement lié aux réactions d’Ember à son encontre, parfois à la limite de l’absurde. Un exemple tout simple : Ember joue sa vie en décidant de s'enfuir avant que le gouvernement ne lui mette la main dessus. Elle trouve tout de même le temps de se pâmer devant celui qui l'a rattrapée et de noter à quel point il est « beau gosse ». Ou plus simple encore : le fait que Caden l’appelle « princesse ». A-t-on déjà vu plus cliché dans l’histoire du cliché ?

Concernant la romance (assez convenue, il faut dire), j’ai été interpellée par quelque chose de plus grave sur le plan moral. En cherchant à faire du rentre-dedans, Caden en devient très lourd, à la limite du harcèlement sexuel. Le plus étonnant là-dedans est qu’Ember ne réagit qu’avec ses hormones. Donc ça semble admis, justifié. J’en viens à me demander si cette forme de « drague lourde » est encouragée par l’auteur ou pas, en sachant que ça ne choque même pas les intéressés. Pour un roman destiné à la jeunesse, avec des lecteurs qui n’ont pas fini de se construire sur le plan amoureux, je ne trouve pas que ce soit un très bon exemple à donner.

Et Ember n’en a pas fini de me démoraliser avec ses réactions. Pour une personne qui est maintenant la propriété du gouvernement américain, elle oublie très vite ses parents et sa meilleure amie pour les beaux yeux perçants et ténébreux de Caden. Je trouve également qu’elle ne pose pas les bonnes questions. Elle est méfiante, mais pas assez. Elle ne s’interroge jamais en profondeur, malgré le fait qu’elle affirme se méfier de tout et de tout le monde. Exemple : une fois arrivée au QG du programme, elle écrit un mail explicatif à ses parents pour leur expliquer ce qu’elle fait et comment elle va. Elle semble s’étonner de ne pas recevoir de réponse, pas plus qu’elle ne se méfie en faisant des recherches internet sur son ordinateur portable. Elle ne réfléchit jamais plus avant. Ainsi, ses négligences ne font que mettre en lumière ce qu’il va se passer par la suite. Il en devient assez facile de deviner ce qui l’attend au bout du compte.

En résumé, ça me peine de le dire, mais The vanishing girl est une déception. Si l’histoire repose sur des bases intéressantes et prometteuses, l’auteur a choisi de donner la part belle à la romance et aux scènes érotiques, pour une histoire initialement classée jeunesse. La plume de Laura Thalassa est loin d’être déplaisante, mais je n’ai pas aimé sa manière de raconter l’histoire d’Ember, peu crédible, mal approfondie à bien des niveaux et capillotractée. Pour la suite de l’aventure, j’ai bien peur que ce soit sans moi.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantastique/the-vanishing-girl-laura-thalassa
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date : 28-03
Il y a des fois où je me dis que je suis complètement barrée de lire des romans qui excèdent les 800 pages. ET POURTANT, il y a des ouvrages à côté desquels on ne peut pas passer à côté. Et R.R.Étrospective en fait partie. J’ai découvert la plume extraordinaire de George R.R. Martin il y a déjà plusieurs années, avec Le trône de fer ; et plus récemment avec sa novella Dans la maison du ver. Ce grand auteur a toute mon admiration, c’est un fait. Après ma lecture de ce très gros pavé de 1500 pages, cette même admiration a atteint de sacrés sommets.

On connaît George R.R. Martin pour sa saga Le trône de fer, adaptée sous forme de série télévisée. Mais saviez-vous qu’il a écrit plus, bien plus ? Car George R.R. Martin fait partie de ces auteurs prolifiques, touche-à-tout, et a su inventer des univers très variés.

J’ai mis un temps considérable avant de le terminer. Pour une raison simple : il trônait fièrement sur ma table de chevet et j’en tournais quelques pages tous les soirs avant de m’endormir. C’est devenu un petit rituel que j’ai cherché à faire durer le plus longtemps possible.

Cet épais livre qui dépasse allègrement les 1500 pages s’adresse à tous les admirateurs, curieux comme néophytes, à ceux qui ont découvert George R.R. Martin à travers le triomphe de sa série, ou tout simplement la saga littéraire Le trône de fer elle-même… Bien connu pour sa propension à faire souffrir des personnages emblématiques, à rejeter vigoureusement le manichéisme et à approfondir le domaine de la fantasy, le talent de George R.R. Martin n’est plus à prouver. C’est un travailleur acharné, un homme d’une authenticité rare et un scénariste de talent.

R.R.Étrospective est découpé en 9 grandes parties. Dans ces parties, vous découvrirez des nouvelles, certaines déjà connues, d’autres qui m’étaient complètement étrangères. Ici, il n’est plus seulement question de fantasy. Certaines nouvelles touchent le domaine de la science-fiction, du fantastique ou encore le genre horrifique.

Plus étonnant encore, cet ouvrage renferme également des passages qui nous narrent le parcours de cet homme de création. De ses débuts jusqu’à sa vie d’adulte. À travers ces mots, ces pages, ces chapitres, on fait la connaissance d’un artiste déterminé, passionné, dont les écrits n’ont eu de cesse de prouver la maturité de son travail. J’ai été touchée, sincèrement, parce que cet auteur a la réputation d’être très secret. Découvrir quelques pans de son parcours, de sa vie, de ses processus créatifs et de son génie, ça donne l’impression d’être plus proche de lui.

Je me suis passionnée pour les nouvelles retranscrites. Certaines ont plus accaparé mon attention que d’autres, mais elles avaient toutes pour point commun de me tenir en haleine de bout en bout. George R.R. Martin est passé maître en la matière lorsqu’il s’agit de transmettre un sentiment de malaise, ou encore d’étonnement. Il frappe toujours là où on ne l’attend pas. Plus on avance et meilleurs sont ses écrits. Je me suis parfois sentie presque privilégiée de pouvoir découvrir son évolution d’année en année.

J’aimerais vous en dire davantage, mais cet ouvrage est tellement riche, tellement complet et renferme tant de secrets que ce serait vous gâcher le plaisir. Ces 1500 pages, pour être honnête, je n’en reviens toujours pas de les avoir toutes tournées. Elles m’ont accompagnée pendant des mois et n’ont fait que confirmer ce que je savais déjà : cet homme mérite indéniablement sa place parmi les plus grands. Il excelle dans les genres de l’imaginaire et parvient à me faire ressentir mille et une émotions, à travers une plume exquise, raffinée et complexe.

En résumé, R.R.Étrospective est l’ouvrage que tout admirateur de George R.R. Martin se doit d’avoir dans sa bibliothèque. Durant ces 1500 pages, vous découvrirez une biographie, des scenarii pour la télévision ainsi qu’un grand nombre de nouvelles qui vous permettront de mettre en lumière certains aspects de cet homme aussi mystérieux qu’émérite, qui a su nous faire vibrer grâce à son talent et son imagination féconde.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/inclassable--autres/rretrospective-george-rr-martin
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date : 20-03
On ne va pas se mentir, ma dernière lecture de Malorie Blackman date d’il y a quelques mois et n'a pas franchement été une réussite. Pourtant, cela fait déjà un petit moment que je vois Boys don’t cry tourner sur la blogosphère et me faire de l’œil. J’avais très envie de me faire une idée sur la question, d’autant plus que le titre et la couverture annonçaient déjà deux thématiques fortes et actuelles. D’abord, celle des parents-adolescents ; ensuite celle de l’image que cherchent encore à renvoyer la société : les garçons sont forts, ils ne pleurent pas. Ceux qui se laissent aller à une telle faiblesse ne sont que des mauviettes ; pire encore… des femmelettes. Enfin, c’est ce que le titre évoquait chez moi, et connaissant Malorie Blackman et sa tendance à lutter contre les idées reçues, les inégalités et les stéréotypes, j’étais d’autant plus impatiente de mettre le nez dans ce livre.

Boys don’t cry nous raconte l’histoire de Dante, un jeune homme de 17 ans plein d’ambition qui s’apprête à quitter le lycée pour intégrer une université. Seulement, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu, puisqu’un jour, Mélanie, son ex-copine débarque à l’improviste, munie d’une poussette. La réalité frappe Dante en plein visage : il a une fille de presque un an, prénommée Emma. Comble du malheur, Mélanie lui laisse l’enfant avant de prendre la clé des champs. Le monde de Dante s’écroule, ses beaux projets partent en fumée.

Difficile à croire que dans un si petit one-shot cohabitent autant de valeurs, de thématiques et de leçons. Au sein du foyer de Dante, trois hommes vivent sous le même toit : lui, son père ainsi qu’Adam, son petit frère.

Avec Dante vient la problématique de la paternité à 17 ans. Je ne vous cache pas qu’au début, j’étais assez tiraillée. D’un côté je comprenais la sensation du héros d’être piégé, de l’autre, j’étais agacée par son égoïsme (pourtant bien compréhensible). Certains passages sont pénibles à lire, parce qu’on ressent très bien le désespoir et le désarroi du héros dont les projets se sont envolés. Mais peu à peu, la lumière s’invite. Ça se fait de manière très subtile – presque imperceptible –, mais c’est très beau à voir. Ces moments sont tellement lumineux qu’ils donnent envie d'aimer tout le monde et de saisir la beauté de chaque instant.

La morale de l’histoire de Dante est assez évidente, mais j'aime la manière dont Malorie Blackman s'y est pris pour nous la transmettre. En nous livrant un récit qui se fait tour à tour compliqué et simple, intuitif et complexe.

J'ai eu un gros faible pour Adam et ses répliques piquantes, son don pour mettre les pieds dans le plat et ses sarcasmes bien envoyés, Comme le dit Dante, Adam a la langue aussi acérée qu'un rasoir (ce qui n’est pas peu dire !). Adam apporte avec lui la question de l’homosexualité et de la place de l’homme dans la société. C’est un personnage qui m’a vraiment touché parce qu’il est extrêmement sensible et que derrière ses blagues se cache une très grande fragilité.

Malorie Blackman n’en finit pas de nous surprendre. En partant d’un postulat de départ somme toute assez simple, elle développe de nombreux phénomènes de société à l’ordre du jour qui parleront à tout le monde, sans exception. On évoque souvent les différences homme/femme dans les médias, des hommes bien souvent privilégiés, au travail, par exemple. Pourtant, il y a une chose que l'on aborde trop peu à mon goût, à savoir le fait que l'on attribue systématiquement le bien-être des enfants à la mère. On estime que, par défaut, c'est la mère qui sait s'occuper de tout ce qui tourne autour de sa progéniture. Et malgré le fait que notre société évolue, certains préjugés perdurent. Et c'est au travers de Dante que l'on découvre tout cela.

Et Malorie Blackman ne s’arrête pas là. Elle ne soulève pas seulement la question de la parentalité à l'adolescence. Elle aborde de nombreux autres sujets, des sujets qui touchent les hommes, quels qu'ils soient, soumis aux codes, aux contraintes et à ce que l'on attend d'eux dès leur plus tendre enfance.

En résumé, Boys don’t cry fait partie de ces romans qui délivrent énormément de messages. Malorie Blackman nous parle sans ambages. De la vie. De la solitude. De l'errance. Et surtout de l'importance de dire je t'aime. À travers un récit très intelligent, on creuse plus loin dans des faits de société loin d'être anodins.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/boys-dont-cry-malorie-blackman
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date : 08-03
Jusqu’à maintenant, je n’ai lu que le premier tome de Miss Peregrine et les enfants particuliers. Je me souviens avoir bien aimé cet univers savamment pensé, et j’étais donc curieuse de découvrir ce spin-off sous forme de recueil de contes. J’ai toujours eu un faible pour les contes, et je vous avoue que j’aurais adoré lire de telles histoires quand j’étais petite.

Dans ce petit ouvrage de 200 pages, nous découvrons 10 contes qui nous relatent des aventures très variées et particulièrement originales. Je me suis très vite prise au jeu et j’en ai savouré chaque détail.

Si ici il n’est plus question de photographies hautement malaisantes, chaque début d’histoire est illustré par un magnifique dessin très travaillé. L’immersion est immédiate ! En ce qui concerne les contes en eux-mêmes, certains m’ont plus séduite que d’autres (je pense que la tranche d’âge visée varie d’une histoire à l’autre), et aucun n’est semblable à son prédécesseur. On a envie de rester un peu plus longtemps dans chacun de ces contes, tant on s’y sent bien. Ramson Riggs – ou devrais-je dire Millard Nullings – nous amène partout et nous fait rencontrer des particuliers venus de tous horizons. Un véritable délice !

Afin que vous ayez une petite idée de ce qui vous attend, j’ai pensé que découvrir les contes que j’ai préférés vous plairait peut-être :

Les splendides cannibales 
Il s’agit d’un de mes contes préférés du recueil. Nous nous retrouvons au cœur d’un modeste village peuplé de particuliers. Ceux-ci vivent en harmonie, jusqu’au jour ou d’autres particuliers, qui ne se nourrissent que de chair humaine, s’arrêtent dans leur bourgade.
Ici, on progresse par palier, et l’histoire finit presque par ressembler à une fable. L’auteur nous met face à certains principes de moralité, comme le fait que l’envie et la jalousie peuvent provoquer la décadence, ou encore que certains sont capables du pire pour triompher de leurs voisins. À travers cette histoire des plus singulières – un peu glauque aussi, avouons-le, on prend conscience de l’importance de la simplicité, tout en constatant amèrement que l’appât du gain peut changer les meilleurs d’entre nous.
Vous l’avez sans doute remarqué, mais ce conte-là m’a vraiment beaucoup plu, parce que je trouve qu’il véhicule un certain nombre de valeurs et qu’il peut également sensibiliser les petits comme les grands.

La princesse à la langue fourchue
Dans cette histoire aux allures de conte merveilleux, l’auteur nous narre les aventures d'une magnifique princesse dotée d'une particularité que tous jugent repoussante : sa langue est fourchue et son dos recouvert d’écailles brillantes. Depuis toujours, elle fait son possible pour cacher ces anormalités, et seule sa femme de chambre connaît son honteux secret. Un jour, son père décide de la marier au prince d’une contrée voisine, et la jeune fille se demande comment son futur époux réagira en découvrant sa véritable nature.
Bien qu’assez absurde par moment, ce conte se lit tout aussi vite et nous donne pas mal de grain à moudre. C’est ainsi que les lecteurs de La princesse à la langue fourchue apprendront qu’il est important de ne pas se mentir à soi-même et de s’assumer tel que l’on est, tout en évitant de porter un jugement sur ceux qui sont différents.
Quoi qu’il en soit, en seulement quelques lignes, on se prend d'affection pour cette princesse qui cherche à bien faire et se plie en quatre pour correspondre à ce que l'on attend d'elle. Même dans la souffrance, elle ne perd rien de sa générosité, et c’est une belle leçon, en soi.

La première Ombrune 
L'une des histoires que j'ai préférée parce qu'elle nous conte l'apparition des premières boucles temporelles, créées in extremis par la toute première Ombrune, Ombrine. Celle-ci vit au milieu d’une famille d’autours de palombe et se transforme parfois en femme humaine. Un jour, elle décide de quitter les siens pour découvrir le monde, et tombe sur un campement de particuliers rebus de la société. Elle va tenter d’utiliser ses dons pour protéger ses nouveaux amis des dangers qui les menacent.
J'ai trouvé cette légende très belle. C'est la plus élaborée, celle qui renvoie directement à la saga et nous transporte à ses débuts. Je me suis laissée porter, un peu comme si moi aussi j’étais avec eux.

Il y a bien d’autres contes qui vous feront voyager, comme celui de Cocobolo, cette île insaisissable qui renferme une richesse insoupçonnée, ou bien Le garçon qui retenait la mer, qui m’a rendue assez triste, je dois dire. Vous pourrez côtoyer les morts de près avec L’amie des fantômes et mener la guerre aux pigeons dans Les pigeons de Saint Paul. Bref, il y en a pour tous les goûts. Tous ces contes sont différents, tous marquent les esprits. À dire vrai, je ne dirais pas non à d’autres histoires concoctées par Millard Nullings…

En résumé, Contes des particuliers est un très beau recueil, porteur de leçons de morale et de valeurs importantes. Vous trouverez des histoires mignonnes, douces et attendrissantes, mais aussi des contes plus tristes ou plus cruels. Ce complément de la saga permet avant tout de rester un peu plus longtemps aux côtés des particuliers, tout en apportant dans son sillage des histoires aussi variées que singulières.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantastique/miss-peregrine-et-les-enfants-particuliers-ramson-riggs
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Le premier tome de Paranoïa avait été une lecture plutôt chouette, l’occasion de découvrir une jeune plume francophone. Je pensais qu’il s’agissait d’un one-shot et sa fin (ouverte) me convenait très bien telle quelle. Ma surprise était donc totale lorsque j’ai découvert qu’une suite allait sortir. Poussée par la curiosité, je me suis dit qu’il fallait tenter. Malheureusement, je n’ai pas su m’immerger dans ce tome 2 autant que je l’espérais.

Nous retrouvons une Judy plus paranoïaque que jamais. Ses visions ont disparu maintenant qu’Alwyn l’a abandonnée. Après avoir accouché, elle a confié son bébé à Lisa qui l’a prénommé Will. Le docteur Rivière, son nouveau psychiatre, tente de comprendre ce qui lui est arrivé, en démêlant le vrai du faux, l’impression de la réalité. Judy est-elle réellement folle ? Ou bien ses visions et son histoire avec Alwyn ne sont en réalité que les fruits d’un phénomène paranormal ? Miroir répond à toutes ces questions.

Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai eu des difficultés à comprendre ce tome. Et s’il y a bien quelque chose que je ne supporte pas dans les suites de saga, c’est de manquer de repères d’entrée de jeu. Je ne gardais presque aucun souvenir de Paranoïa et Melissa Bellevigne reste nébuleuse tout le long de son roman. J'avais beau aller de l'avant et m’accrocher tant bien que mal, il subsistait un certain doute dans mon esprit. Il me manquait certaines pièces oubliées pour réussir à reconstituer les événements précédents dans leur entièreté. Et ne pas pouvoir le faire, c’est assez frustrant.

Malheureusement, ce n’est pas tout, l’auteur nous jette dans le bain sans bouée ni brassards et nous regarde lentement nous noyer dans une intrigue qui oscille entre surréalisme et flashs-back. C’est avant tout une affaire de goût, mais j’aurais préféré être accompagnée, parce qu’il m’a fallu un moment avant de trouver mes marques (et encore, je les perdais très souvent tout au long de ma lecture).

Je me suis surprise à décrocher à plusieurs reprises, tout simplement parce que j'ignorais où l'auteur souhaitait en venir. À force de ne pas comprendre, j'ai fini par me demander si je n'étais pas tout simplement stupide…

Deux choses m’ont poussée à poursuivre ma lecture. D’abord, l’envie de savoir, de comprendre. Le fait que le pseudo passé et le présent se mêlent, ça a quelque chose de très intriguant et ça a réveillé ma curiosité maladive. L’autre raison est que la plume de l’auteur est dotée d’un grand potentiel. Elle est crédible, bien maîtrisée et pas dénuée d’une certaine élégance. Melissa Bellevigne a « un petit quelque chose », c’est indéniable. On sent qu’elle a pris de l’assurance dans la rédaction de ce deuxième tome, et c’est plaisant à constater.

« La vie ne m'avait pas fait de cadeau, elle m'avait juste laissée me débattre dans les eaux tumultueuses d'un monde trop hostile à ma présence. » 

Malheureusement, ça n’a pas suffi, surtout dans les flash-back lorsqu’il est question d’une romance. Entendons-nous bien, j’adore la romance, je la dévore ! Mais ici, elle était un peu trop niaise, avec des dialogues capilotractés et un effet « hollywoodien » assez marqué. Pourtant, j’ai bien aimé les personnages qui s’avèrent bourrés de sensibilité, même si parfois ils tombent trop facilement dans la caricature et les délires de persécution. La romance, elle, m’a laissée de marbre.

Melissa Bellevigne prend également des raccourcis dangereux en parlant de folie lorsqu'il s'agit seulement d'un ami imaginaire qu'un enfant se figure. Entre autres choses. L'aspect psychopathologique est encore bancal et manque d'approfondissements. On est bien trop souvent sur des tournures évitantes avec la prolifération de termes médicaux très pompeux pour cacher quelque chose qui n'a aucune consistance. Dommage.

La fin est intéressante, mais tout a été cousu au gros fil une bonne partie du récit, si bien que je suis restée assez mitigée. L'idée a du potentiel, mais manque de crédibilité pour qu'on y croie entièrement. Même si j’ai apprécié la tournure que cela a pris et qui, d’une certaine manière, lève le voile sur une bonne partie de nos interrogations. En revanche, l’épilogue vient une nouvelle fois balayer nos certitudes et m’a une fois encore donné l’impression d’être une imbécile, puisque je ne l’ai pas compris. Tout porte à croire que Melissa Bellevigne s’offre la possibilité d’enquiller avec un troisième tome. S’il y a une suite, je ne pense pas que je la lirai.

En résumé, Miroir est une suite que je parviens pas encore à définir. Le fait de ne pas comprendre la majorité de ma lecture m’a laissée frustrée et sur les genoux. Pour moi, il s’agit d’un roman aux allures de pièce rapportée, un poil psychédélique, que j’ai du mal à évaluer. Le fond reste intéressant et j’ai apprécié qu’une grande partie des questions que je me posais trouve des réponses.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantastique/paranoia-melissa-bellevigne
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date : 22-02
La couleur du mensonge… sa magnifique couverture, son résumé un peu trop détaillé, mais particulièrement intrigant… Voilà un titre qu’il me tardait de recevoir, et une histoire que je me languissais de dévorer ! Je n’ai pas attendu : je me suis jetée dessus sans tarder et je l’ai terminé très rapidement. Ce premier tome s’est révélé être un page-turner bourré de surprises.

Sage vit à la charge de son oncle et sa tante. Pour une fille telle qu’elle, le seul choix dont elle dispose est celui du mariage. Pourtant, Sage ne l’envisage pas un instant. Son caractère impétueux et son don aigu pour analyser les autres font d’elle une personne difficile à contenter. Un jour, son oncle lui annonce qu’il a réussi à lui obtenir une entrevue avec la marieuse la plus cotée du pays. Même si elle n’en a pas la moindre envie, Sage se plie à sa décision et rencontre donc Maitresse Rodelle. Mais on ne se débarrasse pas aussi facilement de sa langue bien pendue, et Sage n’est pas une fille qui se plie aux règles élémentaires. Plutôt que de lui trouver un mari, Maitresse Rodelle la prend comme apprentie. Les voilà bientôt à sillonner les routes afin d’accompagner de jeunes célibataires vers la capitale où elles seront mariées aux plus beaux partis du royaume. Escortées par une troupe militaire aux intentions douteuses, Sage va se lancer dans une aventure des plus inattendues.

Ce qui m’a d’abord séduit dans La couleur du mensonge, c’est son cadre bien particulier. Un univers aux allures médiévales, tout en se retrouvant dans la peau d’une apprentie entremetteuse… ça me plaisait énormément ! Il m’est très vite apparu que ce titre ressemblait à certains ouvrages de fiction historique, tout en apportant un vent bienvenu de nouveauté et d’une certaine modernité.

On le remarque surtout à travers Sage, une héroïne qui ne s'en laisse pas compter, opiniâtre avec un caractère de feu. Fine observatrice, elle m’a impressionnée plus d’une façon. Elle m’a fait penser à un petit animal sauvage qui mord parfois la main qu'on lui tend.

On suit également Ash et Queen, deux hommes chargés d’escorter les jeunes filles jusqu’à la capitale. Il y avait quelque chose chez Ash qui me dérangeait, sans que je parvienne à mettre le doigt dessus. En revanche, j’ai eu un faible pour Queen (quand vous aurez lu le livre, vous comprendrez l’ironie de la situation).

Là où Sage s’avère trop prompte à passer aux conclusions, Queen, lui, se montre trop pressé dans chacun de ses actes. Les histoires de Queen et de Sage sont différentes en tout point, mais leur route finit par s'entrecroiser par la force des choses. Et ça donne quelque chose… d’intéressant, je dirais !  

La prise en main du roman n’a pas été sans quelques difficultés, en ce qui me concerne. Le début, avec sa légère surcharge de plans stratégiques, m'a paru un peu difficile à intégrer. Mais après une centaine de pages, toutes les pièces du puzzle se mettent en place et j'ai pris énormément de plaisir à découvrir cette histoire.

L'univers créé par Erin Beaty est fourni, la psychologie des personnages bien amenée et sans artifices. L'auteur nous les présente tels qu'ils sont et nous offre des dialogues particulièrement percutants.

Au niveau du style et du contexte, j’ai beaucoup pensé à The Curse qui est une saga que j'affectionne énormément. Ça bouge dans tous les sens, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Erin Beaty joue avec nos nerfs, les personnages rusent, mentent et se cachent de lourds secrets. La manipulation atteint un tel niveau qu'au bout du compte, on ne sait plus très bien qui manipule qui. 

Quand on parvient au point de rupture où les masques s'abaissent, c'est la confusion qui règne. J'ai commencé à revenir en arrière pour relire certains passages et faire la lumière sur des dialogues un peu nébuleux. Une chose est certaine : les personnages cachent sacrément bien leur jeu. Et c’est sans doute ce que j’ai le plus aimé dans ce premier opus !

En résumé, stratégies militaires et paranoïa sont de mise. La couleur du mensonge est un roman qui s’apprivoise, où la vérité se mérite. Ne croyez pas tout ce que vous lisez, vous risqueriez de tomber dans le panneau, comme moi ! Ici, tout le monde cherche à en apprendre sur tout le monde. Les personnages rivalisent de ruses pour découvrir ce que cachent leurs interlocuteurs. Prêts pour une aventure où les mensonges sont au cœur de toutes les préoccupations ?


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/la-couleur-du-mensonge-erin-beaty
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date : 16-02
Vous avez sans doute entendu parler de ces tragédies évoquées dans les faits divers : un adolescent qui ouvre le feu sur ses camarades de lycée. C’est un sujet d’actualité qui a fait beaucoup de remous ces dernières années (et qui en fait même depuis deux jours, là). De quoi donner bien des sueurs froides. Marieke Nijkamp aborde ce sujet brûlant à travers son œuvre fictionnelle 54 minutes.

Dans ce court roman de 289 pages, nous suivons Tomás, Sylv, Autumn et Claire. Tous sont élèves à Opportunity School. Un jour, alors que deux d’entre eux assistent au discours de leur principale, un ancien lycéen fait son entrée, verrouille les portes et tire sur la foule. Il s’agit de Tyler, le frère d’Autumn. Mais alors que veut-il ? Pourquoi fait-il ça ? C’est à travers la voix de 4 personnages que les tourments de Tyler vont être révélés au grand jour. Minute après minute, nous allons marcher dans leurs pas et découvrir l’horreur de ce qui les attend.

C’était pour moi un vrai challenge de lire ce roman. Une amie m’en avait parlé, et si j’étais particulièrement attirée par le thème, je savais en revanche qu’il allait mettre mes nerfs à vif. J’ignorais si j’étais vraiment prête à le supporter. Finalement, j’ai tenté le coup.

Dès les premières pages, je n’ai pas pu m'empêcher d'avoir une boule dans la gorge, parce que je savais pertinemment ce qui allait se passer. Puis Tyler arrive et l’irréparable se produit. Là, on se sent étrangement claustrophobe. On se figure sans mal la détresse, le chagrin, la mort, le sang… tout cela nous explose en plein visage, et le lecteur n’est que l’impuissant témoin de cette tuerie de masse.

Ce qui fait la force de 54 minutes, c’est son rythme. À la fois effréné et terriblement lent. Le temps est comme ralenti. On est suspendu à un fil, passant minute après minute aux côtés des personnages. Et en même temps, la vitesse avec laquelle les éléments s’imbriquent donnerait presque le tournis. C’est finement amené de ce côté-là et ça ne fait qu’alimenter le caractère anxiogène du récit.

Marieke Nijkamp a décidé de donner la parole à 4 personnages. Tous sont des adolescents à l'aube de l'âge adulte. Ils ont des rêves, des aspirations, des fêlures et des secrets. Beaucoup de secrets. Leurs voix s'élèvent à l'unisson pour reconstituer l'histoire. Les témoignages, les sentiments et les émotions de chacun sont mis à nu. De temps à autre, des messages Twitter viennent agrémenter le récit pour nous rappeler qu’en dehors de ce huis clos, la vie continue, les gens s’agitent. Ça ne fait que renforcer la crédibilité de l’histoire.  

54 minutes repose sur un thème actuel. En sachant que de réelles personnes ont dû vivre un calvaire similaire, l’histoire n’en est que plus glaçante. Et l’auteur se sert de ça pour apporter plus de poids encore à son intrigue. Même si dans l’ensemble celle-ci m’a paru assez convenue, j’ai trouvé la plume d’une simplicité tranchante, presque chirurgicale. Cette absence de fioritures rend le rythme plus percutant encore.

La fragmentation des points de vue pour un livre aussi court est un risque en soi. Chaque témoignage tient sur 3 à 4 pages avant de passer au suivant, ce qui, pour ma part, m’a empêché d’être entièrement dans l’empathie avec les personnages. Je les ai trouvés émouvants dans leur fragilité, mais le roman se focalise sur l’instant ou sur des aspects très précis du passé de certains. Il est évident que le roman n’a pas pour portée de s’attarder sur tous les personnages en profondeur. Il y a plutôt un sentiment d’urgence et une rapidité dans les actions qui permet à la machine de s’emballer très vite pour nous laisser essoufflés en fin de course. D’ici quelques années, je ne pense pas me souvenir encore des personnages ; en revanche, je me souviendrai du thème de ce roman et ce qu’il m’a poussé à éprouver.

On peut également être tenté de se demander quelle est la morale d’un livre pareil. Je suppose qu’en plus de chercher à nous décrire l’horreur de l’acte, Marieke Nijkamp a également voulu nous expliquer ce qui pouvait se jouer dans la tête du tueur. Comment peut-on en arriver à tirer sur ses camarades sans autre forme de procès ? Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière le masque d’un meurtrier ? Est-ce qu’il existe des raisons valables qui puissent justifier un acte aussi barbare ? Elle nous laisse nous faire notre propre avis sur la question…

En résumé, j’ai passé 54 minutes au cœur d’une tuerie. J’y ai rencontré des personnages fragiles et vulnérables. J’ai eu mal, mais pas autant que je le craignais. J’ai réfléchi, aussi. Parce qu’on a tendance à oublier que tout peut partir en vrille le temps d’un battement de paupières. Je n’ai jamais trouvé le temps aussi long et en même temps aussi rapide… Et n’oubliez pas : 54 minutes peuvent suffire à changer votre vie à jamais.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/54-minutes-marieke-nijkamp
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date : 15-02
C’est d’abord la couverture et ses airs de The air he breathes qui m’a donné envie de me pencher sur cette histoire signée Battista Tarantini. J’ai un faible pour les héros bruts de décoffrage, façon ours mal léché, et j’étais impatiente de plonger dans une romance qui prend place au fin fond du désert australien.

Suite à une transplantation cardiaque, Grace a du mal à savoir qui elle est et ce qu’elle veut dans la vie. Soucieuse de se retrouver et d’apprendre à vivre avec ce cœur tout neuf, elle traverse le globe pour se rendre chez sa tante, dans une toute petite ville d’Australie. Alors qu’elle roule dans le désert cahin-caha, elle tombe en rade. Z, mécano maussade et bourru, frappe à la fenêtre de sa voiture…

Heroes (qui pour le coup porte très bien son nom) fait partie de ces romances que l’on apprécie pour une multitude de petites choses. D’abord, avec ces héros qui sont là pour marquer les esprits. Une héroïne qui entreprend une quête initiatique après avoir frôlé la mort, et un héros écorché vif dont on ne sait presque rien, pas même son prénom ! Tout cela dans un environnement peuplé de bestioles que j’aimerais ne jamais croiser dans mes toilettes et de nombreuses références aux héros de Marvel que l’on connaît tous.

Battista Tarantini ménage son effet en taisant la plupart des informations concernant Z. Ce grand gaillard a pourtant un passé intéressant que l’on découvre au moyen de flash-back qui retracent son adolescence. Si au début je ne voyais pas trop où l’auteur souhaitait en venir, j’ai fini par me prendre au jeu et même à les trouver plus intéressants que l’histoire en temps réel. Ces flash-back, c’est de l’adrénaline, du suspens et de la peur. On connaît le début, on connaît déjà la fin, mais on remonte lentement le fil afin de saisir le pourquoi du comment. Et c’est ce qui donne à Z toutes ces nuances.

On sent également la passion de l’auteur à l’égard des Comics qui se retrouvent tout au long de l’histoire et viennent lui donner tout son cachet. Je ne suis pas particulièrement fan du monde des super-héros, mais j’ai beaucoup apprécié ces parallèles et la place que cette passion tenait au sein du récit.

Seulement c’est trop tard. Je ne suis plus invisible. Je renais de mes cendres.
Je n’ai plus peur.
Je crois même que mon cœur est en train de développer son dernier pouvoir ; celui dont parlait Jenna le jour où elle m’a fait boire du champagne. Celui qui sommeillait en attendant que je maîtrise les autres.
Poum-poum. Poum-poum.
Oui, celui-là.

Ce que j’ai moins apprécié en revanche, c’est la romance entre Grace et Z qui n’a pas réussi à totalement me convaincre. Parfois, je la trouvais trop rapide, parfois trop lente. Alors que les rouages prenaient tout leur sens dans les flash-back, j’avais l’impression de piétiner dans la romance. Ça manquait de quelque chose pour me faire définitivement frissonner. J’aurais également bien aimé que Grace ait un tempérament plus fort, au vu de ses goûts en matière de littérature. À bien des reprises, je l’ai trouvée trop passive, alors qu’il y avait de quoi pousser une gueulante.

Le retournement de situation dans la deuxième partie du roman est plutôt bien joué. Je n’avais rien vu venir et c’est là que les flash-back prennent tout leur sens. Le passé et le présent – que l’on a suivi parallèlement une bonne partie de l’histoire – se percutent violemment pour donner un final haletant.

En résumé, Battista Tarantini nous offre ici une histoire d’amour qui repose sur des éléments particulièrement intéressants. Un cadre étouffant, des héros cabossés, des sentiments péniblement muselés, des super-héros jamais très loin et un final que l’on ne voit pas venir. C’est pour moi une agréable lecture qui nous réserve de chouettes surprises.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/contemporaine/heroes-battista-tarantini
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date : 10-02
J’ai expérimenté la plume de Jay Asher l’année dernière, et ce roman graphique m’a très vite fait de l’œil. Je connaissais déjà l’histoire du joueur de flûte de Hamelin, et étant une grande amatrice de réécritures de contes, j’étais curieuse de connaître la version de ces deux auteurs.

Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de ce conte populaire, il raconte l’histoire d’un joueur de flûte qui se rend dans un village infesté par les rats. Armé de sa flûte capable d’envoûter n’importe qui, il parvient à assainir Hamelin. Pour une raison inconnue, les habitants refusent de le payer. En guise de représailles, le joueur de flûte attire dans la forêt tous les enfants du patelin à l’aide de sa mélodie, et plus personne ne les revoit jamais.

Ça, c’est pour la version officielle, dirons-nous. La version de Jay Asher et Jessica Freeburg est un chouia différente, mais pas moins intéressante. Nous faisons la connaissance de Maggie, une jeune fille sourde dotée d’une grande sensibilité. Sa route va croiser celle du joueur de flûte et une étrange connexion va s’établir entre eux. C’est essentiellement à travers les yeux curieux et ingénus de Maggie que le voile de mystère du joueur de flûte va être soulevé.

L’ouvrage est particulièrement soigné. Avec une couverture en soft touch et des dessins particulièrement poétiques, je dois avouer que j’ai été complètement happée par l’ambiance de Hamelin.

Dans l’ensemble, j’ai passé un moment agréable. Le joueur de flûte de Hamelin est une version lyrique qui transmet beaucoup d’émotions. Elle peut se faire très belle et l’instant d’après nous plonger dans une mélancolie douce-amère. Les pages se tournent évidemment très vite, et j’ai senti toutes les bonnes intentions des auteurs pour nous retranscrire leurs messages à travers ce roman graphique.

La seule chose qui me chiffonne, c’est le format. Plutôt qu’une bande dessinée, cette histoire aurait gagné en profondeur si elle avait été retranscrite sous forme de roman illustré. Il y a beaucoup de points qui auraient mérité d’être étoffés et mis en relief. Malheureusement le format BD ne s’y prête pas du tout. On ne fait qu’effleurer certains aspects, ce qui laisse un arrière-goût de trop peu.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/bandes-dessineacutees/le-joueur-de-flute-de-hamelin-jay-asher-et-jessica-freeburg
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En commençant ce cinquième opus de DanMachi, je ne me faisais pas de souci. Fujino Omori parvient systématiquement à me surprendre et les aventures de Bell ne font que s’enrichir et nous apporter de nouvelles perspectives. Ce tome-là ne fait pas exception à la règle puisque, sans surprise, j’ai passé un excellent moment !

Bell, Lili et Welf ont maintenant le niveau nécessaire pour se rendre dans les strates intermédiaires du Donjon. Seulement, à ce stade de leur exploration, le danger est bien plus grand, les monstres plus nombreux, le Donjon plus rusé. Et par un malheureux concours de circonstances, l’équipe frôle la mort et se retrouve dans une situation des plus critiques. La seule solution qu’il le reste pour s’en sortir… c’est de descendre encore plus bas dans le Donjon pour espérer rejoindre au plus vite une aire de repos.

De son côté, constatant que son cher Bell n’est pas revenu, Hestia s’inquiète. Persuadée qu’il est toujours en vie, elle décide de s’aventurer elle-même dans le Donjon pour aller le sauver, accompagnée de personnes désireuses de lui venir en aide.

C'est incroyable la facilité avec laquelle cette série m'emporte de tome en tome. J'ai toujours l'impression de me retrouver dans un jeu vidéo grandeur nature. On pourrait croire qu’avec la profusion de nouveaux personnages qui viennent s’ajouter au fur et à mesure, on s’emmêlerait les pinceaux. Et bien même pas ! Je replonge chaque fois tête la première dans ce monde que je commence à très bien connaître, et je ressors toujours plus stupéfaite et comblée.

Dès les premières pages, on sent que les choses sont bien moins aisées. Terminés les étages supérieurs du Donjon, place aux strates intermédiaires ! Et le danger nous prend tout de suite à la gorge. J'ai vraiment senti le chaos de la situation dans laquelle Bell et son équipe se sont fourrés. Je courais presque à leurs côtés pour échapper au courroux des Molosses Infernaux, des Chiroptères Délétères ou encore des Almirajs.

Jusqu’à maintenant, notre héros a traversé bien des embûches, mais il s’en est sorti sans trop de casse, et même avec un certain panache. Dans ce tome 5, il est jeté au pied du mur et les options qui s’offrent à lui sont moindres. Les seules restantes ne sont que des coups de poker. Même la progression hors du commun de notre aventurier préféré ne suffit pas à déjouer les pièges que le Donjon place sur son chemin.

Parlons-en, du Donjon… Cette fois-ci, j’ai vraiment eu l’impression dérangeante qu’il était doué d'une volonté propre, celle de jouer avec les aventuriers comme un chat joue avec une souris avant de la croquer. Le Donjon n'attend qu'une chose : mettre en déroute ceux qui foulent son sol en les épuisant. Et la mort rôde durant une bonne partie du roman…

On peut également apprécier le fait que l’auteur ne se repose pas sur ses acquis pour nous pondre un énième tome servant de remplissage… Non, clairement non ! Cette nouvelle aventure nous apporte encore plus d’informations et beaucoup de perspectives au cœur des strates intermédiaires. Certains personnages bien mystérieux se dévoilent un peu plus, alors que d’autres semblent avoir des desseins qui nous échappent. Une chose est certaine, c’est que les progrès étourdissants de Bell intéressent de plus en plus les dieux de ce monde…

Le seul point qui vient noircir le tableau, c’est l’attitude passive de Bell lorsqu’il est pris en sandwich entre Aiz et Hestia. C’est un des aspects du héros que je ne supporte plus, et les tentatives d’humour un peu grivoises me laissent de marbre. Autant je trouve le personnage de Bell impressionnant en général, autant il se transforme en petit garçon de 11 ans dès qu’il s’approche d’un peu trop près d’une poitrine. Je ne suis pas très sensible à ce genre de blague, hélas.

En résumé, Fujiro Omori se surpasse chaque fois un peu plus ! Le tome 5 de DanMachi est audacieux, bien fichu. On assiste à une évolution palpable de l’intrigue, avec des monstres plus redoutables et des dangers qui viennent de tout côté. Bell est au centre de toutes les attentions et a su m’emporter dans cette aventure au comble de l’originalité.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/dan-machi-la-legende-des-familias-fujino-omori
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Et voilà, j’ai terminé Calendar Girl, après 1 an à suivre Mia chaque mois dans ses aventures d’escort girl. Bien que cette saga soit aux antipodes de mes attentes habituelles, je me suis attachée à cette histoire, et son côté « sortie mensuelle » n’y est pas pour rien. J’étais plutôt émue de terminer avec ce tome qui nous offre une fin digne de ce nom.

Le mois de Novembre amorçait déjà gentiment la fin des aventures de Mia, et pourtant, cet ultime tome nous réserve encore quelques surprises puisque le travail de la jeune femme l’envoie dans le Colorado. La jeune fille n’a pas fini d’en apprendre sur elle, sur son passé, et des révélations l’attendent encore en ce mois de Décembre.

C’est sans doute le tome qui, à mes yeux, est le plus abouti de toute la saga. Il conclut à merveille les aventures de Mia, et est placé sous le signe de l’amour et de la famille. Mia n’a jamais été aussi bien entourée, et c’est une grande page de sa vie qui se tourne pour elle. Tous les hommes qui ont jalonné son chemin ont fait d’elle ce qu’elle est. Même si je n’ai pas adhéré à tout, j’ai tout de même senti l’importance des rencontres et l’impact qu’elles avaient eu sur Mia.

Je retiens plusieurs choses de cette saga. D’abord, je n’ai clairement pas la même vision de l’amour que Mia. Il m’est arrivé de la trouver insupportable, inutilement bornée, mais à côté de ça, j’ai apprécié sa sensibilité et sa fragilité, derrière son physique de bombe atomique.

Mon ressenti de Calendar girl a eu un parcours en dents de scie. J’ai bien apprécié certains tomes, tandis que d’autres m’ont exaspérée. Mais terminer sur cette note, ce point d’orgue… ça m’a permis de définitivement me réconcilier avec Mia. J’en ai presque oublié mes griefs et j’ai su apprécier ce mois de Décembre pour ce qu’il est : un mois doux, où la famille se retrouve, où l’amour éclot de toutes parts. Un mois de renouveau, le tout dernier avant une nouvelle année, une nouvelle aventure.

En résumé, Calendar girl se distingue des autres romances érotiques grâce à son format. Des tomes courts qui relatent l’histoire d’une jeune fille brisée amenée à renaître de ses cendres. 12 mois durant lesquels on suit Mia dans ses pérégrinations. Elle change, elle grandit, elle s’affirme. Elle tombe parfois. Beaucoup même. Mais elle se relève toujours pour avancer, quoi qu’il arrive. Même si j’ai trouvé que la qualité de la saga déclinait à certains moments, je ne regrette pas cette année passée aux côtés de cette héroïne.

Chronique : https://april-the-seven.weebly.com/contemporaine/calendar-girl-audrey-carlan
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Ma découverte de cette saga a été une heureuse surprise. Je me souviens avoir passé un excellent moment aux côtés de Maia, Belle, Lake et Chae Rin. Quatre demoiselles avec du chien ! Ce tome 2 est dans la parfaite continuité du premier opus, puisque l’auteur nous sert cette fois-ci une suite plus qu’à la hauteur, où l’action ne manque pas un seul instant.

La confrontation avec Saul à la fin du premier opus ne s’est pas très bien passée. Maia a fait des découvertes à glacer le sang, et doit vivre avec certains secrets dont elle ne s’est pas libérée auprès des autres Effigies. Elles s’entraînent toutes sans relâche et redoublent d’efforts pour mettre la main sur Saul et l’empêcher une bonne fois pour toutes de contrôler les spectres. Mais il se pourrait que le jeune homme ne soit plus l’unique ennemi qui menace les Effigies…

Faire face quand on est 4 filles adulées par les médias, traitées comme des stars du divertissement, tout en combattant des monstres en décomposition, ça n'a rien d'une partie de plaisir. Et c’est ce que j’apprécie le plus avec cette saga. Maia, Belle, Chae Rin et Lake sont des adolescentes complexes. Au vu de la situation, il n’y a pas à tortiller : elles doivent s’unir pour être plus fortes. Seulement les non-dits affaiblissent considérablement leur équipe.

Les Effigies ont pris la décision de rester soudées, mais cette promesse est parfois très difficile à tenir. Elles doivent composer avec les humeurs et les tempéraments de chacune, occire des monstres et des monstres, et tout ça en tentant de comprendre ce que la Secte s'efforce de leur cacher. Ça n'a rien d'une promenade de santé !

Contrairement à ce que je craignais au préalable, je n'ai eu aucune difficulté à me remémorer les évènements précédents. On entre assez vite dans le vif du sujet ; pas le temps de lambiner qu’il faut déjà s’accoutumer aux missions des filles et aux mystères qui ne font que pleuvoir de toutes parts.

Le rythme est particulièrement effréné, ce qui donne parfois une impression de trop. Ça en devient flou tant le nombre d’éléments en jeu est important. On ne sait plus très bien à qui se fier, l’intrigue s’épaissit, tout se mélange. C’est une lecture dense, et j’avoue m’être parfois un peu emmêlé les pinceaux tant la cadence était soutenue.

Quant aux personnages, on n’a pas fini de les apprécier, chacun pour des raisons différentes. La plupart s’avèrent pleins de charisme. Ils parviennent à en imposer en toutes circonstances tout en nous apportant bon nombre de perspectives. Je me suis surtout sentie en phase avec Maia, très tiraillée et tourneboulée dans ce tome-ci. On s’attache facilement à ces filles, tout en sachant qu’il subsiste en elles une part d’ombre qui n’en a pas fini de nous prendre par surprise.

On pourrait croire que les romans du même style ont déjà fait le tour de la question, pourtant, Sarah Raughley parvient à renouveler le genre. Parce qu’en creusant un peu, on s’aperçoit que The Effigies, c’est plus que 4 filles dotées des pouvoirs élémentaires. Ce sont des mythes riches, qui rivalisent d’ingéniosité et d’imagination.

Et Sarah Raughley sait parfaitement soigner ses fins. Le suspense est alors à son comble, de façon à nous donner envie d’avoir la suite au plus vite. L’auteur soulève encore plus de questions brûlantes, et je suis curieuse de découvrir ce qu’elle nous réserve avec le dernier opus.

En résumé, L’assaut des ombres n’en a pas fini avec nous. La tension est à son comble. Espions, complots et manœuvres secrètes nous attendent dans ce roman de près de 600 pages. 600 pages qui se dévorent particulièrement vite et qui nous laissent à bout de souffle. J’ai surtout apprécié cette intrigue qui atteint des sommets insoupçonnés, même si j’ai parfois été un peu perdue face à la densité de l’histoire et des enjeux portés à notre attention.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantastique/april-08th-2017
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date : 29-01
Malorie Blackman est pour moi une auteur de challenge, qui ne fait rien dans la facilité. Sa réputation n’est plus à faire, puisqu’elle a conquis bien des cœurs avec sa saga Entre chiens et loups. Je ne m’inquiétais donc pas du tout en commençant Sombres étoiles. Et comme à mon habitude, je n’ai pas lu le résumé, ce qui est assez drôle, parce que je m’étais figuré d’entrée de jeu qu’il s’agissait d’un roman contemporain. En réalité, j’ai plongé dans un huis clos intergalactique qui m’a laissée partagée, je dois bien l’admettre !

L’histoire prend place en 2164. Vee et son frère Aidan sont les uniques rescapés d’un vaisseau qui a perdu tous ses occupants, suite à la dispersion d’un virus mortel il y a 3 ans. Ils espèrent retourner sur Terre au plus vite. Mais un jour, leur radar leur transmet un signal provenant de Barros 5, une planète accueillant des réfugiés. Ceux-ci subissent une attaque des Mazones, une race extraterrestre particulièrement xénophobe. Vee n’écoute que son courage et tente – avec l’aide d’Aidan – de sauver le plus de monde possible. Si Aidan voit cette invasion d’un mauvais œil, Vee, elle, se fait une joie d’accueillir de nouvelles personnes à bord du vaisseau. Surtout depuis qu’elle a croisé le regard de Nathan qui l’attire inexorablement. Pourtant, une menace invisible gronde parmi eux, une menace qui pourrait leur coûter la vie.

J’ai commencé ce roman pleine d’entrain. Ça a été un plaisir de retrouver la patte de Malorie Blackman, et je dois dire que j’ai tout de suite accroché à cette aventure spatiale. Le cadre est vraiment intéressant. On découvre l’évolution de la civilisation humaine, ses rapports avec d’autres races extraterrestres et une organisation tout droit sortie de l’imagination de l’auteur. Cela dit, mon enthousiasme s’est un peu émoussé passées quelques pages. Et ce, pour des raisons bien précises.

Au départ, j’ai bien accroché avec les deux narrateurs de l’histoire, Vee et Nathan. Tous deux se sont avérés plutôt mignons. Vee a vécu 3 ans loin de tout avec son frère. Ces nouveaux arrivants apportent avec eux des habitudes qu’elle a perdues depuis trop longtemps. Elle considère la situation avec une candeur adorable. Concernant Nathan, on sent tout de suite qu’il traine de lourds bagages émotionnels derrière lui, mais que sa rencontre avec Vee met presque les compteurs à zéro.

Ça partait très bien pour nos deux héros, mais j’ai fini par complètement déchanter. La romance s’installe entre eux, visible à des kilomètres. Ce n’est pas tant cela qui m’a titillée, mais plutôt la vitesse avec laquelle les choses s’enchainent. D’un coup, on a presque l’impression de nager la brasse dans un arc-en-ciel, au milieu des licornes et des bisounours. Tout va trop vite, c’est à la fois trop facile et inutilement compliqué.

L’évolution de la romance finit par ôter toute crédibilité à Vee et Nathan. Si je les trouvais très intéressants à suivre au début, j’ai parfois eu la sensation d’avoir affaire à des gamins de 12 ans qui jouent au Papa et à la Maman. Je suis une lectrice plutôt romantique dans l’âme, mais dans ce cas de figure, on bat malheureusement tous les records. Plus on progresse dans l’histoire, et plus ça en devient exaspérant. Vee tourne en rond pendant que Nathan tergiverse pour des broutilles.

Je pense surtout que je m’attendais à autre chose. Malorie Blackman est connue pour ses récits engagés dans lesquels elle traite de la ségrégation et de l’amour qui bouscule les codes. Tout cela est malheureusement relégué au second plan, complètement occulté par une romance sirupeuse et pleine de guimauve. J'aurais aimé en savoir davantage sur les Mazones, par exemple.

Ce manque de crédibilité en vient même à dénaturer une intrigue pourtant palpitante. Un tueur se trouve sur le vaisseau et élimine ses occupants les uns après les autres. Mais c’est à peine si nos héros s’en préoccupent, bien trop absorbés à vivre les étapes de leur couple vitesse grand V.

J’ai fini par complètement occulter cette partie de l’histoire pour essayer de mener ma petite enquête sur l’identité du meurtrier. Résultat ? Je me suis complètement viandée, et en beauté ! Dans les cent dernières pages, la machine s’emballe et Malorie Blackman nous tient dans ses filets. Les révélations de fin m'ont fait bondir et j'ai beaucoup aimé ça. Je pensais avoir deviné pas mal de choses, et au final rien de rien ! Ça paraît un peu gros par moment, et pourtant, on se laisse facilement prendre au jeu. Quant à la toute fin, elle en laissera certains partagés, d’autres franchement mécontents. Pourtant, moi, je l’ai bien aimée, et je ne pense pas que j’en aurais supporté une autre.

En résumé, Sombres étoiles m’a laissée mitigée. Il y a d’excellentes choses, comme l’intrigue et le cadre dans lequel se déroule l’histoire, mais il y en a aussi de moins bonnes, avec nos deux héros qui se la jouent Feux de l’amour version accélérée. J’ai eu du mal avec leur relation en dents de scie, mais j’ai tout de même savouré les révélations dans le dernier quart du livre qui m’ont laissée sur les fesses.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/sombres-etoiles-malorie-blackman
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Ce n’est pas la première fois qu’une romance de Pygmalion me retourne le cerveau. J’avais déjà rencontré un sentiment similaire avec L’enjeu d’Angela Behelle, un roman placé sous le signe de l’anticonformisme, qui m’avait clairement poussée dans mes derniers retranchements. Avec L’opportuniste, le sentiment était moins fort, mais pas moins percutant. Je ne m’y attendais pas du tout, car j’avais lu Never Never de la même auteur, écrit en collaboration avec Colleen Hoover, et je pensais être tombée sur une romance très douce, tendre et légère. À la place, j’ai plongé dans l’esprit tortueux d’Olivia.

Olivia Kaspen est une jeune femme loin d’être ordinaire. Un caractère bien trempé et une fâcheuse tendance à faire des caprices, voilà ce qui la caractérise. Mais si elle a un grand regret dans la vie, c’est celui d’avoir perdu Caleb Drake, son premier amour dont elle s’est séparée trois ans plus tôt. Pourtant, un jour, leurs chemins se recroisent, et Olivia découvre que Caleb a perdu la mémoire. En d’autres termes, il ne se souvient plus de leur relation aussi chaotique que passionnelle. Olivia y voit alors comme un signe. Le destin lui offre une deuxième chance, celle de ramener Caleb dans ses filets, quitte à lui mentir et le manipuler.

Ce roman réunit à lui tout seul ce qui me fait peur dans l’amour. Jusqu’où peut-on pousser les frontières et les obstacles pour séduire quelqu’un ? Olivia, elle, va les repousser, ces frontières, et de toutes les manières possibles. Bien décidée à obtenir ce qu’elle veut, elle est prête à tout. Caleb l’obsède, elle le désire plus que tout, parce qu’elle sait qu’il est fait pour elle.

C’est là que ça commence à devenir étrange, parce qu’Olivia n’a rien d’un cliché, elle est même tout le contraire. Dans le genre anti-héroïne, ça se pose là. Au premier abord, elle semble froide, calculatrice, rusée, terriblement égoïste… mais il y a une fêlure en elle qui s’élargit au fur et à mesure que l’on avance dans le récit. Une fêlure qui finit par se transformer en plaie béante. Et je peux vous dire qu’on est sur du lourd. Du très lourd.

J’ai été très partagée concernant Olivia. Ce qu’elle faisait allait clairement à l’encontre de mes principes. Mais elle, elle n’en a rien à faire, et ça confine parfois à la névrose. Du coup, j’avais envie qu’elle parvienne à ses fins, mais je souhaitais également que la vie lui donne une bonne leçon. C’est très étrange d’être à la fois derrière un héros et contre lui. C’est bien la première fois que ça m’arrive.

La relation entre Olivia et Caleb n’a rien d’une petite promenade de santé. Elle peut se faire tour à tour belle, sensuelle et bouleversante, avant de s’effilocher sous nos yeux. Il y a eu un passage en particulier – quelque chose que Caleb fait – qui m’a définitivement vaccinée, je crois. Arrivée à ce stade, je me suis dit qu’on n’était pas du tout chez les bisounours et que cette romance essayait de me mettre les nerfs en biseau. C’est typiquement le genre de relation passionnelle qui fait ressortir le meilleur des personnages, mais aussi le pire.

Ma seule espérance maintenant, c’est d’espérer que la maison d’édition publiera la suite de la saga, cette fois-ci du point de vue de Leah. Parce que la fin m’est clairement restée en travers de la gorge. La morale de l’histoire est déchirante, elle fait mal, et je crois que je suis encore dans le déni à l’heure actuelle.

En résumé, L’opportuniste mêle passé et présent pour nous conter une histoire d’amour déviante, dans laquelle les protagonistes se mentent et se manipulent sans scrupule. J’ai dévoré ces 294 pages en moins d’une journée tant l’histoire était captivante, et j’en suis ressortie à la fois estomaquée et émotionnellement à plat.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/contemporaine/love-me-with-lies-tarryn-fisher
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À 27 ans, je pourrais me dire que les films d’animation ne sont plus de mon âge… eh bien non ! J’aime toujours autant ça, et Dragons est l’un de mes préférés. Je suis totalement tombée sous le charme de Krokmou et de ses grands yeux verts il y a de ça quelques années déjà. J’ai été extrêmement surprise d’apprendre qu’en réalité, ce film était inspiré d’une saga en douze tomes écrite par Cressida Cowell. Pressée de retrouver l’adorable bouille de Krokmou, je n’ai pas hésité un quart de seconde à me lancer dans cette aventure.

Harold Horrib'Haddock, troisième du nom, est l'héritier de la tribu des Hooligans Hirsutes. Il vit sur l’île de Beurk, en terres Vikings, et l’un des passe-temps favoris des habitants est d’attraper et dresser des dragons. Lorsqu’ils sont enfants, ils doivent passer cette épreuve et s’ils échouent, ils sont exclus de la tribu, ni plus ni moins. L’ennui, c’est qu’Harold n’a pas vraiment l’étoffe d’un héros. Il est même plutôt pleutre et pas aussi costaud que les autres enfants de son groupe comme Rustik Le Morveux ou encore Halen Le Fétide.

Le jour de la capture du dragon arrive. Du plus horriblement redoutable au plus malin, le choix est vaste et il est important de faire le bon. Seulement, les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu et Harold se retrouve avec un minuscule dragon, de ceux qui sont si communs qu'ils en deviennent risibles : un dragon de jardin. Et pour couronner le tout, ce tout petit dragon qu’il prénomme Krokmou est affreusement têtu et refuse d’obéir. Comment Harold va-t-il réussir à gagner le respect de son dragon et celui de toute la tribu ?

Commençons déjà par ce qui fâche. Autant j’ai bien apprécié ce petit livre pour ce qu’il est, autant j’ai eu un mal fou à ne pas le comparer à tout bout de champ au le film d’animation Dragons. Habituellement, je ne suis pas fan des adaptations, mais le fait est que ces deux œuvres n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre et que… le film est nettement au-dessus. Dragons a su exploiter très finement des éléments de l’univers que le livre ne fait qu’effleurer. C’est assez douloureux de constater à quel point ce monde peut être infiniment meilleur en film d’animation. Les seuls points communs que l’on retrouve sont le nom de certains personnages ainsi que le cadre de l’histoire (l’île de Beurk). Pour le reste, tout est différent.

Parlons du livre en lui-même maintenant, parce que c’est ce qui nous intéresse, en fin de compte. Je vais faire abstraction de mon amour inconditionnel pour la version animée et ne parler que de l’histoire imaginée par Cressida Cowell.

Une partie de l’intérêt du roman repose sur le livre objet. L’intérieur est parsemé de dessins faussement maladroits qui viennent agrémenter l'histoire et lui donner vie. On pourrait croire que ça a été griffonné par un enfant, et pourtant il y a une réelle maîtrise et beaucoup d’humour. J’ai bien ri en lisant les (quelques) pages du livre Comment dresser son dragon, encensé par la critique et écrit par le professeur Yobish. Un livre hum… passionnant, dirons-nous, qui nous enseigne pas à pas les précautions à prendre lorsque l'on doit éduquer un dragon encore sauvage. C’est frais et original comme tout.

Cressida Cowell a fait un vrai travail d'imagination, ne serait-ce qu’à travers les jeux de mots ou les différentes espèces de dragons que rencontre Harold. Elle joue également sur la gaucherie des Vikings et leur côté bourrin. Certains sont bêtes à manger du foin, d’autres dépourvus de tout courage. Les dragons ont également leur petit caractère. Ils se montrent fourbes, rusés et toujours calculateurs.

En résumé, Harold et les dragons est une petite histoire sympathique, peuplée de dragons qui donnent du fil à retordre et de Vikings souvent bêtes et méchants. La chose principale à garder à l’esprit, c’est que le livre n’a absolument rien à voir avec le film d’animation Dragons. Personnellement, je l’ignorais, et je suis partie avec des attentes particulières qui ont malheureusement été déçues. Ça reste néanmoins une lecture agréable qui plaira sans nul doute aux jeunes lecteurs à la recherche d’un peu d’aventure.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/harold-et-les-dragons-cressida-cowell
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Je connaissais Grisha de nom, mais l’occasion ne s’était jamais présentée de lire ce roman dans sa version précédente. Maintenant publié chez Milan, je n’ai pas hésité à le dévorer tout cru, et je me suis ré-ga-lée au sein de cet univers aux inspirations russes, foisonnant de magie et de mystères.

Il y a longtemps, la nation de Ravka a été l’objet de convoitise d’un très puissant Grisha, une personne dotée de pouvoirs grandioses. Scindée en deux par les ténèbres, il est maintenant impossible de la traverser de bout en bout sans servir de repas aux créatures monstrueuses qui l’habitent. C’est dans ce monde soumis à des forces maléfiques que vit notre héroïne. Alina Sarkov n'a rien d'exceptionnel. Orpheline, elle a grandi aux côtés de Mal, son meilleur ami, et travaille comme cartographe au sein de l’armée, alors que lui remplit ses fonctions de traqueur.

Un jour, alors qu’ils sont en mission et doivent traverser le Shadow Fold, la nappe de ténèbres, ils essuient une attaque des plus violentes. Alors qu’elle tente de protéger Mal, Alina révèle un pouvoir qui dépasse l’entendement et qui change toute sa vie. Elle est une Grisha, elle aussi, de celle que le Darkling (le plus puissant des Grishas) attend depuis un temps infini.

Avant toute chose, il est primordial de parler de la couverture de ce premier tome. Je suis restée abasourdie devant le soin apporté aux détails graphiques. L’objet livre est superbe, avec des dorures et un graphisme qui marque les esprits. C’est le genre de couverture qui ne laisse pas indifférent et qui se repère tout de suite dans les rayons d’une librairie.

Et fort heureusement, l’histoire de Grisha n’est pas en reste, puisque l’intérieur est aussi beau que l’extérieur. Au départ, ce n’était pourtant pas vraiment gagné. J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Le temps que tous les éléments s’imbriquent et se mettent en place, je lisais avec un certain recul. Pourtant, dès que le pouvoir d’Alina explose autour d’elle, ma curiosité s’est mise en branle et j’ai véritablement commencé à m’éclater.

C’est aussi Alina qui m’a fait aimer ce livre. Alina, ce n’est pas le genre d’héroïne que l’on remarque au premier abord. Physiquement, elle est particulièrement quelconque, et elle a une fâcheuse tendance à subir ce qui lui arrive. Elle n’est pas la meilleure dans sa discipline de cartographe et peine à trouver sa place dans cette société où les Grishas sont des modèles de beauté, de bravoure et de dignité. Pourtant, il y a en elle une force de caractère que j'ai beaucoup appréciée.

Alina, c'est une héroïne qui ne paye pas de mine quand on l’observe une première fois, mais qui fait montre d’un tempérament avec lequel on ne s'ennuie pas. Plus l’histoire progresse, et plus son caractère s’affirme. J’ai eu cette impression qu’elle sortait peu à peu de sa chrysalide pour laisser voir qui elle était vraiment.

Que serait-elle sans ceux qui l’entourent ? D’abord, il y a sa relation avec Mal, que j’ai trouvée à la fois douce et fragile. On sent bien qu'il y a plus, beaucoup plus, et malgré l’ambiguïté qui régit les sentiments d'Alina, cette amitié exhale une simplicité et une grande sincérité. J’ai aussi beaucoup apprécié les rapports complexes entre elle et le Darkling (qui est typiquement le genre de personnage que j’aime d’amour). On se prendra également d’amitié pour Genya, on s’agacera devant la rudesse de Baghra et on aura envie de distribuer des tartes, surtout chez certaines Grisha un peu trop fallacieuses.  

L’ambiance de Grisha m’a fait un peu penser à celle que l’on retrouve dans Les portes du secret, la trilogie fantasy de Maria V. Snyder. Cette vie à la cour que l’on tente d’apprivoiser alors qu’elle n’est en réalité que semée de complots, de pièges et de manigances. Tout ce que j’aime dans la fantasy. On retrouve également quelques codes assez populaires dans ce genre littéraire : l’héroïne unique en son genre – orpheline de surcroit – qui se voit attribuer un pouvoir tout aussi singulier, un grand méchant, l’éternel combat entre la pénombre et la lumière… Mais que voulez-vous ? Je ne m’en lasse pas, j’aime revenir aux fondamentaux de temps en temps, ça ne fait jamais de mal.

Concernant la maîtrise et le style de Leigh Bardugo, j’ai été plutôt séduite. C’est fluide et il y a par moment des scènes qui sont d'une beauté à couper le souffle. Des moments qui semblent figés dans le temps et qui nous transportent dans le cœur d'Alina, au milieu de ses peurs et ses incertitudes. J’ai néanmoins remarqué quelques petites expressions récurrentes comme « renifler de mépris ». Ça reste un simple détail et ça ne pèse pas bien lourd dans la balance.  

En résumé, comme Alina, on évolue dans un monde totalement à part, un monde avec ses zones d'ombre et ses mystères. On fait la connaissance de personnages charismatiques et d’autres que l’on aimerait volontiers ébouillanter vivants. Enfin, tout comme elle, on tombe plus d'une fois dans le panneau, on se laisse séduire, on vibre, on se passionne, on en perd parfois nos repères... et c'est de cette manière que Leigh Bardugo parvient à nous prendre dans ses filets. Le premier tome de Grisha annonce d’ores et déjà la couleur, et je suis particulièrement impatiente de poursuivre le voyage avec le deuxième opus.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/grisha-leigh-bardugo
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J’ai laissé passer beaucoup de temps avant de franchir le pas. D’abord, parce que chaque tome d’After s’avère être une brique qui tient péniblement dans une main, mais aussi et surtout parce que la fin du premier opus m’avait laissée sans force, comme une lavette qui aurait perdu tout repère spatio-temporel. Non, cette fin, décidément, impossible de la laisser passer, impossible de l’ignorer. C’était trop dur, trop choquant, trop dégoûtant. Et pourtant, Anna Todd avait osé. J’étais donc partagé entre la répugnance pure et dure (oui, vraiment) et une certaine admiration, parce qu’il fallait avoir de l’audace pour mettre ces personnages autant dans la mouise.

Nous retrouvons donc Hardin et Tessa dans une impasse comme j’en ai rarement vu. Après les révélations du tome 1, la jeune fille n’en peut plus. Elle a souffert, encaissé les frasques et les maladresses d’Hardin un nombre incalculable de fois, mais l’humiliation est à son summum. Pourtant, Hardin a conscience de l’horreur de ses actes (que dis-je, sa bêtise !), et il compte faire son possible pour se racheter une conduite et gagner la confiance de sa belle. Mais les problèmes, les quiproquos et les mensonges n’en ont pas fini de compliquer leur relation déjà houleuse. Tessa et Hardin parviendront-ils à surmonter les obstacles pour vivre leur passion plus sereinement ?

Oui, non, peut-être, je ne sais pas, on verra, essayons, oh bah non finalement, si quand même, je doute, je t’aime, moi non plus, donne-moi une deuxième chance, d’accord, puis non, reste, reviens, va-t’en… Vous voyez le topo ? Ou dois-je être un peu plus explicite ? Je viens de vous résumer les 700 pages d’After we colliwed, enfin ! Certains d’entre vous auront peut-être envie de me jeter la pierre – ou le parpaing dans la tronche, qui sait –, mais j’ai énormément de mal avec ce genre de romances en temps normal. Continuer avec le tome 2 après la descente aux enfers du tome 1 était une épreuve en soi, dans le sens où j’étais complètement atterrée, écœurée et heurtée.

Et si je pensais qu’Anna Todd allait faire profil bas dans ce tome, je faisais totalement fausse route ! L’histoire de Tessa et Hardin a cette fâcheuse tendance à tirer sur la corde de la patience, celle de la décence, et également celle du supportable. Tout est trop, trop, TROP. Et ce constat m’a éclaté en plein visage à de multiples reprises durant ma lecture. Ils passent leur temps à se tester, se disputer, se déchirer, se séparer, recoller les morceaux pour recommencer la fois suivante. Des montagnes russes qui finissent par donner le tournis (et envie de vomir, soit dit en passant). Le schéma est répétitif et la seule inconnue dans l’équation, c’est la raison à venir qui va les contraindre à se pouiller la tête avant de se rabibocher.

Pour être honnête, ce n’est définitivement pas ce que je recherche dans mes lectures habituelles. Je ne suis pas sensible aux « bad boys » et je n’aime pas du tout cette image que l’histoire renvoie : que l’amour peut tout surmonter, même les erreurs les plus atroces et impardonnables. Parce que cette histoire d’amour finit par se transformer en histoire de haine. Une haine féroce qui se nourrit d’une relation fracassée et destructrice. Anna Todd s’est tellement enfoncée dans cette surenchère que je me demande si le « happy-end » que je pressens sera vraiment crédible.

Je suis donc particulièrement mitigée. Il y a énormément de choses qui m’ont rebutée dans ce roman et je me suis beaucoup ennuyée, car les longueurs sont légion. Et pourtant… j’ai quand même envie de lire la suite, et c’est ce qui me surprend. Alors je vais ouvrir mon tome 3 sous peu, c’est décidé. Et je ne sais toujours pas pourquoi… Peut-être parce qu’il me semble inconcevable d’avoir fait tout ce chemin si c’est pour abandonner et renoncer à connaître la fin. Ou peut-être parce que malgré tous ses défauts, After ne se départit pas d’une certaine addictivité qui m’a très vite contaminée. On m’a prévenue que le tome 3 n’est pas plus glorieux que le 2, mais que la saga tend à s’améliorer après ça. Espérons que ce soit vrai…

En résumé, After we colliwed m’a laissée avec une impression plus que mitigée. Cette romance à la mords-moi-le-nœud m’a pris une énergie folle. J’en suis ressortie vidée, comme si je venais de courir un marathon. Il faut dire que Tessa et Hardin n’ont pas fini de se déchirer, et ils nous entraînent dans une spirale infernale de laquelle on a du mal à s’extirper. Car contre toute attente, ce tome est aussi addictif que son prédécesseur et m’a donné envie de connaître la suite. Étrange, n’est-ce pas ?

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/contemporaine/after-anna-todd
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Le premier tome de Cell.7 m’avait laissée coite d’étonnement et passablement écœurée. C’est le genre de roman qui est légion dans le paysage young-adult actuel, mais je ne m’en lasse jamais, parce qu’il n’en faut pas davantage pour réveiller mon côté rebelle mécontent. J’avais surtout aimé ce compte à rebours menaçant qui rendait mes mains moites d’appréhension, et le destin funeste qui se resserrait autour du cou de Martha, l’héroïne. J’étais vraiment curieuse de connaître la suite, après une fin qui nous avait obligés à prendre un virage à 360°C.

Dans La mort vous attend, nous retrouvons nos personnages là où nous les avons laissés. Coup de tonnerre sous les yeux des caméras, Martha Honeydew a réchappé à la peine capitale, grâce à un retournement de situation inattendu. C’est Isaac Paige, son petit ami, qui prend sa place dans la Cell.1, après avoir annoncé qu’il avait tué son père. Martha et ses alliés n’ont que 7 jours. 7 jours pour prouver qu’Isaac a agi parce qu’il n’avait pas d’autre choix. 7 jours pour convaincre un public qui a soif de sang. 7 jours avant que le jeune homme ne subisse la peine de mort.

Je suis très vite retombée dans cette spirale infernale qu’est Cell.7. Cette échéance immuable, les jours qui s’égrènent, le collet qui se resserre. Rien de mieux pour tenir un lecteur en haleine, attendant un verdict couru d’avance. C’est avant tout pour ça que j’aime bien cet univers.

C'est gros – c'est même très gros –, mais ça marche. On se sent révolté la majeure partie du temps. J’ai eu des élans de fureur à l’encontre des personnages ; il m’arrivait de lever les yeux de mon livre et d’émerger, complètement à l’ouest, avec la certitude que cette société pourrie jusqu’à l’os existait bel et bien.

Le plus effrayant là-dedans, c'est que ce n'est pas un scénario si gratiné que ça. À l'ère de la télé-réalité, l'intrigue de Cell.7 est tout à fait crédible et il n'est pas impossible d'en arriver là si on pousse les choses à l'extrême. Nous vivons dans une société qui n’hésite plus à faire grimper les audiences en étalant l’intimité des gens et en la jetant en pâture aux curieux. Les limites se brouillent déjà en 2018… ne pourrait-on pas imaginer pire encore pour les années à venir ?

Et dans cette société qui se veut efficace, révolutionnaire et moderne, on s’aperçoit que subrepticement, les schémas de l’Histoire se répètent. On tend à retomber dans les vieux travers qui ont marqué nos époques : ceux du contrôle, de la propagande, des mensonges. Chantage et menaces sont le lot de ceux qui refusent d'entrer dans le moule. 

Les autorités ne reculent devant rien pour contrôler l'opinion publique, allant jusqu'à se lancer dans des entreprises de déconsidération à l'égard de Martha. Plus les jours passent, plus Isaac se rapproche de la Cell.7, et plus Martha et tous ceux qui sont en possession de la vérité sont ignorés, raillés, calomniés. Il n'y a rien de plus frustrant que d'assister à cette débandade. Comme le dit si bien Martha, cette société qui se veut plus brillante que toutes les autres ne repose que sur trois mots :

"Apathie. Ignorance. Lâcheté." 

La manipulation de masse est parfaitement décrite. Même si l’intrigue est parfois cousue au gros fil, on se laisse facilement prendre au jeu et on découvre les dessous cachés du gouvernement avec horreur et colère. On s’aperçoit par exemple qu’en contrôlant l'opinion publique, le Premier Ministre s'assure les pouvoirs pleins et entiers, tout en s’appliquant avec beaucoup de soins à décrédibiliser Martha et ses alliés. Il est tellement facile de le haïr, cet homme-là.

Plus difficile encore, c’est d’assister à la crédulité des citoyens. On se rend compte que les monstres ne sont pas nécessairement les meurtriers présumés, mais le public, les spectateurs qui tolèrent, adhérent et encouragent ces pratiques. Le gouvernement appuie sur leurs peurs en misant sur leur petit confort douillet qu'ils ne veulent quitter pour rien au monde. C’en est presque caricatural.

Et de la caricature, c’est un des aspects de l’histoire qui ne m’a pas tellement plu. Je l’ai surtout ressenti lors des passages en champ avec l'animatrice Kristina. Ils m'ont semblé peu crédibles, presque parodiques. En revanche, les scènes avec le présentateur Joshua étaient particulièrement prenantes. Je ne décrochais pas un instant tant j’étais suspendue à chacun de ses mots. Elles restent à mes yeux les scènes les plus addictives et fluides du roman.

J’ai également eu quelques difficultés avec le manque d’émotion tout au long du roman. Cela tient essentiellement au fait qu’il y est énormément de dialogues, au détriment de la narration, parfois. Couplé à la plume sans fioritures, ça donne à l’histoire un aspect particulièrement épuré et simple, alors que j’aurais aimé quelque chose de plus creusé, avec plus de nuances. J’ai apprécié la construction de la dystopie, mais je ne me suis pas véritablement attachée aux personnages, je n'ai pas ressenti de grande empathie à leur égard, malgré les embûches qui sèment leurs parcours. J’ai aussi eu un problème avec Martha, censée être en cavale, mais dont la situation n'a de cavale que le nom. Elle va et vient avec une simple capuche et loge dans des bed & breakfeast…

En résumé, La mort vous attend est une suite rythmée, efficace – quoiqu’un peu en dessous du premier tome –, mais qui tient ses engagements et nous entraîne dans une dystopie effrayante à souhait. Même si je déplore un manque d’émotion et de crédibilité par moment, j’ai apprécié cette suite dans laquelle les événements échappent à tout contrôle.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/anticipation/cell7-kerry-drewery
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J’ai reçu ce livre un peu par hasard et je me suis dit « pourquoi pas ? ». J’ai entendu beaucoup de bien de E. Lockhart, notamment à travers son œuvre Nous les menteurs. J’ai pensé que l’occasion se présentait de découvrir sa plume, ainsi qu’un de ses univers. En furetant un peu ici et là, j’ai découvert que Un truc truc comme un biscuit craquant est la réédition des deux premiers tomes de la saga en un seul volume.

C’est l’histoire de Ruby qui a tout perdu en l’espace de quelques jours : son petit ami, ses amies, sa réputation… Pour comprendre ce qui a pu se passer, on la suit lors d’une séance chez sa psy. Celle-ci lui demande de lister tous les garçons qui ont jalonné son chemin et joué un rôle dans sa vie. À 15 ans, Ruby n’a pas connu énormément de garçons, et pourtant, elle a plus de choses à raconter qu’elle le pensait au premier abord.

L’histoire retrace le parcours de Ruby et la vie qu’elle mène à la maison et au lycée. Pour ma part, mes années de secondaire sont loin derrière moi, et pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de me retrouver dans certaines situations et dans certaines réflexions que se fait l’héroïne. À n’en pas douter, les adolescentes en possession de Un truc truc comme un biscuit craquant s’identifieront à Ruby, à ses déboires et à ses questionnements.

Le personnage de Ruby apporte un réel « plus » à l’histoire. C’est une fille avec du caractère et un petit côté piquant pas désagréable du tout. Elle n’est pas départie d’un humour acidulé qui prête souvent à sourire. Je l’ai trouvée agréable à suivre et plutôt attachante. À 15 ans, sa vie paraît très étriquée, puisqu’elle a tendance à s’autocentrer, mais pour ce que c’est, ça se lit bien. Il y a une certaine légèreté et beaucoup d’humour (j’ai particulièrement apprécié les extraits du Grand Livre des garçons).

Là où j’ai eu beaucoup plus de mal, c’est concernant les notes en bas de page. L’auteur les utilise pour créer des apartés qui rebondissent sur l’histoire et se referment comme des parenthèses. Dans l’absolu, je dirais pourquoi pas. Mais là où ça coince, c’est qu’il m’arrivait de tomber sur des pages où les notes prenaient la moitié. Sans compter qu’elles sont bien souvent anecdotiques, qu’elles n’apportent rien concrètement, et qu’elles nous sortent de l’histoire. Ça m’a plus agacée qu’autre chose. Je pense que l’auteur aurait gagné à diluer ce flot d’informations inutiles, en les dispersant de façon plus parcimonieuse.

En résumé, Un truc truc comme un biscuit craquant est une lecture relativement agréable. C’est frais, ça nous ramène avec mélancolie à nos années lycée. Sans être transcendantes, les aventures de Ruby Oliver plairont sans nul doute aux adolescentes qui cherchent à s’identifier à une héroïne un brin cynique, qui parle sans fard et sans chichis des garçons, des parents, des amies et de tous les déboires qui jalonnent la vie pénible d’une adolescente.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/ruby-oliver-e-lockhart
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date : 08-01
The Curse a été une de mes plus belles lectures de 2017. Outre sa couverture à tomber et la maison d’édition que j’affectionne tout particulièrement, j’avais fait la connaissance de Kestrel qui réunit à elle seule ce que j’aime le plus dans la littérature. Une héroïne forte, imparfaite, indépendante. Une héroïne à la fois égoïste et empathique, sensible et intraitable. Marie Rutkoski avait réussi le tour de force de m’immerger pleinement dans son histoire, à tel point que je tremblais rien qu’à l’idée de retrouver ses personnages et son univers. Sans parler de sa plume riche, généreuse et élégante. Un coup de cœur indéniable, qui n’a fait que se confirmer avec The Crime, pour mon plus grand bonheur !

À la fin du premier opus, les Herranis, esclaves des Valoriens, s’étaient révoltés pour de bon et revendiquaient leur indépendance. C’est maintenant chose faite grâce à Kestrel qui a passé un accord avec l’Empereur en devenant la promise de son fils. De son côté, bien décidé à protéger les siens, Arin est désormais gouverneur. Si ses fonctions le tiennent relativement éloigné de son ancienne maîtresse, il n’en demeure pas moins qu’elle hante toujours ses pensées. Mais le destin se veut farceur et leur route finit par se recroiser. Comment s’aimer, se pardonner et se comprendre alors que la cour de l’Empereur Valorien est le théâtre des pièges les plus diaboliques ?

Comme j’ai aimé cette suite ! Comme je l’ai aimée ! Après le coup de cœur du premier tome, je n’ai pas boudé mon plaisir avec The Crime, loin de là. L’histoire commence de manière assez calme, de façon à nous remettre dans le bain, mais il est très facile de se laisser emporter par la tension qui règne dans chaque scène.

La pauvre Kestrel subit une pression sociale telle qu’on se demande comment elle fait pour ne pas flancher. Son environnement n’a jamais été aussi hostile, la cour de l’Empereur est comme une grande étendue de sables mouvants sur lesquels notre héroïne cherche perpétuellement son équilibre. La vigilance est de mise, tout ce que Kestrel dit ou fait est analysé, décortiqué et utilisé contre elle afin de la tester et parfois pire : de la piéger. La moindre de ses faiblesses est traquée par l’Empereur.

Le danger est partout. Difficile de déterminer qui sont les ennemis et les personnes bien intentionnées. Kestrel doit composer avec ce petit monde et réussir à sortir son épingle du jeu sans faire de casse, tout en protégeant ceux qu'elle aime.

Tous ces enjeux politiques ne nous laissent pas une minute de répit. Associez ça à l’histoire d’amour avortée de Kestrel et Arin, et vous avez une idée de mon degré de frustration. Ce n’est ni plus ni moins qu’une souffrance de tous les instants. Pourtant, l'alchimie entre eux n’a jamais été plus palpable.J'en ai eu des papillons dans le ventre. Cet amour interdit n'a fait qu'exacerber mon intérêt pour l'histoire.

Actes manqués, quiproquos, erreurs de timing… c’est une frustration constante que nous fait subir Marie Rutkoski. Je n’avais qu’une hâte, qu’un désir : voir Arin et Kestrel enfin réunis. Que les malentendus s’estompent, que le bras de fer se termine, que la vérité éclate. Mais c’est sans compter le sadisme de l’auteur qui ne semble pas décidée à accéder à mes attentes !

L’univers est bien construit, l’intrigue renversante ; mais ce sont les personnages qui donnent tout son cachet à histoire. Et les retrouver m’a fait l’effet de revoir de vieux amis laissés en très mauvaise posture (et c’est peu de le dire !). Dans The Crime, Arin est extrêmement intuitif, bien que trop imprudent par moment. Son tempérament impulsif lui joue parfois des tours et on sert souvent les dents en espérant qu'il passe entre les mailles du filet. Pour ne rien arranger, il commence à douter de tout, à commencer par lui-même. Il n’est plus sûr d’avoir toute sa tête. Pourtant, dès que l'on constate qu'il suit la bonne voie, il finit par faire demi-tour et à abandonner, alors qu'il effleure la vérité du bout des doigts. De quoi s’arracher les cheveux, vraiment…

Kestrel… Kestrel ! D'une sensibilité éblouissante, elle n’a fait que me rappeler à quel point j’aime les héroïnes de sa trempe. Son intelligence n'a fait que me surprendre. Toutefois, elle n'en tire aucun orgueil (contrairement au premier tome) et sa vulnérabilité ne fait que la rendre plus attachante encore. Elle peut aussi bien éveiller la compassion que l'admiration.

Toujours aussi stratège, Kestrel doit mettre à profit des trésors de diplomatie et de ruse pour garder la tête hors de l’eau. Ses actes la mettent en danger et sa vulnérabilité ne rend le récit que plus prenant encore. J’avais la sensation d’être sur une corde tendue au-dessus du vide la majorité du temps. Au moindre faux pas, à la moindre distraction, Kestrel peut basculer.

Le mot déchirement semble avoir été spécialement inventé pour décrire les dernières pages du roman. Rien ne se passe comme on l'espère, chaque scène ne fait qu’ajouter un peu plus à notre frustration. La toile d'araignée qui se forme autour de l'intrigue s'avère plus complexe encore, regorgeant de dangers et d'imprévus. Les nouvelles informations qui viennent conclure The Crime apportent de nouveaux enjeux. Je sens que le tome 3 risque d'être à la fois la cerise sur le gâteau et le bouquet final !

En résumé, The Crime est une suite qui m’a bluffée de toutes les façons possibles et imaginables. Marie Rutkoski tient toutes ses promesses et nous plonge dans une aventure palpitante. Ses personnages sont abîmés et leur relation se construit autour d’une succession de mensonges et d'actes manqués qui ne manquent pas de nous frustrer. Je suis terriblement impatiente de connaître la conclusion de cette incroyable épopée.


Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/the-curse-marie-rutkoski
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date : 28-12-2017
Je ne suis pas une très grande amatrice de road-trips. Pourtant, quelque chose m’a attirée quand j’ai vu ce roman circuler. Le titre très évocateur, la couverture un peu vintage, le résumé aussi bref que saisissant… Tout ça a fait son effet et j’ai plongé dans cette aventure initiatique sans trop savoir dans quoi j’allais mettre les pieds. Et David Arnold a parfaitement réussi à me divertir. Avec Mosquitoland, j’ai beaucoup ri, beaucoup réfléchi et j’ai même été un brin émue par moments.

Mim (de son vrai nom Mary Iris Malone) n’est pas une fille comme les autres. Pour commencer, elle souffre de problèmes mentaux qui l’empêchent parfois de dissocier les événements réels de ceux qui se déroulent dans son imagination. Ensuite, elle décide de fuguer et de quitter son père et sa belle-mère pour retrouver sa mère souffrante à Cleveland. Durant un voyage de 1524 kilomètres, Mim va faire la rencontre de personnages tous plus bigarrés les uns que les autres. Loin d’être un voyage sans heurts ni surprises, Mim va trouver en cette aventure bien plus que ce qu’elle imaginait…

Avec Mosquitoland, ce qui m’a sauté aux yeux en premier lieu, c’est le style assez particulier de l’auteur. La plume est simple, fraîche, mais pas dépourvue d’une grande sensibilité des choses. Combien de fois n’ai-je pas ri ou souri en lisant certaines phrases ? Combien de passages n’ai-je pas recopiés juste pour pouvoir en savourer la poésie un peu plus tard ? C’est indéniable, David Arnold sait manier les mots. Simples et efficaces. Doux et un brin lyriques.

Si l’écriture m’a autant attirée, c’est parce que l’histoire nous est relatée à travers les yeux de Mim, un personnage dont je ne pourrais pas rendre justice en quelques mots. Mim, c’est le genre de fille que l’on ne rencontre que rarement. C’est un profil unique. Un caractère bien particulier. Un charme spontané. J’ai tout de suite accroché avec elle et avec sa façon de voir les choses. Plus qu’une banale adolescente, c’est une jeune fille mature et pétillante, qui nous régale de son humour et de ses sarcasmes.

Le récit est également d’une sincérité et d’une authenticité rares. J’ai eu l’impression de traverser l’histoire en plongeant dans des tranches de vie, des moments fugaces et pourtant criants de vérité. Les personnages qui croisent la route de Mim enrichissent le récit et lui apportent tous un petit quelque chose qui lui permet de se forger, de s’affirmer et de grandir. Loin de tomber dans le déjà-lu, David Arnold contourne remarquablement bien les clichés et les scénarii réchauffés.

En résumé, Mosquitoland ne donne pas dans le sensationnel, la théâtralité ou la tragédie. C’est une histoire particulièrement humaine, qui aborde les thématiques de la vie avec légèreté et optimisme. Mim est un personnage assez extraordinaire qui, sans trop en faire, parvient à nous toucher en plein cœur. À mes yeux, c’est typiquement le genre de roman qu’il faut glisser dans son sac en partant en voyage. Dépaysement et divertissement garantis !

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/mosquitoland-david-arnold
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Mémoire d’ange est le deuxième titre publié dans la toute jeune maison d’édition Le gâteau sur la cerise. Une maison d’édition à fort potentiel qui m’a déjà fait passer un bon moment avec son premier roman. Je partais donc plutôt confiante avec l’histoire de Michèle Beck.

Lily vit un grand drame. À 17 ans, sa mère vient de mourir et la jeune fille est complètement déboussolée. Sa rencontre avec Mattew n’est pas vraiment pour arranger les choses. Celui-ci lui avoue qu’il est un ange à qui on a coupé les ailes et qu’elle se retrouve en plein cœur d’une débâcle entre anges et démons qui dure depuis des millénaires. La raison de son implication ? Elle est une potentielle, une humaine susceptible de se transformer en arme dans la guerre qui oppose les anges aux démons. En étant « activée », elle peut devenir une gardienne ou une chasseuse. Dans le souci de la protéger, Mattew embarque Lily dans une aventure qu’elle était loin d’imaginer possible.

Ce qui m’a plus en premier lieu dans cette histoire, c’est l’univers que Michèle Beck a su construire et nous servir sur un plateau. La mythologie est particulièrement riche, avec un bestiaire fourni. L’auteur n’hésite pas à piocher dans plusieurs folklores pour nous en mettre plein la vue. Les aventures de Lily et Mattew nous permettent de faire un tour d’horizon, et ce qu’on y trouve vaut sacrément le détour.

Le rythme de l’histoire est assez rapide. Les événements s’enchaînent avec une vitesse presque déconcertante. Ce qui attend Lily n’est pas facile, car elle a beaucoup de choses à apprendre sur elle et sur l’univers qui l’entoure. Michèle Beck ne lambine pas et ne perd pas de temps, si bien que le livre a la particularité de se lire rapidement. En une journée à peine, je l’avais refermé.

Là où j’ai eu un peu de mal, c’est avec le personnage de Lily et la romance en général. Il faut savoir que côté romances paranormales, j’ai rarement été séduite (les livres de ce type qui m’ont plu se comptent à peine sur les doigts d’une main). Si j’ai eu du mal avec la relation entre Mattew et Lily, c’est parce qu’on la voit arriver à des kilomètres et qu’elle est déjà convenue.

De plus, le personnage de Lily – très Mary-Sue sur les bords – ne m’a pas convaincue. On sent bien que quelque chose de fort s’établit dès le départ entre Mattew et elle, ce qui rajoute une part de mystère à une intrigue déjà bien énigmatique. Mais lorsqu’elle apprend que tout un monde fantastique qu’elle ignorait jusqu’à maintenant existe et qu’elle en fait partie, c’est à peine si elle bronche. Elle accepte de cavaler sans se poser de questions et semble exceller dans tout ce qu’elle entreprend un peu trop facilement.

Toutefois, Michèle Beck donne un second souffle à son duo avec une fin qui pourrait presque donner envie de s’arracher les cheveux. Une fin typiquement sadique, où le lecteur n’a qu’une obsession après ça : avoir le tome 2 sous la main, et au plus vite.

​En résumé, Mémoire d’ange est une histoire sombre, mystérieuse, où les anges et les démons se mènent une guerre sans merci. Ce petit roman m’a bien plu avec son intrigue très rythmée et son univers diversifié. Je n’ai pas vraiment adhéré à l’héroïne ni à la romance que l’on voit arriver à des kilomètres, mais j’ai tout de même apprécié la fin qui laisse entendre que Lily et Mattew ne sont pas au bout de leurs peines.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/paranormale/memoire-dange-michele-beck
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Les chroniques des fleurs d’opales a une saveur assez particulière pour moi, car j’en ai lu les premiers chapitres il y a environ 6 ans sur Skyrock. C’est un peu l’œuvre de toute une vie pour l’auteur, alors je ne voulais surtout pas passer à côté de ce petit bijou. D’autant plus que l’on parle de fantasy dans sa tradition la plus pure… De quoi me régaler, en somme ! Retrouver Diphtil et tous les autres a été comme une plongée dans le passé bien agréable, j’ai senti dans chaque mot et dans chaque page la passion et l’amour que Ielenna porte à cette histoire.

Diphtil est une Neltiade. Elle fait partie du peuple de l’Air et vit avec sa mère et son petit frère, Naid. Mais le jour où les Humains ravagent leur village, ils n’ont pas d’autres choix que de fuir. Diphtil se retrouve séparée de son frère et atterrit dans un monastère. Elle ne doit la vie sauve qu’à Sarïn, un religieux qui semble persuadé qu’elle n’est pas une Neltiade, mais la cinquième Déesse, fille de la grande Dorina. Ainsi, Diphtil passe 11 années recluse dans un monastère. Elle y est instruite et ne se mêle pas à grand monde, jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance d’Astiran qui devient son seul ami. Un soir, elle reçoit la visite d’une personne qu’elle connaît particulièrement bien et qui l’arrache à sa vie monacale. Accompagnée d’amis fidèles et d’autres moins recommandables, Diphtil va se lancer dans une quête initiatique qui la conduira tout droit vers son destin…

Avant même de retrouver cet univers, j’avais une idée de ce que j’allais y découvrir. J’avais déjà eu un aperçu du potentiel de Ielenna et j’étais surtout très impatiente de la redécouvrir après toutes ces années.

D’abord, parlons de la plume. Elle était comme dans mon souvenir : riche, raffinée et soutenue à l’extrême. Certains la trouveront ronflante – surtout lorsque Diphtil prend la parole –, mais on ne peut nier qu’il y a une réelle maîtrise, ainsi qu’un travail de titan en amont. On décèle encore quelques micro maladresses ici et là, mais la narration reste élaborée avec soin. Aucun détail ne manque et Ielenna aborde des sujets intéressants comme la religion ou encore la destinée.

L’ennui, c’est que comme beaucoup de mastodontes de la fantasy classique, La candeur de la rose souffre d’un rythme particulièrement lent. Durant les premières centaines de pages, l’action n’est pas vraiment au rendez-vous et il faut s’accrocher. Mais dès que le voyage de Diphtil se met en place, Ielenna nous prend dans ses filets et les mots défilent tous seuls.

Les personnages en feront également bondir plus d’un. Diphtil est sacrément bien entourée durant sa quête. Entre Naid, son frère, et Astiran, son amoureux, les tensions vont bon train, mais c’est aussi ce qui rend le quatuor si savoureux. Rien n’est jamais facile, le groupe cherche constamment son équilibre. Mention spéciale pour Yasalyn qui est à mes yeux le personnage qui fait la différence. Sa psychologie est fouillée et son côté rebelle particulièrement envoûtant. C’est typiquement le genre de profil que j’adore dans les romans.

En revanche, j’ai eu énormément de mal avec Diphtil que j’ai trouvé un peu bécasse par moment. Alors oui, j’admets que ses réactions sont en adéquation avec son vécu, en sachant qu’elle a passé la dernière décennie enfermée et que des religieux l’ont instruite dans l’innocence la plus pure. Mais son ingénuité la rend très vite… insupportable ! Diphtil parle de cette manière ampoulée qui a de quoi exaspérer quiconque. Elle-même ne semble pas se rendre compte que le commun des mortels peine à saisir ce qu’elle bavouille, mais quelque part, c’est aussi ce qui fait son charme. Hélas, ça n’a pas pris avec moi. Yasalyn la supplante largement !

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date : 28-12-2017
Je ne dis jamais non à un petit roman estival, doux, frais et acidulé. Avec 16 ans 2 étés, c’est pile ce que j’ai trouvé. La couverture assez girly ainsi que le résumé percutant promettaient une aventure plutôt originale et aux multiples perspectives. Exactement ce qu’il me fallait.

Summer est une adolescente dont les parents se sont séparés quand elle avait 11 ans. 5 ans plus tard, elle se prépare à quitter les États-Unis pour rendre visite à son père dans le sud de la France. Les plus belles vacances d’été de sa vie se profilent à l’horizon, mais son téléphone sonne et deux choix s’offrent à elle. Soit elle décroche, soit elle ne décroche pas. Et c’est à ce moment précis que l’histoire se scinde en deux et que l’existence de Summer prend des directions différentes. L’auteur nous offre deux versions de l’aventure estivale de Summer : une où elle reste aux États-Unis et l’autre où elle se rend en France.

On s’est tous déjà demandé quelle direction notre vie aurait prise si on avait choisi tel ou tel chemin. De chacun de nos choix découle une succession d’événements qui changent irrémédiablement nos vies. Eh bien dans 16 ans 2 étés, on est en plein dans cette problématique. Si le concept s’est déjà vu ailleurs, il n’empêche que j’étais curieuse de le retrouver ici. Il est très chouette de suivre Summer dans ces univers alternatifs, de voir l’histoire se construire sur des mécaniques différentes. On ne tombe pas pour autant dans l’excès ou la surenchère. Ça reste léger et accessible.

Summer est, comme toutes les adolescentes, une jeune fille qui se cherche encore. Ces deux étés parallèles lui permettent d’en apprendre sur la vie et d’en ressortir grandie. Elle fait ses propres expériences, découvre des secrets de famille et vit des aventures qui la forgent en tant que personne. Plus qu’un simple été, il s’agit d’une quête identitaire, pour elle. Et comme tout adolescent qui se respecte, Summer est en plein dans cette phase où elle aime se plaindre en permanence. Je me suis beaucoup retrouvée dans son caractère et sa hâte à râler pour tout ou rien, mais je n’ai pas pu m’empêcher de m’en agacer par moments.

La construction du récit est le point fort du roman. On alterne entre ces deux étés, ces deux alternatives, ces deux chemins opposés. La façon dont on appréhende l’histoire est assez originale et je me suis tellement pris au jeu que je n’ai lâché le roman qu’à la toute fin.

En résumé, 16 ans 2 étés est une petite histoire fraiche et sympathique qui se laisse lire sans problème. C’est vraiment le livre à emporter avec soi l’été, au bord de la plage ou vautré dans un transat en plein cagnard. Aimee Friedman nous montre qu’en partant d’un choix dérisoire, une vie peut complètement basculer d’un côté ou de l’autre. Au fil de ces deux aventures, Summer grandit, s’affirme et apprend beaucoup de choses sur elle-même et sur ce qui l’entoure. Les histoires de famille côtoient les relations d’amitié et d’amour, dans un charivari de sentiments qui parleront sans nul doute aux adolescents.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/16-ans-2-etes-aimee-friedman
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date : 27-12-2017
J’avais déjà eu l’occasion de lire certains titres de Sandra Triname et j’avoue que l’idée de la retrouver dans un contexte plus sombre et plus adulte m’intriguait tout particulièrement. Étonnamment, je m’étais fait une idée de ce que j’allais y trouver bien précise, et il s’est avéré que j’étais complètement à côté de mes pompes, car l’auteur a su me surprendre plus d’une fois…

Harvey, vieux flic sur le point de prendre sa retraite, et son collègue et bleu Sullivan, se retrouvent en charge d’une affaire pour le moins étrange. Le corps d’une femme a été retrouvé dans une cave d’immeuble. Méconnaissable, chaque centimètre de sa peau est recouvert de symboles grecs faisant référence au dieu Hadès. Commence alors une investigation complexe que les deux enquêteurs vont tenter de mener à bien. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils travaillent sur une affaire qui les dépasse complètement, car il se pourrait bien que des puissances bien supérieures soient à l’œuvre.

Sandra Triname donne déjà le ton avec un prologue des plus énigmatiques qui m’a glacée d’effroi. S’ensuit une première partie uniquement centrée sur l’enquête en cours, très immersive et intéressante à mesure que les recherches de Harvey et Sullivan progressent.

La seconde partie a été la confirmation que j’allais beaucoup aimer cette histoire. L’enquête me tenait déjà bien en haleine, mais vient alors un élément fantastique plus que bienvenu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas du tout à un tel changement de décor ! Les recherches au poste de police sont mises de côté, au profit d’un autre monde, celui des Faucheuses. On fait alors la connaissance d’Ambre, une jeune recrue sur le point d’abattre un travail de titan puisqu’elle se trouve près des tours du World Trade Center, au moment des attentats.

J’ai été agréablement surprise par cette « humanisation » des Faucheuses et par ce monde alternatif qui existe en parallèle. L’univers d’Ambre évolue clairement comme une entreprise et les Faucheuses signent un contrat qui les relie à leur employeur. Ça a quelque chose de très original. L’histoire désacralisent la mort et lèvent le voile sur les questions fondamentales de l’être humain.

Lorsqu’Ambre rencontre Sullivan au cœur du chaos en ce 11 septembre, elle se refuse à faucher son âme et décide à la place de le sauver. La question est de savoir pourquoi. Ne vous attendez pas à recevoir toutes les réponses sans faire un peu d’effort. Le chemin est long pour en arriver à la vérité, et Sandra Triname nous sert là une histoire complexe, où tous les personnages sont liés. Leurs histoires et leur destin forment comme une grande toile de soie maniée par l’auteur avec une certaine dextérité.

J’ai été très impressionnée par les recherches qu’une intrigue pareille a dû demander. Je lis peu de thrillers, mais j’ai trouvé Sandra Triname très à l’aise dans l’exercice. Elle a un style qui colle bien à ce genre d’ambiance, un côté punchline qui prête à sourire, ainsi qu’un humour pince-sans-rire que j’aime beaucoup. Le tempérament de l’auteur semble ressortir de chaque mot et de chaque phrase. Il n’y a rien de forcé ou de surjoué, ça coule de source. La plume n’est pas dénuée d’un certain panache et d’une grande assurance. Le seul bémol de l’histoire, ça reste les nombreuses fautes qui subsistent dans le corpus et qui avaient tendance à me sortir de l’action.

Du reste, j’ai été scotchée du début à la fin. La complexité de l’histoire ne m’a pas empêchée de la savourer de bout en bout et j’ai tout particulièrement apprécié le dénouement et ce qui en a découlé. Ça a réveillé une certaine satisfaction malsaine chez moi, ainsi qu’un sentiment de victoire pas désagréable. La toute fin reste douce et positive, ce qui est une bonne chose après les obstacles et les horreurs dont l’auteur nous a rendu témoins.

En résumé, À ma vie à ta mort n’est pas un livre tout à fait comme les autres puisqu’il allie l’art subtil du thriller à celui du monde des morts. Sandra Triname signe ici un roman recherché, à l’intrigue bien élaborée, et nous entraîne au cœur d’un complot de grande envergure dont les mortels – simples pions interchangeables – ne sont pas sûrs de revenir indemnes.

Ma chronique : https://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/a-ma-vie-a-ta-mort-sandra-triname
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