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Commentaires de livres faits par apriltheseven

Extraits de livres par apriltheseven

Commentaires de livres appréciés par apriltheseven

Extraits de livres appréciés par apriltheseven

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 19-06
Ce thriller s’est en quelque sorte imposé à moi. J’ai vu la couverture – entre la noirceur du fond et la délicatesse du lys – j’ai lu le résumé… et là, c’était une évidence, il me le fallait ! Et j’ai eu du flair, car La cave a été une excellente lecture qui m’a plongée au cœur d’une situation sans issue.

Summer a seize ans. Entourée d’une famille aimante, d’un petit ami amoureux comme au premier jour et d’amis fidèles, elle a tout pour être heureuse. Sa vie bascule le jour où un homme la kidnappe. Jetée au milieu d’autres filles, Summer se voit rebaptisée Lilas par son ravisseur, qui lui, se fait appeler Trèfle. Commence alors un combat de tous les instants pour l’adolescence. Sa captivité va la conduire dans un cauchemar qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Mais Summer ne compte pas perdre son identité et accepter son sort sans se battre avant.

Je m’attendais à quelque chose de dur, en commençant ce roman. Je m’attendais à une déferlante de noirceur et de douleur… Natasha Preston ne m’a pas déçue, de ce côté-là. La cave réunit tous les ingrédients pour faire un bon thriller : un suspens intense, un sentiment de découragement constant et des héros actuels.

D’un côté, nous suivons Summer et sa lente descente aux enfers. Je me suis sentie en phase avec ce personnage très réaliste, qui oscille entre espoir et désespoir et cherche à se raccrocher comme elle peut à sa vie d’avant pour ne pas se perdre en chemin. Summer, malgré sa terreur, est une jeune fille forte qui fait preuve de beaucoup de courage. Ce n’est pas une héroïne parfaite, on la sent démolie, jour après jour, à mesure qu’elle perd son innocence et son optimisme. Y assister, c’est presque au-dessus des forces du lecteur. On aimerait plonger dans le livre pour lui venir en aide, ou au moins lui glisser quelques paroles d’encouragement.

Dans cette cave, aménagée comme un appartement, Summer va faire la rencontre de trois autres filles : Rose, Violette et Iris. J’ai trouvé ça très intéressant de voir comment la claustration peut agir suivant les tempéraments. Le syndrome de Stockholm est travaillé d’une remarquable manière, sans parler de la palette de caractères que nous offre l’auteur.

D’un autre côté, on suit Lewis, le petit ami de Summer. Lui est persuadé que la fille qu’il aime n’est pas morte et se met en quête de la retrouver coûte que coûte. Son courage et son opiniâtreté forcent le respect. Lewis est un héros qui n’a pas froid aux yeux et qui n’aime pas à moitié.

Enfin, Natasha Preston donne la parole à Trèfle, le fameux kidnappeur. Personnellement, c’était les passages que j’attendais avec le plus d’impatience, car ils nous permettaient de creuser son âme tourmentée, en retournant à la source et au moment où ses obsessions ont commencé. N’avez-vous jamais eu envie de vous retrouver dans la tête d’un psychopathe en puissance sans conscience morbide ? D’un homme persuadé d’œuvrer pour le bien dans chacun de ses actes ? Pourquoi ce qui est condamnable pour nous ne l’est pas pour lui, et vice versa ?

Vers la fin du roman, je me suis sentie de plus en plus intenable. Lewis commence à toucher du bout des doigts la vérité, et c’est à ce moment précis que ça devient insupportable. On a envie de connaître la fin, de cesser cette torture. Natasha Preston prend plaisir à nous donner un peu d’espoir avant de nous le retirer. Ses personnages sont rudoyés, et assister à ça en simple spectateur, c’est affreux !

Néanmoins, je suis un peu déçue concernant cette fin. J’ai apprécié le soin apporté à certains aspects de l’intrigue, mais il y a un moment clé de l’histoire qui finalement ne nous ait relaté que très superficiellement. J’aurais aimé m’attarder dessus (mieux, y assister !), et suivre Trèfle et ses obnubilations jusqu’au bout.

En résumé, La cave est un roman effrayant dans son réalisme, saisissant dans son intensité, qui m’a tenue en haleine de bout en bout. Ce roman est un excellent thriller psychologique qui donne à réfléchir sur nos propres capacités de résilience. Natasha Preston, de sa plume simple et efficace, retrace le parcours d’une jeune fille combative, et ça a le mérite de nous glacer jusqu’à l’os.

Même si l’histoire met en scène une adolescente, je conseille ce roman à un public averti. Certaines scènes sont d’une violence rare et pourraient choquer les plus sensibles.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/la-cave-natasha-preston
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date : 15-06
Je remercie Tiphaine d’avoir pensé à April, the seven pour chroniquer son premier roman. J’avais déjà repéré le titre grâce aux avis de deux amies qui l’avaient beaucoup aimé. C’est pourquoi je partais assez confiante. D’autant plus que la couverture est splendide. Je suis fan des effets aquarelles et aux explosions de couleurs. Avec Phitanie, j’ai pu voyager dans un monde souterrain déchiré par une guerre implacable.

Héloïne est une adolescente qui vit dans un petit village. Qui dit petit village, dit commérages et catégorisations. Pour tous, la jeune fille est une orpheline et tout le monde la traite en paria. Entre l'école et le babysitting, sa vie est ce que l'on pourrait qualifier de parfaitement banale. Un soir, alors qu'elle rentre de son travail, elle croise une voiture de police, gyrophares hurlants, qui l'oblige à faire un pas sur le côté. Ni une ni deux, Héloïne se retrouve alors propulsée dans un monde inconnu, que tous ses habitants appellent Phitanie. Passée la surprise de découvrir qu’un univers gorgé de magie subsiste sous Terre, Heloïne apprend que ce monde est en guerre. Afin de le protéger, elle va s’engager dans un groupe de rebelles, épaulées par ses amis et alliés.

Le monde de Phitanie dégage quelque chose de merveilleux. Tout à l'attrait de la découverte : Des paysages à couper le souffle, une culture inconnue, des croyances singulières... mais aussi une guerre sans merci dans laquelle Héloïne va se retrouver mêlée. On ne peut qu’apprécier le soin avec lequel Tiphaine Croville élabore son univers, propulsant son héroïne dans une nouvelle vie aux antipodes de ce qu’elle avait pu connaître auparavant.

Phitanie, c’est de la low fantasy très classique en définitive. On n’échappe pas à certains clichés du genre, contrebalancés par des paysages à couper le souffle et un généreux bestiaire. Il est vrai que l’héroïne est un peu Mary-Sue sur les bords, que les enjeux ont déjà été largement exploités dans d’autres romans du même genre, mais Tiphaine Croville ne lésine pas dans un désir de renouveau et ajoute sa petite touche personnelle de temps à autre. J’ai bien aimé que l’on s’attarde autant sur les Pégases, ces créatures de légende, ainsi que sur les entraînements d’Heloïne dans la deuxième partie. Tout n’est pas rose pour elle, mais ce qui l’attend ne l’est pas non plus, et elle doit s’y préparer.

Heloïne… Voilà une héroïne pleine de candeur qui touchera certainement le jeune public. Curieuse de tout et sensible, elle se révèle pleine de ressource, sous des dehors un peu passe-partout au début. J’ai eu quelques difficultés pour me retrouver en elle. J’ai cherché tout au long de ma lecture ce qui pouvait coincer comme ça, puis j’ai finalement réussi à mettre le doigt dessus.

À la rigueur, le côté Mary-Sue ne me dérangeait pas outre mesure, mais sa manière de tirer un trait sur sa vie passée sur Terre m’a déstabilisée. J’ai bien compris que la seule chose qui était susceptible de lui manquer était la famille qui l’employait. Mais au-delà de ça, c’est le néant. Un peu comme si avant d’arriver à Phitanie, elle était une page blanche. N’a-t-elle jamais eu un seul ami en 18 ans ? N’a-t-elle jamais eu ne serait-ce qu’un embryon de relation affectueuse avec qui que ce soit ? Et si ce n’est pas le cas, comment cela doit se traduire sur son comportement ou sa manière de penser ?

C'est un choix de la part de l'auteur que d'avoir fait en sorte qu'Heloïne n'est rien à perdre en allant à Phitanie, mais je trouve ça un peu tiré par les cheveux dans le sens on ne sait absolument rien de son passé (si ce n'est que ses parents sont décédés). Difficile de la cerner et de comprendre comment elle a réussi à se construire en l’état actuel des choses.

Du reste, j’ai tout de même été séduite et emportée par les mots de Tiphaine Croville. La plume est jolie, bien rythmée et surtout entraînante. J’ai repéré quelques répétitions et problèmes de rythme, mais rien de trop handicapant. Certaines pistes sont également très bien exploitées (l'entraînement d'Heloïne, le travail avec son Pégase que j’ai adoré...), d'autres à peine effleurées (le carnet, dont on ne reparle plus par la suite). Un peu dommage, mais j’ai bon espoir que ces maladresses disparaissent dans le prochain opus.

En résumé, Phitanie a été une lecture agréable, proposant une histoire fournie dans laquelle j’ai pris plaisir à pérégriner. Malgré une héroïne trop lisse et un rythme inégal par moment, je suis d’avis que cette série a beaucoup de potentiel. Sa trame est classique, mais Tiphaine Croville n’hésite pas à l’agrémenter d’éléments qui n’appartiennent qu’à elle. Si vous aimez plonger dans l’inconnu pour y découvrir de nouvelles cultures et un mode de vie jusque là inconnu, alors foncez.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/phitanie-tiphaine-croville
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date : 13-06
En premier lieu, j'ai été attirée par cette magnifique couverture. Lorsque l'ouvrage est arrivé chez moi, je suis restée plusieurs minutes à le contempler d'un air émerveillé. Il est ma-gni-fique ! Et encore, le mot est faible !

C'est l'histoire de Niniche, une jeune fille dotée d'une paire d'ailes. Véritable curiosité, elle a pris l'habitude de les cacher en portant un sac à dos. Alors que sa mère décide de parler d'elle publiquement pour en faire un phénomène de foire, Niniche décide de partir et, avec la complicité de sa meilleure amie, se rendre dans une clinique pour se faire couper les ailes et ainsi espérer vivre une vie normale. Sauf que rien ne se passe comme prévu et l'adolescente atterrit dans une étrange maison...

La bande dessinée en temps qu'objet est pour moi l'un des gros points forts. Outre la couverture à tomber, l'intérieur est tout aussi subjuguant, avec un coup de crayon assuré et très détaillé. L'ambiance est assez sombre, un peu gothique sur les bords, mais ne se départit pas pour autant d'une certaine forme de poésie.

On évolue un peu comme dans un rêve doux amer. À certains moments, j'avais l'impression de plonger dans une fable pour enfants, avec des détails un peu surréalistes dignes des contes populaires. À d'autres moments, les scènes se veulent noires, plus nébuleuses. On oscille alors entre rêve et cauchemar. C'est ce mélange de douceur et de mystère qui m'a interpellée.

Ma seule petite déception c'est que la fin est trop rapide, un peu survolée, et m'a empêchée de totalement y croire. J'aurais voulu m'immerger encore plus dans cette histoire, me sentir davantage concernée.

J'ai néanmoins passé un bon moment aux côtés de Niniche et je serais très curieuse de découvrir les autres œuvres de l'auteur, car j’ai trouvé dans cette bande dessinée une très jolie histoire, agrémentée de dessins splendides.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/bandes-dessineacutees/ornithomaniacs-daria-schmitt
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date : 13-06
Ce troisième tome est à mes yeux le plus abouti, le plus soigné, le plus intense, et je n’en attendais pas moins d’Annie Jay. Jusqu’à présent, j’ai pris soin de savourer chaque tome pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible, et chaque fois que j’en termine un, je suis triste de me dire que je me rapproche de plus en plus du final, et qu’après ça il n’y en aura plus…

Nous retrouvons Cécile et Pauline à Versailles. Tout va pour le mieux, même si les intrigues à la cour vont bon train et ne faiblissent pas, obligeant Pauline à se montrer prudente. Les choses s’enveniment un peu plus lorsque des décès surviennent au cœur même de Versailles. Sans parler de la cassette de la reine, qui disparaît en même temps qu’Agnès, une amie couturière de Cécile. Tout le monde pense qu’il s’agit d’un odieux larcin, mais Cécile, elle, est persuadée qu’il n’en est rien. Elle est bien décidée à apporter la lumière sur ces mystères, quitte à se mettre gravement en danger.

J’ai surtout été séduite par les thématiques que développe Annie Jay. Plus que de simples anecdotes, c’est tout un pan de la société qu’elle nous dépeint avec de nombreux détails. Moi qui n’ai connaissance de cette époque qu’à travers les manuels d’Histoire au collège et au lycée, j’ai été fascinée d’apprendre toutes ces choses.

L’auteur fait passer certains messages sans équivoque, en particulier la place qui est donnée à la femme. Ces femmes indépendantes, forcées de rester dans l'ombre parce qu'elles vivent dans une société misogyne. On en avait déjà eu un aperçu dans les tomes précédents avec Cécile qui essaie de se faire une place en temps que guérisseuse, mais qui est méprisée par les hommes médecins, persuadés qu’une femme n’a rien à faire dans ce milieu qui leur est réservé.

Dans L’aiguille empoisonnée, on passe encore un cran au-dessus, puisqu’on s’aperçoit très vite que la place d'une femme ordinaire est inexistante. Dans le monde de la couture, ce sont les hommes qui se chargent de réaliser les vêtements du dessus. Les femmes doivent se cantonner à ceux du dessous, à recoudre les ourlets ou à piquer les bijoux sur les robes. Si elles sont prises en train de concevoir des atours, c’en est fini pour elles.

Combien de fois n'ai-je pas levé les yeux au ciel en lisant certains passages honteux ? Parce que je sais que fut une époque, on pensait les femmes très limitées intellectuellement. Et aujourd'hui encore, certains hommes en sont persuadés et les enclavent. C’est révoltant.

Le roman prend vite des allures d'enquête policière. Les morts et les disparitions s'accumulent et on ignore ce qui se passe. Plus on avance, plus ça sent mauvais, et plus on se dit que la situation d'Agnès est précaire. La trame se déroule de manière très méthodique, étape par étape. Annie Jay pense à tout et soulève tous les questionnements que l'on pourrait se faire.

Elle nous offre également une vision très large de la situation, ce qui nous permet de tirer nos conclusions tout seuls. Cependant, elle prend garde à laisser le plus important dans l’ombre, ce qui est très frustrant. Le lecteur connaît le lien de cause à effet, mais pas le ou les personnages responsables de tous ces morts, ni la raison qui les pousse à faire ça.

J’en viens donc naturellement à l'histoire de l'aiguille, maintenant. Je n'en parlerai pas beaucoup, car elle fait partie intégrante de l'intrigue, mais je suis déçue que le titre en fasse mention. De fait, la surprise n'est pas totale. Par contre, le cheminement est très intéressant, et même assez stressant ! On se demande entre quelles mains cette fameuse aiguille va atterrir. Elle est comme une épée de Damoclès qui risque de s'abattre à tout moment. Aussi bien sur les personnages qu'on aime que sur ceux que l'on déteste.

Les personnages nous régalent, une fois encore. Cécile m'a bluffée ! Elle était déjà remarquable avant, mais ici, ça dépasse tout ce que j’avais espéré. C'est une héroïne qui a de la niaque et qui fourre son nez partout, même quand on ne lui demande pas. Non seulement elle a bon coeur, mais elle est extrêmement intelligente.

J'ai beaucoup aimé l'évolution de sa relation avec Fagon. Lui est un homme de science renommé, persuadé que la médecine est l'apanage des hommes, elle, une simple guérisseuse avide d'apprendre et de parfaire ses connaissances. Ils se cherchent des poux depuis le premier tome, et on voit peu à peu un subtil changement dans leurs rapports, qui se teinte de respect mutuel. Ça prouve qu'avec de la volonté, chaque personne - même la plus obtuse - est capable de changer, de se bonifier.

Madame de Montespan n'avait pas encore trop fait parler d'elle dans le tome précédent. Mais là, elle bat tous les records ! Mauvaise, envieuse et calculatrice, elle se comporte de manière impitoyable et continue d'intriguer pour gagner les faveurs des partisans. On se plaît à la haïr allègrement tant elle nous retourne le coeur ! Elle est tellement mal intentionnée qu'elle en devient risible, et même franchement pitoyable ! Plus rien de va : le roi ne pose plus le même regard sur elle, la cour chuchote sur son passage et elle prend de l'embonpoint. Comment rivaliser face à Pauline de Saint Beryl qui illumine une pièce grâce à sa fraîcheur, sa jeunesse et des magnifiques toilettes, aussi simples qu'élégantes ? Madame de Montespan n'a pas l'intention de se laisser faire !

Pauline est beaucoup plus effacée dans ce tome, à la limite de la frivolité. Elle ne fait pas grand cas de tout ce qui arrive et le rôle de la sauveuse revient indéniablement à Cécile qui fait montre de beaucoup d'astuce et de suspicion. Certains personnages font leur apparition occasionnellement dans la saga, mais marquent les esprits. Je pense surtout à Madame du Payol qui fait mine d'être sourde comme un pot alors qu'elle entend parfaitement bien en réalité !

En résumé, L’aiguille empoisonnée a frôlé le coup de cœur ! Un savant mélange d'intrigues et d'humour. Des touches très discrètes de romance et un danger qui plane et qui attend le bon moment pour s’abattre sur les personnages. Annie Jay réalise des prouesses en parvenant à se renouveler, tout en faisant passer des messages importants sur le féminisme. L’intrigue est complexe et finement élaborée ; quand on pense naïvement qu’il n’y en a plus, il y en a encore. Pour tout vous dire, je ne suis pas pressée de terminer la saga…

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/historique---classique/complots-a-versailles-annie-jay
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date : 13-06
Le tome 1 m’avait laissée sur les fesses, j’en étais arrivée à un point où je m’arrachais les cheveux, où le livre était devenu si intense qu’il fallait que je le pose de temps en temps pour reprendre mon souffle. J’ai toujours eu un gros faible pour la romance, mais depuis que j’ai lu le premier opus, j’ai découvert une autre façon de l’aimer : en la détestant un peu par moment. C’est pourquoi j’en attendais beaucoup de cette suite.

Laure a obtenu sa vengeance et a bousillé la vie de Matt. Celle-ci lui a laissé un goût amer et n’a fait que la conforter dans son choix de ne plus se laisser malmener par ses proches. Et pour cause, son plan est loin d’être terminé, car après Matt, elle compte s’attaquer à quelqu’un de plus proche encore : Léa, sa sœur. Pour appliquer la suite de ce projet machiavélique, elle va devoir faire appel à Alex. Mais ce dernier voit sa belle lui échapper et se noyer dans ses désirs bravaches. Plus le temps passe, et plus il découvre une partie de lui prête à l’aimer sans condition. Hélas, cet amour semble incompatible avec les desseins de Laure, qui consistent à faire le plus de ravages possible autour d’elle.

Ce deuxième opus donne la part belle à Alex qui se retrouve sur une corde raide. D’un côté, il s’est engagé à aider Laure et à la suivre jusqu’au bout dans ses projets de destruction, de l’autre, il l’aime et sent bien que s’il l’aide à se venger, il risque de la perdre. Il oscille donc entre plusieurs états d’esprit, et en tant que lectrice, ça m’a complètement retourné la tête ! Je me demandais régulièrement comment cette histoire et son imbroglio de problèmes allaient bien pouvoir se régler.

On passe un cran au-dessus, côté tension. Si dans le tome précédent je trouvais que Elle Seveno abordait des sujets brûlants, sujets à polémiques et difficilement acceptables, ici, elle en rajoute une couche supplémentaire. Ce n’est plus Matt – le fameux copain infidèle – qui est dans le collimateur de Laure, mais Léa, sa propre sœur. Et dès que ça touche à la famille, j’ai tendance à m’attendre au pire. Je ne pensais pas que c’était possible, mais j’ai encore plus haï cette horrible sœur, je me suis sentie tellement en colère pour Laure face à cette famille qui balaye ses problèmes, ses peines et ses blessures d’un simple revers de main !

Laure m’a bluffée. De femme soumise et silencieuse, elle commence à s’affirmer. La larve disgracieuse se transforme peu à peu en papillon assoiffé de liberté. Sa façon de faire le ménage dans sa vie est loin d’être ordinaire, elle fait beaucoup d’erreurs, mais c’est aussi ce qui la forge et qui fait d’elle ce qu’elle est. J’ai apprécié cette héroïne pour sa capacité à rebondir, à s’affirmer dans la vie et à réclamer son indépendance.

Même si le tome 2 est plus consacré à Alex, ce dernier nous donne toujours un peu de fil à retordre. Plus morcelé, fragile et incertain, il m’a paru bien plus accessible que dans le tome 1. Il garde toujours cette petite part de mystère concernant ses décisions, mais partage généreusement ses hésitations et ses dilemmes. Ceci dit, j’ai été un peu déçue d’apprendre pourquoi il haïssait tant Matt. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup moins facile.

En résumé, Make me bad est une romance que je recommande. Je suis passée de la colère à l’attendrissement, j’ai serré les dents plus d’une fois et me suis régulièrement arraché les cheveux face à toutes les embûches qui attendent nos héros. Cette saga flirte dangereusement avec les limites de l’acceptable et de la décence, et elle jette le politiquement correct à la poubelle. Idéal quand on veut casser la routine !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/make-me-bad-elle-seveno
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Log Horizon a jusqu’ici été une chouette découverte. Il est rare de tomber sur des univers aussi aboutis, dans lesquels l’auteur s’attarde en profondeur sur les questions sociétales et sur l’agencement d’un univers dans sa généralité. J’ai toujours apprécié cette complexité qui, sans être indigeste, est franchement intéressante et mérite d’être découverte. Le tome 1 n’était pas passé loin du coup de cœur, le tome 2 m’avait convaincue, malgré les longueurs qui persistaient. Alors qu’en est-il de ce troisième opus ?

Nous retrouvons nos héros après toutes leurs péripéties. L’heure est à la fête, car pour célébrer un accord, un festival est organisé. Shiroe et ses amis pensent que les plus grosses difficultés sont derrière eux, mais c’est sans compter de mystérieux ennemis qui souhaitent tourner les festivités en eau de boudin… Shiroe, Akatsuki et les autres ne le savent pas encore, mais le pire est sans doute à venir.

Dans ce Light Novel qu’est Log Horizon, il faut savoir que chaque tome réunit 2 romans japonais. Quelque part, c’est une bonne chose, car si j’avais lu la première partie sous sa forme indépendante, j’aurais sans doute arrêté de suivre la saga. Il y a une seule raison à cela : le rythme de l’histoire.

Je fais partie de ces lecteurs avides d’en apprendre toujours plus sur l’univers qu’ils intègrent. J’aime qu’un auteur ait le sens du détail, je suis sensible à certaines choses que certains jugeront accessoires. Mais l’ennui avec cette première partie de Les enfants perdus de l’aube, c’est que l’auteur a voulu beaucoup trop en faire. Il y a tellement de détails, tellement de descriptions, que mon intérêt a fini par s’émousser. Il n’y a pour ainsi dire pas beaucoup d’action, les choses se succèdent sans grand dynamisme. J’ai dû m’accrocher pour poursuivre.

Dans un sens, j’ai bien fait, car la deuxième partie a rattrapé ma déception du début. On s’attarde sur un personnage que j’ai toujours beaucoup aimé pour son caractère indomptable et son côté insaisissable : Akatsuki.

Cette deuxième partie marque un véritable tournant dans le roman, et j’ai recouvré ma bonne humeur. Il y a de tout, pour notre plus grand bonheur : de l’action, du suspens et surtout beaucoup d’émotions. J’ai pu découvrir de nouveaux aspects d’Akatsuki qui m’a touchée plus que je ne l’aurais cru. Sa personnalité a été finement travaillée et ses combats intérieurs sont très intéressants à creuser. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui aimeraient le lire, mais ce personnage est très bien nuancé. Jusqu’à maintenant, on l’avait vue forte – quoiqu’un peu troublée par moment –, mais ici, c’est une Akatsuki moins distante, plus fragile, que l’on apprend à connaître.

En dehors de ça, le roman se renouvelle grâce à l’apparition de nouveaux personnages et de nouveaux enjeux. J’ai toujours cette impression d’être loin d’avoir fait le tour de cet univers riche et foisonnant. J’espère que le tome 4 continuera sur cette lignée et nous proposera des défis tout aussi épiques.

En résumé, malgré une première partie qui s’apparente à un long fleuve bien trop tranquille, Les enfants perdus de l’aube est un récit intéressant, sauvé par sa deuxième partie plus profonde et dynamique. Certains passages étaient très laborieux, mais on sauve les meubles grâce à une Akatsuki à la hauteur, des révélations à la pelle et une intrigue intense, qui nous tient en haleine. J’attends de voir la suite, en espérant que les longueurs disparaissent et que l’on s’attarde exclusivement sur l’essentiel.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/log-horizon-tome-1-premiers-pas-dans-un-autre-monde-mamare-touno-kazuhiro-hara
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date : 29-05
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Complots à Versailles est devenu ma valeur sûre, et ce deuxième opus n’a fait que confirmer ce que je savais déjà ! Annie Jay m’a embarquée dans une aventure tout aussi palpitante que celle de À la cour du Roi.

Retour à Versailles ! D’un côté nous avons Pauline en prises avec les complots de la cour. La pauvre doit essuyer bien des coups bas, et elle tente de les déjouer in extremis. Comme si les choses n’étaient déjà pas suffisamment compliquées, une des dames de la cour manque de mourir après avoir utilisé des produits de beauté très en vogue ces derniers temps. De l’autre côté, il y a Cécile – toujours prompte à faire la lumière sur de nouveaux mystères et à secourir la veuve et l’orphelin –, qui décide de mener son enquête en infiltrant la boutique de celle qui se fait appeler Madame Jouvence. Elle n’a aucune idée dans quel engrenage elle vient de mettre les pieds…

J’ai vraiment tout aimé dans cette histoire. L’immersion totale au cœur de cette cour aux allures de jungle, mon affection grandissante pour les personnages, le suspens à couper au couteau et la tension qui règne côté sentiments… Ce deuxième opus m’a totalement comblée et m’a même apporté plus que je n’en demandais !

Annie Jay ne manque pas d’imagination pour créer de nouvelles situations et de nouveaux dangers. Le tome 1 faisait office d’introduction afin de comprendre les personnages et faire la lumière sur le passé de certains. Le tome 2 aborde le milieu de la beauté et tout ce qui touche aux cosmétiques. En plus d’être très distrayant, le récit nous en apprend également beaucoup sur ce culte de la beauté à la cour. On peut ainsi faire un comparatif avec notre société moderne.

D’autres sujets tout aussi captivants sont abordés. Il y a toujours les jeux de pouvoir et le faste qui caractérisent la vie à Versailles, mais on aborde également des thématiques telles que la sorcellerie ou encore la médecine. Et ce avec ce mélange de réalité et de fiction qui n’appartient qu’à l’auteur.

Au niveau de l’histoire, je me suis laissée entraînée dans les aventures de Cécile et Pauline sans chercher à lutter. Pauline doit se montrer attentive, puisqu’au moindre faux pas, ses ennemis ne pourraient faire qu’une bouchée d’elle. Athénaïs de Montespan (qui la déteste à un point viscéral) est plus en retrait, ici, laissant la part belle à deux harpies qui lui arrivent presque à la cheville : Charlotte de Mail-Beaubourg et Héloïse de Montviviers. Avec ces deux-là et leurs manigances, impossible de s’ennuyer ! C’était tellement divertissant et cocasse qu’il ne me manquait plus que les pop-corn pour me sentir comme au cinéma.

Du reste, Pauline a aussi ses problèmes de cœur à gérer. Ses fausses fiançailles avec Silvestre attisent les interrogations, et ils essaient tant bien que mal de donner le change. J’ai aimé – que dis-je ? Adoré ! – l’évolution de leurs rapports. Aidée de son amie Elisabeth, Pauline va forcer un peu le destin, et rien que de m’en souvenir, j’en ai la chair de poule.

En suivant l’épopée de Cécile, on passe de la richesse de Versailles aux quartiers plus modestes de Paris. La jeune fille s’improvise enquêtrice dans l’espoir de démanteler les pratiques douteuses de Madame Jouvence. Mais elle est à des lieues de se rendre compte que la réalité est tout autre et que les apparences peuvent être trompeuses. Je ne vous en dis pas plus, mais ce qu’elle va apprendre ne manque pas d’intérêt !

En résumé, La dame aux élixirs est une suite à la hauteur du premier tome. Entre Paris et Versailles, les aventures ne manquent pas et les machinations non plus. Sans parler de l’histoire d’amour qui colle les frissons, et le danger qui ne se tient jamais très loin. Je suis désormais une fervente admiratrice d’Annie Jay qui est parvenue à renouveler son histoire, tout en me donnant envie de la poursuivre.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/historique---classique/complots-a-versailles-annie-jay
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J’attendais patiemment cette suite et j’étais dans tous mes états lorsque je l’ai reçue. Romina Russell m’en avait fait voir de toutes les couleurs avec le tome précédent, et j’étais très curieuse de replonger dans cet univers, malgré mes souvenirs un peu confus.

Dans Lune Noire, nous retrouvons Rhoma qui a trouvé refuge au Scorpion et qui lutte pour défendre le Zodiaque de la présence menaçante du Maître. Accompagnée de ses amis, elle est bien décidée à apporter la lumière sur ses origines et arrêter le Marad. Mais les choses sont loin d’être aussi simples puisque de nouveaux éléments viennent se mêler au nœud du problème, et si elle veut parvenir à ses fins, Rhoma va devoir user de finesse et de courage.

À chaque fois que je commence un nouveau tome de Zodiaque, je suis un peu déroutée. Il faut dire que le roman est tellement dense qu’il est difficile de ne pas perdre pied au début. Romina Russell ne nous accompagne pas suffisamment et nous laisse nager en eaux troubles sans faire de piqûres de rappel. Du coup j’ai tâtonné le temps de retrouver mes marques. Il s’écoule un an entre chaque tome, ce qui nous laisse le temps d’oublier nombre de détails indispensables à la compréhension du roman. Une fois que j’aurai terminé la saga, je pense que je me ferai plaisir en relisant chaque tome à la suite.

Dans ce troisième opus, l’auteur ne fait pas dans la dentelle. Je suis passée par tellement de sentiments différents et contradictoires ! La première partie est particulièrement calme et lente. Mais passée la moitié, il se produit un déclic qui remet tout en perspective et laisse le lecteur comme deux ronds de flan. Les choses s’enchaînent avec un dynamisme fou ! L’auteur envoie la sauce, l’action explose de tous côtés, et même quand on pense qu’il n’y en a plus, il y en a encore ! On ne sait plus où donner de la tête ni à qui se fier. L’ennemi peut se cacher n’importe où.

Les personnages ne sont pas en reste non plus. Rhoma n’est pas l’archétype de l’héroïne sans peur, loin de là. Elle a ses peurs, ses inquiétudes, ses indécisions. Pourtant, au travers de ces 3 tomes, on sent une évolution très appréciable. Plus réfléchie, moins passive, elle s’affirme et saisit ses problèmes à bras le corps. Ça se ressent dans de petites choses, à commencer par sa décision de choisir entre ses deux prétendants. Enfin ! Terminé le triangle amoureux sans fin qui me faisait tant grincer des dents ! Cette fois-ci, Rhoma semble plus sûre d’elle. Elle a fait du chemin depuis le premier opus, elle a grandi.

Lune Noire a dépassé toutes mes attentes. Ça m’a fait l’effet d’être au cœur d’un tourbillon (et pour le coup, le choix de la couverture est parfaitement approprié). On se retrouve balloté dans tous les sens, soumis à l’attraction qu’exerce le récit sur nous, esclaves de l’imagination de Romina Russell. Sans parler des décors extraordinaires, de l’intrigue d’une complexité et d’une abondance rares. L’auteur est parvenu une fois de plus à exploiter son histoire d’une manière incroyable, nous laissant démunis, à bout de souffle et hagards. Des retournements de situation en veux-tu en voilà, des événements auxquels on ne s’attend pas et une fin renversante, qui sonne comme un glas. Plus rien ne sera jamais pareil, c’est une certitude.

En résumé, Lune Noire est un excellent tome de transition. Même si j’ai trouvé la première partie du roman trop lente et un peu difficile à appréhender, j’ai été happée dans cette suite inventive. Romina Russell fait des prouesses grâce à une imagination fertile et une plume immersive. L’intrigue est dense, mais chaque pion est posé de manière méthodique. Une histoire qui n’a pas son pareil pour nous faire vibrer avec elle.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/science-fiction/zodiaque-tome-1-mefiez-vous-du-13eme-signe-romina-russell
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date : 23-05
Lorsque j’ai lu le résumé de Textrovert, j’ai tout de suite repensé à Phone Play, un titre également tiré de Wattpad qui m’avait fait passer un excellent moment. Les histoires avec des échanges de SMS et une relation qui se tisse autour de cet échange virtuel, ça m’intéresse. J’étais donc intriguée et curieuse d’en savoir un peu plus.

L’histoire de Textrovert raconte la vie de Keeley, une lycéenne qui va bientôt terminer ses études secondaires. Keeley a l’habitude de passer inaperçue, car elle est régulièrement éclipsée par les prouesses de son frère jumeau quaterback, Zach. Son petit quotidien bien rodé bascule, puisqu’elle échange malencontreusement son téléphone avec celui d’un inconnu à la fête foraine. C’est de cette façon qu’elle rencontre virtuellement un certain Tavin. Tous deux se mettent à parler et, de fil en aiguille, quelque chose nait entre eux. Mais le jour où ils se rencontrent, les choses ne se passent pas comme prévu. Tavin semble cacher son lot de secrets inavouables. Pour espérer faire perdurer leur histoire, Keeley va essayer d’en savoir plus.

Quand je déniche un roman de Wattpad, j’ai toujours cette petite peur que ça n’aille pas. J’ai connu de très bonnes surprises comme d’amères déceptions. De fait, je partais un peu méfiante. J’ai été très vite rassurée quant à la fluidité de la plume de Lindsey Summers. Elle est simple, mais efficace, et le roman se lit ainsi d’une traite. Il y a une certaine aisance naturelle dans sa manière de raconter son histoire. Un point appréciable.

Ma première déception a été de constater que la petite phrase d’accroche sur la première de couverture était un peu trompeuse : « Pourriez-vous tomber amoureux de quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré » ? Je pensais que le récit allait se concentrer sur les échanges de textos, mais en réalité, les échanges en question n'étaient qu'une infime partie de l’intrigue. L'essentiel du roman se situait ailleurs.

Ceci dit, j’ai particulièrement apprécié cette relation toute particulière qui nait entre Tavin et Keeley. Un petit jeu s'installe très vite entre eux. C'était puéril, mais chaque fois marrant, voire très craquant. L’auteur a utilisé les codes classiques de la romance, en la rendant particulièrement mignonne. Le fait d'utiliser les Peeps comme accessoire (ces espèces de chamallows très sucrés) et le petit flirt très mignon qui s'installe tout autour, ça m’a mis le sourire aux lèvres plus d’une fois.

Les héros forment un duo amusant. Tavin a beaucoup d'humour, et même sans le connaître, on ne peut pas se retenir de glousser lorsqu'il déblatère des blagues de son cru. Pour Keeley, c’est différent. Elle traverse cette période que ressentent bon nombre d’adolescents : celle où ils cherchent à savoir qui ils sont vraiment. Introvertie au quotidien, Keeley découvre qu’elle peut être une personne qui a du répondant et du caractère lorsqu’elle discute avec Tavin. J’ai beaucoup apprécié sa relation avec son frère, qui est, pour moi, la plus aboutie du livre. Ça m'a tout simplement rappelé celle que j'entretiens avec le mien : les taquineries, mais l'affection qui ne varie jamais d'un iota.

Certains personnages étaient un peu discordants, hélas. Je pense tout particulièrement à la mère de Tavin qui n'intervient que très occasionnellement, mais qui a une manière de parler qui sonne faux, pas très réaliste

Concernant l’intrigue, je n’ai pas été vraiment surprise. J’avais deviné le secret de Tavin dès le début. Dommage. Les secrets en question ne m’ont pas paru choquants au point d’en tomber à la renverse, mais je peux comprendre que cela puisse heurter des adolescents.

Du reste, les choses se sont enchaînées un peu trop vite à mon gout. La relation entre Tavin et Keeley est charmante, mais à peine commence-t-elle à s'épanouir que de nouvelles choses entrent en jeu, obligeant le lecteur à se focaliser dessus. Ce qui m'a le plus manqué, c'est l'approfondissement de cette relation. Étant déjà très court, le livre n'a pas le temps de s'arrêter sur les détails, alors que j'aurais aimé assister à une véritable éclosion de sentiments. Quelque part, ça peut sembler réaliste, car les adolescents d’aujourd'hui se lient entre eux très rapidement, mais quelque chose m'a manqué. Je suis restée sur ma faim, j'aurais voulu que Lindsey Summers précipite moins les événements, tout en prenant son temps pour développer l’histoire d’amour.

En résumé, j'aurais eu 10 ans ou 12 ans de moins, j'aurais sans doute adoré ce livre, et même si je n'entre pas spécifiquement dans la tranche d'âge visée ici, j’ai tout de même su apprécier cette histoire pour ce qu’elle est : une lecture charmante, qui met de bonne humeur et reste en surface. La romance est légère, peu intrusive, et offre au lecteur un moment de détente entre deux gros pavés.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/textrovert-lindsey-summers
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date : 20-05
Des histoires où le héros revit chaque fois la même journée, ce n’est pas ce que l’on peut appeler l’idée du siècle. Il existe beaucoup de livres, de films et de séries télévisées qui traitent du sujet. Et pourtant, il y avait chez Before I fall quelque chose qui m’attirait, inexplicablement. D’habitude, je n’aime pas beaucoup les couvertures qui raccordent avec l’adaptation cinématographique, mais ce titre fait exception à la règle : il y a sur cette image une certaine mélancolie que l’on retrouve aussi dans l’histoire. Et que dire d’autre, si ce n’est que le contenu est encore meilleur ?

Sam est une lycéenne tout ce qu’il y a de plus normale. Elle fait partie de l’élite. Elle sort avec l’un des plus beaux garçons de l’école et a pour meilleures amies les personnes les plus populaires de l’école. Tout le monde l’envie, tout le monde aimerait être à sa place, et elle savoure cette célébrité avec délectation. Seulement un soir, alors qu’elle rentre d’une soirée avec ses amies, leur voiture fait une embardée et… c’est la fin. Sauf qu’au lieu de mourir pour de bon, Sam se met à revivre inlassablement la même journée. Comment est-ce possible ? Et comment cet accident a-t-il pu survenir ? Au travers de journées aussi éphémères qu’illusoires, la jeune fille va essayer d’en démêler les raisons.

Il faut savoir qu’en commençant ce livre, j’ai pris peur. Le genre de peur qui m’a poussé à me dire : « Ce livre n’est pas fait pour moi, je sens la déception arriver ». Et puis maintenant que je l’ai terminé, maintenant que je sais ce qu’il renferme, je suis tentée de me traiter de tous les noms, car si j’avais abandonné dès le début, je serais passée à côté d’une sacrée pépite !

Force est d’admettre que Lauren Oliver a pris un risque considérable. Elle met un temps fou à développer son idée. Le temps de 80 pages, on découvre la journée assommante de Samantha. Ce n'est pas non plus inintéressant, mais cette profusion de détails me semblait sans intérêt. Je me suis demandé à plusieurs reprises où tout ça allait m’amener. Pourtant, ces instants ont une réelle importance par la suite, et avec un peu de recul, je me dis que c’est de cette manière qu’il fallait imbriquer les choses et pas autrement.

Et si je vous dis que tout ça est fait exprès pour nous préparer à ce qui nous attend, vous me croyez ? Parce que Lauren Oliver ne s’est pas amusé à nous décrire une anti-héroïne pour le simple plaisir d’entretenir les clichés. Il y a un véritable fil conducteur dans l’intrigue. Lauren Oliver va en profondeur, elle creuse cette vie que mènent les lycéens, n'hésitant pas à aborder des sujets brûlants comme le harcèlement.

Car en ce moment, le harcèlement au lycée est au coeur de tout. On en parle un peu partout depuis la sortie et le succès retentissant de « 13 reasons why », l'adaptation en série du livre 13 raisons de Jay Asher. C'est un sujet qui a fait beaucoup réagir sur la toile, et Before I Fall est dans la même lignée, le côté boucle temporelle en plus.

Sam n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appeler une Mère Teresa. Superficielle et orgueilleuse, j'avais envie de la secouer un nombre incalculable de fois, je ne vous raconte pas ! C'est typiquement le genre de personne populaire qui croit être le centre même de l'univers. Tout est là pour nous faire lever les yeux au ciel, pour la rendre non pas agaçante, mais proprement imbuvable.

Ses amies ne sont pas mieux, si ce n’est pire. Elles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ceux qui n'entrent pas dans le moule ? Des bizarres. Ceux qui ne pensent pas comme elles ? Des cas sociaux. Tout ne tient qu'à l'apparence et du nombre de roses que l'on reçoit à la Saint Valentin. C’est un petit monde étriqué que Lauren Oliver nous décrit. Un monde qui ne va pas tarder à basculer.

Peu à peu, sans qu'on ne le voie vraiment venir, la tendance s'inverse et on a la sensation que Sam dérive, totalement ballottée par ces journées identiques, cette boucle temporelle dont elle est prisonnière. L'agacement laisse tour à tour place à la pitié et à l’espoir.

Ces journées qui recommencent obligent Sam à grandir, à se remettre en question. Les choses qui lui semblaient indispensables perdent de leur importance, au profit de vraies valeurs. Sam se teste, elle fait des choses folles, des choses que la morale nous empêche de réaliser. Pourquoi ? Parce qu'elle le peut, tout simplement. Elle peut se permettre de faire le pire et même le meilleur. Parce que quoi qu'il arrive, là journée se répétera et elle devra tout reprendre à zéro. La seule chez qui il n'y aura pas de touche « reset », c'est Sam. C'est elle qui va changer et c’est elle qui est aux commandes de sa vie. Mourir lui donne une acuité qu'elle n'avait pas auparavant. Elle s'illumine de l'intérieur à mesure qu'elle prend conscience de certaines choses.

La beauté de cette histoire, c'est qu'elle soulève de véritables problématiques, elle nous pousse à réfléchir à notre propre vie, à nos rêves, nos aspirations et nos priorités.

Lauren Oliver a su transmettre beaucoup d’émotions dans son récit. C'est surtout dans la dernière centaine de pages, quand j'ai senti mes yeux s'embuer, que j'ai su qu'il s'agissait d'un livre pas comme les autres. Pas le genre d’histoire retentissante qui nous fait sauter au plafond, plutôt le genre où chaque nouvelle page ajoute un petit bouleversement supplémentaire, jusqu'à nous faire rendre les armes à la fin. Une fin qui était beaucoup trop abrupte à mon goût (j’ai dû la relire 3 fois pour être bien sûre d’avoir compris), même si je comprends le choix de l’auteur.

En résumé, Before I fall est une histoire qui a frôlé le coup de cœur. Elle a su m'apprivoiser, me titiller, m'agacer et me séduire. Lauren Oliver aborde des sujets complexes qui sauront parler à tous les adolescents d’aujourd’hui – et même aux plus grands, comme moi. Je ne regrette certainement pas d’avoir découvert ce roman bouleversant, et j’ai très envie de lire l’adaptation du roman sortie récemment !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/before-i-fall-lauren-oliver
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Un tout nouveau mois dans l'épopée de Mia, et après ma lecture du tome 3 qui - à mon sens - avait relancé l'intérêt de la saga, j'étais curieuse de voir un peu la trombine de Monsieur Avril.

Mason Murphy. C'est le nom du nouveau client de Mia. Beau comme un dieu vivant, mais terriblement goujat sur les bords. Séduisant joueur chez les Red Sox, mais à la réputation déplorable... Leurs premiers échanges sont à bâton rompu et le jeune homme ne laisse pas une très bonne impression à Mia. Engagée pour redorer un peu son image auprès des sponsors, elle est prête à jouer son rôle de fausse petite-amie, malgré ses a priori. mais elle va rapidement se rendre compte que Mason fait partie de cette catégorie de garçons que seule une personne bien particulière peut mettre à nu.

Terminés les galas et les endroits chics. Cette fois-ci, Mia se retrouve entourée de bonhommes tout en sueur, au milieu de la bière et des discussions sur le base-ball. C'est un des points forts de la saga : chaque mois, Audrey Carlan plante un nouveau décor, avec des personnages venant de milieux différents. Ce qui fait que l'histoire ne s'essouffle jamais vraiment, puisqu'elle emprunte chaque fois des chemins encore inexplorés. Et celui-ci était tout aussi intéressant à découvrir.

Un autre point qui m'a bien plu, c'est que la relation entre Mia et Mason n'est pas vraiment celle à laquelle on peut s'attendre au début. Je n'en dirai pas plus à ce sujet, mais c'est une chose qui m'a disons... soulagée ! Et j'ai apprécié l'intégration de l'héroïne dans le groupe, un peu comme si, elle aussi, faisait partie d'une équipe.

Wes n'est pas bien loin, comme toujours. Il reste dans un coin de la tête de Mia, et cette dernière va faire une découverte on ne peut plus surprenante, qui va remettre toutes ses espérances en question. J'ai savouré cette nouvelle avec une certaine délectation (sans doute mon petit côté revanchard), et le désarroi de Mia m'a fait assez plaisir, car j'ai dans l'espoir que ça lui donne un peu de grain à moudre.

Car Mia est et sera toujours le problème pour moi. J'ai toujours l'impression d'être face à une personne qui ne se connaît pas vraiment et qui essaie de se persuader du contraire. Mia pense tout savoir sur les hommes et l'amour, elle pense avoir fait le tour de la question en matière de sexe, mais l'ennui c'est qu'à mes yeux elle base toutes ses croyances sur une montagne de clichés. C'est dommage, car une série comme celle-là pourrait être l'occasion idéale de creuser en profondeur, afin d'offrir à toutes les lectrices une vision de l'amour moins manichéenne. J'espère qu'Audrey Carlan parviendra à démolir tous ces stéréotypes au fil de son histoire.

​En résumé, Calendar Girl Avril est une suite à la hauteur du troisième opus, avec une Mia plus effacée et un Monsieur Avril sympathique et plus surprenant qu'on le croit. J'ai apprécié ce nouveau décor, ces nouveaux enjeux, et même si je reste un peu sur ma faim, j'ai passé un moment appréciable.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/calendar-girl-audrey-carlan
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J'avais déjà entendu parler de cette saga, mais je n'avais jamais franchi le pas jusqu'à présent. Lorsque la maison d'édition a annoncé la sortie du deuxième opus – non sans préciser qu'il pouvait se lire indépendamment du premier – j'ai foncé. Il faut dire que depuis que j'ai découvert Georgia Caldera dans Hors de question, j'en redemande ! Avec De velours et d'acier, j'ai plongé dans le grand inconnu et j'en suis ressortie totalement fascinée.

Ce tome 2 raconte l'histoire d'Augustin et Léopoldine. Lui est le fils de la reine Victoria – surnommée « La reine Éternelle » – et se voit forcé de se marier contre son gré. En voulant y échapper, il finit enfermé dans la Tour. Durant une séance de torture, il dévoile des capacités bien particulières qui lui permettent de s'échapper. Il croise alors le chemin de Léopoldine, une femme forte qui survit dans un monde de brutes épaisses. Ensemble, ils vont vivre une aventure qu'ils n'étaient pas préparés à connaître.

Lorsque j'ai tenu le roman dans mes mains pour la première fois, j'étais bouche bée. De velours et d'acier est une belle brique de plus de 800 pages, et avant même de plonger dedans, je savais que j'allais me retrouver au coeur d'une histoire très dense. Ce que je n'imaginais pas cependant, c'est qu'elle soit aussi poignante, profonde et intense !

Durant les premières pages, je me suis sentie un peu larguée. On entre très rapidement dans le vif du sujet et il faut le temps de prendre ses marques. Mais j'ai fini par me laisser complètement entraîner, faisant aveuglément confiance à l'aisance de Georgia Caldera.

Ce que j'ai le plus aimé c'est l'aspect humain du récit. J'ai eu la sensation d'être en plein coeur d'une tourmente. Tout est sombre dans le monde créé par l'auteur. L'univers est sans pitié, inquiétant, et ne fait pas de cadeaux. Pourtant, on arrive à trouver cette lueur d'espoir à travers les deux personnages principaux.

Aux premiers abords, Augustin peut paraître un peu suffisant, arrogant. Mais on observe une véritable transformation chez lui. Les aventures qu'il vit le font gagner en maturité. J'ai fini par me laisser charmer. Léopoldine est une jeune femme qui a du tempérament et qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds. J'aime tout particulièrement les héroïnes qui ont de la poigne. Elle m'a laissé une forte impression.

Ces deux-là ne semblent rien avoir en commun, et pourtant leur relation se tisse au fil du livre jusqu'à devenir fouillée et particulièrement intéressante. La romance qui en découle n'a fait que mon conforter : j'aime la plume de Georgia Caldera, j'aime la manière qu'elle a de nous faire vibrer avec ses héros, aussi mystérieux que captivants.

J'ai été totalement bluffée par la richesse de l'histoire. Outre la romance à laquelle j'ai totalement adhéré, je n'ai pas pu m'empêcher de m'émerveiller en songeant à tout le travail que la construction de cet univers avait dû demander. Neo-Londonia nous ouvre ses portes, et ce qu'on y trouve est empreint d'obscurité et d'un danger invisible, presque palpable. L'ambiance est très étrange, et en même temps très attirante.

En résumé, Georgia Caldera me laisse une fois de plus béate d'admiration. Avec ce roman qui sort complètement de ce dont j'ai l'habitude, on passe par toutes les émotions. Sa plume se fait tour à tour sensuelle et mystérieuse, et ses personnages nous envoûtent littéralement.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/victorian-fantasy-georgia-caldera
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Inalia… Un roman dont j’entends parler depuis plusieurs mois, encensé par la blogosphère. Je ne compte plus les chroniques dithyrambiques qui circulent sur internet, et j'avais moi aussi envie de comprendre la fascination et l’engouement que cette saga semblait susciter. C’était également l’occasion de découvrir mon premier titre aux éditions Mots en flots. J’en attendais énormément, et mon enthousiasme a fini par gagner mon amie Aliybooks, qui a décidé de me suivre dans une lecture commune improvisée. Une lecture commune pour le moins animée !

L’histoire d’Inalia prend place 121 ans après le Grand Changement, une série de catastrophes naturelles qui ont fait vaciller le monde sur ses fondations. C’est ainsi qu’est apparu Inalia, une monarchie retombée à l’époque moyenâgeuse. Nous suivons Pénélope, 17 ans, qui travaille dans un manoir au service d’une des filles de la Marquise de Morvan. Son statut de servante lui vaut bon nombre de brimades et d’humiliations, mais la jeune fille tient bon grâce à ses amies qui vivent les mêmes tourments.

Au début du roman, toute la maisonnée est dans l’effervescence, car les princes du royaume d’Inalia sont à la recherche d’épouses et doivent les choisir parmi les demoiselles de la haute société. C’est ainsi que Pénélope croise la route du prince Alexandre et du prince Stéphane. Si le premier se révèle être un véritable goujat, le deuxième ne la laisse pas indifférente. Mais dans un monde où sa liberté est compromise, le bonheur paraît inaccessible.

En commençant ma lecture, j’ai eu cette impression étrange d’entrer dans un conte de fée, avec Pénélope dans le rôle de Cendrillon. L’ambiance fourmillante à l’approche de l’arrivée des princes est assez enivrante, je dois dire. Il est vrai que dans les premières pages, j’ai eu peur de me perdre, car l’auteur nous présente sans ambages 8 personnages, avec des physiques et des tempéraments différents. J’ai cru que j’allais me perdre. Heureusement, certaines finissent bien vite par sortir du lot.

Pénélope, Lucie, Sylvia et Christine travaillent au Manoir, chacune au service des maîtresses de maison. Les filles de Madame la Marquise n'hésitent pas à user de leur supériorité pour leur mener la vie dure. Entre Julie, la peste imbuvable qui tire un plaisir sans nom à distribuer les claques comme des bonbons et Mélodie qui manigance dans son coin, en bonne perverse qui se respecte, les journées sont souvent agitées. Seule Pénélope est un peu mieux lotie que ses amies, puis qu’elle comble tous les désirs de Laurine, la troisième sœur et de loin la plus mutique et patibulaire (et la plus chouette, c’est indéniable).

J’ai eu un faible pour Sylvia qui se distingue des autres avec sa langue bien pendue et son humour caustique. Très drôle, elle installe à elle toute seule une ambiance assez douillette dans chaque scène. Les autres personnages sont intéressants à découvrir, même si je n’ai pas été sensible à la romance que j’ai trouvée trop clichée et envahissante.

Du reste, les personnages de Maud Cordier sont brossés avec soin, peut-être un peu trop d’ailleurs. J’entends par là que l’héroïne a rapidement constitué un problème de taille. Pénélope est une Mary Sue en puissance qui tente tant bien que mal de survivre dans cette société qui ne fait pas de cadeaux aux gens comme elle. Les hommes tombent en pâmoison sur son passage, toutes les filles qui ne sont pas ses amies la jalousent pour sa beauté (pour les autres, elles lui serinent de manière récurrente qu’elle est d’une beauté à couper le souffle). La seule qui s’ignore, c’est la concernée. Pénélope n’a aucune idée du magnétisme intense qu’elle dégage et elle s’en défend. Chacune de ses réactions est d’une justesse rare, et j’avoue préférer les héroïnes un peu plus cabossées, un peu moins parfaites.

Concernant l’univers, le contexte est particulièrement intéressant. Dans les romans d’anticipation, l’apocalypse permet souvent à une société de recommencer à zéro à partir des progrès déjà accomplis. Ici, c’est différent. Le monde tel qu'on le connaît – avec ses avancées technologiques et ses connaissances dans de multiples domaines – a totalement reculé, vers une époque que l’on trouve actuellement dans les manuels d’Histoire. Le mélange de l’ancien et du moderne donne lieu à un cocktail original. Maud Cordier nous accompagne tout le long, et fait découvrir à son héroïne des choses que l’on ne prend plus la peine d’admirer.

Le seul bémol de ce côté-là, c’est que j’aurais aimé en savoir beaucoup plus sur le fonctionnement de cette nouvelle société. Pénélope elle-même semble avoir des connaissances très limitées de son univers, mais le peu qu’elle sait, elle le partage à peine avec le lecteur.

On ignore tout du modèle des castes et du fonctionnement de l'économie. Les informations sur cette société unique ne nous sont pas délivrées. De fait, on se sent bien dans ce cocon qu’est le manoir ou encore le château, mais tout ce qui concerne l’extérieur est un point d’interrogation géant. J'attendais plus d'approfondissement de ce côté-là, car on se focalise uniquement sur les intrigues amoureuses.

On sait qu’il y a les nobles d’un côté, les pauvres de l’autre, mais on ignore tout du reste. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi Pénélope ne cherche pas à partir. Elle est servante – esclave de surcroît –, mais préfère servir des gens infects sans percevoir le moindre salaire plutôt que de tenter de se construire une vie ailleurs. Pourquoi s’enfuit-elle pas ? Qu’est-ce qui les retient, elle et ses amies ? J’ai peut-être loupé l’information, je ne sais pas. Pour les trois tomes suivants, j'espère que l'auteur prendra le temps de s'arrêter sur son univers pour nous en expliquer les rouages.

D’autres aspects de l’intrigue ont également attiré mon attention (et dans le bon sens du terme) : le petit côté paranormal et le message écologique qui transparaît à plusieurs reprises. Maud Cordier dissémine nombre de valeurs fondamentales tout au long du récit, montrant au lecteur l’importance de prendre soin de sa planète. La magie, elle, fait son apparition dans la dernière moitié du livre, et sans être trop expansive, elle a une véritable raison d’être. J’y ai été très sensible.

La plume de Maud Cordier – si elle peut sembler un peu balbutiante au début – finit par gagner en richesse et en profondeur. J’ai été agréablement surprise par son style assuré et fluide. Cela dit, on retrouve quelques coquilles et répétitions, mais ce n’est pas imputable à l’auteur.

En résumé, je suis encore partagée, à ce stade. Assurément, Inalia est un roman à fort potentiel, qui délivre à son lecteur de jolis messages et qui lui ouvre les portes d’un univers repensé. On sent que Maud Cordier a mis tout son cœur dans cette histoire, et qu’elle s’est passionnée pour ses personnages. J’ai apprécié suivre les aventures et les déconvenues de Pénélope, même si je n’ai pas eu d’atomes crochus avec elle. Je suis restée sur ma faim à cause du manque de développement de cette société post-apocalyptique et je n’ai pas non plus adhéré à la romance, trop sirupeuse à mon goût. Néanmoins, je ne manquerai pas de lire le tome 2, car l’air de rien, cette histoire a piqué ma curiosité.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/dystopie/inalia-maud-cordier5166792
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date : 13-04
Les romans de cette maison d’édition me laissent chaque fois une impression particulière, tenace. Aux premiers abords, ils sont simples, leur format est court, mais il s’avère qu’ils renferment une justesse et une richesse assez incroyables. Je savais avant même de commencer Appuyez sur étoile qu’il s’agirait d’un récit singulier qui allait, d’une manière ou d’une autre, me toucher en plein cœur.

Avril, 19 ans, vit dans une petite ville tranquille et travaille comme coiffeuse à domicile. Mais son grand rêve, c’est de percer dans le milieu de la coiffure. Pour ça, elle est prête à tout essayer. À côté de ça, c’est un plaisir pour elle de s’occuper de sa fidèle clientèle : des petites mamies parfois dures de la feuille, mais toujours attachantes.

Nous suivons également Tarik, son meilleur ami, qui aimerait par-dessus tout ouvrir le premier kebab étoilé ; le père d’Avril qui s’extirpe péniblement d’un divorce qui l’a laissé morcelé ; et puis Mémé… Mémé, la grand-mère d’Avril, qui apprend subitement que sa garce de tumeur au cerveau est revenue. C’est toute la vie d’Avril qui s’en trouve chamboulée. La jeune fille décide alors de lui offrir un au revoir digne de ce nom, elle qui rêve de voir les étoiles.

Lire Appuyez sur étoile m’a donné l’impression de me retrouver en pleine mer et d’être ballotée par les remous des vagues – parfois violents, parfois berçants. On se laisse porter par le courant, subissant de temps à autre les remous terrifiants de l’existence : la maladie, la peur, le sentiment de perte. La vie, tout simplement.

Car c’est ce que Sabrina Bensalah nous présente : une ode à la vie. Sa plume dégage une telle humanité et une telle simplicité qu'on se laisse tout simplement entraîner par l'authenticité de ces tranches de vie. Le temps de quelques saisons, Sabrina Bensalah célèbre la vie et l'amour. L'insouciance et le deuil. L'espoir et le déclin. Les petites joies et la fatalité se mêlent pour créer une histoire qui retrace ce à quoi nous serons tous confrontés un jour.

Les personnages sont simples et imparfaits. Des monsieur et madame tout le monde à travers lesquels on se retrouvera forcément. D’abord Avril et Tarik, deux amis de longue date, différents, mais pétris de rêves et d'aspirations. J’ai aimé leur relation sans chichis et belle dans sa sobriété.

Je suis tombée sous le charme de Mémé. Une grand-mère adorable, gentiment confuse, qui adore radoter et raconter des histoires déjà entendues mille fois. Une Avril qui l'aime profondément et qui s'investit dans la vie des autres d'une remarquable manière, sans jamais forcer les choses. Un Tarik amusant et rêveur, aussi fort qu'un chêne sous lequel on pourrait se reposer. Un père aussi fiable qu'un roc qui cache pourtant des blessures béantes. Une brochette de personnages qui n'ont rien de super-héros, et qui pourtant, laissent inévitablement leur trace.

La plume et une petite merveille, avec un style unique sans en avoir l'air. Un soupçon de poésie, un lyrisme qui n'appartient qu'à Sabrina Bensalah et le tour est joué. Et je ne peux décemment pas terminer cette chronique sans partager avec vous un petit bout de son travail :

C'est votre visage qui m'intéresse et vos cheveux surtout. Un visage marqué, c'est bien plus qu'une question de beauté. Chaque ride est une ligne de vie. Vous voyez celle qui court le long de vos yeux ? C'est un sillon creusé par une larme de joie quand votre fils est né. Et celle-ci, cette ride un peu plus longue tout près de votre bouche ? C'est votre appétit de vivre.

En résumé, plus qu'une hymne à la vie, Appuyez sur étoile est aussi une hymne à l'amour. Un récit profondément humain et intergénérationnel qui se fait tour à tour drôle et émouvant, triste et amusant. Un parfait équilibre pour un roman qui nous laisse sur une dernière note douce amère.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/appuyez-sur-etoile-sabrina-bensalah
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Avant même qu'il ne sorte, j'entendais parler de cette nouvelle saga un peu partout sur la blogosphère. J'étais donc très curieuse de me forger un avis, et c'est à l'occasion d'une super lecture commune avec Jiji du blog Les instants volés à la vie que j'ai fait la connaissance de Maia.

Maia est une adolescente dont la vie bascule du jour au lendemain. Dans son univers, la société doit faire face à une situation sans précédent : le monde entier subit les assauts répétés de créatures cauchemardesques semblant sortir de nulle part. Pour y faire face, la technologie a dû s'adapter et des pouvoirs étranges ont émergé chez 4 jeunes filles, conférant à chacune d’entre elles un pouvoir élémentaire (l'eau, la terre, l'air et le feu). Lorsque l'une d'entre elles meurt, le pouvoir est transmis à une nouvelle fille choisie aléatoirement dans le monde.

Le jour où la grande Natalya - Effigie du feu - trouve la mort dans des circonstances étranges, c'est Maia qui hérite de son pouvoir. La jeune fille est investie d'un rôle qui la dépasse, elle qui a toujours idolâtré ces figures de guerrières connues de part le monde. Ce qu'elle ignore, c'est que derrière le strass et les paillettes, la vie d'une Effigie n'a rien d'une partie de plaisir !

Premières pages, et l'auteur nous plonge au cœur même de l'action, dans un Manhattan grouillant de Spectres assoiffés de sang. Autant dire que j'en ai eu plein les yeux et que j'en redemandais. On est un peu comme Maia, encore vierges de tout savoir au milieu du chaos, essayant de comprendre ce qui peut bien se passer. Et encore, l'héroïne a un temps d'avance sur nous, même si elle ignore ce qui l'attend en temps que nouvelle Effigie.

Les Effigies sont considérées comme des déesses envoyées sur Terre pour éliminer les Spectres. Tout le monde les adule, elles sont de véritables célébrités partout dans le monde, même si elles n'échappent pas aux critiques des détracteurs. Bref, des déesses... On se rend vite compte que la réalité, elle, est nettement moins vernie. Ce sont des adolescentes dotées de trop grands pouvoirs pour elles et qui tentent par tous les moyens de ne pas mourir face à la tâche ardue confiée par la nature. Travailler ensemble est très difficile, et certaines ont même décidé qu'elles avaient le droit à une vie normale et ont depuis longtemps raccroché le costume de la super-héroïnes. Mais il se pourrait que l'arrivée de Maia change la donne.

Je me suis très vite attachée à ces filles ! Comment pourrait-il en être autrement ? Maia et sa sœur June se sont identifiées aux Effigies toute leur vie, mais lorsque Maia en devient une, les masques tombent et c'est la désillusion. Pourtant, on ne peut pas lui reprocher son envie de se battre et de survivre à tout ça. Même si elle est très indécise, voire complètement terrifiée (ce qui peut se comprendre), Maia a sincèrement envie de faire le bien autour d'elle et d'aider son prochain. À côté de ça, c'est une ado normale, un peu geek sur les bords.

De l'autre côté, on découvre progressivement les autres filles de la bande. Chae Rin la colérique ; Belle, froide et distante comme la banquise ; Lake la frivole un peu timide. Une jolie brochette de jeunes filles loin d'être soudées, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Chacune fait sa vie de son côté sans se soucier des autres. Mais il se pourrait que Maia fasse office de colle.

J'ai vraiment aimé cet univers, avec des méchants complexes et psychopathes à souhait, de l'action et des révélations en rafales, ainsi qu'un soupçon de sentiments bienvenu. Toute la société s'est greffée autour des Spectres et c'est ce qui rend ce monde alternatif si attrayant.

Sarah Raughley nous met face un récit dynamique et bien dosé, et même si nous sommes encore loin d'avoir toutes les réponses à nos questions à l'issue de ce premier tome, elle ne lésine pas sur les détails et détruit sans sourciller nos maigres certitudes. Si The Effigies avait un adage, ce serait : ne faites confiance à personne. Les méchants ne sont pas toujours ceux que l'on croit et chacun y va de ses fêlures et de ses secrets.

En résumé, The Effigies prouve que les super-héroïnes peuvent nous bluffer et nous en mettre plein les mirettes. Sarah Raughley revisite d'une remarquable manière les pouvoirs élémentaires, pour en faire un récit vivant, ébouriffant et extrêmement addictif. J'attends la suite avec grande impatience !

Il ne vous reste plus qu'à plonger dans ce monde alternatif. Un livre à mettre dans les mains des ados et des plus grands !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/april-08th-2017
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date : 07-04
Une couverture envoûtante, un thème captivant... voilà un roman qui réunissait tout ce que j'aime et je n'ai pas été déçue du voyage !

Ivory est une lycéenne qui a toutes les peines du monde à joindre les deux bouts. La vie à la maison est néfaste et ce qui l'attend à l'école n'est guère plus joyeux. Une réputation sulfureuse lui colle à la peau, et elle doit subir jour après jour les railleries et les jugements des autres. Pourtant, Ivory tient bon et elle a envie de faire ses preuves, car son rêve depuis toujours est d'intégrer une prestigieuse université de musique afin de faire ce qu'elle aime le plus au monde : du piano.

Emeric, lui, est un professeur de musique connu pour ses frasques et son penchant pour certaines pratiques un peu douteuses. Lorsqu'il fait son entrée dans la nouvelle classe à qui il donnera cours, ce qu'il ressent pour Ivory est immédiat et son instinct dominateur ressurgit. Ces deux-là vont devoir lutter contre une attraction extrêmement forte, alors que toute forme de relation intime est prohibée entre un professeur et son élève.

Je savais en commençant ce roman que ça allait être sombre, mais je ne m'attendais pas à une histoire de cette intensité. L'intrigue, parfois très cruelle et déroutante, m'a mise sens dessus dessous, si bien que j'ai eu les plus grandes peines à lâcher le livre. J'ai dévoré ces 500 pages d'une traite et sans reprendre mon souffle, tant je me suis passionnée pour l'histoire interdite d'Emeric et Ivory.

Moi qui suis souvent très frileuse en littérature érotique, Pam Godwin m'a littéralement transportée. J'y ai trouvé du danger, des non-dits, des moments de malaise et sous haute tension, mais également de la violence débridée et énormément d'émotions. Plus qu'un roman érotique, c'est un roman très noir qui transpire la souffrance. Sans fard, l'auteur nous montre ce qu'il y a de plus bestial chez l'homme, et ce n'est pas toujours très joyeux.

Pourtant, à travers toute cette noirceur, il y a une certaine douceur presque insupportable à laquelle on se raccroche désespérément. Cette douceur, on la trouve chez Ivory.

Elle a une image des hommes très précise et n'a jusqu'à présent croisé que des garçons malintentionnés aux bas instincts. Elle est comme un petit hérisson qui se protège comme elle peut de toute forme d'attention. C'est une fille qui a pris tellement de coups dans la vie qu'elle survit au lieu de vivre. Mais au fond, il y a simplement une enfant affamée d'amour et de tendresse. C'était très pénible de la voir ainsi, voir sa personnalité se déliter petit à petit. On se demande simplement quand elle va exploser ou se briser en petits morceaux...

Emeric est d'une autre trempe. Il a une sexualité totalement débridée et ne cache pas son penchant pour le sadomasochisme. C'est vrai, ses goûts m'ont paru vraiment limites. Je serais une menteuse si je prétendais comprendre cette forme de plaisir, mais voilà, c'est un fait : Emeric Marceaux est un dominateur et il a envie de dominer Ivory. En plus d'être amer, ce personnage est également tout feu tout flamme et peut se révéler dangereux lorsque l'on touche à ses affaires...

Et ce n'est pas tout. Certains personnages sont tout bonnement monstrueux. Psychologiquement, c'était dur d'assister à certaines scènes qui nous confrontent à la misère humaine. On oscille entre colère et pitié, c'est compliqué pour les nerfs.

J'ai adoré ce roman, car plus qu'une histoire d'amour, c'est une histoire profonde et complexe, une histoire sombre où la psychologie tient une place de choix.

Le couple Ivory/Emeric a de quoi donner des frissons. Sur le papier, ils sont incompatibles. Leur relation est très instable et les rapports de force s'inversent continuellement. Ce n'est pas une dualité entre eux, mais une recherche d'équilibre.

Le goût de l'interdit y est, ce qui rend l'histoire particulièrement fiévreuse. La seule petite chose qui me dérange, c'est cette forme de sexe à laquelle je n'adhère pas. J'ai attendu un déclic qui ne s'est pas fait. Pour moi, ce plaisir que l'on trouve dans la violence et l'humiliation me dépasse. Ça reste une opinion purement personnelle, et finalement ça ne pèse pas bien lourd dans la balance sachant que j'ai beaucoup aimé le roman de manière globale.

Quant à la fin, je ne sais pas trop pourquoi, mais dès le début j'ai pressenti que ça n'allait pas très bien se terminer. Est-ce que j'ai eu du flair ou pas ? Je vous laisse en juger par vous même, mais j'ai trouvé la conclusion juste en tous points.

En résumé, Notes Noires est une romance érotique intense et extrêmement sensuelle qui mêle la noirceur du genre humain à la douceur d'une héroïne malmenée par l'existence. Une relation impossible dans laquelle Pam Godwin tisse la partition d'une musique unique et magistrale.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/notes-noires-pam-godwin
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La dystopie est un genre que j’affectionne beaucoup, et lorsque j’ai découvert qu’une jeune auteur francophone allait prochainement être publiée, j’ai eu très envie d’en savoir plus.

Manipulation raconte l’histoire de deux sœurs : Liza et Anna. Elles mènent une petite vie tranquille dans laquelle Liza s’occupe de tous les travaux pénibles et physiques pour bien faire tourner la maison, et Anna, 8 ans, passe son temps dans les livres, en affûtant son intelligence bien au-dessus de la moyenne. Elles vivent en dehors de la Société, loin de la poigne de fer et l’œil de lynx de Connor, le président. Hélas, un jour, Anna se fait capturer par la Milice et est retenue captive au cœur de la Société. Liza est prête à tout pour sauver sa sœur et déjouer les plans tordus du président.

Manipulation entre dans cette catégorie de dystopies young-adult qui sont légion actuellement dans nos librairies. Les premières pages tournées, je savais que j’allais passer un moment agréable, et si la trame en elle-même n’avait rien de très novateur, elle était néanmoins suffisamment prenante pour tenir en haleine de bout en bout.

La Société est – comme je m’y attendais – oppressive et tyrannique. Les faits et gestes de tous les citoyens sont observés, décortiqués et surveillés. Les libertés de chacun sont étouffées et c’est dans ce contexte peu reluisant que l’on suit les aventures de Liza et Anna.

Les deux sœurs sont aussi différentes que complémentaires. Liza est la travailleuse du duo, celle qui chapote toute leur vie et se charge de ramener de quoi manger jour après jour. Anna, plus cérébrale, est handicapée et trouve son bonheur en nourrissant son esprit de connaissances.

D’autres personnages viendront jalonner leur petite vie, et on les apprivoise assez rapidement. Juliette Lemaître crée des enjeux différents pour chacun, ce qui donne souvent lieu à des situations intéressantes. N’importe qui peut se retrouver en eux, même si on se fait un plaisir de détester le président, aussi voyeur qu’insupportable.

Au niveau de l’intrigue, on reste sur de la dystopie tout ce qu’il y a de plus classique. Les éléments s’enchâssent progressivement les uns avec les autres, si bien que les pages se tournent très vite. Je déplore néanmoins certaines facilités prises par l’auteur (notamment concernant Anna et son handicap qui – soudainement – n’en est plus vraiment un). Ça m’a empêché de totalement de croire en certains événements. Dans l’ensemble, le scénario est assez prévisible, même si le plaisir de découvrir les pérégrinations des héroïnes, lui, est intact.

En résumé, Manipulation est une saga qui commence plutôt bien, avec une bonne dynamique et un univers dystopique qui présente un beau potentiel, malgré quelques incohérences imputables au fait qu’il s’agit-là d’un premier roman. Grâce à une plume simple et fluide, Juliette Lemaître entraîne son lecteur dans une aventure où on ne s’ennuie pas un instant.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/dystopie/manipulation-juliette-lemaitre
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J’aime me faire peur et j’ai déjà eu mon lot de frissons avec d’autres titres comme Sunshine, publié dans la même maison d’édition. Ce qui m’a d’abord tapé dans l’œil, c’est le roman en temps qu’objet. La couverture est ultra originale : la silhouette que l’on distingue est également sur la première page, ce qui donne un effet miroir très sympa. Sans oublier le récit truffé d’étranges photographies qui viennent ajouter un côté très concret – presque concevable – au récit. Ça m’a fait penser à Miss Peregrine et les enfants particuliers qui repose sur un principe similaire. Terreur garantie !

Shadow House raconte l’histoire de 5 adolescents. D’abord, il y a Poppy. Privée de l’amour d’une famille, la jeune fille a toujours été tenue à l’écart et a souvent l’impression d’être un peu folle. Un jour, elle tombe sur une lettre qui va changer sa vie. Marcus est un joueur de violoncelle qui ne vibre que grâce à la musique. Un jour, l’opportunité de réaliser son rêve se présente, et il ne compte pas la laisser lui passer sous le nez. Dash et Dylan sont les vedettes d’une série familiale à succès depuis qu’ils ont 5 ans. Jumeaux aussi différents que complémentaires, ils reçoivent une offre qu’ils ne peuvent pas refuser. Et enfin Azuma a perdu sa sœur dans des circonstances mystérieuses, et elle ne s’en est jamais remise. Pour échapper à ce passé qui la hante, elle décide de s’éloigner et de partir dans un pensionnat.

Ces 5 adolescents n’ont rien en commun, et pourtant, pour une raison qu’ils ignorent, ils vont tous atterrir au même endroit : le manoir Larkspur. Et si tout cela avait été calculé ? Qui aurait pu les faire venir au même endroit au même moment ? Et dans quel but ? Ces cinq personnages que tout oppose vont devoir coopérer et se serrer les coudes pour découvrir les secrets qui se cachent dans les recoins sombres de la maison des ombres...

Comme je le disais, j’aime me faire peur. J’ai attendu qu’il fasse nuit pour lire ce livre, et je m’en suis très rapidement mordu les doigts ! Dès les premières, j’en suis venue à suspecter des craquements bizarres chez moi et à imaginer possible tout ce qui se passait dans le manoir Larkspur.

Dan Poblocki maitrise à merveille l’art d’effrayer son lecteur. Il manie avec adresse le suspens, les mystères et l’action, tout en semant quelques indices ici et là. Ce qui rode dans les couloirs de Larkspur est terrifiant, et les étranges photographies qui parsèment le récit n’arrangent pas les choses. Parfois, je devais refermer ce livre parce qu’il me mettait beaucoup trop mal à l’aise.

Et que dire de ce groupe d’adolescent hétéroclite ? On ne peut pas s’empêcher de les prendre en affection (et aussi en pitié ; sans rire, personne n’aimerait être à leur place !). Poppy tout particulièrement. Derrière son apparence timide et vulnérable se cache une ado qui a de la suite dans les idées et qui peut faire montre de beaucoup de sang-froid. C’est tout naturellement qu’elle s’improvise leader du groupe. J’ai aussi beaucoup aimé le duo de Dash et Dylan qui apporte une véritable profondeur à l’intrigue.

Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler de la fin qui m’a sincèrement surprise. Une des révélations m’a laissée littéralement bouche bée. J’ai dû revenir en arrière pour retrouver les indices laissés par l’auteur tout au long du roman, et j’ai adoré être surprise de cette manière. C’est le genre de chute qui marche à tous les coups avec moi, et j’espère que Dan Poblocki nous en réserve d’autres dans le prochain opus.

En résumé, Shadow House est un roman qui arrache quelques frissons, avec une bande d’adolescents attachants et convaincants. Je suis agréablement surprise par cette lecture, et il me tarde de lire le tome suivant pour en savoir plus. Le manoir Larkspur regorge de secrets étonnants, et n’a – de toute évidence – pas encore livré tous ses secrets.

Même si c’est un roman assez glauque, Shadow House ne tombe jamais dans le gore ou l’insupportable. C’est pourquoi je le conseille à tout le monde, y compris aux plus jeunes qui veulent s’essayer à ce genre bien particulier. Attention néanmoins, âmes trop sensibles, s’abstenir !

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/shadow-house-dan-poblocki
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C’est en tombant sur le résumé de ce livre que j’ai été alpaguée. Je crois bien que je n’avais encore jamais lu de romans qui traitaient des dinosaures, et j’étais curieuse de me faire un avis sur la question. Résultat : Laura Martin nous embarque dans des aventures médusantes qui peuvent ravir les petits et les grands.

Sky Mundy a 12 ans et vit dans un bunker, dans une société qui a perdu le contrôle sur la vie en surface. Suite à des expériences scientifiques il y a de ça 150 ans, les dinosaures sont revenus à la vie et ont décimé 99% de la population mondiale. Les survivants n’ont eu d’autre choix que de se cacher là où ils ne risquaient rien : à savoir dans une forteresse souterraine. La vie y est très stricte et gouvernée d’une main de fer pour pallier à toute rébellion. Mais Sky, elle, n’en a rien à fiche. Son père a disparu depuis plusieurs années, faisant d’elle le mouton noir du bunker tout entier. L’adolescente n’a qu’une envie : comprendre ce qui a bien pu le pousser à mettre les bouts et pourquoi pas le retrouver pour de bon. Le jour où elle reçoit un message de lui, elle signe son envie de partir et de remonter à la surface pour se mettre à sa recherche. Accompagnée par son ami Shawn, ils vont fouler une terre hostile où chaque fourré et chaque embranchement peuvent cacher un dinosaure affamé.

La force de ce premier tome réside dans le fait qu’il peut être lu par à peu près tout le monde. Les héros sont jeunes avec du caractère, et l’univers en lui-même est assez sombre et dangereux pour parler aux adeptes d’aventures en tout genre. Pas le temps de lambiner que Laura Martin nous entraîne à pleine vitesse dans les recoins sombres de son histoire.

J’ai accroché dès le début, au travers d’une héroïne dont la vie est soumise à une surveillance accrue. Sky s’est retrouvée désavouée de toute la communauté pour les actes de son père. Celui-ci a subtilisé du matériel et s’est enfui comme un voleur, violant ainsi des règles immuables. Car dans cette société, avoir des effets précieux et personnels est formellement interdit, et le règlement ne fait aucune différence d’une personne à l’autre : pour vivre, il faut travailler.

Sky a de plus en plus de difficultés à se soumettre. Vindicative et bouillante d’énergie, elle n’hésite pas à piétiner quelques règles. À seulement 12 ans, elle est un véritable électron libre que rien ne semble arrêter, et quand elle a une idée, impossible de l’empêcher d’atteindre ses objectifs : elle fonce bille en tête. Cette héroïne casse-cou et têtue nous offre ainsi des rebondissements délectables.

Dans la deuxième partie du roman, Sky et Shawn se retrouvent à l’extérieur et font des découvertes surprenantes. Ayant vécu toute leur vie sous terre, ils se familiarisent peu à peu à un monde dont ils n’ont entendu parler que dans les livres. Le choc est assez comique, car ce qui paraît évident au lecteur ne l’est pas du tout pour les héros.

Ces deux-là s’en sortent d’une remarquable manière, et il leur arrive d’échapper au danger d’un cheveu ! Cela rend l’action très haletante et difficile à lâcher avant la conclusion. Personnellement, je les ai trouvés un peu trop jeunes à mon goût. Au vu de leurs réactions et de leurs mécanismes, j’aurais plutôt vu de jeunes adultes, et pas des préadolescents. Ça peut s’expliquer par la précarité de leur monde, par la nécessité de grandir très rapidement pour survivre. Il n’empêche que j’avais du mal à les visualiser avec cet âge. Dans un sens, ça peut être un bon point pour un jeune lectorat qui se sentira directement concerné et propulsé plus intensément dans l’intrigue. Mais pour un adulte, ça reste assez difficile à assimiler.

Une chose est certaine, c’est que les héros de Laura Martin sont bouillonnants de vie et ne restent jamais en place. Les décors changent, on se verrait presque marcher sous la canopée ou vivre au cœur du bunker. Tout est créé de manière à nous immerger le plus possible. Sans parler du fait que l’auteur nous apprend des choses et nous élargit un peu l’esprit grâce à des informations habilement distillées tout au long du récit.

En résumé, le premier tome de Sky Mundy et les dinosaures propose un univers dynamique qui parlera aux petits comme aux grands. De l’aventure, des dinosaures pas commodes et un univers dystopique très fourni, Laure Martin signe là une saga jeunesse mordante et efficace. L’atmosphère est épique et tient en partie grâce aux personnages vivants et pleins de peps.

Pour les plus jeunes, ne vous laissez pas déstabiliser par l’épaisseur du livre. La police d’écriture est grosse et les pages se tournent toutes seules. Il y a même quelques rares illustrations disséminées à l’intérieur, afin de s’imaginer les lieux dans lesquels évoluent nos héros. Si vous aimez les dinos, vous serez servis ! Pour les autres, si vous recherchez quelque chose de léger et sans prise de tête, d’épique et plein de danger, ce roman vous fera certainement passer un bon moment.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/dystopie/sky-mundy-et-les-dinosaures-laura-martin
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Cela faisait déjà quelque temps que ce titre me faisait de l’œil. Il y a déjà plusieurs années, j’avais vu le film intitulé Rouge Rubis sans savoir qu’il s’agissait de l’adaptation d’un roman. J’étais donc très contente de pouvoir découvrir cette histoire (depuis le temps, j’avais oublié une partie de l’intrigue), et je ne m’attendais pas à autant rire et surtout à autant apprécier ce titre !

Vue de l’extérieure, Gwendolyn est typiquement le genre d’adolescente que l’on pourrait qualifier de banale. Mais dès que ça concerne sa famille et ses ancêtres, c’est une autre paire de manches. Non seulement la jeune fille voit des esprits que personne ne semble percevoir, mais en plus, sa famille est la plus spéciale et la plus tarabiscotée qui soit. Car Gwendolyn est issue d’une lignée de voyageurs dans le temps. Sa cousine, Charlotte, est d’après des calculs complexes, la prochaine à développer ce pouvoir et elle a été préparée à ce rôle toute sa vie. Tout le monde s’attend à ce qu’elle développe ce gène si particulier, et pourtant, à la surprise générale, c’est Gwendolyn qui montre tous les signes. La jeune fille va alors découvrir ce qu’on lui a caché tout ce temps, et faire ses premiers pas dans un tas de petits secrets qu’il n’est pas toujours bon de déterrer.

J’ai lu ce premier tome d’une traite, incapable d’en décrocher, totalement subjuguée par l’histoire de Kerstin Gier. Je ne sais pas tellement à quoi je m’attendais, mais certainement pas à une intrigue aussi originale qu’addictive. Je me suis très vite aperçue que, sous des dehors simples et légers, Rouge Rubis est un roman construit avec minutie et application. Tout est là pour intriguer : des mystères à foison, des héros extrêmement attachants et des rebondissements inattendus. L’auteur a créé une aventure formidable qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout.

Gwendolyn constitue l’un des gros points forts de ce premier opus. Je l’ai trouvée toute en justesse, jamais dans l’excès. Elle est amenée à faire des choses extraordinaires, et pourtant, elle a des préoccupations parfaitement ordinaires. C’est une adolescente de 16 ans, grande amatrice de films à l’eau de rose. Elle pense comme une adolescente, réagit comme telle, ce qui fait d’elle une héroïne très actuelle, moderne et bougrement attachante. Je n’ai pas cessé de rire face à ses réflexions saugrenues. Gwendolyn, c’est le genre de personne qu’on aimerait avoir pour amie.

En parlant d’amie, que dire de la meilleure de toutes, Leslie ? S’il y en a bien une avec laquelle je me suis payé des tranches de rires, c’est bien elle. Beaucoup plus en retrait que d’autres, elle marque néanmoins les esprits avec ses répliques très piquantes et son caractère pétillant. Il y en a bien d’autres, des personnages croustillants, mais Gideon sort très vite du lot, et j’admets être un peu tombé sous son charme. Bref, un véritable éventail de personnalités qui ne demandent qu’à être découvertes, et parfois même exécrées !

Ce premier tome introduit à merveille ce qui, j’en suis certaine, sera une excellente saga. Comment s’ennuyer lorsqu’à tout moment, l’héroïne peut se téléporter sans le vouloir à une époque aléatoire ? Il y a du rythme, du peps, ça bouge dans tous les sens et on finit suspendu aux lèvres des personnages pour apprendre toujours plus, pour emmagasiner le maximum d’informations. J’ai découvert une forme de « magie » tout bonnement géniale, à mi-chemin entre le passé et le présent.

En résumé, j’ai plongé tête la première dans cette atmosphère un peu mystique où les secrets de famille se mêlent à l’Histoire pour créer une aventure ébouriffante. Je me suis passionnée pour cette intrigue, et j’ai surtout beaucoup rigolé (ce qui est assez rare, en fin de compte). Kerstin Gier a su inventer un univers plein de fougue, d’entrain et de fraîcheur, et je ne doute pas un instant que le tome 2 sera à la hauteur, sinon meilleur.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult1/la-trilogie-des-gemmes-kerstin-gier
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Je remercie Emily ainsi que les éditions Lumen pour cette surprise dans ma boîte aux lettres ! Alala… The Scorpion Rules, l’extraterrestre de la dystopie, l’un des romans les plus bizarres qui m’avait été donné de lire. Le premier tome m’avait laissée indécise, déroutée. C’était sans compter le deuxième et dernier opus qui lui, m’a complètement déboussolée.

Nous retrouvons Greta qui a pris une décision très difficile. Pour sauver ses amis, la princesse panpolaire à accepter de se sacrifier : elle est devenue une Intelligence Artificielle, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps. L’ennui, c’est que son corps ne le supporte pas, et elle sera bientôt contrainte d’y renoncer. Aux côtés de Talis et de deux Cygnes, elle va s’élancer dans une quête pour y remédier, mais tout ne se passera pas comme prévu. La révolte gronde et l’ordre n’a jamais été aussi précaire.

En commençant ce dernier tome, je savais que j’allais tomber sur quelque chose de très complexe. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que ce soit si différent du premier tome ! Ces deux opus sont aussi dissemblables que complémentaires. L’histoire prend un tournant radical et les objectifs sont complètement revus. Erin Bow nous entraîne sur une pente très marquée, sans filet de sécurité, et il faut s’accrocher tout le long.

En premier lieu, c’est le rythme du roman qui m’a décontenancée. Certains passages m’ont paru très lents et s’accompagnaient de leurs lots d’informations parfois indigestes. Il y a beaucoup de choses à intégrer pour peu d’action pure.

Je suppose que le but final d’Erin Bow était de nous pousser à nous interroger, au moyen d’une histoire fictive à laquelle les générations futures pourraient être confrontées. De fait, ça donne un récit assez étrange qui, s’il ne se veut pas dynamique, s’ouvre à la réflexion. J’avais l’impression d’être au milieu du chaos, mais de voir tout ce qui m’entourait au ralenti. Erin Bow aborde des sujets universels qui ne sont pas uniquement là pour servir son intrigue. À travers un univers tout droit sorti de son imagination bourdonnante, elle est parvenue à transposer intelligemment les problèmes de notre société à son récit.

On change radicalement de décor, dans ce dernier opus. Le premier tome nous avait fait voyager au cœur du Préceptorat, dans cette ambiance étouffante qui collait à la peau, au milieu des enfants des hauts dirigeants. Dans Prisoners of Peace, on ne retrouve plus rien de tout ça. C’est désormais une nouvelle aventure qui s’ouvre devant Greta. Le huis clos disparaît, au profit d’une épopée à grande échelle.

L’auteur a mis sur pieds un univers très personnel. Elle lève le voile sur les énigmatiques Intelligences Artificielles, elle nous dévoile de précieuses informations sur les Cygnes et nous parle sans détour du déchirement de la guerre. Il n’est pas toujours évident d’appréhender toutes ces informations. Certaines sont plus complexes que d’autres, et je dois admettre que ce qui se passe du côté de Talis et Greta m’a plus d’une fois échappé. J’ignore encore s’il s’agit de moi ou de l’écriture un peu floue d’Erin Bow, mais je n’ai pas tout compris.

La fin peut sembler un peu brusque, et certains pourraient ne pas se satisfaire d’une conclusion aussi ouverte. Personnellement, je l’ai trouvée parfaitement acceptable. Synonyme de renouveau, elle est chargée d’espoir et de promesses. Je n’en attendais pas moins.

En résumé, je suis partagée. Dans un sens, j’ai aimé l’univers d’Erin Bow, riche et complexe ; de l’autre, le roman m’a paru un peu longuet à certains moments, et j’attendais autre chose de ma lecture. Je pense qu’avec une histoire comme celle-ci, l’auteur aurait pu taper plus haut et aller encore plus loin. Ça reste néanmoins une dystopie post-apocalyptique qui se démarque très bien des autres.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/dystopie/the-scorpion-rules-tome-1-the-scorpion-rules-erin-bow
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Des sagas Young-Adult fleurissent un peu partout dans les rayons de nos librairies, et on a parfois l’impression d’avoir fait le tour. Pourtant, lorsque j’ai vu cette nouvelle sortie, j’ai eu une envie démesurée de la découvrir. L’objet-livre est un petit bijou à lui tout seul, et j’ai eu la joie de trouver dans ma boîte aux lettres un teasing tout aussi original ; de quoi m’intriguer pour de bon. Malgré tout ça, j’étais loin, très loin d’imaginer dans quelle aventure j’allais embarquer. The Curse m’a fichu une sacrée claque !

L’univers de Marie Rutkoski prend place dans un monde dystopique totalement inventé avec ses us et ses coutumes. Il y a encore une dizaine d’années, deux peuples vivaient chacun de leur côté : les Herranis et les Valoriens. Ces derniers, avides des possessions de leurs voisins, les renversent et s’approprient tous leurs biens. Les Herranis, dépouillés de ce qu’ils possèdent, sont réduits en esclavage et traités comme des moins que rien.

Kestrel est la fille d’un général influent. La seule chose à laquelle elle aspire lui est refusée : la liberté de faire ce qui lui chante. Son père voit en elle une excellente stratège et se montre soucieux de son avenir. Il lui offre donc deux choix : soit elle se marie, soit elle rejoint les forces militaires. La jeune fille – qui ne souhaite ni l’un ni l’autre – n’a pas vraiment le choix et sent que le délai accordé par son père file à toute vitesse. Un jour, alors qu’elle se promène au marché avec une amie, elle tombe sur une vente d’esclaves. Cédant à une impulsion, la jeune fille enchérit et achète ainsi Arin – appelé Forgeron – pour un prix bien plus élevé que sa valeur initiale. Bien malgré, Kestrel a succombé à la malédiction du vainqueur, et son sort en est jeté.

Le monde mis en place par Marie Rutkoski foisonne de détails intéressants. À la lisière de la fantasy avec un côté dystopique très prégnant, The Curse nous plonge dans une société qui peut faire penser aux guerres historiques que notre propre monde a pu traverser. Cela se traduit par la soif de conquête du peuple des Valoriens et par l’asservissement des Herranis.

Peu à peu, le voile se soulève pour dévoiler une civilisation avec sa propre culture et ses coutumes. C’est comme si je marchais aux côtés de Kestrel, comme si je vivais les choses et les ressentais comme elle. Lorsque l’on regarde son petit monde avec ses yeux, on n’y voit que fastes, réceptions et frivolités. Une petite pointe d’angoisse demeure néanmoins : celle de ses engagements à venir. C’est l’ombre au tableau. Kestrel aimerait pouvoir se dérober et ainsi éviter l’armée ou le mariage, mais le compte à rebours a déjà commencé.

De l’autre côté du voile, il y a Arin, l’esclave qu’elle a acheté. Lui a une vision de son monde bien plus noire et empreinte de colère. Au milieu de la richesse, il ne voit que son peuple qui souffre et trime tous les jours. Il ne voit que le mépris avec lequel on traite les Herranis.

Ces deux visions s’entrechoquent et c’est là que ça devient intéressant. Un étonnant bras de fer s’amorce, et on ne sait pas qui en ressortira vainqueur. Est-ce que ce sera Kestrel ? Le visage d’une fille forte et indépendante, d'une fille sensible qui ne se sent pas toujours à son aise dans son rôle de fille de général. Ou alors est-ce que ce sera Arin ? Pétri de haine et de ressentiment, prêt à tout pour libérer les siens. Même au pire. Ce n’est pas gagné d’avance, surtout lorsque l’on apprend à connaître son ennemi, et que l’on finit par s’attacher à lui…

Cette dualité est le fil rouge du roman, et je n’ai pas pu m’empêcher d’admirer l’auteur pour la manière dont elle est parvenue à renverser le rapport de force. La relation entre Kestrel et Arin a quelque chose de captivant. Pas de coup de foudre ou de mièvreries en perspective. Ils sont tous les deux très autonomes et tiennent à cette indépendance. Un étrange affrontement se joue. Pas de violence physique, juste de l’adresse et de la stratégie. De leurs conflits et de leur différence commence à naître quelque chose de vraiment beau. Une complicité dont ils ne semblent même pas avoir conscience.

J’ai tout particulièrement adoré le personnage de Kestrel. Elle se montre extrêmement rusée et astucieuse ; quand tout semble perdu, elle parvient à entrevoir la porte dissimulée pour s'en sortir. C'est typiquement le genre d'héroïnes que j'apprécie : débrouillarde, forte et en même temps pas insensible. C’est ce qui manque dans le paysage young-adult, et Marie Rutkoski relève le défi haut la main, avec une plume qui ne manque pas de douceur et de poésie.

En résumé, c’est un petit coup de cœur en ce qui me concerne. J’ai trouvé avec The Curse quelque chose que je n’étais même pas venue chercher, quelque chose qui m’a alpaguée et bouleversée. J’ai découvert des personnages profondément humains, qui ne prennent pas toujours les bonnes décisions, mais qui m’ont touchée. J’ai aussi trouvé un univers abouti dans lequel mensonges, manipulations et jeux de pouvoir sont rois.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/dystopie/the-curse-marie-rutkoski
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Le deuxième tome m’avait laissé un goût bien amer, et j’ai hésité à poursuivre cette saga, car j’avais beaucoup de mal avec l’héroïne. Finalement, j’ai pris la décision de poursuivre, et de donner une chance à l’auteur de me surprendre. Je dois aussi avouer que je suis curieuse de savoir ce que Mia va devenir à l’issue de cette année !

Troisième mois, troisième homme. Cette fois-ci, c’est à Chicago qu’elle va « travailler », auprès d’un restaurateur italien : Anthony Fasano. Beau comme un dieu, tout lui réussit, et pourtant, pour une raison mystérieuse, il a besoin d’une escort-girl pour jouer le rôle de sa petite amie auprès de ses sœurs et surtout de sa mère. Cette dernière est très conservatrice et une certaine pression repose sur les épaules d’Anthony. Mia est accueillie à bras ouverts par cette famille italienne qui l’imagine déjà dans une belle robe blanche, voire maman de plein de bébé Fasano.

Après m’avoir plongé dans la perplexité avec Février, Audrey Carlan redresse la barre avec ce troisième tome. Les deux premiers mois avaient permis à Mia d’en apprendre plus sur elle-même, et cette suite change la donne, puisqu’il se pourrait que Mia vienne en aide à celui qui la paye. Ce changement dans un schéma qui commençait à devenir récurrent a été le bienvenu. C’était une bonne idée de l’auteur, surtout après la frayeur du tome 2.

Les personnages qui gravitent autour de Mia sont intéressants à découvrir, et on se prend facilement d’affection pour eux. Pour Mia, c’est un changement drastique, elle qui a été habituée à coucher avec ses deux derniers clients… Et cette petite pause côté érotisme n’était pas pour me déplaire, car elle permet d’entrevoir d’autres choses ; des choses qui, à mon sens, sont fondamentales. Le sens de la famille, notamment. Qui dit Italiens dit famiglia ! Après la France, Claire Favan reprend un autre cliché, mais moins aberrant, tout de même. Le concept de la famille très envahissante, avec la Mama aimante et chaleureuse qui ne souhaite qu’une chose : que son unique fils trouve la femme de sa vie et lui fasse des bébés.

Passons à Mia. Sans surprise, ça n’a pas du tout marché. On aurait pu croire que cette petite abstinence forcée lui ferait du bien, mais la jeune fille a tendance à mouiller sa culotte dès qu’un joli garçon lui baise la main (lui baise la main, sérieux !). Il y a aussi le fait que tout le monde lui répète en long, en large et en travers qu’elle est sublime. À la longue, ça devient redondant. Je crois qu’entre elle et moi, ça ne le fera jamais, malheureusement.

Malgré mon aversion pour l’héroïne, le livre se lit toujours aussi vite et j’ai même été un peu déçue de le fermer au bout de deux petites heures à peine. Audrey Carlan joue bien avec ses lectrices ; même si on connaît l’issue de chaque tome, on a envie d’avoir le suivant sous la main pour assouvir notre curiosité.

La fin est prévisible, et un peu « facile » à mon sens, mais elle est empreinte d’émotion. Ce mois-ci aura été pour Mia l’occasion de se faire des amis, des vrais de vrais.

En résumé, Mars redresse considérablement le niveau – après un Février bien en deçà de mes espérances – et nous offre une histoire plus authentique, avec de vraies valeurs et moins de scènes érotiques. Encore une fois, c’est l’occasion pour Mia d’en apprendre plus et d’élargir ses horizons. Ce tome-ci est plus fouillé et abouti, et j’espère que la suite continuera sur cette lignée prometteuse.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/romance/calendar-girl-audrey-carlan
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Un tome 4 qui se termine en apothéose, une intrigue extrêmement dense et riche… la saga de Gardiens des Cités Perdues n’a de cesse de se renouveler en permanence. Commencer un des romans de Shannon Messenger, c’est chaque fois l’assurance de s’éclater, de ressortir émue et au bord des larmes.

Pour ne pas être spoilé des tomes précédents, je vous conseille de passer au paragraphe suivant ! Retour auprès de Sophie qui a connu son lot d’émotions. Encore une fois, elle a réussi à échapper au pire in extremis, mais c’était sans compter Keefe qui a rejoint des rangs des Invisibles, à la surprise générale. La pauvre Sophie doit maintenant faire face à bon nombre de menaces, alors qu’elle et ses amis ne sont pas plus avancés. Quels sont les desseins des Invisibles ? La tension grimpe et le danger rôde de tous côtés. Sophie va devoir faire montre d’adresse et de ressources pour échapper à tous les malheurs qui l’attendent à chaque tournant.

Le tome 4 de la saga était explosif, si bien que je me demandais comment il était possible de faire aussi bien par la suite. Et pourtant, Shannon Messenger n’a pas dit son dernier mot, car on monte encore d’un cran, pour nager en pleine nébuleuse. Ce 5e opus est placé sous le signe du mystère. Sophie tente de comprendre le plan des Invisibles, et il semble que ces derniers aient bon nombre de secrets insoupçonnés. Le monde des elfes, des gnomes, des ogres, des trolls, des gobelins et de tous les autres ne s’est jamais aussi mal porté.

Je ne le dirai jamais assez, mais replonger dans cette saga sans savoir ce que l’on va y trouver est un plaisir sans nom. Dans un premier temps, j’avais peur d’être perdue, mais comme pour chacun des tomes précédents, l’auteur nous guide pas à pas en nous faisant des rappels bienvenus. Il est tellement facile de se perdre dans ce monde riche et unique en son genre !

Mes certitudes avaient complètement été balayées dans le tome précédent, mais dans cette suite, je ne savais plus du tout de quel côté le coup allait être porté. Il y a tellement d’insécurité, tellement de non-dits et d’énigmes que chaque scène est marquée par un sentiment d’urgence. Et ce sentiment d’urgence se traduit par une incapacité à lâcher le roman. J’avais toutes les peines du monde à le reposer pour reprendre mon souffle, et je n’ai pas vu ces 665 pages passer. Mieux encore : je n’aurais pas dit non à 600 de plus !

À mesure que l’intrigue s’épaissit, les personnages grandissent et gagnent en charisme. Sophie me fait toujours autant de peine. À peine peut-elle s’adonner à des moments calmes et normaux pour une jeune fille de son âge que de nouveaux problèmes pointent le bout de leur nez ! C’était également un plaisir de retrouver Fitz, Biana, Dex et toute la bande.

Concernant Keefe, il tient une place de choix. Sachant qu’il s’agit de mon grand chouchou, j’avais la trouille qu’il me déçoive, que ses décisions compromettent l’équilibre des Cités Perdues déjà bien mis en péril. Pourtant, Keefe reste Keefe, c’est un de mes personnages préférés, tous romans confondus. Malgré ses maladresses, ses bévues et son tempérament casse-cou, on ne peut que l’adorer et prier intérieurement pour qu’il s’en sorte.

Shannon Messenger a eu l’intelligence de ne jamais rester sur ses acquis tout au long de la série, et elle nous le prouve encore aujourd’hui. L’action est là, les rares moments d’accalmie aussi. Tout tourne autour d’un mystère persistant que l’on brûle de comprendre. J’ai passé les trois quarts du temps à chercher les moindres petits indices disséminés çà et là, et j’ai malheureusement fait chou blanc.

La tension monte crescendo, pour nous offrir un final qui m’a laissée sans voix. Shannon Messenger nous lacère le cœur. Plus ça va, plus les aventures de Sophie se font sombres et mélancoliques. J’espère au moins avoir droit à un happy end avec l’ultime tome, car l’auteur n’a pas ménagé un instant mon pauvre petit cœur.

En résumé, Projet Polaris marque le tournant décisif qu’est en train de prendre la série. Gardiens des Cités Perdues est une saga qui a fait ses preuves, avec une auteur qui nous en met plein les mirettes. La qualité est là, l’univers de Shannon Messenger est une valeur sûre, le genre de roman qui – au même titre qu’Harry Potter – mérite de figurer dans toutes les bibliothèques des petits et des grands.

Qu’attendez-vous pour vous jeter sur cette série exceptionnelle ? Je la conseille à tout le monde, et j’invite même les plus réfractaires au genre à se faire une idée par eux-mêmes. Une histoire comme ça mérite d’être connue et reconnue par le plus grand nombre.


Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/gardiens-des-cites-perdues-tome-1-gardiens-des-cites-perdues-shannon-messenger
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Je remercie Myriam ainsi que les éditions Hachette pour cette petite lecture. Une lecture toute mignonne, susceptible de trouver écho dans plusieurs foyers et idéale pour se détendre et passer un moment de divertissement.

Camille est une petite fille de 9 ans, et pour elle, l’amitié, c’est sacré. Alors le jour où Raphaële, sa meilleure amie, lui confie qu’elle vient d’apprendre que son père n’est pas son père, c’est l’hécatombe. Raphaële est perdue, d’un côté, elle aime son père adoptif de tout son cœur, mais de l’autre, elle a très envie de rencontrer celui qui est parti et qu’elle n’a jamais pu connaître, son papapillon, comme elle l’appelle affectueusement. Camille et sa cousine Emma, qui ont toutes deux de l’énergie à revendre, vont accepter de lui venir en aide. Les trois amies vont donc fomenter des plans rocambolesques afin de mettre la main sur le papapillon. Et le pire, c’est qu’elles pourraient bien y parvenir !

Ce qui est bien avec Sophie Laroche, c’est qu’elle ne se cantonne pas à une histoire rapidement pliée. Camille et compagnie aborde des sujets actuels et modernes, afin d’expliquer certaines situations – parfois complexes – aux enfants qui peuvent s’y trouver confrontés. Dans cette saga, on parle de famille recomposée, de la venue d’un nouvel enfant, de l’abandon d’un père et de beaucoup d’autres choses. Sophie Laroche, au moyen d’une plume très fluide et bien tournée, ne prend jamais l’enfant pour un imbécile.

L’histoire en elle-même est assez loufoque. Une sorte d’enquête abracadabrante. À mesure que l’on avance dans la lecture, Camille et ses amies parviennent progressivement à réduire les potentiels papas de Raphaële. Et le moins que le puisse dire, c’est qu’elles ne se débrouillent pas trop mal. Les situations sont bien souvent cocasses, et avec des héroïnes pareilles – aussi débrouillardes et avec beaucoup de ressources – le jeune lecteur ne pourra pas s’ennuyer un instant.

En résumé, Le papapillon est un récit cocasse, mignon et amusant. Sophie Laroche aborde des sujets parfois sensibles, mais qui parleront à tous les enfants du monde. La famille est au cœur même de l’intrigue, et cette quête du père disparu peut redonner un peu d’espoir. Camille, Raphaële et Emma sont de super héroïnes, des sortes de justicières qui n’ont pas froid et aux yeux et sont prêtes à (presque) toutes les bêtises pour parvenir à leurs fins.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/jeunesse---young-adult/camille-et-compagnie-sophie-laroche
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date : 19-03
Contes revisités, antihéros… des thèmes qui me parlent et m’inspirent. Je savais – avant même de l’avoir commencé – que ce livre allait toucher la corde sensible chez moi. Et il l’a fait dès que j’ai tourné la première page.

Tout le monde connaît l’histoire de La Belle et La Bête, un conte déjà remanié un nombre incalculable de fois, interprété de différentes manières sous forme de livre ou de film… Mais êtes-vous un peu curieux/se de découvrir qui était la Bête avant de devenir une bête ? Qui se cache derrière cette épaisse fourrure et ces crocs acérés ? Serena Valentino nous livre sa version de l’histoire, et elle est renversante !

C’est au travers d’une plume fluide et agréable que l’on découvre la genèse de la Bête. Prenez un Prince séduisant et bouffi d’orgueil, une sorcière blessée dans ses sentiments les plus purs, un trio de foldingues, et vous avez L’histoire de la Bête. Je ne m’attendais pas à une version à la fois fidèle et innovatrice. Contre toute attente, Serena Valentino se base sur le célèbre dessin animé de Disney pour tisser le vécu du Prince.

Étape par étape, on le suit dans un déclin inéluctable. L’histoire est charmante, entraînante et simple aux premiers abords, mais elle cache bon nombre de sous-entendus. Et assister à la transformation de ce prince pas si charmant en un monstre a quelque chose de prévisible, mais aussi d’assez triste.

Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre ce personnage en pitié. On le voit prétentieux et présomptueux, condescendant et superficiel, et c’est très vite insupportable. Pourtant, on sait ce qui l’attend, à ce grand gaillard qui pense que tout lui est dû, sous prétexte qu’il est bien né. De fait, on ne peut pas s’empêcher d’avoir un peu de peine, car derrière cette pédance affichée, il n’a jamais appris à aimer véritablement. Pour quelqu'un habitué à tout posséder, il ignore ce que c'est que d'estimer quelqu'un pour ce qu'il est, et non par pour ce qu'il possède. Cet antihéros en puissance est particulièrement rafraichissant. On peut le trouver un peu caricatural, mais on ne tombe jamais dans le ridicule pour autant.

Les autres personnages sont également très attachants. Je pense notamment aux serviteurs qui l'ont vu grandir et s'affirmer. Ces serviteurs qui voient à quel point le Prince peut se montrer capricieux, mais qui l'aiment quand même et prennent soin de lui. J’ai également eu un gros faible pour Tulipe, la fiancée du prince, qui cache une richesse surprenante. Sans parler de Circé qui a jeté la malédiction, ainsi que ses harpies de sœurs. Excentriques et complètement frappées, elles m'ont fait sourire à plusieurs reprises.

À mesure que la malédiction progresse, le Prince, lui, s'humanise. On le comprend beaucoup mieux dans sa détresse que dans son bonheur égoïste. Dans cette version, sa punition ne se tisse autour de lui qu'à cause de ses actes répréhensibles. Ce sont eux qui sont la cause de sa lente déchéance.

Dans le conte de La Belle et la Bête, on parle beaucoup de rédemption, d’affranchissement, de libération. Et parmi toutes les valeurs véhiculées, il y en a une qui ressort bien plus que les autres dans cette version : l'importance de ne pas s'arrêter à l'apparence. Le Prince est beau et charmant vu de l’extérieur, mais ce qui émane de lui est laid et repoussant. Sa fiancée, Tulipe, tient le rôle de la bonne potiche, mais au fond, ce n'est qu'une personne profondément gentille qui a soif de connaissances, dans un monde où la seule chose que l’on attend d’une jeune fille, c’est qu’elle se taise et soit jolie. Serena Valentino nous encourage à gratter un peu la croûte de vernis pour découvrir le vrai visage des autres.

Ma seule petite déception, c'est que j'aurais aimé que l'auteur table également sur l'arrivée de Belle et approfondisse ces passages. Même si on connaît tous cette histoire (qu’on s’est gavé du dessin animé toute notre enfance), j'aurais voulu que la connexion entre Belle et la Bête soit plus palpable. La fin était beaucoup trop précipitée à mon goût, comme si l’histoire s’était brusquement transformée en patate chaude pour l’auteur.

Ce n’est qu’à la fin que j’ai appris qu’il existait d’autres livres du même cru. Le précédent raconte l’histoire de Maléfice et le prochain à paraître concernera Ursula. Une belle brochette de « méchantes », que je suis impatiente de dénicher ! En plus, le roman est truffé de références à ces deux personnages, raison de plus pour craquer, puisque tout est lié !

En résumé, L’histoire de la Bête m’a emportée à des milliers de kilomètres de chez moi, au cœur d’un château bordé d’une roseraie magnifique. Une histoire dotée d’un charme indéniable, pour un roman qui se lit à une vitesse affolante. J’ai tout bonnement adoré ce livre, j’ai découvert l’homme qui se cachait derrière les traits disgracieux de la Bête, un homme dont l’égo ne demande qu’à être flatté. Cette histoire a bercé mon enfance, et c’est un peu de cette enfance que j’ai retrouvé l’espace de 200 pages, mais avec plus de relief et de profondeur.

Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/fantasy---merveilleux/lhistoire-de-la-bete-serena-valentino
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