Votre profil Booknode a été créé !

Vous êtes  
 
Votre année de naissance  
 
Découvrez
vos lectures
de demain
Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !
En cliquant sur "Je m'inscris" j'accepte les CGU de booknode
- Créez votre bibliothèque en ligne
- Découvrez des livres proches des vos goûts
- Partagez votre passion avec d'autres lecteurs

Bibliothèque de Armand-9 : Ma PAL(pile à lire)

retour à l'index de la bibliothèque
Globalia Globalia
Jean-Christophe Rufin   
Un joli roman futuriste.
J'ai eu ce livre à lire dans le cadre du bac. Un livre qui change de mes habitudes littéraires mais j'ai tout de même été aspirée par le concept d'une telle société. Une société où tout est contrôlée même les ennemis (si toutefois il y en a). Globalia sera-t-elle notre futur? En effet, nous faisons face à des humains qui ne vivent que pour consommer. A la recherche de liberté, Baïkal, le personnage principal, pourrait bien s'attirer l'attention de personnes puissantes. Et cet ainsi que l'histoire débute, avec un personnage qui en veut plus, toujours plus.
L'auteur a une plume limpide, j'ai vraiment apprécié le style d'écriture, avec des descriptions qui sont bien dosées.
Seul bémol: la fin. Je trouve qu'elle aurait pu être un peu plus travaillée.

Même si vous n'avez pas l'habitude de lire ce genre de livres, je vous conseille tout de même de le lire, après tout, il faut parfois explorer de nouvelles terre;)


par questy
Mon arbre Mon arbre
Séverine Gauthier   
J'ai adoré. C'est une très belle histoire d'amitié entre une petite fille et un arbre, qui dure toute un vie.

par Noll
Quand on n'a que l'humour Quand on n'a que l'humour
Amélie Antoine   
Une histoire poignante et tellement vraie…

Avant toute chose, ce titre « Quand on n’a que l’humour… » m’a immédiatement fait penser à cette magnifique chanson de Jacques Brel « Quand on n’a que l’amour » et j’avoue que cela a bercé ma lecture.

Depuis toujours ou presque, Edouard porte un masque, celui de la joie, du rire et de l’humour et il se cache derrière. Alors que tout semble lui réussir, lorsque le masque tombe, nous découvrons un homme profondément blessé et solitaire, un homme en proie au doute et à l’angoisse, un homme qui adore son fils et que son fils rejette. Dans la première partie, Amélie Antoine donne la parole à Edouard qui nous raconte sa vie et nous comprenons comment s’est mis en place ce masque et comment la culpabilité l’a enfermé pour finir par le détruire. Dans la deuxième partie, c’est son fils Arthur qui raconte.

Je remercie NetGalley ainsi que les Éditions Michel Lafon pour ce Service Presse qui m’a permis de découvrir Amélie Antoine, une auteure que je vais suivre désormais tant ce roman m’a touchée. Il s’agit d’une fiction mais tellement réaliste et poignante… D’une plume légère et délicate, Amélie Antoine nous décrit la vie de ses personnages, la vie avec sa dureté, ses injustices, ses douleurs mais aussi ses joies. Elle nous parle de la culpabilité et du pardon, du pardon à offrir mais aussi à s’accorder et de la difficulté, voire l’impossibilité à y parvenir. Ses personnages sont plus qu’attachants, bouleversants d’humanité et de fragilité : j’ai eu envie de les prendre dans mes bras pour les consoler. Son livre est tout en nuances et Amélie Antoine a su à merveille nous dépeindre les caractères, la psychologie de ses héros.

Ce livre nous rappelle l’urgence d’aimer et de le dire à ceux que nous aimons avant qu’il soit trop tard. Quand j’ai refermé ce texte, j’étais entre sourire et larmes. Je crois que je n’oublierai pas le petit Edouard devenu le souffre-douleur d’une brute parce qu’il bégayait pas plus que l’homme rongé de culpabilité qui emporté par l’ivresse du succès n’a pas su voir à temps le principal : sa femme et son fils. Amélie Antoine nous offre également une description féroce du monde du showbiz. Elle nous fait prendre conscience de la course du temps, du temps perdu que l’on ne rattrape jamais.

« Quand on n’a que l’humour… » est un très beau livre avec une histoire qui ne pourra que vous toucher et vous bouleverser. Et je dis merci à Amélie Antoine de l’avoir écrit.

par Goewin
La Nostalgie de l'ange La Nostalgie de l'ange
Alice Sebold   
Un roman très touchant, très triste dès le départ. Bien que la plupart des histoires tournent autour du héros et ne s’attache pas particulièrement aux personnages secondaires, ce n’est pas le cas de celle-ci : Susie étant morte, elle passe son temps à observer la Terre ce qui nous permet d’avoir une vision d’ensemble de ce qui se passe après sa mort, vu qu’elle peut aller partout où elle veut. Elle nous fait parfois part de flash-back, de retour en arrière, qui nous permettent alors de considérer à quelle point sa famille a changé. Dans celle-ci, les réactions sont très différentes les unes des autres. Les personnages les plus sympathique restent cependant Lindsey, la petite soeur de Susie, avec je pense, sa grand-mère, très extravagante.

par Selenna
Signum Crucis Signum Crucis
Laurent Morio   
Je n'étais pas seul à rejoindre cette galère, un garçon plus âgé à la peau noire, assis à mes côtés fixait l'horizon. Il ne disait mot depuis notre départ, pas même un toussotement, un cri de désespoir...
Nous ne partions pas en villégiature, et le silence accompagnait nos pas.
Au-dessus de ma tête me saluait un Fou de Bassan, fuyant lui aussi vers un autre monde. J'aurais tant voulu le rattraper au vol tout là-haut, au-dessus de la misère humaine.
Au loin, je distinguais maintenant un bout de terre, la forme d'une île suivie de deux autres. Elles s'alignaient, magiques, dans un ordre de taille croissante : Hoëdic, Houat, Belle-île en mer. Le continent des gens bien tranquilles, quant-à-lui s'était évaporé à tout jamais dans une brume côtière. Nous avancions bien trop vite vers notre univers carcéral.
Malgré la chaleur, j'avais froid. Je croyais que nous étions encore en hiver. Comment pouvais-je me situer dans le calendrier de la vie ? Tout avait fui si vite, sans me laisser le temps de comprendre, de réagir, de me battre pour la liberté.
Combien de gosses avant nous avaient foulé ce bout de terre si majestueux, néanmoins si hostile avec pour unique fardeau de supporter l'usure prématurée de leur jeunesse ? Et combien le rejoindront encore ? Malgré mes multiples interrogations, je conservais un moral des plus forts, une voix me soufflait le soir que je ne pourrirai pas dans ce lieu obscur.
Le port s'avançait maintenant vers nous, ou plutôt était-ce l'inverse. Quoiqu'il en soit, mon visage s'assombrit à la vue d'une imposante citadelle posée en barrière de protection. La simple vision de cette bâtisse me fit penser que la fuite ne serait pas aussi évidente que je ne l'avais envisagée.
La foule grouillait de partout, on préparait le départ des sardiniers. Les petits mousses embarquaient la rogue, secouaient les mailles des filets bleus, puis embrassaient la belle avant d'affronter leur quotidien éloigné dans le creux des vagues.
Tout un peuple pareil à celui du continent semblait y vivre dans une même agitation et aiguisait ma curiosité. Je fus transcendé par l' idée que peut-être la quête du bonheur trouvait sa solution ici, que les lois n'existaient pas, que la nature offrait à l'humain suffisamment pour survivre. Ce ne fut qu'une brève euphorie du cerveau d'un enfant avant qu'il ne se confronte à la dure réalité.
Nous fûmes tous deux débarqués avec notre maigre baluchon. Personne ne faisait attention aux parias, aux exclus de la société, à ceux qui ne gardent pas le bon cap. Seul mon camarade de couleur et muet attirait la curiosité des passants. Cette population éloignée des grands centres n'avait jamais sans doute côtoyé de gamin à la peau noire. Des enfants se moquaient, des adultes détournaient le regard, évitant de croiser celui de l'indigène. Le pauvre garçon subissait une double peine. Sans doute habitué aux quolibets, il se déplaçait sans révolte, esquivant au mieux la méchanceté humaine.
Au milieu de cette indifférence, seule une dame m'observait. Sans coiffe, elle sortait de l'ordinaire, s'élevant au-dessus d'une foule sombre ; une géante perdue dans un monde d'hommes et de femmes terreux. Élégante, le chignon impeccable, un fume-cigarette à la commissure des lèvres, le teint mat, les yeux noirs, elle se tenait droite sans bouger le sourcil, fixant les pauvres hères que nous étions.
Sa silhouette était-elle le fruit d'une imagination féconde ou l'image réelle d'une mère inconnue et lumineuse à la recherche de sa progéniture ? Sans doute étais-je dans l'erreur, cette déesse ne pouvait être celle que je n'avais jamais étreint. Elle me fascinait tant que je ne vis pas la corde enroulée au sol qui me fit chuter. La populace en manque de distraction se mit à rire de mon malheur. Au moment où je me relevais, l'inconnue avait disparu. Je ne sais pour quelle raison, mais la certitude de la retrouver un jour me rendit presque joyeux.
A la vue de ma galipette, mon tortionnaire de surveillant ne plaisanta pas et arracha un pan de ma veste déjà si abîmée, me traita de voyou, de lambin, d'idiot du village, de sous-homme...
Je n'entendais rien à son discours impertinent, car bientôt je serai ailleurs. Après le virage suivant, toute trace de civilisation semblait s'être évaporée. Plus une âme qui vive, sinon quelques chiens errants et rats se mouvant sans complexe dans la saleté des ruelles en terre. Au large, la plainte d'une colonie de goélands en quête de restes de poissons me rappelait une dernière fois combien la vie terrestre pouvait-être fascinante.
Soudain apparut face à moi une porte géante en bois avec à son faîte l'inscription suivante : «  COLONIE MARITIME ET AGRICOLE. »
Elle s'ouvrit dans un interminable grincement, happant dans son antre le petit Hypolite Guégan accompagné de son silencieux camarade d'infortune. J'avais détesté mon prénom autant que cette vie qui n'avançait pas.
À cet instant précis le soleil se voila, faisant disparaître mon ombre et laissant ainsi une part de moi-même dans l'univers des vivants.
Cette année-là, à l'heure des balbutiements du cinéma des frères Lumière, je n'apprendrai pas que Félix Faure paradait comme nouveau président de la IIIe République. De toute mon existence, je fus sciemment ignorant et me moquais de ceux qui dirigeaient les peuples. De quelle manière aurais-je pu m'en préoccuper ? J'avais évolué dans un milieu inculte, de désolation, très éloigné de la bonne société. Je ne lisais pas et savais juste compter les trois sous que je possédais.
Je ne pouvais pas non plus imaginer qu' à seulement quelques kilomètres de moi, à la Pointe des Poulains, la grande Sarah Bernhardt, au bras de l'un de ses amants exposait un visage radieux au soleil.
Toute cette injustice me désolait, mais au plus profond de mon âme, j'étais certain qu'à l'avenir je serai celui que l'on envie, que l'on n'ose pas montrer du doigt par pure correction. Je me promènerai au bras d'une élégante dissimulant son visage sous l'ombrelle de la réussite.
J'avais survécu à la forte mortalité de cette fin de siècle, battu les fièvres, affronté les rages de dents, évité les microbes insidieux... « Ah que oui, la chance me sourira après le sombre de ces longs hivers ! ».
Encore loin de ce brillant avenir, pour la première fois je laissai choir une larme sur le pavé de la souffrance...

par Moriol
Marx et la poupée Marx et la poupée
Maryam Madjidi   
Si vous cherchez un jour une définition du mot «littérature», alors sortez votre exemplaire de Marx et la poupée, car ce livre doit figurer dans la bibliothèque de tout honnête homme. Pour le résumer, il suffit d’une phrase: c’est l’histoire d’une famille iranienne contrainte à l’exil et qui doit s’inventer une nouvelle vie en France. Mais ce qui fait sa force, c’est qu’en le refermant, il vous restera des images fortes, des épisodes inoubliables, des émotions intenses. Bref, ce qui constitue l’épine dorsale de la bonne littérature.
L’un de ces épisodes marquants arrive dès les premières pages. Nous sommes en 1980 à Téhéran et la narratrice n’est pas encore née. Ella même failli ne pas naître car sa mère, enceinte, se retrouver au cœur de la répression qui a suivi l’arrivée des ayatollahs, pourchassée par les gardiens de la révolution. « Ma mère porte ma vie mais la Mort danse autour d’elle en ricanant, le dos courbé ; ses longs bras squelettiques veulent lui arracher son enfant ; sa bouche édentée s’approche de la jeune femme enceinte pour l’engloutir. »
Elle finira par s’en sortir et accoucher, mais ni elle, ni sa famille ne voudront renoncer à leur liberté. La maison familiale, dans le quartier de Tehranpars sert aux réunions politiques clandestines. On y discute de Marx et d’une autre révolution, on parle de liberté. Vu par les yeux de la petite fille qui grandit dans cette ambiance, ce monde d’adultes est absurde. On y cache les tracts dans des couches-culottes, on enterre les livres signés Marx, Lénine, Che Guevarra dans le jardin ou on met en prison des gens dont les cheveux volent au vent. L’oncle Saman, qui a pris l’habitude de lui offrir une Golé Maryam, la belle fleur qui embellit son jour d’anniversaire, ne viendra pas. Il a été arrêté porteur de tracts et jeté en prison à Evin.
C’est là qu’un détenu passe son temps devant la télévision, regardant un stupide dessin animé. On se dit que l’intellectuel est en train de perdre la raison avant qu’il n’explique qu’il écoute la voix de son épouse, chargée de doubler l’un des personnages.
La répression est de plus en plus forte. Les participants à des fêtes privées sont impitoyablement poursuivis. Il est temps de songer à fuir. Les jouets sont répartis entre les enfants pauvres du quartier, achevant de briser le moral de la petite fille : «Je me sentais si seule au monde. J’étais convaincue que je vivais avec deux monstres qui me déposséderaient de tout.»
La vocation littéraire de l’auteur – double de la narratrice – date sans doute de ce moment où elle a dû monter dans un avion partant vers la France en laissant derrière elle sa grand-mère chérie et son pays natal : « Je voudrais semer des histoires dans les oreilles de tous les êtres. Je veux que ça fleurisse, qu’il en sorte des fleurs embaumantes à la place de toutes les fleurs manquantes, absentes, de toutes les Golé Maryam qui auraient dû être offertes et qui n’ont pas pu l’être. »
Si dans les chapitres suivants il n’est pas question de violence ou de répression, la tension ne faiblit pas pour autant. Car Maryam Madjidi dit la souffrance née de l’exil. Elle raconte, par exemple, comment son père doit subvenir aux besoins des famille en acceptant tous les petits boulots qui se présentent. Pour cela, elle nous raconte comment les mains de son pères changent. Grâce à un Iranien d’origine turque, il est d’abord tôlier-peintre dans un garage, avant que ce dernier ne ferme. Au chômage, ses mains devaient trouver quelque chose d’autre rapidement. Elles vont alors devoir travailler le bois, le béton, les briques, le ciment, le gravier, la peinture, les tuiles, la moquette, les enduits, le carrelage. « Puis un jour ses mains ont commencé à moins travailler, elles étaient fatiguées, ridées et craquelées par endroits. Il y avait aussi la marque d’innombrables blessures laissées par la matière et l’outil. La peau était devenue aussi dure que du cuir. »
Il passera alors à la calligraphie, dessinant de belles lettres persanes et cherchera dans l’opium de quoi soulager son vague à l’âme.
Sa fille ne va guère mieux. Elle ne retrouve pas les saveurs de son enfance, la musique de la langue de son pays. Elle va refuser de manger, refuser de parler. Fort heureusement pour elle, l’arrivée d’un couple de réfugiés iraniens et leur fille Shirin va lui permettre de retrouver le moral. Avec cette compagne de jeux joyeuse et pleine de vie, elle trouvera la complice qui lui permettra de trouver une place dans cette société parisienne. Comme un bouchon de champagne qui explose, elle accepte de lâcher les mots qu’elle a patiemment appris, sans toutefois vouloir les dire. « Les mots se pressaient pour sortir, impatients qu’ils étaient, ça fusait dans le petit studio, ils volaient, ils dansaient, ils butaient contre les meubles, ils s’élançaient de ma bouche comme des flèches et touchaient le plafond et les murs, ils virevoltaient eux-mêmes, soulagés d’être enfin libérés de ma bulle intérieure, enchantés de pouvoir enfin communiquer avec les autres. Tout l’espace était rempli de mes mots français. »
N’allez toutefois pas croire que ce premier roman si sensible devient alors une ode à l’intégration. Tout au contraire, il est question de rentrer au pays, de retrouver les parfums qui manquent tant à la famille, les amis et les proches qui souffrent en silence. Une image de plus suffit à faire voler en éclats ce rêve. En voyant sa petite fille faire du vélo en short et débardeur, son père comprend que ce retour est impossible : « On ne peut pas partir. Je ne peux pas lui enlever cette liberté si innocente. »
Il faudra attendre 2003 pour que la jeune femme retourne à Téhéran. Mais ne pourra pas y rester car son passeport ne suffit pas à faire d’elle… une iranienne.
Voilà sans doute le plus authentique des témoignages sur la condition des migrants. Ici foin de considérations politiques ou économiques. C’est le cœur, la chair, les sens qui parlent. C’est poignant, ironique, vrai. C’est de la grande littérature. http://urlz.fr/52NC


par hcdahlem
La Nuit des Rois La Nuit des Rois
William Shakespeare   
J'ai été ravi de pouvoir découvrir une des pièces moins connues du Barde grâce à un cours de littérature anglaise en licence. La langue est époustouflante de richesse et les notes de bas de page de l'édition Arden m'ont permis de comprendre plein de nuances linguistiques et culturelles.
On dit qu'il est inutile d'expliquer une blague car si il faut l'expliquer elle n'est plus drôle, mais dans ce cas précis c'est loin d'être vrai : beaucoup des jeux de mots et autres sous-entendus salaces dont l'implicite a changé avec le temps m'ont plié de rire une fois que le sens en a été éclairci.
Cette pièce est surprenemment d'actualité avec les questions sur le genre qu'elle soulève et elle devrait être mise plus en avant dans le catalogue certes déjà riche de Shakespeare.
Je ne crois pas qu'il ait jamais écrit une œuvre qui ne soit un chef d’œuvre.
Curiosité Curiosité
Anne Terral   
Sur un paysage de neige indéfini se détache la forme sombre, presque abstraite, du manoir d’Überwintern. Manoir labyrinthique dans lequel la voix d’Ariane, l’intendante du comte de Furbach, nous conduit au plus près de ce qui ne se dit pas. Entre les fastes d’une soirée grandiose donnée par un maître inquiétant et les souvenirs d’une vie silencieuse marquée par la violence conjugale se dessine ainsi le portrait d’une femme singulière. Et tout au long de la nuit, Ariane n’aura de cesse de vouloir interrompre les agissements de celui dont elle pense connaître, mieux que quiconque, les secrètes motivations.
Mais le comte, dont les nombreux mariages et les épouses successivement disparues alimentent les rumeurs et la fascination, ne choisira pas celle que l’on croit. L’élue cèdera-t-elle à la curiosité en ouvrant cette porte condamnée dont on lui a interdit l’accès ou parviendra-t-elle à briser le cycle de la violence au profit de la confiance et du respect ?
Relecture du conte de Barbe-Bleue, mariant fable et réalité, féerie et cauchemar, ce récit envoûte par son atmosphère étrange et la musique lancinante de son écriture. C’est une belle réflexion sur l’asservissement aux désirs et l’affranchissement nécessaire.

par Virgile
Le Nom de la rose Le Nom de la rose
Umberto Eco   
Extraordinaire roman, qui mêle histoire médiévale, religion et intrigue, passionnant du début à la fin. On s'enrichit à sa lecture, grâce à l'immense érudition de Umberto Eco. Certes, ce livre n'est pas très facile à lire (on y trouve nombreuses citations latines, par exemple), mais il reste cependant très accessible.
Effectivement, pour une fois, l'adaptation au cinéma est très réussie. On n'a pas l'impression de rester sur sa faim malgré la richesse du roman.

par drelin83
Les Enfants de Venise Les Enfants de Venise
Luca Di Fulvio   
Mercurio, Giuditta, Benedetta, Isacco, Anna, Scarabello, le capitaine Lanzafame et bien d'autres sont les merveilleux personnages de cette fresque sociale se déroulant dans le Venise de la renaissance.

Vous y croiserez des orphelins, des arnaqueurs, un médecin, des militaires, de riches nobles, des politiciens, des prostituées, des voyous, des marchands, la naissance du premier guetto juif (ou y sont parqués les célèbres "bonnets jaunes") et la ségrégation qui va avec, la chasse aux sorcières de certains illuminés, de la jalousie, de la crasse et des poux, de la haine, de la vengeance, du sang, de la boue, la maladie, du désespoir, de l'incompréhension, de l'injustice mais aussi de la générosité, de l'amitié, de l'entraide, de la loyauté, du pardon, de la tendresse, de l'amour et des rêves. On s'arrête là ? Oui car la liste serait bien plus longue mais rien que ça devrait vous convaincre de le lire.

Les lieux sont simplement retranscrits à la perfection, Rome, Venise, la lagune, les marais, les canaux, le chantier naval de l'époque, les ponts et les ruelles, un décor parfois sordide, comme les quartiers populaires ou malfamés parfois éblouissants comme la place Saint Marc et le palais des Doges. Moi qui aime beaucoup Venise j'ai été servi plus que je ne l'espérais.

La plume de Luca Di Fulvio, à l'instar du Gang des rêves est toujours aussi captivante et cinématographique, cet homme a le don de modeler les histoires de manière à vous passionner.

Je me suis dit en réfléchissant à cette chronique que je me devais de faire un comparatif avec Le gang des rêves, seulement voilà, c'est simplement impossible car c'est tellement différent et tellement similaire à la fois (paradoxe ?) que mes idées s'embrouillent. Je ne ferais donc pas de parallèle entre ces deux œuvres, mais vous conseillerais de simplement les lire, absolument, les deux.

Pour conclure, je ne vais pas noter ce roman car il dépasse toutes notes (et oui, comme pour Le Gang), mais je vous dirais simplement que Le gang des rêves était devenu mon roman préféré et que maintenant j'ai deux romans préférés d'égal à égal sur la première marche du podium, et en plus du même auteur ! Ils seront très difficiles à détrôner, à moins que Luca Di Fulvio et les éditions Slatkine & Cie poursuivent ensemble sur le chemin de la littérature émotionnellement marquante (au fer rouge).

Voir la chronique sur mon blog :
https://unbouquinsinonrien.blogspot.fr/2017/08/les-enfants-de-venise-luca-di-fulvio.html

par Maks