Votre profil Booknode a été créé !

Vous êtes  
 
Votre année de naissance  
 
Découvrez
vos lectures
de demain
Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !
En cliquant sur "Je m'inscris" j'accepte les CGU de booknode
- Créez votre bibliothèque en ligne
- Découvrez des livres proches des vos goûts
- Partagez votre passion avec d'autres lecteurs

Bibliothèque de Aryia : Liste de diamant

retour à l'index de la bibliothèque
RÊVES, Tome 1 : Le Cœur Des Flammes RÊVES, Tome 1 : Le Cœur Des Flammes
Robin Marcoux    Cédric Roux   
Je suis toujours admirative des duos d’auteurs, qui parviennent à coordonner leurs imaginations et leurs plumes afin de donner naissance à des ouvrages à quatre mains. Pour avoir fait plusieurs tentatives avec une amie il y a quelques années, je sais qu’il ne s’agit pas d’un exercice évident, bien au contraire ! Nous avons tous notre propre façon de raconter, de tourner nos phrases, nous avons tous nos petits tics d’écriture comme nous avons nos tics de langage, et lorsque l’on écrit à deux, il faut réussir à s’harmoniser afin que le lecteur ne soit pas en mesure de distinguer quel paragraphe, quel chapitre, a été rédigé par l’un ou l’autre des deux co-auteurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Cédric Roux et Robin Marcoux sont excellents : pas une seule fois, je n’ai ressenti un déséquilibre ou un changement brusque de style. Si je ne le savais pas, j’aurais véritablement pensé qu’il n’y a qu’un seul auteur, tant la narration est fluide et homogène ! Un premier grand bravo (car il va y en avoir beaucoup d’autres …) !

Kylliann se réveille sans aucun autre souvenir que celui de son prénom, dans un campement militaire qui ne tarde pas à être attaqué par une horde d’Ombragés, des créatures maléfiques et mystérieuses. Kylliann, Samantha, la jeune fille qui était à ses côtés à son réveil, et Terek, un officier, sont les seuls survivants du camp. Ils se mettent alors en route afin de prévenir l’Impératrice du danger : Eavenia n’a désormais plus aucun rempart pour garder les Ombragés aux frontières du pays. Au cours de cette longue et éprouvante épopée, Kylliann va progressivement en apprendre plus sur ce monde qu’il ne reconnait pas … mais également sur lui-même.

Dès le premier chapitre, le lecteur se retrouve plongé, tout comme Kylliann, dans un monde qui lui est complétement inconnu. Tout y est à découvrir, à apprendre … Et pourtant, pas de longs discours d’explication de la part des autres personnages : merci beaucoup aux auteurs de nous avoir évité ces monologues fort peu naturels mais très présents dans la plupart des chapitres d’exposition en fantasy ! Pas de cela ici : l’action commence fort, et immédiatement, sans laisser à quiconque le luxe de reprendre ses esprits. Pas le temps non plus de s’attarder sur l’amnésie de Kylliann, qui semble indiscutable au premier abord mais qui, petit à petit, se fait moins évidente : le doute s’installe, progressivement, et le lecteur ne sait plus trop sur quel pied danser avec ce jeune homme au passé si mystérieux. Adolescent un peu paumé et pourtant courageux auquel on ne peut toutefois pas s’empêcher de s’attacher : on découvre - visiblement - cet univers en même temps que lui, par l’intermédiaire d’un livre d’histoire et des récits glanés ci et là … Un univers d’ailleurs terriblement et admirablement riche et complexe, qui promet encore biens des surprises !

Il faut dire que des surprises, ce livre n’en manque pas ! Au fil des chapitres, de nouveaux mystères font leur apparition, de nouveaux questionnements s’imposent au lecteur … Que de rebondissements, que de coups de théâtre, que de révélations surprenantes ! Les auteurs sont visiblement très doués pour nous mener par le bout du nez, pas une seule fois je ne suis parvenue à élaborer une théorie juste, et mon ahurissement lorsque la vérité éclatait au grand jour n’en était que plus grand ! La fin, tout particulièrement, m’a laissée comme deux ronds de frite : je ne m’attendais tellement pas à cela ! L’espace d’un instant, je me suis demandé ce que cela faisait là, j’ai eu le sentiment de changer de livre, ou bien que les auteurs avaient mélangé deux histoires par inadvertance ! Cela surprend énormément ! Et surtout, cela ouvre tellement de portes, tellement de possibilités, que je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que les auteurs nous ont concocté pour la suite … Ce premier tome, tome d’introduction dans toute sa splendeur, promet des merveilles pour la suite !

Ce premier volume a en effet pour vocation de préparer le terrain sur lequel va s’appuyer l’intrigue générale de la série. Les personnages principaux sont présentés, le contexte est posé, et l’action est bien lancée. Toutefois, pas de grandes batailles décisives dans ce tome, les quelques combats sont nécessaires mais pas spectaculaires (excepté le premier, qui ouvre finalement le roman, et qui plonge directement le lecteur dans l’ambiance : nous ne sommes pas chez les bisounours, mais bien dans un monde cruel et sans pitié). Ici, c’est l’initiation du héros qui nous est conté : Kylliann, jeune homme plutôt banal au premier abord (malgré son amnésie), se retrouve du jour au lendemain avec une charge sur les épaules, avec une mission à accomplir. Et l’entrainement qu’il va subir n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg : le véritable changement n’est pas dans les capacités et prouesses physiques (même si, dans un tel univers, savoir manier l’épée est toujours indispensable pour ne pas périr dès la première attaque) mais bien au plus profond de lui-même. La quête de ce récit, c’est la quête de soi, de son identité. C’est un combat qu’il doit mener seul, contre lui-même peut-être, pour accepter pleinement ce qu’il est et doit être.

En bref, ce premier tome m’a véritablement subjuguée, je l’ai lu à vitesse grand V tant j’étais incapable de m’en détacher, tant il était agréable de tourner les pages et d’enchainer les chapitres, tant j’étais impatiente de savoir comment les choses allaient évoluer … Il m’est même difficile de savoir ce qui m’a tellement captivée dans ce livre : les personnages ne font finalement pas grand-chose - ils sont en route, en chemin, ils rencontrent quelques embuches, font quelques rencontres, mais jamais rien de terriblement innovants dans le genre - mais les événements s’enchainent d’une telle façon et sont racontés d’une telle sorte que l’on ne ressent jamais cette impression de déjà-vu. On a juste l’envie folle d’en savoir toujours plus, de ne pas quitter ces personnages qui sont rapidement devenus de bons compagnons de route, de connaitre le dénouement de cette fantastique histoire où la magie promet d’être de plus en plus présente au cours du temps … Vous l’aurez compris, je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : « lisez ! », ainsi que deux mots à adresser aux auteurs : bravo et merci !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2018/02/reves-tome-1-le-coeur-des-flammes.html

par Aryia
Les Recycleurs Les Recycleurs
Michel Hutt   
Quand j’ai appris qu’il y allait avoir un deuxième tome au fabuleux (mais trop peu connu malheureusement) Cri du Colibri, j’ai commencé à danser la samba, la salsa et même le tango dans ma chambre, trébuchant toutes les deux secondes contre un sac ou une pile de livres sans-étagère-fixe. J’avais littéralement adoré le premier volume, au point de ne pas réussir à en écrire une chronique digne de ce nom (ceci devrait d’ailleurs être réglé très prochainement : une relecture du Cri du Colibri s’impose et une actualisation de la chronique devrait donc suivre) tellement l’émotion était forte. Je dois bien vous admettre que la rédaction de cet article n’est pas vraiment plus facile : l’auteur pourra vous le confirmer (un petit coucou à Michel s’il passe par là !), mon agitation post-lecture était assez impressionnante. Je vous explique ça en détail un peu plus bas, ne vous inquiétez pas !

Il y a quatorze ans de cela, la Grande Crise déclenchée par un choc boursier considérable a ravagé l’Europe. Pour survivre suite au désengagement de l’Etat et des aides humanitaires et en dépit des pénuries d’énergie, il a fallu s’organiser différemment. Tandis qu’à Mulbach, petit village alsacien niché au pied des Vosges, une véritable communauté basée sur « l’autonomie, la sobriété heureuse, la solidarité et la collégialité » s’est progressivement mise en place, les Confréries de Recycleurs sillonnent les routes afin d’offrir leurs services d’artisans spécialisés à qui accepte d’accueillir leur campement itinérant. Léo est Aspirant dans la Confrérie des Amandiers, mais son attention est actuellement plus attirée par Clara, la fille de la Patriarche, que par son passage imminent au statut de Novice … A Muhlbach, l’harmonie de la petite famille de Léa se voit ébranlée par le retour inattendu d’une vieille connaissance, tandis que le questionnement se fait de plus en plus fort au sein de la collectivité : que se passe-t-il au-delà des limites de la plaine d’Alsace ?

La grande particularité de ce deuxième tome, c’est qu’il se déroule quatorze ans après les événements du premier volume : les ellipses temporelles aussi longues, ça ne court pas les rues, pour la simple et bonne raison que c’est assez délicat à gérer. Il faut apporter suffisamment d’informations pour que le lecteur comprenne les événements qui se sont déroulés entre temps sans pour autant le submerger ou l’embrouiller. Il faut trouver l’équilibre, le juste milieu, le bon dosage … Monsieur Hutt est un alchimiste hors pair ! Les explications qu’il nous donne, autant sur la transformation de la société suite à la Grande Crise que sur les changements dans la vie des personnages, réunissent parfaitement ces deux exigences : pas une seule fois on se dit « Mince, mais comment ils en sont arrivés là, ce n’était pas comme ça à la fin du premier !? », mais on ne se dit pas non plus « Non mais c’est bon, on a compris, pas besoin d’épiloguer là-dessus pendant trois pages ! ». Non, on se laisse porter par ces renseignements bienvenus et bien menés, on les boit comme du petit lait !

L’autre caractéristique de ce roman, c’est sa double narration : nous suivons alternativement les pérégrinations de Léo, adolescent impliqué dans une caravane de Recycleurs parcourant la France pour offrir services et divertissements, et le quotidien mouvementé des habitants de Muhlbach, qui commencent progressivement à ressentir le besoin de savoir à quoi ressemble le monde. Petit à petit, ces deux intrigues parallèles convergent l’une vers l’autre, se répondent et s’entremêlent pour former un scénario des plus captivants. Parce qu’avant toute chose, ce récit est justement cela : une histoire passionnante, émouvante, parfois dramatique et tragique, mais toujours illuminée par cette formidable lueur d’espoir qui brule à l’intérieur de chacun des personnages. Et quels personnages ! A eux seuls, ils font toute la force et la richesse de ce roman : leur personnalité profondément humaine, leurs qualités et leurs défauts, leurs joies et leurs peines les rapprochent du lecteur, qui peut ainsi très facilement s’identifier à l’un ou à l’autre et vivre ainsi plus intensément le récit.

Mais ce livre est bien plus qu’une simple fiction destinée à faire rire ou pleurer le lecteur au gré des rebondissements de l’intrigue. Ce livre met en avant, avec beaucoup de finesse, par l’intermédiaire de la Chartre de la Confrérie des Amandiers ou celui du fonctionnement harmonieux du petit village alsacien, un certain nombre de valeurs qui font cruellement défaut à notre société de consommation et d’hyper-numérisation : le partage, la solidarité, l’échange et la confiance mutuelle. A cela s’ajoute également la présentation d’un mode de vie basé sur le respect des ressources naturelles, l’autosuffisante alimentaire, la modération dans la consommation d’énergie, mais également la coopération, la communication et la participation de chacun au bien-être de tous. Avec une lucidité rare, l’auteur expose les bienfaits de cette organisation sociale, mais aussi les difficultés que peut rencontrer la mise en place et le maintien de ce genre d’initiatives. L’équilibre est toujours fragile, et il suffit parfois de bien peu de choses pour que les mauvaises habitudes reprennent le dessus … cela, ce livre le montre aussi, dans une fin aussi grandiose que bouleversante, qui ouvre la porte à une impatience extrême : « A quand la suite ?! ».

En véritable conteur et fabuliste moderne, Michel Hutt nous offre une fois de plus un roman d’une richesse inouïe, aux messages multiples et à la narration éblouissante. Construit autour d’une famille aussi hétéroclite que soudée, ce récit s’ouvre à une ribambelle de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, qui témoignent chacun à leur manière de la dynamique qui anime la vie. Ode à la camaraderie et à la fraternité, à l’entraide et à la solidarité, mais aussi à l’amour et à l’amitié, cette histoire est une véritable bouffée d’air frais : si le découragement et les tracas semblent parfois prendre le dessus sur l’optimisme et la joie, tout fini toujours par s’arranger lorsqu’on s’appuie les uns sur les autres. A plusieurs, le monde est définitivement bien plus agréable à habiter !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/04/les-recycleurs-michel-hutt.html

par Aryia
La Guerre des clans, HS n°2 : La Prophétie D'étoile Bleue La Guerre des clans, HS n°2 : La Prophétie D'étoile Bleue
Erin Hunter   
On me demande parfois sur quels critères je m’appuie pour affirmer qu’un livre est bon ou non. Alors déjà, rappelons-le, tout est une question de ressenti personnel : il arrive, tout simplement, qu’une histoire résonne en nous, sans que l’on ne comprenne pourquoi ni comment. Toutefois, s’il y a bien une chose qui, je le sais, fait pencher mon cœur de lectrice vers le coup de cœur, c’est bien la charge émotionnelle du récit : plus le roman est prenant, saisissant, poignant, plus il aura des chances de me plaire. Je suis une grande sensible qui aime être bouleversée par mes lectures ! Vous allez donc rapidement comprendre pourquoi ce troisième hors-série de la saga La guerre des clans est un véritable coup de foudre littéraire.

Dès sa première sortie hors de la pouponnière, Petit Bleuet s’est promis de servir ardemment le Clan du Tonnerre. A cette promesse de chaton enthousiaste vient s’ajouter le poids aussi exaltant que pesant d’une prophétie énoncée par l’étrange guérisseur qui lui sert d’oncle : tel le feu, elle est destinée à illuminer la forêt, mais comme le feu, elle doit craindre l’eau qui la détruira. Et alors qu’elle tente encore de comprendre le sens de ces bouleversantes paroles, les souffrances s’abattent sur elle tandis qu’un terrible dilemme s’offre à elle : doit-elle suivre son cœur ou sa raison ?

La vie d’Etoile Bleue est une tragédie. Plus encore que celles de Croc Jaune ou d’Etoile Balafrée, racontées dans les hors-séries précédents, l’existence d’Etoile Bleue est placée sous le signe de la perte. Perte de la mère, d’abord. Une mort inadmissible et traumatisante qui laisse la jeune chatte aussi désemparée et perdue qu’un nouveau-né. La perte de la sœur, ensuite. Une mort brutale qui sonne définitivement la fin de l’insouciance face au poids d’une responsabilité nouvelle. Enfin, la perte d’un enfant. Une mort tout simplement impensable qui déchire le cœur de la jeune guerrière. Comment continuer à vivre en portant en soi autant de chagrin et de culpabilité ? Comment garder la tête hors de l’eau quand l’immense vague de la peine menace de tout engloutir sur son passage ?

Poussée par son sens aigu du devoir et par sa volonté farouche de servir son Clan, Lune Bleue se retrouve confrontée à des choix terribles et terrifiants qui poussent le lecteur à s’interroger en même temps qu’elle. Est-il légitime de renoncer à son propre bonheur pour le bien de tout un Clan ? L’altruisme extrême est-il forcément préférable à l’égoïsme ordinaire ? Par amour et loyauté pour les siens, Etoile Bleue a tout perdu sans rien gagner en retour. On l’admire pour sa volonté, son courage et son sens de l’honneur, on la plaint pour toutes les souffrances et les peines qu’elle a dû endurer. Sans jamais surmonter toutes ces pertes, Etoile Bleue a accepté de vivre avec leur fardeau pour le bien des autres.

Contrairement aux deux premiers hors-séries qui se présentaient comme de réelles préquelles, celui-ci est plutôt à ranger dans la catégorie des flashbacks : le prologue consiste en une reprise, sous un point de vue différent, de l’ultime chapitre du cinquième tome. Ce qu’on y apprend ensuite développe ce que l’on découvre progressivement au cours du premier cycle. Pour cette raison, il me semble indispensable de découvrir ce hors-série après avoir pris connaissance de ces six volumes. Toutefois, pour les relectures chronologiques, comme celle qui m’occupe actuellement, le lire avant le premier tome est grandement intéressant : le dernier chapitre de ce hors-série appelle inévitablement à enchainer avec l’histoire de Rusty, chaton domestique au pelage flamboyant qui semble promis à un destin exceptionnel …

En bref, vous l’aurez compris, cet énorme hors-série (on frôle les six-cent pages !) est tout simplement bouleversant. Il pose de grandes questions, il présente avec beaucoup de finesse les émotions d’une jeune chatte aussi forte que fragile, il fait pleurer et trembler … De plus, ce hors-série nous propose également d’en savoir un peu plus sur d’autres personnages qui auront un rôle à jouer dans le cycle à venir. Je pense à Griffe de Tigre, dont on comprend un peu mieux la noirceur et la hargne, je pense à Tornade Blanche, dont on découvre avec surprise l’arbre généalogique, je pense à Petite Feuille, qui montre déjà une grande compassion et douceur. Un bel hors-série qui apporte donc énormément au lecteur passionné de cet univers !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/04/la-guerre-des-clans-hors-serie-la_12.html

par Aryia
La Guerre des Clans, HS n°4 : La Promesse de l'Élu La Guerre des Clans, HS n°4 : La Promesse de l'Élu
Erin Hunter   
Mon marathon La Guerre des Clans se poursuit tranquillement avec ce second hors-série. Un gros pavé de plus de cinq-cents pages qui fait un peu peur au début (les tomes « normaux » tournent autour de trois-cents pages uniquement) mais qui se dévore en une seule bouchée. Sans indigestion, en plus ! Et surtout, c’est un hors-série qui apporte quelque chose à l’histoire : il n’est pas uniquement là pour faire joli, pour ajouter un volume à la saga, mais vraiment pour fournir des informations supplémentaires au lecteur. Et rien que pour cela, avant même de vous parler de l’histoire à proprement parler, je vous conseille vraiment de vous lancer dans la lecture des hors-séries de La Guerre des Clans si vous appréciez cette saga !

Petite Tempête et son frère Petit Chêne sont nés un jour d’orage, et cette naissance exceptionnelle leur promet une destinée extraordinaire. Intrépides comme le sont tous les chatons, les deux frères se voient déjà à la tête de leur Clan. Mais voilà qu’un terrible accident survient et vient briser tout ce bel avenir rêvé. Petite Tempête, défiguré, se voit renommer Petite Balafre par sa mère, qui ne se préoccupe plus de lui maintenant qu’il n’est plus l’adorable petit guerrier en herbe dont elle était si fière. Esseulé et prêt à tout pour retrouver le respect de son Clan, le chaton va conclure un terrible serment avec une chatte mystérieuse descendue des étoiles pour le guider dans l’accomplissement de son destin … Mais à quel prix ?

Une fois encore, je suis ébahie par la facilité avec laquelle les auteurs parviennent à nous faire entrer dans l’ambiance du récit en quelques lignes à peine : dès les premières phrases, on sent bien que l’histoire de Petite Tempête sera remplie d’embûches et de tourments. La vie de ce chaton ne sera pas un fleuve tranquille, mais une mer agitée. Au fil des chapitres, cette première impression se confirme : entre l’accident qui le défigure à vie, le rejet par sa mère trop fière pour accepter ce petit chaton chétif et balafré, les efforts qu’il doit effectuer pour prouver sa valeur à son Clan … on a tout de suite envie de le plaindre ! Et au fur et à mesure que le temps passe, les choses ne font que s’aggraver, et l’émotion devient de plus en plus présente. J’ai tellement, tellement pleuré pendant ma lecture, on ressent tellement bien son désespoir, sa tristesse, sa culpabilité, son sentiment d’impuissance … Notre petit cœur se déchire en mille morceaux au fil des pages !

Quand on parle de La Guerre des Clans, on parle également d’action. Et clairement, ce livre n’en manque pas ! Entre les conflits qui éclatent entre les Clans du Tonnerre et de la Rivière à propos des Rochers du Soleil – élément qui reviendra à plusieurs reprises dans la saga –, les attaques de chiens, le camping des Bipèdes et la naissance de chatons clan-mêlés qui vont déchainer les tensions … Pas moyen de s’ennuyer, le quotidien de nos félins préférés est bien rempli ! Et les pages se tournent, sans qu’on ne s’en rende compte, on veut toujours savoir comment les choses vont se dénouer, comment la situation va évoluer. Et plus ça avance, plus la tension est forte, plus on reste accroché à l’histoire comme si notre vie en dépendait. On a le cœur qui court le marathon, qui s’arrête quelques secondes pour s’emballer de nouveau une fois le choc passé. On a le souffle coupé, parfois.

Comme pour le premier hors-série, celui-ci nous apporte énormément d’informations qui, recoupées avec celles que l’on découvre progressivement dans le premier cycle, nous permettent de recoller les morceaux pour saisir l’ensemble de l’intrigue. Grâce à ce hors-série, on comprend un peu mieux les réactions que certains personnages vont avoir dans la suite de la saga, car on connait leur passé, et que c’est ce passé qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Cet hors-série nous permet également de changer de point de vue : dans le premier cycle, nous voyons tout selon la perspective du Clan de Tonnerre, et nous considérons donc le Clan de la Rivière comme un ennemi. Ici, on ne voit plus les choses sous le même angle, et ça permet de mettre en avant le fait qu’aucun Clan n’est meilleur qu’un autre : ils sont tous aussi intéressants les uns que les autres !

En bref, une relecture vraiment très agréable qui me conforte dans mon projet de marathon-lecture ! J’ai pris tellement de plaisir à suivre les aventures de ce chaton qui grandit devant nos yeux ébahis, qui se retrouve face à des choix qui influenceront non seulement sa propre existence mais celle de tous ceux qui l’entoure, qui se débat avec ses sentiments. J’ai apprécié retrouver la plume fluide et vivante des auteurs, qui savent jouer avec nos émotions comme un violoniste joue avec son instrument, qui savent nous faire voyager par le simple intermédiaire de mots, qui savent nous faire rêver, tout simplement. Je ne m’en lasse pas !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/04/la-guerre-des-clans-hors-serie-la.html

par Aryia
La Guerre Des Clans HS n°5 -Le secret de Croc Jaune La Guerre Des Clans HS n°5 -Le secret de Croc Jaune
Erin Hunter   
S’il y a bien une saga que je relis au moins une fois par an, c’est bien La guerre des clans. Vu la longueur de la saga (actuellement 24 tomes sortis en français, ainsi que 4 hors-série et 9 récits illustrés), inutile de préciser qu’il me faut plusieurs semaines pour en venir à bout ! Mais ce sont des semaines livresques de pur bonheur : même lorsque cela ne va pas fort, relire cette saga me redonne toujours le moral et la motivation. Ayant décidée d’effectuer ce véritable marathon-lecture dans l’ordre chronologique, j’ai donc sortie de son étagère Le secret de Croc Jaune, se déroulant avant le début du premier cycle …

Petit Croc n’a qu’une ambition : devenir un jour la plus grande guerrière que le Clan de l’Ombre ait jamais connu. Devenue apprentie, Nuage de Croc s’entraine dur pour parvenir à réaliser son rêve. Tout au long de son apprentissage, la rivalité qui l’opposait à Nuage Gris, devenu Patte Grise une fois baptisé guerrier, se transforme en une complicité qui ne laisse aucun doute quant à leur avenir commun. Toutefois, peu de temps après son baptême de guerrier, Croc Jaune doit se rendre à l’évidence : son destin est de servir son Clan en tant que guérisseuse, non en tant que combattante. Ni en tant que reine. Et tandis que Croc Jaune trace douloureusement un trait sur son passé, une inquiétante prophétie transforme les rêves envoyés par le Clan des Etoiles en véritables cauchemars …

Croc Jaune a toujours été un de mes personnages favoris, en dépit de son sale caractère et de sa personnalité un peu bourrue d’ours des cavernes. Aussi, apprendre la sortie en français de ce hors-série a été une grande joie pour moi : j’allais enfin en savoir plus sur cette chatte au passé si mystérieux ! Et effectivement, on apprend énormément de choses à son sujet, dont certaines qui expliquent bien des choses se déroulant par la suite. Moi qui l’appréciait déjà auparavant, je dois admettre être encore plus attachée à elle depuis que j'ai lu ce hors-série : elle n’a clairement pas eu une vie facile, les tourments ont toujours fait partie de son quotidien, et voilà qu’une terrible prophétie lui fait craindre le pire. Parce que Croc Jaune n’est finalement pas cette chatte aigrie qu’on imaginait, elle est bien au contraire sensible et soucieuse du bonheur d’autrui, de l’harmonie et du bien commun.

Comme tous les livres de La guerre des clans, ce hors-série propose autant d’action que d’émotion. J’ai pleuré, je l’admets sans honte, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps à plusieurs reprises. Certains passages sont tout simplement terriblement émouvants, poignants, bouleversants, déchirants, parfois. Plus d’une fois, je me suis demandé comment des auteurs pouvaient faire ça à des enfants. Parce qu’il est finalement tellement facile d’oublier la classification jeunesse de ce livre : entre les batailles sanglantes et pas toujours victorieuses, les machinations macabres de certains chats en quête de pouvoir et de domination, les secrets familiaux aux conséquences tragiques et les prophéties lugubres commençant à se réaliser sous nos yeux effarés … les auteurs n’épargnent rien à leur lectorat. Tout n’est pas rose dans ce livre jeunesse, mais tout n’est pas noir non plus, bien heureusement : l’amour et l’amitié, la loyauté et la bienveillance sont également bien représentés, lueur d’espoir dans cette nuit noire.

Ce qui m’impressionne toujours lorsque je lis un quelconque volume de La guerre des clans, c’est la maitrise du rythme. En cinq-cents pages, il se passe finalement énormément de choses : Petit Croc devient Nuage de Croc puis Croc Jaune, qui elle-même passera du statut de guerrière à celui de guérisseuse après un second apprentissage. Et à côté de cela, le Clan connait des tas de changements, des grands bouleversements dont l’ampleur ne cesse de se développer. Et pourtant, à aucun moment, on n’a le sentiment que cela va trop vite, qu’il y en a trop : tout se tient, et tout arrive au bon moment. C’est vraiment époustouflant, cette capacité à gérer l’intrigue et la tension dramatique, à doser les moments d’action et ceux d’émotions ou d’introspections, bref, à proposer au lecteur une histoire cohérente et menée d’une main de maitre. Une histoire qui, par ailleurs, est racontée par une narration des plus agréables : simple sans être simpliste, spontanée et fluide à souhait. Ça se lit tout seul, sans prise de tête, mais sans abrutir non plus : le vocabulaire reste recherché et la syntaxe est soignée.

En bref, un hors-série qui ajoute énormément à la compréhension de l’intrigue globale de la série, mais qui peut difficilement se lire sans connaitre un minimum l’univers de La guerre des clans : ce n’est pas dans ce volume que sont expliquées en détails les coutumes et organisations des Clans. Mais clairement, pour tous ceux qui hésitent encore à se lancer dans ce hors-série, de crainte de ne rien y trouver d’intéressant, ne tergiversez plus : par ce livre, on en apprend plus sur Croc Jaune mais également sur le Clan de l’Ombre, sur comment ce dernier est devenu celui que Cœur de Feu va découvrir par la suite. Plus globalement, à vous tous qui ne savez pas encore si vous oserez vous plonger dans une saga considérée comme interminable : cessez vos interrogations et plongez-vous ! Cette histoire – celle de la saga – est vraiment passionnante, d’autant plus si vous aimez les chats !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/03/la-guerre-des-clans-hors-serie-le.html

par Aryia
Harry Potter, Tome 3 : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban Harry Potter, Tome 3 : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
Joanne Kathleen Rowling   
Une fois n’est pas coutume, je vais commencer cette chronique par une petite anecdote (car je ne pense pas qu’il soit nécessaire de vous redire une troisième fois à quel point je suis ravie d’avoir enfin dépassé mes préjugés à propos de cette merveilleuse saga). Chaque jour, quand je m’installais très confortablement dans mon lit pour entamer mon chapitre quotidien, il me fallait au moins … cinq bonnes minutes avant de parvenir à détacher mon regard ébahi de la couverture pour enfin ouvrir le livre et me plonger dans ma lecture. Je suis littéralement tombée amoureuse de cette illustration, et pas seulement parce que le bleu fait partie de mes couleurs préférées et que j’adore les cerfs ! Non, c’est l’image dans son ensemble, avec sa composition et ses nuances, qui a fait griller mes neurones : j’avais beau avoir le roman sous le nez quasiment en permanence (je suis du genre à trimballer mes lectures en cours absolument partout avec moi), à chaque fois que mon regard se posait dessus, c’était un blocage incontrôlable. Et que je découvre de nouveaux détails à chaque fois, et que je m’extasie sur un autre élément à chaque fois, et que … Bref, ma lecture a été remarquablement compliquée par la beauté de la couverture.

Après des vacances d’été brutalement interrompues par le débarquement de son horrible « tante Marge » et un trajet pour le moins mouvementé à bord du si loufoque « Knight Bus » (dont je ne connais pas le nom français), Harry débarque à Poudlard pour sa troisième année à l’école de sorcellerie. Et comme Harry est un véritable aimant à problèmes, voilà qu’il apprend que le dangereux Sirius Black, meurtrier échappé de la terrible prison d’Azkaban et responsable de la mort de ses parents, est à ses trousses pour achever le boulot dans les règles de l’art. A cela s’ajoute les prédictions pour le moins inquiétantes de son illuminée de professeur de Divination, la rencontre avec les effrayants Détraqueurs et l’arrivée d’un professeur de Défense contre les forces du mal aussi apprécié qu’étrange. Une année mouvementée en perspective !

Je pense pouvoir affirmer sans la moindre hésitation que jusqu’à présent, il s’agit sans aucun doute de mon tome préféré (après, n’ayant pour le moment lu que les trois premiers tomes, cette appréciation est bien loin d’être définitive). On s’éloigne grandement de l’univers merveilleux mais quelque peu enfantin propre aux deux premiers opus pour plonger dans une ambiance bien plus sombre et angoissante, mais surtout bien plus captivante à mes yeux. Ici, il ne s’agit plus uniquement de combattre troll et basilic pour ramener la sécurité au sein de l’école et profiter tranquillement du festin de fin d’année, mais bien d’en apprendre plus sur le passé et de faire face à une menace plus « personnelle », puisque de tous les étudiants, Harry est bien le seul à avoir ce meurtrier en cavale comme parrain. Ce tome, c’est également celui au cours duquel notre jeune héros quitte doucement l’enfance pour entrer dans l’adolescence : bien moins insouciant et plus mature qu’auparavant, avec ses doutes et ses peurs qui le rendent bien plus humain à mes yeux, Harry n’en reste pas moins une tête brulée qui réagit parfois de façon impulsive et enfantine. Il s’agit là d’une personnalité toute en nuances et en promesses qui fait soupirer de ravissement la lectrice passionnée de psychologie que je suis !

Mais fort heureusement, tout n’est pas sombre dans ce troisième tome, et le lecteur a bien des raisons pour éclater de rire suffisamment régulièrement pour que son entourage se pose des questions sur sa santé mentale ! Rien que d’imaginer Snape (désolée, pour moi, Snape est Snape, pas Rogue) affublé de l’accoutrement de la grand-mère de Neville ou confronté aux messages pour le moins déconcertants inscrits à son attention sur la carte du Maraudeur, ou de songer aux interrogations pleines de finesse de Stan (« Qu’est-ce que tu fais par terre ? » « Je suis tombé » « Qu’est-ce qui t’a pris ? ») ou aux visages faussement innocents des jumeaux Weasley, je sens le fou-rire qui m’a submergé à la lecture de ces scènes ressurgir ! Les incessantes disputes entre Ron et Hermione m’ont également beaucoup fait sourire, tout comme les commentaires de Lee Jordan et les remontrances de McGonagall lors des matchs de Quidditch. Sans oublier la fameuse scène où Hermione remet Malfoy fils à sa place, scène durant laquelle j’ai littéralement pleuré de rire. C’est finalement là que réside toute la magie de cette histoire : en dépit de tout, c’est toujours le sourire aux lèvres que l’on tourne la dernière page. Ces livres mettent de bonne humeur !

En ce qui concerne les éléments plus formels – tension dramatique, intrigue, trame narrative, tous ces jolis concepts qui foisonnent en matière de chronique littéraire –, je vais me contenter d’un seul mot : époustouflant. Non, vraiment. Plus l’histoire avance, plus la tension augmente, gardant le lecteur en haleine : que va-t-il donc se passe ? comment diable tout cela va-t-il se terminer ? qui est vraiment Sirius Black ? Et plus la tension dramatique augmente, plus le rythme s’accélère, autant du point de vue de l’action en elle-même que de la narration, avec des phrases plus courtes, plus concises. L’auteur joue avec nos nerfs et nos émotions. Bon sang, vous n’imaginez même pas les larmes de crocodile que j’ai versées et la colère que j’ai ressentie à l’encontre de Malfoy quand j’ai appris le sort de ce malheureux hippogriffe ! Mon cœur se serre encore quand je songe à la tristesse qu’a dû ressentir ce pauvre Hagrid, qui est d’ailleurs un personnage que j’apprécie de plus en plus : j’aime sa simplicité, son honnêteté et son innocence. Et bon sang, ces chapitres finaux, que de rebondissements et de révélations en si peu de pages ! Qui a dit que la lecture était une activité calme ? Ma lecture a été ponctuée de sursauts, de cris de surprise ou d’effarement et d’onomatopées diverses et variées – oui, je fais partie de ces lecteurs terriblement impliqués dans leur lecture qui réagissent fortement à tout ce qui se passe dans le roman !

En bref, un troisième tome qui surpasse aisément les deux premiers dans mon petit classement personnel. De l’émotion, de l’action, des révélations, et bien entendu de la magie (avec une touche de voyage temporel, que demander de plus ?!), sont au rendez-vous et se combinent pour offrir au lecteur une fantastique expérience de lecture, pleine de rebondissements et d’émerveillement. Un tome moins enfantin que les deux précédents qui promet une suite bien plus sombre et bien plus complexe, et qui attise ma curiosité : sur quoi vais-je donc tomber en ouvrant le quatrième opus ? J’ai terriblement hâte de retrouver notre jeune sorcier préféré et ses amis pour la suite de leurs aventures !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/12/harry-potter-and-prisoner-of-azkaban-j.html

par Aryia
La langue des bêtes La langue des bêtes
Stéphane Servant   
Il est de ces livres qu’on aime tellement qu’il nous est tout simplement impossible d’en continuer la lecture. Je sais, dit comme cela, c’est étrange, mais laissez-moi vous expliquer. Ce livre, il m’a fallu presque deux semaines pour le terminer, pour la simple et bonne raison que j’en savourais le moindre paragraphe, que je devais me retenir pour ne pas en recopier toutes les phrases sur mon carnet de citations, que je voyais avec angoisse la fin se rapprocher inexorablement à chaque phrase. Ce livre, il m’a secouée, clairement, indéniablement, au point que cela fait presque une semaine que je retarde l’écriture de cette chronique, car je sais que je vais avoir toutes les peines du monde à vous en parler, à trouver les mots pour exprimer les émotions et les sensations qu’ont fait naitre en moi ces mots mis bout à bout, ces lettres ordonnées en une histoire aussi féérique que terrible. Une histoire dont on ne sort pas indemne, quoi qu’on fasse pour se prémunir de ce bouleversement radical entrainé par ce conte qui fait réfléchir sur notre monde, sur notre vie.

La Petite a toujours vécu là, au Puit des Anges, avec Belle, le Père, Franco le lion et les autres. A vrai dire, la Petite ne sait pas vraiment ce que cela veut dire, toujours. La Petite voit les jours qui passent sans chercher à les compter, voit le temps qui défile sans chercher à l’arrêter. La Petite vit entourée d’histoires, sans savoir que les histoires sont des histoires, car pour la Petite, la vie est une histoire, et les histoires sont la vie. La Petite sait les choses telles qu’elles sont, sans avoir jamais eu besoin d’apprendre. Elle sait les liens qui unissent les hommes entre eux et avec la nature, elle sait que l’homme n’est qu’une bête privée du langage fondamental. Mais un jour, elle ne sait plus, tout son monde s’évapore dans les rugissements d’une machine terrible venue détruire la forêt et les arbres et les animaux. Et pour sauver le Puit des Anges, la Petite ne voit qu’une solution : réveiller la Bête, celle qui a volé la langue des bêtes aux hommes, celle qui a sauvé l’Enfant de la colère du Patron. Quand les histoires se mêlent à la réalité, quand la réalité devient une histoire comme les autres, tout bascule et tout s’écroule.

Ce roman est très probablement l’un des récits les plus étranges qu’il m’ait été donné de lire. C’est à la fois beau et horrible, léger et dramatique. On sort des sentiers battus pour atterrir au cœur de l’inconnu. On se laisse surprendre par cette narration si particulière, cette narration qui va à l’essentiel sans jamais le dire vraiment, cette narration qui raconte sans jamais raconter. Les scènes se déroulent devant nous, en nous. Car finalement, l’histoire que nous raconte cette histoire n’est rien d’autre que notre histoire : quand vint le temps de quitter définitivement l’enfance insouciante (mais emplie d’une sagesse bien plus profonde qu’on ne le pense), notre monde s’écroule douloureusement pour se voir remplacer par un univers aux règles incompréhensibles, nos yeux s’ouvrent à ce qu’on préférait jusqu’à présent éviter de voir, nos oreilles comprennent ce qu’elles s’obstinaient à reformuler différemment pour préserver notre joie. Cette histoire, c’est ça : la Petite découvre qu’elle n’est plus la Petite d’hier, sans pour autant savoir ce que sera la Petite de demain. Cette histoire, c’est la douleur de cette enfant que tout oblige à grandir, brutalement, cruellement, sans y avoir été préparée, sans l’avoir demandé. Cette histoire raconte la mort de l’enfance.

Ce roman se fait le messager d’un regard sur le monde, d’un regard qui remet en question bon nombre de nos attitudes, de nos comportements. Ici, l’humanité est présentée comme « enfermée dans des cages de bêton avec pour seule fenêtre l’écran des télévisions », esclave volontaire de ces « paradis colorés, bruyants et artificiels ». Prisonniers de l’inutile, dirait Manset. La Petite vit loin de tout cela, loin de ce Village et de cette Ville qui se font ici le reflet de tous les Villages et de toutes les Villes du monde, et à ses yeux ces individus sont des sauvages, qui ne respectent ni la nature ni les animaux ni les hommes, qui se sont enfermés dans leur vision du monde sans songer une seule seconde que c’est la diversité qui fait la richesse de l’humanité. Tout le monde devrait lire ce livre une fois dans sa vie. Car ce livre fait réfléchir. Ce livre nous invite à nous poser cette essentielle question : « qu’est-ce que l’essentiel ? ». L’essentiel, est-ce l’argent, est-ce la normalité, est-ce l’essentiel présenté par les médias ? Mais ce livre, c’est aussi une invitation à laisser tomber notre vision purement rationnelle du monde pour se laisser emporter par les histoires et les rêves, par les intuitions et les émotions, par tout ce qui se passe du matériel pour exister. Ce livre nous invite à ouvrir les yeux et le cœur.

Et quand bien même on déciderait de lire ce roman comme n’importe quel autre roman, sans chercher à se laisser entrainer par ces réflexions sous-jacentes à l’histoire, croyez-moi, il vaut le détour. C’est beau. Chaque mot de ce livre a trouvé sa juste place pour faire de chaque phrase une poésie. On pourrait passer des vies entières à savourer ces phrases, à les murmurer, à les crier, à les chanter. Les mots et les phrases et les paragraphes sont emplis d’une fluidité rare, d’un rythme délicat, d’une harmonie parfaite. Tout dans ce roman invite à la lecture à voix haute, au coin du feu ou au cœur de la forêt, pour soi-même ou pour un public. Le langage occupe dans ce récit une place primordiale, centrale, cruciale, et cela se ressent dans la narration. Les mots ont été choisis avec soin, autant pour leur signification que pour leur sonorité, pour leur connotation que pour leur beauté. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, ne serait-ce que pour découvrir cette plume si singulière, cette plume qui vous fait retenir votre souffle à chaque instant, cette plume qui fait vibrer tout votre corps et votre cœur d’émotions brutes.

Dire que ce livre est un coup de cœur serait à la fois un euphémisme et un mensonge. Ce livre, c’est une expérience que vous ne voulez pas manquer. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré un livre tel que celui-là, et je doute fortement en rencontrer un autre un jour. Car ce livre ne ressemble à aucun autre livre, autant par son fond que par sa forme. Je peine à exprimer avec précision ce que je pense à propos de ce livre, pour la simple et bonne raison que les mots ne suffisent pas toujours à décrire les émotions et les sensations. Ce livre bouleverse, mais il réconforte aussi, ce livre ébranle, mais il amuse également. Ce livre n’est ni une comédie ni une tragédie, ni un roman ni une poésie, ce livre est tout et rien à la fois. N’hésitez plus et laissez-vous appeler par ce livre unique en son genre, qui ne vous décevra pas.

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/12/la-langue-des-betes-stephane-servant.html

par Aryia
Tara Duncan, Tome 3 : Le Sceptre maudit Tara Duncan, Tome 3 : Le Sceptre maudit
Sophie Audouin-Mamikonian   
A mes yeux, les tomes de saga, c’est comme le chocolat : plus il y en a, plus je suis heureuse. Par conséquent, je suis une grande amoureuse des séries à rallonge qui découragent ou agacent certains lecteurs. J’aime suivre l’évolution des personnages auxquels je me suis attachée (et même ceux que je n’aime pas tellement, d’ailleurs), j’aime me plonger durablement dans un univers qui me fait rêver … bref, quand une saga s’éternise, cela ne me fait pas peur, bien au contraire, ça me ravit. Et Tara Duncan a clairement sa place dans la catégorie « grande saga » : avec treize tomes pour le premier cycle, deux hors-série et un second cycle qui débute, cette série semble ne pas avoir de fin. Et, contrairement à la légende populaire qui veut qu’une saga trop longue s’essouffle à partir du troisième tome, je n’ai nullement ressenti cela en lisant ce-dit troisième tome …

Après avoir accepté son héritage familial imprévu, Tara retourne en urgence sur AutreMonde pour y retrouver sa mère, blessée lors d’un attentat commis par une organisation se revendiquant comme parti des nonsos contre les sortceliers, puis se rendre à Omois pour débuter sa formation d’Héritière impériale, statut dont elle se serait bien passée. Mais Magister, aux ambitions dominatrices toujours aussi démesurées, vient ajouter un peu de danger à son quotidien déjà bien mouvementé … Après avoir capturé l’Impératrice et l’Impérator, obligeant Tara à soutenir le poids de l’Empire sur ses frêles épaules d’adolescente, le maitre des Sangraves dévoile son arme secrète : le Sceptre Maudit, objet démoniaque à la puissance incroyable qui risque bien de détruire la planète. Aidée de ses amis, Tara va combattre une fois de plus cet ennemi coriace, découvrant par là-même des secrets qui remettent en question toutes ses certitudes.

Ce tome est clairement celui où la saga bascule : si les deux premiers tomes nous offraient quelque chose d’assez léger en dépit des dangers que devaient traverser nos jeunes héros, celui-ci est nettement plus sombre et moins enfantin. Tara se retrouve plongée au cœur de diverses machinations qui s’entremêlent et qui sont bien difficiles à dénouer. Complots politiques mais aussi idéologiques, conspirations collectives mais aussi vengeances personnelles, il faut s’accrocher pour ne pas se laisser submerger par toutes ces sous-intrigues qui se croisent et se mélangent pour former une histoire terriblement addictive. Tout du long, on se creuse les méninges pour tenter de deviner qui se cache derrière ces différentes attaques ou menaces, et finalement, on n’en devine même pas la moitié et on se laisse surprendre à chaque révélation ! Face à ses responsabilités nouvelles et aux terribles événements qui l’entourent, Tara se voit obligée de grandir soudainement, bien trop vite, de laisser son enfance derrière elle. Tara évolue énormément au cours de ce tome, et on la plaint autant qu’on l’admire …

Mais on retrouve dans ce tome l’humour qui fait tout le charme de cette saga. Portée par la narration mais aussi par certains personnages – Cal, pour ne citer que lui –, cette ironie mordante et débordante me fait toujours autant rire. Entre les jeux de mots et le comique de situation, entre les expressions incongrues et les bizarreries d’AutreMonde, il y a de quoi entrainer des fous rires à presque chaque chapitre. C’est vraiment rafraichissant, et j’apprécie énormément l’équilibre qu’a su trouver l’auteur entre cet humour si léger et cette intrigue si pesante. Je pense qu’au final, c’est bien ce délicat mélange qui fait la particularité de cette saga. On retrouve toujours la même fluidité dans la narration : Sophie a habilement dosé la part de descriptions, d’informations, de dialogues et d’actions pour que le lecteur ne soit lassé d’aucun de ces éléments sans pour autant rester sur sa faim. Ce qui est également très intéressant, c’est qu’à chaque fois que je relis ce tome – et les autres –, je me rends compte de nouveaux détails, ou bien je comprends des subtilités qui m’échappaient lorsque j’avais douze ans. C’est clairement un livre qui peut être lu autant par de très jeunes adolescents que par des adultes, et c’est un super point positif !

Dans ce tome nous sont introduits de nouveaux personnages qui, sans aucun doute, auront un rôle à jouer dans l’ensemble de la saga (car Sophie ne fait jamais rien au hasard et n’introduit par de nouveaux protagonistes sans une bonne raison). Je pense particulièrement à Jar et Mara, ces deux jumeaux sortis de nulle part qui ne cessent d’empoissonner l’existence de Tara avec leurs blagues. Au départ, on se dit qu’ils ne sont là que pour amuser la galerie – le lecteur – et point final. Mais finalement, au fur et à mesure que l’intrigue avance, on se rend compte qu’ils ont une importance capitale dans ladite intrigue … et dans la vie de Tara, qui s’attendait à tout sauf à cela. Ces deux jeunes sortceliers sont aussi attachants qu’inquiétants : on ne sait pas vraiment à qui va leur loyauté, et cela ne fait aucun doute qu’on va de nouveau entendre parler d’eux plus tard, surtout au vu des révélations à leur égard ! Deux autres personnages font également leur apparition au cours de ce volume : Medelus, le nouveau prétendant de Selena, à qui Tara ne fait absolument pas confiance et qu’elle ne veut surtout pas avoir comme beau-père, et Eléanora, une jeune fille dont Cal est tombé follement amoureux mais qui semble détester ce dernier. L’un comme l’autre sont suffisamment louches pour promettre des tas de rebondissements à venir … j’ai hâte !

En bref, un troisième tome qui n’a rien à envier aux deux premiers et qui fait plonger l’intrigue générale de la saga dans une perspective moins légère et plus complexe, sans pour autant renier l’humour qui caractérise la narration addictive de l’auteur. Un livre qui fait rire, trembler et pleurer, un livre qui fait réfléchir, s’interroger et sursauter, en clair, un livre qui n’épargne pas plus le lecteur que les personnages ! Ce tome est littéralement impossible à lâcher : les fins de chapitre sont toujours si intriguant ou si choquants qu’on peut difficilement résister à l’envie de lire « encore un chapitre » … pour finalement tourner la dernière page et se rendre compte qu’il est trois heures du matin ! Un petit conseil pour ceux qui décident de se lancer dans cette lecture : assurez-vous d’avoir le tome suivant sous la main, car la fin est juste atrocement insupportable !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/12/tara-duncan-tome-3-le-sceptre-maudit.html

par Aryia
Tara Duncan, Tome 2 : Le Livre interdit Tara Duncan, Tome 2 : Le Livre interdit
Sophie Audouin-Mamikonian   
Tous les ans, c’est la même histoire : quand les feuilles commencent à jaunir et à joncher le sol, quand le ciel commence à s’obscurcir et à se charger de pluie, bref, quand l’automne fait son grand retour, je n’ai qu’une envie … relire l’intégralité de la saga Tara Duncan. Cela fait huit ans que ça dure, et je crains que cette habitude ne me poursuive bien des années encore. Au départ, ce n’était que pour me remettre à jour avant la sortie du nouveau tome, mais maintenant, c’est devenu mon petit rituel d’entrée dans cette merveilleuse saison. Après avoir dévoré le premier tome et redécouvert avec une joie toujours plus grande l’univers fantasque d’AutreMonde, je n’ai pas attendu bien longtemps avant de me plonger dans le second volume. Humour, magie, suspense et action rythment ce roman riche en rebondissements et en émotions !

Après avoir déjoué les plans du terrible Magister et avoir contrarié le Roi des Démons, Tara entendait bien retrouver une petite vie tranquille sur Terre en compagnie de sa mère, qu’elle vient de retrouver après plus de dix ans de séparation. Malheureusement pour elle, ses souhaits ne sont pas exaucés et la voici de retour sur AutreMonde, où elle devra faire innocenter Cal, libérer un peuple de la férule d’un sortcelier mégalomane, combattre le terrifiant Ravageur d’Ame avant qu’il ne possède la planète entière … Un programme bien chargé qui ne cessera ne s’étoffer au fur et à mesure que s’enchainent les événements. Tara va ainsi être amenée à rencontrer le fantôme de son père qui va lui faire une révélation aussi inattendue que bouleversante, va devoir se méfier d’un tueur mystère qui ne cesse d’enchainer les tentatives de meurtre à son égard, et va fêter l’anniversaire le plus extravagant de toute son existence !

Si je ne devais retenir qu’un mot pour caractériser ce tome, ce serait sans aucun doute le monde « action ». Vous avez dû le sentir en lisant mon humble résumé : le quotidien de notre jeune Tara et de ses joyeux compagnons est bien agité ! Cal finit en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Fabrice se voit choisir par un familier plutôt encombrant et terriblement maladroit, Robin se bat contre ses propres sentiments, Fafnir se fait possédée par un esprit bien décidé à dominer l’univers … et Tara, elle, tente de démêler tous les fils des différents complots et machinations qui se trament autour d’elle, tout en tachant de survivre aux différentes attaques dont elle semble être la cible. Il est tout simplement impossible de s’ennuyer avec cette lecture : il se passe toujours quelque chose, et les coups de théâtre sont tous suffisamment inattendus pour me faire sursauter à chaque fin de chapitre (alors que je connais presque l’histoire par cœur, oui, oui !). Dans cette intrigue, les apparences sont souvent trompeuses et l’auteur semble prendre un malin plaisir à orienter protagonistes et lecteurs sur de fausses pistes pour mieux les surprendre à chaque révélation ! J’adore les livres pleins de rebondissements, et je suis comblée !

Mais je ne peux raisonnablement pas me contenter d’un unique mot pour parler de ce livre. Le second pourrait donc être « humour ». Parce que sincèrement, en dépit des situations souvent dramatiques et des dangers qui planent sur leurs épaules et sur AutreMonde tout entier, on ne peut pas considérer ce livre comme sombre. Bien au contraire. Que ce soit dans la narration ou dans les dialogues, dans les situations ou dans les descriptions, Sophie nous offre ici un vrai trésor de bonne humeur ! Vous n’imaginez même pas le nombre de fous rires que ce simple livre a déclenché, et encore moins la ribambelle de gloussements et de sourires qu’il a entretenu. Si certains déplorent la présence de cet humour assez enfantin et omniprésent, je l’approuve à mille pour cent et j’en redemande ! Pourquoi ? Parce que ça fait du bien, tout simplement. En dépit de tous les complots, de toutes les machinations, ce livre – et cette saga – n’est absolument pas prise de tête, et il n’y a rien de mieux qu’une bonne dose d’humour sophiesque (ça n’existe pas, je sais) pour repêcher le moral perdu au fond des abysses de la déprime ! Alors franchement, si vous avez besoin de vous détendre un bon coup et de faire une cure de gaieté, vous avez trouvé LA saga parfaite !

Et pour conclure cette chronique, un ultime adjectif (parce que « jamais deux sans trois », parait-il) : « magique ». Ce livre est magique, cette série est magique. Il n’y a, au départ, que des lettres, que des mots, que des phrases. Et ces lettres, ces mots, ces phrases, construisent progressivement un univers d’une richesse incroyable, donnent petit à petit vie à des personnages inoubliables et attachants, composent ligne après ligne une intrigue captivante et terriblement addictive. Ce qui n’était qu’un départ qu’un simple aggloméra de lettres s’est finalement transformé en une véritable fabrique à rêves et à rire. Et pour cela, pour cette magie qui se cache dans ces pages, pour cette bonne humeur que tu arrives à nous transmettre à travers ces histoires, je ne peux que te remercier chaudement, Sophie (parce que j’ai l’intuition que tu finiras bien par lire ces humbles petits paragraphes pleins d’émerveillement et de conviction). Et à toi, cher lecteur qui est encore en train de tergiverser : arrête-donc de te poser des questions et file te procurer cette fantastique série, nom d’un petit bonhomme en mousse !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/10/tara-duncan-tome-2-le-livre-interdit.html

par Aryia
Harry Potter, Tome 2 : Harry Potter et la Chambre des secrets Harry Potter, Tome 2 : Harry Potter et la Chambre des secrets
Joanne Kathleen Rowling   
Si l’on m’avait un jour prédit que je déciderais par moi-même de lire en anglais et que j’y prendrais plaisir, j’aurais très probablement éclaté de rire devant cet énergumène aux divinations étranges. Et pourtant … après avoir littéralement dévoré deux romans dans cette langue en même pas deux moi, et cela sans avoir besoin de me forcer pour attaquer mon chapitre quotidien, je suis bien obligée d’admettre que j’y prends gout ! Ce qui n’était au départ qu’un moyen d’améliorer mon niveau catastrophique (du moins, à mes yeux) en anglais – et, soyons un peu superficielle pour une fois, d’avoir de magnifiques illustrations de couverture –, s’est très rapidement métamorphosé en une véritable partie de plaisir. Et merci qui ? Merci Harry ! Je viens à peine d’achever ce second tome que le troisième est déjà en place sur la table de chevet, prêt à me faire rêver, rire et trembler comme l’ont fait ses prédécesseurs …

Les vacances sont bien longues et bien déprimantes pour Harry, qui se sent terriblement délaissé par ses amis dont il n’a reçu aucune lettre, et qui doit faire face à l’hostilité toujours plus forte des Dursley. Sa seule consolation, c’est de marmonner des « formules magiques » et de voir son cousin, son oncle et sa tante écarquiller les yeux de frayeur tout en vérifiant qu’aucune excroissance n’est venu déformer leur silhouette … mais voilà que bientôt, même ce divertissement lui est arraché, après que l’elfe de maison Dobby, venu l’exhorter à ne pas retourner à Poudlard où de terribles événements vont se jouer, ait utilisé la magie à son insu et que les Dursley aient appris d’une lettre du ministère de la magie qu’Harry n’était pas autorisé à utiliser cette dernière en dehors de l’école. Enfermé dans sa chambre, il ne soit son salut qu’à l’apparition inopinée de Ron … à bord d’une voiture volante. Après plusieurs contretemps, les deux amis débarquent enfin à Poudlard et, échappant de peu à l’expulsion pour s’être fait remarqués à survoler l’Angleterre, ils sont fin prêts entamer leur deuxième année d’étude ! Mais les prédictions de Dobby s’avèrent exactes et Harry est bien déterminé à trouver qui – ou quoi – s’attaque aux élèves de l’école !

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : en plus de m’avoir totalement réconciliée avec l’anglais – nous étions fâchés l’un contre l’autre depuis au moins une bonne dizaine d’années –, ce second tome a définitivement plongé dans l’oubli toutes mes réticences et inquiétudes premières face à cette saga surmédiatisée. Bien plus sombre que le premier opus, que je considère finalement comme une très agréable introduction au monde fabuleux de la magie et à la mise en place des fondations de l’intrigue globale de la saga (présentation des personnages principaux et explications des événements antérieurs), celui-ci plonge rapidement le lecteur dans une ambiance plutôt angoissante : Harry qui se découvre des facultés qui semblent très mal vu dans le monde sorcier, des murmures qui précèdent de terribles attaques de la part d’un ennemi apparemment invisible, le passé qui refait surface sous la forme d’objets ensorcelés et de soupçons arbitraires … La tension monte progressivement, les mystères se font toujours plus insaisissables et les doutes de plus en plus grands. En plus de nous offrir de l’action à n’en plus finir, ce livre nous invite également à suivre les appréhensions d’Harry, que les insinuations de ses camarades et ses propres secrets ne cessent de troubler, tout en abordant délicatement le thème délicat de l’eugénisme avec la distinction Pure-Blood/Mudblood (n’étant pas parfaitement certaine de la formulation choisie par le traducteur pour ces termes, je préfère les laisser tels quels). Un roman jeunesse, certes, mais bien plus riche qu’on ne pourrait l’imaginer !

Mais tout n’est pas sombre dans ce livre, loin de là et bien heureusement ! J’ai également beaucoup rigolé face à certaines scènes ou certains personnages. Entre Dudley qui court dans les jupons de sa mère dès qu’Harry prononce un ou deux mots se finissant en « us » (bien que ce « charmant » gamin m’exaspère au plus haut point par ailleurs), Ron qui est littéralement poursuivi par la malchance (même si j’avoue avoir été partagée entre l’hilarité et la pitié quand le pauvre s’est rendu compte que sa baguette était cassée), et Lockhart qui est tout simplement ridicule (surtout quand on fait du théâtre depuis dix ans et qu’on ne peut empêcher son esprit d’imaginer une mise en scène digne des comédies de Molière pour chaque intervention de ce personnage), il me semble tout simplement impossible de ne pas éclater de rire. Mention spéciale à la Saint Valentin avec les nains qui transmettent les déclarations d’amour … je crois que j’ai littéralement pleuré de rire quand Harry cherchait à se débarrasser de ce messager importun ! Je pense que la force de ce roman, et peut-être plus globalement de la saga en général (il me faudra encore quelques mois pour confirmer ou infirmer cette impression, le temps de venir à bout des cinq tomes restants), c’est cet équilibre entre le cocasse et le sérieux, cette association harmonieuse entre les situations comiques et la tension dramatique. C’est l’une des choses que j’apprécie énormément jusqu’à présent !

S’il ne s’agissait pas d’Harry, je me serais sans aucun doute permis de vous sortir une chronique de cinq pages Word de long pour vous convaincre de lire cette saga fantastique, mais sincèrement : à part les rebelles comme moi qui s’obstinent (stupidement, je sais) à refuser de suivre les « modes », qui n’a pas déjà lu Harry Potter ? Y-a-t-il encore des potentiels lecteurs à persuader ? Pour ces camarades de révolte contre la surmédiatisation, qui sont probablement bien cachés sous des armures pour ne pas affronter la colère des grands fans parfois trop … impliqués (et malheureusement, je rigole à peine : l’une des raisons qui m’a vraiment dissuadée de lire cette saga, au départ, c’était bien le comportement de ces fanatiques qui m’ont quasiment agressée quand j’ai déclaré ne pas faire – encore – partie de leur « communauté »), je vais vous rassurer : il n’y a absolument rien de diabolique dans ces romans qui puisse expliquer le comportement de ces acharnés ! Bien au contraire, j’ai passé un excellent moment de lecture et je peux affirmer sans aucun doute qu’il s’agit là d’un véritable coup de cœur. Magie, amitié et mystère sont au rendez-vous, pour le plus grand bonheur des petits et des grands ! Vivement la suite (que je vais d’ailleurs m’empresser d’aller débuter dans les trente secondes à venir) !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/10/harry-potter-and-chamber-of-secrets-j-k.html

par Aryia