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Bibliothèque de Aryia : Liste de diamant

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Aeternia, tome 2 : L'envers du monde Aeternia, tome 2 : L'envers du monde
Gabriel Katz   
Suite à ma lecture du premier tome, qui m’avait énormément plu malgré cette fin horriblement frustrante, je n’ai pas hésité une seule seconde avant de sortir le second et dernier opus de ma pile à lire. Je vous conseille d’ailleurs de ne surtout pas vous lancer dans la lecture du premier si vous n’avez pas le deuxième sous la main : vous risqueriez de devenir fou d’impatience dans le cas contraire ! Car monsieur Katz sait jouer avec nos nerfs : la fin du premier tome ouvre un univers d’interrogations, et la tension est insoutenable.

L’envers du monde est marqué par un changement capital : le point de vue. Souvenez-vous : dans le premier tome, nous suivions l’histoire à travers le personnage de Leth Marek, un ancien gladiateur qui, suite à un terrible drame, se retrouve à escorter et protéger les fidèles d’un culte nouveau, le culte d’Ochin. Dans le second tome, c’est Desmeon qui porte l’histoire, et j’en suis ravie : outre le fait qu’il s’agit de mon personnage-chouchou, je trouve cela terriblement intéressant d’avoir un autre point de vue sur les événements. Car Desmeon est très différent de Leth Marek : là où le gladiateur était violent et impulsif, le jeune combattant est ironique et nonchalant, et cette différence se ressent dans la narration.

L’histoire est donc la suite directe du premier tome : on retrouve les personnages là où on les avait quittés. Mais les événements s’accélèrent : la confrontation entre le culte de la Déesse et celui d’Ochin est imminente, la tension monte et la violence se fait de plus en plus présente. On ne s’ennuie pas une seule seconde au cours de ce roman, car l’action se fait omniprésente : il ne se passe pas une seule page sans rebondissements. L’ambiance se fait également bien plus sombre que dans le premier opus : outre les nombreux combats qui rythment l’histoire, c’est surtout la noirceur de l’âme humaine qui est mise en évidence au cours de ce livre. On en apprend plus sur les coulisses des deux religions antagonistes, et il n’y a pas à dire : elles se ressemblent bien plus qu’elles ne veulent bien l’admettre. Complots, machinations et manipulations sont le lot quotidien des deux camps.

En ce qui concerne les personnages, je vais redire ce que j’ai déjà dit dans ma chronique du premier tome : ils sont terriblement bien construits, réalistes et profonds. Je pense que cela est dû au fait qu’ils ne sont pas caricaturaux : il n’y a pas d’un côté les super-gentils et de l’autre les super-méchants. Chaque personnage a sa part de clarté et de noirceur, ils sont humains et s’intéressent donc surtout à eux-mêmes, et ce au détriment des autres si besoin. Ce tome met d’ailleurs en évidence cette ambivalence propre à chaque être humain : certains personnages qui m’apparaissaient comme corrects et sympathiques au cours du premier opus se révèlent finalement être aussi fourbes que les autres. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce roman ne dresse pas un portrait bien élogieux de la nature humaine …

Au cours de ce livre, toutes les certitudes des personnages et du lecteur se voient réduites à néant, brisées par les nombreuses révélations qui ponctuent le cours de l’histoire. Une fois encore, l’auteur parvient à surprendre toujours plus ses lecteurs : j’avais beau m’attendre à des coups de théâtre et à des retournements de situation, je me suis laissée avoir à chaque fois car ce qui arrivait réellement n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. J’adore être surprise quand je lis un roman, j’aime quand l’auteur arrive à nous mener par le bout du nez pour ensuite nous mettre devant le fait accompli sans prévenir. Et sur ce point, je suis servie, un grand merci à l’auteur !

Mais, parce qu’il y a un mais … c’est quoi cette fin ? Depuis que j’ai tourné la dernière page, je ne cesse de répéter ces quelques mots, cette interrogation vitale, expression de la frustration qui m’a envahi lorsque le dernier paragraphe s’est achevé. Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas une fin, cela, c’est un instrument de torture ! L’auteur cherche vraisemblablement à faire buguer le cerveau de ses lecteurs … dans mon cas, il a réussi, je suis resté bloquée sur ce final si inattendu et si énigmatique. J’ai beau l’avoir terminé hier soir, je suis encore sous le choc et je n’arrive toujours pas à m’en remettre. C’est quoi cette fin, nom d’un petit bonhomme en mousse ?! Ne vous y méprenez pas, je ne voudrais pas d’une autre fin car, en tentant d’oublier mon effarement, je suis bien forcée d’admettre que ce final clôt magnifiquement le dyptique. Mais il n’en reste pas moins que cette fin est terriblement frustrante, en particulier pour ceux qui, comme moi, aiment que les choses soient claires et nettes. Bref, une fin inoubliable !

Il est désormais temps de conclure. Il m’est toujours très difficile d’abandonner des personnages que j’apprécie, et c’est surement pour cette raison que je préfère habituellement les longues sagas qui me permettent de rester plus longtemps en compagnie des personnages. Mais dans le cas d’Aeternia, je n’ai pas tant de regrets : je ne veux pas d’une suite, j’ai trop peur de ce qu’on pourrait y trouver ! Je ne sais pas s’il est nécessaire de le redire encore une fois : ce dyptique est un vrai coup de cœur, le genre de sagas que je relirais avec beaucoup de plaisir dans quelques mois, que je redécouvrirais avec joie même si je connais désormais les grands dénouements de l’histoire.
C’est une saga que je recommande aux amoureux de la fantasy, bien évidemment, mais également à tous ceux qui aiment se faire surprendre, qui adorent les intrigues où se mêlent complots et trahisons, manipulations et révélations. Je conseille également ces deux romans à ceux qui ont envie de réfléchir sur la nature humaine, sur la religion, sur le bien-fondé d’un conflit … Je pense qu’il y a matière à réflexion dans cette saga ! Plus généralement, je conseille ce dyptique à tout le monde, car il ne faut pas passer à côté de cette petite merveille …

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/06/aeternia-lenvers-du-monde-gabriel-katz_22.html

par Aryia
Aeternia, Tome 1 : La Marche du Prophète Aeternia, Tome 1 : La Marche du Prophète
Gabriel Katz   
Lorsque j’étais au collège, mon genre de prédilection était la fantasy, je ne lisais quasiment que cela. Puis, progressivement, mon répertoire s’est étoffé au point que la fantasy ne constituait plus qu’un maigre pourcentage de mes lectures, remplacée par la dystopie. Cependant, depuis quelques mois, de plus en plus de sagas de fantasy me tentent énormément. Parmi elles, le dyptique Aeternia, que j’ai ainsi emprunté très récemment au bibliobus. Outre une couverture particulièrement belle, le résumé était suffisamment mystérieux pour me vendre du rêve.

Je préfère vous prévenir de suite : il m’est très difficile de rédiger cette chronique. En effet, j’ai énormément de choses à dire mais trop peu de mots pour le faire. Vous remarquerez très rapidement que cette lecture a été un coup de cœur colossal, surement l’une des lectures les plus mémorables de toute ma vie de lectrice. Si on me proposait de le relire de suite, quelques jours à peine après l’avoir terminé, j’accepterai sans aucun doute, sans même songer une seconde à cette énorme pile à lire qui me nargue toujours plus achats après achats.

Leth Marek est le champion de sa ville : de toute sa carrière, il n’a jamais perdu un seul combat. Il décide cependant de prendre sa retraite afin d’élever ses deux jeunes fils, qu’il connait à peine, dans la plus grande et la plus réputée de toutes les villes du continent : Kyrenia. Accompagné de toute sa petite troupe de domestiques, qui refusent formellement de le quitter, l’ancien gladiateur se met donc en route pour sa nouvelle existence, se familiarisant maladroitement avec son nouveau statut de père. Cependant, suite à une terrible épreuve qui va le dévaster, sa vie prend un nouveau tournant : aveuglé par la rage et le désir de vengeance, Leth Marek va accepter de mettre sa hache de combat au service d’un culte naissant et itinérant, le culte d’Ochin, en guerre ouverte avec la religion officielle.

Varian, de son côté, est un jeune novice qui vient d’entrer au Temple de Kyrenia. Plein d’ardeur et d’ambition, le jeune homme va se retrouver entrainé dans de sombres machinations politiques et commerciales, qui lui feront comprendre que, s’il veut gravir rapidement les échelons, c’est sa ruse et non sa foi qui l’y aidera. Propulsé en quelques semaines au titre de chroniqueur d’un grand prêtre, il sera aux premières loges pour assister au conflit qui oppose le Temple aux fidèles de ce culte nouveau qui menace l’équilibre de la cité. Tout d’abord fier d’être parvenu en si peu de temps à entrouvrir les portes des hautes sphères, il va cependant rapidement comprendre que sa promotion est un cadeau empoisonné : s’il veut survivre, il n’a pas le droit à l’erreur. Entre secrets et trahisons, son quotidien n’est pas de tout repos.

L’intrigue en elle-même est donc assez complexe : manipulations et complots rythment les pages, tandis que les révélations s’enchainent, pour les personnages comme pour le lecteur. Monsieur Katz est un maitre dans l’art de mener en bateau ses lecteurs : d’un bout à l’autre du roman, il parvient à nous faire imaginer tel ou tel dénouement pour ensuite briser toutes nos certitudes avec un coup de théâtre terriblement bien mené. Plus d’une fois au cours du roman, je me suis exclamée « QUOI ? Mais c’est pas possible, ça ne peut pas être cela ! » ou autres expressions trahissant ma profonde surprise. Sans parler du final, tellement inattendu et insolite pour me déstabiliser durablement : plusieurs jours après, j’ai toujours du mal à me faire à l’idée que oui, l’auteur a bien fait ça. Pour tout avouer, il m’a fallu relire plusieurs fois le chapitre pour m’assurer que j’avais bien lu et bien compris ce qui venait de se passer. Mais rien à faire, les mots ne changent pas et ma stupéfaction demeure.

Les protagonistes quant à eux sont profonds, uniques et inoubliables. Leth Marek est un personnage plutôt atypique pour un roman estampillé « young adult » : quadragénaire, en apparence plus proche de la brute sans cervelle que du jeune héros réfléchi et idéalisé que nous offrent la plupart des livres actuels, Leth Marek est pourtant un personnage que j’ai énormément apprécié. Bien plus sensible et sympathique qu’il ne veut bien se l’admettre, il connait une évolution profonde au cours du roman, ce qui le rend très intéressant à suivre. Varian est également un personnage passionnant : à la fois opportuniste et inexpérimenté, il est tantôt agaçant tantôt touchant. Intelligent, il a cependant du mal à accepter les terribles réalités qui l’attendent dans les coulisses des hauts sommets. Il court de désillusions en révélations et, malgré tout, parvient à garder la tête sur les épaules et à prendre rapidement des décisions : cela force le respect.

Plus globalement, j’ai trouvé les personnages très intéressants et très bien construits. Ils sont nombreux, mais pas une seule fois je n’ai été perdue ou embrouillée : l’auteur a réussi à rendre chacun d’entre eux uniques et indispensables, de sorte que je n’ai eu aucune difficulté à suivre les différentes apparitions au cours du roman car ils ont tous un signe distinctif. Si certains personnages sont assez déplaisants, d’autres attirent facilement la sympathie du lecteur, mais tous restent très mystérieux : on ne sait pas grand-chose des personnages, dans le fond, on n’apprend pas réellement à les connaitre. Tout comme Leth Marek ou Varian, on les rencontre et on fait un bout de chemin avec eux, sans jamais en savoir plus sur leur passé ou leurs motivations. En temps normal, cela m’aurait frustré, mais ici, ça colle parfaitement avec l’ambiance du roman.

L’ambiance, justement. L’univers dépeint par l’auteur est un monde sombre, brutal, archaïque … et très réaliste. Je n’ai eu aucune difficulté à me représenter les scènes qui se déroulaient au cours des pages. Car en plus d’être un fin manipulateur de lecteurs, monsieur Katz manie la plume avec aisance : son style est sobre, descriptif et dynamique. On pourrait presque dire « efficace ». Aucune longueur, aucune lourdeur, mais rien ne manque à l’appel : les descriptions, les introspections, les dialogues bien menés … Même constatation pour le rythme qui s’ajuste parfaitement aux circonstances. Ce livre se lit donc très rapidement, grâce à sa qualité du point de vue de l’écriture et grâce à son fort pouvoir addictif !

En bref, comme annoncé au début, ce livre est un véritable coup de cœur. Pas de clichés dans ce roman, tout est finesse et nuance, et ça fait vraiment du bien. On découvre des personnages atypiques, bien différents de ceux qu’on peut rencontrer dans la majorité des romans young adult, et cela ne fait que renforcer l’attractivité du livre … On entre dans un univers complexe et riche, où la religion se mêle à des considérations politiques, sociales et commerciales, et où l’émergence d’un culte nouveau risque de mettre en péril la société dans son ensemble … On est porté par une intrigue aussi subtile que captivante, forte en rebondissements et en révélations chocs, qui n’épargne rien au lecteur sans jamais le décourager … Que demander de plus ?

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/06/aeternia-la-marche-du-prophete-gabriel.html

par Aryia
Harry Potter, Tome 2 : Harry Potter et la Chambre des secrets Harry Potter, Tome 2 : Harry Potter et la Chambre des secrets
Joanne Kathleen Rowling   
Si l’on m’avait un jour prédit que je déciderais par moi-même de lire en anglais et que j’y prendrais plaisir, j’aurais très probablement éclaté de rire devant cet énergumène aux divinations étranges. Et pourtant … après avoir littéralement dévoré deux romans dans cette langue en même pas deux moi, et cela sans avoir besoin de me forcer pour attaquer mon chapitre quotidien, je suis bien obligée d’admettre que j’y prends gout ! Ce qui n’était au départ qu’un moyen d’améliorer mon niveau catastrophique (du moins, à mes yeux) en anglais – et, soyons un peu superficielle pour une fois, d’avoir de magnifiques illustrations de couverture –, s’est très rapidement métamorphosé en une véritable partie de plaisir. Et merci qui ? Merci Harry ! Je viens à peine d’achever ce second tome que le troisième est déjà en place sur la table de chevet, prêt à me faire rêver, rire et trembler comme l’ont fait ses prédécesseurs …

Les vacances sont bien longues et bien déprimantes pour Harry, qui se sent terriblement délaissé par ses amis dont il n’a reçu aucune lettre, et qui doit faire face à l’hostilité toujours plus forte des Dursley. Sa seule consolation, c’est de marmonner des « formules magiques » et de voir son cousin, son oncle et sa tante écarquiller les yeux de frayeur tout en vérifiant qu’aucune excroissance n’est venu déformer leur silhouette … mais voilà que bientôt, même ce divertissement lui est arraché, après que l’elfe de maison Dobby, venu l’exhorter à ne pas retourner à Poudlard où de terribles événements vont se jouer, ait utilisé la magie à son insu et que les Dursley aient appris d’une lettre du ministère de la magie qu’Harry n’était pas autorisé à utiliser cette dernière en dehors de l’école. Enfermé dans sa chambre, il ne soit son salut qu’à l’apparition inopinée de Ron … à bord d’une voiture volante. Après plusieurs contretemps, les deux amis débarquent enfin à Poudlard et, échappant de peu à l’expulsion pour s’être fait remarqués à survoler l’Angleterre, ils sont fin prêts entamer leur deuxième année d’étude ! Mais les prédictions de Dobby s’avèrent exactes et Harry est bien déterminé à trouver qui – ou quoi – s’attaque aux élèves de l’école !

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : en plus de m’avoir totalement réconciliée avec l’anglais – nous étions fâchés l’un contre l’autre depuis au moins une bonne dizaine d’années –, ce second tome a définitivement plongé dans l’oubli toutes mes réticences et inquiétudes premières face à cette saga surmédiatisée. Bien plus sombre que le premier opus, que je considère finalement comme une très agréable introduction au monde fabuleux de la magie et à la mise en place des fondations de l’intrigue globale de la saga (présentation des personnages principaux et explications des événements antérieurs), celui-ci plonge rapidement le lecteur dans une ambiance plutôt angoissante : Harry qui se découvre des facultés qui semblent très mal vu dans le monde sorcier, des murmures qui précèdent de terribles attaques de la part d’un ennemi apparemment invisible, le passé qui refait surface sous la forme d’objets ensorcelés et de soupçons arbitraires … La tension monte progressivement, les mystères se font toujours plus insaisissables et les doutes de plus en plus grands. En plus de nous offrir de l’action à n’en plus finir, ce livre nous invite également à suivre les appréhensions d’Harry, que les insinuations de ses camarades et ses propres secrets ne cessent de troubler, tout en abordant délicatement le thème délicat de l’eugénisme avec la distinction Pure-Blood/Mudblood (n’étant pas parfaitement certaine de la formulation choisie par le traducteur pour ces termes, je préfère les laisser tels quels). Un roman jeunesse, certes, mais bien plus riche qu’on ne pourrait l’imaginer !

Mais tout n’est pas sombre dans ce livre, loin de là et bien heureusement ! J’ai également beaucoup rigolé face à certaines scènes ou certains personnages. Entre Dudley qui court dans les jupons de sa mère dès qu’Harry prononce un ou deux mots se finissant en « us » (bien que ce « charmant » gamin m’exaspère au plus haut point par ailleurs), Ron qui est littéralement poursuivi par la malchance (même si j’avoue avoir été partagée entre l’hilarité et la pitié quand le pauvre s’est rendu compte que sa baguette était cassée), et Lockhart qui est tout simplement ridicule (surtout quand on fait du théâtre depuis dix ans et qu’on ne peut empêcher son esprit d’imaginer une mise en scène digne des comédies de Molière pour chaque intervention de ce personnage), il me semble tout simplement impossible de ne pas éclater de rire. Mention spéciale à la Saint Valentin avec les nains qui transmettent les déclarations d’amour … je crois que j’ai littéralement pleuré de rire quand Harry cherchait à se débarrasser de ce messager importun ! Je pense que la force de ce roman, et peut-être plus globalement de la saga en général (il me faudra encore quelques mois pour confirmer ou infirmer cette impression, le temps de venir à bout des cinq tomes restants), c’est cet équilibre entre le cocasse et le sérieux, cette association harmonieuse entre les situations comiques et la tension dramatique. C’est l’une des choses que j’apprécie énormément jusqu’à présent !

S’il ne s’agissait pas d’Harry, je me serais sans aucun doute permis de vous sortir une chronique de cinq pages Word de long pour vous convaincre de lire cette saga fantastique, mais sincèrement : à part les rebelles comme moi qui s’obstinent (stupidement, je sais) à refuser de suivre les « modes », qui n’a pas déjà lu Harry Potter ? Y-a-t-il encore des potentiels lecteurs à persuader ? Pour ces camarades de révolte contre la surmédiatisation, qui sont probablement bien cachés sous des armures pour ne pas affronter la colère des grands fans parfois trop … impliqués (et malheureusement, je rigole à peine : l’une des raisons qui m’a vraiment dissuadée de lire cette saga, au départ, c’était bien le comportement de ces fanatiques qui m’ont quasiment agressée quand j’ai déclaré ne pas faire – encore – partie de leur « communauté »), je vais vous rassurer : il n’y a absolument rien de diabolique dans ces romans qui puisse expliquer le comportement de ces acharnés ! Bien au contraire, j’ai passé un excellent moment de lecture et je peux affirmer sans aucun doute qu’il s’agit là d’un véritable coup de cœur. Magie, amitié et mystère sont au rendez-vous, pour le plus grand bonheur des petits et des grands ! Vivement la suite (que je vais d’ailleurs m’empresser d’aller débuter dans les trente secondes à venir) !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/10/harry-potter-and-chamber-of-secrets-j-k.html

par Aryia
Harry Potter, Tome 3 : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban Harry Potter, Tome 3 : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
Joanne Kathleen Rowling   
Une fois n’est pas coutume, je vais commencer cette chronique par une petite anecdote (car je ne pense pas qu’il soit nécessaire de vous redire une troisième fois à quel point je suis ravie d’avoir enfin dépassé mes préjugés à propos de cette merveilleuse saga). Chaque jour, quand je m’installais très confortablement dans mon lit pour entamer mon chapitre quotidien, il me fallait au moins … cinq bonnes minutes avant de parvenir à détacher mon regard ébahi de la couverture pour enfin ouvrir le livre et me plonger dans ma lecture. Je suis littéralement tombée amoureuse de cette illustration, et pas seulement parce que le bleu fait partie de mes couleurs préférées et que j’adore les cerfs ! Non, c’est l’image dans son ensemble, avec sa composition et ses nuances, qui a fait griller mes neurones : j’avais beau avoir le roman sous le nez quasiment en permanence (je suis du genre à trimballer mes lectures en cours absolument partout avec moi), à chaque fois que mon regard se posait dessus, c’était un blocage incontrôlable. Et que je découvre de nouveaux détails à chaque fois, et que je m’extasie sur un autre élément à chaque fois, et que … Bref, ma lecture a été remarquablement compliquée par la beauté de la couverture.

Après des vacances d’été brutalement interrompues par le débarquement de son horrible « tante Marge » et un trajet pour le moins mouvementé à bord du si loufoque « Knight Bus » (dont je ne connais pas le nom français), Harry débarque à Poudlard pour sa troisième année à l’école de sorcellerie. Et comme Harry est un véritable aimant à problèmes, voilà qu’il apprend que le dangereux Sirius Black, meurtrier échappé de la terrible prison d’Azkaban et responsable de la mort de ses parents, est à ses trousses pour achever le boulot dans les règles de l’art. A cela s’ajoute les prédictions pour le moins inquiétantes de son illuminée de professeur de Divination, la rencontre avec les effrayants Détraqueurs et l’arrivée d’un professeur de Défense contre les forces du mal aussi apprécié qu’étrange. Une année mouvementée en perspective !

Je pense pouvoir affirmer sans la moindre hésitation que jusqu’à présent, il s’agit sans aucun doute de mon tome préféré (après, n’ayant pour le moment lu que les trois premiers tomes, cette appréciation est bien loin d’être définitive). On s’éloigne grandement de l’univers merveilleux mais quelque peu enfantin propre aux deux premiers opus pour plonger dans une ambiance bien plus sombre et angoissante, mais surtout bien plus captivante à mes yeux. Ici, il ne s’agit plus uniquement de combattre troll et basilic pour ramener la sécurité au sein de l’école et profiter tranquillement du festin de fin d’année, mais bien d’en apprendre plus sur le passé et de faire face à une menace plus « personnelle », puisque de tous les étudiants, Harry est bien le seul à avoir ce meurtrier en cavale comme parrain. Ce tome, c’est également celui au cours duquel notre jeune héros quitte doucement l’enfance pour entrer dans l’adolescence : bien moins insouciant et plus mature qu’auparavant, avec ses doutes et ses peurs qui le rendent bien plus humain à mes yeux, Harry n’en reste pas moins une tête brulée qui réagit parfois de façon impulsive et enfantine. Il s’agit là d’une personnalité toute en nuances et en promesses qui fait soupirer de ravissement la lectrice passionnée de psychologie que je suis !

Mais fort heureusement, tout n’est pas sombre dans ce troisième tome, et le lecteur a bien des raisons pour éclater de rire suffisamment régulièrement pour que son entourage se pose des questions sur sa santé mentale ! Rien que d’imaginer Snape (désolée, pour moi, Snape est Snape, pas Rogue) affublé de l’accoutrement de la grand-mère de Neville ou confronté aux messages pour le moins déconcertants inscrits à son attention sur la carte du Maraudeur, ou de songer aux interrogations pleines de finesse de Stan (« Qu’est-ce que tu fais par terre ? » « Je suis tombé » « Qu’est-ce qui t’a pris ? ») ou aux visages faussement innocents des jumeaux Weasley, je sens le fou-rire qui m’a submergé à la lecture de ces scènes ressurgir ! Les incessantes disputes entre Ron et Hermione m’ont également beaucoup fait sourire, tout comme les commentaires de Lee Jordan et les remontrances de McGonagall lors des matchs de Quidditch. Sans oublier la fameuse scène où Hermione remet Malfoy fils à sa place, scène durant laquelle j’ai littéralement pleuré de rire. C’est finalement là que réside toute la magie de cette histoire : en dépit de tout, c’est toujours le sourire aux lèvres que l’on tourne la dernière page. Ces livres mettent de bonne humeur !

En ce qui concerne les éléments plus formels – tension dramatique, intrigue, trame narrative, tous ces jolis concepts qui foisonnent en matière de chronique littéraire –, je vais me contenter d’un seul mot : époustouflant. Non, vraiment. Plus l’histoire avance, plus la tension augmente, gardant le lecteur en haleine : que va-t-il donc se passe ? comment diable tout cela va-t-il se terminer ? qui est vraiment Sirius Black ? Et plus la tension dramatique augmente, plus le rythme s’accélère, autant du point de vue de l’action en elle-même que de la narration, avec des phrases plus courtes, plus concises. L’auteur joue avec nos nerfs et nos émotions. Bon sang, vous n’imaginez même pas les larmes de crocodile que j’ai versées et la colère que j’ai ressentie à l’encontre de Malfoy quand j’ai appris le sort de ce malheureux hippogriffe ! Mon cœur se serre encore quand je songe à la tristesse qu’a dû ressentir ce pauvre Hagrid, qui est d’ailleurs un personnage que j’apprécie de plus en plus : j’aime sa simplicité, son honnêteté et son innocence. Et bon sang, ces chapitres finaux, que de rebondissements et de révélations en si peu de pages ! Qui a dit que la lecture était une activité calme ? Ma lecture a été ponctuée de sursauts, de cris de surprise ou d’effarement et d’onomatopées diverses et variées – oui, je fais partie de ces lecteurs terriblement impliqués dans leur lecture qui réagissent fortement à tout ce qui se passe dans le roman !

En bref, un troisième tome qui surpasse aisément les deux premiers dans mon petit classement personnel. De l’émotion, de l’action, des révélations, et bien entendu de la magie (avec une touche de voyage temporel, que demander de plus ?!), sont au rendez-vous et se combinent pour offrir au lecteur une fantastique expérience de lecture, pleine de rebondissements et d’émerveillement. Un tome moins enfantin que les deux précédents qui promet une suite bien plus sombre et bien plus complexe, et qui attise ma curiosité : sur quoi vais-je donc tomber en ouvrant le quatrième opus ? J’ai terriblement hâte de retrouver notre jeune sorcier préféré et ses amis pour la suite de leurs aventures !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/12/harry-potter-and-prisoner-of-azkaban-j.html

par Aryia
Harry Potter, Tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers Harry Potter, Tome 1 : Harry Potter à l'école des sorciers
Joanne Kathleen Rowling   
Aussi étonnant que cela puisse paraitre, j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence sans ressentir l’envie de découvrir Harry Potter. La faute à toute cette surmédiatisation qui non seulement me faisait peur, mais surtout, je vais être honnête, m’agaçait légèrement. Je faisais une sorte de blocage psychologique : pas question d’être un mouton et de faire comme les autres en plongeant les yeux fermés dans cette saga ! Cela peut sembler puéril, surtout pour les fans, mais il faut comprendre que j’avais vraiment peur de perdre mon libre arbitre en suivant cette mode littéraire. Et pour tout avouer, cette opposition farouche aurait pu durer bien longtemps encore, s’il ne m’était pas venu à l’esprit l’idée de feuilleter The cursed child au Super U afin de voir si je parvenais ou non à comprendre le début. La réponse étant « Oui », j’ai non seulement acheté la pièce de théâtre mais j’ai également commandé les sept tomes en version originale. La lecture de ce premier tome représente donc un double tournant dans ma vie de lectrice : première incursion dans le monde d’Harry Potter et première lecture en anglais.

Est-il encore nécessaire de présenter l’histoire du petit sorcier à lunettes ? Orphelin élevé par son oncle et sa tante qui le détestent et le traitent comme un moins que rien, martyrisé par son cousin qui le considère comme le plus amusant des punching-balls, le petit Harry va voir son existence bouleversée le jour de ses onze ans, lorsqu’un géant pas bien méchant vient le chercher pour le conduire à Poudlard, école de magie renommée, après lui avoir annoncé qu’il était un sorcier. Commence alors pour lui la plus fantastique des années scolaires, remplie d’amitiés nouvelles et de folles découvertes, mais aussi d’aventures périlleuses et de mystères à résoudre …

Ma plus grande crainte était de ne pas réussir à me plonger totalement dans le récit à cause de mes hésitations premières. Mais, contre toutes attentes, ces réticences ont été très rapidement balayées et j’ai été directement happée par l’histoire de ce petit garçon qui a grandi non pas entouré d’amour mais d’hostilité. Quelle agréable surprise ! J’ai découvert un univers extravagant, déroutant et intriguant, un univers où la magie et la légèreté côtoient le mystère et le danger, un univers d’une richesse impressionnante. On vogue de surprises en merveilles, de stupeurs en ébahissements. Tandis que je découvrais le Chemin de Traverse (qui pour moi sera sans doute toujours The Diagon Alley) et Poudlard (que je persiste à appeler Hogwarts dans ma tête) en compagnie d’Harry, je ne pouvais m’empêcher de pousser des petites exclamations de surprise et de ravissement (« Haaaaaa ! », « Des portraits qui bougent ! », « Hoooooo ! » …). Bref, vous l’aurez compris, j’ai été totalement conquise par l’univers dans lequel s’inscrit l’histoire.

Parlons-en, de l’histoire ! Bien que ce premier tome soit assez court, il n’en reste pas moins riche en péripéties, en aventures et mésaventures. Ce que je trouve merveilleux, c’est l’alternance et la complémentarité entre les événements se rattachant à la scolarité et la vie à Poudlard (la cérémonie de la répartition, les matchs de quidditch …) et ceux ayant un rapport avec l’intrigue à proprement parler. L’auteur a réussi à trouver un équilibre entre ces deux perspectives, équilibre qui permet au lecteur de ne jamais s’ennuyer sans pour autant être submergé par trop d’informations ou d’actions. Un autre point très positif à mes yeux est le suspense, qui est indéniablement au rendez-vous ! Cette saga a beau être destinée au jeune public, le dénouement de l’intrigue n’est pas simpliste et prévisible pour autant, bien au contraire ! Je suis littéralement tombée dans le panneau et j’ai eu une vraie surprise à la fin, et j’en suis ravie. Moi qui aime les mystères, je suis ravie, ce livre en est rempli ! Bref, une intrigue captivante qui fait rêver et trembler, rire et pleurer.

A mes yeux, comme souvent, la grande force de ce récit réside dans ses personnages. Tous sont importants, à leur manière. Nous avons bien évidemment Harry, le héros, auquel on s’attache très facilement de par son histoire (je vais être parfaitement honnête, j’ai plus d’une fois eu envie de le serrer bien fort parce que j’étais tristounette pour lui) et son caractère (que j’aimerai être aussi courageuse que lui, moi qui fait des crises de panique quand un misérable papillon pénètre dans ma chambre …). Mais il y a aussi Hermione et Ron, que j’apprécie également pour des raisons bien différentes. J’ai tendance à m’identifier à Hermione, ayant toujours été une « élève modèle » aux yeux des adultes et une « fayotte » aux yeux de mes camarades, pour la simple et bonne raison que j’ai toujours été légèrement perfectionniste mais surtout que j’aime apprendre. Et Ron … Bah c’est typiquement le genre de gamin qu’on a tous envie d’avoir comme meilleur ami : gentil et loyal, drôle et sincère. Il y a Neville, aussi, qui me fait vraiment craquer et que j’ai terriblement envie de protéger, le pauvre ! Et je ne peux raisonnablement pas ne pas évoquer Draco, que j’ai quant à lui envie de baffer. Les jumeaux Weasley me font terriblement rire, un gros coup de cœur pour ce duo ! Après, en ce qui concerne les adultes, qui ont également leur importance : j’aime énormément Hagrid, ce « bon gros géant » qui aime tellement les animaux, même les plus farfelus, mais j’apprécie surtout Rogue. Ouais, Rogue. Me demandez pas pourquoi, j’ai le pressentiment, l’intuition, le sentiment inexplicable qu’il n’est pas si méchant que cela, et j’ai de plus toujours aimé les personnages froids et austères, qui ont généralement des répliques terriblement classes. Bon, j’aime bien Dumbledore et McGonagall aussi !

Puisque je n’ai très sûrement pas besoin de vous convaincre de lire ce fantastique premier tome, je ne vais pas m’éterniser. Je vais donc me contenter d’évoquer rapidement la plume de l’auteur, étant donné que je l’ai découverte en version originale, sans l’intermédiaire du traducteur qui, aussi bon soit-il, ne peut pas retranscrire parfaitement le style premier. La narration de madame Rowling est terriblement agréable à lire, autant par sa simplicité que par sa légèreté. Sans s’embarrasser de descriptions surchargées ou de fioritures superflues, elle arrive à dépeindre fidèlement l’ambiance qui règne au sein de l’école, les états d’âme des personnages et le déroulement des événements. Les dialogues sont vivants et réalistes, même si je dois avouer avoir eu le plus grand mal à déchiffrer les prises de parole d’Hagrid (madame Rowling ayant eu l’excellente idée de retranscrire à l’écrit son élocution un peu « paysanne » !). Bref, un style qui m’a vraiment convaincue et qui, de plus, m’a redonné confiance en moi alors que j’étais tellement persuadée d’être une vraie quiche en anglais. Merci madame Rowling !

Bref, je me demande vraiment pourquoi j’ai mis tellement de temps avant de me décider à découvrir cette saga ! Avec ce premier tome, l’auteur entraine le lecteur dans une fantastique épopée pleine de magie, de mystère, d’amitié et de courage, dans une merveilleuse aventure pleine de danger, de bonne humeur, de surprise et de suspense. Des personnages principaux comme secondaires attachants ou mystérieux, une histoire qui fait rire, sourire, trembler, rêver, un univers extravagant et fantasque qui ouvre la porte au merveilleux comme au menaçant … Je suis littéralement tombée amoureuse de ce premier opus et je suis ravie d’avoir la suite à ma disposition : pas besoin de patienter, je vais pouvoir me plonger immédiatement dans le second tome ! Un vrai coup de cœur qui a fait battre mon petit cœur de stupeur, qui m’a fait retenir mon souffle de frayeur, qui a fait étinceler mon regard d’émerveillement et qui m’a fait sourire de bonheur.

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par Aryia
La Bibliothèque, Tome 1 : Grandir La Bibliothèque, Tome 1 : Grandir
Pauline Deysson   
Pendant des années, je dois bien avouer que j’étais particulièrement réfractaire à la lecture d’autoédités. J’entendais parler de romans bourrés de fautes, sans queue ni tête, aux incohérences plus grosses les unes que les autres … Rien de très rassurant ! Et voilà que La Bibliothèque arrive dans ma vie, et que tous ces aprioris négatifs sur l’autoédition s’effacent : ce premier tome est la preuve en pages et en encres qu’autoédité peut parfaitement rimer avec qualité. En effet, je ne vais même pas attendre le cœur de la chronique pour l’annoncer : ce roman a été plus qu’un coup de cœur. Il a été une révélation, un voyage, une rencontre. Une très belle rencontre, un merveilleux voyage et une extraordinaire découverte.

Comme tous les enfants du technomonde, à l’âge de 10 ans, Emilie va passer le Test d’Aptitude pour ainsi recevoir son Revery, une machine qui lui sera personnellement accordée et qui veillera à son bien-être quotidien en la guidant et la conseillant. Mais Emilie s’interroge de plus en plus sur le monde qui l’entoure et refuse de prendre le Revery qui lui est attribué. Placée dans un Centre d’Apprentissage de l’Aptitude pour palier à cette résistance, Emilie va longuement hésiter sur la conduite à tenir … jusqu’à ce qu’une fleur de lys rentre dans sa chambre et la transporte dans la Bibliothèque. Un lieu où les livres sont des rêves, des songes à faire lire aux âmes endormies qui viennent chaque nuit s’échapper d’un quotidien peut-être pas aussi joyeux qu’on ne veut le leur faire croire. Devenue Apprentie Bibliothécaire, Emilie va ouvrir un premier livre …

Ce livre fera le régal de tous ceux qui, comme moi, aiment les récits qui ne se cantonnent pas à un genre mais qui au contraire empruntent allégrement à plusieurs genres. Le lecteur se retrouve tout d’abord plongé dans un univers dystopique merveilleusement bien construit : au sein du technomonde, sous couvert de permettre aux technocitoyens d’être heureux en réalisant le moindre de leur désir, le système enferme ces derniers dans une vie monotone de loisirs incessants où le libre-arbitre n’a pas sa place. Abrutis par les jeux vidéo qui constituent leur quotidien, les technocitoyens suivent aveuglément la masse sans même se rendre compte de ce formatage. Arrive ensuite une bonne dose de fantasy, avec l’histoire épique de la naissance de la Bibliothèque, ce lieu où sont créés et distribués les rêves en fonction des besoins de chaque âme. Et puis, dans l’aventure que vit Emilie lorsqu’elle ouvre son premier livre, de bonnes doses de fantastiques font leur apparition : les sirènes, les fées, les nymphes et autres créatures légendaires lui viennent en aide. Et ce fabuleux mélange fait de ce livre un roman unique en son genre, une histoire d’une richesse incroyable.

D’autant plus que cet ouvrage possède également de nombreux éléments le rapprochant du conte philosophique ou du récit initiatique. L’histoire que nous compte ce joli pavé de presque 500 pages, finalement, ce n’est pas uniquement l’histoire que déroule le premier livre des rêves ouvert par notre jeune Apprentie Bibliothécaire. Il est bien plus question de l’épanouissement intérieur d’Emilie, de l’évolution de sa psyché. Au début du récit, Emilie n’est encore qu’une petite fille : rebelle et curieuse, insouciante et à la pensée très manichéenne - les choses sont soit parfaitement bonnes, soit irrémédiablement mauvaises - et optimiste - le Bien, la bonté, la gentillesse, la joie, triompheront forcément. A la fin du récit, Emilie est une adolescente qui a non seulement saisi la complexité du monde et de la nature humaine, mais qui a également pris conscience de la contingence de la vie tout en ayant ouvert les yeux sur la question du bien, de la liberté, de l’éthique … De nombreuses pistes de réflexion s’ouvrent alors au lecteur. Suis-je libre lorsque je réalise mes propres désirs égoïstes ? Dois-je sacrifier le bonheur des autres pour augmenter le mien ? Quel est le sens de mon existence ? J’en passe et des meilleures.

J’avoue être particulièrement impressionnée par l’auteur. En premier lieu, elle a d’excellentes idées : qu’il s’agisse qu’il s’agisse de ce monde futuriste dominé par la satisfaction éphémère de désirs passagers jamais réellement assouvis, de cet univers hors du temps et de l’espace qu’est la Bibliothèque des rêves, ou encore des demeures féériques des Sirènes, des Fées et des habitants d’Avalon, tout est vraiment très original. Mais plus spectaculaire encore, elle a réussi à combiner toutes ces idées apparemment disparates pour former un tout cohérent et harmonieux : le risque, lorsqu’on a autant d’éléments en tête et qu’on souhaite les réunir en un seul récit, c’est de ne pas parvenir à les unifier correctement, et que cela deviennent inintelligible pour le lecteur. Pauline Deysson a su éviter ce piège : pas une seule fois je ne me suis sentie perdue ou submergée par les informations distillées progressivement. Il y a des histoires dans les histoires, des intrigues dans les sous-intrigues, et pourtant, tout s’accorde parfaitement. C’est vraiment époustouflant !

En bref, l’auteur nous propose avec ce premier tome un ouvrage merveilleusement bien construit et admirablement bien écrit (quelle plume ! c’est un vrai plaisir que de lire une narration aussi belle, aussi fluide, aussi riche !) qui happe le lecteur sans le laisser reprendre son souffle. De l’action, de l’émotion, de la réflexion, il y a vraiment de tout dans ce roman qui peut s’avérer un peu compliqué au premier abord mais dont l’intrigue coule finalement de source. C’est un vrai déchirement que de quitter tous les personnages rencontrés durant ce premier Livre, mais la fin est une véritable promesse qui permet au lecteur de surmonter cette douleur. Depuis que la dernière page s’est tournée, je n’ai plus qu’une seule hâte : avoir le second tome entre les mains pour marcher aux côtés d’Emilie dans une nouvelle aventure. Vivement …

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par Aryia
La Guerre des clans, tome 4 : Avant la tempête La Guerre des clans, tome 4 : Avant la tempête
Erin Hunter   
Généralement, lorsque je conseille La guerre des clans à quelqu’un, il me répond : « Ça semble sympa, mais il y a trop de tomes, j’ai pas envie de me lancer une saga à rallonge » … Peur de se lasser, peur que l’intrigue ne finisse par tourner en rond, peur du « fan-service » qui pousserait les auteurs à la continuer indéfiniment et artificiellement pour gagner toujours plus d’argent … les explications sont nombreuses. Et pourtant, ça m’attriste à chaque fois de voir tellement de lecteurs passer à côté de cette merveilleuse série ! Pour ma part, c’est tout l’inverse : c’est précisément parce que la saga « s’éternise » que je l’aime tant et la suis si assidument ! Loin de m’ennuyer, je m’émerveille à chaque nouveau cycle des idées toujours plus surprenantes des auteurs, qui n’hésitent pas à tout bouleverser pour offrir aux lecteurs une intrigue toujours plus palpitante ! Toutefois, je l’avoue volontiers : le premier cycle a une place fort importante dans mon cœur, puisque c’est le premier, celui de la découverte …

Après le bannissement du traitre Griffe de Tigre, Cœur de Feu est devenu le lieutenant du Clan du Tonnerre. Mais le jeune guerrier peine à assumer cette lourde responsabilité … Entre la dépression d’Etoile Bleue qui semble se méfier du monde entier et en vouloir même à ses ancêtres, les inquiétudes des Anciens qui voient dans sa nomination trop tardive un mauvais présage pour le Clan, la fugue de son neveu Nuage de Neige qui semble vouloir retourner à la vie de chat domestique, la sécheresse et la menace que représente toujours Griffe de Tigre et ses alliés, Cœur de Feu est dépassé. Grâce à l’amour de Tempête de Sable, à l’amitié de Croc Jaune et Museau Cendré, et au soutien des membres de son Clan, le jeune lieutenant va pourtant parvenir à faire face à toutes les épreuves qui se dressent sur son chemin … et même à la plus terrible des catastrophes.

Comme l’indique bien le titre, ce tome, c’est un peu le calme avant la tempête ... Cela ne veut toutefois pas dire qu’il ne s’y passe rien, bien au contraire ! Comme tous les autres volumes de la saga, ce tome est rythmé par nombre de péripéties et de rebondissements ! Pas de repos pour les braves, voilà ce qui pourrait devenir la devise de notre pauvre Cœur de Feu, qui ne sait plus où donner de la tête. Toujours peiné par le départ de son meilleur ami, Plume Grise, qui a rejoint le Clan de la Rivière avec ses chatons, très inquiet pour sa chef, Etoile Bleue, qui semble s’enfoncer toujours plus dans le désespoir et le découragement, le jeune lieutenant doit également faire face aux mépris des uns et aux inquiétudes des autres : il est seul contre tous … ou presque. Il peut compter sur l’amitié de Croc Jaune et Museau Cendré, ainsi que sur l’amour qui l’unie à la jeune Tempête de Sable. On ne va pas se mentir, ces petites touches de romantisme nous font un bien fou : tout semble tellement désespéré qu’on a besoin de se souvenir que la vie continue et est plus forte que les pertes … Dans ce livre, il est question de confiance en soi, de confiance en l’autre, il est également question d’éthique et de responsabilités, de dépression et de préjugés … Ces chats ont beaucoup de choses à apprendre au lecteur !

Comme toujours, les auteurs nous offrent donc un délicat mélange entre action et émotion. Tantôt l’heure est à l’introspection, au doute et à l’inquiétude, tantôt au contraire elle est à la fuite, au combat et à la fuite. L’équilibre est bien respecté, si bien qu’on ne s’ennuie jamais mais qu’on ne se sent pas non plus débordé par les événements. On passe d’un versant à l’autre sans véritablement s’en rendre compte … et c’est vraiment quelque chose que j’apprécie énormément dans cette saga ! Même les révélations les plus incroyables et les retournements de situation les plus effroyables coulent de source, car on sent que tout est bien planifié, que les auteurs savent où elles veulent emmener les lecteurs et connaissent parfaitement leurs personnages, principaux comme secondaires. On s’y croit vraiment, on se laisse embarquer sans jamais avoir l’envie de résister à cet univers et à cette histoire. A chaque fois qu’une catastrophe survint, à chaque fois qu’une bataille advint, on a la gorge nouée et la respiration coupée : la narration est tellement vivante, tellement expressive, qu’on tremble de frayeur à l’unisson des personnages ! Et quand le calme revient, quand arrive l’heure de la peine et de l’angoisse, on a le cœur noué : c’est tellement émouvant, tellement déchirant !

En bref, vous l’aurez compris, c’est toujours avec le même plaisir que j’ai dévoré ce tome et m’apprête à me plonger dans le suivant ! Bien loin de s’essouffler, la saga devient de plus en plus palpitante au fil des tomes : Cœur de Feu n’est plus le petit chaton insouciant qu’il était au début du premier opus mais bien un guerrier loyal et courageux qui fera tout pour protéger son Clan de toutes les menaces possibles et inimaginables … et cela au péril de sa vie. Il perd progressivement tous ceux qui lui sont chers, il doit apprendre à aller de l’avant malgré le chagrin et la peur, il doit apprendre à faire confiance aux bonnes personnes sans se laisser influencer d’un côté ou de l’autre. Comme le lecteur, Cœur de Feu sent que la confrontation finale avec son ennemi de toujours est proche, mais il sent également que bien d’autres épreuves l’attendent … Il ne fait aucun doute que les deux volumes à venir seront bien plus éprouvants encore, bien plus sombres également …

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par Aryia
La Guerre des clans, tome 3 : Les Mystères de la forêt La Guerre des clans, tome 3 : Les Mystères de la forêt
Erin Hunter   
L’une des inquiétudes les plus répandues au sujet de la saga La guerre des clans concerne les personnages : « Ils sont trop nombreux, j’arriverai jamais à retenir tous les noms, et en plus ils en changent plusieurs fois en cours de route ! » … Soyez rassurés : lorsque j’ai découvert cette saga, je n’avais même pas une dizaine d’années, et pourtant, je ne me suis jamais sentie embrouillée par cette multitude de personnages appartenant à divers Clans et changeant de noms à de nombreuses reprises ! Ce n’est clairement pas quelque chose d’insurmontable, donc par pitié, ne vous laissez pas rebuter par cette croyance populaire qui affirme qu’on ne peut pas lire La guerre des clans sans être complétement paumé : c’est faux, parfaitement faux ! J’admets toutefois que les erreurs de traduction entrainent quelques incohérences qui peuvent porter à confusion, mais ce n’est clairement pas la faute de l’histoire en elle-même …

Cœur de Feu est plus que jamais décidé à découvrir la vérité au sujet de la mort de Plume Rousse, l’ancien lieutenant du Clan du Tonnerre. Il en est en effet persuadé : Griffe de Tigre est coupable de ce meurtre et représente une menace pour le Clan tout entier … Le jeune guerrier se rend progressivement compte que la situation est bien plus complexe que ce qu’il imaginait, et les questions s’accumulent dans son esprit tandis que la mauvaise saison s’abat sur la forêt, la famine ravivant plus que jamais les tensions entre les quatre tribus … Tiraillé entre sa loyauté envers le Clan et son amitié envers Plume Grise, amoureux d’une guerrière ennemie, Cœur de Feu doit également faire face aux bêtises de son neveu, Petit Nuage, qui peine à se faire accepter par le Clan. Alors qu’une inondation ravage tout sur son passage, les alliances se font et se défont dans la forêt, et l’orage de la guerre semble à deux doigts d’éclater …

Ce troisième opus portent bien son nom : la forêt cache bien des mystères, des secrets du passé que Cœur de Feu va déterrer au fil de son enquête. Alors qu’il ne souhaitait que prouver la culpabilité de l’orgueilleux Griffe de Tigre dans la mort de Plume Rousse, notre jeune guerrier court de surprises en surprises … et le lecteur également ! On ne s’attend pas à ce que cette investigation prenne un tel tournant, mais quel incroyable tournant ! A la question de la trahison de Griffe de Tigre – qui m’est de plus en plus antipathique au demeurant – s’ajoute donc une nouvelle énigme : qui sont ces deux jeunes guerriers du Clan de la Rivière, qui semblent en réalité être nés dans le Clan du Tonnerre ? Ont-ils été enlevés … ou abandonnés ? Par qui, et pourquoi ? Une grande question se pose dans ce tome : celle des origines. Doivent-elles forcément être révélées, ou doivent-elles au contraire être cachées, au risque d’être découvertes par hasard ? Mais plus encore, que doit-on faire passer en premier : le bien de toute la communauté, ou notre propre bonheur ? A travers les dilemmes, présents ou passés, de plusieurs personnages confrontés à ce terrible choix, ce livre invite le lecteur à ne pas les juger trop durement, même s’il n’approuve pas leurs décisions. Ils ont fait ce qu’il leur semblait être juste, et même s’ils le regrettent parfois, ils savent que retourner en arrière est impossible, alors ils tentent d’aller de l’avant …

Plus encore que les deux premiers, ce volume est incroyablement émouvant : j’ai beau l’avoir relu bien des fois et savoir ce qui m’attend, je ne peux pas m’empêcher de pleurer à chaque fois. C’est triste, c’est déchirant, c’est terrible. Que tous ceux qui croient encore que tout est toujours rose dans la littérature jeunesse lisent ce livre ! Tout semble perdu pour le Clan du Tonnerre : haï par les autres tribus pour avoir donné asile à un chat sanguinaire mais désormais incapable de survivre seul – certains guerriers sont d’avis qu’il faudrait le laisser mourir de faim au cœur des mois pour le punir de ses actes tyranniques –, affaibli par la famine et les maladies, la tribu est désormais déchirée de l’intérieur par des tensions intestines toujours plus fortes et nombreuses. Cœur de Feu n’est plus le seul à subir l’animosité de certains de ses camarades : son neveu doit lui aussi faire ses preuves, et même Plume Grise finit par être rejeté par les siens … Mais le pire reste à venir : une sombre machination va enfin éclater au grand jour … On avait beau s’y attendre, lorsque la trahison est effective, on a le souffle coupé : quelle cruauté, quelle félonie ! Ce tome est celui du basculement : il est définitivement loin, le temps de l’insouciance et de l’innocence … La suite promet d’être bien sombre ….

En bref, encore un excellent tome, où l’émotion prend temporairement le dessus sur l’action, pour mieux nous y replonger par la suite. Des revirements inattendus, des révélations surprenantes, des coups de théâtre époustouflants … C’est toujours un plaisir que de suivre les aventures de ces chats sauvages, qu’il s’agisse de l’intrigue principale ou des sous-intrigues. On se réjouit pour Nuage Cendré qui a trouvé un nouveau sens à son existence, on est triste pour elle quand elle se sent découragée. On se réjouit pour Plume Grise quand on apprend qu’il va devenir papa, mais on souffre avec lui quand arrive le plus terrible des drames. On sourit des bêtises du jeune Petit Nuage, et on a envie d’arracher les oreilles de tous ceux qui le rejettent à cause de ses origines … Des personnages attachants, une histoire captivante, une narration vivante … Voilà de quoi donner le gout de la lecture à tous les petits lecteurs amoureux des chats !

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par Aryia
La Guerre des clans, tome 2 : À feu et à sang La Guerre des clans, tome 2 : À feu et à sang
Erin Hunter   
Me voici repartie pour un énième marathon La guerre des clans ! Ma dernière tentative avait été réduite à néant par l’arrivée impromptue de plusieurs services de presse, mais cette fois-ci, pas question de me laisser interrompre par quoi que ce soit ! Je n’ai pas trop le moral ces dernières semaines, et je ne connais qu’un seul remède à cela : la lecture d’une interminable saga-doudou, parce que plus c’est long, plus c’est bon ! Cela me fait toujours un bien fou de me plonger à corps perdu dans les aventures de ces chats sauvages, d’oublier l’espace de quelques semaines les soucis et les tracas du quotidien … Et même si mes fauves de maison regardent d’un très mauvais œil mes livres – « Traitrise, notre humaine préfère des chats de papier à ses propres minous ! » –, j’aime énormément dévorer ces romans tranquillement installée à côté de mes félins domestiques : les entendre ronronner, c’est également une excellente thérapie anti-déprime !

Après avoir aidé le Clan de l’Ombre à chasser leur terrible chef, Etoile Brisée, Cœur de Feu et Plume Grise sont devenus des guerriers à part entière au sein du Clan du Tonnerre et sont chargés de retrouver et de ramener le Clan du Vent sur ses terres ancestrales. Mais la paix est loin d’être revenue sur la forêt : les tensions sont de plus en plus fortes entre les quatre tribus, les alliances se font et se défont, la guerre semble inévitable et imminente … Cependant, Cœur de Feu a bien d’autres préoccupations et inquiétudes : le lieutenant représente-t-il réellement une menace, comme le prétend son apprenti, Nuage de Jais, qui a préféré fuir plutôt que de risquer la mort à tout instant ? à quoi joue donc Plume Grise, qui s’éclipse de plus en plus régulièrement pour rejoindre une jeune chatte du Clan de la Rivière ? lui-même parviendra-t-il un jour à se sentir parfaitement chez lui au sein du Clan, maintenant qu’il a retrouvé la trace de sa sœur, Princesse ?

Plus palpitant encore que le premier opus, ce second tome est riche en rebondissements, mais également en mystères : l’intrigue est divisée en plusieurs trames parallèles qui s’entremêlent mais ne se mélangent pas. Pas moyen de s’ennuyer : tantôt la menace vient des autres Clans, tantôt elle semble émaner de l’intérieur. Cœur de Feu est tiraillé de toute part : doit-il garder le secret de son ami, Plume Grise, alors même que ses agissements risquent de mettre le Clan en péril ? comment peut-il concilier son amour pour sa sœur et sa loyauté pour sa tribu, lui qui doit sans cesse batailler pour prouver sa valeur ? comment va-t-il réussir à faire comprendre à Etoile Bleue le danger représenté par Griffe de Tigre alors qu’elle semble lui vouer une confiance aveugle ? C’est vraiment ce que j’apprécie dans cette saga : il n’y a jamais une seule ligne narrative, mais bien plusieurs sous-intrigues qui se côtoient pour s’enrichir mutuellement. C’est un livre incroyablement addictif : quand bien même on l’a déjà dévoré plusieurs fois, on ne peut pas s’empêcher d’avoir la gorge nouée et le souffle coupé à chaque débordement d’action ou d’émotion ! On a terriblement envie, et besoin, d’aller toujours plus en avant dans cette histoire bien emberlificotée !

Car, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer de la part d’un roman estampillé « jeunesse », ce livre n’a absolument rien de simpliste ou d’enfantin : complots et trahisons se mettent progressivement en place, les tensions entre les Clans se transforment en véritable guerre, des chats se battent et meurent … Ca fait froid dans le dos, parfois ! Mais dans ce livre, il est également question de la différence, de la solitude de Cœur de Feu qui se sent parfois à l’écart de son Clan : ils sont tous liés par le sang, d’une façon ou d’une autre, tandis que lui est seul. Et il souffre de ce constat … et on est triste pour lui. Car on ne peut pas s’empêcher d’aimer Cœur de Feu, si courageux, si loyal, si dévoué. On a envie qu’il réussisse, parce qu’il n’a pas une once de méchanceté dans le cœur. Il fait toujours passer les intérêts des autres avant les siens, même si cela le met souvent dans des situations délicates. Quand il va rendre visite à sa sœur, quand il rapporte son neveu au Clan afin qu’il devienne à son tour un chat des forêts, on sent qu’il veut bien faire, et on souffre de le voir ainsi rejeté alors qu’il n’a finalement besoin que d’une seule chose : une famille. J’aime beaucoup cette ambivalence, qu’on retrouve dans la série entière : d’un côté l’action, les batailles et les conflits, de l’autre l’émotion, l’amour et l’amitié.

En bref, vous l’aurez compris, ce second tome est encore meilleur que le premier ! Tandis que le premier opus faisait naitre des étincelles dans les yeux – « Je veux être un chat et rejoindre le Clan du Tonnerre, c’est trop cool ! » –, celui-ci fait basculer la série dans quelque chose de bien plus sombre, mais surtout de bien plus captivant. On le sent, l’intrigue ne fait que commencer, et la situation va s’envenimer de plus en plus avant le dénouement final, qui promet d’être bien dramatique … Mais tout n’est pas noir pour autant : l’amitié entre Cœur de Feu et Plume Grise est un fil rouge très émouvant, le lien qui se noue progressivement entre Cœur de Feu et la jeune Nuage de Sable également, sans oublier l’arrivée de Nuage Cendrée et Petit Nuage, deux chatons absolument adorables qu’on a envie de protéger de tous les dangers du monde. Des petites touches d’humour, des moments incroyablement attendrissants et bouleversants, viennent contrebalancer un peu l’obscurité qui semble se déployer sur la forêt …

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par Aryia
La Guerre des clans, tome 1 : Retour à l’état sauvage La Guerre des clans, tome 1 : Retour à l’état sauvage
Erin Hunter   
Vous le connaissez, ce plaisir de relire un livre-doudou, ce petit frisson de joie et cette chaleur qui emplit notre cœur au simple geste de sortir un roman tant aimé de l’étagère ? Ce premier tome fait indéniablement parti des livres les plus relus de mes bibliothèques : je l’ai lu bien des fois, mais toujours avec le même ravissement. Chaque redécouverte est plus merveilleuse encore que la précédente. Et à chaque fois, je me rappelle avec nostalgie la toute première fois que j’ai ouvert ce livre, assise en tailleurs dans un coin de la bibliothèque municipale, toute heureuse d’avoir trouvé un livre ayant pour personnages des chats. Je devais avoir une dizaine d’année. J’ai grandi avec cette saga, et ce premier tome a vraiment une place très particulière dans mon cœur.

Objectivement parlant, Rusty est un chaton qui a tout pour être heureux : des maitres aimants, une maison chaleureuse, des gamelles toujours remplies et des amis dans les jardins alentours. Mais en dépit de cette quiétude, Rusty ne parvient pas à se satisfaire de cette existence : du plus profond de son être, il est tiraillé par une envie irrésistible de s’aventurer dans la forêt environnante. Chaque nuit, des rêves plus saisissants et réalistes les uns que les autres l’invitent à rejoindre cette nature sauvage et libre. Le jour où, incapable de résister plus longtemps à cette curiosité, le chaton roux ose enfin s’y risquer, sa vie bascule irrémédiablement. Devenu Nuage de Feu, le félin rejoint le Clan du Tonnerre, l’un des quatre clans qui peuplent la forêt. Mais le jeune chat peine à s’investir corps et âme dans son apprentissage : le Clan de l’Ombre est plus menaçant que jamais, et Griffe de Tigre, le nouveau lieutenant du Clan du Tonnerre, semble cacher bien des secrets …

Souvent, les premiers tomes se contentent de poser le décor et de présenter les principaux protagonistes. Ici, on est bien loin de ce tome introductif parfois trop lent pour être attractif : dès le prologue, on entre immédiatement au cœur de l’action, avec une bataille opposant deux groupes de chats au sujet d’un bout de territoire, et déjà on apprend l’existence d’une prophétie envoyée par les chats d’autrefois : « Seul le feu sauvera le Clan ». Le récit est ponctué de conflits, de complots, de rebondissements et de mystères. Plus d’une fois, notre héros se demandera à qui il doit offrir sa confiance, de qui il doit se méfier, quelle décision il doit prendre : comment agir lorsque notre cœur nous pousse à enfreindre les règles qui garantissent la cohésion du Clan ? comment faire lorsqu’on est l’un des seuls à connaitre un secret aux implications cruciales mais que l’on sait que nul ne nous croira ? comment prouver sa loyauté lorsque notre raison nous pousse à aller à l’encontre du mouvement collectif ? En se confrontant à ses questions, Nuage de Feu va évoluer, déjà : à la fin de l’histoire, il n’est clairement plus le même qu’au début. Plus sage, moins insouciant.

Ce premier tome nous introduit dans un univers d’une richesse et d’une complexité incroyables : au cœur de cette forêt, qui pourrait être n’importe quelle forêt, qui pourrait être la forêt à côté de chez nous, se cachent des chats « sauvages ». Des chats organisés en Clans, des chats qui suivent un code d’honneur, le Code du Guerrier, des chats qui croient que les étoiles sont les âmes de leurs compagnons morts, des chats qui protègent leur Clan au péril de leur vie. Des chats pas si sauvages que cela, finalement. Rusty, un petit chaton domestique empli de loyauté et de courage, se retrouve plongé au cœur de cette forêt, et à travers lui, le lecteur découvre ce monde aussi fabuleux – comment ne pas rêver face à cette cohésion qui unie les membres du Clan du Tonnerre ? – que redoutable : chez les chats comme chez les humains, l’ambition et la vanité conduisent à des actes terribles et sanguinaires. Un livre jeunesse, oui, mais qui ne se cache pas derrière un nuage de douceur et de légèreté !

Ce qui rend également ce premier tome si addictif, en plus de cette intrigue à couper le souffle, c’est la narration. Elle est à la fois très descriptive – le lecteur n’a aucune difficulté à se représenter les lieux, l’ambiance, les sons et les odeurs – et très fluide. Très vivante, également : lorsque l’action se fait plus rapide, lorsque la tension monte, les phrases se font plus courtes, presque hachées, l’immersion est totale. Le vocabulaire est recherché mais reste tout de même accessible, permettant aux plus jeunes comme aux plus grands de s’y retrouver : le style n’est ni enfantin ni trop complexe, il se situe pile dans le juste milieu, ce juste milieu très délicat à trouver mais très agréable lorsqu’il est mis en œuvre. Quand j’ouvre ce roman, je sais que je ne vais pas devoir me casser la tête pour comprendre l’histoire, mais d’un autre côté, je sais que je ne vais pas m’ennuyer avec des phrases trop simplistes. Encore une fois, j’invite tous les adultes qui me lisent à ne pas se laisser rebuter par la classification jeunesse de cet ouvrage : la narration elle-même peut parfaitement convenir aux grands !

En bref, vous l’aurez compris, ce premier tome est un véritable coup de foudre littéraire : un univers original, une intrigue riche en rebondissements, des personnages hauts en couleur et une plume éblouissante, tous les ingrédients sont réunis pour captiver petits et grands lecteurs ! Le grand plus de ce récit, c’est d’être finalement assez « indépendant » : si vraiment vous n’accrochez pas à cette belle aventure, et c’est bien triste pour vous, vous pouvez parfaitement vous arrêtez après ce premier tome. En effet, ce tome introductif présente tout de même une véritable intrigue, complète et achevée : la fin peut parfaitement s’autosuffire. Alors, n’hésitez plus et procurez-vous ce premier tome : soit il vous plait et c’est parti pour la suite, soit il n’est pas pour vous et vous aurez tout de même eu le droit à une fin digne de ce nom sans avoir besoin de lire les six volumes de ce premier cycle !

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par Aryia