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Bibliothèque de Aryia : Liste de diamant

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Broken Dreams: Em & Nick, Tome 2 : Une Seconde Chance Broken Dreams: Em & Nick, Tome 2 : Une Seconde Chance
Elodie Nowodazkij   
Je me rends compte aujourd’hui à quel point il est difficile de parler d’un livre sans parler de soi par la même occasion : comme cela me l’avait fait avec In love et autres désastres, j’ai eu l’étrange sentiment qu’Une seconde chance avait été écrit spécifiquement pour moi, et comme cela me l’avait fait avec Pour toujours … jusqu’à demain, j’ai également eu la sensation qu’Une seconde chance était entré dans ma vie exactement au bon moment. Moi qui m’attendais à une simple romance sur fond de danse classique, je me suis retrouvée face à un miroir de ma propre vie, ou plutôt face à un reflet de mes questionnements, de mes doutes, de mes peurs. Ce livre est présenté comme une « leçon de vie », et c’est effectivement ce qu’il fut pour moi … Mais avant toute chose, ce livre, c’est une très belle histoire d’amour, d’amitié et de famille !

Plusieurs mois ont passé, et pourtant Emilia est toujours aussi dévastée par les événements survenus l’été précédent. Elle a beau tenter de se convaincre que tout est définitivement terminé entre Nick et elle, elle ne peut s’empêcher de souffrir lorsqu’elle le voit en compagnie d’une autre fille. Elle a besoin de lui, son meilleur ami de toujours, son petit copain d’un été. Elle a besoin de lui pour surmonter le rejet de sa mère biologique, le stress des auditions qui approchent, l’angoisse que fait naitre la santé fragile de sa grand-mère. Elle a besoin de lui, mais n’est pas certaine d’être prête à lui pardonner. Parce qu’il est parfois difficile de donner, de se donner, une seconde chance …

Petit conseil préliminaire : avant de vous lancer dans ce roman, lisez le premier tome, Un été pas comme les autres. Il est parfaitement possible de comprendre ce livre sans cela – j’en suis la preuve – mais cela sera probablement bien plus agréable pour vous ! Autre petit conseil, peut-être plus important encore : prévoyez le paquet de mouchoirs. C’est un livre atrocement émouvant, il est rare que je pleure autant devant un roman, mais là, je ne pouvais pas retenir mes larmes. Pas uniquement parce que l’histoire est triste, mais plutôt parce que l’histoire est belle. Nick et Emilia sont deux personnages très attachants. Un jeune homme malheureux comme la pierre de faire souffrir celle qu’il aime mais obligé de se plier aux exigences paternelles s’il veut voir sa scolarité financée, une jeune fille douce et gentille qui ne sait plus comment faire pour rendre son entourage fier d’elle … Deux jeunes gens qui ne savent plus vraiment quoi faire de leurs rêves, de leur vie. Mais qui sont sûrs d’une chose : c’est à deux qu’ils sont heureux.

Cela aurait donc pu être simplement une jolie romance pour adolescente comme on en trouve tellement. Mais ce livre a vraiment un petit quelque chose en plus, qui le rend unique. Déjà, il ne s’agit pas uniquement d’une histoire d’amour : il est également question d’amitié, de famille … Emilia est en quête de vérité sur ses origines : elle veut comprendre pourquoi sa mère biologique l’a abandonnée, pourquoi elle l’a rejetée avec tant de violence cet été, elle veut savoir ce que son père lui cache encore. Nick a décidé de remettre les pendules à l’heure avec son père : il refuse d’obéir plus longtemps à ses règles absurdes et entend mener sa vie comme il l’entend, choisir la petite amie qui lui plait et exercer le métier qu’il désire. Car voilà quelles sont les véritables thématiques de ce roman : l’avenir et le bonheur. Pour Nonna, la grand-mère d’Emilia, l’important est de faire de sa vie un conte de fées, de vivre avec le sourire aux lèvres, pour mourir en paix avec soi-même après une vie entière de joie.

Et pour cela, Nonna offre plusieurs conseils à sa petite fille et, par la même occasion, au lecteur : il faut se fier à son cœur et non à sa raison. Il faut aimer et pardonner. S’aimer et se pardonner. Les deux vont souvent ensemble. Emilia veut prouver au monde entier, veut se prouver à elle-même, qu’elle est capable d’être la première, la meilleure, et non pas l’éternelle seconde. Elle travaille dur, avec acharnement, et sa technique est proche de la perfection. Mais la technique ne suffit pas en danse classique : pour décrocher le premier rôle de la pièce, il va lui falloir faire la paix avec son cœur, avec ses émotions, pour les laisser transparaitre dans ses mouvements. Mais Emilia va se retrouver confrontée à une question cruciale : danser pour être la meilleure, est-ce vraiment une passion ? Je me suis retrouvée dans le perfectionnisme d’Emilia, dans son besoin maladif de faire toujours mieux, dans son insatisfaction chronique envers elle-même, et dans son incertitude quant au futur. Je ne suis pas certaine que les enseignements emplis de sagesse de Nonna vont suffire à me faire changer du tout au tout, mais je remercie chaudement l’auteur pour ces conseils avisés. A moi d’essayer de les mettre en pratique, maintenant …

En bref, vous l’aurez compris, je suis tombée amoureuse de ce livre. Des personnages incroyablement attachants avec qui on a envie d’être amis, une histoire émouvante et sympathique qui aborde pléthore de thématiques importantes : le besoin de connaitre ses origines pour se construire, les mensonges et les secrets qui empoisonnent les relations familiales, le pardon, le handicap, l’avenir professionnel, le bonheur, le deuil, l’amitié … Bien plus qu’une simple romance, ce récit invite le lecteur à suivre les deux narrateurs au cours de cette année scolaire qui va bouleverser leur vie toute entière. C’est un livre qui mêle légèreté et gravité, qui vous fait passer du rire aux larmes, qui vous prend par les tripes et qui vous fait battre le cœur un peu plus vite. Quel livre, mais quel livre ! Je pense qu’il me faudra plusieurs mois pour m’en remettre et qu’il me faudra plusieurs relectures pour assimiler la belle leçon de vie que nous donnent Emilia et Nick. Foncez, vraiment, n’hésitez pas, ce livre est une perle rare qui fait un bien fou !

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2018/07/une-seconde-chance-elodie-nowodazkij.html

par Aryia
La Bibliothèque, tome 1 : Grandir La Bibliothèque, tome 1 : Grandir
Pauline Deysson   
Pendant des années, je dois bien avouer que j’étais particulièrement réfractaire à la lecture d’autoédités. J’entendais parler de romans bourrés de fautes, sans queue ni tête, aux incohérences plus grosses les unes que les autres … Rien de très rassurant ! Et voilà que La Bibliothèque arrive dans ma vie, et que tous ces aprioris négatifs sur l’autoédition s’effacent : ce premier tome est la preuve en pages et en encres qu’autoédité peut parfaitement rimer avec qualité. En effet, je ne vais même pas attendre le cœur de la chronique pour l’annoncer : ce roman a été plus qu’un coup de cœur. Il a été une révélation, un voyage, une rencontre. Une très belle rencontre, un merveilleux voyage et une extraordinaire découverte.

Comme tous les enfants du technomonde, à l’âge de 10 ans, Emilie va passer le Test d’Aptitude pour ainsi recevoir son Revery, une machine qui lui sera personnellement accordée et qui veillera à son bien-être quotidien en la guidant et la conseillant. Mais Emilie s’interroge de plus en plus sur le monde qui l’entoure et refuse de prendre le Revery qui lui est attribué. Placée dans un Centre d’Apprentissage de l’Aptitude pour palier à cette résistance, Emilie va longuement hésiter sur la conduite à tenir … jusqu’à ce qu’une fleur de lys rentre dans sa chambre et la transporte dans la Bibliothèque. Un lieu où les livres sont des rêves, des songes à faire lire aux âmes endormies qui viennent chaque nuit s’échapper d’un quotidien peut-être pas aussi joyeux qu’on ne veut le leur faire croire. Devenue Apprentie Bibliothécaire, Emilie va ouvrir un premier livre …

Ce livre fera le régal de tous ceux qui, comme moi, aiment les récits qui ne se cantonnent pas à un genre mais qui au contraire empruntent allégrement à plusieurs genres. Le lecteur se retrouve tout d’abord plongé dans un univers dystopique merveilleusement bien construit : au sein du technomonde, sous couvert de permettre aux technocitoyens d’être heureux en réalisant le moindre de leur désir, le système enferme ces derniers dans une vie monotone de loisirs incessants où le libre-arbitre n’a pas sa place. Abrutis par les jeux vidéo qui constituent leur quotidien, les technocitoyens suivent aveuglément la masse sans même se rendre compte de ce formatage. Arrive ensuite une bonne dose de fantasy, avec l’histoire épique de la naissance de la Bibliothèque, ce lieu où sont créés et distribués les rêves en fonction des besoins de chaque âme. Et puis, dans l’aventure que vit Emilie lorsqu’elle ouvre son premier livre, de bonnes doses de fantastiques font leur apparition : les sirènes, les fées, les nymphes et autres créatures légendaires lui viennent en aide. Et ce fabuleux mélange fait de ce livre un roman unique en son genre, une histoire d’une richesse incroyable.

D’autant plus que cet ouvrage possède également de nombreux éléments le rapprochant du conte philosophique ou du récit initiatique. L’histoire que nous compte ce joli pavé de presque 500 pages, finalement, ce n’est pas uniquement l’histoire que déroule le premier livre des rêves ouvert par notre jeune Apprentie Bibliothécaire. Il est bien plus question de l’épanouissement intérieur d’Emilie, de l’évolution de sa psyché. Au début du récit, Emilie n’est encore qu’une petite fille : rebelle et curieuse, insouciante et à la pensée très manichéenne - les choses sont soit parfaitement bonnes, soit irrémédiablement mauvaises - et optimiste - le Bien, la bonté, la gentillesse, la joie, triompheront forcément. A la fin du récit, Emilie est une adolescente qui a non seulement saisi la complexité du monde et de la nature humaine, mais qui a également pris conscience de la contingence de la vie tout en ayant ouvert les yeux sur la question du bien, de la liberté, de l’éthique … De nombreuses pistes de réflexion s’ouvrent alors au lecteur. Suis-je libre lorsque je réalise mes propres désirs égoïstes ? Dois-je sacrifier le bonheur des autres pour augmenter le mien ? Quel est le sens de mon existence ? J’en passe et des meilleures.

J’avoue être particulièrement impressionnée par l’auteur. En premier lieu, elle a d’excellentes idées : qu’il s’agisse qu’il s’agisse de ce monde futuriste dominé par la satisfaction éphémère de désirs passagers jamais réellement assouvis, de cet univers hors du temps et de l’espace qu’est la Bibliothèque des rêves, ou encore des demeures féériques des Sirènes, des Fées et des habitants d’Avalon, tout est vraiment très original. Mais plus spectaculaire encore, elle a réussi à combiner toutes ces idées apparemment disparates pour former un tout cohérent et harmonieux : le risque, lorsqu’on a autant d’éléments en tête et qu’on souhaite les réunir en un seul récit, c’est de ne pas parvenir à les unifier correctement, et que cela deviennent inintelligible pour le lecteur. Pauline Deysson a su éviter ce piège : pas une seule fois je ne me suis sentie perdue ou submergée par les informations distillées progressivement. Il y a des histoires dans les histoires, des intrigues dans les sous-intrigues, et pourtant, tout s’accorde parfaitement. C’est vraiment époustouflant !

En bref, l’auteur nous propose avec ce premier tome un ouvrage merveilleusement bien construit et admirablement bien écrit (quelle plume ! c’est un vrai plaisir que de lire une narration aussi belle, aussi fluide, aussi riche !) qui happe le lecteur sans le laisser reprendre son souffle. De l’action, de l’émotion, de la réflexion, il y a vraiment de tout dans ce roman qui peut s’avérer un peu compliqué au premier abord mais dont l’intrigue coule finalement de source. C’est un vrai déchirement que de quitter tous les personnages rencontrés durant ce premier Livre, mais la fin est une véritable promesse qui permet au lecteur de surmonter cette douleur. Depuis que la dernière page s’est tournée, je n’ai plus qu’une seule hâte : avoir le second tome entre les mains pour marcher aux côtés d’Emilie dans une nouvelle aventure. Vivement …

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/09/la-bibliotheque-tome-1-grandir-pauline.html

par Aryia
Sirius Sirius
Stéphane Servant   
Cher Sirius,

Depuis l’instant où j’ai entendu parler de toi, je n’ai eu qu’une seule envie : te rencontrer. Dans mon cœur de lectrice passionnée, tu représentais la promesse inespérée d’une intense retrouvaille avec la plume de ton auteur. Ton grand frère, La langue des bêtes, avait su conquérir mon cœur, et depuis que la dernière de ses pages se fut définitivement tournée, le monde me semblait bien vide : où allais-je retrouver cette sauvage poésie, cette intense féérie, cette singularité qui m’avait tellement chamboulée ? J’ai lu de nombreux livres, depuis, ai eu de nombreux coups de cœur, aussi, mais tout au fond de moi, je t’attendais sans le savoir. Et à l’instant même où je t’ai sorti de la boite aux lettres, à la seconde même où mes yeux se sont posés sur ta si jolie couverture, j’ai su que tu allais répondre à toutes mes attentes inconscientes. Tu ne m’as pas déçue, Sirius, bien au contraire, tu m’as enchantée.

Au fil de tes pages, j’ai rencontré Avril et Kid, une grande fille et un petit garçon, deux êtres perdus au milieu d’un monde ravagé, deux étoiles isolées qui s’ignorent encore. Avril et Kid, une grande sœur et son petit frère, deux couleurs de peau différentes, deux cœurs qui s’aiment plus que tout. Avril et Kid, deux âmes perchées sur un arbre immense, un arbre ami, un arbre abri, attendant depuis cinq ans Sirius qui les conduira à la Montagne. Mais Avril et Kid vont devoir fuir, s’enfuir, quitter ce refuge, partir sur les routes, poursuivis pas les Etoiles Noires, qui surgissent du passé d’Avril pour bouleverser leur présent … et leur avenir, aussi, peut-être, si ce mot signifie encore quelque chose sur cette Terre dévastée. Et alors, Sirius vint à leur rencontre, bien différent que celui qu’ils s’attendaient à voir … Saura-t-il les conduire jusqu’à la Montagne ?

Sirius, tu nous présentes la fin du monde, la fin d’un monde. Du moins, c’est ce que l’on pense, au début : Comment le monde pourrait-il survivre si ni les plantes, ni les animaux, ni les humains, ne sont plus capables de se reproduire ? Comment la vie pourrait-elle subsister si mêmes les étoiles ne sont plus capables de rester accrochée dans le ciel ? Tu nous obliges à regarder en face ce monde ravagé, dévasté, cette Terre qui pourrait être la nôtre demain, peut-être. Mais surtout, tu nous forces à dévisager la vérité en face : lorsque tout s’effondre, lorsque les ressources s’épuisent, lorsque survivre devient un combat quotidien, alors toute trace d’humanité s’efface définitivement du cœur des hommes. Redevenus bêtes, cruels et assoiffés de sang, ils ne pensent qu’à leur propre survie sans plus jamais tendre une main charitable à plus petit que soi. Tu nous poses cette terrible question, tu ouvres cette affreuse interrogation : ne serions-nous pas, finalement, pires encore que les Zanimos que nous considérons comme inférieurs à nous ?

Sirius, avec une telle thématique - la fin du monde -, tu aurais pu être semblables aux autres romans post-apocalyptiques : un récit dramatique, qui fait peur, un récit tragique, qui accable. Mais tu n’es rien de tout cela. Tu ouvres les yeux de tes lecteurs sans pour autant les déprimer, tu les invites non pas à broyer du noir mais à chercher la lumière dans toute chose. Tu les pousses à changer de regard sur le monde qui les entoure, tu les exhortes à découvrir la Vérité qui se cache un peu partout autour de nous et en nous : nous sommes tous des Zétoiles, et nous faisons tous parti de la même Constellation. Et quand je dis « tous », je ne parle pas uniquement de nous, frères et sœurs humains en dépit de nos différences - bien que si tout le monde reconnaissait déjà cela, nous aurions fait un grand pas en avant - mais bel et bien de nous, êtres vivants, humains comme animaux, animaux comme plantes, plantes comme humains. Nous appartenons tous à la grande Constellation de la Vie, et c’est ensemble que nous pouvons faire de cette Terre un monde d’harmonie, de paix, d’amour et d’espoir.

Sirius, tu n’imagines même pas à quel point j’ai aimé te lire. Tu as fait surgir en moi des cascades d’émotions, tu m’as fait sourire, tu m’as fait pleurer, tu m’as fait trembler, tu m’as fait vibrer. Tu es tellement bien écrit, c’est dingue, c’est comme si les mots prenaient vie pour m’emmener dans un voyage, ou dans un rêve, je ne sais pas très bien. Comme si les mots n’étaient plus de simples mots, mais des étoiles, eux aussi, et que la Constellation harmonieuse et magnifique qu’ils formaient, c’était toi, ce livre que j’ai pris tant de plaisir à découvrir, à savourer. Ce livre que je relirais sûrement très régulièrement, juste pour voyager dans le monde des rêves à nouveau, juste pour retrouver Avril, Kid et ses Zanimos. Ce livre que je conseille à quiconque voudra bien m’écouter, suivre mes conseils, suivre mes pas.

Sirius, tu as été une de mes plus belles lectures de l’année. Alors je tenais à te remercier pour cela. Et à travers toi, je veux remercier ton auteur, ce Conteur qui t’a donné vie. Merci Stéphane Servant, merci infiniment pour vos livres qui, à chaque fois, font descendre toutes les Zétoiles du ciel dans mes yeux ébahis.

Merci.

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/09/sirius-stephane-servant.html

par Aryia
Noces de cendre Noces de cendre
Michel Hutt   
C’est toujours un immense bonheur pour moi que d’apprendre la sortie d’un nouveau livre de Michel. Il fait indéniablement et définitivement partie de ces auteurs dont je guette avec attention la moindre parution … et pour être parfaitement honnête, dans le cas de Michel Hutt, c’est tout autant pour le plaisir de la lecture que pour la joie d’aller bavarder avec lui lors de la traditionnelle dédicace de lancement à la librairie de la vallée ! Qui a dit que l’écriture et la lecture étaient des activités solitaires ? Je pense au contraire que ces deux occupations ont une immense dimension sociale, et qu’à travers l’objet-livre peut se créer une véritable et merveilleuse dynamique faite de rencontre, de partage et de dialogue. Bref, tout cela pour dire que ce roman, que la couverture à elle seule suffit à rendre magnifique, a fait mon bonheur avant même d’atterrir entre mes mains, ce n’est pas beau cela ?

1923. Emile, jeune marcaire alsacien, débarque à Paris, un précieux paquet sous le bras et l’air complétement perdu. Missionné par les paysans de la vallée de Munster pour aller présenter ses fromages fermiers à la Foire agricole, le jeune homme est bien loin de se douter que cette courte excursion dans la capitale allait bouleverser sa vie entière. Généreux et spontané, il ouvre son cœur et son soutien à Violette et Lucie, deux demoiselles croisées au cours de ces quelques jours loin de chez lui. Mais son affection et son amitié pour ces deux jeunes filles malmenées par la vie se disputent à l’amour sincère et timide qu’il entretient pour Emma, qu’il connait depuis l’enfance et qui ne tarde pas à devenir sa fiancée. Afin de ne pas froisser sa susceptible et sensible promise, Emile préfère taire ses rencontres et dissimuler à la fois les lettres qu’il reçoit de Lucie et son inquiétude quant au devenir de Violette …

A travers cet ouvrage, Michel Hutt évoque des thématiques universelles et intemporelles : l’éternelle contradiction entre sens du devoir et cri du cœur, le poids des secrets qui éclatent au grand jour, les conséquences des malentendus et des médisances des jaloux … Presque un siècle nous sépare d’Emile, pourtant, force est de constater qu’aujourd’hui encore les choses sont toujours les mêmes : pour de multiples raisons, plus ou moins valables, on dissimule tout ou partie de la vérité. Bien souvent, même, c’est pour éviter de faire du mal que l’on se tait … mais n’y aurait-il pas, dans chaque secret farouchement défendu, une part de culpabilité et d’égoïsme ? Soit on cherche à cacher ses torts, soit au contraire on veut garder pour nous-seuls des souvenirs que l’on ne peut s’empêcher de chérir en dépit de la morale qui nous invite à les condamner. Et voilà que les cachotteries, telles des araignées, tissent leur toile et attendent patiemment le bon moment pour attaquer. Et alors, les conséquences sont terribles …

Il ne faut en effet pas se voiler la face : Noces de cendre n’est pas un roman joyeux. Dès les premiers chapitres, en dépit de l’excitation difficilement contenue de ce jeune homme ébahi par la capitale et empli de fierté par sa mission, tout annonce un récit aussi émouvant que bouleversant. Tout comme Emile, on ne peut qu’être touché au plus profond de notre âme par les malheurs de Violette et Lucie, et on comprend ainsi aisément son désir de les protéger, de les aider, de les aimer, ainsi que son besoin de prendre de leurs nouvelles. On ne peut également qu’être touché par les mésaventures d’Emile, par sa maladresse, par ses difficultés de parcours, par sa sensibilité. Emile, c’est un peu toi, un peu moi, un peu tout le monde finalement : comme lui, nous sommes lâchés dans un monde aux règles cruelles et douloureuses, un monde auquel nous ne sommes pas prêts à nous confronter, un monde où le moindre faux pas, la moindre erreur, peut se transformer en véritable étincelle qui risque à tout instant de faire exploser la dynamite de notre existence.

Ce roman, donc, est une tragédie. Et comme toute bonne tragédie qui se respecte, Noces de cendre parle du destin, ce destin implacable contre lequel il semble impossible de se battre ou se révolter. Il parle aussi du bonheur, ce bonheur qui à lui-seul constitue la quête la plus difficile de l’homme, ce bonheur qui ne se laisse pas si facilement attraper et qui menace à chaque seconde de s’évader. Il parle aussi, bien évidemment, de l’amour. De l’amour dans tout ce qu’il a de plus dramatique, de plus cruel. Mais ce roman, il parle aussi de la vie, et plus exactement, de l’importance de nos expériences, bonnes comme mauvaises, dans notre existence. Je vous invite à vous poser une question, une seule : qu’est-ce qui a fait de vous l’homme ou la femme que vous êtes aujourd’hui ? Quels sont les événements, les rencontres, les choix, qui ont conduit votre existence à emprunter la voie qui vous a mené jusqu’ici ? Peut-être vous rendrez vous ainsi compte qu’une décision que vous avez prise, et qui vous a semblé sur le moment tellement malheureuses que vous auriez tout donné pour revenir en arrière, a finalement eu un impact positif dans votre vie, sans que vous ne sachiez pourquoi ni comment. Tout ce que nous vivons, jour après jour, est le terreau de notre avenir. Belle leçon de vie.

Je pourrais vous parler pendant des heures encore de ce récit magnifique, de cette histoire bouleversante, de ce roman captivant, mais je pense qu’il est désormais temps de conclure. Je me rends compte que je n’ai finalement que très peu parlé des personnages, de la narration, de l’intrigue … Mais il me semblait bien plus important de vous montrer que derrière ce résumé somme tout si classique - une histoire d’amour contrariée par un secret - se cache une histoire d’une grande profondeur et surtout d’une grande beauté. Même si j’ai beaucoup pleuré en le lisant, particulièrement à la fin - mais fournissez-donc les mouchoirs avec le livre j’ai déjà dit ! -, je vous le recommande plus que chaudement. Ce roman, je vous l’assure, ne vous décevra pas. Vous découvrirez en prime le quotidien des marcaires de la vallée de Munster, la plus belle vallée du monde - au moins (et je ne dis absolument pas cela parce que j’habite dans le village-même où prend place l’intrigue) !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/09/noces-de-cendre-michel-hutt.html

par Aryia
La Sublime Communauté, Tome 1 : Les Affamés La Sublime Communauté, Tome 1 : Les Affamés
Emmanuelle Han   
J’ai toujours été contre cette classification systématique des romans dans des genres et sous-genres. Pourquoi ? Tout simplement parce que parfois, il est difficile de définir avec précision le genre d’un livre, mais la folie de l’étiquetage qui caractérise notre société conduit tout de même éditeurs et libraires à rattacher chaque livre à un unique genre. Vous êtes très probablement en train de vous demander où va mener ce récriminatoire contre la répartition systématique des romans, et surtout ce qu’il vient faire dans une chronique littéraire. Eh bien, tout simplement, comme je l’expliquerai plus en détail un peu plus tard, car à mes yeux, ce roman n’est ni de la science-fiction ni du fantastique, mais bien un savant et équilibré mélange entre les deux, et il n’a donc au final sa place ni dans l’un ni dans l’autre. C’est une erreur que de vouloir le faire rentrer dans l’une ou l’autre case, car c’est justement cette association subtile et innovante qui donne son charme à cet ouvrage !

Tupà, quinze ans, a été élevé par une tribu d’Amérique latine soucieuse des traditions ancestrales. Ekian, treize ans, a quant à elle grandi au cœur de l’Himalaya. Ashoka, sept ans, a toujours vécu au Palais du Roi des Intouchables en Inde. Tous les trois n’ont jamais connu leurs parents biologiques, arrachés à leur famille respective à l’âge de huit mois pour être « transplantés » afin que leur destin soit modifié. Mais par qui ont-ils été transplantés, et dans quel objectif ? Comment ces trois jeunes âmes, séparées par des milliers de kilomètres, peuvent-elles être liées ? Dans un monde en perdition, où règnent la misère et la mort et où le seul espoir réside dans ces Portes qui apparaissent intempestivement pour mener vers d’autres Mondes, nos jeunes héros vont partir en quête de réponses qui risquent de bouleverser à jamais leur existence.

Au premier abord, nous nous trouvons donc en présence d’un récit apocalyptique : une Terre à l’agonie, des populations entières d’Affamés souffrant d’un étrange mal … Très rapidement, l’auteur parvient à plonger le lecteur dans cette ambiance de fin du monde, dans cette ambiance de catastrophe. Il n’y a qu’à fermer les yeux et laisser son imagination vagabonder quelques minutes pour ressentir ce désespoir, cette détresse, pour se laisser envahir par ce sentiment d’urgence et de peur. Alors, au milieu de ce chaos qu’est la Terre de ce livre, s’ouvrent des Portes. Des Portes qui apparaissent sans que nul ne sache comment, et qui mèneraient vers de nouveaux Mondes. Déjà ici, on ne sait pas trop si on se situe plus dans de la science-fiction ou du fantastique. Certains y voient de la dystopie, surement du fait des Guetteurs et des Passeurs qui semblent organiser ces passages à travers les Portes en promettant une vie meilleure, mais en tant que puriste, je ne suis pas vraiment d’accord. Quant au fantastique, il est particulièrement présent dans les chapitres consacrés à Ekian, avec les Etincelants, avec toutes ces légendes qui semblent prendre vie, par exemple.

Que dire sur ce roman pour donner envie de le lire - parce que croyez-moi, il vaut le détour ! - sans en dévoiler trop (ce qui équivaudrait à gâcher la surprise) ? Je peux vous affirmer que ce livre, il va vous faire voyager aux quatre coins du monde sans que nous n’ayez à bouger de chez vous. Les descriptions des paysages sont à couper le souffle : même sans avoir jamais visité ni le Sahara, ni l’Inde ni les forêts sud-américaines, j’avais le sentiment de pouvoir toucher du doigt la beauté profonde de ces pays. Pour tout vous avouer, cela m’a presque donné envie de partir dans le Sahara algérien à la recherche de la famille de mon grand-père paternel, comme si la plume d’Emmanuelle Han résonnait avec mes gènes ! Ce livre, il va également attiser votre curiosité, des dizaines de questions, d’hypothèses et de suppositions vont tour à tour s’imposer à votre esprit … Des questions dont les réponses arrivent au compte-goutte, ce qui peut être frustrant pour les amoureux de l’action, mais captivant pour ceux qui, au contraire, comme moi, aiment les intrigues et contextes qui se mettent progressivement en place.

Car je vais être parfaitement honnête avec vous : ce tome d’introduction a surtout vocation à nous présenter ces trois personnages et à poser les bases de ce monde en pleine déchéance ainsi que celles de ces passages vers d’autres Mondes. Même s’il y a une bonne dose d’action, de rebondissements et de révélations, l’auteur a tout misé sur la lenteur : sans précipitation, elle mêle habilement informations sur leur enfance, rappelant régulièrement leur statut d’orphelin détonnant dans le milieu dans lequel ils grandissent - tel Ashoka, enfant blanc au cœur des Intouchables - et surtout, distillant ici et là des indices sur les Portes, les Passeurs, les Guetteurs, et surtout, sur le statut si particulier de ces enfants Transplantés, sur leur rôle dans toute cette affaire. Même si ce tome introductif apporte plus de questions que de réponses, il est à mes yeux une véritable petite merveille à lui tout seul : l’auteur fait vivre les légendes, fait vibrer notre cœur et notre âme à l’unisson avec ces trois enfants livrés à eux-mêmes dans un monde hostile dans lequel ils ne savent où est leur place.

En bref, avec ce premier tome, Emmanuelle Han nous offre un roman particulièrement prometteur qui m’a littéralement enchantée ! Des personnages attachants mais surtout absolument réalistes qui semblent être prêts à sortir du livre pour vivre devant nos yeux ébahis, une plume magnifique qui fait voyager et vibrer, une intrigue captivante qui mêle habilement le récit apocalyptique, les légendes et la science-fiction … Personnellement, je ne pouvais qu’être conquise par ce gros roman qui se dévore d’une traite ! Pour la première fois depuis des années, j’ai sorti la lampe de poche pour lire en pleine nuit, cachée sous la couette, prête à me recoucher en catastrophe si quelqu’un bougeait dans la maison. Je ne pouvais pas m’arrêter ! Alors je n’ai qu’une seule chose à dire : foncez dans votre librairie de proximité dès le 4 octobre pour vous procurer cette merveille !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/09/la-sublime-communaute-tome-1-les.html

par Aryia
Talitha Running Horse Talitha Running Horse
Antje Babendererde   
Il me semble l’avoir déjà dit, mais Antje Babendererde fait indéniablement partie de mes auteurs préférés, bien qu’elle n’ait écrit que très - trop - peu de livres. Après avoir relu des dizaines de fois Lune indienne et Le chant des orques, c’est avec un énorme plaisir que j’ai appris la traduction en français de Talitha Running Horse, et je me le suis procuré dès que j’ai pu. Je dois bien avouer qu’il a patienté bien des mois dans ma pile à lire, puisque j’attendais d’être en vacances pour le lire, afin de le savourer pleinement, mais c’est maintenant chose faite et … que je regrette de l’avoir lu, je n’ai désormais plus aucun roman d’Antje à découvrir et c’est un véritable supplice ! J’espère du fond du cœur que Bayard va continuer la traduction de ses ouvrages, qui sont de véritables perles littéraires !

Talitha a treize ans et vit avec son père au sein de la réserve de Pine Ridge, dans une petite caravane bien délabrée, attendant avec impatience le jour où ils pourront enfin construire une petite maison sur les terres qui leur appartiennent. Malgré la précarité dans laquelle elle évolue et la haine de ses camarades face à son statut de métisse, Talitha ne se considère pas comme malheureuse : elle a un père formidable, une meilleure amie fantastique, un don pour le dessin et une passion pour les chevaux. Aussi, rien ne la rend plus heureuse que d’apprendre que les nouveaux voisins de son horrible tante possèdent des chevaux, qu’ils l’autorisent à venir les voir autant qu’elle le souhaite, et qu’ils acceptent même de lui apprendre à monter. Elle tombe sous le charme d’une pouliche promis à une destinée exceptionnelle selon les croyances lakotas, mais aussi sous celui du Neil, le fils ainé de la famille. Son bonheur est total, jusqu’à ce que leur caravane soit frappée par la foudre et que tous ses rêves se brisent dans l’incendie qui s’ensuit …

Comme la plupart des ouvrages d’Antje Babendererde, ce roman plonge le lecteur au cœur d’une réserve indienne et l’invite à découvrir le quotidien des Lakotas d’aujourd’hui. Une vie en perpétuel équilibre entre les obligations de la vie « moderne » et le respect des coutumes et croyances traditionnelles, une existence rythmée autant par les considérations matérielles que par les exigences spirituelles et morales héritées du passé. Mais ce roman nous montre également que cet héritage ancestral ne se limite pas aux festivités et cérémonies dansantes et joyeuses qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on évoque la culture amérindienne : les Lakotas célèbrent aussi les périodes les plus sombres de leur histoire, par de longues processions à cheval sur les pas de leurs ancêtres abattus par les soldats Blancs. Et cette haine des Blancs, cette rancune à l’encontre des chefs pacifiques qui ont préféré la signature d’un accord à la poursuite de la guerre, se transmet, elle aussi, et attise aujourd’hui encore des tensions qui séparent progressivement la tribu. Talitha, bien malgré elle, devint ainsi le souffre-douleur de son école parce que sa mère était une Blanche, elle qui respecte pourtant bien plus les traditions que nombre de ses camarades. Ce roman nous conte la douleur d’un peuple meurtri qui peine à pardonner aux descendants de leurs bourreaux.

Mais ce roman, c’est aussi l’histoire du passage de l’enfance à l’adolescence, cette transition délicate où tous nos repères s’effondrent, où notre corps se transforme, où nos rêves se heurtent à la terrible réalité et où notre sensibilité est mise à rude épreuve. Avec énormément de finesse, de justesse et de délicatesse, Antje Babendererde nous invite à suivre Talitha dans cette étape difficile. Car Talitha a beau être une jeune fille courageuse et débrouillarde, elle n’en reste pas moins une adolescente sensible et innocente, qui se rend compte avec douleur que la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais un torrent déchainé, que nos choix ne sont pas sans conséquences et que nos souhaits doivent affronter de nombreux obstacles pour se réaliser. L’adolescence, c’est l’époque des premiers amours, des premiers désirs qu’on ne sait comment exprimer, des premiers élans du cœur qu’on ne sait comment combler. C’est l’époque de toutes les maladresses et de toutes les peines. Comme toujours avec Antje Babendererde, ce roman est une véritable source à émotions : on se réjouit avec Talitha, on est triste face à son chagrin, on espère et on frissonne avec elle. On se sent très proche de Talitha, et c’est un vrai bonheur que d’avoir fait ce bout de chemin en sa compagnie.

En bref, Antje Babendererde nous prouve une fois de plus que la classification « jeunesse » ne rime absolument pas avec « faiblesse », mais plutôt avec « richesse » : bien loin d’être un roman « simpliste » ou « futile », Talitha Running Horse est au contraire une histoire profonde et intense, qui appelle à des réflexions sur le pardon et l’acceptation de la différence, sur l’adolescence et ses désillusions, mais aussi sur l’importance du dialogue dans une famille, sur la responsabilité, sur l’espoir et l’amitié. Un roman que je conseille à tous les amoureux de la culture amérindienne, mais aussi à tous les passionnés de chevaux (je n’en ai pas parlé car ma chronique est déjà assez longue, mais les chevaux ont une place centrale dans ce récit) et à ceux qui aiment les belles histoires d’amour et d’amitié. Un roman que je relirai avec grand plaisir !

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par Aryia
La Guerre des clans, tome 1 : Retour à l’état sauvage La Guerre des clans, tome 1 : Retour à l’état sauvage
Erin Hunter   
Vous le connaissez, ce plaisir de relire un livre-doudou, ce petit frisson de joie et cette chaleur qui emplit notre cœur au simple geste de sortir un roman tant aimé de l’étagère ? Ce premier tome fait indéniablement parti des livres les plus relus de mes bibliothèques : je l’ai lu bien des fois, mais toujours avec le même ravissement. Chaque redécouverte est plus merveilleuse encore que la précédente. Et à chaque fois, je me rappelle avec nostalgie la toute première fois que j’ai ouvert ce livre, assise en tailleurs dans un coin de la bibliothèque municipale, toute heureuse d’avoir trouvé un livre ayant pour personnages des chats. Je devais avoir une dizaine d’année. J’ai grandi avec cette saga, et ce premier tome a vraiment une place très particulière dans mon cœur.

Objectivement parlant, Rusty est un chaton qui a tout pour être heureux : des maitres aimants, une maison chaleureuse, des gamelles toujours remplies et des amis dans les jardins alentours. Mais en dépit de cette quiétude, Rusty ne parvient pas à se satisfaire de cette existence : du plus profond de son être, il est tiraillé par une envie irrésistible de s’aventurer dans la forêt environnante. Chaque nuit, des rêves plus saisissants et réalistes les uns que les autres l’invitent à rejoindre cette nature sauvage et libre. Le jour où, incapable de résister plus longtemps à cette curiosité, le chaton roux ose enfin s’y risquer, sa vie bascule irrémédiablement. Devenu Nuage de Feu, le félin rejoint le Clan du Tonnerre, l’un des quatre clans qui peuplent la forêt. Mais le jeune chat peine à s’investir corps et âme dans son apprentissage : le Clan de l’Ombre est plus menaçant que jamais, et Griffe de Tigre, le nouveau lieutenant du Clan du Tonnerre, semble cacher bien des secrets …

Souvent, les premiers tomes se contentent de poser le décor et de présenter les principaux protagonistes. Ici, on est bien loin de ce tome introductif parfois trop lent pour être attractif : dès le prologue, on entre immédiatement au cœur de l’action, avec une bataille opposant deux groupes de chats au sujet d’un bout de territoire, et déjà on apprend l’existence d’une prophétie envoyée par les chats d’autrefois : « Seul le feu sauvera le Clan ». Le récit est ponctué de conflits, de complots, de rebondissements et de mystères. Plus d’une fois, notre héros se demandera à qui il doit offrir sa confiance, de qui il doit se méfier, quelle décision il doit prendre : comment agir lorsque notre cœur nous pousse à enfreindre les règles qui garantissent la cohésion du Clan ? comment faire lorsqu’on est l’un des seuls à connaitre un secret aux implications cruciales mais que l’on sait que nul ne nous croira ? comment prouver sa loyauté lorsque notre raison nous pousse à aller à l’encontre du mouvement collectif ? En se confrontant à ses questions, Nuage de Feu va évoluer, déjà : à la fin de l’histoire, il n’est clairement plus le même qu’au début. Plus sage, moins insouciant.

Ce premier tome nous introduit dans un univers d’une richesse et d’une complexité incroyables : au cœur de cette forêt, qui pourrait être n’importe quelle forêt, qui pourrait être la forêt à côté de chez nous, se cachent des chats « sauvages ». Des chats organisés en Clans, des chats qui suivent un code d’honneur, le Code du Guerrier, des chats qui croient que les étoiles sont les âmes de leurs compagnons morts, des chats qui protègent leur Clan au péril de leur vie. Des chats pas si sauvages que cela, finalement. Rusty, un petit chaton domestique empli de loyauté et de courage, se retrouve plongé au cœur de cette forêt, et à travers lui, le lecteur découvre ce monde aussi fabuleux – comment ne pas rêver face à cette cohésion qui unie les membres du Clan du Tonnerre ? – que redoutable : chez les chats comme chez les humains, l’ambition et la vanité conduisent à des actes terribles et sanguinaires. Un livre jeunesse, oui, mais qui ne se cache pas derrière un nuage de douceur et de légèreté !

Ce qui rend également ce premier tome si addictif, en plus de cette intrigue à couper le souffle, c’est la narration. Elle est à la fois très descriptive – le lecteur n’a aucune difficulté à se représenter les lieux, l’ambiance, les sons et les odeurs – et très fluide. Très vivante, également : lorsque l’action se fait plus rapide, lorsque la tension monte, les phrases se font plus courtes, presque hachées, l’immersion est totale. Le vocabulaire est recherché mais reste tout de même accessible, permettant aux plus jeunes comme aux plus grands de s’y retrouver : le style n’est ni enfantin ni trop complexe, il se situe pile dans le juste milieu, ce juste milieu très délicat à trouver mais très agréable lorsqu’il est mis en œuvre. Quand j’ouvre ce roman, je sais que je ne vais pas devoir me casser la tête pour comprendre l’histoire, mais d’un autre côté, je sais que je ne vais pas m’ennuyer avec des phrases trop simplistes. Encore une fois, j’invite tous les adultes qui me lisent à ne pas se laisser rebuter par la classification jeunesse de cet ouvrage : la narration elle-même peut parfaitement convenir aux grands !

En bref, vous l’aurez compris, ce premier tome est un véritable coup de foudre littéraire : un univers original, une intrigue riche en rebondissements, des personnages hauts en couleur et une plume éblouissante, tous les ingrédients sont réunis pour captiver petits et grands lecteurs ! Le grand plus de ce récit, c’est d’être finalement assez « indépendant » : si vraiment vous n’accrochez pas à cette belle aventure, et c’est bien triste pour vous, vous pouvez parfaitement vous arrêtez après ce premier tome. En effet, ce tome introductif présente tout de même une véritable intrigue, complète et achevée : la fin peut parfaitement s’autosuffire. Alors, n’hésitez plus et procurez-vous ce premier tome : soit il vous plait et c’est parti pour la suite, soit il n’est pas pour vous et vous aurez tout de même eu le droit à une fin digne de ce nom sans avoir besoin de lire les six volumes de ce premier cycle !

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par Aryia
Les Recycleurs Les Recycleurs
Michel Hutt   
Quand j’ai appris qu’il y allait avoir un deuxième tome au fabuleux (mais trop peu connu malheureusement) Cri du Colibri, j’ai commencé à danser la samba, la salsa et même le tango dans ma chambre, trébuchant toutes les deux secondes contre un sac ou une pile de livres sans-étagère-fixe. J’avais littéralement adoré le premier volume, au point de ne pas réussir à en écrire une chronique digne de ce nom (ceci devrait d’ailleurs être réglé très prochainement : une relecture du Cri du Colibri s’impose et une actualisation de la chronique devrait donc suivre) tellement l’émotion était forte. Je dois bien vous admettre que la rédaction de cet article n’est pas vraiment plus facile : l’auteur pourra vous le confirmer (un petit coucou à Michel s’il passe par là !), mon agitation post-lecture était assez impressionnante. Je vous explique ça en détail un peu plus bas, ne vous inquiétez pas !

Il y a quatorze ans de cela, la Grande Crise déclenchée par un choc boursier considérable a ravagé l’Europe. Pour survivre suite au désengagement de l’Etat et des aides humanitaires et en dépit des pénuries d’énergie, il a fallu s’organiser différemment. Tandis qu’à Mulbach, petit village alsacien niché au pied des Vosges, une véritable communauté basée sur « l’autonomie, la sobriété heureuse, la solidarité et la collégialité » s’est progressivement mise en place, les Confréries de Recycleurs sillonnent les routes afin d’offrir leurs services d’artisans spécialisés à qui accepte d’accueillir leur campement itinérant. Léo est Aspirant dans la Confrérie des Amandiers, mais son attention est actuellement plus attirée par Clara, la fille de la Patriarche, que par son passage imminent au statut de Novice … A Muhlbach, l’harmonie de la petite famille de Léa se voit ébranlée par le retour inattendu d’une vieille connaissance, tandis que le questionnement se fait de plus en plus fort au sein de la collectivité : que se passe-t-il au-delà des limites de la plaine d’Alsace ?

La grande particularité de ce deuxième tome, c’est qu’il se déroule quatorze ans après les événements du premier volume : les ellipses temporelles aussi longues, ça ne court pas les rues, pour la simple et bonne raison que c’est assez délicat à gérer. Il faut apporter suffisamment d’informations pour que le lecteur comprenne les événements qui se sont déroulés entre temps sans pour autant le submerger ou l’embrouiller. Il faut trouver l’équilibre, le juste milieu, le bon dosage … Monsieur Hutt est un alchimiste hors pair ! Les explications qu’il nous donne, autant sur la transformation de la société suite à la Grande Crise que sur les changements dans la vie des personnages, réunissent parfaitement ces deux exigences : pas une seule fois on se dit « Mince, mais comment ils en sont arrivés là, ce n’était pas comme ça à la fin du premier !? », mais on ne se dit pas non plus « Non mais c’est bon, on a compris, pas besoin d’épiloguer là-dessus pendant trois pages ! ». Non, on se laisse porter par ces renseignements bienvenus et bien menés, on les boit comme du petit lait !

L’autre caractéristique de ce roman, c’est sa double narration : nous suivons alternativement les pérégrinations de Léo, adolescent impliqué dans une caravane de Recycleurs parcourant la France pour offrir services et divertissements, et le quotidien mouvementé des habitants de Muhlbach, qui commencent progressivement à ressentir le besoin de savoir à quoi ressemble le monde. Petit à petit, ces deux intrigues parallèles convergent l’une vers l’autre, se répondent et s’entremêlent pour former un scénario des plus captivants. Parce qu’avant toute chose, ce récit est justement cela : une histoire passionnante, émouvante, parfois dramatique et tragique, mais toujours illuminée par cette formidable lueur d’espoir qui brule à l’intérieur de chacun des personnages. Et quels personnages ! A eux seuls, ils font toute la force et la richesse de ce roman : leur personnalité profondément humaine, leurs qualités et leurs défauts, leurs joies et leurs peines les rapprochent du lecteur, qui peut ainsi très facilement s’identifier à l’un ou à l’autre et vivre ainsi plus intensément le récit.

Mais ce livre est bien plus qu’une simple fiction destinée à faire rire ou pleurer le lecteur au gré des rebondissements de l’intrigue. Ce livre met en avant, avec beaucoup de finesse, par l’intermédiaire de la Chartre de la Confrérie des Amandiers ou celui du fonctionnement harmonieux du petit village alsacien, un certain nombre de valeurs qui font cruellement défaut à notre société de consommation et d’hyper-numérisation : le partage, la solidarité, l’échange et la confiance mutuelle. A cela s’ajoute également la présentation d’un mode de vie basé sur le respect des ressources naturelles, l’autosuffisante alimentaire, la modération dans la consommation d’énergie, mais également la coopération, la communication et la participation de chacun au bien-être de tous. Avec une lucidité rare, l’auteur expose les bienfaits de cette organisation sociale, mais aussi les difficultés que peut rencontrer la mise en place et le maintien de ce genre d’initiatives. L’équilibre est toujours fragile, et il suffit parfois de bien peu de choses pour que les mauvaises habitudes reprennent le dessus … cela, ce livre le montre aussi, dans une fin aussi grandiose que bouleversante, qui ouvre la porte à une impatience extrême : « A quand la suite ?! ».

En véritable conteur et fabuliste moderne, Michel Hutt nous offre une fois de plus un roman d’une richesse inouïe, aux messages multiples et à la narration éblouissante. Construit autour d’une famille aussi hétéroclite que soudée, ce récit s’ouvre à une ribambelle de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, qui témoignent chacun à leur manière de la dynamique qui anime la vie. Ode à la camaraderie et à la fraternité, à l’entraide et à la solidarité, mais aussi à l’amour et à l’amitié, cette histoire est une véritable bouffée d’air frais : si le découragement et les tracas semblent parfois prendre le dessus sur l’optimisme et la joie, tout fini toujours par s’arranger lorsqu’on s’appuie les uns sur les autres. A plusieurs, le monde est définitivement bien plus agréable à habiter !

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par Aryia
La Guerre des Clans, HS n°2 : La Prophétie d'Étoile Bleue La Guerre des Clans, HS n°2 : La Prophétie d'Étoile Bleue
Erin Hunter   
On me demande parfois sur quels critères je m’appuie pour affirmer qu’un livre est bon ou non. Alors déjà, rappelons-le, tout est une question de ressenti personnel : il arrive, tout simplement, qu’une histoire résonne en nous, sans que l’on ne comprenne pourquoi ni comment. Toutefois, s’il y a bien une chose qui, je le sais, fait pencher mon cœur de lectrice vers le coup de cœur, c’est bien la charge émotionnelle du récit : plus le roman est prenant, saisissant, poignant, plus il aura des chances de me plaire. Je suis une grande sensible qui aime être bouleversée par mes lectures ! Vous allez donc rapidement comprendre pourquoi ce troisième hors-série de la saga La guerre des clans est un véritable coup de foudre littéraire.

Dès sa première sortie hors de la pouponnière, Petit Bleuet s’est promis de servir ardemment le Clan du Tonnerre. A cette promesse de chaton enthousiaste vient s’ajouter le poids aussi exaltant que pesant d’une prophétie énoncée par l’étrange guérisseur qui lui sert d’oncle : tel le feu, elle est destinée à illuminer la forêt, mais comme le feu, elle doit craindre l’eau qui la détruira. Et alors qu’elle tente encore de comprendre le sens de ces bouleversantes paroles, les souffrances s’abattent sur elle tandis qu’un terrible dilemme s’offre à elle : doit-elle suivre son cœur ou sa raison ?

La vie d’Etoile Bleue est une tragédie. Plus encore que celles de Croc Jaune ou d’Etoile Balafrée, racontées dans les hors-séries précédents, l’existence d’Etoile Bleue est placée sous le signe de la perte. Perte de la mère, d’abord. Une mort inadmissible et traumatisante qui laisse la jeune chatte aussi désemparée et perdue qu’un nouveau-né. La perte de la sœur, ensuite. Une mort brutale qui sonne définitivement la fin de l’insouciance face au poids d’une responsabilité nouvelle. Enfin, la perte d’un enfant. Une mort tout simplement impensable qui déchire le cœur de la jeune guerrière. Comment continuer à vivre en portant en soi autant de chagrin et de culpabilité ? Comment garder la tête hors de l’eau quand l’immense vague de la peine menace de tout engloutir sur son passage ?

Poussée par son sens aigu du devoir et par sa volonté farouche de servir son Clan, Lune Bleue se retrouve confrontée à des choix terribles et terrifiants qui poussent le lecteur à s’interroger en même temps qu’elle. Est-il légitime de renoncer à son propre bonheur pour le bien de tout un Clan ? L’altruisme extrême est-il forcément préférable à l’égoïsme ordinaire ? Par amour et loyauté pour les siens, Etoile Bleue a tout perdu sans rien gagner en retour. On l’admire pour sa volonté, son courage et son sens de l’honneur, on la plaint pour toutes les souffrances et les peines qu’elle a dû endurer. Sans jamais surmonter toutes ces pertes, Etoile Bleue a accepté de vivre avec leur fardeau pour le bien des autres.

Contrairement aux deux premiers hors-séries qui se présentaient comme de réelles préquelles, celui-ci est plutôt à ranger dans la catégorie des flashbacks : le prologue consiste en une reprise, sous un point de vue différent, de l’ultime chapitre du cinquième tome. Ce qu’on y apprend ensuite développe ce que l’on découvre progressivement au cours du premier cycle. Pour cette raison, il me semble indispensable de découvrir ce hors-série après avoir pris connaissance de ces six volumes. Toutefois, pour les relectures chronologiques, comme celle qui m’occupe actuellement, le lire avant le premier tome est grandement intéressant : le dernier chapitre de ce hors-série appelle inévitablement à enchainer avec l’histoire de Rusty, chaton domestique au pelage flamboyant qui semble promis à un destin exceptionnel …

En bref, vous l’aurez compris, cet énorme hors-série (on frôle les six-cent pages !) est tout simplement bouleversant. Il pose de grandes questions, il présente avec beaucoup de finesse les émotions d’une jeune chatte aussi forte que fragile, il fait pleurer et trembler … De plus, ce hors-série nous propose également d’en savoir un peu plus sur d’autres personnages qui auront un rôle à jouer dans le cycle à venir. Je pense à Griffe de Tigre, dont on comprend un peu mieux la noirceur et la hargne, je pense à Tornade Blanche, dont on découvre avec surprise l’arbre généalogique, je pense à Petite Feuille, qui montre déjà une grande compassion et douceur. Un bel hors-série qui apporte donc énormément au lecteur passionné de cet univers !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/04/la-guerre-des-clans-hors-serie-la_12.html

par Aryia
La Guerre des Clans, HS n°4 : La Promesse de l'Élu La Guerre des Clans, HS n°4 : La Promesse de l'Élu
Erin Hunter   
Mon marathon La Guerre des Clans se poursuit tranquillement avec ce second hors-série. Un gros pavé de plus de cinq-cents pages qui fait un peu peur au début (les tomes « normaux » tournent autour de trois-cents pages uniquement) mais qui se dévore en une seule bouchée. Sans indigestion, en plus ! Et surtout, c’est un hors-série qui apporte quelque chose à l’histoire : il n’est pas uniquement là pour faire joli, pour ajouter un volume à la saga, mais vraiment pour fournir des informations supplémentaires au lecteur. Et rien que pour cela, avant même de vous parler de l’histoire à proprement parler, je vous conseille vraiment de vous lancer dans la lecture des hors-séries de La Guerre des Clans si vous appréciez cette saga !

Petite Tempête et son frère Petit Chêne sont nés un jour d’orage, et cette naissance exceptionnelle leur promet une destinée extraordinaire. Intrépides comme le sont tous les chatons, les deux frères se voient déjà à la tête de leur Clan. Mais voilà qu’un terrible accident survient et vient briser tout ce bel avenir rêvé. Petite Tempête, défiguré, se voit renommer Petite Balafre par sa mère, qui ne se préoccupe plus de lui maintenant qu’il n’est plus l’adorable petit guerrier en herbe dont elle était si fière. Esseulé et prêt à tout pour retrouver le respect de son Clan, le chaton va conclure un terrible serment avec une chatte mystérieuse descendue des étoiles pour le guider dans l’accomplissement de son destin … Mais à quel prix ?

Une fois encore, je suis ébahie par la facilité avec laquelle les auteurs parviennent à nous faire entrer dans l’ambiance du récit en quelques lignes à peine : dès les premières phrases, on sent bien que l’histoire de Petite Tempête sera remplie d’embûches et de tourments. La vie de ce chaton ne sera pas un fleuve tranquille, mais une mer agitée. Au fil des chapitres, cette première impression se confirme : entre l’accident qui le défigure à vie, le rejet par sa mère trop fière pour accepter ce petit chaton chétif et balafré, les efforts qu’il doit effectuer pour prouver sa valeur à son Clan … on a tout de suite envie de le plaindre ! Et au fur et à mesure que le temps passe, les choses ne font que s’aggraver, et l’émotion devient de plus en plus présente. J’ai tellement, tellement pleuré pendant ma lecture, on ressent tellement bien son désespoir, sa tristesse, sa culpabilité, son sentiment d’impuissance … Notre petit cœur se déchire en mille morceaux au fil des pages !

Quand on parle de La Guerre des Clans, on parle également d’action. Et clairement, ce livre n’en manque pas ! Entre les conflits qui éclatent entre les Clans du Tonnerre et de la Rivière à propos des Rochers du Soleil – élément qui reviendra à plusieurs reprises dans la saga –, les attaques de chiens, le camping des Bipèdes et la naissance de chatons clan-mêlés qui vont déchainer les tensions … Pas moyen de s’ennuyer, le quotidien de nos félins préférés est bien rempli ! Et les pages se tournent, sans qu’on ne s’en rende compte, on veut toujours savoir comment les choses vont se dénouer, comment la situation va évoluer. Et plus ça avance, plus la tension est forte, plus on reste accroché à l’histoire comme si notre vie en dépendait. On a le cœur qui court le marathon, qui s’arrête quelques secondes pour s’emballer de nouveau une fois le choc passé. On a le souffle coupé, parfois.

Comme pour le premier hors-série, celui-ci nous apporte énormément d’informations qui, recoupées avec celles que l’on découvre progressivement dans le premier cycle, nous permettent de recoller les morceaux pour saisir l’ensemble de l’intrigue. Grâce à ce hors-série, on comprend un peu mieux les réactions que certains personnages vont avoir dans la suite de la saga, car on connait leur passé, et que c’est ce passé qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Cet hors-série nous permet également de changer de point de vue : dans le premier cycle, nous voyons tout selon la perspective du Clan de Tonnerre, et nous considérons donc le Clan de la Rivière comme un ennemi. Ici, on ne voit plus les choses sous le même angle, et ça permet de mettre en avant le fait qu’aucun Clan n’est meilleur qu’un autre : ils sont tous aussi intéressants les uns que les autres !

En bref, une relecture vraiment très agréable qui me conforte dans mon projet de marathon-lecture ! J’ai pris tellement de plaisir à suivre les aventures de ce chaton qui grandit devant nos yeux ébahis, qui se retrouve face à des choix qui influenceront non seulement sa propre existence mais celle de tous ceux qui l’entoure, qui se débat avec ses sentiments. J’ai apprécié retrouver la plume fluide et vivante des auteurs, qui savent jouer avec nos émotions comme un violoniste joue avec son instrument, qui savent nous faire voyager par le simple intermédiaire de mots, qui savent nous faire rêver, tout simplement. Je ne m’en lasse pas !

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par Aryia