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Bibliothèque de Aryia : Liste d'Or

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B.O.A. Tome 1 : Loterie funeste B.O.A. Tome 1 : Loterie funeste
Magali Laurent   
Régulièrement, je me fais la promesse de terminer d’abord toutes les sagas que j’ai en cours avant d’en entamer de nouvelles … et inévitablement, je craque au bout de quelques jours. Et voilà que Babelio s’y met en me proposant un premier tome dans le cadre d’une Masse critique ! Je n’ai pas pu résister à ce résumé : une dystopie post-apocalyptique, chic ! Je ne suis pas particulièrement une adepte des histoires de vampires, je crois que j’en ai fait une overdose au collège quand toutes les filles de ma classe ne parlaient que de Twillight, mais j’avais un bon pressentiment à propos de ce livre donc j’ai décidé de lui donner sa chance malgré ce petit détail … et j’ai drôlement bien fait !

Il y a quelques décennies de cela, le monde a connu une terrible épidémie qui a transformé l’humanité. Tout d’abord, il y eu le virus, dévastateur, qui transformait tout individu contaminé en Charognard, créature plus bestiale qu’humaine qui ne désirait plus qu’une seule chose : du sang humain. Puis, il y eu la première vague de vaccin, précipitée, qui donna naissance aux BOA, eux aussi soumis à ce besoin vital de sang, mais ayant conservé leur humanité … La seconde version du vaccin fut la bonne. Toutefois, un terrible destin attendait les humains sains, non infestés, non transformés en BOA : élevés comme du bétail, parqués et condamnés au travail forcé, les « Sacs à sang » ne sont rien de plus que de simples marchandises sur le dos desquels les grands de ce monde s’enrichissent. D’autant plus que, tous les ans, une loterie est organisée pour permettre aux BOA les plus fortunés de gagner un humain à qui s’abreuver jusqu’à la dernière goutte de sang. Et cette année, en cette extraordinaire session anniversaire, les six lots sont encore plus appétissants, car rendus immortels par un procédé encore mystérieux ...

Avec ce premier tome, Magali Laurent nous plonge au cœur d’un contexte aussi innovant que terrifiant : des BOA contraints de boire du sang humain pour survivre, des humains réduits à l’esclavage et vivant sous la menace perpétuelle de ce virus qui les transformerait en Charognard à la moindre tentative de fuite ... Et cette loterie inhumaine, placée au cœur de l’intrigue de ce premier tome. Contrairement à certains qui se sont ennuyés avec ce tome introductif, j’ai pour ma part été complétement subjuguée par cet ouvrage, je dévorais chaque page l’une après l’autre sans parvenir à m’arrêter. C’est un livre qui se dévore, non pas parce qu’il est bourré d’actions et de rebondissements à gogo, mais parce qu’il est terriblement angoissant : le fait que nos six protagonistes soient immortels ne suffit pas à rassurer le lecteur (« ils ne peuvent pas mourir, donc pas besoin de s’inquiéter pour eux »), bien au contraire, car leurs tortionnaires peuvent leur faire subir les pires atrocités sans risquer de les tuer … et la torture psychologique est également fortement exploitée. Ames et cœurs sensibles, abstenez-vous, car la souffrance est omniprésente dans ce récit !

Comme sûrement bien d’autres lecteurs arpentant régulièrement les univers dystopiques post-apocalyptiques young adult, j’ai plus d’une fois remarqué la prévisibilité de certains événements … mais cela ne m’a pas dérangée plus que cela, puisque cela prouve, tout simplement, que ce roman s’inscrit parfaitement dans ce genre et en suit les codes ! Et ce m’a d’autant moins perturbée que tous ces éléments étaient exploités à bon escient pour faire grimper progressivement la tension dramatique, pour raviver sans cesse l’intérêt du lecteur et le pousser à faire des conjonctures pour la suite … hypothèses qui seront soit confirmées soit infirmées, comment le savoir ? Le final est d’ailleurs la démonstration la plus époustouflante de cette stratégie : quelle fin, mais quelle fin ! Suffisamment d’indices pour faire naitre des milliards de suppositions, mais suffisamment peu pour n’offrir aucune certitude et, donc, inciter à se procurer la suite. On ne va pas se mentir, dans mon cas, cela a parfaitement bien marché : quel atroce cliffhanger ! Il me faut absolument le tome deux, maintenant !

En bref, vous l’aurez compris, je suis tombée sous le charme de ce premier tome qui, bien que cruel et dérangeant, est particulièrement original et captivant. Une plume assez simple, j’en conviens, mais fluide, sobre et efficace : tout ce que l’on peut attendre d’une narration, en somme ! J’ai particulièrement apprécié la multiplicité des points de vue, cela offre une certaine dynamique à ce récit finalement assez monotone (le calme avant la tempête, c’est vraiment comme cela que j’ai interprété l’inertie qui pèse sur ce premier tome). Des personnages attachants - mention spéciale à Oxana et Alexandre, ces deux jumeaux fusionnels qui m’ont vraiment fait craquer ! -, une ambiance malsaine et pesante, un suspens à couper le souffle … quel excellent récit, tout simplement ! C’est un roman que j’ai littéralement dévoré, sans pouvoir m’arrêter, sans vraiment m’en rendre compte … Et l’apothéose finale qui vous laisse sur votre faim, avec cette impatience grandissante de savoir ce qui va désormais arriver à nos héros après cette funeste loterie …

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2018/05/boa-tome-1-loterie-funeste-magali.html

par Aryia
Diabolic, Tome 1 Diabolic, Tome 1
S. J. Kincaid   
De toute ma vie de lectrice, j’ai rarement ressenti un soulagement aussi profond que celui que j’ai éprouvé en tournant la dernière page de ce livre. Ce n’est pas qu’il m’ait déplu, bien au contraire, ce roman de science-fiction a été un véritable coup de cœur. Ce n’est pas non plus qu’il soit difficile à lire, puisqu’il se dévore comme un gâteau au chocolat. Non, ce n’est rien de tout cela : si j’ai littéralement poussé un grand soupir de soulagement après avoir lu le dernier mot, c’est que jusqu’à la dernière seconde, on est persuadé que la plus grande tragédie de l’univers va se jouer devant nos yeux effarés, sans que l’on ne puisse rien y faire, alors on a le cœur qui bat tous les records de vitesse et notre souffle coupé par l’angoisse. Alors, forcément, quand le dénouement est moins terrible que cela n’était redouté, on ne peut que se sentir libéré d’un lourd fardeau pesant sur notre petit cœur fragile de lecteur émotif !

Comme toutes les Diabolics de l’Empire, Némésis a été conçue artificiellement et a été programmée chimiquement pour n’être attachée qu’à une seule et unique personne, la jeune Sidonia, fille de sénateur, qu’elle protégera envers et contre tout sans n’avoir d’autre but dans la vie que de sauvegarder la vie de cette dernière. Alors lorsque Sidonia est convoquée à la cour par l’Empereur, qui voit d’un très mauvais œil les idées révolutionnaires du père de la jeune fille, c’est Némésis qui va s’y rendre à sa place. Elle va devoir jouer fin pour garder sa véritable nature secrète, déjà parce qu’usurper la place d’un membre de la noblesse est passible de mort, mais surtout parce que, sous l’effet d’un récent décret, les Diabolics sont désormais interdits et devraient tous avoir été éradiqués par leurs propriétaires … La tâche est d’autant plus délicate que les complots foisonnent à la cour, que les apparences sont toujours trompeuses et qu’elle se découvre une part d’humanité jusqu’alors insoupçonnée qui va lui jouer bien des tours …

Un Empire intergalactique en pleine décadence, régi par une religion omnisciente qui interdit toute curiosité scientifique, menacé par l’obsolescence des vaisseaux et autres machines des temps anciens que nul ne sait réparer. Une intrigue politique infiniment alambiquée, composée de multiples complots imbriqués les uns dans les autres, qui fait tourner le lecteur en bourrique : à qui se vouer ? de qui se méfier ? qui sont les gentils, qui sont les méchants ? y a-t-il des gentils et des méchants ? Des personnages hauts en couleurs, à la personnalité riche et complexe, aux facettes multiples et paradoxales, qui fascinent et qui intriguent, qui brouillent les pistes et qui font s’écrier « enfin des personnages authentiques, qui ne multiplient pas les forces ni les faiblesses, qui oscillent en permanence entre des moments de triomphe et de doute, de gloire et d’échec ! ». L’auteure nous offre ici un univers construit, qui accueille une intrigue pleine de rebondissements et de coups de théâtre, portée par des personnages tout en finesse et en surprises, et elle a fichtrement bien réussi son coup !

La grande originalité de ce roman est de nous proposer une héroïne non-humaine : Némésis est une Diabolic, une humanoïde conçue artificiellement qui a subi une programmation lui ôtant une grande partie de son libre arbitre puisqu’elle est chimiquement forcée à s’attacher à Sidonia et à tout mettre en œuvre pour la protéger. Mais voilà qu’au fur et à mesure de son quotidien à la cour, au fil des rencontres et des conversations, le regard et le cœur de Némésis vont progressivement s’ouvrir à quelque chose de bien plus vaste que cette amitié puissante mais artificielle au départ : les sentiments, les émotions, la beauté … et aussi, peut-être, un sentiment d’injustice mêlé à un formidable cri du cœur, « je veux être libre, vivre ma vie pour moi-même et pas uniquement pour elle ». L’évolution de Némésis tout au cours du récit ouvre la voie à de nombreux axes de réflexion : peut-on s’affranchir du conditionnement de notre éducation ? comment s’accepter tel que l’on est, en dépit du regard et du jugement des autres ? J’en passe, et des meilleures, car la liste de questionnements que fait naitre ce roman pourrait facilement atteindre à elle-seule plusieurs pages !

Que dire des personnages secondaires, sinon qu’ils servent avec brio cette intrigue hors du commun ? Tout comme Némésis, le lecteur apprend progressivement à les connaitre, ou du moins, à tenter de cerner leur personnalité, leur objectif, leur honnêteté … Si vous aimez les romans dans lesquels on ne sait jamais à qui faire confiance, dans lesquels les coups de théâtre sont légions, entrainant ainsi un bouleversement total de l’échelle « ami-ennemi », alors Diabolic est fait pour vous. Vraiment. Même plusieurs jours après la fin de ma lecture, il y a encore certains personnages dont je ne sais que penser : d’un côté on a terriblement envie de croire en leur « gentillesse » (si on peut utiliser ce terme lorsqu’on parle d’un roman constitué à 90% de complots et autres machinations politiques), mais de l’autre on a peur de se laisser aller à cette confiance, car jusqu’à la dernière phrase, l’auteur joue avec nos nerfs en faisant passer chaque personnage de chaque côté de la balance plusieurs fois ! Et toujours en faisant progressivement monter la tension dramatique, obligeant ses pauvres lecteurs à lire sans pouvoir s’arrêter afin de pouvoir, enfin, souffler un bon coup et reprendre son souffle une fois le point final dépassé.

Vous l’aurez compris je le pense, ce livre est un mémorable coup de cœur, qui a réussi le petit miracle de me faire complétement sortir de ma panne de lecture (même s’il me reste encore l’étape des partiels à passer pour pouvoir retrouver un rythme de lecture normal). De la science-fiction de dingue (un empire intergalactique, tout de suite, ça pose un contexte de folie) avec des complots politiques, des considérations philosophico-religieuses, des machinations, de l'action, des grands moments d'adrénaline, mais aussi d'émotions, des rebondissements qui font littéralement sursauter, des frayeurs à couper le souffle ... et une histoire d'amour très compliquée et très loin du coup de foudre … tous les ingrédients étaient réunis ! Et comme l’auteure est bonne cuisinière de roman, elle l’a fait mijoter tout juste ce qu’il fallait pour enclencher le coup de foudre. Alors, quelle belle surprise ce fut de lire ce discret « to be continued » après les remerciements : même si ce volume s’autosuffit parfaitement, je serai ravie de retrouver Némésis dans un second tome !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/05/diabolic-s-j-kincaid.html

par Aryia
Esprits de Corps : I. Napoca Esprits de Corps : I. Napoca
Tim Kesseler   
L’’adage dit « après l’effort, le réconfort ». C’est ainsi après avoir bataillé des jours entiers avec mon avant-dernier devoir de l’année universitaire que je me suis plongée avec délectation dans ce roman (pour être tout à fait exacte : je l’avais commencé avant, lisant deux pages par-ci par-là, mais ce n’est qu’une fois le devoir achevé que j’ai réellement pu me consacrer à cette lecture). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre a parfaitement rempli son rôle de récompense : quelle belle lecture ! Je m’attendais à passer un bon moment - après tout, il est estampillé « steampunk » sur Simplement, de quoi me faire craquer sans hésitation possible -, mais je dois bien admettre que ce livre a su dépasser toutes mes attentes !

Will et Ruben débarquent à Mydgar, capitale diplomatique et stratégique de la Fédération. Mais excepté leur statut de nouveaux arrivants, les deux jeunes hommes n’ont absolument rien en commun : Will entend bien entrer au Congrès en tant qu’attaché-diplomatique, tandis que Ruben fuit son funeste passé dans les terres paysannes. Ils n’auraient jamais dû se rencontrer … et pourtant, leurs chemins sinueux vont se croiser, s’entremêler, tandis qu’une crise sans précédent secoue la Fédération toute entière. L’amitié se joue des différences de classe, mais survivra-t-elle à ces bouleversements dans lesquels ils se retrouvent embarqués sans vraiment s’en rendre compte ?

Dès les premières pages, j’ai été époustouflée par la richesse et la complexité de l’univers mis en place par l’auteur ! Nous voici plongé au cœur d’une ville cosmopolitique et dynamique : ça grouille de partout, et surtout, ça siffle et fume de partout. L’aspect « steampunk » du roman est ainsi le premier à se dévoiler : appareils à vapeur, ballons dirigeables et autres machines de cuivre et de laiton sont omniprésents. J’aime ce côté un peu « science-fiction vintage » que l’on trouve dans ce roman, ça créé une ambiance vraiment particulière, à la fois pesante et versatile … Et cette dualité se reflète dans l’état d’esprit de nos deux protagonistes fraichement débarqués dans la ville : Ruben est un jeune homme rongé par la culpabilité qui ne voit donc rien de la beauté de la ville, elle est plus un piège à souris qu’autre chose à ses yeux, tandis que Will, qui s’apprête à entrer dans le grand monde des diplomates, n’en voit que la magnificence et la grandeur. Deux facettes d’une même ville pour deux facettes de l’humanité : d’un côté les nantis qui dirigent, de l’autre le petit peuple qui peine à survivre …

Dès les premiers chapitres, on devine bien que nos deux héros vont finir par se rejoindre malgré leurs nombreuses différences : on attend donc avec impatience que leurs routes se croisent. Et même si cela arrive furtivement ci et là … et bien l’attente s’éternise. C’est vraiment le seul reproche que je peux faire à ce roman : l’intrigue met bien trop longtemps à se lancer pour de bon. Il y a quelques petits rebondissements, mais la première moitié du livre est un petit peu plate, un peu longuette, très introductive et pas assez active. Le calme avant la tempête. Car une fois que l’élément perturbateur fait son irruption, une fois que la machine s’est mise en route, plus moyen de l’arrêter. Et la tension dramatique monte, monte toujours plus, tandis que les coups de théâtre s’accumulent, que les complots toujours plus nombreux font leur apparition, certains qu'on soupçonne alors qu'ils n'existent pas, et certains qui existent alors qu'on ne les soupçonne pas ! On dévore la seconde moitié sans s’arrêter, tant on est happé par l’histoire, tant on est suspendu à chaque phrase … Cela valait vraiment le coup d’attendre : que d’actions, que de frayeurs, que de surprises !

Et, plus exactement : que de belles surprises ! Je m’attendais certes à un roman basé sur une intrigue politique, mais je n’aurai jamais imaginé que les rouages de la diplomatie et ses considérations complexes allaient prendre autant de place. Faux semblants, compromis, négociations, alliances et trahisons … entre les murs du Congrès, rien n’est jamais ce qu’il semble être. Quel régal que cet aspect politique ! Mais deux autres très belles surprises m’attendaient au tournant d’une page … En premier lieu, des considérations métaphysiques, pour ne pas dire franchement théologiques. Etant étudiante dans ce dernier domaine, vous comprendrez facilement que j’ai eu grand plaisir à découvrir les thèses des moines Séraphins sur l’immortalité de l’âme, la réincarnation de cette dernière … D’autant plus que ce roman pose également la grande question de la dualité foi-raison, du « combat » entre la religion en la science. Peuvent-elles cohabiter, à défaut de se rejoindre ? Ayant eu un cours passionnant à ce sujet l’an dernier, j’étais plutôt ravie de retrouver cette thématique dans un roman ! Et enfin, dernière surprise, élément que je ne m’attendais vraiment pas à trouver mais qui est ici liée à cet aspect « religieux » : la magie. Pas la magie d’Harry Potter ou de Tara Duncan, non, quelque chose de moins « classique » mais qui m’a vraiment séduite ! On ne sait plus trop quel est le genre de ce roman, au final, mais j’aime bien les auteurs qui embrouillent ainsi leur lectorat !

En bref, un premier tome d’introduction qui met l’eau à la bouche ! Des personnages attachants même s’ils sont clairement à ranger dans la catégorie des « anti-héros », une plume délicate et agréable malgré quelques petites maladresse grammaticales (mais quand on sait que le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur, on n’y prête vraiment plus attention car elles sont vraiment peu nombreuses), une intrigue riche et complexe qui ravira tous les amoureux de complots et de conspirations … Ajoutez à cela une ambiance steampunk vraiment classe, une petite touche de magie inespérée et un suspense final atroce, et vous comprendrez que j’attends avec grande impatience la sortie du second tome … et que je vous conseille ce livre sans restriction, c’est vraiment un roman exceptionnel, même s’il met du temps à démarrer !

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2018/04/esprits-de-corps-tome-1-napoca-tim.html

par Aryia
Exo, Tome 1 Exo, Tome 1
Fonda Lee   
Lorsque l’on m’a proposé cet ouvrage dans le cadre d’une Masse critique privilégiée, je n’ai pas hésité plus de quelques secondes (le temps de lire le mail en intégralité, quoi) : même si la couverture ne m’inspirait pas grand-chose, le résumé m’intriguait énormément, la phrase d’accroche également (chic, une invasion extraterrestre !) … et surtout, j’avais terriblement envie de retourner l’espace d’une lecture dans ma zone de confort littéraire qu’est le young adult. Elargir ses horizons littéraires, c’est bien, ça permet de découvrir des ouvrages que l’on n’aurait sans doute jamais lus sans cette prise de risque, mais de temps en temps, c’est bon, aussi, de se tourner vers les valeurs sûres et de retrouver son genre favori ! Cette lecture m’a fait énormément de bien, j’ai limite eu le sentiment d’être de retour à la maison après un long voyage … D’autant plus que Fonda Lee nous offre ici un premier tome particulièrement addictif et prometteur !

Il y a un siècle de cela, les Zhrees ont débarqués sur Terre. Ils ne s’attendaient alors pas à ce que les humains résistent si violement et vaillamment à leur arrivée … Après un conflit meurtrier, la paix a finalement été restaurée et la Terre fait désormais partie des colonies Zhrees. Donovan, 17 ans, est le fils de Premier Mandataire, chef de la diplomatie entre les gouvernements humains et les administrateurs Zhrees. A cinq ans, il a été choisi pour devenir un Exo, un humain pourvu d’une armure organique issu de la technologie Zhree. A douze ans, il est sélectionné pour être un erzo-soldat, chargé de faire régner l’ordre. Mais tout son univers s’écroule le jour où une arrestation tourne mal et qu’il se voit enlevé par une organisation terroriste luttant contre la domination Zhree …

Contrairement à la plupart des dystopies et autres récits futuristes pour adolescents qui consacrent leurs premiers chapitres à expliquer avec force détails les subtilités du fonctionnement de cette société fictionnelle, ce roman démarre sur les chapeaux de roues : le lecteur est immédiatement plongé dans le vif du sujet, au cœur de l’action. Les informations nécessaires à la bonne compréhension du récit sont distillées ci et là au cours du récit, et c’est tellement plus digeste que ces longues introductions artificielles ! Bien évidemment, au début, on se pose quelques questions, on est un peu déboussolé, mais je trouve ça bien plus intéressant que de devoir ingurgiter un tsunami d’explications dès le début du livre. Ici, l’élément perturbateur qui lance véritablement l’intrigue survient dès le quatrième chapitre, après un petit incipit destiné à poser un minimum le contexte en nous présentant le personnage principal et son statut. Grâce à ce début in medias res, le lecteur, comme Donovan, se retrouve happé par les événements, entrainé dans une spirale infernale qui le dépasse … C’est justement parce que le lecteur ne maitrise pas encore toutes les subtilités de ce monde que la tension dramatique est si forte, que l’envie de tourner les pages est si grande ! Non seulement le lecteur veut absolument savoir comment la situation va évoluer, mais en plus il veut en savoir plus sur le monde dans lequel il se retrouve plongé à travers les pages. Un lecteur dans l’attente est un lecteur qui va enchainer chapitres sur chapitres sans même s’en rendre véritablement compte …

Rares sont les personnages principaux masculins à m’avoir autant touchée que Donovan. Je me suis très facilement identifiée et attachée à lui : malgré cet exosquelette extraterrestre qui le rend bien plus fort et bien moins vulnérable physiquement qu’un humain, il n’a rien du super-héros invincible qui m’exaspère. Dès le début, Donovan va se retrouver en très mauvaise posture malgré son endurcissement, et il sera incapable de se sortir seul de cette fâcheuse situation : sans l’intervention de ses camarades d’erzé, Donovan était aussi impuissant que n’importe quel humain. C’est tellement rafraichissant, dans la littérature pour adolescents actuelle, que de faire la connaissance d’un protagoniste de cette envergure : Donovan est envahi par le doute, le découragement, la honte aussi. Il va progressivement prendre conscience qu’il n’y a pas qu’une seule vérité, que le monde n’est pas tout blanc ou tout noir et que prendre une décision est lourd de conséquence. Donovan n’a rien du héros, mais n’est pas non plus un anti-héros : il désire ardemment faire ce qu’il lui semble être juste, sans cesse tiraillé entre son sens du devoir et ses désirs purement égoïstes … Donovan est un personnage étonnamment complexe par sa banalité, justement : c’est un personnage que je qualifierai d’authentique … J’aimerai croiser plus de personnages comme Donovan !

Tout comme notre personnage principal - et les autres protagonistes, d’ailleurs, tous aussi intéressants les uns que les autres -, l’intrigue est à la fois simple et complexe. Au premier abord, on se retrouve avec un schéma somme toute assez classique : un petit groupe de révoltés qui s’opposent au pouvoir en place, une rébellion qui menace d’éclater au fur et à mesure que le mouvement prend de l’ampleur et gagne de l’influence … Certains regretteront peut-être la petite romance « trop prévisible », « trop insipide », « trop inutile », d’autres encore s’insurgeront peut-être contre le rebondissement qui plonge Donovan dans le désarroi le plus profond (événement qui fait naitre en lui ce fameux conflit entre le cœur et la raison), le trouvant « trop cliché » … Pour ma part, j’ai trouvé tous ces éléments tellement bien exploités que je n’ai rien à reprocher à leur utilisation. Fonda Lee récupère des lieux communs du genre pour les utiliser à sa manière, afin de servir son intrigue … et le message qu’elle cherche à transmettre à travers cette histoire, ou plutôt les interrogations qu’elle cherche à faire naitre chez le lecteur.

En effet, ce roman est une vraie mine à questionnements : il sera question de liberté (individuelle comme collective) et de libre-arbitre (avec la grande question des influences et des déterminismes …), de la pluralité des points de vue sur une même réalité (chers professeurs de philosophie ouverts à la littérature de jeunesse pour appuyer vos thématiques avec vos élèves, n’hésitez pas à vous tourner vers cet ouvrage lorsque vous aborderez le délicat chapitre sur la vérité) … Sans oublier bien sûr le grand thème de la colonisation et tout ce qui en découle : un peuple doit-il privilégier la sécurité et le progrès en acceptant la présence d’un autre peuple, ou doit-il au contraire lutter pour préserver son autonomie et ses traditions propres ? quand s’arrête la coopération, quand commence la domination ? Je n’ai sélectionné que quelques axes de réflexion, mais je ne serais pas étonnée si une relecture future me conduisait à en repérer bien d’autres qui, alors, me sembleront encore plus pertinents. C’est la grande force de ce roman : il ne se contente pas de raconter une histoire creuse et terne pour divertir et amuser … Il est au contraire riche, complexe et profond, et intéressera ainsi tout autant les adolescents que les adultes !

En bref, vous l’aurez compris, ce premier tome à la couverture si peu attractive est très rapidement entré dans la catégorie des coups de cœur. L’auteur nous offre ici un récit particulièrement passionnant et captivant, que l’on peine à lâcher : une intrigue vraiment palpitante, pleine d’actions et de rebondissements, mais aussi d’émotions et de bouleversements ; des protagonistes à la personnalité bien travaillée mais qui ne tombent jamais dans le stéréotype sans intérêt ; et surtout une très belle plume que l’on prend vraiment plaisir à lire … Ce roman a tout simplement tout pour plaire ! La dernière partie de l’ouvrage nous promet une suite encore plus prenante, encore plus saisissante, encore plus poignante, une suite que j’ai terriblement hâte de découvrir ! Amoureux de la science-fiction, n’hésitez pas à vous plonger tout entiers dans ce roman qui fut pour moi une excellente surprise ! Je veux vraiment rassurer ceux qui craignent que ce récit soit « trop jeunesse » : c’est absolument tout le contraire, je le trouve même suffisamment complexe pour que certains jeunes lecteurs ne s’y retrouvent pas … Comme quoi, il ne faut jamais se baser uniquement sur le rayon dans lequel les libraires classent les ouvrages pour faire son choix !

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2018/03/exo-tome-1-fonda-lee.html

par Aryia
Gaheris riders, tome 1 : La graine Gaheris riders, tome 1 : La graine
Romain Vivies   
C’est une grande première pour moi : depuis le début de l’année 2018, j’ai lu plus de romans de science-fiction que de fantasy ! Cette constatation m’a conduit à réfléchir aux rapports que j’entretiens avec ces deux genres chers à mon cœur, et j’ai ainsi remarqué que la différence était finalement assez simple : jusqu’à présent, j’aimais surtout la science-fiction en films - alors que j’ai toujours associé la fantasy avec de bons gros pavés littéraires à dévorer emmitouflée dans un plaid avec le chat sur les genoux. J’ai ainsi cherché à comprendre pourquoi je préférais les films de science-fiction aux livres … Et la réponse ne m’est apparue clairement qu’en regardant quelques épisodes de The Clone Wars hier soir : c’est une question de représentation. Là où les films nous proposent un visuel bien déterminé des différents éléments propres à l’univers futuriste (armes spécifiques, vaisseaux spatiaux …), les livres nous obligent à forger notre propre représentation de ces-dits éléments … et la chose n’est pas toujours facile, même si les auteurs font tout leur possible dans leurs descriptions pour permettre à l’imagination du lecteur de reconstituer l’image correctement. Fort malheureusement pour moi, avec Gaheris Riders, j’ai justement rencontré quelques difficultés à me représenter ce que l’auteur cherchait à me transmettre …

2096. L’espace est désormais colonisé, et le clivage entre habitants de la Terre et habitants du ciel se fait toujours plus important. Le Conflit Spatial gagne en ampleur, tandis que les technologies évoluent plus ou moins rapidement dans les deux camps … Lorsque la France est envahie par l’armée des colonies orbitales, Rivano et ses amis se retrouvent propulsés au cœur de cette guerre dévastatrice. Pour survivre, pour mettre fin à ce conflit, le petit groupe d’étudiant s’introduit dans un complexe militaire souterrain … et l’émergence d’aptitudes inexplicables et exceptionnelles va leur permettre d’intégrer les Forces Aériennes Fédérales. Mais il semblerait bien que ces dons fassent l’objet de convoitise …

Commençons par les points positifs, car il y en a, et pas des moindres ! Je pense que le premier adjectif à utiliser pour décrire ce roman, c’est « riche ». Je ne sais pas combien de temps l’auteur a passé sur la « pré-production » de ce livre, combien de mois ou d’années lui ont été nécessaires pour mettre en place cet univers immensément complexe et cohérent, mais on sent vraiment qu’il y a eu un réel travail de construction avant la rédaction de l’histoire à proprement parler. Le contexte ne tombe pas du ciel : il y a un réel passé, cohérent et documenté, à l’époque où se déroule l’histoire. Les personnages, eux aussi, ont un passif : les liens qui les unissent sont forts grâce à un passé commun (je pense pouvoir affirmer que l’auteur serait en mesure de nous raconter avec précision le jour de leur rencontre, les temps forts qui ont cimentés leur amitié …), leurs personnalités est le fruit de leur passé (ce qui rend leurs réactions cohérentes avec leur caractère) … Un vrai régal que de découvrir un univers et des protagonistes aussi bien construits !

De plus, et c’est là à mes yeux l’élément le plus intéressant, on sent que l’auteur sait où il va, qu’il maitrise bien les rouages de son intrigue : du début à la fin de ce gros roman, j’ai eu le sentiment d’être une marionnette que l’on menait par le bout du nez. L’auteur nous laisse entrapercevoir quelques bribes de conversation, quelques petits indices semés ci et là pour faire naitre soupçons et hypothèses, mais il nous en dit suffisamment peu pour que l’on soit incapable de déterminer avec précision quel est ce « quelque chose de bien plus grand » qui se trame dans l’obscurité. C’est un peu frustrant, de savoir qu’un danger (ou non, finalement, on ne sait pas) plane au-dessus des personnages (auxquels on s’attache tellement vite, car ils restent tellement humains et fragiles malgré leurs immenses capacités qui pourraient lasser dans d’autres circonstances), mais de ne pas parvenir à deviner quoi. Mais d’un autre côté, c’est fichtrement intriguant, fichtrement captivant, on a terriblement envie d’avoir la suite afin d’en savoir enfin plus sur ces mystères. Je m’attends ainsi à de grandes surprises dans les tomes suivants, à de grandes révélations, à de grands rebondissements. Bref, j’ai hâte de voir où l’auteur va nous conduire !

J’ai cependant deux petites choses à reprocher à ce premier tome. Tout d’abord, et cela est le revers de médaille des univers riches et complexes : je me suis souvent sentie perdue. Les prénoms des personnages s’embrouillaient dans ma tête, et plus encore leur allégeance : lesquels étaient terriens, lesquels habitaient l’espace ? lesquels étaient des soldats, des ingénieurs, des espions, des citoyens lambdas ? quels sont les liens entre eux ? Bref, il y a énormément de personnages, appartenant donc à différents clans, et j’ai eu toutes les peines du monde, pendant au moins la première moitié du roman, à m’y retrouver. C’est bien dommage, car cela m’empêchait de profiter pleinement de cette intrigue visiblement riche en subtilités et en mystères à élucider. De la même façon, impossible pour moi de retenir quel modèle de méchanoïdes (des sortes d’immenses machines humanoïdes pilotées par un soldat placé à l’intérieur du robot) était terrien, lequel ne l’était pas … Je ne savais plus qui était qui pendant les combats, et du coup, bah je n’y comprenais rien, d’autant plus que j’avais énormément de mal à me représenter à quoi ces méchanoïdes et leurs armes ressemblaient. Et comme il y a énormément de scènes de bataille, je ne comprenais pas grand-chose la plupart du temps, et j’attendais juste de savoir qui était mort, qui était blessé, et qui avait gagné. Comme je le disais un peu plus haut, c’est le principal problème que peuvent rencontrer les auteurs à l’imagination très fertile : intégrer tellement d’éléments « nouveaux » que le lecteur ne parvient pas à suivre la cadence, et se sente complétement largué …

Cependant, et je conclurais ainsi, ces quelques détails ne m’ont vraiment pas empêché d’énormément apprécier ce premier tome, qui promet de très belles choses pour l’avenir. Après cette fin absolument atroce et dramatique (quelle cruauté que de laisser le lecteur sur une telle scène !), je me demande bien ce qui nous attend dans le second volume … Surement toujours plus d’action, d’émotion, de coups de théâtre et de secrets … et j’espère toujours cette jolie plume pleine de style qui mêle allégrement narration, descriptions, explications et dialogues tout en soutenant admirablement le rythme effréné du récit. En clair, vous l’aurez compris, je recommande chaleureusement ce premier roman, même si je vous conseille d’être bien réveillé et de bien vous accrocher pour ne pas finir complétement perdus. Il y a un potentiel de dingue pour la suite des événements, et clairement, c’est un récit terriblement addictif qu’on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages sans jamais s’arrêter, le cœur battant, se demandant comment va se conclure le prochain chapitre ...

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par Aryia
Glitter, tome 2 : Shatter Glitter, tome 2 : Shatter
Aprilynne Pike   
Pour l’adepte de la relecture que je suis, la sortie d’un nouveau tome est toujours une bonne excuse pour relire le ou les tomes précédents de la saga sans avoir à se justifier : il semble parfaitement naturel de vouloir se rafraichir la mémoire avant d’entamer une suite, n’est-ce pas ? Je pense cependant que, même sans la sortie de Shatter, j’aurai fini par relire Glitter d’ici la fin de l’année : en ce début d’automne, qui est souvent synonyme de coup de mou chez moi, j’avais terriblement envie et besoin d’un page-turner décoiffant et captivant pour me rebooster ! C’est ce que j’apprécie dans la relecture : comme on sait à quoi s’attendre, on peut se servir de ces livres déjà lus pour désamorcer une panne de lecture dont on connait l’origine … Besoin de réconfort ? Il suffit de piocher dans un livre-doudou. Besoin d’énergie ? Sortons donc un livre au rythme effréné pour réveiller notre esprit embrumé par le froid ! Et, cerise sur le gâteau : j’avais le tome suivant sous la main, ce qui allait m’éviter la frustration intense causée par la fin de Glitter … Du moins, c’est ce que je pensais !

Enfer et damnation ! Trahie par celui qui devait organiser son évasion, Danica n’a eu d’autre choix que d’épouser Justin, roi de Versailles-Sonoma, P.D.G. et président du Conseil de Sonoma Inc. …. Elle le sait, toutes les jeunes – et moins jeunes – femmes de la Cour envient sa position et certaines seraient prêtes à tout pour prendre sa place. Mais aucune d’elles ne connait – ni ne soupçonne – la vérité : le jeune monarque est un meurtrier, et elle n’a aucune intention de passer le restant de ses jours à ses côtés. Tandis qu’elle cherche une solution pour se sortir de ce guêpier, la toute nouvelle reine-malgré-elle se laisse progressivement griser par le pouvoir qu’elle détient désormais entre ses mains … Au fil des manigances et des conspirations, Danica perd petit à petit son objectif premier de vue, aveuglée par son désir de vengeance et enivrée par ce qui n’était au départ qu’une simple comédie destinée à servir ses intérêts …

Nous retrouvons donc Danica là où nous l’avons laissé suite au terrible cliffhanger du premier tome : devant l’autel, piégée dans sa robe de mariée. Très rapidement, nous comprenons que le désespoir qui l’animait auparavant s’est transformé en haine pure : on le sent, la jeune fille n’est plus seulement guidée par le désir de liberté, mais bien plus encore par celui de se venger. Et pour cela, elle le sait, elle n’a qu’une solution : profiter de son nouveau statut de reine. Utiliser le pouvoir qui est maintenant le sien. Devenir aussi impitoyable et retorse que le roi. Elle n’imaginait toutefois pas que cela allait être aussi grisant, aussi enivrant, aussi exaltant … Progressivement, ce qui n’était au départ qu’un simple rôle qu’elle s’efforçait de jouer pour atteindre ses objectifs se métamorphose en une véritable addiction. Jusqu’à ce que Danica ne se reconnaisse plus elle-même, jusqu’à ce qu’elle ne sache plus qui elle est réellement … Bien qu’elle soit moins attachante que dans le premier tome, du fait justement de cette évolution, Danica est bien plus intéressante de par cette complexité inouïe. C’est vraiment rare, je trouve, de trouver un personnage aussi ambivalent, aussi ambiguë que ne l’est Danica … Quel régal !

Cependant, malgré sa volonté de prendre sa vie en main et d’être seule maitresse de son destin, notre jeune reine va rapidement comprendre qu’elle n’a pas toutes les cartes en main : pour parvenir à ses fins, le pouvoir ne suffira pas, il lui faut également la connaissance. Aidée par quelques amis de confiance, elle se lance donc dans une nouvelle quête : celle ses secrets et des mystères … Et croyez-moi, ce qu’elle découvre est vraiment stupéfiant, effarant ! Je ne m’attendais pas du tout à un tel retournement de situation, à un rebondissement pareil, à une révélation de cette ampleur ! Plus d’une fois, j’ai carrément stoppé ma lecture, bouche-bée, le souffle coupé, totalement abasourdie par ce que je venais de lire. Vraiment, je suis époustouflée ! Le premier tome était centré uniquement sur Danica et sa volonté de fuir cette prison dorée … mais on se rend progressivement compte que la pauvre s’est retrouvée impliquée dans une machination qui la dépasse et dont elle n’est finalement qu’un pion parmi d’autres. D’autant plus que l’on ne sait pas qui tire réellement les ficelles, tant les complots se mêlent et s’entremêlent.

En bref, vous l’aurez bien compris : ce second tome dépasse toutes mes espérances ! Beaucoup d’actions et de révélations sont au rendez-vous pour nous offrir une histoire captivante et pleine de surprises ! Certains regretteront sans doute le fait que la romance est reléguée au second plan, mais j’en suis pour ma part fort ravie : l’intrigue n’en est que plus intéressante ! Entre jeux de pouvoir et de séduction, entre complots et machinations, croyez-moi, vous ne vous ennuierez pas … et vous en redemanderez ! En effet, l’autrice nous offre un final en double-versant : d’un côté, on a le sentiment que l’histoire est bouclée … mais de l’autre, on a l’impression qu’une nouvelle histoire ne demande plus qu’à être couchée sur papier pour nous entrainer, encore, dans un tourbillon totalement imprévisible ! Je croise vraiment les doigts pour retrouver Saber et Danica dans de nouvelles aventures (et j’espère recroiser Justin, aussi, parce que c’est également un personnage très intrigant) ! Alors, qu’attendez-vous pour plonger dans cette incroyable saga ?

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par Aryia
Glitter, Tome 1 Glitter, Tome 1
Aprilynne Pike   
Une couverture sobre mais très jolie, un titre très intriguant par sa brièveté, une phrase d’accroche qui promet un compte à rebours assez angoissant … il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cet ouvrage ! Et une fois que j’ai lu le résumé, le doute n’était plus permis : je ne pouvais pas résister à l’appel de ce roman. D’autant plus que j’étais persuadée d’être en présence d’un tome unique, et que cela promettait une histoire palpitante, riche en rebondissements, puisque l’intrigue sera résolue en un peu plus de trois-cent pages seulement … Pauvre de moi ! C’est un premier tome, et la fin est tout simplement atroce, cruelle, cela devrait être interdit de laisser ses lecteurs face à une fin aussi frustrante, ou sinon il faut sortir la suite immédiatement après pour leur éviter de mourir d’impatience ! Je ne suis plus que tristesse de savoir qu’il va me falloir patienter probablement fort longtemps avant de connaitre enfin le fin mot de l’histoire ...

Danica l’a toujours su, depuis son plus jeune âge : aux yeux de sa mère, elle n’a jamais été qu’un outil. Sa beauté et son élégance, façonnées à grand renfort de chirurgie esthétique et de cours privés, ne sont que des instruments au service de l’ambition démesurée de cette femme qui, depuis leur entrée inattendue à la cours de Versailles-Sonoma, fait tout son possible pour obtenir prestige et pouvoir grâce à sa fille. Mais Danica n’aurait jamais cru que sa génitrice la livrerait ainsi en pâture à un assassin … Fiancée contre son gré au jeune et instable roi de Versailles, PDG de l’entreprise Sonoma, l’adolescente entend bien fuir cette prison dorée qui pourrait très bien devenir son tombeau. Mais comment s’échapper quand on n’a connu que le luxe et la frivolité ? Comment payer l’homme qui se propose de la faire s’évader quand le système monétaire de la Cour n’est pas celui du reste de la France ? Comment vendre des produits illicites quand une intelligence artificielle surveille vos moindres faits et gestes ? Et surtout … comment évaluer le prix de sa liberté ?

Véritable page-turner, ce roman vous happe du début à la fin et vous entraine dans une course contre la montre incroyablement haletante. Danica n’a que six mois pour récolter les cinq millions d’euros qui lui permettront d’acheter sa liberté et sa sécurité, six mois pour échapper au mariage forcé qui plane au-dessus de son existence … Et pour cela, Danica est prête à tout. Même à droguer à leur insu tous les habitants du château. Et cela sous le nez de M.A.R.I.E., l’intelligence artificielle qui gère la logistique du domaine … et qui surveille ses locataires. Car on le comprend rapidement, Versailles-Sonoma est une prison dorée pour cette néo-noblesse d’actionnaires. Et il l’est encore plus pour Danica, fiancée à un homme qu’elle sait être un meurtrier. Ce livre, il se dévore d’une traite, parce qu’on a terriblement envie et besoin de savoir si notre jeune héroïne va s’en sortir, parce que plus les chapitres défilent plus on sent se profiler de terribles drames, parce que la tension monte progressivement et qu’on attend le grand dénouement, l’apothéose finale …

Mais ce livre est bien plus qu’un simple page-turner. Ce livre, il est bien plus profond que l’on ne peut le penser au premier abord. Danica est un personnage incroyablement complexe, tiraillée entre son désir viscéral de fuir cette existence et sa conscience, entre son égoïsme et sa culpabilité. Quel est le prix de la liberté ? Voilà la question qui s’impose à Danica. Danica qui est loin d’être un modèle de vertu et de moralité, mais qui est loin également d’être sans cœur et insensible … Danica, elle est humaine : elle pense à elle, mais elle n’est pas cruelle pour autant ; elle voudrait le beurre et l’argent du beurre, la liberté et la tranquillité de conscience, mais elle sait bien qu’elle doit sacrifier la seconde pour obtenir la première. Et ça fait mal. On finit par s’attacher à Danica, même si on n’est pas d’accord avec ses choix, et on souffre avec elle. Parce que finalement, Danica, c’est surtout une pauvre adolescente qui s’est retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment, et qui a la malchance d’avoir une mère trop opportuniste pour penser réellement au bonheur de sa fille. Danica, ce n’est pas une héroïne, c’est juste une victime qui tente désespérément de reprendre le contrôle de sa vie … à tout prix.

En bref, un roman qui a su me surprendre et me captiver, même si je reste atrocement frustrée par cette fin qui n’en est pas une … à quand la suite ? Un contexte intéressant et innovant - la France obligée de vendre le château de Versailles à une grande société pour payer ses dettes, mais obligeant cette société à reconstituer une société digne de la Cour du 18ème dans ce château -, des machinations politico-économiques, une pointe de romance, beaucoup de drames et de coups de théâtre … Ce livre est rempli de très bonnes choses ! Ajoutez à cela une plume très agréable, très fluide, très belle, et vous comprendrez que j’ai tout simplement adoré ce livre ! Sur la quatrième de couverture, on trouve une citation de Mélissa de la Cruz : « Fantastique, futuriste et imprévisible » … et bien je suis parfaitement d’accord avec elle ! Ce livre a vraiment dépassé toutes mes attentes, et je remercie autant l’auteur que l’éditeur pour cette belle surprise, j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture !

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par Aryia
La Brigade de l'Ombre, tome 2 : Ne te fie à personne La Brigade de l'Ombre, tome 2 : Ne te fie à personne
Vincent Villeminot   
Lorsque je ne lis pas de sagas, j’essaye autant que possible de varier mes lectures, de ne pas lire d’affilée deux romans du même genre. Mais puisque le hasard a voulu que je reçoive la même semaine deux livres en partenariats étant tous deux des thrillers jeunesse, j’ai donc fait deux incursions d’affilée dans ce genre que je connais finalement assez mal. Je tiens toutefois dès présent à nuancer la classification de ce second tome, qui peut se lire indépendamment du premier : comme souvent avec Villeminot, les genres s’entremêlent et se mélangent habillement, et même si on trouve effectivement des éléments tout droit sortis des thrillers et autres policiers, on croise également bien des traces de fantastique, et même quelques touches de romance disséminées ci et là, et bien d’autres choses encore …

A chaque attaque de goule, c’est la Brigade Markowicz, dite aussi « la Brigade des goules » ou tout simplement la Brigade pour les intimes, qui intervient. Son boulot ? Interpeller le « client » - et non pas le meurtrier -, lui annoncer la terrible nouvelle – « désolée monsieur, vous êtes une goule … enfin vous souffrez du syndrome IBLIS, vous venez de tuer quelqu’un sans le savoir, mais rassurez-vous, si vous vous rendez au zoo … heu pardon, au centre de rétention de Denfert avant chaque crise, vous ne risquez plus de blesser personne, bonne soirée monsieur et bien le bonjour chez vous » - et enfin assurer sa sécurité face à la haine de l’opinion publique. Alors, lorsque plusieurs goules sont sauvagement assassinées, pas question de laisser la Criminelle, lente et incompétente, s’occuper seule de l’enquête : le capitaine Jobert, nouvellement affectée à la Brigade, compte bien coffrer le meurtrier avant ses supérieurs. Mais la situation est bien plus complexe que prévue, et les secrets qu’elle découvre remettent en question tout ce qu’elle tenait pour acquis … A qui peut-elle se fier, hormis à elle-même ?

Premier point très positif : ce tome est véritablement indépendant du premier. Aussi, bien que n’ayant jamais lu le volume précédent, je n’ai ressenti aucune difficulté à me plonger dans l’histoire, à saisir le rôle de la Brigade, à comprendre les relations entre les personnages … Alors certes, je ne suis pas tout à fait certaine d’avoir saisi quels étaient les événements relatés dans le premier tome et lesquels relevaient juste du passé « non conté » des personnages, mais c’est justement la preuve qu’ils ne sont absolument pas indispensables l’un envers l’autre ! Je tiens à rassurer ceux qui hésitent à lire ce roman car ils n’ont pas lu le premier tome : oubliez toute inquiétude à ce sujet, vous ne serez absolument pas largués, bien au contraire !

Second point très positif : les personnages. On s’en doute bien, dans une telle Brigade, on rencontre de sacrés phénomènes ! Entre le commissaire Markowicz errant sans relâche dans L’Enfer de Dante et son Enfer personnel, le commandant Bosco et ses indispensables carnets, le lieutenant Jimi et ses exorcismes à l’encens, et bien sûr le capitaine Jobert et son passé aussi tumultueux que mystérieux, on ne doit pas s’y ennuyer ! Sans oublier les deux fils du commissaire, la jeune Fleur amoureuse d’un funambule et la petite Adelaïde persuadée au fond d’elle-même d’être folle. Tous ces personnages ont leur personnalité propre, une personnalité forte et complexe, un passé qui les poursuit, un futur qui les attend … Contrairement à d’autres personnages dans d’autres livres qui portent fièrement leur statut de personnages inventés par un auteur, ceux-là semblent tellement vrais, tellement réels, tellement humains qu’on oublie bien souvent qu’il ne s’agit que de personnages de fiction …

Troisième point très positif : la narration. Je crois que je ne me lasserai jamais de la plume de monsieur Villeminot, elle nous happe, elle nous transporte dans un monde parallèle au notre, elle nous fait retenir notre souffle, elle nous fait sourire, trembler, elle nous fait rêver, aussi. Je suis toujours stupéfaite par le rythme des phrases de monsieur Villeminot : pas de longues envolées lyriques ou de descriptions « littéraires ». Non : c’est vivant, c’est dynamique, c’est expressif. J’aime ces phrases parfois lapidaires mais toujours percutantes, qui vont directement au fond des choses sans passer par d’artificielles périphrases certes plus « jolies » mais tellement inutiles. Pour raconter une histoire, il n’est pas nécessaire d’en faire trop, et monsieur Villeminot l’a parfaitement compris. Il n’en fait ni trop ni pas assez, il a trouvé le juste milieu, le bon rythme, et le lecteur n’a plus qu’à se laisser porter par ces mots, ces phrases, pour entrer dans cette histoire trépignante et captivante.

Je vais arrêter là mon énumération de points positifs, même si je pourrais continuer longtemps comme cela, pour m’arrêter un peu sur les côtés plus « négatifs », ou tout du moins les éléments qui me chagrinent. Je pense qu’au final, ils convergent tous vers le même ressenti : cette impression de « trop peu ». Au final, j’ai presque le sentiment que monsieur Villeminot (oui, je vais continuer à l’appeler ainsi jusqu’à la fin de ma chronique) s’est retenu : le dénouement arrive presque trop facilement, trop rapidement. Il se passe énormément de choses, mais le lecteur n’a pas le temps de savourer les implications de chacun de ses événements que déjà tout est résolu et tout est fini. Je n’aurai absolument pas été contre une cinquantaine – si ce n’est une centaine – de pages supplémentaires : je suis clairement restée sur ma faim, je pense que chaque étape de l’enquête aurait mérité à être expédiée un peu moins hâtivement.

En bref, une excellente lecture qui n’est pas passée loin du coup de cœur. Des personnages atypiques, plus énigmatiques que véritablement attachants. Une intrigue qui mêle brillamment enquête policière et créatures fantastiques, qui tient le lecteur en haleine, qui captive et qui côtoie une histoire d’amour discrète et mignonne à souhait (parce que oui, je n’ai absolument rien contre une petite romance un peu « gnangnan » dans un roman policier, bien au contraire). Seulement, un dénouement bien trop rapide qui me laisse sur ma faim … quel dommage !

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par Aryia
La Légende des 4, Tome 1 : Le Clan des Loups La Légende des 4, Tome 1 : Le Clan des Loups
Cassandra O'Donnell   
Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas dévoré un roman d’une seule traite, sans faire la moindre pause, que j’avais totalement oublié à quel point il était rafraichissant de se déconnecter complétement de notre monde l’espace de quelques heures afin de s’immerger complétement dans un autre univers ! Comme il est bon de perdre la notion du temps, d’oublier ses soucis, de tout simplement se laisser porter par une histoire sans penser à autre chose ! J’avais beau me douter que j’allais passer un bon moment de lecture en compagnie de ce livre à la couverture incroyablement magnifique, je ne m’attendais pas une seule seconde à être à ce point happée par cette histoire ! Quoi qu’en pensent ceux qui me conseillent « pour mon bien » de passer à de la littérature « de mon âge », il n’y a que la littérature jeunesse qui parvient à ce point à me captiver et à me faire me sentir aussi bien … Et c’est bien pour cela que je ne suis pas leurs conseils « bienveillants » !

Quatre clans, quatre territoires, quatre héritiers. Bien que se cotoyant chaque jour à l’école, situé en plein territoire neutre, Bregan et Maya ont l’interdiction formelle de se parler : il est l’héritier du clan des tigres, elle est l’héritière du clan des loups. La guerre a beau être terminée depuis des années, la paix reste fragile, et la moindre étincelle risque de plonger les clans dans le chaos. Les deux jeunes gens ont toutefois bien du mal à respecter ce silence imposé : un danger rôde, et il menace l’ensemble des Yokaïs, tous clans confondus. Lorsqu’un loup, puis un tigre, périssent mystérieusement, et que des humains tentent de les assassiner, Bregan et Maya s’allient avec Wan, héritiers du clan des serpents, et Nel, héritière du clan des aigles, afin de déterminer et d’éliminer la menace qui pèse sur leurs tribus respectives …

Comme tous bons premiers tomes qui se respectent, Le clan des loups pose le contexte et présente les personnages clés du cycle. Cependant, cette introduction ne signifie nullement que ce premier volume est dénué d’action, bien au contraire ! Dès les premiers chapitres, l’auteur met en évidence la tension qui règne entre les clans des loups et des tigres, on comprend que la guerre semble à deux doigts d’éclater … et on comprend également que Bregan et Maya vont avoir un rôle à jouer dans cette intrigue qui s’annonce plus complexe qu’on ne pouvait l’imaginer au premier abord. En effet, on se rend progressivement compte que les conflits opposant les quatre clans de Yokaïs - créatures mi-humaines mi-animales - ne sont que la partie émergée de l’iceberg : la véritable hostilité vient des hommes … Bregan et Maya ont bien compris que « l’union fait la force », et vont donc devoir mettre de côté leur animosité réciproque et héréditaire pour repousser ce danger qui menace autant les loups que les tigres, les aigles que les serpents. Sous de faux airs de Roméo et Juliette, ce roman montre ainsi que l’amitié peut naitre entre des membres de familles ennemies, si tant est que chacun ose remettre en question ses croyances, affirmer ses convictions et défier les traditions et autres héritages du passé. L’esprit de coopération est valorisé à travers ce livre, et c’est bienvenu dans notre société où nous avons malheureusement tendance à nous méfier les uns des autres et où le lien social est de moins en moins fort …

Contrairement à certains romans destinés au jeune public, La légende des quatre ne sombre jamais dans l’infantilisation du lecteur : un vocabulaire riche et varié, une narration fluide mais soignée, mais surtout, une intrigue qui n’a absolument rien de « simpliste » ou de « mièvre », voilà ce qu’offre ce livre ! Cela commence par les personnages : quelle richesse de caractère, quelle complexité de personnalité ! A part le petit Mika, 6 ans, qui représente à lui-seul l’insouciance et la fraicheur de l’enfance, et qui est donc indéniablement « gentil et mignon tout plein », les protagonistes ne sont ni tout blancs ni tout noirs. Wan, pour ne citer que lui, n’a rien du héros irréprochable que l’on s’attend généralement à trouver dans un livre pour « jeunes lecteurs » : calculateur, froid, acerbe, pragmatique, il donne la mort sans hésiter si cela peut servir ses intérêts … Mais il n’est pas, non plus, un de ces méchants dont le héros va se débarrasser pour que triomphe « le bien » : Wan reste un jeune homme qui cherche à protéger les siens, et auquel on finit par s’attacher malgré ses remarques cinglantes. Bregan, Maya et Nel sont dans la même veine : ils ne sont ni des saints ni des démons, ils sont juste humains avec leurs qualités et leurs défauts. Ces personnages ne détonneraient pas dans un récit « pour plus grands », bien au contraire !

Même constat pour l’histoire à proprement parler : l’auteur offre à son lectorat une intrigue riche et étonnamment complexe, qui mêle action et émotion, gravité et légèreté … Il y en a pour tous les gouts : ceux qui aiment l’humour noir accueilleront les interventions de Wan avec délice, ceux qui préfèrent les bonnes bagarres bien sanguinolentes en trouveront … et ceux qui apprécient au contraire les jolies histoires d’amour et d’amitié y trouveront parfaitement leur compte également. J’ai énormément apprécié cet équilibre entre des passages assez paisibles et même mignons et drôles (la plupart des chapitres concernant le petit Mika rentrent dans cette catégorie, mais également certains dialogues) et des moments plus sombres et plus violents, sans jamais être choquants ou effrayants. Si certains auteurs jeunesse évitent soigneusement d’intégrer la moindre petite blessure à leur histoire de peur de traumatiser ces pauvres petits enfants, Cassandra O’Donnell a quant à elle comprit qu’ils ne sont pas en cristal et n’hésite par conséquent pas à placer quelques cadavres par ci par là, quelques menaces musclées de-ci de-là … Elle offre, finalement, à ces jeunes lecteurs la même chose qu’aux plus grands : un récit complet. Une petite pincée de romance (que certains jugeront peut-être trop prévisible, trop insipide, mais que je trouve pour ma part bien amenée et assez mignonne, admettons-le) pour une grande dose d’action (et le soupçon de suspense qui va avec pour faire battre notre petit cœur de fébrilité) … sans oublier bien sûr cette bonne trace de mystère qui nous donne envie de dévorer page après page sans jamais s’arrêter !

En bref, un premier tome fantastique, très bien écrit, qui happe le lecteur du début à la fin. Des personnages terriblement attachants, malgré et peut-être grâce à leur part animale qui les rends certes plus violents et impulsifs mais également plus loyaux et moins hypocrites que bien des humains ; une intrigue déjà bien riche en rebondissements et en actions et qui ne demande qu’à se poursuivre dans les tomes à venir … Une jolie histoire d’amitié et de tolérance, de solidarité et de courage, d’amour et de fidélité, qui fera battre le cœur des petites filles comme des petits garçons, mais également celui des grandes filles et des grands garçons. Un livre à mettre entre toutes les mains, à condition d’aimer les histoires qui avancent vite sans s’embarrasser de détails inutiles, les histoires vivantes qui vont à l’essentiel sans s’encombrer de longues descriptions superflues, les histoires efficaces qui racontent une histoire sans faire de détours ! Mais surtout, voici un livre qui permet de s’évader, de rêver, d’oublier un peu son quotidien et de renouer un peu avec l’enfant qui sommeille encore en nous … car n’oubliez jamais : l’important n’est pas de lire « des livres de notre âge », mais bien des livres qui nous plaisent et qui nous font du bien !

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par Aryia
La Légende des 4, Tome 2 : Le Clan des Tigres La Légende des 4, Tome 2 : Le Clan des Tigres
Cassandra O'Donnell   
Comme pas mal de lecteurs, mon addiction aux livres est accompagnée d’une addiction aux marques pages : j’ai beau en avoir plusieurs centaines, je ne peux pas m’empêcher d’en acheter un nouveau à chaque passage à la librairie … Au fil des années, j’en ai accumulé de toutes formes, couleurs, matières, et je passe généralement autant de temps à choisir le marque-page que ma prochaine lecture : j’aime essayer d’assortir le marque-page au livre ! Dans le cas de La légende des quatre, le choix a été fort facile : les éditions Flammarion m’ont fait une très belle surprise en m’envoyant deux petits marques-pages à l’effigie de Bregan en même temps que ce tome deux ! Ils sont adorables, vraiment, je suis sous le charme ! J’ai vu qu’il existait ces mêmes marques-pages à l’effigie de Maya, il faut absolument que j’essaye de me les procurer !

De retour de la ville des humains, les quatre Héritiers ont rejoint leurs Clans respectifs afin de les informer de leurs sombres découvertes … Malheureusement, les Conseils ne prêtent que peu d’attention à leurs avertissements et leur reprochent vivement d’avoir brisé le traité de paix avec les humains. Tandis que Maya est menacée de bannissement par les siens, Bregan est défié de toutes parts par des Taïgans s’opposant à son ascension au trône. Sévèrement punie par sa mère, Nel s’en remet à la sagesse d’un vieil hibou et décide de parler à ses nouveaux amis des présages des corbeaux : de nombreux humains semblent se diriger vers les terres mortes et interdites, où se trouvent de nombreux vestiges de la civilisation ancienne. Persuadés qu’un atroce danger guette tous les Yokaïs, ils n’hésitent pas une seule seconde à braver de nouveau les interdits …

Le premier tome était excellent, et celui-ci l’est encore plus ! Complots politiques, jeux de pouvoir, meurtres et rêves de révolte, voici ce qui attend le lecteur dans ce volume riche en rebondissements et en surprises … Autant vous dire qu’une fois entamé, vous ne pouvez pas le lâcher ! Nous retrouvons nos quatre jeunes héros dans de biens mauvaises postures : considérés par des traitres à cause de leur « alliance contre-nature », ils doivent lutter pour conserver leur statut d’Héritier. Tandis que Maya est enfermée dans sa chambre sans pouvoir libérer la louve qui grogne en elle, Bregan doit faire face aux défis incessants de ses opposants. Pendant ce temps, informée des agissements des uns et des autres ainsi que de ceux des humains par ses amis les corbeaux, Nel, la plus jeune du quatuor mais certainement la plus lucide, craint que l’aveuglement des Conseils ne les mènent tous à leur perte. Et le lecteur partage cette inquiétude : tandis que les Yokaïs s’enlisent dans ces guerres intestines, les hommes fomentent leur revanche sur ces « bêtes » qui les asservissent depuis si longtemps … Et pour cela, fidèles à leur nature destructrice, ils sont prêts à toutes les atrocités. Ne nous mentons pas : cette saga ne véhicule pas une image très positive de la nature humaine …

Il faut dire que ce livre est tout sauf « enfantin » ! Une des grandes questions posées ici est en effet la suivante : la fin justifie-t-elle tous les moyens ? Pour Wan, la réponse est claire et nette : mais bien évidemment ! Fourbe, sarcastique, sanguinaire, le jeune Serpaï a tout pour déplaire … mais pourtant, on ne peut pas s’empêcher de l’apprécier ! J’ai toujours eu un faible pour ce type de personnages, et Wan ne fait pas exception : j’aime son humour noir, son cynisme, son côté « rebelle sombre et énigmatique » … et c’est un véritable régal que de le voir batailler avec des sentiments et émotions qu’il pensait ne jamais éprouver ! Et cela d’autant plus que cela ajoute un peu de piquant à la sous-intrigue « romance » de cette saga : contrairement à certains lecteurs qui regrettent un « énième » triangle amoureux inutile, je suis aux anges ! La jalousie du gros chat – pardon, du tigre féroce qu’est devenu ce cher Bregan – et les piques que ne cessent de se lancer Maya et Wan apportent un peu de légèreté à cette histoire plutôt sombre et violente … Parce que les machinations et les trahisons, ça va bien cinq minutes, mais un peu de douceur dans ce monde de brutes, c’est bien aussi (mention spéciale à Mika et Hope, ils sont définitivement trop mignons) !

La conclusion est donc inévitable : ce second tome est tout simplement génial ! Une fois de plus, l’autrice offre à son lectorat, jeune comme moins jeune, une histoire riche en actions et en émotions, une histoire incroyablement palpitante et trépidante que l’on dévore du début à la fin sans vraiment s’en rendre compte ! Des personnages toujours plus attachants, qui n’hésitent pas à se rebeller contre les lois ancestrales pour le bien de tous et au nom d’une amitié aussi inattendue que puissante, une intrigue toujours plus surprenante, une narration toujours aussi vivante, et surtout un final incroyablement prometteur … que pouvons-nous demander de plus ? Tout est déjà là, y compris des illustrations de couvertures à couper le souffle (toutes mes félicitations à Xavier Collette pour ce merveilleux travail) ! Le seul problème, finalement, c’est de devoir attendre la sortie du troisième tome ...

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2018/12/la-legende-des-quatre-tome-2-le-clan.html

par Aryia