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Sale voleuse ! Je le savais !

Sven bondit sur la fillette, lui immobilisant les deux bras. Elle se débattit.

- Lâche moi, idiot! Je ne suis pas une voleuse!

- Ah oui? ricana-t-il. Alors pourquoi farfouillai-tu dans la tiroir où fröken Jonsdotter garde l'argent du ménage ?

- Je l'ignorais !

- A d'autres! Et n'essaie pas de me griffer, saleté ! Je vais te ligoter à ce chaise, puis j'irai prévenir les konstapel. La maison de correction , voilà ce qui t'attend !

Adel vit rouge. Être à nouveau enfermée, houspillée, contrainte -pas question ! Elle gigota de plus belle, mais le garçons était solide et rompu au travaux de force: il ne relâcha pas sa prise. Elle essaya de lui donner des coups de pied par-derrière, qu'il esquiva en riant de plus belle.

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Ses trouvailles, en matière de châtiments, étaient même si raffinées, si méthodiquement cruelles, que les enfants qui avaient la malchance de vivre entre les murs sombres et suintants du 8 de la rue Pissevieille s'éparpillaient à son approche comme une bande de moineaux effarouchés. Hélas, il n'était jamais possible d'aller bien loin ; et si vous aviez commis un crime capital (par exemple, vous plaindre de la nourriture infâme, cou­rir dans un couloir ou vous pencher à l'une des fenêtres dans l'espoir de respirer un peu d'air frais), vous risquiez de vous retrouver enfermé dans une lessiveuse avec un tas de chaussettes sales ou, pire, à genoux sur une règle en fer, dans une posture humiliante et douloureuse. Ce qui aurait paru une véritable bagatelle s'il n'avait fallu écouter, pendant les deux heures jugées suffisantes pour purger votre esprit de toute mauvaise intention, la lecture d'un opuscule au titre évocateur : De l'éducation des orphelins et de la meilleure manière de remédier aux tares causées par l'atavisme et les mauvais exemples, de J. M. Rancune, fondateur-bienfaiteur de l'institution Sainte-Frédégonde. Ce fondateur avait rejoint ses ancêtres bien des années auparavant, mais ses principes, hélas, lui avaient survécu. Son petit-fils, J. E. Rancune, assisté de l'infatigable Mlle Lelonbec, veillait à ce qu'ils fussent appliqués, de jour comme de nuit.

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Adel ! Viens tout de suite ! Je te l'ordonne, tu entends, je te l'ordonne ! Sors immédiatement de ta cachette ou je te...

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Paris, novembre 1863

- Adel ! Viens tout de suite ! Je te l'ordonne, tu entends, je te l'ordonne ! Sors immédiatement de ta cachette ou je te...

La voix aigre et criarde de Mlle Lelonbec marqua une pause, comme si la vieille mégère peinait à imaginer une punition appropriée à l'indiscipline de sa pupille. Et pourtant, la directrice adjointe de l'orphelinat Sainte-Frédégonde ne manquait pas, dans ce domaine, d'un certain talent. Ses trouvailles, en matière de châtiments, étaient même si raffinées, si méthodiquement cruelles, que les enfants qui avaient la malchance de vivre entre les murs sombres et suintants du 8 de la rue Pissevieille s'éparpillaient à son approche comme une bande de moineaux effarouchés. Hélas, il n'était jamais possible d'aller bien loin ; et si vous aviez commis un crime capital (par exemple, vous plaindre de la nourriture infâme, cou­rir dans un couloir ou vous pencher à l'une des fenêtres dans l'espoir de respirer un peu d'air frais), vous risquiez de vous retrouver enfermé dans une lessiveuse avec un tas de chaussettes sales ou, pire, à genoux sur une règle en fer, dans une posture humiliante et douloureuse. Ce qui aurait paru une véritable bagatelle s'il n'avait fallu écouter, pendant les deux heures jugées suffisantes pour purger votre esprit de toute mauvaise intention, la lecture d'un opuscule au titre évocateur : De l'éducation des orphelins et de la meilleure manière de remédier aux tares causées par l'atavisme et les mauvais exemples, de J. M. Rancune, fondateur-bienfaiteur de l'institution Sainte-Frédégonde. Ce fondateur avait rejoint ses ancêtres bien des années auparavant, mais ses principes, hélas, lui avaient survécu. Son petit-fils, J. E. Rancune, assisté de l'infatigable Mlle Lelonbec, veillait à ce qu'ils fussent appliqués, de jour comme de nuit.

- Adel !

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- Sale voleuse ! Je le savais !

Sven bondit sur la fillette, lui immobilisant les deux bras. Elle se débattit.

- Lâche moi, idiot! Je ne suis pas une voleuse!

- Ah oui? ricana-t-il. Alors pourquoi farfouillai-tu dans la tiroir où fröken Jonsdotter garde l'argent du ménage ?

- Je l'ignorais !

- A d'autres! Et n'essaie pas de me griffer, saleté ! Je vais te ligoter à ce chaise, puis j'irai prévenir les konstapel. La maison de correction , voilà ce qui t'attend !

Adel vit rouge. Être à nouveau enfermée, houspillée, contrainte -pas question ! Elle gigota de plus belle, mais le garçons était solide et rompu au travaux de force: il ne relâcha pas sa prise. Elle essaya de lui donner des coups de pied par-derrière, qu'il esquiva en riant de plus belle.

-Je vais hurler, décida Adel. Les demoiselles seront alertées par le vacarme, elles viendront voir ce qui se passe. Peut-être m'écouteront-elles.

Elle ouvrait la bouche quand elle entendit Sven pousser un glapissement de douleur; au même instant, les mains qui la tenaient glissèrent de ses épaules. En se retournant, elle vit Aeilin debout à côté du peau à sel, une fourchette à la main. Elle venait d'enfoncer l'instrument dans les fesses de Sven et semblait fort contente d'elle-même.

Le garçons gémissait et la regardait, les yeux écarquillés.

- Un tomte, bégaya-t-il, un tomte !

- Exactement ! Vociféra la petite princesse. Et, comme tout les tomtes, je ne supporte pas l'injustice, Sven Gurnnasson ! Assieds-toi !

- Je... Je ne peux pas, fit l'interpellée, piteux. Tu ma fait mal !

- Tu l'as mérité! Ne bouge pas, je t'ai à l'oeil ! Et ouvre toutes grandes tes oreilles de benêt ! Ces deux hommes, à la Grue couronnée...

- Ses complices? interrogea l'apprenti justicier qui jeta à Adel un regard plein de ressentiment.

- C'est ce que tu crois, sot que tu es ! Âne bâté ! Oisillon sans cervelle !

'' Elle y va fort'' songea la fillette.

Mais Sven, fasciné et effrayé, avait perdu toute sa superbe et tremblait comme un marmot qui a vu un fantôme.

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