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Albert Simonin

Auteur de 9 livres
ajouté par anonyme 2012-11-21T18:20:38+01:00

Biographie

Nationalité : France

Né(e) à : Paris , le 18/04/1905

Mort(e) le : 15/02/1980

Biographie :

Albert Simonin est un écrivain et scénariste français.

Auteur d'un dictionnaire d'argot publié en 1957, Albert Simonin est connu pour avoir reproduit dans ses romans le parler des voyous avec un grand souci d’exactitude et de précision.

Journaliste à L'Intransigeant, il est chargé de la rubrique sportive. Chauffeur de taxi, il tire de son expérience un reportage romancé, Voilà Taxi. Revenu au journalisme, il tient à L’Intransigeant une chronique quotidienne, le Billet de l’Homme de la Rue et donne à Voilà et à Détective une série de reportages sur la vie secrète de Paris.

Il coécrit d'ailleurs avec Henri Coston une brochure, Le bourrage de crâne. Du fait de ces activités, il est condamné à la Libération et purge une peine de cinq années de réclusion. Il bénéficie en 1954 d'un décret d'amnistie.

Il publie, en 1953, Touchez pas au grisbi !. Ce premier ouvrage lui apporte la célébrité dès sa parution, avec l'obtention notamment du Prix des Deux Magots.

Jusqu’en 1977, Albert Simonin écrivit une dizaine de romans dont l’action se situait essentiellement dans le monde des truands des années 1920 à 1970.

Le dictionnaire dont Albert Simonin est l'auteur, Le Petit Simonin illustré, dictionnaire d'usage (1957) a été réédité en 1968 sous le titre Le Petit Simonin illustré par l'exemple.

Plusieurs romans d’Albert Simonin furent adaptés au cinéma ; il travailla lui-même au scénario ou aux dialogues d’une trentaine de films (souvent en collaboration avec Michel Audiard), dont certains sont devenus des classiques : Touchez pas au grisbi et Les Aventures d’Arsène Lupin, de Jacques Becker, Le Cave se rebiffe et Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier, Du mouron pour les petits oiseaux de Marcel Carné, Mélodie en sous-sol de Henri Verneuil, Le Pacha et Les Barbouzes de Georges Lautner.

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Quelques chiffres

Note moyenne : 9/10
Nombre d'évaluations : 2

0 Citations 8 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Albert Simonin

Sortie France/Français : 2017-11-02

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-01-11T18:44:28+01:00

Maître ès langue verte ou noire, moi je dis chacun sa couleur. Ce qu’est sûr, mais alors certain de chez évident, c’est qu’Albert Simonin a le génie de la langue des faubourgs, de celle qu’on jactait de naissance sans s’emmerder à poser son cul sur un banc crasseux d’école publique.

Après avoir tartiné quelques souvenirs sous forme de roman, Albert a eu une étincelle cervelette, ni idiote ni loufdingue : plutôt que d’aller essayer de traduire des foutus manuels de savoir-trinquer écrits généralement par des pincées des louloutes, pourquoi pas se fendre d’un vrai viatique bienséant au pays du mitan ? Voilà une idée qu’elle était bonne, et si les pégriots y trouveront évidemment leur compte, le cave pourra aussi l’apprendre par cœur, histoire que cézigue le soit un peu moins, caviot.

Ce bouquin ne peut être ni critiqué ni apprécié, le génie ne se prêtant pas à ce genre d’entourlouze. Vaut mieux que je me tire et que je laisse la place à l’Albert…

La toilette : « Vous évoquer au paddock nous amène, raide comme balle, à vous saisir au petit lever, et à vous entretenir en priorité du pyjama, une des pièces maîtresses de votre garde-robe. »

Le blaze : « De même qu’il n’est pas de fumée sans feu, il n’est pas de blaze sans origine, gratuitement attribué, et qui ne reflète le truand qui le porte, sa carrière, ses mérites, ses tares. »

La voiture : « descendre au Bois une ou deux frangines qui vont en votre honneur y prendre leur poste d’affût: effectuer un aller-retour au champ de courses, sur lequel un outsider que vous suivez depuis ses débuts doit disputer l’épreuve de sa carrière ; draguer une dizaine de bornes dans les quartiers propices, à l’heure où les bureaux libèrent la dactylo avide de s’émanciper ; passer relever les compteurs auprès de vos gagneuses, nous ne voyons guère, mis à part les petits parcours de sirop à tapis, en quelle autre circonstance vous allez avoir l’occasion de faire rouler cette tire. Dès lors, qu’avez-vous donc à foutre qu’elle consomme comme un char Sherman ? »

Les nanas : « Vous l’aurez levée à la rencontre, dans un guinche, voire du siège de votre Américaine, à la drague. Une attaque nerveuse de l’asphalte par le paturon cambré, un galbe de jambe émouvant, un roulis de hanche généreux, peut-être simplement un port de tête décidé, vous auront alerté, fait subodorer la qualité à l’état pur. Vite fait, bien fait, voilà la pouliche emballée, à disposition de usted. Une page de son destin vient de se tourner. La joie du bon artisan devant le fin labeur à exécuter vous anime. Déjà la délicate option sollicite votre esprit : dressage en férocité ou dressage en persuasion ?...

C’est tout de la même eau, et pendant 271 pages c’est l’arc en ciel improbable d’une littérature souvent grise ou rouge un peu trop sang. Quand z’aurez terminé c’te book, vous le relirez aussi sec, foi de caviot.

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Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-01-19T11:28:21+01:00

Résumé

Ce bouquin appartient au cycle « Max le menteur », qui comprend, outre celui-ci, « Touchez pas au grisbi » et « Grisbi or not grisbi ». Les trois ont été récemment réédités ensemble.

Max est un truand, un « homme », qui préfère le pétard à la carambouille. Pas rangé des voitures mais à l’aise en artiche pour l’instant, il se laisse convaincre par son meilleur poteau, Pierrot dit « le gros », de reprendre une boite. Celle-ci devrait permettre de jolis bénefs, car elle sert aussi d’enregistreuse de paris clandestins.

Mais la boite en intéresse aussi un autre, bien décidé à l’avoir pour rien.

Les élucubrations du bertrand

Quand on te dit « Le cave se rebiffe », tu penses illico à Gabin et à la brochette d’acteurs fameux qu’il composait dans le film de Gilles Grangier, avec Bernard Blier, Maurice Biraud, Françoise Rosay et Martine Carol. Tu penses aussi que tu vas te marrer, parce que question rigolade le film se posait là.

Eh bien, t’as tout faux ! Le film dialogué par Audiard, il a qu’un rapport franchement antipodique avec le livre. Exemple, « Le dabe » on ne le fréquente caïman pas dans ce booquin.

Ceux qu’on suit à la trace, c’est Max toujours et Pierrot souvent.

Max, c’est un mec plutôt chouette, le contraire d’un tordu. Il aime les belles bagnoles : il possède une Vedette que, comme tu l’as en mémoire, Ford avait sorti en 1948 pour concurrencer la citron 15, et dont le V8 a l’échappement velouté.

Il tient à se saper convenablement, pas le genre de hotu à traîner en jeans et demander cent balles. Se saper, c’est essentiel parce que ça permet d’attirer la greluche. Belle gueule, belle tire, costar impec, elles tombent toutes, forcément.

Bon, c’est vrai que vaut mieux se farcir des frangines du milieu qu’ont une saine mentalité, parce que les autres te laissent tomber, les salopes, au premier accroc avec la maison poulaga.

Il avait pas d’intention belliqueuse, Max, il achetait juste un rade qui devait rapporter gros. A la première visite, il remarque bien que les glaces du décor sont étoilées à la bastos de mitraillette, mais les artisans sont là pour retaper, non ? A la deuxième, il avise que le contenu de la cave a été chouré, et qu’en plus y’a un macchab en plein milieu de la piste de danse… Il est pas si con, Max, il devine qu’on lui en veut, dans un admirable mouvement de logique que Descartes lui-même eût salué.

Le coupable, c’est un hotu comme lui, mais alors un vrai salaud celui là. Max, c’est pas le genre à appeler la maison bourreman au secours, il règle ses affaires tout seul, au Beretta…

Si t’aimes la langue de Simonin, t’es verni, c’est lui qu’a écrit ce livre. Si t’aimes pas, casse-toi, c’est à ceux qui aiment que j’cause. Le style d’Albert, c’est du 20/20, les personnages, le décor de Montmartre ou de la porte Champerret c’est extra. Mais le déroulé de l’histoire laisse un peu sur sa faim parce qu’elle est mal, mais alors très mal, construite et que tu peux partir sur une piste intéressante et que Simonin oublie de t’affranchir de la suite ou de la fin. Au total, c’est contrasté, mais ça vaut quand même l’achat, pense à ce que tu te serais emmerdé si t’avais pris le polar d’Eva Joly à la place.

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Commentaire ajouté par dibenet 2012-01-21T12:16:58+01:00

adapté au cinéma : Les Tontons Flingueurs

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Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-01-28T14:15:11+01:00

Chourer l'artiche, ça va, mais se l'garder, c'est duraille

Putain que la vie est douce quand on a fait un beau casse, qu’on a chouré cinquante briques à des caves qu’en avaient forcément pas l’emploi et qu’on a plus qu’à se la couler douce ! En faisant un peu attention quand même aux Roycos, parce que les lardus, ça n’est jamais loin.

Ah la belle vie, la chouette existence ! Une Vedette huit cylindres, une carrée tout ce qu’il y a de respectable à Neuilly, juste en face du quart histoire de dissuader les malfaisants qui traînent, même si le quartier est tranquille, des costards chics sans faux plis, et des gisquettes à la pelle, en veux-tu en voilà, qu’on emmène croquer à La Cascade, parce que « le bois », on fait pas plus chic, elles préfèrent ça aux courtines. De temps à autres, un crouton chez la mère Bouche, une vieille respectable chez qui la bouffe est au poil.

Mon blaze, c’est Max, Max le menteur va savoir pourquoi, moi qui suis tout ce qu’il y a de plus franc. Moi, je suis pas un givré, je cause pas. Ni à la maison poulaga, ni surtout aux gonzesses. Pas fou. Je tombe jamais amoureux, ou alors une petite heure, à la rigueur deux jours. Bref, si j’ai quelques défauts, je suis un mec normal, enfin normal pour ceux du mitan.

J’avais un pote, le môme Riton. Un mec bien, Riton, on a d’ailleurs fait notre dernier casse ensemble, c’est tout dire. Eh ben, si vous voulez tout savoir, pas si bien que ça en fait, parce qu’il a cafté à sa môme. Une sournoise, celle-là, une tordue, Josy qu’elle s’appelle. Elle cause celle-là, elle cause beaucoup trop, et elle a des fréquentations pas avouables, Lola par exemple. Bref, nos cinquante briques à Riton et à moi, notre grisbi enfouraillé à la sueur de nos pognes, y’a des apaches qui se sont mis dans le crâne de nous en dépouiller.

De sales apaches, commandés par Angelo. Ils m’ont salement amoché Riton, tellement à vrai dire qu’il vient d’en caner. A la piquouse qu’ils me l’ont seriné, mon pote. Vous trouvez ça régulier, vous ? Moi pas. Et avec mes potes Pierrot et Marco, on va leur servir l’addition. Croyez-moi, une belle note, salée à la bastos de P38.

Avis

Excellentissime polar, dont l’action se situe presque entièrement dans le triangle place Clichy, Notre-Dame de Lorette, place Pigalle. Du vrai polar, du dur, du pur, avec des truands comme on les aime. Sûr que ça n’a rien à voir avec du Millenium. Deux avertissements sans frais néanmoins : primo, la gent féminine n’appréciera peut-être pas d’être peinte à la manière de Simonin ; deuxio, le bouquin a été écrit alors que des termes comme « bicot », « bique » etc.… étaient encore moralement autorisés, ce qui n’est plus le cas et en choquera plusieurs.

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Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-02-08T05:12:07+01:00

Le Mexicain, j’pouvais pas dire non, mais j’commence à regretter ! Vous connaissiez pas le Mexicain ? Un homme, cézigues, un vrai ! Vingt piges qu’il s’était tiré en Amérique du sud, au nez et à la barbe des poulets qu’étaient devenus trop pressants. Là-bas, il a connu une vraie réussite d’entrepreneur, il a racheté des établissements, les a fait prospérer. Un mec bien, et y’a que les caves qui lui reprocheront que ses usines, c’était des turbins à nanas. Il a continué là bas ce qu’il savait faire ici, le mac, mais en grand. Donc, respect.

Y vient de caner, le Mexicain, saloperie de pendule… Pierrot et moi, on est réglos, donc on doit tenir son bizness en France, des rades et des tapis. Savoir que c’est surtout les tapis qui chient l’fric, parce que les michés qu’aiment le jeu au calme, ça manque pas. Au Campico, le rade du Mexicain, j’ai rencontré cette grosse chiffe-molle de Volfoni, un adipeux énorme qui peut même plus porter ses grolles tellement qu’il a mal à ses panards. Cézigues voudrait racheter les tapis au rabais… Ca va pas la tête ?

Comme on va les visiter, justement, ces tapis, on arrose ma Vedette presque neuve à la bastos, et à répétition encore ! Après, on nous fait du crade sur la péniche, un autre tapis bien discret. Tout ça, on sait qui c’est, c’est Raoul, Raoul Volfoni, c’te bibendum graisseux, c’te ordure !

On m’aura tout fait, dans ce polar. Le môme Fred, on croyait, naïfs qu’on est, qu’il avait une saine mentalité, eh ben y s’est maqué avec Volfoni, ce porc. Moi, j’voulais pas qu’on l’bute, le Fred, surtout pas comme ça, pendu. J’le vois encore gigoter, et j’en ai marre, des refroidis. C’est comme la Florence, tiens. Oh, celle-là, après lui avoir fait faire le grand écart sur mon plumard, j’croyais bien qu’elle m’avait à la bonne, et même un peu plus. Eh ben, même pas ! Une pute de chez pute, un sac à talbins dans la tocante et pis c’est tout.

Moi, j’vais vous dire, j’suis à la ramasse. Crevé de faire pan-pan avec mon magnum, rassis de croire que c’te môme elle pouvait avoir l’béguin pour mézigue, même plus envie de vengeance. Pierrot, y comprend pas ça. Y m’a même parlé d’une manière que, c’en aurait été un autre, j’l’aurais allongé. J’en ai ma claque de tout c’purin. J’raccroche et j’me refile au soleil. En passant, t’as l’bonjour de Max, t’en entendras plus causer.

Avis

Le dernier de la trilogie des « Max le menteur » est aussi le plus abouti, le plus humain, on pourrait même parler de désespoir muet et froid. Langue exceptionnelle, comme les deux autres, mais le scénario est cette fois remarquablement maîtrisé. Bref, un monument littéraire qu’on se doit d’avoir lu, même s’il n’a pas grand rapport avec le film auquel il a donné naissance, « Les tontons flingueurs », qui n’a retenu du livre que quelques bons mots et fait se marrer la France entière. Dans « Grisbi or not grisbi », on ne rit jamais, mais quel fantastique moment on passe en la compagnie d’un Max finalement très touchant.

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Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-03-15T17:30:42+01:00

Au sommet de l’art-go

Albert Simonin s’est visiblement fait plaisir avec cette lettre ouverte au mitan. Coup de pot, il nous enchante du même coup.

Cet essai date de 1966, coincé entre deux écritures de scenarii, ceux de « La métamorphose des cloportes » de Pierre Granier-Deferre (1965) et du « Pacha » de Georges Lautner, starring Jean Gabin et music by Gainsbourg (1967). Coincé sans doute, car très court, coincé mais ô combien délicat et délicieux pour cézigue dont le tympan frétille d’excitation au parlé marloupin.

La forme n’est pas celui de la lettre ouverte. Il s’agit d’un dialogue, qu’on imagine volontiers tenu une fin d’après-midi dans un bar des Champs, entre l’auteur, méfiant, provocateur, ironique, et un truand entre deux âges. Truand à la Ventura, franc, affectueux, mais la tête près du bonnet, la pogne gauche retenant celle de droite, la directe, d’empaffer le barbouilleur de pages vierges qui lui fait face.

Le fond de l’essai, le message qu’a voulu faire passer Simonin, c’est que le malfrat est bien loin, dans la réalité, de l’être pur, droit, franc, fidèle en amitié, correct quoique volage en amour, muet comme la carpe lorsque par obligation il fait un stage à la maison poulaga : « t’as entendu parler de la crampe du poignet chez les perdreaux, comme nouvelle maladie professionnelle ? (…) Ils tiennent plus les interrogatoires, les tiges, faut qu’ils se relaient à la machine à écrire tant le truand devient prolixe, raconte sa vie et celle des autres ».

Le dialogue qui forme cet essai, c’est donc celui d’un truand de cinoche, beau gosse sur le retour mais viril, oh là là, qui croit encore et toujours à un tas de trucs popularisés par Gilles Grangier & Co, face à un Albert Simonin qui lui assène ses quatre vérités : « Dis donc, innocent, je reproche, t’en es encore aux Mystères de Paris avec tes secrets du mitan. T’es l’ultime à y croire. Si je te laisse batifoler dans le légendaire, en moins de jouge, tu vas me placarder la loi du silence ! ».

Délice verbal, plaisir immense de lire une langue argotière si bien rendue, cet essai nous enivre d’air des faubourgs. A ne manquer sous aucun prétexte ! Quand on pense que certains (surtout certaines d’ailleurs) ne jurent que par Stephen King et sa littérature d’aéroport chic mais vide, je les plains sincèrement s’ils n’ont pas encore découvert la richesse qui se dégage de cette gare de banlieue là.

J’irai même jusqu’à l’élever aux cimes, ce bouquin, le poser piédestal, le maçonner palladium, l’éterniser fanal. Si t’as jamais lu du Simonin, t’as pas vraiment vécu…

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Commentaire ajouté par NoirdePolars 2012-05-28T15:47:52+02:00

Sous ce titre, l’éditeur a regroupé trois livres d’Albert Simonin, publiés chez Gallimard de 1968 à 1971, « Le hotu », « Le hotu s’affranchit », et « « Hotu soit qui mal y pense ». Bonne initiative, puisque ces trois là n’en forment en réalité qu’un, et qu’une lecture dans le désordre rendrait l’intrigue impossible à suivre.

Deux demi-sels bien différents, et qui vont pourtant faire équipe : Jeannot, dit Johnny, fils de famille dévoyé, sorte d’affreux blouson noir de style Passy, fringué classe, jactance étudiée, moralité zéro, et Paul, dit Paulo. Le premier crèche chez sa marraine, rue Fortuny, le XVIIème chic, le second à l’hôtel de l’Avenir, à Saint-Ouen. Equipe, équipée : chacun va apprendre de l’autre. Le premier jacte comme il faut et apprécie le Saint-Emilion, l’autre castagne correct, avec un méchant coup de boule. Les deux n’ont qu’une idée dans le ciboulot : affurer !

La galerie de personnages nous permet de retrouver, et avec quel bonheur, Gros Pierrot, le tenancier de boxon classieux, Max le menteur, Paulette, la veuve du Mexicain, qui s’illustrèrent dans le cycle précédent, celui du « Grisbi ».

Simonin a transposé son Hotu dans le Paris rive droite des années trente : on roule en Chenard, en Delahaye ou en Chrysler (remarquez que y’a que la ricaine qu’a survécu…), on saute joyeusement la secrétaire ou la femme du monde dont les chagattes n’attendent que ça. Parfois on tape, on les met au pas, parce qu’on nous appelle « Messieurs les Hommes ». C’est Ben Laden qu’aurait aimé vivre ce temps là, tiens !

Il n’y a aucun mystère, seulement des scènes de vie. Mais quelle maestria littéraire ! Elle assoit carrément. D’ailleurs, je suis tombé sur le fondement en lisant « Le hotu ». Avais-je déjà pris autant de plaisir à lire un polar ? Peut-être pas. Parce que là, mes agneaux, c’est que le plaisir, y dure longtemps ! Cinq cent dix pages de reluctance des neurones ! Un feu d’artifices qui n’en finit pas. Sûr, ça ? Eh bien, malheureusement si, c’est fini page 511. Et là, je proteste, j’en voudrais encore, et ce connard qu’est déjà parti et qu’écrira donc plus rien.

Par pitié, gentes gisquettes et grands saigneurs, lisez ça ou bien je ne vous affranchis plus jamais. Et arrêtez de vous abêtir avec les soi-disant petits génies de l'époque, les qu'on vend bien, les... (bon j'arrête, m'faut encore de croûter quelques années).

chronique complète ici:

http://noirdepolars.e-monsite.com/pages/joyau-litteraire/le-hotu-d-albert-simonin.html

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