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Tous les livres de Christian Bobin

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28 lecteurs

" Je n'écris pas un journal mais un roman. Les personnages principaux en sont la lumière, la douleur, un brin d'herbe, la joie et quelques paquets de cigarettes brunes. " Christian Bobin écrit donc le roman d'une année, décrivant la vie comme elle va, le temps comme il passe. Les mots suivent le temps des fleurs, le temps d'une cigarette, le temps de l'enfance, le temps de l'absence. Des mots simples, de la joie ou de la tristesse, qui font gagner à l'écrivain le pari d'une écriture du silence.

1 lecteurs
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4 lecteurs

Carnet du soleil s inscrit dans la continuité de « La plus que vive » (Gallimard, 1996) dans la mesure où Christian Bobin reprend aujourd hui sa plume pour écrire à celle qui bouleversa sa vie en disparaissant prématurément à l âge de 44 ans : « Mourir ne referme pas le livre à sa dernière page » écrivait-il alors. En effet, il revient aujourd hui vers elle, il lui parle de tout ce temps qui les sépare et pourtant...

3 lecteurs
2 notes
4 lecteurs

Tacite, pour son plus grand malheur avait rencontré la femme de sa Vie. Tacite était un chat de gouttière au pelage noir et aux manières calmes - un peu trop calmes peut-être. La femme de sa vie s’appelait Brulhe. C’était une chatte angora qui, à l’époque de leur mariage, suivait des études d’architecture et depuis s’était installée à son compte dans un commerce de lingerie fine.

Brulhe était fraîche comme le vent du printemps, douce comme la nuit d’été, mais son cœur était comme la lune que l’on voit grandir et diminuer dans le ciel : un morceau de gruyère périodiquement rongé par les souris. Le cœur de Brulhe était fantasque. Comme la lune, il avait sa face aveugle. Tantôt ouvert tantôt fermé. Tacite naviguait sur ce cœur comme un marin perdu sur la haute mer, regardant avec angoisse les vagues immenses qui pouvaient d’une seconde à l’autre l’engloutir. Il s’était renseigné, Tacite. Il avait regardé autour de lui : il comprit bien vite que ce qu’il vivait de si extraordinaire n’était rien d’autre que cette vie que l’on appelle « vie conjugale », Curieux mélange de solitude et de confort. Tantôt les anges avec leurs flûtes, tantôt les diables avec leurs pétards. Tantôt la lumière, tantôt l’ombre, et même plus souvent l’ombre que la lumière : cela allait si loin que souvent, alors que Tacite lisait son journal dans la salle à manger, Bruîhe, en sortant de cette pièce, éteignait la lumière comme s’il n’y avait jamais eu qu’elle seule dans la maison. Cela n’en finira jamais, soupirait Tacite, lissant ses moustaches dans le noir et retrouvant un souvenir particulièrement sombre de son enfance.

4 lecteurs

Cet ouvrage est né d'une heureuse rencontre entre un écrivain et un photographe. Le premier, Christian Bobin est un auteur affirmé. Il a déjà publié de nombreux livres, dont quelques-uns chez Gallimard qui ont connu un grand succès : Le Très-Bas (1992), La folle allure (1995). C'est un homme discret, qui aime peu parler de lui. Il préfère s'effacer devant ses écrits et laisser aux lecteurs le plaisir de découvrir son univers de mots et de sensations.

Le second, Édouard Boubat, est un photographe de renommée mondiale. Nous avons l'habitude de lire sa sensibilité à travers les étonnantes photographies devenues des classiques que nous retrouvons dans les nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés. Ces personnalités fort différentes se sont réunies autour d'un projet commun. Le résultat est le fruit des voyages du photographe, sillonnant la planète pour y capter partout la vie, et de l'écrivain, inspiré par les ouvres de Boubat et voyageant à travers elles.

1 notes
2 lecteurs

"Un matin sur le rebord de la fenêtre, il y a eu dans cette chambre, d'un côté le dessin d'un visage, de l'autre un bouquet de pivoines. Ils sont entrés en lutte. Ce livre est la chronique de leur guerre."

1 notes
9 lecteurs

Au lieu de répondre à la question: “Qu’est-ce qui donne un sens à votre vie?” que lui avait posée un directeur de revue, l’auteur a eu envie de s’évader ailleurs et d’écrire ce petit livre qu’il termine ainsi: “Bien sûr, je ne réponds plus vraiment: je chante

2 lecteurs

Au début du deuxième chapitre le monde était très simple. Le monde était composé de deux pays et de deux seulement...

9 notes
24 lecteurs

Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire.Ce sourire, au début, personne pour le voir. Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place.Donc le sourire de Geai, noyée depuis deux mille trois cent quarante-deux jours dans le lac de Saint-Sixte, en Isère, commença à donner de plus en plus de lumière.

2 notes
12 lecteurs

Quatrième de couverture

" Tu dis n'importe quoi, c'est tellement agréable, d'ailleurs n'importe quoi, ce n'est jamais n'importe quoi : tu es là, tu passes d'une chambre à l'autre, tu parles toute seule, et voilà ce que tu entends lorsque tu parles toute seule, de la chambre rouge à la chambre jaune, dans le passage: hier j'étais heureuse. Aujourd'hui je suis amoureuse, et ce n'est pas pareil. Et c'est même tout le contraire. "

3 lecteurs

Chez nous on cache son visage.

Le corps, pas d'importance. Le corps va nu sous le soleil, le blond soleil qui brûle le jour, qui brûle la nuit. Car chez nous il n'y a pas de nuit. Ce qu'on appelle la nuit c'est par commodité, quand l'amour vient aux amoureux, quand deux corps se serrent l'un contre l'autre comme deux épis de blé sous le même vent. Quand deux amants mélangent leurs jambes, on dit qu'ils font la nuit. Une nuit privée, une petite nuit de rien du tout pour deux personnes, deux corps légers sous le soleil. Même quand ils font la nuit, les amants ne se montrent pas le visage.

Interdit. Intouchable. Impensable

6 lecteurs

Quatrième de couverture

Tout se passe comme si notre vie suivait d'autant plus sûrement son cours que nous en étions absents. Durant tous ces jours, une pensée, éclose au plus sombre de la mémoire. Elle est là. On sait qu'elle est là, proche, à portée de mot, mais on la cherche en vain, on ne la trouve pas et ce sont d'autres pensées qui viennent et s'imposent, celle d'un voyage ou d'un chagrin, d'autres encore, jamais celle désirée, jamais celle vous concernant. J'écris dans un carnet bleu noir. Les mots peuvent aider, pour peu qu'ils conduisent jusqu'au moment de leur insuffisance éternelle. Je nomme « bonheur » cette absence de repos, « calme », cette sollicitation ininterrompue des pensées. Je vous écris l'évidence : que chaque soir je vais m'endormir dans le lit que me fait votre voix. --Ce texte fait référence à l'édition

5 notes
26 lecteurs

"J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné."

Christian Bobin renoue avec la fibre narrative de ses grands livres : Le Très-Bas, Prisonnier au berceau, et construit son livre en quinze récits : des portraits d'êtres aimés (son père), des rencontres (Maria l'enfant gitane, une mendiante) des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould, Matisse, Pascal), des visions (une branche de mimosa, une cathédrale) et une longue lettre à la femme aimée et perdue, « la plus que vive ». Entre ces récits, viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d'humanité. Un même fil rouge unifie tous ces textes, c'est la voix de Bobin, à nulle autre pareille et son regard de poète qui transfigure le quotidien.

3 notes
10 lecteurs

« Quelque chose avant sa venue le pressent. Quelque chose après sa venue se souvient de lui. La beauté sur la terre est ce quelque chose. La beauté du visible est faite de l’invisible tremblement des atomes déplacés par son corps en marche. »

« Il couleur marche. Sans arrêt il marche. Il va ici et puis là. Il passe sa vie sur quelques soixante kilomètres de long, trente de large. Et il marche. Sans arrêt. On dirait que le repos lui est interdit.

Ce qu’on sait de lui, on le tient d’un livre. Avec l’oreille un peu plus fine, nous pourrions nous passer de ce livre et recevoir de ses nouvelles en écoutant le chant des particules de sable, soulevées par ses pieds nus. Rien ne se remet de son passage et son passage n’en finit pas.

Ils sont d’abord quatre à écrire sur lui. Ils ont, quand ils écrivent, soixante ans de retard sur l’évènement de son passage. Soixante ans au moins. Nous en avons beaucoup plus, deux mille. Tout ce qui peut être dit sur cet homme est en retard sur lui. Il garde une foulée d’avance et sa parole est comme lui, sans cesse en mouvement, sans fin dans le mouvement de tout donner d’elle-même. Deux mille ans après lui, c’est comme soixante. Il vient de passer et les jardins d’Israël frémissent encore de son passage, comme après une bombe, les ondes brûlantes d’un souffle.

Il va tête nue. La mort, le vent, l’injure, il reçoit tout de face, sans jamais ralentir son pas. À croire que ce qui le tourmente n’est rien en regard de ce qu’il espère. À croire que vivre est comme il marche - sans fin. »

4 notes
32 lecteurs

Christian Bobin nous livre ici onze textes sur les sentiments tels que l'amour, l'amitié, la vie mais aussi son profond mépris de la société et surtout de la télévision qui vient gâcher la pureté dont Bobin nous avoue être 'fou '

2 notes
15 lecteurs

Présentation de l'éditeur

" Derrière la porte fermée à clé de sa chambre, Emily écrit des textes dont la grâce saccadée n'a d'égale que celle des proses cristallines de Rimbaud. Comme une couturière céleste, elle regroupe ses poèmes par paquets de vingt, puis elle les coud et les rassemble en cahiers qu'elle enterre dans un tiroir. " Disparaître est un mieux. " À la même époque où elle revêt sa robe blanche, Rimbaud, avec la négligence furieuse de la jeunesse, abandonne son livre féerique dans la cave d'un imprimeur et fuit vers l'Orient hébété. Sous le soleil clouté d'Arabie et dans la chambre interdite d'Amherst, les deux ascétiques amants de la beauté travaillent à se faire oublier ". Christian Bobin.

8 lecteurs

Quatrième de couverture

" On est d'abord loin du livre, loin de la maison. On est d'abord loin de tout. On est dans la rue. On passe souvent par cette rue-là. La maison est immense. Les lumières y brûlent jour et nuit. On passe, on ne s'arrête pas. Un jour on entre. Dans la maison incendiée de lumière, dans le livre ébloui de silence, on entre. On va tout de suite au fond, tout au bout du couloir, tout à la fin de la phrase, tout de suite là. Dans la chambre aux murs clairs, dans le coeur noir du livre. On se penche au-dessus du berceau de merisier. On regarde, c'est difficile de regarder un nouveau-né, c'est comme un mort : on ne sait pas voir. On s'attarde, on se tait. On regarde la petite fille endormie dans le berceau de lumière. Albe, c'est son nom. "

11 notes
57 lecteurs

Description

Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos coeurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge. --Ce texte fait référence à l'édition Relié

1 notes
7 lecteurs

A une époque où les moyens de communication n'ont jamais été aussi nombreux et efficaces, la solitude fait figure de scandale. Qu'elle soit vécue sur le mode de l'abandon ou de l'exclusion, elle impose un face-à-face avec soi-même qui génère souvent plus de panique que de bien-être. Nous défendons âprement notre autonomie, mais nous sommes en fait dépendants les uns des autres au point de ne plus être capables de vraie solitude. Il existe pourtant une solitude choisie qui peut être vécue comme une voie de réalisation de soi. Les réflexions et les expériences des personnalités qui dialoguent ici avec Marie de Solemne nous invitent à redécouvrir ce singulier mode d'être qui, avec l'état amoureux, est sans doute le mieux partagé par tout être humain.

2 notes
17 lecteurs

Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe. Marceline Desbordes-Valmore et Kierkegaard... Un exercice d'admiration, une galerie de portraits des figures importantes qui ont jalonné la vie de Christian Bobin, pour dessiner un autoportrait en creux.

1 notes
13 lecteurs

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À lire La Lumière du monde – un recueil d'entretiens conduits et recueillis par Lydie Dattas –, on pourrait croire que Christian Bobin vient de publier son dernier ouvrage. En effet, l'originalité de ces entretiens réside dans le fait que Lydie Dattas n'y apparaît pas : aucune question, aucune trace de "l'interrogatoire" ; ceci, explique-t-elle, afin de retransmettre toute l'ardeur de la parole du poète.

Que l'on aime ou que l'on n'aime pas Christian Bobin, ce livre est à lire. Les inconditionnels retrouveront le style, les mots et l'univers de l'auteur tout en y découvrant ses positions d'homme et de lecteur : amoureux de Jean Grosjean, d'André Dhôtel et d'Emily Dickinson, il critique par exemple l'inutile noirceur des œuvres d'un Beckett ou d'un Joyce. Les seconds apprendront comment "l'auteur à la mode" – selon ses propres termes – se remet en question et tente de réenvisager son travail. "Mon écriture a glissé à la surface des choses, et je suis entré dans la catégorie du lisse." écrit-il. Mais "je ne veux plus écrire une seule phrase dont je ne pourrais répondre." Ce recueil augure-t-il de cette nouvelle voie ? Ce qui est certain, c'est que Lydie Dattas a su nous communiquer les paroles d'un homme en pleine résurrection. --Isabelle Rossignol --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

1 lecteurs

l n'y a rien à dire de Christian BOBIN sinon qu'il écrit. Parce que c'est inutile - comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. Parce que rien n'est plus utile comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. C'est une histoire qui a commencé en 1951 et qui se terminera on ne sait quand. De loin en loin des livres, des titres - par exemple : Souveraineté du vide, Le huitième jour de la semaine, La part manquante.

2 notes
2 lecteurs

Tout commence à Conques dans cet hôtel donnant sur l'abbatiale du onzième siècle où l'auteur passe une nuit. Il la regarde comme personne et voit ce que, aveuglés par le souci de nous-mêmes et du temps, nous ne voyons pas. Tout ce que ses yeux touchent devient humain - vitraux bien sûr, mais aussi pavés, nuages, verre de vin. C'est la totalité de la vie qui est embrassée à partir d'un seul point de rayonnement. De retour dans sa forêt près du Creusot, le poète recense dans sa solitude toutes les merveilles "rapportées" : des visions, mais également le désir d'un grand et beau livre comme une lettre d'amour, La nuit du coeur. C'est ainsi, fragment après fragment, que s'écrit au présent, sous les yeux du lecteur, cette lettre dévorée par la beauté de la création comme une fugue de Jean-Sébastien Bach.

10 notes
55 lecteurs

En onze courts textes intensément poétiques, Christian Bobin dresse onze tableaux saisissants, épurés et lumineux de la mère, de l'enfance, de la lecture, de la jalousie, de l'homme d'affaires ou de l'écrivain...

Au bord du silence, la voix de l'auteur, Christian Bobin, douce, presque chuchotée, révèle avec force toute la poésie d'une écriture lumineuse et contemplative.

7 notes
58 lecteurs

Amazon.fr

Les oeuvres de Christian Bobin sonnent souvent comme des prières. Encensé par un large public d'inconditionnels, fustigé par quelques farouches détracteurs, le caractère quasi religieux de cette prose limpide, aérienne, s'épanouit librement dans La plus que vive. Oraison funèbre, "tombeau" à la manière des poètes de la Renaissance, on n'y trouve pourtant nulle trace de ténèbres : Bobin chante son amie morte tel un rossignol, à pleine gorge et en plein soleil. Il fouille ébloui les sources de son amour, scrute l'éclat transparent de la mort, en effleure la vitre infranchissable - du bout des doigts toujours, du bout des lèvres. Avec une grâce, une sincérité détachées de tout effet, il crée un texte fort, tout de blancheur et de neige, comme une page déchirée, vibrante de lumière. --Scarbo

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11 lecteurs

S'il écrit peu de poèmes, formellement parlant, Christian Bobin est sans doute l'un des écrivains contemporains qui sait au plus juste mettre en œuvre l'injonction d'habiter poétiquement le monde, injonction proférée jadis par Hölderlin. Avec lui, pas de faux-semblants, aucun réflexe de litttérateur, mais un engagement de l'être dans le temps même de la vie, et une parole qui a pouvoir de viatique.

Les textes rassemblés dans ce volume ont tous ce supplément d'âme et de lumière qui, non seulement fait escorte, mais invente des routes imprévues, des clairières inespérées, sans jamais occulter les épreuves, les alarmes ni les deuils. « Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce », écrit Christian Bobin dans La Présence pure. Et cette grâce qu'il préserve au bord de la mort comme sur le visage de l'amour, il s'en fait le guetteur, le sourcier, et il a comme personne les mots pour l'éveiller.

1 lecteurs

De la Provence à la Bretagne, en passant par Paris, Frédéric Dupont invite à pénétrer au cœur de lieux parmi les plus inaccessibles : les monastères.

C'est dans l'atmosphère unique de ces murs chargés d'histoire qu'il témoigne du chemin spirituel d'hommes et de femmes qui ont choisi de consacrer leur vie à Dieu dans le recueillement et la prière. Ce travail photographique, qui rend hommage à la beauté calme de ces instants, a inspiré à Christian Bobin un texte sensible et constitue une véritable invitation à la méditation.

3 lecteurs

“Je n’ai jamais écrit qu’ainsi: porté par plus léger que moi, dans les bras de la vie passante, de l’étincelante rumeur de vivre.” Avec cette longue lettre-poème, Bobin s’approche plus près encore de cette limite qu’il s’est fixée: “Aucun livre ne devrait être plus pesant qu’une lumière”.

2 lecteurs

Quatrième de couverture

Chez nous on cache son visage. Le corps, pas d'importance. Le corps va nu sous le soleil, le blond soleil qui brûle le jour, qui brûle la nuit. Car chez nous il n'y a pas de nuit. Ce qu'on appelle la nuit c'est par commodité, quand l'amour vient aux amoureux, quand deux corps se serrent l'un contre l'autre comme deux épis de blé sous le même vent. Quand deux amants mélangent leurs jambes, on dit qu'ils font la nuit. Une nuit privée, une petite nuit de rien du tout pour deux personnes, deux corps légers sous le soleil. Même quand ils font la nuit, les amants ne ,se montrent pas le visage. Interdit. Intouchable. Impensable.

1 lecteurs
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6 lecteurs

Comme le coquelicot déchire l'étoffe trop riche des blés, tu brûles le linge, brodé à nos initiales, de notre trépas.

4 lecteurs

C’est le lecteur, “rêveur de grands chemins”, qui est le thème de ce texte aussi dense que bref où Christian Bobin poursuit sa transparente méditation sur le mystère du quotidien.

1 notes
3 lecteurs

Quatrième de couverture

Les grandes décisions se prennent dès l'enfance, celles qui orientent le cours des astres et l'allure des songes. Elles naissent de tout et de rien. Elles naissent de l'indigence soudainement révélée du tout de la vie. À sept ans, l'âme est déjà menée à son terme, enroulée sur sa propre absence, comme des pétales d'une rose, amoureusement repliés sur le vide en leur centre. Cette révélation de l'abîme la parfait, lui donnant l'amertume d'un parfum noir qui imprégnera jusqu'au dernier de ses jours. La foudre du vieil âge atteint ainsi l'enfance au beau milieu de ses jeux. L'éclair d'un savoir dont la lueur se prolongera jusqu'à l'ultime instant. Ces choses-là sont muettes...

1 lecteurs

Le jour où Franklin mangea le soleil, personne ne s'aperçut de rien. De toute façon, personne ne s'aperçoit jamais de rien.

1 lecteurs
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53 lecteurs

L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière. C’est une phrase qui est dans la Bible. C’est une phrase du livre de Tobie, dans la Bible.

La Bible est un livre qui est fait de beaucoup de livres, et dans chacun d’eux beaucoup de phrases, et dans chacune de ces phrases beaucoup d’étoiles, d’oliviers et de fontaines, de petits ânes et de figuiers, de champs de blé et de poissons - et le vent, partout le vent, le mauve du vent du soir, le rose de la brise matinale, le noir des grandes tempêtes.

Les livres d’aujourd’hui sont en papier. Les livres d’hier étaient en peau. La Bible est le seul livre d’air - un déluge d’encre et de vent. Un livre insensé, égaré dans son sens, aussi perdu dans ses pages que le vent sur les parkings des supermarchés, dans les cheveux des femmes, dans les yeux des enfants. Un livre impossible à tenir entre deux mains calmes pour une lecture sage, lointaine : il s’envolerait aussitôt, éparpillerait le sable de ses phrases entre les doigts.

On prend le vent entre ses mains et très vite on s’arrête, comme au début d’un amour, on dit je m’en tiens là, j’ai tout trouvé, enfin il était temps, je m’en tiens là, à ce premier sourire, premier rendez-vous, première phrase au hasard. L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière.

Cette phrase convient merveilleusement à François d’Assise. On sait de lui peu de choses et c’est tant mieux. Ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître. Ce qu’on en dit, en croyant savoir ce qu’on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d’Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n’est pas le nôtre, qui est l’ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s’échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n’ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre.

L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière. Dans cette phrase, vous ne voyez ni l’ange ni l’enfant. Vous voyez le chien seulement, vous devinez son humeur joyeuse, vous le regardez suivre les deux invisibles : l’enfant - rendu invisible par son insouciance -, l’ange - rendu invisible par sa simplicité. Le chien, oui, on le voit. Derrière. A la traine. Il suit les deux autres. il les suit à la trace et parfois il flâne, il s’égare dans un pré, il se fige devant une poule d’eau ou un renard, puis en deux bonds il rejoint les autres, il recolle aux basques de l’enfant et de l’ange. Vagabond, folâtre.

L’enfant et l’ange sont sur la même ligne. Peut-être l’enfant tient-il la main de l’ange, pour le conduire, pour que l’ange ne soit pas trop gêné, lui qui va dans le monde visible comme un aveugle dans le plein jour. Et l’enfant chantonne, raconte ce qui lui passe par la tête, et l’ange sourit, acquiesce - et le chien toujours derrière ces deux-là, tantôt à droite, tantôt à gauche.

Ce chien est dans la Bible. Il n’y a pas beaucoup de chiens dans la Bible. Il y a des baleines, des brebis, des oiseaux et des serpents, mais très peu de chiens. Vous ne connaissez même que celui-là, traînant les chemins, suivant ses deux maîtres : l’enfant et l’ange, le rire et le silence, le jeu et la grâce. Chien François d’Assise.

6 lecteurs

S'éloigner du monde ne serait pas le quitter, mais en refuser quelque chose, une impatience, une abondance, pour aller vers la forme la plus pure de la joie : le nuage.

Avec une écriture du sommeil, de la demi-conscience claire, celle qui nous fait dire ce que nous ne sauvons pas, juste avant de nous endormir, cette sorte d'eurêka, de sursaut, de refus de sombrer ("L'émerveillement crée en nous un appel d'air. L'éternel s'y engouffre à la vitesse de la lumière."), Christian Bobin boucle une légèreté, "cette conscience radieuse de n'être rien", une solitude en quelque sorte, parce qu'il en connaît maintenant la lumière ouverte, comme une douleur : "Une longue épée de silence s'enfonçait parfois dans mon coeur, et je ne pouvais l'enlever sans aussitôt provoquer une hémorragie : je choisissais donc de me taire et d'écrire ce genre de phrases gouvernées par le blanc."

Ce qui est à venir, dans le mot, dans la phrase, c'est encore le silence, ou peut-être une approche silencieuse du mot, de la phrase, comme une chute, une connaissance de soi dans la jachère, écrit de cette façon selon Eckhart : "Nous prions dieu d'être libéré de dieu."

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5 lecteurs

Quatrième de couverture

Tout se passe comme si notre vie suivait d'autant plus sûrement son cours que nous en étions absents. Durant tous ces jours, une pensée, éclose au plus sombre de la mémoire. Elle est là. On sait qu'elle est là, proche, à portée de mot, mais on la cherche en vain, on ne la trouve pas et ce sont d'autres pensées qui viennent et s'imposent, celle d'un voyage ou d'un chagrin, d'autres encore, jamais celle désirée, jamais celle vous concernant. J'écris dans un carnet bleu noir. Les mots peuvent aider, pour peu qu'ils conduisent jusqu'au moment de leur insuffisance éternelle. Je nomme « bonheur » cette absence de repos, « calme », cette sollicitation ininterrompue des pensées. Je vous écris l'évidence : que chaque soir je vais m'endormir dans le lit que me fait votre voix.

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6 lecteurs

Pour Christian Bobin, l'écriture est à l'image du vent qui se lève et se couche. L'épuisement solennel, l'imprévu. C'est un privilège et un esclavage. « Quelque chose a eu lieu dont j'ignore tout et je voudrais écrire ce livre pour dire cette chose, pour que l'événement qui m'a une première fois aveuglé dans la vie revienne une seconde fois m'éblouir sur la page. » À ceux qui croyaient qu'on écrit pour dire ce que l'on sait ou croit savoir, l'auteur répond le contraire. On écrit pour savoir ce qu'on ignore : « Je ne sais pas si je parviendrais à mes fins. Les écrivains qui savent d'avance ce que sera leur livre ne sont pas des écrivains mais des créatures atteintes par la folie du raisonnable, du sérieux, du devoir à rendre. » Écrire c'est également, regarder et voir. Car l'écriture est cette recherche, ce n'est pas une trouvaille. Mais qui dit écriture dit aussi de lecture. « Lire par exemple c'est une des manifestations les plus simples de l'intelligence, cela n'a rien à voir, absolument rien à voir avec la culture. Toute lecture qui ne bouleverse pas la vie n'est rien, n'a pas eu lieu, n'est pas même du temps perdu, est moins que rien. »

2 notes
4 lecteurs

Dans ce conte, le narrateur, radieux, dit qu'il a trouvé ce qu'il cherchait ou en tout cas un mot pour le dire...

10 lecteurs

"Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal, morte le 6 août 1661, passe devant la fenêtre du bureau oùj'écris. Au début du XVIIe siècle, l'avocat Arnauld cherche pour sa seconde fille un revenu assuré. Quand il lui fait obtenir le monastère de Port-Royal des Champs en 1602, elle a 11 ans. Chaque âge dans ce siècle a son jouet attitré : le hochet pour les bébés, le cheval-bâton quand l'enfant marche, la toupie pour les plus grands. Angélique Arnauld a l'âge de gronder ses poupées de cire richement vêtues de soie quand elle devient abbesse de Port-Royal et prend la tête d'une maison de poupée pour les anges."

2 lecteurs

S'il écrit peu de poèmes, formellement parlant, Christian Bobin est sans doute l'un des écrivains contemporains qui sait au plus juste mettre en œuvre l'injonction d'habiter poétiquement le monde, injonction proférée jadis par Hölderlin. Avec lui, pas de faux-semblants, aucun réflexe de litttérateur, mais un engagement de l'être dans le temps même de la vie, et une parole qui a pouvoir de viatique.

Les textes rassemblés dans ce volume ont tous ce supplément d'âme et de lumière qui, non seulement fait escorte, mais invente des routes imprévues, des clairières inespérées, sans jamais occulter les épreuves, les alarmes ni les deuils. «Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce», écrit Christian Bobin dans La Présence pure. Et cette grâce qu'il préserve au bord de la mort comme sur le visage de l'amour, il s'en fait le guetteur, le sourcier, et il a comme personne les mots pour l'éveiller.

2 lecteurs

Lumière sur les mots. Mots mis en lumière. Bonheur, calme et paix assurés. Christian Bobin adresse une douzaine de lettres d'or à un destinataire que l'on ignore. Ce peut être une personne aimée, le lecteur, le narrateur ou même chacun de nous se mettant à la place de l'autre. Car ces lettres font la lumière sur l'absence, la vie, l'infini. Elles nous parlent d'écriture et d'effacement, d'amour en somme, car « c'est même chose que d'aimer ou d'écrire. C'est toujours se soumettre à la claire nudité du silence. C'est toujours s'effacer. »

Voici des lettres légères et profondes, enveloppantes et tendres. Des lettres d'un solitaire qui forme des mots d'amour en un bouquet de pensées, de fleurs de l'enfance. Il fait la lumière sur le ciel, sur la nuit, sur les jardins secrets à peine éclairés par des silences et des demi-teintes. Il nous faut un peu d'obscur pour bien voir, étant nous-mêmes composés de clair et de sombre… Des pensées claires, sans bruit, vraies ou fausses, qui n'appellent ni ne demandent, qui restent éblouissantes de beauté. « Je ne sais pas et j'écris pour savoir, je vous écris ces lettres qui n'égaleront jamais en pureté le simple fait de votre existence : écrire, c'est avoir une très haute conscience de soi-même, et c'est avoir conscience que l'on n'est pas à cette hauteur, que l'on n'y a jamais été. » Même si l'auteur dit que l'amour est impossible et que, devant l'impossible, on ne peut réussir ni échouer, seulement maintenir un désir assez pur pour n'être défait de rien. Il écrit pour donner son amour. Il donne quelque chose qu'il ignore et qu'il veut connaître. Le lecteur se l'approprie, en douce. Ce petit recueil trésor entraîne dans l'imaginaire du bonheur. Et dans cette édition Fata Morgana, on a le sentiment magique de tenir en main de la soie, de la peau qu'embrasent des rayons de miel fauve. Chaque lettre devient de façon palpable et tactile un bloc d'amour pur.

1 lecteurs

L’homme du désastre, c’est Antonin Artaud, à qui cette sorte de longue lettre est adressée; méditation sur l’enfance, l’innocence, la précarité que Bobin écrit avec cette trompeuse douceur qu’on lui connaît.

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16 lecteurs

Je devins fou et personne ne s'en aperçut : le visage de Louise Amour remplissait le monde à ras bord. Il n'y avait plus rien d'autre.J'étais moins que l'air qui baignait ce visage, moins que la lumière qui ricochait sur lui. Les yeux de Louise Amour étaient deux bijoux de flamme brune, dorée, semblables à deux noisettes, sertis dans l'ovale d'une chair pâle, enfantinement bombée aux joues comme les pétales d'un lys.

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4 lecteurs

Quatrième de couverture

Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres.

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11 lecteurs

"C'est si beau ta façon de revenir du passé, d'enlever une brique au mur du temps et de montrer par l'ouverture un sourire léger."

Hanté par le souvenir d'une femme qu'il a aimée, Christian Bobin revient, vingt ans après sa mort, déposer sur sa tombe "un petit bouquet mortuaire", ainsi qu'il caractérise son livre. C'est en vérité un volume de peu de phrases, mais ample et profond comme l'écho ou le ciel à la renverse dans l'oeil de l'épervier. Qu'il évoque en passant le visage de son père, la mort de Kafka, un poète chinois du IVe siècle, c'est toujours de cet amour disparu qu'il parle, et chacune de ses phrases a l'intensité d'une rose rouge, la délicatesse d'une goutte de pluie, la force d'un poème. C'est un livre qui rend grâce à la beauté du monde en répétant que l'amour ne passe pas. Un vrai bonheur de lecture.

Préfacé par Jean Rouaud, prix Goncourt pour Les champs d'honneur, cet ouvrage de la collection "Paroles de" s'organise en trois temps : - le temps du refus, de la colère, du vide face à la mort d'un proche - le temps de l'apaisement où l'idée de la mort se laisse apprivoiser, accepter, où les souvenirs commencent à se construire - le temps de la réflexion où l'on songe à la mort en général, à sa propre mort et à son indéniable condition de mortel.

Mattotti apporte toute sa virtuosité et la puissance de son talent d’illustrateur pour donner à lire ces textes dans une ambiance sereine et sobre ; les images simples s'organisent dans une rassurante construction.

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«Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s’étiole dans cette appartenance. Il m’aura fallu plus de soixante ans pour savoir ce que je cherchais en écrivant, en lisant, en tombant amoureux, en m’arrêtant net devant un liseron, un escargot ou un soleil couchant. Je cherche le surgissement d’une présence, l’excès du réel qui ruine toutes les définitions. Je cherche cette présence qui a traversé les enfers avant de nous atteindre pour nous combler en nous tuant.»

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13 lecteurs

Présentation de l'éditeur

J'ai été seul pendant deux mille ans - le temps de l'enfance. De cette solitude, personne n'est responsable. Je buvais du silence, je mangeais du ciel bleu. J'attendais. Entre le monde et moi il y avait un rempart sur lequel un ange montait la garde, tenant dans sa main gauche une fleur d'hortensia - une sorte de boule de neige bleue. Peut-on imaginer cela ? C. B.

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Ce soir on regarde les Très-Nues avec un peu et même beaucoup de la rêverie de ce jardin. L'oeil est une surface humide. Ce qu'on voit y flotte. Lentilles d'eau des images. Ce soir, plus que les fées on regarde ce fond épais qu'elles découpent, cette terre peinte d'où elles se détachent. C.B.

2 notes
19 lecteurs

Ressusciter les mots, les souvenirs, les sentiments et les sensations... Simplement par les mots et par les phrases...

C'est tout l'art de Christian Bobin qui s'exprime dans cet ouvrage, entre tendresse et apaisement, les mots deviennent des sujets à part entière, porteurs en leur sein d'une nouvelle vision du monde...

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10 lecteurs

Amazon.fr

"Je n'ai rien à vous dire que vous ne sachiez déjà." Christian Bobin décide "simplement" de nous parler "à partir de ce don d'inexistence également réparti entre chacun de nous. (...) Cette inaliénable égalité devant le vide, l'horreur du vide, la souveraineté du vide". Dans le silence cristallin de ce vide, comprenez ces moments d'essence pure dont se brodent nos vies, Bobin cueille : des bouquets d'essentiel, d'originel ou d'élémentaire. Il s'adresse au "lisant" de ses mots "luisants", se décrit comme un contemplatif, doué peut-être de cette immémoriale vertu de "faire le tri, de tracer des marques". Il rêve, médite, compare les actes inséparables de lire et de prier, effeuille des souvenirs de lecture, Proust ou Maurice Scève, de musique, Schubert ou Mozart, dit le temps qui passe à travers ses mots-fossiles.

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24 lecteurs

Quatrième de couverture

« Je m'appelle Manège, j'ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d'une part, les coccinelles n'ont pas bon goût. D'autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d'ordinaire. Il n'y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c'est pareil : il n'y a que des miracles dans ce monde. »

5 lecteurs

S’il est un sujet difficile entre tous à traiter, c’est bien celui de l’âme. Christian Bobin le fait à sa manière, avec des images poétiques d’une grâce et d’une légèreté de libellule. Les Pensées de Pascal dans une main, une page de Rimbaud en mémoire, un trait de Matisse ou d’Hokusai dans les yeux, l’auteur se promène et cherche l’âme auprès des habitués d’une maison de retraite, d’un bistrot ou de la vieille gare du Creusot. Les impressions qu’il en rapporte, désarmantes de simplicité, construisent ce livre à méditer.

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10 lecteurs

Pour la première fois, Christian Bobin livre un texte entièrement composé de lettres. Rares et précieuses, elles sont adressées tour à tour à sa mère, à un bol, à un nuage, à un ami, à une sonate. Sous l’ombre de Ryokan, moine japonais du XIXe siècle, l’auteur compose une célébration du simple et du quotidien. La lettre est ici le lieu de l’intime, l’écrin des choses vues et aimées. Elle célèbre le miracle d’exister. Et d’une page à l’autre, nous invite au recueillement et à la méditation.

Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres.

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"Les livres sont des boîtes à musique remplies d'encre." Sept rêveries sur Claudel, Kafka, Ramuz, Beckett, Ponge, Apollinaire et Gustave Roud.

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5 lecteurs

Présentation de l'éditeur

Je ne vois pas la mort comme une montagne de cendres mais comme un fleuve qui sort de la poitrine du mort, une barque chargée à ras bord de fleurs odorantes, une extase dans le noir, la vie à son zénith.

« Bonjour ou plutôt bonsoir : c’est toujours le soir quand on lit un livre, même s’il fait plein soleil dehors. Dans les livres il y a beaucoup de nuit. Il y a tellement de nuit que les lecteurs, souvent, gardent sous leurs paupières une poussière d’étoiles longtemps brillante.

Donc, bonsoir. C’est une sorcière qui vous parle. C’est une sorcière qui a écrit ce livre. Si vous ne souhaitez pas qu’une sorcière entre dans votre chambre, il est encore temps de fermer le livre. Un livre fermé, ce n’est pas bien dangereux. Un livre fermé, c’est une boîte avec à l’intérieur un prince ou un hanneton, un tigre ou une sorcière. Tant qu’on ouvre pas la boîte, on est tranquille. »

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50 lecteurs

Description

" Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu. Avec le regard simple, revient la force pure. "

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