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Geneviève Casaburi

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Commentaire ajouté par Lildrille 2019-10-10T14:46:19+02:00
L'impossible crime

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle du roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=44004

J'ai mis la note de : 16.5/20

Mon avis : L’impossible crime est un roman écrit à quatre mains. Les deux styles d’écriture s’associent à merveille pour nous conter une histoire d’amour bien particulière et qui s’est mal terminée. Il est dommage que la lecture se fasse trop vite car l’ambiance à la fois oppressante, pleine de mystères et rafraîchissante fonctionne et tient son lecteur en haleine jusqu’au bout. Les dernières pages accélèrent grandement l’intrigue et on perd l’atmosphère de ces cocons particuliers pour poursuivre le ou les coupable(s) de manière active, tel un roman d’aventures. Un roman d’aventures efficace !

Geneviève Casaburi est dans la peau d’Emilie, la maîtresse de la victime. La jeune femme est abattue et a du mal à avancer sans son bien-aimé. Les mots coulent, tels des torrents de larmes, versés par une intense tristesse que la mort a fini par exacerber. Emilie, mal dans sa peau et dans sa tête, nous livre ses angoisses concernant un futur qui lui paraît vide et sans saveur. Peu sûre d’elle, la jeune femme se pose de nombreuses questions et doute de tout.

Ses états dépressifs et ses passages à l’hôpital ne l’aident pas à retrouver toute l’énergie qu’elle a besoin pour combattre sa peine récente, et les questions pressantes d’un détective prêt à tout pour trouver l’assassin, et qui risque de la prendre pour une folle. Christophe ne voulait pas quitter son épouse bien qu’il lui jurait qu’il l’aimait à la folie. Se pourrait-il que cela soit un mobile suffisant pour accuser Emilie ?

Christine Lubrano écrit pour Josiane, la femme de la victime. Plus sûre d’elle, plus mature aussi grâce à ses expériences, elle est un pilier qui tient bon dans la tempête, malgré tous les problèmes physiques et émotionnels que Christophe lui a faits subir, volontairement ou non. Les premières pages la concernant remontent dans le passé et décrivent le pire accident de sa vie, qui pourrait très bien être le mobile du crime.

L’amour pour son mari nous est décrit de bien jolie manière, via ses carnets intimes, ses remords, ses regrets et ses souvenirs d’une vie commune simple mais prometteuse, qui a fini par basculer pour ne devenir qu’un calvaire quotidien. Manque de communication, handicaps physiques, égo peu compatissant, frayeurs … la relation entre Josiane et Christophe est complexe et captivante. Savait-elle pour la relation de son mari avec Emilie ? Josiane aurait-elle tué Christophe pour cela ou pour l’accident ?

Ces deux femmes offrent des visions différentes de l’homme assassiné, mais aussi deux regards de femmes qui, même si elles n’ont pas les mêmes âges ou les mêmes expériences, souffrent pareillement et doutent de leurs sentiments comme de leur légitimité dans cette relation. Les deux écritures se complètent et les tons se mélangent d’une belle manière. Le rythme choisi ne s’alterne pas systématiquement entre les deux protagonistes mais change selon les besoins de l’histoire et l’avancement de l’enquête, ce qui est intelligent.

Un troisième personnage fait son apparition : le détective Frank Zorra, que les deux écrivaines manipulent à tour de rôle, sans que cela ne soit visible. Ce dernier ressemble aux enquêteurs d’antan, avec un ton jovial, un œil incisif et le besoin de partir à l’aventure. Son franc parler n’est pas désagréable à suivre et il sera utile aux deux femmes (qui subissent quelques problèmes non liés à la mort de Christophe), ainsi qu’à l’enquête. Rapide et efficace, la résolution progresse bien vite et peut-être un peu trop grâce à lui, étant donné sa motivation pour en finir et prendre en main l’affaire dont la police ne veut plus s’occuper. Son caractère atypique et son professionnalisme font de lui un personnage attachant.

Malgré quelques rebondissements et mystères bien pensés, comme l’identité énigmatique du payeur de la filature du mort ou celle du témoin oculaire, la lecture manque de suspense sur la durée pour nous faire douter jusqu’au bout de l’implication de telle ou telle suspecte. De plus, l’enquête avance vite, enlevant complètement tous les soupçons qui nous restaient à un moment donné. Le roman perd ainsi de sa saveur car on aurait aimé en savoir davantage sur les deux femmes et leurs possibles liens, et continuer à douter de l’implication de l’une d’elles.

La résolution est étonnante et intéressante, clôturant le roman de manière efficace et claire. Les mobiles sont en effet détaillés et le lecteur réalise qu’il n’aurait jamais pensé à cette fin aussi tordue. Un bon point !

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