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Isabelle Pandazopoulos

638 lecteurs

Activité et points forts

Biographie

Isabelle Pandazopoulos est née en 1968 d'un père grec et d'une mère allemande. Professeur de Lettres, elle a toujours enseigné dans des zones dites difficiles. Coordinatrice d'un atelier relais, elle a fait écrire et réaliser une quarantaine de courts métrages à des adolescents à la dérive. Elle prend désormais en charge des élèves handicapés par des troubles psychiques importants. Elle a trois enfants et vit à Paris. Elle a adapté L'odyssée et La Malédiction des Nibelungen dans la collection les Universels de Folio Junior. Elle écrit par ailleurs des scénarios pour le cinéma et la télévision.

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Quelques chiffres

Note moyenne : 7.37/10
Nombre d'évaluations : 220

0 Citations 152 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Isabelle Pandazopoulos

Sortie France/Français : 2020-01-16

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par Aryia 2018-12-26T11:05:05+01:00
La Décision

Je profite de ma réinscription à la bibliothèque municipale pour relire quelques romans lus au collège et au lycée, et que je souhaite redécouvrir avec un nouveau regard. Je me souviens avoir été très touchée par La décision lors de ma première lecture, en classe de première, mais je me souviens également m’être alors dit « Il faut absolument que je relise dans quelques années » … et j’ai drôlement bien fait ! Je pense avoir été plus touchée encore que la première fois, peut-être parce que je n’étais plus poussée par le besoin de connaitre le fin mot de l’histoire comme ce fut le cas lors de la première découverte : je me souvenais parfaitement de ce qui allait se passer, et j’ai donc pu me « concentrer » sur les émotions décrites, sur les pensées de Louise …. Il y a des livres qui nécessitent plusieurs lectures pour dévoiler toute leur substance, et celui-ci en fait clairement parti !

Louise est une brillante élève de terminale S, qui fait la fierté de ses parents et force l’admiration de ses camarades de classe qui ne peuvent s’empêcher d’être un peu jaloux d’elle … Le quotidien de la jeune fille bascule le jour où, en plein cours de maths, des vertiges et des maux de ventre atroces l’obligent à sortir de classe et à se précipiter aux toilettes. C’est alors qu’elle accouche seule d’un bébé. Elle est d’autant plus désemparée qu’elle ignorait être enceinte … et ne se souvient pas avoir jamais couché avec le moindre garçon. Louise est tiraillée entre deux émotions : d’un côté, elle en veut à ce petit garçon d’être venu bouleverser son existence alors qu’elle n’avait rien demandé, et de l’autre elle s’en veut d’être en colère contre cet innocent qui n’est coupable de rien … Petit à petit, Louise va apprendre à se faire à cette maternité imprévue, persuadée que son ancienne vie est définitivement derrière elle. Mais pendant ce temps, un de ses camarades tente désespérément de comprendre ce qui a bien pu lui arriver …

Pour tout avouer, c’est grâce à ce livre que j’ai appris l’existence des dénis de grossesse : je ne savais pas ce que c’était avant de lire ce roman, en première. Ce livre décrit avec puissance les émotions de Louise : refus, colère, peur, honte … Elle a accouchée, certes, mais ne parvient pas à se considérer comme la mère de cet enfant, cet inconnu qui a grandi silencieusement en elle, comme un voleur. Elle ne veut pas entendre parler de lui, elle ne veut plus voir le regard peiné et haineux de ses parents qui refusent de la croire quand elle affirme ne jamais avoir eu de relation avec un garçon, elle ne veut plus entendre les paroles hypocrites de ces psychologues et assistances sociales qui disent la comprendre mais qui ne font que la juger, elle ne veut plus parler à ses amis qui poursuivent leur petit vie tandis que son existence est brisée à jamais … C’est un roman dur, très dur, les pensées de Louise sont parfois violentes, choquantes … et les propos de son entourage aussi. Louise est seule avec ce désarroi et avec ce bébé : sa famille ne la soutient pas, pas réellement. C’est terrible de voir à quel point, elle qui était choyée par ses parents lorsqu’elle était encore leur petite fille « parfaite » et « sans problème », se retrouve désolée seule contre le monde entier …

Roman choral, ce livre nous plonge tantôt dans les pensées de Louise, tantôt dans celle de ses camarades de classe, dans celles du personnel soignant de l’hôpital ou des éducatrices du centre pour jeunes mamans adolescentes … Ces différents points de vue sont très intéressants, même si je trouve les chapitres consacrés à Louise bien plus émouvants : on est réellement pris dans l’enchainement de ses pensées, et la narration s’en ressent. C’est parfois décousu, la ponctuation disparait au profit d’une logorrhée sans début ni fin … Louise n’est plus qu’indécision, tiraillée entre cette petite flamme d’amour maternel qui tente vainement de briller et l’assurance qu’elle ne parviendra jamais à être une maman pour ce petit être qui ne demande rien de plus que de l’attention … Elle va devoir faire un choix, elle va changer d’avis plusieurs fois, ne sachant comment prendre la bonne décision … pour eux-deux. Elle ne sait pas si elle veut savoir qui est le père de cet enfant, elle ne sait pas si elle veut comprendre comment elle s’est retrouvée enceinte … L’auteur aborde ici une autre thématique, celle du viol, mais le fait avec beaucoup de pudeur, beaucoup de finesse. Elle aborde également la question du regard de l’autre, du jugement permanent, de l’hypocrisie … C’est un livre très riche !

En bref, vous l’aurez bien compris, c’est un très joli roman que nous offre Isabelle Pandazopoulos. Elle aborde un fait de société dont on entend peu parler, évoquant par la même occasion la question de la maternité (« Qu’est-ce qu’être maman ? »), de l’adoption, et tout cela avec une finesse incroyable, une justesse stupéfiante, et une délicatesse bienvenue. C’est un roman très court mais qui bouleverse le lecteur par toutes les émotions qu’il porte en lui. J’ai vraiment énormément apprécié relire cet ouvrage, très intéressant, mais surtout très touchant. Je le conseille sans restriction : aux filles comme aux garçons, aux adolescents comme aux adultes, aux grands dévoreurs comme aux petits grignoteurs … Il faut que ce livre circule, il évoque des thématiques très importantes et le fait très bien !

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2018/11/la-decision-isabelle-pandazopoulos.html

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On s'est juste embrassés

Je ne sais pas trop quoi penser de cette histoire..

Je trouve le principe intéressant, l'histoire de la jeunesse "défavorisé" du 21ème siècle.

Mais le personnage principale d'Aïcha m'a vraiment énervé, à être en permanence indécise, à souffler le chaud et le froid. Je l'aurai bien giflé, et ce à plusieurs reprises.

Mais je comprends sa situation compliqué, je trouve ça juste dommage qu'elle rejette toutes les personnes qui veulent lui venir en aide.

Donc... mitigée..

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Commentaire ajouté par Kakime 2019-03-04T21:05:11+01:00
On s'est juste embrassés

J'ai bien aimé ce livre, sans plus. Je n'ai pas trop accroché à l'histoire même si le thème m'a intéressé.

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Commentaire ajouté par luludesblogs 2019-04-06T15:37:35+02:00
La Décision

Quand j'ai acheter ce livre je ne m'attendais pas a une si belle et émouvante histoire !

Un livre très profond et intéressant qu'il faut lire et faire partager !

Bravo à l'autrice !

lulu

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Trois filles en colère

En ouvrant le livre, je m'étais dit que je n'aimerais pas du tout. Je croyais fermement que j'allais abandonner à la moitié mais au final ce ne fut pas le cas. J'ai lu ce livre en entier car j'ai été bouleversé par ses personnages, ses destins de femmes qui se sont battus. On s'attache aux personnages, on pleure et on rit avec eux. Leurs destins à toute les trois sont inexorablement liés et quoi qu'il se passe ils le restent.

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On s'est juste embrassés

Un livre qui aurait pu être bien si le sujet avait été traité avec plus de délicatesse.

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On s'est juste embrassés

Un très bon livre sur la question des jeunes filles dans les cités. Entre manipulation et mauvaise réputation on suit l'héroïne avec beaucoup de plaisir. Une oeuvre à étudier avec ses élèves pour les professeurs.

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Trois filles en colère

♫ C'est le temps de l'amour, le temps des copains, et de l'aventure...

Tout d'abord, un grand et vif merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour leur gentillesse de m'avoir fait parvenir cet ouvrage aux couleurs bariolées et éclatantes, qui vous sautent aux yeux et qui se montrent féroces et imposantes, à l'image des trois jeunes femmes de cette histoire sur fond des années soixante, trois étudiantes qui se cherchent, qui ont leurs incertitudes et leurs angoisses mais aussi une vraie rage de lion.

Etant très intéressée par cette période, qui me fascine au vu de son foisonnement culturel, ne serait-ce qu'au niveau musical, et surtout des tabous d'ordre sexuels et sociaux qu'elle a permis de mettre en avant par la suite, mais la connaissant au fond fort peu, il me tardait de me jeter sur cette oeuvre et de découvrir ce qu'elle avait à m'offrir. Je n'ai pas été déçue du voyage, qui m'a fait découvrir une autrice formidable ainsi que tout ce qui pouvait naître de génial de sa plume.

Pour commencer, j'ai énormément apprécié la forme épistolaire proposée par l'autrice, que je trouvais tout à fait appropriée. Cela permet dans un premier temps de plonger in medias res dans la vie des divers personnages, de se sentir au plus près d'eux et d'être comme des lecteurs privilégiés de leur courrier, comme si on lisait au-dessus de leur épaule, courrier qui révèle un bon nombre de choses en matière de la complexité de leur temps, de leurs sentiments introspectifs, de leurs craintes, de leur espoir, de leurs motivations, de leur appel à l'aide, de leurs relations avec autrui.

On se sent au cœur vibrant de ce récit mouvementé, loin d'être à bout de souffle, et décadent, aux premières loges, pile à la bonne place. Ensuite, cela offre au récit un champ multiple de points de vues, provenant de différentes générations, sexes, pays, époques, classes sociales. Cette pluralité de visions du monde est d'autant plus enrichissante et nous délivre un récit coloré, qui ne juge pas, qui écoute et qui retranscrit, tel un témoignage de la vie à brûle-pourpoint des personnages.

A ce niveau-là, j'ai trouvé le récit intense, bien amené, pertinent et très intelligent à de nombreux niveaux. Cela démontre aussi une certaine force insufflée dans l'écriture de l'autrice, qui est lumineuse, vivace, documentée et passionnée. C'est comme si le livre menait sa vie propre tant il nous parle et nous agrippe, notamment par le biais de coupures de journaux, de couvertures de magazine, d'extraits de journaux intimes, de cartes postales, de photographies et de rapports authentiques des événements relatés et des lieux où ils se déroulent, qui viennent agrémenter un ouvrage au contenu déjà riche et dense, à la contextualisation parfaitement maîtrisée et réussie et à la dynamique impressionnante.

Un autre élément au niveau du travail d'Isabelle Pandazopoulos qui est remarquable et fabuleux, c'est le fait que ses trois héroïnes, "ses" trois filles faites de chair d'encre et de papier, sont originaires des trois pays qui ont marqué la vie de l'autrice. En effet, cette dernière est gréco-allemande dû aux origines de ses deux parents et son lieu d'adoption est la France, et plus précisément Paris, qui se trouve être la ville centrale de l'histoire.

Ainsi, l'autrice nous fait vivre l'épopée de trois jeunes filles qui se retrouvent liées par les circonstances familiales, par le destin et par leurs idéaux tant politiques que sur leur existence même à travers une Europe qui peine à se reconstruire, à concilier les jeunes de la Seconde Guerre mondiale, désormais parents, leurs enfants nés de la vague déferlante du baby boom et même les grands-parents de ceux-ci, qui restent mutiques sur leurs éventuelles actions de collaboration... Secrets de famille seront au rendez-vous pour pimenter l'intrigue, sans pour autant en dénigrer le contenu historique et intellectuel, bien au contraire.

Ajoutez à cela que l'autrice est née en 1968, année charnière qui déchaînera les réformes pour une société moins sexiste, qui rend sa dignité aux femmes, qui laisse à la jeunesse sa chance de s'exprimer et qui est en faveur d'une Europe unie et solidaire (sur le papier du moins). Sans pour autant nous raconter une histoire qui aurait pu être exclusivement la sienne et celle de ses aïeux, l'autrice a préféré creuser ces pistes de son passé afin de nous livrer l'histoire rocambolesque d'un continent entier, multicolore et aux façons de penser parfois diamétralement opposées, qui nous laissent avec un paradoxe à l'ironie assez triste pour en pleurer.

Il suffit de voir le traitement imposé à la population d'Allemagne de l'Est par les communistes, quand ceux de Grèce luttent pour la liberté tout court et contre la dictature. Tout ça dans l'objectif de montrer les fruits d'un travail de recherche épatant et vigoureux dans le but de mieux comprendre pour moins diviser et aller de l'avant cinquante ans après. Brillant. Je suis admirative.

Chacune des trois filles a le droit à sa part du lion et, même si Cléomèna arrive un peu plus tardivement, elle fait très vite son entrée en matière dans l'histoire et son sacré ramdam, tant amoureux que politique et en tant que femme qui a réchappé au pire, ne manque pas d'attirer notre attention. Suzanne est cependant l'héroïne parmi les trois qui m'aura laissée la plus forte impression, on ne peut pas l'oublier notre petite Suzanne.

Née franco-allemande au sein d'une famille bourgeoise à première vue bien sous tous les rapports, la jeune femme à l'esprit libre et bouillonnant en a assez du confort étriqué de sa sublime demeure parisienne, auprès de parents qui jouent un rôle et qui l'étouffent et d'un frère qu'elle ne parvient pas à comprendre et inversement. Suzanne m'a beaucoup émue car, sous ses airs de jeune fille franchement trop spontanée qui cherche à être aimée et à s'intégrer à des groupes de personnes plus âgées et tapageuses, se cache une femme qui croque la vie à pleines dents, qui cherche à capturer l'essence même du monde, sa Beauté, sous ses formes multiples, qui veut s'accepter en tant que femme et se sentir bien dans sa peau, telle qu'elle est, sans pudeur et sans tabou.

On ne peut que comprendre son mal-être dans cette société de pète-secs et de non-dits, où la moindre évocation de la sexualité est d'une grossièreté vulgaire, inutile et scandaleuse. Suzanne est prête à se battre pour ce qui la fait vibrer, l'amour, la passion de la vie et de la lumière du monde, sa force et son essence de femme. Elle n'a pas envie d'entrer dans le moule ou de diluer ses couleurs chatoyantes sous prétexte que les femmes doivent rester dans l'ombre. Elle m'a apportée une vigueur, une témérité et une confiance en moi incroyables.

Sa mère, la pétillante et superbe Isle qui a perdu de son éclat, m'a touchée en plein de cœur de par sa vulnérabilité. Bafouée dans son droit de femme par un mari qui la trompe et qui se cache dans les jupes de sa mère, cherchant désespérément à atteindre et à discuter avec ses deux aînés qui ont été pris dans les feux de l'adolescence dégoûtée et révoltée, n'ayant pas choisi d'avoir son troisième enfant, le bébé Léon (qui n'a rien demandé, pauvre petit), dont elle a souffert de la grossesse et accouchée dans la douleur, Isle est a l'image de la femme-objet, qui n'a pas de libre-arbitre, pas de sexualité, qui doit constamment endurer l'autorité patriarcale et se soumettre, encore et toujours, sans quoi elle ne serait pas une femme convenable aux yeux de la société. La façon dont elle est traitée et ignorée m'a donné envie de vomir, et heureusement que des personnes comme le député Neuwirth ou Simone Veil se seront battues pour que les voix de ces femmes bafouées et traînées dans la boue soient entendues.

Magda, sa bien-aimée cousine, semble être plus timide et réservée mais, en réalité, elle aspire au même idéal de liberté, au droit d'oser jouer avec sa sexualité, de vivre d'amour et d'eau fraîche, de vivre pleinement, d'être vivante. Moins mémorable que son phénomène de cousine qu'elle aime si tendrement et dont elle est inséparable, leur amitié qui connaîtra certes des remous m'a profondément touchée tant elle est authentique de façon désarmante, les filles se confiant l'une à l'autre comme si elles étaient des livres ouverts.

De plus, c'est grâce à Magda que le dénouement des langues aura lieu concernant un passé qui ne passe pas, celui de la collaboration et de ces grands-parents qui sont mystérieusement morts, sans que l'on sache pourquoi... Magda, c'est celle qui ne se contentera pas de ce qu'elle a, qui bravera les interdits, qui voudra savoir et comprendre ce funeste héritage de la guerre qui pèse encore les générations suivantes, qui n'en n'ont été ni actrices, ni responsables, et qui en souffrent des cuisantes conséquences, tel le Mur de la Honte qui va irrémédiablement changé la vie familiale de la famille de Magda et leur écoute les uns des autres, pour le meilleur comme pour le pire...

Bref, le personnage de Magda a été plus intéressant pour moi de par le mécanisme qu'il permet de déclencher, pour ce qui est de l'éclatement des mémoires et l'éveil des consciences familiales concernant la guerre, aussi pour découvrir les deux pans du Mur funèbre, ainsi que pour sa relation avec Suzanne, plutôt que pour le personnage en soi. Néanmoins, il fallait qu'elle soit là.

Enfin, Cléomèna. Elle nous a offert le pan d'histoire le plus énigmatique pour moi et aussi le plus intéressant. Dans un premier temps, il s'agit d'une beauté grecque notre Cléomèna, à laquelle il ne faut pas se frotter de trop près. Sa famille est également redoutable pour ce qui est de la question de la Liberté, source de vie et de dignité humaine.

J'ignorais pratiquement tout de la Grèce et de sa condition dans les années soixante, du fait que cette île regorgeant de trésors naturels et antiques, méritant toutes les louanges et l'émerveillement possibles, était sous le joug d'un fascisme qui se révèle être décidément increvable, grand amateur d'incarcération et aussi meurtrier. Tandis que son père a été tué pour avoir exprimer ses idées trop fort et de façon trop virulente, que son frère et sa mère sont emprisonnes, la vivacité d'esprit, quant à elle, ne va pas rester étouffée trop longtemps au service de ces riches Français exigeants et tyranniques séjournant en Grèce et reprochant à la jeune fille, portrait tout craché de son père vénéré et qui lui manque cruellement, tout ce qu'elle est en somme.

A Paris, sous la protection de la famille de Suzanne, elle va pouvoir accéder à l'université, à ce droit précieux à l'éducation et à la culture, la richesse intellectuelle dont elle se nourrit, mais aussi, elle va se rendre compte qu'elle peut agir, lutter contre l'injustice et le désarroi qui manque souvent de la noyer, et hurler sa rage à la face du monde. Esprit fort et fragile à la fois, Cléomèna ébranle, émeut, suscite notre compassion et ne nous laisse pas de marbre. Impossible en effet d'éviter cette tornade tout droit débarquée de cette Grèce aux eaux turquoise et tremblotantes.

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller cet ouvrage, qui saura sensibiliser un lectorat à partir de la pré-adolescence. Pour une oeuvre jeunesse qui ouvre un jeune lectorat à cette conscience de la révolte, du combat de la liberté et d'une époque qui a encore des répercussions et sa raison d'être aujourd'hui, le pari de l'autrice de nous sensibiliser et de nous interroger sur la question de notre identité, de notre conscience politique, de nos valeurs fondamentales, de notre pouvoir en tant que peuple, du vivre ensemble et de l'Europe aux multiples facettes est réussi et m'a donné envie d'approfondir encore plus le sujet, de me plonger de nouveau dans les sixties et de laisser ces dernières me parler, me raconter leur vécu et leurs innovations tout comme leurs horreurs.

En tout cas, Trois filles en colère a résonné dans mes oreilles tel un bon vieux rock de notre Jojo national des Yéyés de Salut les copains ! ou bien des gear Beatles et autres groupes qui swinguent de la British Invasion et je me suis laissée entraînée et emballée face à ce feu d'artifices qui explose de questions, de joie, de mots, d'insolence, d'un plaisir fou et contagieux !

Ce livre est comme une valise s'ouvrant sur un monde pluriel, déjà ancien et pourtant en pleine modernité, qui nous offre des reliques précieuses à voir, entendre, écouter, crier, sur lesquelles méditer et continuer l'avancée prodigieuse pour l'émancipation de la femme, le respect de ses droits et de ses décisions, le respect d'une jeunesse qui grandit et s'affirme aussi, l'égalité homme/femme, et la fondation d'un monde juste, tolérant et sans danger. Bon, c'est pas gagné mais ce livre m'a redonné ce regain d'énergie et d'insouciance de cette époque révolue et enchanteresse dans ses diverses nuances pour y croire, encore et toujours. Un livre qui trône fièrement dans ma bibliothèque, détonnant et vivifiant.

On s'en souvient... ♫

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Commentaire ajouté par Thimalda 2019-09-02T18:13:53+02:00
La Décision

L'histoire était pas mal. Le genre de livre que l'on ne lit qu'une seule fois.

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Commentaire ajouté par Virginie-229 2019-11-30T11:09:13+01:00
L'odyssée

Lu avec ma fille de 11 ans pour la sixième. Version un peu simplifiée par rapport à l'original que j'ai lu également moi-même au collège, mais relativement complète et riche de détails, avec un style plutôt fidèle à celui d'Homère. Bon compromis pour intéresser les plus jeunes à l'histoire d'Ulysse.

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