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Tous les livres de Jacqueline De Romilly

Carl est un homme sans attaches, éprouvé et secret. Aussi, sa jeune femme, Thérèse connaît-elle des problèmes et des difficultés. Mais, pour la mère de Thérèse - qui est aussi la narratrice - l'histoire se déroule bientôt sur un tout autre plan. Attentive et émue, elle se décide à intervenir (elle fait "l'ouverture à coeur"), ainsi se libère en elle toute une sensibilité nouvelle, étouffée jusqu'alors par l'habitude et l'égoïsme.

Elle a poursuivi et cherché Carl, mais l'a enfin rejoint pour une heure de fraternité totale : sous l'effet de cette heure de confiance, ou d'émotion, une source s'ouvre en elle : "Cet impossible gendre, à part de tout et de tous, avait été pour moi, écrit-elle, le sourcier de l'amour d'autrui."

Mais comment en est-elle arrivée là ? Sous une forme simple et sage, elle entreprend de relater, pas à pas, cette aventure intérieure, aussi rare qu'exemplaire.

Dans ce précieux petit livre, Jacqueline de Romilly nous fait part d'une découverte qu'elle vient de faire. Cinq ou six moments de sa vie, resurgis par surprise dans sa mémoire, ont provoqué chez elle un éblouissement dont elle cherche à comprendre le sens. Le temps dans lequel nous vivons est-il le seul ? Y en a-t-il un autre, que nous ne voyons pas et qui serait d'une autre nature ? La grande helléniste se défend de donner une conclusion religieuse à cette expérience. Elle se contente de la rattacher à ce qui a été, nous dit-elle, une croyance solide tout au cours de sa vie et qui tient en peu de mots : " Il y a autre chose. "

À quoi bon apprendre tant de choses qu'on s'empressera d'oublier sitôt les examens passés ? À cette critique si souvent entendue contre l'enseignement scolaire, Jacqueline de Romilly oppose ici quelques arguments simples, et dont chacun de nous a pu faire l'expérience. Entre un savoir précis et l'oubli total, il y a bien des degrés. Nos souvenirs peuvent être partiels, flous, incertains : pourtant nous sentons bien qu'ils sont présents en nous. Ils ont laissé des traces et constituent pour l'esprit des repères intellectuels, mais aussi affectifs et moraux. Aller à la rencontre de ces savoirs enfuis ne s'apparenterait-il pas à une sorte de « psychanalyse du bien » ?

Des histoires, brèves, chargées de sens, et dont chacune laisse derrière elle un sillage dans la mémoire, une émotion.

Un souvenir qu'on croyait oublié. Un mot d'un être cher, qu'on retrouve. Une rencontre qui n'a pas eu de suite. Une petite scène à laquelle on a été mêlé sans la comprendre. Un remords qui vous assaille. Toutes ces petites choses de la vie, dont s'enchantent les amateurs de nouvelles, un genre qui par sa brièveté s'apparente au poème, et par sa densité humaine au roman. L'auteur de Pourquoi la Grèce ? et du, Trésor des savoirs oubliés se révèle ici une conteuse pleine de talent et de subtilité.

" Avoir inventé la tragédie est un beau titre de gloire ; et ce titre de gloire appartient aux Grecs... Il est, en effet évident que le rayonnement de la tragédie grecque tient à l'ampleur de la signification, à la richesse de pensée que les auteurs avaient à su y attacher : la tragédie grecque présentait, dans le langage directement accessible de l'émotion une réflexion sur l'homme. Sans doute est-ce pourquoi, dans les époques de crise et de renouvellement comme la nôtre, on éprouve le besoin de revenir à cette forme initiale du genre. On attaque les études grecques, mais on joue, un peu partout dans le monde, des tragédies d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide parce que c'est en elles que cette réflexion sur l "homme brille avec sa force première. " Cette étude lumineuse et enthousiaste de la tragédie grecque reflète une parfaite connaissance et une passion profonde de l'auteur pour une culture, une pensée ayant modelé notre vision de l'homme. Les œuvres des trois grands tragiques, Eschyle, Sophocle, Euripide, témoignent d'une "foi en l'homme qui éclaire de l'intérieur toutes les tragédies même les plus sombres " dit-elle, rejoignant ainsi le mendiant de l'Electre de Giraudoux déclarant au matin, après une nuit de désolation, " Cela s'appelle l'aurore ".

Ce sont des " Mémoires pour rire ", nous dit l'auteur. En quatre chapitres, alternant souvenirs et réflexions, sur le ton charmant de la conversation qu'elle a aujourd'hui avec ses lecteurs, comme elle l'avait jadis avec ses élèves, Jacqueline de Romilly nous raconte les " histoires drôles " de sa vie.

Une langue, c'est beaucoup plus qu'une somme de règles grammaticales : c'est un mélange subtil d'habitudes et de valeurs ; c'est aussi le fruit d'une longue maturation, dans laquelle les éléments successifs viennent ajouter à la richesse de l'ensemble. Jacqueline de Romilly, Le Jardin des mots. Inspirer le désir de découvrir la langue qui a contribué à l’éclat de la littérature grecque antique, tel est le souhait des auteurs de ce livre. Au cours de ces huit leçons autour du grec ancien, le lecteur comprendra mieux aussi pourquoi cette langue est, aujourd'hui encore, à la base de nos classements intellectuels et forme le noyau du vocabulaire scientifi que de l'Europe.

Depuis des années, Jacqueline de Romilly essaie de nous faire partager son amour de la langue française. Ce qu’elle veut, c’est nous en donner le goût, en insistant sur les beautés de cette langue plutôt que sur les dangers qui la menacent. À partir d’un mot qu’elle a choisi, elle cherche à en préciser le sens, l’étymologie, ainsi que l’évolution qui, en fonction des changements de la société, des découvertes scientifiques ou des réflexions des écrivains, a chargé ce mot de nuances nouvelles. Réunies ici pour la première fois en un volume, ces promenades dans le jardin des mots nous permettent de contempler, en compagnie du meilleur guide que l’on puisse avoir, l’un des plus beaux paysages du monde, la langue française.

Les textes de la Grèce antique ont pénétré d'abord le monde romain, puis toute la culture européenne ; et leur influence s'exerce encore en notre temps, de cent façons. Pourquoi ? Telle est la question que Jacqueline de Romilly se posait vaguement au cours de ses recherches sur telle ou telle œuvre grecque et qu'elle aborde enfin de front. Ces textes et cette culture de la Grèce antique avaient-ils donc en commun quelque chose de particulier, pour justifier une influence pareille ? La réponse est que toutes ces œuvres cherchaient, de façon constante, obstinée, délibérée, à atteindre l'universel, c'est-à-dire, précisément, ce qui pourrait toucher les hommes, en tous temps et en tous lieux. Cela fut le cas pour la Grèce en général, et plus encore pour l'Athènes du Ve siècle. Cette tendance a pris des formes diverses ; simplification des personnages, symboles, mythes, formulations abstraites, tentatives pour fonder des sciences de l'homme, tout se rejoint. Le livre le montre en une série de chapitres : Homère et Pindare, d'abord, puis Athènes, avec sa démocratie et le développement de la réflexion politique, l'invention de l'histoire, de la tragédie, de la philosophie. Chaque fois, la même tendance est serrée de près, et permet de comprendre l'originalité des œuvres. Dans ce livre, Jacqueline de Romilly ne défend pas, comme ailleurs, le grec, mais bel et bien la Grèce, et le caractère unique de son apport à notre civilisation, qu'elle marque encore de façon vivante.

Quelques années après les événements de Mai 1968, où le doute s'était emparé des esprits - crise universitaire, crise sociale, crise des valeurs -, Jacqueline de Romilly a tenu à nous dire, dans un texte bref et plein de fougue, ce que la crise lui avait au contraire révélé, sa foi dans l'homme, son esprit, sa liberté, son goût de la vérité et du bien, bref, ses convictions. Resté inédit jusqu'à aujourd'hui, ce livre permettra à ses lecteurs fidèles de retrouver sa personnalité chaleureuse et résolue. Les quatre chapitres de cet essai évoquent successivement l'émerveillement grec devant la lumière, le bonheur qu'assure la solidarité entre les citoyens, les joies et les bienfaits de la littérature, et la nécessité de la transmission du passé pour enrichir la modernité. Loin de toute polémique, ce livre est un appel à une nouvelle forme d'humanisme, conjuguant rationalisme et affectivité sereine, nourri des acquis du passé, où chacun se sente acteur de sa propre histoire comme de l'aventure collective à laquelle il participe - en somme un appel au sursaut !

Hector, le défenseur de Troie dans l'Iliade, semble un personnage bien fait pour intéresser et émouvoir un public de notre temps. C'est un héros plus humain qu'aucun autre. Homère aurait très bien pu montrer ce prince troyen sous un jour un peu hostile, comme un ennemi. Or, c'est le contraire qui se produit. En effet, Homère nous présente Hector, Hector seul, entouré des siens, de son père et de sa mère, de sa femme et de son enfant - et tout le monde connaît les adieux admirables d'Hector et d'Andromaque : ceci forme autour de la personne d'Hector un réseau de sympathie, d'inquiétude et de profonde pitié. Cette pitié trouve bientôt de quoi se justifier, car Hector va être tué dans le poème, il sera même maltraité après sa mort, Achille refusant de le laisser ensevelir. Ces chants d'Homère, qui sont les plus beaux et qui se terminent par un apaisement, expriment ainsi d'un bout à l'autre la douleur de la mort à la guerre et le devoir de respecter les corps des victimes. Deux thèmes qui ont de quoi toucher les hommes de notre époque tourmentée. Mais il se trouve aussi que ces textes sur la guerre de Troie n'ont pas cessé de vivre, d'être lus, d'être imités, d'être modifiés. Aussi je ne me suis pas contentée de cette relecture. A chaque fois j'ai voulu apporter des rapprochements : rapprochements avec d'autres textes grecs ; rapprochements avec des textes du Moyen Age, de l'époque classique, de l'époque moderne ; rapprochements même avec des scènes qu'il m'était arrivé de vivre ou de voir vivre. De cette façon, en plus de l'émotion suscitée par le poème lui-même, le livre avait une chance de jeter quelques lumières sur un aspect particulier de l'histoire de la culture. J de Romilly.

« Des nouvelles ne devraient pas avoir besoin de préface, elles devraient se suffire à elles-mêmes. Mais je suis trop professeur dans l’âme pour m’abstenir de tout commentaire ; et je déteste trop les malentendus pour ne pas tenter de m’expliquer, même brièvement. Dans les récits qui suivent, une femme dit «je», et ce n’est pas moi ; c’est une certaine Anne, qui évoque des moments passés dans sa maison du Lubéron… Peut-être y a-t-il, en effet, des ressemblances. Pourtant, non, ce n’est pas moi. Alors, qui est-elle ? Je viens de l’appeler Anne ; et elle est un peu comme l’indéfini en anglais : an , any , c’est-à-dire n’importe qui. Mais il se trouve aussi qu’elle est placée là dans des conditions particulières. Alors qu’elle a une vie organisée à Paris, on ne la voit que dans sa maison du Lubéron, dans son jardin, dans le silence et la paix de la campagne. Elle est là, coupée de toutes les difficultés de la vie courante, du métier, de la famille ou de la politique… Dans le silence, on s’ouvre tout naturellement aux méandres et aux surprises de la vie intérieure. » J. de R.

Ce livre est fait de souvenirs et de rêveries : il évoque des objets familiers dont chacun porte la trace de ce qui fut ma vie.

D'ordinaire, on les voit à peine ; on y est habitué, on ne fait pas attention. Mais il se trouve que, parfois, à l'occasion de n'importe quoi et d'un simple instant d'attention donné au passage, on retrouve un peu des souvenirs qui, avec les années, s'y sont attachés.

C'est une expérience très simple et très singulière. J'ai voulu tenter de la décrire, sans modifier en rien la vérité ; elle est parfois simplette, parfois naïve, mais peu importe : pour une fois j'ai voulu la dire juste comme elle était, sans rien inventer, sans rien ajouter ni corriger.

Une rencontre va bouleverser la vie d'Anne Aubier, jeune veuve de trente-quatre ans, qui mène une vie paisible. Alors qu'elle se promène avec une parente dans le jardin du Luxembourg, son regard croise celui d'un homme accompagné d'un enfant. Dans cet homme, elle croit reconnaître celui qu'elle a aimé passionnément douze ans plus tôt et qu'elle n'a plus revu: Paul, le non-conformiste. Anne va tout mettre en oeuvre pour le retrouver.

Oscillant entre l'agitation et la réflexion, elle interrogera ceux qui l'ont connu, suivra sa trace en Belgique, interrompra la liaison confortable qu'elle a avec Philippe, rompant ainsi avec " l'ordre, la sécurité et le poids de la tradition ", tout en se replongeant dans un passé qu'elle idéalise peut-être. Impatience, doutes, attente, espoir, émotions alternent tout au long de sa recherche. Elle retournera finalement dans le jardin du Luxembourg, où a eu lieu la rencontre.

Elle retrouvera l'enfant, puis l'homme. Mais le passé peut-il renaître ? Peut-on reprendre une histoire d'amour douze ans après ? Est-ce vraiment Paul qu'elle a cru reconnaître, ou est-ce déjà une autre aventure ?

« L’Iliade et l’Odyssée occupent une place à part dans la littérature en général. Ce sont les premières œuvres écrites qu’ait produites la Grèce. D’emblée, elles se sont imposées à l’admiration de tous. Les poètes lyriques grecs, les tragiques, les historiens en ont été nourris et les ont imitées. Leur texte a servi de base à l’éducation en Grèce. Les héros des deux poèmes d’Homère sont passés dans le monde moderne […]. Achille et Patrocle, Hector et Andromaque, Ulysse sont devenus des êtres familiers à tous et capables d’incarner, selon les cas, telle ou telle idée de l’homme. »

Cet ouvrage interroge la place si particulière que l’œuvre d’Homère occupe dans notre histoire en analysant les conditions de sa genèse ainsi que les raisons d’ordre littéraire d’un plaisir de lecture sans cesse renouvelé.

Dans cette oeuvre autobiographique posthume, J. de Romilly fait le portrait de sa mère et évoque les années qu'elle a passées auprès d'elle.

Quatrième de couverture

Jeanne

Voici le livre secret de Jacqueline de Romilly.

Écrit dans l'année qui suivit la mort de sa mère, en 1977, elle en fit imprimer quelques exemplaires pour les donner à ses amis.

Mais par pudeur, par respect, parce qu'il y a quelque chose de vulgaire à se laisser interroger sur ce qu'il y a de plus intime, et parce qu'elle avait horreur de la vulgarité, elle n'a pas souhaité que ce livre soit publié de son vivant et a chargé son éditeur et ami Bernard de Fallois de le publier après sa mort.

Elle fait ici le portrait d'une femme aux dons multiples, travailleuse infatigable, qui fit preuve pendant trente ans d'un talent d'écrivain reconnu, mais ne connut jamais le véritable succès. Après avoir perdu son mari au début de la guerre de 14, elle avait choisi de vivre dans l'ombre de sa fille. C'est toute une époque de la vie française du premier XXe siècle que Jacqueline de Romilly fait revivre autour d'elle.

Mais c'est aussi le récit - on a presque envie de dire la confession - de l'union indissoluble d'une fille et de sa mère. Jacqueline de Romilly nous en dit beaucoup sur elle-même, à cette occasion, et nous comprenons mieux ce sentiment mêlé d'admiration, de sympathie, de reconnaissance et d'affection que ses lecteurs, même s'ils ne l'avaient jamais rencontrée, ont éprouvé en apprenant sa disparition.

Tous les grands auteurs du " siècle de Périclès " ont été les disciples de ces maîtres d'un nouveau genre que furent les sophistes. Avec la rhétorique, ceux-ci ont offert un enseignement nouveau. Ils ont développé l'art de raisonner. Ils ont aussi ouvert la voie à toutes les formes de la libre pensée. Trop souvent attaqués et malmenés par une tradition ingrate, il fallait rendre aux sophistes et leur place et leur rôle dans la formation de la culture occidentale. Jacqueline de Romilly s'y emploie dans ce texte brillant et rigoureux qui montre l'influence considérable qu'ils exercèrent sur le développement intellectuel de l'Athènes du Ve siècle avant J.-C.

Le « bel Alcibiade » avait du charme, savait séduire, était riche et particulièrement bien entouré. Élève dé Périclès, ami des sophistes, protégé de Socrate, il était promis à une carrière pleine d'honneur, de succès et de gloire. Elle fût auréolée de scandales, de manipulation et autres trahisons qui eurent raison de sa popularité, de sa vie et surtout de la démocratie athénienne. Dans un style élégant et limpide, Jacqueline de Romilly relate les péripéties de son héros ambitieux, séduisant et opportuniste, et dénoue les intrigues et contre-intrigues stupéfiantes qui ont émaillé son bref parcours politique. Elle met l'accent à maintes reprises sur la fragilité de la démocratie : en Grèce comme de nos jours, les rivalités politiques et les scandales sont toujours menaçants ; et il suffit d'un politicien démagogue et dénué de scrupule pour faire basculer le destin d'une nation dans le chaos.

A travers la lecture des grands écrivains grecs, Jacqueline de Romilly tente de nous faire mieux comprendre cette théorie de la grandeur de l'homme qui apparaît, pour la première fois peut-être, au Ve siècle avant Jésus-Christ à Athènes.

Pour la première fois, les dieux n'ont plus des têtes d'oiseaux ou d'animaux, ne sont plus des faucons, des béliers, des chiens ou des vaches, ni des êtres impossibles aux attributs terrifiants, comme en Asie, ni des divinités aux mille bras, comme en Inde. Pour la première fois, ce sont tout simplement des humains. Mais cet essai ne conduit pas à un optimisme naïf. Les Grecs ne croient pas que tout va bien pour l'homme.

La tragédie et l'histoire nous montrent au contraire qu'ils sont parfaitement conscients des défaites, des malheurs, des souffrances auxquelles l'humanité est exposée.

L’oeuvre de la grande helléniste que fut Jacqueline de Romilly a enchanté d’innombrables lecteurs en leur révélant la grâce et la beauté d’une civilisation sans pareille.

Ce volume rassemble l’essentiel des textes qui jalonnent cette fresque narrative. Jacqueline de Romilly y promène le reflet grec de ses lectures sur toutes choses, animée sans cesse par le sentiment que se joua là, pour l’homme en général et pour son destin personnel de femme de tête, de coeur et de culture, une révélation intime. Expérience qui a nourri son idéal humaniste.

Ses émerveillements constants devant la richesse et la splendeur du patrimoine qu’elle fait découvrir ici à travers les figures de la Grèce mythologique, historique et littéraire – Homère, Hector, Achille et Alcibiade, Périclès, Platon et Socrate – sont indissociables de son approche savante. En sa compagnie, nous suivons l’invention progressive des valeurs qui nous ont façonnés : douceur, tolérance, liberté, démocratie… Car pour Jacqueline de Romilly, « ce qu’a semé la Grèce ne cesse de revenir, de resurgir ». Sa pensée est aussi celle d’une femme qui plaida pour l’enseignement des humanités afin de lutter contre toutes les formes d’obscurantisme.

 

Ce volume contient : Hector – Homère – L’Amitié de Giraudoux avec l’hellénisme : Elpénor – L’Humanité d’Homère et les humanités – Alcibiade – La Grèce antique à la découverte de la liberté – La Littérature, ou le Passé vivant – La Douceur dans la pensée grecque – « Patience, mon coeur ! » – Ne me dis pas comment cela finit… Réflexions sur la tragédie grecque.

Née il y a plus de deux millénaires et demi, la tragédie grecque est, aujourd'hui encore, d'une étonnante vitalité. Chaque année, les œuvres d'Eschyle, de Sophocle ou d'Euripide inspirent les metteurs en scène les plus novateurs. C'est d'elle qu'est né notre théâtre classique, tout comme certaines de ses réécritures modernes parmi les plus célèbres, que l'on songe à Jean-Paul Sartre, à Jean Anouilh ou à Cocteau. Et que dire de la scène lyrique, voire même de la "psychologie des profondeurs" ou de la pensée politique ?

Les études et les essais rassemblés dans le présent volume éclairent le miracle de sa naissance, montrent l'étendue de son rayonnement après avoir mis en lumière le génie individuel de chacun des trois grands poètes athéniens du Vème siècle avant Jésus-Christ, si souvent imités au cours des siècles et rarement égalés.

Mais ce livre est loin d'énoncer les idées générales que l'on pourrait trouver ailleurs sur l'histoire du genre tragique.

Par une étude minutieuse de quelques œuvres exemplaires, dont les hellénistes apprécieront la rigueur et dont les autres admireront la clarté, Jacqueline de Romilly nous apprend à lire et à relire ces textes fondateurs de la tradition occidentale où Marguerite Yourcenar voyait "une tentative de langage universel" (En pèlerin et en étranger).

Créditée d’une origine divine par les Anciens, la poésie a le pouvoir d’émouvoir et de charmer. Les fondateurs de la rhétorique l’avaient bien compris, utilisant les rythmes et les styles poétiques pour conférer à leurs discours le pouvoir d’envoûter l’auditoire à la manière des magiciens.

Dans ces quatre conférences prononcées à l’université de Harvard en 1974, inédites en français, Jacqueline de Romilly analyse la relation liant l’enchantement par les mots à l’inspiration divine et à la magie. Depuis l’audace des procédés oratoires de Gorgias et leur condamnation platonicienne, à travers la volonté de définition d’un art du discours par Isocrate et Aristote, jusqu’à la réintroduction du sublime et de l’irrationnel en littérature par les auteurs plus tardifs, Jacqueline de Romilly met en valeur l’aptitude des anciens Grecs à entretenir un dialogue à travers les siècles, dans lequel chacun répond avec précision et subtilité à son prédécesseur.

Élève de Périclès, ami des sophistes, protégé de Socrate, Alcibiade était promis à une carrière pleine d’honneur, de succès et de gloire. Elle fut auréolée de scandales, de manipulation et autres trahisons qui eurent raison de sa popularité, de sa vie et surtout de la démocratie athénienne.

Alcibiade était beau, riche et intelligent. Son ambition ne connaissait aucune mesure. D’Athènes à Sparte en passant par la Perse, il fut au centre de la vie politique de la fin du Ve siècle avant J.-C.

Dans un style élégant et limpide, Jacqueline de Romilly relate les péripéties de son héros ambitieux, séduisant et opportuniste, et dénoue les intrigues stupéfiantes qui ont émaillé son bref parcours politique.

« À côté des maladies somatiques, que nous connaissons depuis des siècles, et des maladies psychiques, identifiées plus récemment, il doit nécessairement s'en trouver d'autres, d'un ordre supérieur, que nous appellerons les maladies de l'esprit. Nulle névrose ne saurait expliquer le désespoir de l'Ecclésiaste, le sentiment de notre exil sur terre ou celui de notre aliénation, l'ennui métaphysique, la conscience du vide et de l'absurde, l'hypertrophie du moi, le détachement ou la révolte sans objet [...]. Incontestablement, de certaines de ces tendances, sinon de toutes, sont nées et continuent à naître de grandes œuvres. »

Et ce sont tour à tour César Birotteau ou Don Juan, Don Quichotte ou les héros de Samuel Beckett, qui nous servent d'exemples, de cas cliniques, permettant d'établir le diagnostic de ces « grands dérèglements de l'esprit ».

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