Livres
472 303
Membres
444 383

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Tous les livres de Jacques Chessex

« Nous n'irons plus au bois Pleurez la belle récolte De seins mordus au bord des haies De lèvres mouillées à la tombe » Tout l'art poétique de Jacques Chessex est présent en une strophe : l'ironie sous la forme classique, la chair menacée par la mort même (et surtout) si elle est féminine, le vacillement de l'auteur happé par le plaisir. En compagnie de tous les habitants des bois de Ropraz, de la corneille au sapin, saluant les morts anonymes ou célèbres en des stèles d'amitié, de sa mère à James Baldwin, méditant sur la vanité ou la précarité de l'existence, le poète réussit ici l'alliance de l'immanence et de l'absolu. A lire absolument

1 lecteurs

Peut-il y avoir un plus grand péché qu'aimer une sainte d'amour charnel ? Le narrateur croise le chemin d'Aloysia Pia Canisia Piller, dite Canisia, à Fribourg. Il la suit dans la cité médiévale et catholique où il surprend les secrètes amours de l'abbesse avec les rebuts de l'humanité : pour élever les hommes vers Dieu, elle se donne, et plus elle est souillée, mieux elle est sanctifiée, offrant le double visage de la déchéance et de l'élévation. Prose entre sépulcre et ciel, prose en couronne d'épines, ce roman d'un christianisme tout à la fois pacifié et exaspéré confirme que Jacques Chessex est l'un de nos plus grands écrivains.

1 lecteurs

Exemplaire numéroté. Broché. Petit format. 65 pages. Il a été tiré 700 exemplaires et 4 exemplaires sur chine marqués A à D.

Carabas est un chant et un coup de poing. Jacques Chessex, qui avait un peu roulé sa bosse à Paris, a fixé ses quartiers définitifs dans son pays vaudois. Il est devenu l'un des écrivains romands les plus brillants et les plus lus.

Mais cette force acquise dans les tumultes et les rêves ne pouvait être contenue derrière la barrière du Jura. Chessex revient à Paris avec Carabas. Autoportrait, Carabas est la salutation adressée à la France par un écrivain qui se donne, pour parler d'elle et de soi, une insolente liberté.

L'auteur dit " je " et dit tout. La saveur baroque du récit impose le livre. Du tohu bohu d'une vie de bretteur littéraire, d'avaleur d'alcool, d'amoureux chronique, de zigzagant des campagnes et de professeur parfaitement à l'aise dans ses classiques, se dégage comme un art poétique, avec des pointes. Les cousins francophones ne sont plus d'humeur à se laisser terroriser par le capitaine Barthes et les telquellisants.

Carabas est le livre de la femme. Chessex l'aime et fait surgir des figures et des corps dans la tendresse et les décombres. C'est aussi le livre d'un pays avec lacs et montagnes, histoires chuchotées, lectures, cafés et combats, et beaucoup de personnages, car Chessex a le front d'éprouver de l'affection pour ces bannis de l'ordre nouveau. Il aime rire.

Il se moque de Guillemin, fait l'éloge d'Aragon, parodie Queneau, passe en revue les paons du jour, déclare sa ferveur pour Flaubert et Maupassant, bonshommes de poids et de trogne.

La Suisse romande connaît actuellement une véritable renaissance littéraire. Par Carabas, nous voyons de quel bois on s'y chauffe. Précédant le marquis, le chat lisse ses moustaches, tire son chapeau et découvre au regard du roi des terres allègres.

Poème de dix chants soutenus qui se parlent en miroir, Comme l'os est une méditation aiguë où le sentiment métaphysique et la fascination des choses terrestres se rencontrent âprement dans la même respiration : Dieu, la précarité de notre destin, l'élégie des paysages purs, la figure de la femme aimée, le désir et la mort se mettent ici en cause et s'exaltent dans la cohérence d'un art poétique à la fois sombre et rayonnant.

1 notes
2 lecteurs

Ce récit posthume de Jacques Chessex aurait pu s'appeler La Mort du voisin. En effet, lorsqu'un voisin nonagénaire meurt de sa mort naturelle, et qu'une cérémonie a lieu dans la chapelle du village, l’écrivain s'y rend. Tout son talent va consister à rendre la palette d'émotions qui le saisit et nous saisit. Bonheur et honte de survivre, et certitude, hélas, de ne pas survivre longtemps. Mais aussi le retour du passé, en images fulgurantes et superbes, un fou qui hante les rues de Ropraz, un visage de jeune homme suicidé, une amante au sexe de miel…

« Dans cet ultime récit, l’ogre suisse, de son écriture granitique, se prépare à la mort, finit par accepter le face-à-face avec Dieu – ou l’absence de Dieu –, se met en paix avec ses fantômes, leur pardonne, se pardonne. »

Fabienne Pascaud, Télérama.

« Plus qu’un livre, Hosanna est la longue et troublante épitaphe d’un mort qui continue d’écrire. »

Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur.

" Incarnata est musica " : la phrase est de Mozart, en marge de ses carnets.

Mozart, que jalousait Antonio Salieri tout comme le narrateur du récit de Jacques Chessex jalouse le grand Ramuz (1878-1947). L'un fréquente la lumière de la création, l'autre l'ombre et l'amertume. L'un travaille, l'autre se dissipe. Jacques Chessex imagine ici, en phrases souples, un duel entre un maître écrasant et son témoin rebelle : " Ai-je rêvé un sort parallèle au mien, qui fût à la fois le mien et celui de la personne que j'aurais dû être.

" Ce récit grave et transparent est une réflexion sur les pouvoirs de la littérature. C'est aussi une allégorie de toute chair. On y assiste au triomphe et à la dérision de la vanité. On y rencontre une femme aimée malgré sa laideur, Ariane D., " une vraie sorcière de Goya " mais à l'âme si pure, qu'elle fascine jusqu'à la mort. Tout Chessex est là : dans le vertige entre l'élégie de la beauté, la volupté et le renoncement.

1 notes
4 lecteurs

Pourquoi, vingt ans après, Jonas est-il revenu à Fribourg, a-t-il accepté le principe d'une conférence dans cette ville universitaire, quittée au lendemain de ses études ? Ecrivain reconnu mais aujourd'hui tari, marchand de tableaux avisé mais fatigué de son commerce, Jonas va de bar en bar, de verre en verre, poursuivi par les souvenirs, ses longues conversations avec le maître qui lui fit découvrir et aimer la philosophie, ou encore avec celui qui lui enseignait Dieu... Jusqu'à ce que le passé l'assaille. Il retrouve l'amie abandonnée en même temps que la bande de copains à l'issue des examens. Elle n'a guère changé mais porte un terrible secret : il lui est né un fils de Jonas, qui ressemblait tellement à son père qu'il a fait les mêmes études, dans le même collège avec, peut-être, les mêmes maîtres. Mais l'adolescent est mort.

Huit jours durant, Jonas, comme son antique homonyme, va dériver dans cette ville matrice, étrange retour aux sources. Un livre d'une très grande tendresse, chaleureux et sensuel, mais encore âpre et violent, intelligent sans pédanterie, riche avec modestie. Un livre de métaphysicien du roman.

Chef d'une secte, les Témoins de la Nouvelle Résurrection, le sage Aschenbach, sa femme, ses filles jumelles, et un valet, vivent dans une ferme vaudoise isolée, où les fidèles viennent régulièrement participer à de singulières cérémonies. De quoi fasciner le vieux Raphaël Turner, propriétaire de la ferme, qui habite le château voisin avec ses fils. Entre les deux clans naît une complicité perverse, nourrie par la haine et le désir, où l'érotisme, les fantasmes, la violence ont leur part autant que l'alcool et la mystique, poussée jusqu'au délire des possédés. Peu à peu, tandis que Pâques approche, va s'imposer un transparent parallèle avec le drame de la Passion. Mais ici les vierges sont folles, le Christ démoniaque, les disciples dévoyés, et seul Raphaël semble se réserver un rôle conforme aux Ecritures : celui de Judas, le traître élu par Dieu, ou par Satan, comment savoir ? Du scénario millénaire, Jacques Chessex a tiré un superbe roman sensuel et brûlant. Son intensité passionne, son actualité surprend. Oui, le diable est parmi nous : ouvrez ce livre, vous ne pourrez plus en douter.

2 lecteurs

description

L'Ardent Royaume c'est le corps de Monna, sa beauté insolente et douce, et c'est aussi l'enchaînement des plaisirs, des joies et des folies que découvre là Maître Mange et qui vont le perdre.

Car L'Ardent Royaume est à la fois l'histoire d'une joie immense et celle d'une déchéance banale un homme de cinquante ans, « arrivé », bien marié, bon père, notable de sa ville, sent un jour, comme disait Barrès, « le vide de son coeur et de ses mains ». Il fait la connaissance de Monna, qui a vingt-cinq ans et un passé tumultueux. Alors il comprend que, dans sa vie, tout ce qui était tiédeur peut devenir feu et flammes; tout ce qui était pénombre et gêne peut éclater au grand soleil, être jeté à la face du monde. Du moins le croit-il ...

« Je suis figé au bord de la route, mon père s'est arrêté lui aussi, maintenant il vient sur moi, il me saisit durement par le bras, le chapeau est baissé sur les yeux, sur les lunettes, le col du manteau relevé, mon père est pâle, les yeux bleus terriblement brillent. Il me tient toujours par le bras, il regarde autour de lui, devant, derrière. « Il n'y a personne » dit sa voix que je reconnais mal. « Personne. Et toi tu ne m'as pas vu. Souviens-toi. Toi tu ne m'as pas vu à ce moment et sur ce chemin.» Il m'a lâché, il ne me regarde pas, déjà il marche à grands pas, le chapeau enfoncé, le col haut, sur la route où il n'y a personne. » Pourquoi le père du narrateur rôde-t-il sur cette route, où il n'a que faire, dans la lumière cotonneuse de l'automne ? De quel prix un secret peut-il se payer ? Les morts réclament-ils d'avoir la paix ? L'enfant de huit ans, auquel on a demandé de se taire, se confesse enfin, des années après. En un récit implacable, où chaque mot pénètre la conscience du lecteur et la marque à l'acide de la vérité, Jacques Chessex diffuse le secret qui l'a rongé pendant si longtemps. Roman des origines, enquête sur un père au-dessus de tout soupçon, rêverie sur les oiseaux, aspiration à la pureté : quel que soit le genre, L'Economie du ciel est un texte majeur.

5 lecteurs

L'été 1960.

Un été jurassien, sec, enflammé, jaune. Jules-Henri Mangin, cet orphelin tranquille servait la messe et aidait à la mise en scène d'une pièce de Roger Vailland. Entre le garçon qu'obsèdent les odeurs du vice et le libertin au regard froid, se noue une amitié faite d'initiation progressive au plaisir. On joue, on fouette, on sépare les corps qui transpirent. Le petit amateur de théâtre ne sera plus jamais le même.

Jusqu'au scandale qui éclabousse le bourg. Des années plus tard, Jules Henri retrouve l'une des complices de cette comédie qui a mal tourné, l'espagnole et brune Maria Elena. Tout recommence, dans l'attrait du péché.

Pour échapper à la " servitude d'être soi ", Jacques-Adolphe, héros de ce livre, a résolu de se donner un modèle.

Il a choisi l'écrivain Benjamin Constant, dont l'œuvre et la personnalité le fascinent. Choix paradoxal, inquiétant même : l'auteur d'Adolphe, amant volage, perpétuellement hésitant, contradictoire, fasciné par l'échec, n'est sans doute pas un guide susceptible de faciliter l'existence... Pourtant Jacques-Adolphe va s'appliquer à vivre, à sentir, à penser comme lui. Comme lui, il joue et ne gagne pas.

Comme lui, il aime et abandonne l'opulente Gloria, la secrète Charlotte, la rousse Anna. Comme lui, il détruit la vie d'une Ellénore qu'il a séduite, qui a tout quitté pour lui. Comme lui, il se brûle. Au soir de sa vie, il comprendra qu'il a vécu d'illusions. Le romancier de L'Ogre (prix Goncourt 1973) et de Morgane Madrigal poursuit ici l'exploration, menée à travers toute son œuvre, de la part d'ombre de l'être humain.

A mi-chemin de l'étude psychologique et de la fable faustienne, il nous donne le portrait d'un homme qui perdra son identité et son âme.

1 notes
1 lecteurs

Jacques Chessex n'a jamais été un enfant: il prétend n'avoir pas connu ce bonheur, ni la nostalgie de ce bonheur...

Cette enfance-là n'en finissait pas: il rongeait son frein, aspirait à être un homme. A quinze ans, il découvrit l'amour, et, encouragé par un professeur, il publia ses premiers poèmes dans sa vingtième année.

C'est alors que son père, Pierre Chessex, directeur de collège, étymologiste du pays de Vaud, se tira une balle dans la tête. Pendant quatre jours, le fils devenu adulte veilla celui dont, tout à son impatience de devenir adulte, n'avait pas su écouter le désespoir ni comprendre la violence....

1 lecteurs

Le 9 octobre 2009, Jacques Chessex succombe à une crise cardiaque. Il vient de terminer L’Interrogatoire, qu’il destine à la publication. Littérature, sexe, jalousie, religion, mort… sous la forme d’une interview imaginaire, l’auteur se livre à un examen de conscience et nous offre un autoportrait sans complaisance. « Je ne me moque ni de mourir, ni de la mort, ni de ma poussière de mort […]. Quelque chose en moi, qui parle de retour, me donne irrésistiblement la force de remonter de la poudre où je serai diffus […], je vous l'avais dit : " Je reviendrai. " »

On ne le lit pas sans intense émotion. On croit entendre, intacte, mélodieuse et calme, la voix d’outre-tombe de Jacques. La forme choisie […] ajoute à notre trouble. Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur.

Il faut lire les pages magnifiques et poétiques, nimbées d’une allégresse sereine, que Chessex consacre à l’écriture. Christine Rousseau, Le Monde des livres.

6 notes
22 lecteurs

Jean Calmet, la quarantaine, est prof de latin dans un lycée de Lausanne. Son père vient de mourir, c'est le jour des obsèques. L'homme fut, sa vie durant, un tyran familial, force de la nature portée sur le vin et les servantes d'auberge, troussant à l'occasion la gamine de 20 ans que son fils, adolescent, poursuivait alors gauchement. Bizarrement cette mort ne fait qu'accroître la présence du père pour son fils, générant en lui obsession et scrupules quand à son sa faible appétence de vie. Un roman-méditation sur la mort, cependant trés charnel, relatant le quotidien avec force et concrètude.

4 lecteurs

Un jeune pasteur exalté arrive dans un bourg de la montagne. Tout de suite, il y heurte les conforts et les usages d'une communauté à la vie spirituelle assoupie. Un notable du pays l'humilie : le pasteur Burg, pour se venger, séduira sa fille, une de ses catéchumènes...

1 lecteurs

C'est un roman à l'odeur de péché. Aimé Boucher, pasteur et professeur de théologie à l'université de Bâle, s'est retiré à la maison de retraite Les Salines. Il y a comme un parfum de scandale autour de lui : auteur d'un poème intitulé "La Sainte Cène", où l'amour charnel des jeunes filles se mêlait à la contemplation du corps de Dieu, il a été soupçonné d'avoir causé la mort d'une de ses étudiantes. Aimé Boucher est un concupiscent, un pasteur qui exalte le partage des corps au lieu de la communion des saints, mais aussi un repenti qui aspire au dénuement, à la retraite sans ornements. Roman choquant, âpre, où Jacques Chessex dialogue avec les ombres de Vladimir Nabokov, qui vécut à Montreux, Fernando Pessoa et Benjamin Constant, sur les rives du Léman. Roman, aussi, d'un homme mi-ermite mi-provocateur, qui se délivre ici du bien comme du mal qu'il porte en lui.

Etrange comédie qui se noue aux rives du lac Léman, dans cette clinique Valmont dont le nom évoque Laclos, et le décor Rilke, lorsqu'un vieil homme malade, et qui se sait condamné, offre sa jeune femme à un écrivain de passage afin qu'il soit son amant. Benoît Rouvre accepte l'offre, par désoeuvrement et parce qu'il pressent tout ce que l'aventure pourrait lui révéler de ses propres mystères.

Dès lors l'amour, le regret, la jalousie, la frénésie sensuelle et les hantises religieuses vont se mêler dans une danse funèbre et païenne, où l'auteur de. Judas le transparent et de Morgane Madrigal nous ouvre de nouvelles portes sur son univers intérieur.

Voici quatre-vingt-huit poèmes qui s'appellent, qui se répondent et longtemps se font écho sous un titre abrupt, mais éclairé par l'origine et par l'oeuvre de Jacques Chessex. Car ici règnent le sentiment aigu de la faute et son remords, la fascination de la chair et des pulpes terrestres, la mémoire et l'intuition de Dieu, l'interrogation violente du mal, l'élégie du temps en fuite et la hantise de la mort.

Le Calviniste s'organise en quatre parties, dont chaque poème se veut le produit, la critique et l'une des voix, tenue, intense, de tout l'ensemble. D'où la cohérence d'un livre qui se propose, profondément, comme un art poétique et comme un chant pur.

1 notes
8 lecteurs

Un homme de 74 ans est enfermé à l'hospice de Charenton au printemps 1814. Il a commis de nombreux crimes et semble ne se repentir en rien. Le narrateur suit les destins successifs du crâne de ce malade fulgurant, Monsieur de Sade.

'Dieu est le sujet immanent ou explicite de mes livres, récits ou poèmes qu'il porte, inspire, suscite dans la culpabilité, le désir de lui ou l'allégement du superflu quej'abandonne pour mieux voir. Des milliers d'heures,j'ai envié l'idiot de Dieu.' Mon problème avec Dieu, aurait pu titrer Jacques Chessex. L'auteur dialogue ici, adoptant tour à tour l'interpellation blasphématoire, la lettre, l'essai et le récit autobiographique, avec l'idée qu'il se fait de Dieu : 'Une sorte de perpétuel entretien entre moi qui suis l'habitat, provisoire et menacé, et Dieu infini qui m'habite.' Ermite intérieur, songeant davantage au repos du cimetière qu'aux vanités terrestres, mais jamais lassé de vivre, Chessex ne choisit pas entre l'énigme de l'injure et l'énigme de la foi. Ce livre brûlant, puisque 'Dieu vomit les tièdes', exercice de mystique autant que voeu d'idiotie, nous mène aussi dans les coulisses de la création. Chessex visite les ateliers de Dubuffet. Francis Bacon, Pietro Sarto. Il relit les pages de Bossuet, Saint Augustin, Bataille, pour comprendre à travers eux le Dieu qu'il désire.

En résumé : Le désir de la neige

Le poète se lève tôt. Chaque matin, à Ropraz où il habite face aux montagnes, le voit s'abandonner à l'exercice qui consiste à rassembler sa pensée en peu de mots : « Ainsi j'apprends à être rien / A l'heure matinale où commencent à jaillir des cris d'oiseaux. » Ce magnifique recueil tend vers la blancheur de la neige, métaphore de l'effacement de l'auteur, qui flotte entre le dedans et le dehors, la prose et la poésie, la sensation et le souvenir, le vacarme et le silence. Autant qu'une métaphysique de la blancheur, ses poèmes font entendre le bruit prosaïque du quotidien : un chat qui passe, des bols qu'on lave au matin, le cimetière de Ropraz, ce lieu tant de fois revisité, « la terre des porcs et des filles / montre les dents ». C'est aussi à l'aube que la pensée des morts hante ce vivant qu'obsède la chair : il jette alors ses poèmes à la face des disparus, les inconnus qu'il croise et ceux qui lui furent le plus proches, comme sa mère, « et toujours de ne pas t'aimer assez la plaie vive ».

Le Mot de l'éditeur : Le désir de la neige

Le poète se lève tôt. Chaque matin, à Ropraz où il habite face aux montagnes, le voit s'abandonner à l'exercice qui consiste à rassembler sa pensée en peu de mots : « Ainsi j'apprends à être rien / A l'heure matinale où commencent à jaillir des cris d'oiseaux. » Ce magnifique recueil tend vers la blancheur de la neige, métaphore de l'effacement de l'auteur, qui flotte entre le dedans et le dehors, la prose et la poésie, la sensation et le souvenir, le vacarme et le silence. Autant qu'une métaphysique de la blancheur, ses poèmes font entendre le bruit prosaïque du quotidien : un chat qui passe, des bols qu'on lave au matin, le cimetière de Ropraz, ce lieu tant de fois revisité, « la terre des porcs et des filles / montre les dents ». C'est aussi à l'aube que la pensée des morts hante ce vivant qu'obsède la chair : il jette alors ses poèmes à la face des disparus, les inconnus qu'il croise et ceux qui lui furent le plus proches, comme sa mère, « et toujours de ne pas t'aimer assez la plaie vive ».

1 lecteurs

Au centre de ces quatre nouvelles de l'auteur de L'Ogre, qui excelle dans l'art du récit court (style sûr, trait précis, structure dense et sans faille), réapparaissent des thèmes familiers : la nature, la femme, la mort. L'écrivain veut restituer, à travers les paysages, l'élémentaire et sa force. Les sous-bois, les oiseaux " qui exaltent et qui calment " forment l'arrière-plan heureux de ces récits tragiques. Postface d'Anne Marie Jeton.

Jacques Chessex (né le 1er mars 1934 à Payerne et mort le 9 octobre 2009[1] à Yverdon-les-Bains) est un écrivain et peintre suisse de langue française. Il fut le seul écrivain suisse ayant reçu le prix Goncourt[2] mais également le prix Goncourt de la poésie en 2004.

Le Jour proche, poésie, Aux Miroirs partagés, Lausanne, 1954.

1 notes
2 lecteurs

Un renard anticonformiste se rebelle contre l'engouement général. Il n'ira pas dans la lune. Prolongement possible : la conquête de l'espace et réfléxions sur le thème du rêve at de l'action. Une version moderne du Roman de Renart...

Un vieil homme de soixante-quinze ans se souvient des ombres de sa jeunesse. L'été de 1760, Jean de Watteville, étudiant en théologie, passe les vacances chez son oncle dans le manoir d'Ussières, non loin de Lausanne. Il a dix-huit ans et, non sans une candeur un peu effrayée, il écoute les disputes des théologiens, calvinistes contre jésuites. On herborise, on reçoit Casanova ou Edward Gibbon, mais surtout on attend avec impatience les visites de Monsieur de Voltaire, qui vient en voisin depuis Ferney. Vieux maniaque de la tolérance", agile comme le singe, venimeux comme une vipère, dictant ses lettres et récitant ses tragédies, un oeil sur la jolie Aude, Voltaire fascine le jeune homme. Mais, sous l'apparence du bonheur, n'y aurait-il pas un vertige ? Sous l'allure plaisante du philosophe, les démons du vice ? L'étudiant imagine le pire. Jusqu'au scandale. Brosser le portrait de Voltaire en girouette un rien perverse, et montrer que sous la réalité la plus lumineuse il y a parfois la présence d'un mystère : voici un conte immoral."

Trente nouvelles où domine une menace : cruellement, ironiquement, de solitude en vie précaire, un univers se constitue, qui englue les personnages, les paralyse, les détruit. Qui les enferme, vivants, au séjour des morts. Il faut un grand art pour dire l'inexorable en de brefs récits abrupts et clairs. Jacques Chessex, Prix Goncourt 1973, regarde ses damnés et les saisit au pire moment : dans le quotidien, dans le fourmillement des présences.

Le monde est beau, les êtres sont désirables mais la faille s'ouvre sans cesse, le temps ronge les figures, la bêtise fait son travail, la folie gagne du terrain. {Le Séjour des morts}, c'est l'ordre habituel inversé : les trépassés nous parlent à la surface. Jacques Chessex nous montre leur peine, fatalité, plainte, rire noir, dans un livre qui témoigne d'un singulier usage de la nouvelle : comme une galerie de drames où le malheur d'être homme divise les règnes.

J'ai vingt-six ans, lui trente-trois. À l'époque il est long, maigre, souple, rapide, rieur et même moqueur. Le teint coloré, tirant sur le carmin en fin de repas, le sourire inquiété d'une petite cassure à une incisive. Quarante-huit ans d'amitié sont nés là, je veux dire de mutuelle curiosité, d'histoires de livres, d'enfants, de maisons, de séparations, dans l'exigence légèrement consentie d'une communauté de sentiment sur nos lieux, nos origines, notre proximité, - une totale indépendance des esprits et des mouvements. L'un et l'autre sachant ce qu'écrire pèse de silence, de travail contre soi et le monde, et d'exposition aux coups.» Dans ce récit où le temps, la poésie et la folie ont leur part, une amitié apparaît. François Nourissier et Jacques Chessex sont liés depuis quarante-huit ans par une singulière affection dans la liberté et la curiosité mutuelles. La Suisse, pays inattendu, y joue son rôle et en arrière-fond la lumière du travail et de la mort.

16 notes
61 lecteurs

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au cœur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination- meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la " crasse primitive ", la solitude, les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?

1 notes
2 lecteurs

Cinq chants baroques, vastes et amples (Palimpseste, Plus tard, Douze blasons, Ut Pictura, Les Aveugles de saint Augustin), par J. Chessex, poète et essayiste. "Tu crois m'appeler de ta voix de bonze, mon cher mort/Ne vois-tu pas/(si tu peux voir dans l'apparence)/Que l'air ne porte que les sons bas ce matin/Malgré l'éblouissement sur la colline".

1 lecteurs

Yorick, compagnon aîné de Hamlet, le fou du roi-père assassiné, comme un maître de mémoire à travers le temps. Celui par qui la voix ne se tait pas. Quelle est la mort qui nous habite, à laquelle nous donnons forme? Interrogation première du poète.

Ce ne sont pas exactement des Portraits, mais des visages taillés, comme issus des cavernes du fond des âges, que Jacques Chessex nous donne ici à toucher.

Il y en a de célèbres. Voici un François Nourissier en "jeune chien cruel", un Robbe-Grillet en "tête à fraise au lieu de l'écharpe de laine rouge ", un hibou Jean Paulhan, un "légat de César" nommé Yves Berger, le profil sarrasin de Maurice Chappaz, ou le stendhalien Jérôme Garcin, pour ne citer qu'eux. Il y en a d'anonymes, têtes recuites par la mémoire, surgies de la nuit du passé ou de la lumière du jour.

Il y a celle de l'auteur aussi, qui s'observe singulièrement. Entre une série d'eaux-fortes et la chirurgie des chairs, à la manière du peintre Giacometti, entre l'exercice d'admiration et le croquis du physionomiste, Jacques Chessex invente ici, non sans humour, un genre nouveau: la galerie de têtes.

1 notes
2 lecteurs

Qu'arrive-t-il à un couple très libre qui adopte un enfant, lorsque celui-ci se révèle comme un irréductible forcené ? C'est l'aventure que vont vivre le romancier Alexandre Dumur et sa femme en accueillant chez eux, à Rouvre, un adolescent d'une souplesse et d'une beauté rares. Louis inquiète, séduit, détruit. Très tôt sa sauvagerie et sa sensualité extrêmes confondent ses parents adoptifs, les troublent, les conduisent aux plus équivoques manoeuvres.

La femme du pasteur de la paroisse succombe à son étrange pouvoir. C'est d'ailleurs le pasteur lui-même qui définira le garçon : un renard enragé. Et c'est cette rage qui se communiquera ouvertement et sournoisement aux personnages de ce livre, les poussant à l'erreur, au vice, ou ravivant leurs vieilles fureurs, de toute façon les assujettissant, les ravageant. Le Mal n'a que trop de hâte à hanter les corps et les coeurs.

C'est sur le séculaire fond calviniste que se développe le drame. Dans l'univers cohérent de Jacques Chessex, la culpabilité et la violente sensualité divisent les règnes.

1 lecteurs

Marie préfère se promener dans les bois plutôt qu'aller en classe.

Un jour, elle rencontre un gros chat sauvage qui devient le complice de ses escapades...

1 lecteurs

" Il y a un goût du secret, du caché, de l'interdit, qui m'est venu très tôt avec la détestation de ma condition d'enfant et la rumination de quelques jouissances.

Qu'est-ce que je cherchais dans le noir, coincé sous cette carcasse de gamine qui tremble nerveusement et m'écrase ? Je m'en souviens : je cherche mon bien. J'avais huit ans, je ne l'oublie pas ! Mais je me rappelle ces moments avec une précision d'autant plus exacte qu'elle est le miroir de ce que je suis aujourd'hui. C'est la première fois qu'on s'oublie sur moi. " L'autobiographie inattendue de Jacques Chessex ? Dans le clair-obscur du temps et de la mémoire, certaines scènes frappent, cinglent, retiennent.

Une jeune fille battue au fouet à chien. La peau interdite et offerte d'une femme dans l'église de Fribourg. L'odeur de l'encens froid. Une mère aux yeux bleus qui ne pardonne pas. Une lettre à ses propres fils où il leur demande le jour venu de l'aider à mourir. Chessex dit la vérité. Il dit parfois l'innommable. Il dit le trouble du passé. Il n'a pas peur d'être si magnifiquement impudique.

1 lecteurs

Devant un collage de Max Ernst, Morgane envoûte Vincent comme la fée des contes, son ancienne homonyme, asservissait ses amants. Et l'amant, fou d'images, de poèmes et de désirs, n'est que trop tôt fasciné, par le spectacle de cette femme ouverte... Mais, au fait, Vincent regarde-t-il Morgane Wagner, ou se condamne-t-il à fixer en elle la Méduse mythique et charnelle, la bête enfouie où se perdre ? Le madrigal est vraiment devenu le jeu baroque, l'aventure d'un délire que raconte un roman où l'érotisme et l'intuition de la mort surviennent dans des pages lumineusement inspirées

Le poète se lève tôt. Chaque matin, à Ropraz où il habite face aux montagnes, le voit s'abandonner à l'exercice qui consiste à rassembler sa pensée en peu de mots : « Ainsi j'apprends à être rien / A l'heure matinale où commencent à jaillir des cris d'oiseaux. » Ce magnifique recueil tend vers la blancheur de la neige, métaphore de l'effacement de l'auteur, qui flotte entre le dedans et le dehors, la prose et la poésie, la sensation et le souvenir, le vacarme et le silence. Autant qu'une métaphysique de la blancheur, ses poèmes font entendre le bruit prosaïque du quotidien : un chat qui passe, des bols qu'on lave au matin, le cimetière de Ropraz, ce lieu tant de fois revisité, « la terre des porcs et des filles / montre les dents ». C'est aussi à l'aube que la pensée des morts hante ce vivant qu'obsède la chair : il jette alors ses poèmes à la face des disparus, les inconnus qu'il croise et ceux qui lui furent le plus proches, comme sa mère, « et toujours de ne pas t'aimer assez la plaie vive ».

Afficher plus

Réduire

Hantée par le mauvais destin et la menace, c'est de ces dangers, des ruses transparentes du démon que chacune des trente-six nouvelles de ce livre tire un pouvoir d'ahurir et de troubler, qui est l'une des marques désormais reconnues de Jacques Chessex.

Des proscrits, des errants, des humiliés connaissent ici les dernières fascinations de la solitude qui les égare et les détruit. Nul secours dans ce resserrement du drame, aucune autre issue que la damnation sur terre ou la mort. Ainsi l'infirme, croyant être devenu oiseau sublime, qui saute du sommet de la falaise pour échapper à son mal. Ou le vieillard qui va chercher une fin immobile et lumineuse dans la montagne d'octobre. Ou le vieillard qui va chercher une fin immobile et lumineuse dans la montagne d'octobre. Ou l'obsédé des détritus qui crève l'oeil d'une concurrente sur une décharge publique. La fatalité accable ces égarés, le jeu ironique de la passion et du hasard fait terriblement le reste.

1 notes
2 lecteurs

Un fils parle de sa mère, née à Vallorbe en 1910, morte le jeudi 15 février 2001.

Il regrette les méchantes pensées, l'indifférence, le temps de l'enfance évanoui trop vite.

Sa mère, "le contraire de la vanité et du tapage", lectrice de La Fontaine au regard clair, et lui l'écrivain, l'excessif, le mauvais fils tapageur.

Mais quand ce fils indigne s'appelle Jacques Chessex, alors c'est une relation forte, ambiguë, charnelle, qui se noue avec sa mère.

1 lecteurs

«Longtemps j'ai eu le temps. C'était quand ma mère vivait. J'étais désagréable avec elle, ingrat, méchant, je me disais : j'aime ma mère. Elle le sait ou elle finira bien par le savoir. J'ai le temps. En attendant, le temps passait. Je rencontrais ma mère, je la blessais parce que tout en elle me blessait. Son esprit était droit, sa pensée juste, son élégance de bon goût, sa taille bien prise, son regard d'un bleu un peu gris était pur et me voyait. Et moi je n'étais pas digne de ce regard.»

Un fils parle de sa mère. Sa mère, «le contraire de la vanité et du tapage», lectrice de La Fontaine au regard bleu clair, et lui, l'écrivain, Jacques Chessex, l'excessif, le mauvais fils, le fils rebelle.

Tombeau et résurrection, «fontaine de regret», violence et douceur, évocation pudi­que mais charnelle, ce récit autobiographique est l'un des plus beaux, des plus émouvants de l'auteur.

Broché, couverture d'éditeur rempliée blanche et jaquette beige foncé imprimée en noir - 76 pp. Textes de Favrod, Kuenzi et dix poèmes inédits de Jacques Chessex illustrés par Estoppey. Biographie.

795 exemplaires numérotés sur vélin taille-douce.

5 lecteurs

Ces poèmes font parler les personnes du drame, Eve, Adam, Jonas ou Jean, comme autant de voix du poète qui transcrit le monologue des acteurs des deux Testaments comme si il y était admis à l'instant même.

Jacques Chessex a écrit Portrait d’une ombre en 1976, vingt ans après le suicide de son père. Il y dit la peine, le regret de l’irrémédiable. Il parle à la présence qui se manifeste sans cesse à lui et porte son écriture. Ce texte, où alternent la prose poétique et les vers, reprend l’un des thèmes principaux de l’écrivain, né en 1934 dans le canton de Vaud, et qui a reçu le Prix Goncourt en 1973, pour son roman, L’Ogre.

« Maintenant ce qui a été moi est libre De recevoir la vraie neige Ouverte à l'absence de moi Elu le voyageur qui chante Parce qu'il est attendu Mais plus heureux celui qui se perd Déjà sans corps sans regard O buée de l'Imparfait Dans le puits de Dieu et du vide » Prosaïsme et sublime, nature et humanité dévoyée, Dieu et son absence, animaux et odeurs, plantes et crânes des vanités, ainsi va la poésie de Jacques Chessex.

Poèmes" Maintenant ce qui a été moi est libreDe recevoir la vraie neigeOuverte à l'absence de moiElu le voyageur qui chanteParce qu'il est attenduMais plus heureux celui qui se perdDéjà sans corps sans regardO buée de l'ImparfaitDans le puits de Dieu et du vide "

Un homme dont la haine envers la femme qui l'aime ne cesse de croître ; une inconnue qui s'efforce de séduire un jeune pasteur, dans le seul but de lui faire découvrir les mortifications qu'elle s'inflige ; un écrivain dont le sosie hante les rues de la ville, abordant les femmes et quittant les restaurants sans payer...

Tels sont quelques-uns des personnages dont Jacques Chessex entreprend ici de nous faire découvrir les secrets troublants, parfois terribles. Depuis trente ans, l'auteur de L'Ogre (prix Goncourt 1973) et de judas le transparent bâtit une des œuvres les plus singulières de ce temps, rigoureuse dans sa forme, hantée par les thèmes de la sexualité, du salut, du péché, de la mort. Il en concentre ici toutes les perspectives, avec une souveraine maîtrise de son art.

" Entre le sage et le fou, entre la chair fraîche et l'insaisissable spectre, Jacques Chessex ne choisit et ne respecte que ceux qui, sur terre, marquent seulement leur passage : le saint, le pécheur, le provocateur, l'innocent. Ils se reconnaissent entre eux. Il se reconnaît en chacun. " André Brincourt, Le Figaro littéraire.

1 lecteurs
15 notes
37 lecteurs

Nous sommes en 1942: l'Europe est à feu et à sang, la Suisse est travaillée de sombres influences. A Payerne, rurale, cossue, ville de charcutiers "confite dans la vanité et le saindoux", le chômage aiguise les rancœurs et la haine ancestrale du Juif. Autour d'un "gauleiter" local, le garagiste Fernand Ischi, sorti d'une opérette rhénane, et d'un pasteur sans paroisse, proche de la légation nazie à Berne, le pasteur Lugrin, s'organise un complot de revanchards au front bas, d'oisifs que fascine la virilité germanique. Ils veulent du sang. Une victime expiatoire. Ce sera Arthur Bloch, marchand de bestiaux A la suite du Vampire de Ropraz, c'est un autre roman, splendide d'exactitude et de description, d'atmosphère et de secret, que Jacques Chessex nous donne. Les assassins sont dans la ville.

1 lecteurs

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode