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Tous les livres de Jean Baudrillard

Les objets en particulier n'épuisent pas leur sens dans leur matérialité et leur fonction pratique. Leur diffusion au gré des finalités de la production, la ventilation incohérente des besoins dans le monde des objets, leur sujétion aux consignes versatiles de la mode : tout cela, apparent, ne doit pas nous cacher que les objets tendent à se constituer en un système cohérent de signes, à partir duquel seulement peut s'élaborer un concept de la consommation. C'est la logique et la stratégie de ce système d'objets, où se noue une complicité profonde entre les investissements psychologiques et les impératifs sociaux de prestige, entre les mécanismes projectifs et le jeu complexe des modèles et des séries, qui sont analysées ici. Jean Baudrillard.

Aujourd'hui l'abstraction n'est plus celle de la carte, du double, du miroir ou du concept.

La simulation n'est plus celle d'un territoire, d'un être référentiel, d'une substance. Elle est la génération par les modèles d'un réel sans origine ni réalité : hyperréel. Le territoire ne précède plus la carte, ni ne lui survit. C'est désormais la carte qui précède le territoire - précession des simulacres - c'est elle qui engendre le territoire et s'il fallait reprendre la fable, c'est aujourd'hui le territoire dont les lambeaux pourrissent lentement sur l'étendue de la carte.

C'est le réel, et non la carte, dont les vestiges subsistent çà et là, dans les déserts qui ne sont plus ceux de l'Empire, mais le nôtre. Le désert du réel lui-même.

À rebours des idées reçues, des dogmes et des idéologies, une radiographie saisissante des sociétés contemporaines. Les Stratégies fatales ou la chronique du monde moderne. L’amour, la séduction, le plaisir, l’obscène...Jean Baudrillard explore quelques-uns des chemins de l’actualité.

Penseur iconoclaste, et non pas sociologue ou philosophe, case intellectuelle qu’il récuse, Jean Baudrillard, dans ce texte daté de 1988, se livre à une approche géo-poétique et métaphysique de l’Amérique, qu’il décrit sur un mode lyrique merveilleusement hypnotique, loin de tout travail lourdement conceptuel. On lira ainsi Amérique comme une fantasmagorie scripturaire en quête d’une sidération spécifiquement américaine à quoi s’abandonnent l’œil et le corps de Jean Baudrillard (New York et ses gratte-ciel, LA et son éclatement horizontal, le vertige de la signalétique, les motels, les highways, l’abstraction des déserts et des grands espaces, le désert culturel et la liberté inutile du pays de l’utopie réalisée, etc.).

On tourne les pages lentement, on est soi-même sidéré, le Nouveau Monde nous happe, l’écriture qui le métaphorise relève d’un travail plastique sur le langage qui ne peut laisser qu’admiratif.

Un choc esthétique est une chose rare dans une vie de lecteur.

" Parlons donc du monde d'où l'homme a disparu. Il s'agit de disparition, et non pas d'épuisement, d'extinction ou d'extermination. L'épuisement des ressources, l'extinction des espèces, ce sont là des processus physiques ou des phénomènes naturels. Et là est toute la différence, c'est que l'espèce humaine est sans doute la seule à avoir inventé un mode spécifique de disparition, qui n'a rien à voir avec la loi de la nature. Peut-être même un art de la disparition. " J. B.

Ceci est l'histoire d'un crime - du meurtre de la réalité.

Et de l'extermination d'une illusion - l'illusion vitale, l'illusion radicale du monde. Le réel ne disparaît pas dans l'illusion, c'est l'illusion qui disparaît dans la réalité intégrale. Si le crime était parfait, ce livre devrait être parfait lui aussi, puisqu'il veut être la reconstitution du crime. Hélas, le crime n'est jamais parfait. D'ailleurs, dans ce livre noir de la disparition du réel, ni les mobiles ni les auteurs n'ont pu être repérés, et le cadavre du réel lui-même n'a jamais été retrouvé.

Quant à l'idée qui préside au livre, elle n'a jamais pu être repérée non plus. C'était elle l'arme du crime. Si le crime n'est jamais parfait, la perfection, elle, est toujours criminelle, comme son nom l'indique. Dans le crime parfait, c'est la perfection elle-même qui est le crime, comme dans la transparence du mal, c'est la transparence elle-même qui est le mal. Mais la perfection est toujours punie : la punition de la perfection, c'est la reproduction.

Si les conséquences du crime sont perpétuelles, c'est qu'il n'y a ni meurtrier ni victime. S'il y avait l'une ou l'autre, le secret du crime serait levé un jour ou l'autre, et le processus criminel serait résolu. Le secret, finalement, c'est que l'un et l'autre soient confondus : " En dernière analyse, le meurtrier et la victime sont une seule personne. Nous ne pouvons concevoir l'unité de la race humaine que si nous pouvons concevoir, dans toute son horreur, la vérité de cette ultime équivalence.

" (Eric Gans). En dernière analyse, l'objet et le sujet sont un. Nous ne pouvons saisir l'essence du monde que si nous pouvons saisir, dans toute son ironie, la vérité de cette équivalence radicale.

En analysant, depuis plus de trente ans, les liens qu’entretiennent les grands mouvements de société et l’obsession contemporaine de la production, Jean Baudrillard s’est placé au cœur de la problématique d’une génération rebelle aux repères imposés par la toute-puissance du marché. A la « virtualisation » de notre monde, à l’univocité du « commerce » des signes, aux vertus illusoires de la transparence et aux mystifications de la valeur marchande, il oppose la prodigalité de l’échange symbolique, le défi de la séduction, le jeu infini de l’aléatoire, la réversibilité du destin. Opérateurs de charme d’une pensée qui se revendique provocatrice et paradoxale, douze mots de passe – de l’« Echange symbolique » à la « Valeur », de l’« Obscène » à la « Transparence du mal », du « Crime parfait » au « Virtuel » – cristallisent ici les idées clefs de ses ouvrages, selon le principe esthétique et pédagogique d’un abécédaire. Jean Baudrillard appartient à ces penseurs qui s’expriment en marge des systèmes et de la tonitruance médiatique. Il a publié une vingtaine d’essais dont, entre autres, Le Système des objets, De la séduction, La Transparence du mal, L’Echange impossible.

L'époque immédiatement postérieure à mai 68 nous a valu pas mal de niaiseries grotesques. On vous épargnera, sur ce site, les élucubrations de Cohn-Bendit & co...

Mais cette époque a aussi vu quelques textes absolument remarquables. Des textes venus du néomarxisme, en général, avec des auteurs comme Michel Clouscard ou Jean Baudrillard.

La 'Critique de l'économie politique du signe' : en voilà un qui m'avait beaucoup marqué, il y a quelques années, quand je l'ai lu pour la première fois. Note de lecture...

Un spectre hante l'imaginaire révolutionnaire : c'est le phantasme de la production. Il aliment partout un romantisme effréné de la productivité. La pensée critique du mode de production ne touche pas au principe de la production. Touts les concepts qui s'y articulent ne décrivent que la généalogie, dialectique et historique, des contenus de production et laissent intacte la production comme forme [...] En fait, partout l'homme a appris à se réfléchir, à s'assumer, à se mettre en scène [...]. Il y a là quelque chose, au niveau de toute l'économie politique, de ce que décrit Lacan dans le stade du miroir : à travers [...] ce miroir de la production, s'effectue la prise de conscience de l'espèce humaine dans l'imaginaire. Jean Baudrillard. Production d'objets, production de signes : jusqu'ici, la modernité s'est aussi définie comme une gigantesque machine à produire des choses et du sens. Prenant à revers les analyses traditionnelles, dont celle des marxistes, Jean Baudrillard montre que, finalement, le dispositif n'a jamais été appréhendé dans sa réalité profonde. Partant d'un examen raisonné des notions de travail, d'économie politique, de mode de production, etc., il élabore une nouvelle grille d'interprétation des phénomènes, débarrassée cette fois des scories du discours métaphysique.

A l'heure où l'on prétend que tout est dit, qu'il n'y a plus de secrets, de censures, au moment choisi pour l'apologie, omettre la louange venue de l'indifférence, attaquer une pensée trop belle pour être vraie, voilà probablement un accident... D'où vient cette réserve devant l'admirable ? sinon d'une rumeur hostile à la conjuration de l'acquiescement et de l'exigence de tout autre discours possible

Beaubourg, machine à produire de la culture, mais qui produit de la masse, et la masse, au lieu d'absorber de la culture, absorbe la machine. Ainsi fonctionne le cycle d’une implosion irréversible...

Quatrième de couverture

La majorité silencieuse tous les systèmes actuels fonctionnent sur cette entité nébuleuse, dont l'existence n'est plus que statistique, dont le seul mode d'apparition est le sondage. Les masses qui la constituent ne sont bonnes conductrices ni du politique, ni du social, ni du sens en général. Tout les traverse, tout les aimante, mais s'y diffuse sans laisser de traces. Elles sont l'inertie, la puissance du neutre. C'est ce point de vue que développe Jean Baudrillard dans le présent ouvrage et c'est en ce sens que la masse est caractéristique de notre modernité, à titre de phénomène hautement implosif.

L'Ange de stuc est un recueil de poèmes. Ce qui ne surprendra que ceux qui n’ont traversé que superficiellement l’œuvre de Jean Baudrillard

Toujours la séduction veille à détruire l'ordre de Dieu, fût-il devenu celui de la production ou du désir. Pour toutes les orthodoxies elle continue d’être le maléfice et l’artifice, une magie noire de détournement de toutes les vérités...

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Jean Baudrillard, dans son journal de bord très personnel, tourne ici les pages des dernières années du siècle. Loin de ses ouvrages à portée théorique, le sociologue poursuit le cours de ses informelles chroniques, consignant en aphorismes plus ou moins développés les pensées suggérées par l'événement, public ou privé. Au lecteur le soin de laisser ces émanations d'un passé encore tiède condenser en lui ses propres impressions, souvenirs ou réflexions. Ces considérations décousues brouillent les genres d'écriture et les registres journalistiques. Elles mêlent le propos intime (tel regard porté sur un public de conférence...), l'évocation du fait divers (l'inauguration d'EuroDisney, Clinton et Monica...), la digression sur des phénomènes de société (les grèves, le portable, les médias...) ou sur de grandes questions philosophiques (l'image, le temps, l'amour...), l'incursion scientifique (en microphysique, en économie...), l'allusion mythologique (à Io, par exemple, première "vache folle")... Une désinvolture salutaire qui renvoie le lecteur à la tâche d'appréhender, d'élaborer et de penser son quotidien

Nous vivons la fin de la représentation. L'essentiel aujourd'hui n'est plus d'être représentatif mais d'être branché. Les hommes politiques s'y essaient désespérement : leur intervention se résume désormais à un calcul d'effets spéciaux et de performances. Leur idéologie même n'en appelle pas à nos convictions profondes : elle nous branche ou ne nous branche pas. Victoire de la politique spectacle et des professionnels des médias.

Echec d'une gauche qui se voudrait encore "divine", transparente, vertueuse et morale, représentative des valeurs profondes, des valeurs définitives de l'histoire. Elle ne peut que rencontrer l'indifférence ironique des masses. Cette chronique de la gauche de 1978 à 1984 analyse notre monde de simulation où l'emportera celui qui saura jouer avec les nouvelles stratégies de l'indifférence.

Par ce livre-charnière qui traverse les thèmes dominants de son œuvre, les visitant, les corrigeant, les revitalisant si la nécessité des temps s'en fait sentir, Jean Baudrillard cherche à se « mettre dans la position d’un voyageur imaginaire qui tomberait sur ces écrits comme sur un manuscrit oublié et qui, faute de documents à l’appui, s’efforcerait de reconstituer la société qu’ils décrivent ».

La Transparence du mal

Essai sur les phénomènes extrêmes

Une dénonciation de cette guerre, considérée comme un leurre, en trois parties : la première a paru dans le journal Libération du 4 janvier 1991; un fragment de la troisième dans celui du 29 mars. Pour Baudrillard, "l'enjeu crucial, l'enjeu décisif, c'est la réduction consensuelle de l'islam à l'ordre mondial".

Nous sommes en train d'effacer tout le XXème siècle. Nous sommes en train d'effacer un à un tous les signes de la guerre froide, peut-être même tous les signes de la Seconde Guerre mondiale, et ceux de toutes les révolutions politiques ou idéologiques du XXème siècle. Non pas dans le sens d'un sursaut en avant de l'histoire, mais dans le sens d'une réécriture à l'envers de tout le XXème siècle, qui va occuper largement les dix dernières années de la fin du siècle. Au train où nous allons, nous serons bientôt revenus au Saint Empire romain germanique. Et c'est cela peut-être l'illumination de cette fin de siècle, et le véritable sens de cette formule controversée de la fin de l'histoire. C'est que nous sommes en train, dans une sorte de travail de deuil enthousiaste, de ravaler tous les événements marquants de ce siècle, de les blanchir, comme si tout ce qui s'était passé là (les révolutions, la partition du monde, l'extermination, la transnationalité violente des Etats, le suspense nucléaire) - bref l'histoire dans sa phase moderne - n'était qu'un imbroglio sans issue, et que tout le monde s'était mis à la défaire cette histoire avec le même enthousiasme qu'on avait mis à la faire.

Réduire l'autre à l’autrui, telle est l’opération commune à toutes les formes de pensée de la modernité occidentale. Elle permet de se rendre maître de l’autre, de l’aliéner ou de s’assimiler en l’insérant dans une combinatoire des différences. En dépit de cette réduction à visée universelle subsiste cependant une altérité radicale, impensable et incommensurable. C’est en quelque sorte la composante maudite, irréductible et indicible, de l’autre. On ne peut l’appréhender qu’indirectement par ses effets de séduction, de dévolution de la volonté d’altération ou de destruction. Ces figures de l’altérité, inquiétantes, excitantes, menacées de disparition, font encore vibrer le monde comme un enchantement secret.

Jean Baudrillard, observateur de notre société contemporaine, est aussi un observateur de la pensée théorique. Au lieu de se lamenter sur la perte de la pensée et l'absence de la théorie il "reverse" la question en montrant que cette " perte " est en quelque sorte naturelle à la pratique sociale et que contrairement à ce que l'on pense cette "absence" indique une présence que le regret, la pensée nostalgique, le remord occultent, et que les exigences n'ont pas à disparaître ni à se dissoudre dans la morale. La pensée radicale consiste à pousser à son extrême le système qui guide les jugements et les goûts, et tend à démontrer que l'analyse ad hominem du système permet d'exercer non plus une " critique critique " mais une attitude qui ignore tous ressentiments et toutes nostalgies au profit d'une réalité radicale, " l'ennui avec la réalité, c'est qu'elle va au-devant des hypothèses qui la nient ". De plus, dans l'ouvrage présenté ici, Jean Baudrillard jette un beau regard ironique sur les concepts qu'il a exploités, comme le simulacre, le symbolique et la simulation par exemple.

On n'a pas le choix des événements. On n'a que celui des concepts. Mais ce choix-là, celui des concepts, il faut y tenir. Pas question que les événements vous imposent le leur - leur figure idéologique et leur mise en scène dans l'information. A ce titre, n'importe quel événement peut faire l'affaire. Chacun enferme toute la situation à un moment donné - simplement prise dans le bluff événementiel. C'est contre ce bluff événementiel qu'il faut se battre, et chercher ce qui dans l'événement fait événement - c'est-à-dire ce qui excède toute interprétation, toute idée conventionnelle du politique et de l'histoire. Non pas ce que l'analyse peut soumettre à ses propres fins, mais ce qui lui résiste, ce qui nous est caché, ce qui louche à travers les faits. Il faut lever cet écran total derrière lequel jouent la transparence et le ressentiment, trouver le point qui fait mal, autour duquel s'articule la corruption d'un système - et qui peut être une vache folle, une grève, ou le fantôme de Mitterand... Il est tentant de vérifier la théorie, non pas dans ce qu'elle peut avoir de vrai, mais comme défi à la réalité, comme défi lancé à l'événement de la démentir. La chronique ne peut procéder que d'un certain nombre d'idées venues d'ailleurs, mais l'enjeu est de les mettre à l'épreuve d'une actualité imprévisible. Radicalité, subversion, simulation, illusion : comment toutes ces dimensions se nouent, s'actualisent dans notre univers, devenu pratiquement sans références, sans histoire et sans mémoire, et déjà largement immergé dans la quatrième dimension du virtuel. Tel est le dessein de recueil : frayer en sens inverse avec ce qui a défrayé la chronique - un peu en deçà, un peu au-delà de la réalité - un peu en deçà, un peu au-delà de la vérité.

" L'illusion politique de gauche, congelée pendant vingt ans dans l'opposition, s'est révélée, avec l'accession au pouvoir, porteuse, non pas de sens de l'histoire, mais d'une morale de l'histoire.

Quand la gauche retrouvera-t-elle enfin le sens de l'analyse ? (...) Tout cela pour dire que si Le Pen est l'incarnation de la bêtise et de la nullité - certes - mais de celle des autres, de ceux qui en le dénonçant dénoncent leur propre impuissance et leur propre bêtise, en même temps que l'absurdité qu'il y a à le combattre frontalement, sans rien avoir compris à ce jeu de chaises diabolique (...).

"La photographie, c'est notre exorcisme.

La société primitive avait ses masques, la société bourgeoise ses miroirs, nous avons nos images." Jean Baudrillard est aussi un photographe. Occupant une place aussi singulière dans ce champ que celle qu'il tient dans le champ philosophique. Ce livre - le premier qu'il consacre à sa pratique de la photographie - nous propose une vision à la fois ironique, subtile et radicale qui nous entraîne dans des directions bien différentes de celles tracées par Walter Benjamin, Pierre Bourdieu ou Roland Barthes.

Critique de l'esthétisation de la photographie - "De nos jours, c'est l'art qui dévore la photo" -, réévaluation de la technique - "qui donne à la photo son caractère original" - et surtout suprématie accordée à "la complicité silencieuse entre l'objet et l'objectif". Texte à double écriture : la poésie des mots et cette écriture réflexe, automatique, objective qui déploie - en 100 photos - l'évidence du monde des objets.

Cet ouvrage regroupe les éditions séparées antérieures : Illusion, désillusion esthétiques (1997), Le Complot de l'art (1996, puis 1997), Entrevues à propos du complot de l'art (1997). Ces deux derniers titres regroupés en 1999 sous le titre : Le Complot de l'art & entrevues à propos du "complot de l'art".

En dehors des contenus de chaque titre, Jean Baudrillard ajoute le texte d'une entrevue qu'il a eu avec Sylvère Lotringer (professeur de littérature française à Colombia, New York), qui conclu pour Jean Baudrillard sa fameuse affaire du "complot" de l'art.

Prises de positions de deux artistes sur l'état des arts contemporains et la politique menée en matière d'art.

Résumé de "A l'ombre du millenaire ou le suspens de l'an 2000"

Au-delà de la fin, à l'ère du transpolitique, du transesthétique, du transsexuel, toutes nos machines désirantes deviennent de petites machines célibataires,

Epuisant leurs possibilités dans le vide. Le compte à rebours, ainsi celui qui décompte le temps sur la Tour Effeil de Paris, cette fin là n'est plus

Le terme symbolique d'une histoire, mais la marque d'un épuisement potentiel, d'une comptabilité dégressive, c'est le code de disparition automatique du monde. Réédition d'un texte indisponible depuis plusieurs années.

Qu'est-ce qu'un objet singulier ? Une chose étrange, une météorite, un absolu ramassé en un seul point, qui n'est échangeable avec rien d'autre. Ce peut être une idée, un bâtiment, une couleur, un sentiment, un être humain. C'est toujours sa singularité qui le met en péril. Face à la médiatisation et à la mondialisation de la culture, face au nivellement des valeurs et à la généralisation d'une pensée faite uniquement d'opinions, où trouver encore des objets singuliers ? Comment les définir, les créer, les protéger, les reconnaître ? En tissant autour de ce thème leur dialogue, Jean Nouvel et Jean Baudrillard abordent d'autres problèmes fondamentaux qui concernent les années à venir. Ils imaginent comment sera la ville de demain, se demandent pourquoi l'idéal de la transparence a pénétré peu à peu toutes les sphères, depuis la politique jusqu'à l'architecture. Ils traitent, enfin, de la difficulté d'être libre. Un essai sur la singularité donc, qui anime leur oeuvre et leur recherche à tous deux. Et qui détermine une certaine éthique aussi. Un texte passionnant et passionné aux prises avec les grandes mutations qui s'annoncent.

«Notre admiration pour la peinture est la conséquence d'un long processus d'adaptation qui s'est opéré pendant des siècles, et pour des raisons qui très souvent n'ont rien à voir avec l'art ni l'esprit. La peinture a créé son récepteur. C'est au fond une relation conventionnelle» (Gombrowicz à Dubuffet). La seule question, c'est: comment une telle machine peut-elle continuer de fonctionner dans la désillusion critique et dans la frénésie commerciale? Et si oui, combien de temps va durer cet illusionnisme, cet occultisme ­cent ans, deux cents ans? L'art aura-t-il droit à une existence seconde, interminable ­ semblable en cela aux services secrets, dont on sait qu'ils n'ont plus depuis longtemps de secrets à voler ou à échanger, mais qui n'en fleurissent pas moins, en pleine superstition de leur utilité, et en défrayant la chronique mythologique.

Résumé du livre : Télémorphose précédé de L'élevage de poussière

La télévision a réussi là (Loft Story) une opération fantastique de consensualisation dirigée, un véritable coup de force, une opa sur la société entière, un kidnapping - formidable ...

Jean Baudrillard fut l'un des créateurs de la revue-groupe Utopie qui, parue en 1967 pour la première fois, mit un terme à son existence en 1978.

Il y participa de bout en bout et y donna une belle quantité de textes et de livres [A l'ombre des majorités silencieuses, Le PC ou le paradis artificiel du politique - notre édition vient de rééditer A L'ombre des majorités...]. Au début dans Utopie les articles étaient signés, plus tard ils ne le furent plus. La totalité de ceux venus sous la plume de Baudrillard sont réunis ici. L'aspect " apparition des idées, des thèses et des opinions " de ces textes nous a poussés à les publier dans l'état et à les présenter chronologiquement de façon à assister à la génèse de l'une des pensées qui saura s'imposer en dehors de toute école ou de toute appartenance partisane, et donc d'assister à l'avènement d'une pensée libre de notre époque.

Le volume porte le titre du premier texte que J. Baudrillard donna à Utopie. La présente édition s'est faite sous son contrôle.

Un texte écrit en 1997, en réaction aux élection présidentielles et au score fait par la Front national, initialement intitulé "De l’exorcisme en politique ou la conjuration des imbéciles", Baudrillard y souligne le despotisme démocratique, l'ordre moral désormais imposé par la gauche, qui semble finalement servir l'extrême droite.

« Des événements mondiaux, nous en avions eus, de la mort de Diana au Mondial de football – ou des événements violents et réels, de guerres en génocides. Mais d’événement symbolique d’envergure mondiale, c’est-à-dire non seulement de diffusion mondiale, mais qui mette en échec la mondialisation elle-même, aucun. Tout au long de cette stagnation des années 1990, c’était la “grève des événements”. Eh bien, la grève est terminée. Les événements ont cessé de faire grève. Nous avons même affaire, avec les attentats de New York et du World Trade Center, à l’événement absolu, la “mère” des événements, à l’événement pur qui concentre en lui tous les événements qui n’ont jamais eu lieu.

Que nous ayons rêvé de cet événement, que tout le monde sans exception en ait rêvé, parce que nul ne peut ne pas rêver de la destruction de n’importe quelle puissance devenue à ce point hégémonique, cela est inacceptable pour la conscience morale occidentale, mais c’est pourtant un fait, et qui se mesure justement à la violence pathétique de tous les discours qui veulent l’effacer. »

J.B.

Ce texte a été écrit en 1949, à 20 ans, alors que Jean Baudrillard était membre du Collège de pataphysique, qui veut dire philosophie de l'état gazeux.

L'effacement de Dieu nous a laissés face à la réalité. Qu'en sera-t-il de l'effacement de la réalité ? Est-ce là un destin négatif, ou tout simplement l'absence de destin l'avènement d'une banalité implacable, liée au calcul intégral de la réalité ? Mais le destin n'a pas dit son dernier mot. Il est sensible, au cœur même de cette réalisation intégrale, au cœur de la puissance, dans cette convulsion interne qui en suit la logique et en précipite les effets, dans ce retournement maléfique de la structure elle-même, qui transforme une destination positive en une finalité meurtrière : cela, c'est le principe même du Mal et de l'intelligence du Mal. Soit deux formes antagonistes : La Réalité Intégrale : le mouvement irréversible de totalisation du monde. La Forme Duelle : la réversibilité interne au mouvement irréversible du Réel. On ne peut que penser que l'évolution (ou l'involution) vers un univers intégral est irrésistible. Mais on ne peut que penser en même temps que la forme duelle est indestructible. Rien ne permet de spéculer sur l'issue de ce double mouvement contradictoire. On reste devant la confrontation sans issue d'une forme duelle et d'une intégration totale, mais en apparence seulement, car toujours en proie à une désintégration secrète, à cette dissension qui la travaille de l'intérieur, de par la réfraction de la dualité au cœur même de cette totalisation virtuelle. C'est la violence mondiale immanente au système-monde lui-même, et qui lui oppose de l'intérieur la forme symbolique la plus pure du défi.

"After the best book, the most beautiful woman, or the finest desert you've ever seen, you tell yourself this is where the rest of your life begins." But it isn't, he goes on to say. Indeed, the crux of these fragments are that the life you expect to be waiting for you out there after experiencing something truly awesome merely become life itself. "It was merely the illusion of the end." That horizon that marks the end of sight and the beginning of a new day becomes the starting point for another horizon and another new day and the endless succession of days that will follow.

Trad google :

«Après le meilleur livre, la plus belle femme, ou le meilleur désert vous avez jamais vu, vous vous dites que c'est là que le reste de votre vie commence." Mais ce n'est pas, il continue à dire. En effet, l'essentiel de ces fragments sont que la vie vous attendez pas à être en attente pour vous là-bas après avoir vécu quelque chose de vraiment génial simplement devenir la vie elle-même. «C'était simplement l'illusion de la fin." Cette ligne d'horizon qui marque la fin de la vue et le début d'un nouveau jour devient le point de départ d'une autre ligne d'horizon et un autre nouveau jour et la succession ininterrompue de jours qui vont suivre.

Comment interpréter, après les premiers commentaires formulés sous le choc, les événements du 11 septembre 2001 à New York ? Que signifie cette expression spectaculaire du terrorisme sur le sol américain ? Jean Baudrillard et Edgar Morin, dans ces deux conférences prononcées à l'Institut du monde arabe, replacent l'événement dans le paysage actuel de " la mondialisation ".

Pour Baudrillard, l'architecture arrogante des Twin Towers n'est pas étrangère à leur destruction et à l'effondrement symbolique d'un monde dédié à la puissance financière et au libéralisme triomphant. Edgar Morin, dans un texte où l'on retrouve les grands thèmes de sa réflexion, rappelle les conditions historiques qui ont rendu possibles les actions terroristes, et appelle à une prise de conscience globale pour inventer un autre avenir.

Deux interventions essentielles pour comprendre le sens du terrorisme contemporain et l'état d'un monde où peut naître cette violence absolue.

Ces quelques textes sont dans le prolongement de L'Esprit du terrorisme, paru dans Le Monde du 3 novembre 2001, et publié aux Éditions Galilée en janvier 2002. Il ne s'agit pas de réactualiser l'événement du 11 septembre. Celui-ci était déjà, de par sa puissance, au-delà de l'actualité. Aujourd'hui submergé par elle, il la domine encore. Il n'y a pas d'ordre logique ni chronologique dans ces textes - seul le chapitre " Requiem pour les Twin Towers " se rattache à une intervention faite à New York en janvier 2002. Le propos est de dégager l'événement de la vague d'intoxication morale et politique qui l'a submergé depuis lors, et d'en restituer la puissance symbolique - car, pour ce qu'il en est de sa " vérité ", elle reste à jamais insaisissable.

Le "paroxyton", c'est l'avant-dernière syllabe, la "pénultième". Le paroxysme est donc le moment avant-dernier, non pas celui de la fin, mais celui juste avant la fin, juste avant qu'il n'y ait plus rien à dire.

Le paroxyste, lui, s'attache aux phénomènes, mais ne partage pas lillusion de la fin. il vit dans l'imminence de la fin. Il l'utilise comme observatoire, d'où il peut avoir une vue imprenable. Il fait intervenir la fin dans le déoulement même des choses. Il se situe même éventuellement au-delà, façon de sauter par-dessus son ombre. Ni fanatique, ni prosélyte, ni exorciste : juste la violence du paroxysme et le charme discret de l'indifférence. Juste balance entre les extrêmes, juste là où aux confins de l'indifférence brille encore une lueur de désespoir.

C'est sans doute aussi la figure de notre monde.J.B.

Jean Baudrillard a déjà publié une vingtaine d'essais dont Le Crime parfait (1995), L'Illusion de la fin (1992) et La Transparence du mal (1990).

Philippe Petit est né en 1951. Docteur en philosophie, il a enseigné pendant quelques années avant de se consacrer au journalisme.

La consommation est devenue la morale de notre monde. Elle est en train de détruire les bases de l'être humain, c'est-à-dire l'équilibre que la pensée européenne, depuis les Grecs, a maintenu entre les racines mythologiques et le monde du logos. L'auteur précise : « Comme la société du Moyen Âge s'équilibre sur la consommation et sur le diable, ainsi la nôtre s'équilibre sur la consommation et sur sa dénonciation. »

À la différence des sociétés primitives ou traditionnelles, il n'y a plus d'échange symbolique au niveau des sociétés modernes, plus comme forme organisatrice. C'est peut-être pourquoi le symbolique les hante comme leur propre mort, comme une exigence sans cesse barrée par la loi de la valeur. Sans doute une certaine idée de la Révolution depuis Marx avait tenté de se frayer une voie à travers cette loi de la valeur, mais elle est depuis longtemps redevenue une Révolution selon la Loi. Sans doute la psychanalyse tourne autour de cette hantise, mais elle la détourne en même temps en la circonscrivant dans un inconscient individuel, en la réduisant sous la Loi du Père, de la castration et du signifiant. Toujours la Loi.

Pourtant, au-delà de toutes les économies, politiques ou libidinales, se profile dès maintenant sous nos yeux le schéma d'un rapport social fondé sur l'extermination de la valeur, dont le modèle renvoie aux formations primitives, mais dont l'utopie radicale commence d'exploser lentement à tous les niveaux de notre société : c'est le schéma que tente d'analyser ce livre sur des registres aussi divers que le travail, la mode, le corps, la mort, le langage poétique. Tous ces registres relèvent encore aujourd'hui de disciplines instituées qui sont ici ressaisies et analysées comme modèles de simulation. Miroir de la réalité ou défi théorique ?

Réversibilité du don dans le contre-don, réversibilité de l'échange dans le sacrifice, réversibilité du temps dans le cycle, réversibilité de la production dans la destruction, réversibilité de la vie dans la mort, réversibilité de chaque terme et valeur de langue dans l'anagramme : une seule grande forme, la même dans tous ces domaines, celle qui met fin à la linéarité du temps, du langage, des échanges économiques et de l'accumulation du pouvoir. Elle prend pour nous la forme de l'extermination et de la mort. C'est la forme même du symbolique

L'incertitude du monde, c'est qu'il n'a d'équivalent nulle part, et qu'il ne s'échange contre rien. L'incertitude de la pensée, c'est qu'elle ne s'échange ni contre la vérité ni contre la réalité.

Est-ce la pensée qui fait basculer le monde dans l'incertitude, ou le contraire ? Cela même fait partie de l'incertitude.

Tous nos systèmes convergent vers un effort désespéré pour échapper à cette incertitude radicale, pour conjurer cette fatalité de l'échange impossible. Ils ont tous échoué, mais cette fois, il semble bien que nous tenions la solution finale, l'équivalent définitif, dans l'invention de la Réalité et de l'Intelligence Virtuelle sous toutes ses formes.

Pourtant les jeux ne sont pas faits. De cette équivalence définitive font irruption toutes les formes antagonistes de la singularité et du destin - tout ce qui se joue de cette incertitude radicale et qui fait de l'impossibilité même de l'échange sa règle du jeu.

Chacun est sans doute présent avec sa volonté et son désir, mais, dans le secret, les décisions et les pensées lui viennent d'ailleurs. Et c'est dans cette interférence très étrange qu'est son originalité, son destin - auquel nous cherchons continuellement à échapper.

« La graisse, ce n'est ni de l'âme, ni du corps, ni de la chair, ni de l'esprit, c'est ce que fabrique le corps fatigué ! » Ainsi parle Lichtenberg. On pourrait en dire autant de la pensée : la pensée grasse, c'est ce que fabrique l'esprit fatigué, il continue de produire, mais il produit du gras !

Une oeuvre peut s'élaborer par accumulation ou par épurement. Il y a ceux qui construisent des systèmes par ajouts successifs et ceux qui épurent jusqu'au fragmentaire... Ce sont encore deux formes d'écriture : celle qui agglomère et élabore des ensembles par complexité croissante et celle qui au contraire disperse, attentive aux détails. Le travail de Jean Baudrillard porte aujourd'hui sur le détail, le fragmentaire, dans l'écriture avec l'aphorisme ou dans la photographie.

Le détail qui n'est pas le déchet : dans le détail, chaque pose est parfaite... Ainsi la photo : pris dans son ensemble le monde est bien décevant, mais chaque détail du monde pris dans sa singularité est parfait ; il n'y a pas à chercher à le parfaire, puisqu'il l'est déjà ! S'attacher au détail, c'est aussi contester l'idée que toute chose s'accomplirait dans son évolution : la fleur est parfaite, le fruit aussi, mais il ne l'est pas plus que la fleur, sous le prétexte qu'il en réaliserait les potentialités...

" Le problème actuel de la classe politique, c'est qu'il ne s'agit plus de gouverner, mais d'entretenir l'hallucination du pouvoir, ce qui exige des talents très particuliers. Produire le pouvoir comme illusion, c'est comme de jongler avec des capitaux flottants, c'est comme de danser devant un miroir. Et s'il n'y a plus de pouvoir, c'est que toute la société est passée du côté de la servitude volontaire. Cette mystérieuse figure, sur laquelle on s'est interrogé depuis le XVIA siècle, n'est plus un mystère désormais, puisqu'elle est devenue la règle générale. Mais d'une façon étrange : non plus comme volonté d'être serf, mais comme chacun devenu serf de sa propre volonté. Sommé de vouloir, de pouvoir, de savoir, d'agir, de réussir, chacun s'est plié à tout cela, et la visée du politique a parfaitement réussi : chacun de nous est devenu un système asservi, auto-asservi, ayant investi toute sa liberté dans la volonté folle de tirer le maximum de lui-même. " Cool Memories ou le nouveau bréviaire des mythes d'aujourd'hui. Evénements du monde, faits de société, mutation des idées, phénomènes culturels, transformation des mœurs, transfigurations politiques : Jean Baudrillard s'affronte au tourbillon des signes, pointe, note, déchiffre. Un travail d'archiviste singulier, qui propulse au cœur de l'impensé du social.