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Jeanne-A Debats

Auteur

412 lecteurs

Activité et points forts

ajouté par Lilou 2010-11-12T22:50:51+01:00

Biographie

Jeanne-A Debats est née en Aquitaine. Elle y est retournée après trente-cinq ans en région parisienne qu'elle n'arrivera jamais à quitter réellement pour autant. Un pied dans la Seine, l'autre dans la Garonne, elle élève ses enfants, ses chats et ses chiens, à moins que ce ne soit le contraire.

Ecrivain par nécessité, professeur par vocation, elle enseigne le latin et le français dans un collège du Sud-Ouest.

Elle est venue à la SF parce que tombée dedans quand elle était petite, grâce aux efforts conjugués des grands auteurs américains Arthur C. Clarke et Robert Heinlein (qui n'en surent jamais rien). Beaucoup plus tard, dans les années 2000, la rencontre avec un éditeur de fantasy renommé scelle son sort : si le roman qu'elle lui présente n'est pas mature, et ne sera donc pas retenu, le directeur de collection l'encourage vivement à persévérer.

En attendant, comme beaucoup d’auteurs d’imaginaire, Jeanne A. Debats se fait connaître en publiant des nouvelles. On citera par exemple L'Ogre de Ciment, dans l’anthologie « Les Ogres » d'Anne Fakhouri (Les Trois Souhaits, 2007), ou Fata Organa et Parfum d'Etoile dans les anthologies de Magali Duez (Griffe d'Encre). Le texte qui l’a propulsée sur la scène littéraire, La Vieille Anglaise et le continent, est un vrai choc : la critique est enthousiaste, le public suit et ce superbe récit écologiste, qui se refuse à toute mièvrerie, truste quatre prix littéraires ! On comprend pourquoi Jeanne-A Debats fait aujourd’hui partie du club très fermé des auteurs que tous les anthologistes sollicitent.

Défenseuse ardente de la littérature de jeunesse en classe, il a semblé logique à cette touche-à-tout de s'y essayer avec un succès insolent – EdeN en sursis fait partie de la sélection 2010 du Prix Imaginales des Collégiens – comme elle a tâté et tâtera encore de la fantasy et de tous les autres genres de l’imaginaire. Jeanne-A Debats n’a pas fini de surprendre !

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Quelques chiffres

Note moyenne : 7.54/10
Nombre d'évaluations : 209

0 Citations 131 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Jeanne-A Debats

Sortie France/Français : 2017-11-02

Les derniers commentaires sur ses livres

Testament, Tome 1 : L'héritière

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=45945

J'ai mis la note de : 17/20

Mon avis : L’univers créé par Jeanne-A Debats nous transporte dans un futur proche où toutes les créatures que l’on a l’habitude de suivre dans les contes, les légendes ou les mythes, côtoient les humains, sans que ces derniers ne soient au courant de rien. L’héritière n’innove pas énormément en la matière, notamment en choisissant de mettre au premier plan des vampires et des loups-garous, deux espèces imaginaires communes dans ce type de récit.

Cependant, les personnages, leur charisme et leur caractère apportent du sang neuf, des sous-intrigues captivantes et des répliques aussi dynamiques que délicieuses. Le vocabulaire, sans aller dans le vulgaire ni le cru, reste assez imagé pour que l’on s’imprègne de toutes les subtilités mâtures énoncées.

En plus des vampires et des loups-garous, nous rencontrons des sirènes, des médiums, des fantômes et des sorcières dans ce tome un, entres autres choses. L’occulte reste constamment présent, apportant une atmosphère lugubre bienvenue, agrémentées de spectres, des formes que perçoit l’héroïne Agnès, grâce à un pouvoir dont elle se passerait bien volontiers.

Malgré cette ambiance plutôt sombre, l’auteure réussit le défi de faire rire ses lecteurs. Les personnages sont sarcastiques et satyriques à souhait, surtout le vampire Navarre, un des acolytes de l’oncle d’Agnès, qui porte un regard bien cynique sur les humains, du haut de ses plusieurs centaines d’années. Parfois un peu condescendant, ou prétentieux, on finit tout de même par l’apprécier, tout comme Géraud, l’oncle notaire, dont les connaissances et l’intelligence semblent ne pas avoir de limite. Différemment de l’insolence de Navarre, on ressent davantage la tristesse qui s’échappe de ce personnage. Ils forment ainsi un savant mélange fascinant.

Agnès découvre l’AlterMonde pas à pas, aidée du dernier membre de sa famille encore en vie, et apprend à maîtriser ses pouvoirs. Ceux-ci se développent d’ailleurs au fil du livre pour éclater lors d’une scène grandiose à couper le souffle. Dans L’héritière, on suit Agnès dans sa toute première aventure avec l’Etude, un cabinet réputé pour aider les peuples de l’AlterMonde à gérer toutes sortes de soucis judiciaires. Dans ce tome un, nos héros doivent aider une famille de vampires à trouver un héritier digne de leur succéder. Tâche ardue lorsque l’on sait que les vampires vivent des centaines d’années, et qu’il va falloir à l’Etude rechercher toutes traces de naissances dans une famille qui a traversé l’Histoire.

Le roman nous transporte ainsi quelques temps dans le passé, le temps des recherches du cabinet, nous rappelant quelques faits historiques au passage, ou nous en faisant découvrir d’autres, selon les connaissances des lecteurs. L’enquête est rondement menée, ne perd pas en rythme et s’associe à des sous-intrigues aussi prenantes, comme une histoire d’amour naissante, des querelles entre coéquipiers, des pouvoirs incontrôlables, un changement de vie pour Agnès qui avait l’habitude de vivre recluse, et la présence d’un vampire ignoble et perfide que l’Etude soit surveiller et nourrir. Les discussions entre Géraud et Navarre sont passionnantes en puissance, tandis que celles avec Zalia, la sirène, sont portées sur les jeux de mots et le comique. Les tons s’accordent pour nous fournir un récit savoureux.

La narratrice, Agnès, s’appesantit souvent un peu trop sur ses ressentis et émotions, de sorte que certains dialogues en deviennent très lents, notamment quand l’héroïne se justifie après chacune de ses phrases, par exemple, ou lorsqu’elle examine les sous-entendus des autres interlocuteurs. Cela permet tout de même de mieux la connaître pour la suite des aventures, et de s’attacher à elle. Son pouvoir lui mène la vie dure, mais la jeune fille parvient à s’en sortir, malgré toute la souffrance et la douleur que les fantômes lui communiquent lors de ses passages dans les rues de Paris. La saga Testament permet de se rendre compte de tous les massacres qui ont eu lieu dans la capitale, et de l’Histoire chargée qui fourmille dans les murs de la ville.

Sur la fin, une scène hilarante retient particulièrement l’attention, grâce à la présence de personnages légendaires à la puissance incroyable, mais à l’apparence qui dénote complètement avec la stature de leur fonction. L’auteure réinvente des codes et se les réapproprie avec réussite, pour nous offrir des scènes émouvantes, drôles ou plus sombres, dans un univers crédible et cohérent, qui fascine.

L’héritière constitue un beau début de saga, qui place ses personnages principaux charismatiques et qui donne envie de lire la suite. Bien que l’univers ne soit pas complètement original, il nous fait rêver et revisite l’Histoire comme des légendes oubliées.

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Commentaire ajouté par Lildrille 2020-01-12T20:26:44+01:00
Testament, Tome 2 : Alouettes

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=46061

J'ai mis la note de : 12/20

Mon avis : Le tome deux de la saga Testament change de ton, notamment grâce (ou à cause, selon les goûts) à une Agnès, notre personnage principal, qui évolue. Ses premières aventures au sein de l’Etude, le cabinet dans lequel travaille son oncle, lui a fait vivre des instants inoubliables, et d’autres qu’elle aimerait tant effacer de sa mémoire, comme la perte de son amour de loup-garou, dont les visions sanglantes de sa mort lui procurent d’effroyables cauchemars.

Agnès apparaît bien moins innocente dans ce tome deux, et use d’un ton sarcastique et cynique de manière poussée, et de façon quasi permanente. Un ton qu’utilisait déjà le vampire Navarre dans le tome précédent, qui lui allait plutôt bien, étant donné le charisme, la carrure et l’histoire du personnage qui a vécu plusieurs centaines d’années. Quant à Agnès, cette évolution, bien que cohérente au vu des péripéties antérieures de l’héroïne, amènent des dialogues condescendants, des réflexions pompeuses ou présomptueuses, qui s’ajoutent à la prose de Navarre, déjà bien ancrée dans ce thème.

Géraud, l’oncle de la jeune fille, en rajoute une couche, avec son humeur assez morose, voire parfois macabre, et le fait déjà connu et explicité dans le tome un, qu’il n’a de cesse de se croire plus intelligent que tout le monde. Zalia, la sirène secrétaire, se joint à ce trio à l’humour douteux, qui en fera sourire certains, comme en décevra d’autres. Seuls les affiliés à l’Etude semblent avoir de la valeur, alors que de nombreux autres personnages se manifestent dans ce roman. Ils ne sont malheureusement pas mis en valeur à cause de ces personnages hautains, qui insinuent souvent que leur savoir ou leur culture, devrait également se retrouver chez les autres, ce qui n’est évidemment pas le cas. On ressent le fait que l’auteure a voulu se servir de cette « hiérarchie » imaginaire de l’intelligence pour apporter de l’humour, mais ce dernier aura du mal à passer chez certaines catégories de lecteurs. L’effet comique s’efface devant l’accumulation importante de propos blessants, et en devient insupportable.

Si l’on oublie ces personnalités excentriques, le scénario de ce tome deux apporte des nouveautés géniales ! L’AlterMonde, celui d’où proviennent nos héros vampires, sorciers et sirènes, continue de nous étonner, notamment avec la venue de nouveaux spécimens tels que les « kitsune », terme signifiant littéralement renard, se rattachant à un Yokai, un esprit magique doté de puissants pouvoirs, et possiblement de plusieurs queues. Alouettes nous détaille ainsi le folklore japonais de jolie manière, et le met en scène lors de combats épiques et très classes. Venant de la mythologie grecque, Agnès devient également l’acolyte d’un satyre, un homme mi-chèvre, mi-humain, associé aux divinités Pan et Dionysos. Le duo marche plutôt bien, et parviendra à résoudre une enquête ardue, mélangeant technologie et mysticisme. Deux ingrédients qui se marient à la perfection dans cet univers se déroulant dans un futur proche, et qui dénonce intelligemment les dangers de la technologie comme celui des objets magiques.

Le point central de l’intrigue, se rattachant à l’histoire ô combien célèbre de Roméo et Juliette, énerve un peu sur son principe de base (un mariage entre deux espèces est interdit ou signe de grande bêtise de la part des amoureux), mais plonge le lecteur dans une enquête mouvementée que nos héros devront résoudre au plus vite pour éviter la fin prochaine de leur monde. Rien que ça ! Le rythme reste soutenu jusqu’à la résolution de l’affaire, lors de laquelle de nouvelles révélations mettent en lumière des personnages qui n’avaient jusque-là aucune aura particulière. Cohérente et crédible, même si le message sur l’amour est très négatif et sans espoir, l’enquête reste plaisante à suivre, et tient en haleine jusqu’au bout. Par ailleurs, le pilier nécessaire à la résolution de l’histoire constitue un point comique non négligeable, nous rappelant que l’auteure aime se moquer de son propre univers, et le fait bien.

On retrouve, comme pour le tome un, une écriture soignée, riche et dont les citations et les références demandent un peu de réflexion. De plus, le personnage de Herfauges, l’insupportable vampire à qui l’Etude devait trouver un héritier, revient dans ce tome, nous abreuvant de ses remarques acerbes, mais non moins pertinentes, qui mènent la vie dure à Agnès. On retrouve également Fred, un humain médium dont les connaissances pourraient perturber à jamais la vie de notre héroïne, et dont la curiosité maladive le fait passer pour un extravagant auprès de ses pairs. Ce qu’il parvient à révéler à notre héroïne la trouble, et fait suite à d’autres secrets qu’il lui avait confiés dans le tome un. Outrée, Agnès lui claque la porte au nez, mettant fin aux révélations, qui reviendront sur la table à un prochain épisode, certainement dans le tome trois. Cette sous-intrigue concernant les pouvoirs de la jeune fille permet d’accrocher davantage le lecteur en insufflant des mystères supplémentaires, qui ne trouveront surement leur résolution qu’à la toute fin de la saga.

Malgré une Agnès cohérente dans son rôle de la « veuve » éplorée, une histoire rocambolesque et drôle qui tient toutes ses promesses, ce tome deux rebondit peut-être trop sur les réflexions présomptueuses de ses personnages, par rapport à un tome un plus centré sur son enquête et les fantômes d’Agnès. L’ambiance n’en reste pas du moins sombre, plaisante à lire, grâce à une écriture de qualité, et à un univers futuriste intéressant qui nous montre encore une fois sa richesse et sa complexité. Le personnage d’Agnès évolue grandement mais a encore beaucoup à nous montrer pour la suite.

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Testament, tome 3 : Humain, trop humain

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=46283

J'ai mis la note de : 18/20

Mon avis : Le troisième tome de la série du Testament change de ton, et clôt la trilogie d’une manière efficace, époustouflante et originale. Jeanne-A Debats nous montre, une fois de plus, qu’elle sait comment créer un univers riche, qui nous tient en haleine et qui continue de nous éblouir, tout en amenant un humour particulier, mais qui fonctionne la plupart du temps quand il est bien dosé. Contrairement au second tome dont les dialogues ampoulés, et les personnages présomptueux pullulaient pour ne rien apporter de captivant, le troisième tome se concentre davantage sur une intrigue complexe et de qualité.

On retrouve la troupe des héros que l’on connaît bien, avec une Agnès qui continue de grandir, acceptant petit à petit ses capacités de sorcière et son héritage ; un Navarre toujours aussi cynique, qui nous laisse entrapercevoir ses émotions et son côté sensible ; un Géraud hautain, calculateur et froid ; et une Zalia qui reste extravagante, avec ses tenues multiples et ses transformations physiques colorées.

Le lecteur apprécie cette équipe de choc imprévisible et atypique, bien que l’auteure semble vouloir garder une certaine distance entre les lecteurs et ses personnages, notamment à travers un vocabulaire soutenu, mis en avant souvent sans explication, ou des réflexions peu sympathiques envers un public qui ne connaîtrait pas les termes qu’elle utilise. L’Etude travaille en effet dans un domaine demandant des connaissances pointues en droit, langues et sociologie, ce qui ne constitue pas des concepts éprouvés par tous. L’humour manque cruellement de subtilité lors de ces passages aux messages douteux, qui ne seront pas appréciés par tout le lectorat.

Le troisième tome nous embarque dans une aventure endiablée, grâce à laquelle nous découvrons d’autres espèces étonnantes de l’univers de l’AlterMonde. En plus des kitsune, ou des faunes, rencontrés dans Alouettes, Humain.e.s, trop humain.e.s nous présente des créatures aux tentacules multiples, au langage alambiqué, et au genre incertain, ainsi que d’autres êtres désarticulés dignes de fictions d’horreur. Cette diversité donne de la force à l’histoire, et donne des frissons lors de scènes d’action bien menées et passionnantes. L’AlterMonde a tant à nous offrir, et ne déçoit pas, bien au contraire.

Grâce à ces apparitions étonnantes, et qui s’avèrent imbriquées parfaitement dans l’intrigue principale, l’auteure en profite pour nous faire part de quelques réflexions à propos du genre. Associées à l’ère du temps, Jeanne-A Debats les met en valeur en utilisant la nouvelle écriture inclusive, ou non genrée, que l’on retrouve d’ailleurs dans le titre du livre. Les passages usant de cette technique ne sont pas lourds, car peu nombreux et utilisés de manière intelligente. Ils permettent au roman de véhiculer des messages porteurs, qui n’hésitent pas non plus à appuyer sur la condition féminine, plutôt malmenée, même dans le futur proche imaginé par l’auteure. Féministe sur les bords, non-sexiste dans ses propos, ce roman affiche clairement ses positions avec obstination et courage. Que l’on soit d’accord ou non, tout y reste assumé.

Ce troisième tome nous offre également de merveilleux mots sur l’humanité, ce qu’elle représente, ce qu’elle était et ce qu’elle pourrait devenir. L’intrigue principale tourne autour de ce thème, sans tomber dans les pièges des idéologies simplistes, complotistes ou un peu trop envolées. L’auteure nous propose une conclusion optimiste, belle, qui fait du bien, alors que la noirceur de l’univers dépeint ne laissait rien soupçonner. Le lecteur ressort de cette aventure avec plein d’entrain, heureux d’avoir donné de son temps à cette histoire pleine de promesses, et dont la chute coupe littéralement le souffle. L’histoire de ce livre constitue certainement la plus passionnante de la trilogie et ne cesse d’étonner, tout du long.

En plus d’une intrigue alliant enquêtes, mysticisme, conflits de famille, et messages sociologiques, le récit développe le personnage d’Agnès, et nous révèle enfin ses origines, ce qui constituait une sous-intrigue prenante, et le dernier mot ne déçoit pas. Les activités de sorcières d’Agnès prennent de l’ampleur, notamment quand elle intègre un convent, accompagnée par deux nouvelles venues qui vont la suivre et la soutenir lors de cette ultime aventure. Ces deux jeunes femmes inédites constituent des caractères bien trempés, qui amènent des dialogues dynamiques, plein de verves, et des rires bienvenus. Ce trio efficace éblouit par ses capacités extraordinaires et par la force qui se dégage de leurs liens puissants. De plus, le lecteur aimera en apprendre davantage sur le système des sorcières créé par Jeanne-A Debats, entre fascination et stupéfaction.

Ajoutés à la narration, l’auteure a agrémenté ce dernier tome de passages concernant le passé de Navarre, qui nous conte ses premiers pas de vampire via ses carnets. Ces courts chapitres n’apportent rien à l’intrigue principale, si ce n’est dans ses derniers mots, quand le lecteur visualise enfin les liens subtils existants. Cependant, ils nous permettent de mieux connaître Navarre, un vampire aux milles aventures, et aux multiples souvenirs, qui a été un humain sensible avant de devenir un vampire froid.

A travers son histoire et celle de Géraud, la question concernant le fait de vivre pour l’éternité est mise au premier plan. Comment continuer à vivre, à s’attacher quand tous ceux que l’on aime finissent par mourir ? Vivre des milliers d’années constitue-t-il une véritable chance ou la plus terrible des malédictions ? Humain.e.s, trop humain.e.s nous partage plusieurs points de vue intéressants.

Le prologue, bien qu’il donne envie de savoir toutes les étapes qui ont permis aux personnages d’en arriver à la scène décrite, comme tout bon prologue, permet à l’auteure d’ajouter un point d’humour inattendu, lors d’un passage tendu qui ne prêtait pourtant pas à rire. Une belle créativité !

En plus de dialogues énergiques, de jeux de mots sarcastiques, et de contrepèteries crues qu’il n’est pas toujours évident de comprendre, l’auteure affuble Agnès de deux « accessoires » à la fois mignons et anormaux : un chat, le familier que la sorcière doit garder près d’elle alors qu’elle en est allergique, et une épée qui ronronne tout comme la petite boule noire que la jeune femme transporte partout. Accompagnée de ses deux nouvelles acolytes décrites plus haut, et de ces deux derniers compagnons, Agnès devient plus forte, plus mature et apprend à s’accepter, évitant d’imiter l’humeur exécrable de son oncle à tout prix, ou les sarcasmes moribonds de Navarre.

La série Testament se termine de manière incroyable, grâce à une histoire magique, à des révélations étonnantes et des rebondissements inattendus. L’atmosphère lugubre, agrémentée par les loup-garous et les vampires déjà présents dans les tomes précédents, continue de nous fasciner, tout en véhiculant de beaux messages positifs.

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Commentaire ajouté par sagweste 2020-01-29T18:14:44+01:00
Métaphysique du Vampire

http://saginlibrio.over-blog.com/2020/01/metaphysique-du-vampire-de-jeanne-a.debats.html

Tout d'abord Navarre, un être atypique, un vampire né il y a plus de 400 ans, qui s'est arrangé pour être à la solde du Vatican de manière vénale et surtout pour être tranquille: comme ça il n'est ni pourchassé, il est relativement au calme, seules quelques missions le font surgir pour éradiquer quelques monstres planétaires. Sa transformation lui laisse un arrière goût de vieille haine tenace, et il n'aura de cesse de vouloir retrouver son créateur.

Pour autant, il adore sa condition, il la "kiffe" même. Il voyage, tout frais payés, il se heurte à un monde imaginaire qui ne l'impressionne plus. ET chacun de ses faits et gestes est commenté, analysé, il part dans des dérives, des élucubrations sur tout et rien, sur le fond comme sur la forme....

Ses souvenirs s'étoilent au travers des âges, mais sa métaphysique s'aiguise pour notre plus grand bonheur, car notre buveur de sang est drôle, avenant, même s'il peut être abject par certains moments. L'empathie ressentie fait qu'on lui trouve toujours des excuses, ou tout au moins un sens à ce qu'il décide.

Je n'ai pas aimé toutes les nouvelles non plus, "Lance" m'a démontré un Lancelot pitoyable, peu charismatique, ce qui fait que j'ai été moins enjointe à m'imprégner de leurs aventures.

"Ovogénèse" est celle qui est la plus bizarre, je n'ai pas trop vu l'intérêt de la fin, je suis restée en attente d'un quelque chose.

Par contre, la dernière se passant dans le futur, j'ai beaucoup apprécié ce monde décrit, ses politiques, ses interactions, ses jalousies. Et la rencontre avec une petite fille très particulière m'a énormément fait sourire.

La plume de l'auteure se dévoilant par touches successives, je peux dire en refermant ce livre, qu'elle est source d'un plaisir de lecture très intéressant. Elle allie humour, faits historiques, mondes imaginaires, métaphysique, elle est décalée, évite les poncifs, s'en gausse. Un vrai plaisir.

Enjoy!

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Testament, tome 3 : Humain, trop humain

J'ai de nouveau été conquise par l'auteur. Le grand final est somptueux, mais surtout audacieux. Pour faire court, Jeanne-A Debats est une auteur à découvrir absolument !

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Commentaire ajouté par Eurylia 2020-08-21T15:22:21+02:00
Plaguers

Bien difficile de parler de ce roman sans en révéler quoi que ce soit...

En résumé, j'ai tout aimé. Les personnages sont tous crédibles et tellement en nuances qu'on ne peut que s'y attacher facilement (oui, même à Illya, qui est peut-être finalement mon personnage préféré). L'histoire est prenante même si, objectivement, il ne s'y passe pas grand chose, tout est distillé habillement au fur et à mesure mais la lecture reste tout de même par moments très dense (j'ai fait une pause digestion au milieu personnellement pour mieux l'apprécier). La fin m'a surprise dans le sens positif du terme. Et contrairement à beaucoup d'oeuvres d'anticipation, je ne suis pas restée sur le dilemme "c'était bien mais je n'ai pas la réponse à toutes mes questions" à cause de deus ex machina sortis du chapeau.

La seule pensée qui m'habite depuis la fin de ma lecture est qu'on dirait du Ursula Le Guin sans la barrière de la traduction. Et pour ceux qui connaissent mes goûts, ça vaut tous les compliments du monde.

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Commentaire ajouté par Lildrille 2020-10-11T18:41:21+02:00
Métaphysique du Vampire

Métaphysique du vampire se déroule dans le même univers que la trilogie Testament écrite par l’auteure Jeanne-A Debats. On y retrouve le vampire Navarre, cet être un peu désabusé par la vie, mais qui essaie malgré tout de jouir de ces jours éternels que la destinée lui a obligés de supporter. Le lecteur qui appréciait ce personnage ne sera pas déçu et ressentira de nouveau tout ce cynisme, tout cet humour noir et toutes ces réflexions à la fois drôles et morbides.

Par son caractère et sa longue expérience du genre humain, Navarre nous porte à réfléchir sur le monde, notre société et ses paradoxes. En effet, notre vampire travaille pour le Vatican. Ne serait-ce pas un peu étrange lorsque l’on sait que la religion a tendance à bannir tous les faits fantastiques qui passent à sa portée ? Pourtant, cette alliance constitue une arme efficace, et une base originale pour un récit de vampire qui n’a rien à voir avec les histoires d’amour auxquelles on a l’habitude.

Le ton de Navarre peut s’avérer parfois un peu lourd et ne permet pas forcément à l’histoire d’avancer. En effet, le récit aura tendance à s’embourber, stagner dans des descriptions austères ou peu utiles à l’intrigue. Métaphysique du vampire s’intéresse, comme l’indique de toute façon le titre, aux pensées et pérégrinations du vampire, même si la part de l’aventure reste grande. Ce roman prend des airs de discussions philosophiques et de récits initiatiques, nous menant à penser au sens de la vie et à notre nature profonde. Qui sont les véritables monstres : les vampires ou les humains aux principes douteux et malsains ?

Métaphysique du vampire se décompose en quatre récits, tous de tailles et d’intérêt très variés. L’auteure change souvent de genre et nous montre, une fois de plus, qu’elle sait nous tenir en haleine, peu importent l’histoire ou l’univers. Bit-lit, dystopie, science-fiction, cyberpunk, fantaisie… Jeanne-A Debats démystifie de nombreux styles littéraires pour notre plus grand plaisir, en usant toujours de sa plume incisive et mordante. Même si son humour n’est pas au goût de tous, il a au moins l’avantage d’être recherché et intelligent.

Le premier texte nous propose de découvrir la rencontre de Navarre avec Dana, une des vampires de son cercle, que l’on appréhende dans la série Testament. Dans cette dernière, Dana n’apparaissait qu’en filigrane, et le lecteur ne pouvait imaginer sa personnalité ou son caractère rebelle. Grâce à ce premier texte, le lecteur se rend compte de la complexité qui est attachée à ce personnage, qui doit jongler entre sa condition monstrueuse (que la jeune femme a du mal à accepter), son frère gravement malade et la vie qu’elle désire mener. Dans cette première partie, nous sommes dans les années 60, une époque où la traque des nazis se perpétue après la Seconde Guerre Mondiale. Entre course-poursuite, apparitions divines, exorcisme, manipulations et révélations, l’histoire tient en haleine tout en nous faisant rire et réfléchir.

La seconde histoire s’avère complètement différente, tant dans le ton que dans le genre. Navarre doit s’allier à Lancelot, celui des légendes arthuriennes, pour combattre une bête terrifiante et sauver ceux qu’elle garde prisonniers. Le personnage de Lancelot apparaît plutôt comme un être repoussant, à cause de ses manières frustres, anciennes, et de ses idéologies issues d’un autre temps. Le racisme ambiant qu’il dégage, son ton condescendant et sa manière de s’exprimer désuète, contrastent avec la fébrilité qu’il dégage quant à son contact avec un monde qu’il ne connaît pas. Grâce à la plume facétieuse de l’auteure, le lecteur finit par s’attacher à ce Lancelot farfelu. L’intrigue prend tout son sens lorsque l’on arrive à la fin, quand nos héros combattent la bête et que la nature des prisonniers est révélée. Les liens avec l’histoire précédente sont légions. L’auteur offre un récit génial, entre héroic-fantaisie et récit de guerre.

Le troisième texte est bien plus court, et comporte peu d’intérêt, à moins que l’on considère le retour d’Herfauges (personnage de la série Testament), ou le retour dans le passé d’un autre œil. L’humour d’Herfauges reste succulent, comme l’étrange relation qu’il entretient avec Navarre. Le récit s’avère trop court pour que l’on profite des nouveaux personnages qui accompagnent Navarre dans ce retour en arrière. Cela est dommage car ils paraissaient prenants, tant pour la figure féminine forte et rebelle, quoique peu originale, que pour le portrait du démon curieux et féru d’histoire. L’histoire se termine vite, nous laissant sur notre faim.

Le dernier récit nous transporte en 2112, au sein d’un vaisseau spatial, dans un futur plus lointain que ce à quoi nous avait habitué l’auteure avec sa série Testament. Pour une fois, la narration se partage entre Navarre et une nouvelle figure géniale, pleine de charisme, une femme de pouvoir qui se bat en politique pour que ses idées soient acceptées par le plus grand nombre. Ce récit apporte une bouffée d’air frais, notamment grâce à la nouvelle narratrice, mais aussi grâce à cette ambiance à la fois futuriste et mystique que décrit l’intrigue. L’univers dépeint a tout du futur auquel on imagine, mais innove complètement sur d’autres aspects, notamment religieux ou physiques. De nombreuses questions sur la génétique sont mises en avant et donnent au lecteur quelques pistes de réflexions intéressantes. Il est dommage que ce récit reste également court, et que l’auteure reste évasive sur les causes d’une dégénérescence de la planète Terre et de ses habitants.

Jeanne-A Debats montre clairement sa volonté de créer un univers vaste et original, où tous les genres et styles se mêlent. Le mélange s’avère réussi et efficace.

[Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=47047

J'ai mis la note de : 16/20]

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Testament, Tome 1 : L'héritière

J’ai trouvé ce livre original, non par le thème (vampires, sorcières, loups-garous), mais par son écriture. Il ressemble à un polar ou à une chasse au trésor, mêlé à l’histoire de France.

Les personnages sont caustiques ; l’humour est bon.

Les couvertures (celles dessinées) ne sont pas belles, mais bien dans l’esprit du livre : sombre et corrosif.

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Testament, Tome 2 : Alouettes

Excellent !

Je trouve cette auteure très intéressante et intelligente ! Elle l’est tellement que le texte devient parfois ardu. Mais je suis maso !

Humour caustique.

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Testament, tome 3 : Humain, trop humain

Quel final !

Une grande réflexion sur l’humanité et ses croyances. Sur l’ennui et le désespoir.

Je ne partage pas toutes les idées de l’auteure sur l’utilité ou non de l’Autremonde, car sinon je ne lirais pas de la littérature fantastique, mais je comprend la démarche de certains personnages.

Très bonne série, très bien écrite et recherchée et la l’humour décapant.

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On parle de Jeanne-A Debats ici :

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Editeurs

ActuSF : 7 livres

Syros : 7 livres

Griffe D'Encre : 7 livres

Mnémos : 4 livres

L'Atalante : 3 livres

Editions ActuSF : 2 livres

Folio : 1 livre

Ad Astra éditions : 1 livre

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