Livres
515 200
Membres
528 386

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Jeanne-A Debats

409 lecteurs

Activité et points forts

ajouté par Lilou 2010-11-12T22:50:51+01:00

Biographie

Jeanne-A Debats est née en Aquitaine. Elle y est retournée après trente-cinq ans en région parisienne qu'elle n'arrivera jamais à quitter réellement pour autant. Un pied dans la Seine, l'autre dans la Garonne, elle élève ses enfants, ses chats et ses chiens, à moins que ce ne soit le contraire.

Ecrivain par nécessité, professeur par vocation, elle enseigne le latin et le français dans un collège du Sud-Ouest.

Elle est venue à la SF parce que tombée dedans quand elle était petite, grâce aux efforts conjugués des grands auteurs américains Arthur C. Clarke et Robert Heinlein (qui n'en surent jamais rien). Beaucoup plus tard, dans les années 2000, la rencontre avec un éditeur de fantasy renommé scelle son sort : si le roman qu'elle lui présente n'est pas mature, et ne sera donc pas retenu, le directeur de collection l'encourage vivement à persévérer.

En attendant, comme beaucoup d’auteurs d’imaginaire, Jeanne A. Debats se fait connaître en publiant des nouvelles. On citera par exemple L'Ogre de Ciment, dans l’anthologie « Les Ogres » d'Anne Fakhouri (Les Trois Souhaits, 2007), ou Fata Organa et Parfum d'Etoile dans les anthologies de Magali Duez (Griffe d'Encre). Le texte qui l’a propulsée sur la scène littéraire, La Vieille Anglaise et le continent, est un vrai choc : la critique est enthousiaste, le public suit et ce superbe récit écologiste, qui se refuse à toute mièvrerie, truste quatre prix littéraires ! On comprend pourquoi Jeanne-A Debats fait aujourd’hui partie du club très fermé des auteurs que tous les anthologistes sollicitent.

Défenseuse ardente de la littérature de jeunesse en classe, il a semblé logique à cette touche-à-tout de s'y essayer avec un succès insolent – EdeN en sursis fait partie de la sélection 2010 du Prix Imaginales des Collégiens – comme elle a tâté et tâtera encore de la fantasy et de tous les autres genres de l’imaginaire. Jeanne-A Debats n’a pas fini de surprendre !

Afficher en entier

Classement dans les bibliothèques

Diamant
106 lecteurs
Or
173 lecteurs
Argent
133 lecteurs
Bronze
104 lecteurs
Lu aussi
91 lecteurs
Envies
371 lecteurs
En train de lire
8 lecteurs
Pas apprécié
6 lecteurs
PAL
158 lecteurs

Quelques chiffres

Note moyenne : 7.53/10
Nombre d'évaluations : 200

0 Citations 125 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Jeanne-A Debats

Sortie France/Français : 2017-11-02

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par kadeline 2019-05-20T15:30:32+02:00
Rana et le dauphin

Comment aborder l'expérimentation animale et les droits des animaux auprès des plus jeunes sans tabou ? C'est le pari complètement réussi dans ce petit roman. Rana est une fille de chercheurs qui sympathise avec le dauphin, cobaye de ses parents. Pas de savants fous ici, des chercheurs normaux qui pensent faire pour le mieux, en respectant au maximum l'animal et doivent gérer les conséquences de leur découverte. Pas d'avis imposé sur les différents thèmes abordés, le lecteur peut se forger sa propre opinion, nuancer. C'est une très belle histoire d'amitié qui permet d'aborder des problématiques graves sans langue de bois mais sans tomber dans une surenchère de l'horreur comme c'est trop souvent le cas quand on parle de bien-être animal. Un belle réussite.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par kadeline 2019-06-12T11:40:48+02:00
Plaguers

Le problème des coups de coeur, c'est qu'il est souvent très difficile d'en parler autrement qu'en disant LIS LE ou C'EST TROP BIEN. Alors quand en plus la découverte de l'univers et de l'histoire est au coeur du coup de coeur c'est encore plus compliqué de convaincre sans trop en dévoiler mais on va essayer.

Ici, on est dans un monde ravagé par la pollution et les changements climatiques. Certains ados développent une mutation qui leur donnent une affinité avec la faune, la flore ou un élément, ce sont les plaguers. Tout plaguer détecté finit dans un « refuge », véritable camp de concentration. On suit Quentin qui nous raconte son arrivée là-bas, les autres plaguers, ses sentiments pour Illiya…

L'écriture est très fluide et addictive tout en restant travaillé et en glissant des mots peu courants.

C'est un univers très réussi avec un traitement de l'identité de genre et de l'orientation sexuelle vraiment sympa avec une grande variété de situation. Je ne veux pas en dire beaucoup plus pour laisser la découverte lors de la lecture mais une petite parenthèse sur Illya : mais quel personnage j'adore sa complexité. Elle a tout pour agacer le lecteur, se fait détester par le refuge entier mais est franchement très intéressante à suivre et à tenter de comprendre.

Je pourrais en parler plus mais je pense vraiment que c'est le genre de livre où il faut se plonger en en sachant le moins possible. Gros coup de coeur, je vous le recommande ++++++

Afficher en entier
La Vieille Anglaise et le continent

Ce texte est remarquablement bien écrit touchant et pousse à la réflexion, qu'on le souhaite ou pas d’ailleurs.

A travers cette femme dont l'âme , l'esprit sont transporté dans le corps d'un cachalot, on découvre autrement ce monde Océan. A travers cette histoire on aborde des notions d'écologie, d'éthique, de respect et bien plus encore.

Un texte court qui engendre une réflexion bien plus grande.

J'ai adoré.

Afficher en entier
Testament, Tome 1 : L'héritière

Récit résolument féministe, nous voilà embarqués dans les pas d'Agnès, cette sorcière de vingt-sept ans adepte des minus jupes et hauts talons, même en une pleine nuit de la Toussaint pour escalader les grilles du cimetière du Père-Lachaise. Que fait-elle là ? Compte-elle pratiquer un rituel ? Eh bien non. Car Agnès est une sorcière particulière : elle "absorbe" les fantômes. Nous la rencontrons au cimetière du Père-Lachaise en cette nuit particulière, fortement alcoolisée pour que les fantômes ne se jettent pas tout de suite sur elle. Or c'est cette nuit qu'elle retrouve son oncle Géraud et qu'elle fait la connaissance de Navarre. Et là voilà embarquée pour travailler dans un cabinet de notaire pour les créatures de l'AlterMonde : vampires, sirènes etc !

.

De la bit-lit made in France avec un Paris version 2029, des personnages colorés, de l'humour, des scènes magiques, des vampires, de l'aventure, un zeste de romance… n'attendez plus pour découvrir cette trilogie de Jeanne-A Debats !

.

Mon retour lecture complet : http://maude-elyther.over-blog.com/2019/08/jeanne-a-debats-l-heritiere-editions-actusf-collection-3-souhaits-octobre-2014-collection-helios-mars-2016.html

Afficher en entier
Commentaire ajouté par kadeline 2019-10-16T10:24:46+02:00
L'envol du dragon

Un roman premières lectures qui ose traiter un sujet difficile ça fait plaisir surtout quand c’est très bien fait et c’est le cas ici. La littérature jeunesse en particulier celle à destination des plus jeunes est souvent édulcorée ou n’ose pas aborder certains sujets. C’est important d’avoir des livres qui abordent des thèmes durs ne serait-ce que dans le but d’avoir un support pour aider en cas de confrontations à un événement similaire. On suit ici Valentin, un petit garçon fan d’avions et d’hélicoptères qui rêve de voler. Il n’en aura pas l’occasion car il tombe gravement malade et il n’y a plus d’espoir à moins que… Il vit seul avec son père qui fait tout pour que la fin se passe bien et qu’il puisse réaliser son rêve d’une façon étonnante, via un jeu vidéo en réalité augmentée. A travers ce jeu, Valentin devient un bébé dragon qu’il faut faire grandir jusqu’à pouvoir le faire voler. Pour grandir sans soucis, il est pris en charge par un grand dragon. Arrivera-t-il à voler avant qu’il ne soit trop tard ? C’est une petite histoire à la fois triste et très belle. Même adulte tu finis en pleurs comme le sujet le laissait présager mais le traitement et les relations père/fils sont belles et rien que ça émeut. La façon dont tous se comportent pour que le rêve soit réalisé c’est fort. Un roman à lire et à garder en tête en cas de besoin pour les plus jeunes qui seraient confrontés à ce genre de situations (camarade de classe, membre de la famille…)

Afficher en entier
Commentaire ajouté par fan06 2019-11-18T09:04:16+01:00
Testament, Tome 1 : L'héritière

Pour les 3 tomes : Alors on est loin de la fantasy habituelle car, certes il y loups garous, vampires et autres mais ils ne sont pas au cœur de l'intrigue et ne seront pas plus développés le long du roman. Agnès en est le personnages principal et ne se rajoutent que quelque personnages récurrents au tome 2 et 3. J'ai aimé l'écriture de l'auteure, recherchée, précise et incisive. Ce que j'ai moins aimé, les personnages disons l'absence de sentiments et d'empathie surtout venant d'Agnès qui est sensée en avoir au vu de son évolution dans le tome 3...

Afficher en entier
Testament, Tome 1 : L'héritière

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=45945

J'ai mis la note de : 17/20

Mon avis : L’univers créé par Jeanne-A Debats nous transporte dans un futur proche où toutes les créatures que l’on a l’habitude de suivre dans les contes, les légendes ou les mythes, côtoient les humains, sans que ces derniers ne soient au courant de rien. L’héritière n’innove pas énormément en la matière, notamment en choisissant de mettre au premier plan des vampires et des loups-garous, deux espèces imaginaires communes dans ce type de récit.

Cependant, les personnages, leur charisme et leur caractère apportent du sang neuf, des sous-intrigues captivantes et des répliques aussi dynamiques que délicieuses. Le vocabulaire, sans aller dans le vulgaire ni le cru, reste assez imagé pour que l’on s’imprègne de toutes les subtilités mâtures énoncées.

En plus des vampires et des loups-garous, nous rencontrons des sirènes, des médiums, des fantômes et des sorcières dans ce tome un, entres autres choses. L’occulte reste constamment présent, apportant une atmosphère lugubre bienvenue, agrémentées de spectres, des formes que perçoit l’héroïne Agnès, grâce à un pouvoir dont elle se passerait bien volontiers.

Malgré cette ambiance plutôt sombre, l’auteure réussit le défi de faire rire ses lecteurs. Les personnages sont sarcastiques et satyriques à souhait, surtout le vampire Navarre, un des acolytes de l’oncle d’Agnès, qui porte un regard bien cynique sur les humains, du haut de ses plusieurs centaines d’années. Parfois un peu condescendant, ou prétentieux, on finit tout de même par l’apprécier, tout comme Géraud, l’oncle notaire, dont les connaissances et l’intelligence semblent ne pas avoir de limite. Différemment de l’insolence de Navarre, on ressent davantage la tristesse qui s’échappe de ce personnage. Ils forment ainsi un savant mélange fascinant.

Agnès découvre l’AlterMonde pas à pas, aidée du dernier membre de sa famille encore en vie, et apprend à maîtriser ses pouvoirs. Ceux-ci se développent d’ailleurs au fil du livre pour éclater lors d’une scène grandiose à couper le souffle. Dans L’héritière, on suit Agnès dans sa toute première aventure avec l’Etude, un cabinet réputé pour aider les peuples de l’AlterMonde à gérer toutes sortes de soucis judiciaires. Dans ce tome un, nos héros doivent aider une famille de vampires à trouver un héritier digne de leur succéder. Tâche ardue lorsque l’on sait que les vampires vivent des centaines d’années, et qu’il va falloir à l’Etude rechercher toutes traces de naissances dans une famille qui a traversé l’Histoire.

Le roman nous transporte ainsi quelques temps dans le passé, le temps des recherches du cabinet, nous rappelant quelques faits historiques au passage, ou nous en faisant découvrir d’autres, selon les connaissances des lecteurs. L’enquête est rondement menée, ne perd pas en rythme et s’associe à des sous-intrigues aussi prenantes, comme une histoire d’amour naissante, des querelles entre coéquipiers, des pouvoirs incontrôlables, un changement de vie pour Agnès qui avait l’habitude de vivre recluse, et la présence d’un vampire ignoble et perfide que l’Etude soit surveiller et nourrir. Les discussions entre Géraud et Navarre sont passionnantes en puissance, tandis que celles avec Zalia, la sirène, sont portées sur les jeux de mots et le comique. Les tons s’accordent pour nous fournir un récit savoureux.

La narratrice, Agnès, s’appesantit souvent un peu trop sur ses ressentis et émotions, de sorte que certains dialogues en deviennent très lents, notamment quand l’héroïne se justifie après chacune de ses phrases, par exemple, ou lorsqu’elle examine les sous-entendus des autres interlocuteurs. Cela permet tout de même de mieux la connaître pour la suite des aventures, et de s’attacher à elle. Son pouvoir lui mène la vie dure, mais la jeune fille parvient à s’en sortir, malgré toute la souffrance et la douleur que les fantômes lui communiquent lors de ses passages dans les rues de Paris. La saga Testament permet de se rendre compte de tous les massacres qui ont eu lieu dans la capitale, et de l’Histoire chargée qui fourmille dans les murs de la ville.

Sur la fin, une scène hilarante retient particulièrement l’attention, grâce à la présence de personnages légendaires à la puissance incroyable, mais à l’apparence qui dénote complètement avec la stature de leur fonction. L’auteure réinvente des codes et se les réapproprie avec réussite, pour nous offrir des scènes émouvantes, drôles ou plus sombres, dans un univers crédible et cohérent, qui fascine.

L’héritière constitue un beau début de saga, qui place ses personnages principaux charismatiques et qui donne envie de lire la suite. Bien que l’univers ne soit pas complètement original, il nous fait rêver et revisite l’Histoire comme des légendes oubliées.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Lildrille 2020-01-12T20:26:44+01:00
Testament, Tome 2 : Alouettes

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=46061

J'ai mis la note de : 12/20

Mon avis : Le tome deux de la saga Testament change de ton, notamment grâce (ou à cause, selon les goûts) à une Agnès, notre personnage principal, qui évolue. Ses premières aventures au sein de l’Etude, le cabinet dans lequel travaille son oncle, lui a fait vivre des instants inoubliables, et d’autres qu’elle aimerait tant effacer de sa mémoire, comme la perte de son amour de loup-garou, dont les visions sanglantes de sa mort lui procurent d’effroyables cauchemars.

Agnès apparaît bien moins innocente dans ce tome deux, et use d’un ton sarcastique et cynique de manière poussée, et de façon quasi permanente. Un ton qu’utilisait déjà le vampire Navarre dans le tome précédent, qui lui allait plutôt bien, étant donné le charisme, la carrure et l’histoire du personnage qui a vécu plusieurs centaines d’années. Quant à Agnès, cette évolution, bien que cohérente au vu des péripéties antérieures de l’héroïne, amènent des dialogues condescendants, des réflexions pompeuses ou présomptueuses, qui s’ajoutent à la prose de Navarre, déjà bien ancrée dans ce thème.

Géraud, l’oncle de la jeune fille, en rajoute une couche, avec son humeur assez morose, voire parfois macabre, et le fait déjà connu et explicité dans le tome un, qu’il n’a de cesse de se croire plus intelligent que tout le monde. Zalia, la sirène secrétaire, se joint à ce trio à l’humour douteux, qui en fera sourire certains, comme en décevra d’autres. Seuls les affiliés à l’Etude semblent avoir de la valeur, alors que de nombreux autres personnages se manifestent dans ce roman. Ils ne sont malheureusement pas mis en valeur à cause de ces personnages hautains, qui insinuent souvent que leur savoir ou leur culture, devrait également se retrouver chez les autres, ce qui n’est évidemment pas le cas. On ressent le fait que l’auteure a voulu se servir de cette « hiérarchie » imaginaire de l’intelligence pour apporter de l’humour, mais ce dernier aura du mal à passer chez certaines catégories de lecteurs. L’effet comique s’efface devant l’accumulation importante de propos blessants, et en devient insupportable.

Si l’on oublie ces personnalités excentriques, le scénario de ce tome deux apporte des nouveautés géniales ! L’AlterMonde, celui d’où proviennent nos héros vampires, sorciers et sirènes, continue de nous étonner, notamment avec la venue de nouveaux spécimens tels que les « kitsune », terme signifiant littéralement renard, se rattachant à un Yokai, un esprit magique doté de puissants pouvoirs, et possiblement de plusieurs queues. Alouettes nous détaille ainsi le folklore japonais de jolie manière, et le met en scène lors de combats épiques et très classes. Venant de la mythologie grecque, Agnès devient également l’acolyte d’un satyre, un homme mi-chèvre, mi-humain, associé aux divinités Pan et Dionysos. Le duo marche plutôt bien, et parviendra à résoudre une enquête ardue, mélangeant technologie et mysticisme. Deux ingrédients qui se marient à la perfection dans cet univers se déroulant dans un futur proche, et qui dénonce intelligemment les dangers de la technologie comme celui des objets magiques.

Le point central de l’intrigue, se rattachant à l’histoire ô combien célèbre de Roméo et Juliette, énerve un peu sur son principe de base (un mariage entre deux espèces est interdit ou signe de grande bêtise de la part des amoureux), mais plonge le lecteur dans une enquête mouvementée que nos héros devront résoudre au plus vite pour éviter la fin prochaine de leur monde. Rien que ça ! Le rythme reste soutenu jusqu’à la résolution de l’affaire, lors de laquelle de nouvelles révélations mettent en lumière des personnages qui n’avaient jusque-là aucune aura particulière. Cohérente et crédible, même si le message sur l’amour est très négatif et sans espoir, l’enquête reste plaisante à suivre, et tient en haleine jusqu’au bout. Par ailleurs, le pilier nécessaire à la résolution de l’histoire constitue un point comique non négligeable, nous rappelant que l’auteure aime se moquer de son propre univers, et le fait bien.

On retrouve, comme pour le tome un, une écriture soignée, riche et dont les citations et les références demandent un peu de réflexion. De plus, le personnage de Herfauges, l’insupportable vampire à qui l’Etude devait trouver un héritier, revient dans ce tome, nous abreuvant de ses remarques acerbes, mais non moins pertinentes, qui mènent la vie dure à Agnès. On retrouve également Fred, un humain médium dont les connaissances pourraient perturber à jamais la vie de notre héroïne, et dont la curiosité maladive le fait passer pour un extravagant auprès de ses pairs. Ce qu’il parvient à révéler à notre héroïne la trouble, et fait suite à d’autres secrets qu’il lui avait confiés dans le tome un. Outrée, Agnès lui claque la porte au nez, mettant fin aux révélations, qui reviendront sur la table à un prochain épisode, certainement dans le tome trois. Cette sous-intrigue concernant les pouvoirs de la jeune fille permet d’accrocher davantage le lecteur en insufflant des mystères supplémentaires, qui ne trouveront surement leur résolution qu’à la toute fin de la saga.

Malgré une Agnès cohérente dans son rôle de la « veuve » éplorée, une histoire rocambolesque et drôle qui tient toutes ses promesses, ce tome deux rebondit peut-être trop sur les réflexions présomptueuses de ses personnages, par rapport à un tome un plus centré sur son enquête et les fantômes d’Agnès. L’ambiance n’en reste pas du moins sombre, plaisante à lire, grâce à une écriture de qualité, et à un univers futuriste intéressant qui nous montre encore une fois sa richesse et sa complexité. Le personnage d’Agnès évolue grandement mais a encore beaucoup à nous montrer pour la suite.

Afficher en entier
Testament, tome 3 : Humain, trop humain

Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=46283

J'ai mis la note de : 18/20

Mon avis : Le troisième tome de la série du Testament change de ton, et clôt la trilogie d’une manière efficace, époustouflante et originale. Jeanne-A Debats nous montre, une fois de plus, qu’elle sait comment créer un univers riche, qui nous tient en haleine et qui continue de nous éblouir, tout en amenant un humour particulier, mais qui fonctionne la plupart du temps quand il est bien dosé. Contrairement au second tome dont les dialogues ampoulés, et les personnages présomptueux pullulaient pour ne rien apporter de captivant, le troisième tome se concentre davantage sur une intrigue complexe et de qualité.

On retrouve la troupe des héros que l’on connaît bien, avec une Agnès qui continue de grandir, acceptant petit à petit ses capacités de sorcière et son héritage ; un Navarre toujours aussi cynique, qui nous laisse entrapercevoir ses émotions et son côté sensible ; un Géraud hautain, calculateur et froid ; et une Zalia qui reste extravagante, avec ses tenues multiples et ses transformations physiques colorées.

Le lecteur apprécie cette équipe de choc imprévisible et atypique, bien que l’auteure semble vouloir garder une certaine distance entre les lecteurs et ses personnages, notamment à travers un vocabulaire soutenu, mis en avant souvent sans explication, ou des réflexions peu sympathiques envers un public qui ne connaîtrait pas les termes qu’elle utilise. L’Etude travaille en effet dans un domaine demandant des connaissances pointues en droit, langues et sociologie, ce qui ne constitue pas des concepts éprouvés par tous. L’humour manque cruellement de subtilité lors de ces passages aux messages douteux, qui ne seront pas appréciés par tout le lectorat.

Le troisième tome nous embarque dans une aventure endiablée, grâce à laquelle nous découvrons d’autres espèces étonnantes de l’univers de l’AlterMonde. En plus des kitsune, ou des faunes, rencontrés dans Alouettes, Humain.e.s, trop humain.e.s nous présente des créatures aux tentacules multiples, au langage alambiqué, et au genre incertain, ainsi que d’autres êtres désarticulés dignes de fictions d’horreur. Cette diversité donne de la force à l’histoire, et donne des frissons lors de scènes d’action bien menées et passionnantes. L’AlterMonde a tant à nous offrir, et ne déçoit pas, bien au contraire.

Grâce à ces apparitions étonnantes, et qui s’avèrent imbriquées parfaitement dans l’intrigue principale, l’auteure en profite pour nous faire part de quelques réflexions à propos du genre. Associées à l’ère du temps, Jeanne-A Debats les met en valeur en utilisant la nouvelle écriture inclusive, ou non genrée, que l’on retrouve d’ailleurs dans le titre du livre. Les passages usant de cette technique ne sont pas lourds, car peu nombreux et utilisés de manière intelligente. Ils permettent au roman de véhiculer des messages porteurs, qui n’hésitent pas non plus à appuyer sur la condition féminine, plutôt malmenée, même dans le futur proche imaginé par l’auteure. Féministe sur les bords, non-sexiste dans ses propos, ce roman affiche clairement ses positions avec obstination et courage. Que l’on soit d’accord ou non, tout y reste assumé.

Ce troisième tome nous offre également de merveilleux mots sur l’humanité, ce qu’elle représente, ce qu’elle était et ce qu’elle pourrait devenir. L’intrigue principale tourne autour de ce thème, sans tomber dans les pièges des idéologies simplistes, complotistes ou un peu trop envolées. L’auteure nous propose une conclusion optimiste, belle, qui fait du bien, alors que la noirceur de l’univers dépeint ne laissait rien soupçonner. Le lecteur ressort de cette aventure avec plein d’entrain, heureux d’avoir donné de son temps à cette histoire pleine de promesses, et dont la chute coupe littéralement le souffle. L’histoire de ce livre constitue certainement la plus passionnante de la trilogie et ne cesse d’étonner, tout du long.

En plus d’une intrigue alliant enquêtes, mysticisme, conflits de famille, et messages sociologiques, le récit développe le personnage d’Agnès, et nous révèle enfin ses origines, ce qui constituait une sous-intrigue prenante, et le dernier mot ne déçoit pas. Les activités de sorcières d’Agnès prennent de l’ampleur, notamment quand elle intègre un convent, accompagnée par deux nouvelles venues qui vont la suivre et la soutenir lors de cette ultime aventure. Ces deux jeunes femmes inédites constituent des caractères bien trempés, qui amènent des dialogues dynamiques, plein de verves, et des rires bienvenus. Ce trio efficace éblouit par ses capacités extraordinaires et par la force qui se dégage de leurs liens puissants. De plus, le lecteur aimera en apprendre davantage sur le système des sorcières créé par Jeanne-A Debats, entre fascination et stupéfaction.

Ajoutés à la narration, l’auteure a agrémenté ce dernier tome de passages concernant le passé de Navarre, qui nous conte ses premiers pas de vampire via ses carnets. Ces courts chapitres n’apportent rien à l’intrigue principale, si ce n’est dans ses derniers mots, quand le lecteur visualise enfin les liens subtils existants. Cependant, ils nous permettent de mieux connaître Navarre, un vampire aux milles aventures, et aux multiples souvenirs, qui a été un humain sensible avant de devenir un vampire froid.

A travers son histoire et celle de Géraud, la question concernant le fait de vivre pour l’éternité est mise au premier plan. Comment continuer à vivre, à s’attacher quand tous ceux que l’on aime finissent par mourir ? Vivre des milliers d’années constitue-t-il une véritable chance ou la plus terrible des malédictions ? Humain.e.s, trop humain.e.s nous partage plusieurs points de vue intéressants.

Le prologue, bien qu’il donne envie de savoir toutes les étapes qui ont permis aux personnages d’en arriver à la scène décrite, comme tout bon prologue, permet à l’auteure d’ajouter un point d’humour inattendu, lors d’un passage tendu qui ne prêtait pourtant pas à rire. Une belle créativité !

En plus de dialogues énergiques, de jeux de mots sarcastiques, et de contrepèteries crues qu’il n’est pas toujours évident de comprendre, l’auteure affuble Agnès de deux « accessoires » à la fois mignons et anormaux : un chat, le familier que la sorcière doit garder près d’elle alors qu’elle en est allergique, et une épée qui ronronne tout comme la petite boule noire que la jeune femme transporte partout. Accompagnée de ses deux nouvelles acolytes décrites plus haut, et de ces deux derniers compagnons, Agnès devient plus forte, plus mature et apprend à s’accepter, évitant d’imiter l’humeur exécrable de son oncle à tout prix, ou les sarcasmes moribonds de Navarre.

La série Testament se termine de manière incroyable, grâce à une histoire magique, à des révélations étonnantes et des rebondissements inattendus. L’atmosphère lugubre, agrémentée par les loup-garous et les vampires déjà présents dans les tomes précédents, continue de nous fasciner, tout en véhiculant de beaux messages positifs.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par sagweste 2020-01-29T18:14:44+01:00
Métaphysique du Vampire

http://saginlibrio.over-blog.com/2020/01/metaphysique-du-vampire-de-jeanne-a.debats.html

Tout d'abord Navarre, un être atypique, un vampire né il y a plus de 400 ans, qui s'est arrangé pour être à la solde du Vatican de manière vénale et surtout pour être tranquille: comme ça il n'est ni pourchassé, il est relativement au calme, seules quelques missions le font surgir pour éradiquer quelques monstres planétaires. Sa transformation lui laisse un arrière goût de vieille haine tenace, et il n'aura de cesse de vouloir retrouver son créateur.

Pour autant, il adore sa condition, il la "kiffe" même. Il voyage, tout frais payés, il se heurte à un monde imaginaire qui ne l'impressionne plus. ET chacun de ses faits et gestes est commenté, analysé, il part dans des dérives, des élucubrations sur tout et rien, sur le fond comme sur la forme....

Ses souvenirs s'étoilent au travers des âges, mais sa métaphysique s'aiguise pour notre plus grand bonheur, car notre buveur de sang est drôle, avenant, même s'il peut être abject par certains moments. L'empathie ressentie fait qu'on lui trouve toujours des excuses, ou tout au moins un sens à ce qu'il décide.

Je n'ai pas aimé toutes les nouvelles non plus, "Lance" m'a démontré un Lancelot pitoyable, peu charismatique, ce qui fait que j'ai été moins enjointe à m'imprégner de leurs aventures.

"Ovogénèse" est celle qui est la plus bizarre, je n'ai pas trop vu l'intérêt de la fin, je suis restée en attente d'un quelque chose.

Par contre, la dernière se passant dans le futur, j'ai beaucoup apprécié ce monde décrit, ses politiques, ses interactions, ses jalousies. Et la rencontre avec une petite fille très particulière m'a énormément fait sourire.

La plume de l'auteure se dévoilant par touches successives, je peux dire en refermant ce livre, qu'elle est source d'un plaisir de lecture très intéressant. Elle allie humour, faits historiques, mondes imaginaires, métaphysique, elle est décalée, évite les poncifs, s'en gausse. Un vrai plaisir.

Enjoy!

Afficher en entier

On parle de Jeanne-A Debats ici :

Dédicaces de Jeanne-A Debats
et autres évènements

Aucun évènement prévu

Editeurs

ActuSF : 7 livres

Syros : 7 livres

Griffe D'Encre : 7 livres

Mnémos : 4 livres

L'Atalante : 3 livres

Editions ActuSF : 2 livres

Ad Astra éditions : 1 livre

Parchemins & Traverses : 1 livre

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode
Array