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Michaël Mention

56 lecteurs

Activité et points forts

ajouté par laylani 2014-02-24T17:25:57+01:00

Biographie

Michael Mention est né en 1979 à Marseille, dont il n’a pu s’enfuir que dix-huit ans plus tard. Fan de rock et de cinéma, il a d’abord réalisé des B.D. durant son adolescence avant de passer aux chroniques. Une nouvelle plus tard, il arrive à Paris en 2001 et s’attele à son premier roman, Le rhume du pingouin paru en 2008 aux éditions du Rocher, jusqu’à la publication en 2012 de Sale temps pour le pays aux éditions Rivages dans la collection Rivages/noir. Ce polar est la stricte adaptation de l’enquête sur le tueur Peter Sutcliffe qui a sévi dans le Nord de l’Angleterre entre 1975 et 1981, et a reçu le Grand Prix du Roman Noir Français 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune. Il est également le premier volet d’une trilogie consacrée à l’Angleterre, essentiellement axée sur les années Thatcher. 2014 est l’année de deux nouvelles publications, en janvier puis en mars. Tout d’abord Fils de Sam dans la collection « Murder ballads » dirigée par le spécialiste des serial killers de renommée internationale Stéphane Bourgoin. Fils de Sam est un ouvrage alliant documentaire et fiction consacré à David Berkowitz qui terrorisa la ville de New York entre 1976 et 1977. Ensuite, Adieu Demain, suite de Sale temps pour le pays, polar qui a pour thème la peur et qui est basé sur un fait divers survenu à Bradford en 2010.

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Note moyenne : 7.68/10
Nombre d'évaluations : 31

0 Citations 29 Commentaires sur ses livres

Dernier livre
de Michaël Mention

Sortie France/Français : 2019-03-07

Les derniers commentaires sur ses livres

Commentaire ajouté par Irene-Adler 2018-08-02T10:13:47+02:00
Sale temps pour le pays

♫ C'était au temps où l'Angleterre était par terre, ♪ C'était au sale temps de toutes ces grèves ♫ C'était au temps où y'avait pas encore la Dame de Fer ♫ Mais d'un Éventreur qui savait y faire !

L'Éventreur du Caniche a encore frappé… oups, je me trompe de race : c'est l'Éventreur du Yorkshire ! Sale bête qui s'attaque aux femmes qui exercent le plus vieux métier du monde…

Sur fond d'enquête policière afin de mettre fin aux agissements de celui, qui, tout comme Jack l'Éventreur, étripe les putes, l'auteur nous dresse le portrait d'une Angleterre moribonde et guère brillante dans ses années 75-80.

Le chômage y est important, les usines ferment toutes, les gens ne savent plus comment boucler leurs fins de mois qui sont dures, surtout les trente derniers jours.

Dans ce petit roman noir comme un café sirupeux, le contexte économique, social et politique de l'époque se résume en un mot : crise (ou bordel total). le choc pétrolier a eu lieu et les Travaillistes se sont pris une déculottée aux élections.

C'est court, certes, mais c'est intense, percutant et uppercutant et je vous jure que vous ne peindrez pas la girafe durant votre lecture car la recherche du tueur (qui fera tout de même 13 victimes) met les flics du nord de la perfide Albion sur les dents et la populace, qui serait prête à lyncher le premier venu, en émoi.

Les flics sont bien torchés, haut en couleur, avec leurs fêlures, leurs blessures secrètes, leurs douleurs, leurs doutes et certains seront marqué plus que d'autres durant cette enquête.

J'ai eu un faible pour George Knox (20 ans dans la maison poulaga, un air de Richard Burton et des Ray Ban miroir qu'il porte non stop) et le détective Mark Burstyn. Deux flics intègres qui se donnent à fond.

Une enquête qui s'enlise, des flics qui pataugent, un tueur qui se fout de leur gueule et peu d'indices, le tout sur fond de politique, de musique des seventies et de références cinématographiques. le pied !

Vous aurez même droit, tant que nous sommes au rayon des horreurs, à l'arrivée au pouvoir de Miss Maggie, madame Tatcher, qui redressera le pays au détriment des sans dents, heu, des petites gens qui resteront dans le fossé, le pays les laissant crever à petit feu.

Un petit bijou de café noir comme je les aime : noir profond, noir sans espoir, noir comme l'âme du tueur.

Un roman noir qui vous rappe le palais, vous l'écorche, long en bouche avec des saveurs de misère et de sang…

À déguster sans modération…

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2018-08-02T10:19:29+02:00
Adieu demain

L'éventreur de Yorkshire... "Bof, me disais-je, pourquoi s'attaquer à de si petits chiens ?? Où est le danger ? La prise de risque ?" L'éventreur de rottweiler aura plus de risques...

Oups, je vous présente mes confuses : ce n'est pas un roman sur l'éventreur DE Yorkshire (le chien), mais l'éventreur DU Yorkshire (région d'Angleterre). Une lettre qui change tout.

Voilà encore un livre qui pourra faire de sa gueule devant les autres, dans ma biblio, se vantant d'avoir été lu en seulement "deux coups"... 100 pages lors du début, et le reste (275 pages), d'une traite, lundi soir !

Il pourra aussi dire à mes autres livres que je l'ai ADORÉ mais que je ne savais pas trop comment écrire ma chronique car ce roman mélange les genres et nous fait du "Quatre en un".

Déjà, dans ce roman, on change souvent d'époque, passant de la naissance de Peter en 1969 (1ère partie), jusqu'aux années 2001, ce qui nous fait défiler des tas d'événements, du règne de la Dame de fer à la maladie de la vache folle (je ne sais si les deux sont liés, mdr).

Une chronique ? Oui, on aura droit à une petite chronique de l'Angleterre qui passera comme une lettre à la poste tandis que nous suivons les meurtres ou le personnage de Peter.

Un Roman noir ? Oui, le contexte social est miséreux au possible dans cette partie Nord de l'Angleterre. Grèves, chômage, licenciement, crise financière, alcool, drogues, femmes battues...

J'ai eu mal au coeur en suivant les premières années de vie du petit Peter, jusqu'à son adolescence. La vie ne lui a pas fait de cadeau...

Peter... Un personnage que j'ai aimé, tout comme les deux flics : le superintendant Mark Burstyn et son jeune inspecteur Clarence Cooper, aussi obsessionnel que son chef et prêt à tout pour coincer le nouvel éventreur du Yorkshire, celui qui fait "bis repetita", 20 ans après le premier.

Une enquête ? Bien sûr ! Cela fait vingt ans que la police a arrêté l'Éventreur du Yorkshire (1981 - histoire véridique) et les voilà avec un tout nouveau tueur.

Modus operandi ? Un peu changé puisque lui, il transperce les femmes avec des carreaux d'arbalète. le cauchemar recommence et personne n'a droit à l'erreur. Un vrai roman policier noir !

Tous les personnages sont bien campés, avec leurs soucis, leurs emmerdes, leurs problèmes en tout genre, sans tomber dans le pathos.

L'écriture est vive, rapide, elle coule comme un ruisseau pour terminer en torrent émotionnel.

Petit plus, certaines phrases de chapitres sont laissées en suspens et elles se terminent sur le chapitre suivant.

Exemple : (dernière phrase du chapitre 14 - 1997) "Pour qu'enfin, le vrai Peter naisse du déluge... " (début chapitre 15 - 1998)"... qui s'abat sur le Yorkshire".

Oui, ce livre a une mise en page parfois détonante, mais elle lui va comme un gant. Une vraie innovation et j'ai adoré.

Pour un roman écrit au présent (ce que je déteste au plus haut point), il était très bien écrit parce que je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite qu'on était dans une narration au présent...

Roman psychologique ? Oh que oui !! On en apprendra plus sur les phobies... Là, on sentira sa douleur.

Rien oublié ? Si, un roman musical aussi car il y a de nombreuses références à des chansons, des groupes, dans ce roman policier noir phychologico-chronique-musical.

Du cinq en un !

Un roman qui m'a marqué et que je ne risque pas d'oublier de sitôt !

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2018-08-02T10:21:02+02:00
... Et justice pour tous

Il y a certains auteurs qui vous touchent au coeur, aux tripes, à l'esprit, qui enfoncent leur poing bien à fond dans votre plexus pour vous laisser pantelante après la lecture.

Pour moi, Michaël Mention en fait partie. Tous les romans que j'ai lu de lui m'ont fait cet effet là. Une sorte de double effet Kiss Cool : ça te fait mal au début et puis, ça te fait du bien en même temps.

« Et justice pour tous » est le troisième et dernier volet de la trilogie du Yorkshire (la région, pas le petit chien) et on peut dire qu'il la clôt de manière magistrale, pour ne pas dire qu'on touche la quintessence dans ce dernier roman.

Comment qualifier en peu de mots ce roman qui m'a envoyé un uppercut en plein ma p'tite gueule d'amour ? « Black is black » comme le chantait les autres (Los Bravos) ? Oui, ou « I'll be back » comme le disait si bien Schwarzy, ce qui irait comme un gant à notre ancien superintendant Mark Burstyn.

Lui, c'est une descente aux enfers que l'auteur lui a réservé pour son dernier one-shot. Mark… le découvrir vivant retiré sur lui-même m'a retourné le coeur. Lire les passages sur sa vie à Paris m'a fait monter les larmes aux yeux.

Le voir reprendre du poil de la bête, se battre contre ses vieux démons, contre l'alcool, sombrer, revenir, resombrer à moitié, m'a envoyé le coeur au tapis. Pourtant, je l'ai encouragé à tout donner et n'oublier personne dans la distribution. Même pas honte, tiens.

Une trame noire, mélangeant les récits à la première ou à la troisième personne, passant de Paris à la perfide Albion, avec un sujet qui aurait pu être casse-gueule (la vengeance) mais qui ne le sera pas (oh que non !), mélangeant la réalité à la fiction, les faisant s'emboiter à tel point qu'on y croit pour de bon et qu'on aurait envie vomir avant de monter sur les barricades.

Sans oublier les petites piques (grosses) sur la société humaine, qu'elle soit anglaise ou française. Là, on s'en prend plein la gueule et c'est mérité parce que l'auteur a bien cerné les travers et les conneries humaines. Tout ce qu'il dit, c'est vrai, je n'en pense pas moins.

Et puis, l'auteur a beau mélanger la réalité avec de la fiction, on sait pertinemment bien que la réalité dépassera toujours la fiction et que certains romans ne sont pas très éloigné de la réalité. C'est ça qui me donne encore des sueurs froides.

La justice ne se donne pas toujours devant les Tribunaux… Et ce ne serait que justice que Michaël accède au sommet, vu les écrits magistraux qu'il nous pond régulièrement. Celui étant encore un cran au-dessus des deux autres, à tel point que les mots me manquent et que les personnages me hantent encore.

Un putain de magistral roman Noir lumineux… et

Une

Claque

Dans

Ta

Gueule

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2018-08-07T15:20:48+02:00
Le carnaval des hyènes

"Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate" pourrait être noté aussi sur le fronton de chaque médias (télé ou papier), avec juste quelques petites adaptations.

Vous qui regardez cette télé, ce journal, oubliez toute espérance d'obtenir la vérité…

D'entrée de jeu, le livre t'uppercute et te rentre dedans violemment. Michaël Mention ne prend pas des gants pour dire tout haut ce que peu de gens pensent tout bas (la majorité étant des moutons suiveurs, On pense pour eux) sur les médias qui nous manipulent, sur la société, les polémiques, les grands faits d'actualité, la politique,…

La plume est incisive, trempée dans l'encre du réalisme, dépouillée de tout artifices dont la télé nous a habituée.

Au moins, l'auteur ne vend pas du temps de cerveau disponible pour une célèbre boisson gazeuse. Non, lui, il secoue le cocotier. Réveillez-vous, pauv'cons !

Que ceux qui nourrissaient encore des espérances sur la télé – le monde et tout le reste – ouvrent le roman avec douceur, des fois que la vérité, brûlante comme de l'acide, ne leur explose à la gueule.

Pour moi, ce fut une jouissance de voir par écrit – au travers du personnage de Carl – le fond de mes pensées sur l'actualité, les médias et sur les journaux, qui, pour la plupart (tous sauf 3 ou 4), appartiennent maintenant à des gros groupes industriels (ou des familles), perdant de ce fait leur rôle de Quatrième Pouvoir, pour mon plus grand désespoir.

Les médias, aux bottes des puissants qui l'utilisent comme un bon chien fidèle, celui qui n'ose mordre la main de celui qui le nourrit. Ces hommes d'affaires, propriétaires, lui faisant remuer la queue selon leurs désidératas pour mieux satisfaire leur égo surdimensionné.

N'allez pas croire que durant 220 pages l'auteur casse du sucre sur le dos des médias, du peuple soumis, des moutons qui la regardent, des politiciens qui l'utilise… Non, ce serait réducteur parce que le roman est bien plus subtil que ça.

Non, pas la peine de ma supplier, je ne dirais rien de l'histoire, ne voulant pas vous la dépuceler, ça vous gâcherait votre plaisir. Sachez juste que vous aller voyager et boire un petit noir bien serré.

Pour moi, je me suis prise un pied intégral, dévorant l'histoire, me gavant de l'écriture de Michaël, adorant détester certains de ses personnages, travaillés, profonds et nous réservant bien des surprises.

Un grand moment de lecture et un pied magistral avec 220 pages. C'est peut-être guerre épais (mwarf), mais ça fait de l'effet ! Et du bien par où ça passe.

Comme on a dit avec l'ami Gruz, "Les hyènes ricanent, le carnaval passe".

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2018-08-08T10:41:06+02:00
Power

Les États-Unis, peuplé en masse par des descendants d’immigrés est une terre d’asile, d’accueil, de droits pour tous et toutes !

STOP ! On rembobine la bande : vu son origine, elle aurait dû être une terre d’asile, d’accueil, de droits pour tous et toutes… J’ai le droit d’avoir un rêve.

Pour ceux et celles qui rêvent encore éveillés, je leur suggère de lire le dernier roman de Mention. Les racistes crasses de tous poils devraient aussi le lire, mais ils risqueraient de ne pas vouloir comprendre car ces personnes sont accrochées à leurs idées comme une moule à son rocher et ne verrait dans la réalité que de la propagande.

Et puis, 452 pages, se serait trop dur à lire pour ces personnes que je connais (on choisit pas sa famille, même si se sont des pièces rapportées) et qui me font souvent soupirer dans ma tête.

Michaël Mention a fait fort ! Documenté à mort, à fond, sa plume trempée dans l’acide, il m’a fait assister à l’assassinat de Malcom X, vivre celui de Martin Luther King, celui de Kennedy (Robert, pas John), j’ai foulé la moquette du bureau de ce parano de Hoover, appris les meurtres du Zodiac et vu la scène de crime de Sharon Tate…

Je me suis assise, en buvant une Bud, dans le local des Black Panther, assistant à leur naissance, leur émergence, leurs combats pour avoir des droits élémentaires, refait le monde avec eux, j’ai participé à des patrouilles de flics, me suis révoltée devant des arrestations arbitraires, des abus de pouvoir et senti un peuple oppressé se soulever.

Dans un pays où la nation Noire doit fermer sa gueule, baisser la tête, dire « oui » à tout, n’ayant aucun droit, sauf celui d’aller se faire tirer dessus au Vietnam, il était normal qu’un jour, elle en ait marre et réclame le minimum syndical qui était d’avoir les mêmes droits que le Blanc qui l’avait jadis réduit en esclavage.

Chez Mention, pas de manichéisme, on ne se retrouvera pas avec des Noirs gentils et des Blancs méchants, il y en aura pour tous les goûts, toutes les haines, toutes les trahison : le Blanc comprenant que le Noir a raison de s’insurger et le Noir trahissant les siens, sans que l’on juge l’un ou l’autre.

C’est violent, c’est clash, c’est un peuple qui se révolte, c’est un peuple américain qui en a marre de vivre dans la misère, les ghettos et de se faire contrôler et arrêter arbitrairement.

C’est un roman noir fort, un roman qui fout la gerbe quand on voit cet acharnement sur les Black Panther alors qu’on ne fait rien contre les gangs, les dealers, et autres. C’est un roman qui explore un mouvement qui commença petit pour devenir grand avant de sombrer, sabordé par la propagande, les rumeurs, les coups de pute du FBI, du gouvernement, des flics, des médias, des lois s’appliquant aux uns et pas aux autres.

Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage… Ça marche toujours et ça marche encore de nos jours. Vieux comme le Monde.

Un roman qui laisse aussi planer une question : si les autres ne s’étaient pas acharnés dessus, le parti aurait-il continué ou aurait-il sombré aussi, victime de ses propres matelots et de l’usure ?

Un roman noir qui donne la parole à plusieurs personnages, à tour de rôle, afin de mieux nous immerger dans les événements de cette époque, une véritable plongée en apnée dans une période qui n’est pas si loin de nous, une critique au vitriol d’un pays qui se dit garant des droits de l’Homme et des libertés pour tous.

Je croyais savoir mais je ne savais rien… Ce roman noir m’a ému, tordu les tripes, emporté loin d’ici, m’a mis au centre d’un peuple sans droits qui ne faisait qu’en réclamer un peu, d’un mouvement dont je ne connaissais pas grand-chose, au final, sauf ce que la propagande et les médias en ont fait.

Un

Roman

Coup

De

Poing

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Commentaire ajouté par Christele-1 2018-09-29T13:47:35+02:00
Power

Une plongée en apnée, dans un autre monde, une autre époque à travers Power faire la connaissance des noirs américains, à l’époque de la guerre du Vietnam et de la création du mouvement des « Black Panther Party ». Voilà la traversée que nous propose Michaël Mention. Un talent certain pour nous raconter cette noirceur de l’Amérique raciste, la misère, les ghettos, ces noirs qui n’ont plus que la révolution comme horizon en réponse à l’arbitraire, l’oppression et la mort. Cet élan vers la liberté va entraîner avec lui de grands bouleversements, de l’ultra-violence et faire trembler ce colosse aux pieds d’argile qu’est l’Amérique. La période est trouble entre le Vietnam qui n’en finit plus et les exactions contre les noirs, le refuge et l’espoir semblent être pour eux ce nouveau parti et bien tout cela accompagné des musiques qui elles aussi crient leur révolte au travers des succès de James Brown et de la Motown, une bande son dont la playlist nous est fournie à la fin, du son qui arrache et qui déchire. Les Black Panthers arrivent juste après Malcom X et Martin Luther King, ils viennent rétablir l’ordre, une nouvelle parité et les débuts du mouvement à vivre ainsi sous la plume de l’auteur sont très enthousiasmants.

Une ambiance superbement rendue avec une écriture au plus proche des ressentis, des personnages attachants, c’est rythmé et fluide, ça se dévore. On sent un véritable travail de documentation de la part de l’auteur sur des faits historiques ainsi mis en lumière, de la réalité à la fiction car bien sûr Power n’a rien d’un documentaire j’ai adoré l’anecdote des JO, tous les petits détails de la grande et de la petite histoire ainsi regroupés c’est jubilatoire. La construction du roman passe par la parole donnée à différents personnages Neil, Charlène et Tyrone dont on suit l’évolution tout au long du roman. Grandeur et décadence du BPP, la descente sera rude et pleine de désillusions alors qu’on a failli toucher au but. Le sabordage, les rumeurs, le FBI étaient les grains de sables d’une machine qui commençait à peine à tourner. Je suis ravie de cette lecture qui m’a permis de mieux comprendre cette période de l’histoire que finalement je connaissais peu. Bonne lecture.

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Commentaire ajouté par Beilz 2019-02-09T15:35:04+01:00
Power

Un livre coup de poing qui m'a coupé le souffle du début à la fin ! L'écriture est tranchante et blesse mais est aussi si enivrante. Je n'ai pas décroché une seule seconde de cet ouvrage. Si la plupart des situations sont dures, les personnages ont su me faire rester.

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Bienvenue à Cotton's Warwick

Me voici une fois de plus dans un trou du cul !

Le trou du cul de l'Australie, pour être précise, et je dirais même plus : le trou du cul du trou du cul du Northern australien (le Southern doit avoir son propre trou du cul).

Les trous du cul du monde, j'ai ai lu. Je pensais avoir touché le fond avec les dingues de "Pottsville, 1280 habitants", j'avais déjà connu des dégénérés avec ceux de "Cul-de-sac" dans le bush australien, mais là, je viens de gagner la floche et un tour gratuit de tous les villages trous du cul du monde !

17 habitants… 16 hommes, une femme, et oubliez la femme qui est protégée par le chef du bled ! Messieurs, il ne vous reste plus que votre poignet, un cochon ou bien un autre homme (un qui ne sait pas se défendre) pour vous vider les baudruches. Gaffe, le canal carpien menace.

Bienvenue à Cotton's Warwick ? Tu parles ! Moi, je mettrais plutôt un "Fuyez, pauvres fous" ou un "Attention, crétins congénitaux alcoolos – DANGER", ou "Vous qui arrivez ici, oubliez toute espérance", bref, des avertissements en rouge fluo pour prévenir le pauvre connard qui voudrait aller s'échouer là, pensant trouver un coin tranquille.

Tiens, d'ailleurs, le roman, Michaël Mention aurait pu le nommer "And Then There Were None" tant les 17 personnes vivant dans ce trou paumé du trou du cul de l'Australie vont avoir l'impression d'être dans un remake d'Agatha Christie, genre "Dix-sept petits crétins congénitaux".

Et non, l'histoire n'aurait pas eu le même impact dans un trou du cul de l'Amérique car les road train sont une exclusivité de la belle Australie. Les kangourous aussi et les razorback pareils.

La plume de Michaël est fidèle à elle-même. Inimitable. Et. Toujours. Égale. Elle ne plaira pas à tout le monde, il a son style et il me plait.

Ses personnages sont bien campés, ce sont des sortes de redneck version australe, des résidus d'accouplement congénitaux, tous les hommes se retrouvant seuls car leurs femmes se sont suicidées. J'aurais fait pareil, ma foi, perdue dans ce bled tellement paumé que même Dieu à dû l'oublier.

Si je pensais entrer dans un roman noir "traditionnel" et m'en prendre plein la gueule, le pari est "raté" car si j'en ai bien pris plein la gueule, je me suis retrouvée dans un roman noir qui a quitté la piste « traditionnelle » pour s'enfoncer dans le bush et les plaines arides de l'Australie. du hors piste !

Je ne m'attendais pas du tout à ÇA, j'ai écarquillé grand mes yeux et je n'ai plus su lâcher le roman, tant je voulais arriver à la fin, et tant pis si la dernière partie en huis-clos puait l'oppressant, la carcasse animale, le sang, le vomi, et la merde.

Je voulais de l'oppressant ? Là j'ai été plus que mieux servie ! Atmosphère garantie, âmes sensibles s'abstenir ou se blinder le cuir avant de commencer.

Bienvenue à Cotton's Warwick, étranger… si tu es une femme, tu seras reluquée par 15 hommes (on a un aveugle, il ne compte donc pas), violée dans leur tête, ils imagineront ta chatte dégoulinante et ce qu'ils pourraient lui faire. Si tu es un mec, cavale ! Fuyez, quoi, pauvres fous et folles !

Bienvenue à Cotton's Warwick où la température monte jusque 57° et est déjà à 48° à 7h du mat'. Bienvenue chez les tarés, les fous, les crétins, chez ces gens qui passent leur journée à boire, à fumer, à se branler, à causer, mais qui réfléchissent jamais.

Bienvenue en Enfer… Là, je viens d'en sortir et j'ai la gorge plus sèche que le désert australien et les tripes nouées, liquéfiées.

Bienvenue dans le dernier roman de Michaël Mention qui est sorti des sentiers habituels pour nous emmener là où j'aurais jamais osé aller.

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2019-04-27T06:27:49+02:00
Manhattan chaos

Michaël Mention est un auteur qui a du talent et si tout son talent littéraire devenait culinaire, ce type arriverait à me faire bouffer des abats avec un grand sourire aux lèvres, à tel point que j’en redemanderais !

Non seulement ce p’tit gars m’a fait apprécier un roman qui parlait DU fameux match de foot France/RFA du 8 juillet 1982 (demi-finale de la coupe du monde de football en Espagne), alors que j’en ai rien à fou… foot, de ce sport (j’ai toujours rien capté au hors jeu, c’est vous dire).

Et là, maintenant, il vient de me faire passer un foutu bon moment de lecture avec Miles Davis alors que je déteste le jazz (oui, c’est viscéral) et que je connais rien de cet homme !

Le décor est grandeur nature, Miles Davis commence sa soirée dans son appart. Après la grandeur on est dans la décadence et notre jazzman de génie (c’est pas moi qui le dis) a sombré dans l’alcool, la drogue et ce n’est guère reluisant.

Stock de drogue à zéro et pas de dealer pour la lui livrer, voilà notre Miles qui part en goguette dans la ville de New-York, plongée dans le noir, suite à un black-out. Décor grandeur nature, sans spotlight, mais c’est comme si nous y étions, car Mention a l’art et la manière de vous décrire des lieux, comme si vous y étiez. Il aurait aussi ses chances comme agent de voyage, lui.

Deux personnages centraux, principaux : Miles Davis, bien entendu et le mystérieux John. Si le second est énigmatique, le premier est décrit avec talent à tel point que j’ai eu envie d’aller écouter du jazz et d’en apprendre plus sur la vie de Miles. Un comble pour moi qui n’aime pas cette musique.

Bon, sur ce point là, Mention n’a pas réussi à me faire aimer le jazz, pour les miracles, comptez 48h.

Oups, j’ai oublié un autre personnage principal, moi : Big Apple ! New-York et ses quartiers, chauds ou non, livrés aux pillages durant ce black-out de juillet 77.

La présence de N-Y, que nous allons traverser dans l’espace et dans le temps est bien prégnante, tout en sachant se faire discrète afin de ne pas voler la vedette à notre toxico trompettiste, tout en étant là et bien là, en arrière-plan.

On aurait pu croire que toute l’histoire va tourner autour de Miles Davis cherchant à éviter le danger dans cette ville plongée dans le noir, livrée à elle même et que tout ne sera qu’un parcours de cache-cache avec la faune sauvage de la Grosse Pomme, mais ce serait réducteur et trop facile.

Michaël Mention explore une fois de plus les pans de l’Histoire de New-York et vous vous doutez bien, que c’est, une fois de plus, les plus sombres ! Oubliez les cotillons et les confettis mais sortez les cagoules blanches pointues, les croix gammées, le racisme et tout ce qui fait l’identité de l’Amérique que je n’aime pas mais que je prends toujours plaisir à observer dans les romans.

Sans jamais être ennuyeux ou redondant, l’auteur nous immerge au plus profond de la chaleur de New-York et de son Histoire personnelle. Oserais-je dire qu’il le fait avec Mention ? En tout cas, c’était inattendu de la manière dont il le fait. Inventif et subjuguant, voilà comment il le fait.

Un roman noir dans tous les sens du terme, caniculaire et glaçant, totalement fou mais avec les pieds sur terre, un very bon trip qu’on n’arriverait jamais à faire, même sous cocaïne, solution à 7%, bien entendu !

Je vous le dis, si ce type mettait son talent littéraire à la cuisine, il me ferait bouffer n’importe quoi tellement il le sublimerait !

Dis-moi, Michaël, t’en as encore beaucoup des histoires dans ce genre là ? Parce que moi, je suis preneuse ! Hélas, je te connais et je sais très bien que tu changes à chaque fois d’univers, que tu te réinventes, que tu explores à chaque fois de nouveaux univers, pour notre plus grand plaisir.

Et tu le fais bien avec ton style d’écriture qui n’appartient qu’à toi. Merci. Pour. Ce. Moment. Littéraire.

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Commentaire ajouté par Julie-176 2019-06-05T22:18:36+02:00
Manhattan chaos

Avant toute chose, ne me demandez pas de catégoriser ce livre. Pour moi, c’est tout simplement mission impossible. Je ne pourrais que le qualifier d’un seul terme : OLNI = Objet Littéraire Non Identifié.

Michaël Mention nous emmène pour un (bad?) trip au milieu du chaos d’un New York, sans lumière. Avant de lire ce livre, je ne connaissais que très peu le musicien Miles Davis, dont l’auteur en a fait le héros pour son livre. Ou devrais-je plutôt dire son anti-héros. Drogué jusqu’à l’os, alcoolique notoire, l’unique but qui tiraille Miles est de pouvoir trouver une foutue dose d’héroïne. Problème pour lui : on est en juillet 1977 par une soirée caniculaire d’été où New York connaîtra l’un de ses fameux black-out. Pillages, bagarres et violences gangrèneront alors les quatre coins de la ville.

Le style d’écriture est très brut de décoffrage. C’est le genre que soit on aime, soit on n’aime pas et alors, on abandonne sa lecture vite dès les premières pages.

Quête intérieure sur la rédemption, le pardon, les regrets et remords qui peuvent parsemés le cours de notre vie. Malgré l’aspect de survivalisme au sein d’une société en pleine déroute, nous sommes loin du roman d’anticipation, ce qui devrait rassurer ceux qui n’adhèrent pas à ce genre littéraire.

Et que se passerait-il aujourd’hui à l’heure de notre société hyperconnectée, si nous devions connaître ce type de black-out? Pardonnez-moi l’expression mais je pense que cela serait un bel et grand bordel.

Un tout grand merci à Michaël Mention pour son accessibilité et sa gentillesse. Rencontré à la Foire du Livre de Bruxelles ainsi qu’au Salon du Livre de Paris, il m’a donné envie de me plonger dans l’oeuvre de Miles Davis et d’écouter plus attentivement ses chansons.

https://www.musemaniasbooks.be/2019/06/05/manhattan-chaos-de-michael-mention-roman-noir/

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Editeurs

Rivages : 3 livres

Ombres Noires : 3 livres

Le Fantascope Editions : 2 livres

10/18 : 2 livres

Editions du Rocher : 1 livre

RING : 1 livre

Stéphane Marsan : 1 livre

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